Le Mois du Très Saint Sacrement

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Dixième jour

Le Mercredi dans l'Octave du Saint Sacrement

 

Venez Esprit Créateur,

Visitez l'âme de tes fidèles,

Emplissez de la grâce d'En-Haut

les cœurs que Vous avez créés.

Je Vous salue Marie.

 

Lorsque Jésus-Christ eût distribué à ses Apôtres le Pain Eucharistique et qu'Il les eût tous invité à participer au Calice Mystérieux qui renfermait Son Sang adorable, Il leur adressa ces paroles : « Quand vous ferez ces choses, vous les ferez en mémoire de Moi ». Il y a une liaison naturelle entre ces mots « En mémoire de Moi », et ceux qu'il avait dit auparavant : « Ceci est Mon Corps qui sera livré pour vous. Ceci est Mon Sang qui sera répandu pour vous, en rémission des péchés ». Saint Paul écrivant aux Corinthiens sur cet adorable Mystère, leur dit : « Toutes les fois que vous mangerez ce Pain, et que vous boirez ce Calice, vous Annoncerez la Mort du Seigneur ». Il est donc certain que Jésus-Christ, en instituant ce Sacrement d'Amour, a eu pour fin particulière la mémoire de Sa Passion. Et l'Eglise remplit parfaitement les intentions du Sauveur, puisque, dans le sacrifice de l'Autel, elle ne cesse, par ses Oraisons, par les paroles de l'Oblation Sainte, enfin par toutes les cérémonies qu'elle a instituées, de représenter vivement et de la manière la plus sensible, à tous les fidèles, la Mort et la Passion de Jésus-Christ. Saint Thomas nous dit : « Jésus-Christ a institué ce Sacrement comme un souvenir perpétuel de Sa Passion ». Et Saint Grégoire Pape, dans ses Dialogues, enseigne la même vérité dont il tire une conséquence pratique : « Nous qui célébrons le Mystère de la Passion du Seigneur, nous devons imiter ce que nous faisons ». Combien de fois n'avons-nous pas entendu, peut-être sans en pénétrer le sens, ces paroles de la liturgie : « O Dieu, qui dans cet Adorable Sacrement, nous avez laissé le souvenir de Votre Passion, accordez-nous la grâce d'honorer les Divins Mystères de Votre Corps et de Votre Sang Adorables, avec une piété telle que nous méritions d'éprouver toujours en nous-mêmes les fruits de Votre Rédemption ».

Je conclue de tout ce qui précède que l'intention de Jésus-Christ, en laissant à Son Eglise son Corps et Son Sang, sous les espèces du Pain et du Vin, comme mémorial de Sa Passion, c'est-à-dire des souffrances qu'il a endurées dans Sa Chair pour le Salut du genre humain, a été de porter ses enfants à réparer, par un culte pieux et sincère, les humiliations et les outrages, les opprobres et les mépris dont Sa Chair sacrée a été couverte, et à réparer par des hommages dignes de Lui, les injures faites à Son Corps adorable, par les Juifs et par les Gentils, à Jérusalem. C'est ce que l'Eglise a très bien compris, c'est ce qu'elle a voulu en établissant toutes les cérémonies dont nous sommes témoins et auxquelles nous avons le bonheur de participer, cérémonies qui rendent le culte catholique si magnifique et qui sont comme une sublime expression de la Foi à la présence réelle. Heureuse cette Epouse chérie de l'Homme-Dieu, si, aux outrages dont la Chair adorable du Sauveur a été l'objet de la part des Juifs et des Gentils à Jérusalem, elle n'était pas obligée de joindre le souvenir des mêmes sacrilèges renouvelés, pendant tous les siècles, par les infidèles, les incrédules, les hérétiques, et, il faut bien l'avouer, par un grand nombre de Catholiques. Or, par les hommages publics et solennels offerts à Jésus-Christ dans le Sacrement de la Divine Eucharistie, l'Eglise se propose de réparer tous ces outrages, d'expier ces abominables profanations. Elle invite tous ses enfants avenir, avec les sentiments d'une foi vive, et d'une piété affectueuse, pour louer, adorer, exalter le Sacrement d'amour, et offrir au Sauveur caché, mais vivant au milieu de nous, un tribut de louanges digne de son immense amour.

 

Premier point

Réparation des outrages faits à la Chair et au Sang de Jésus-Christ pendant Sa Passion

 

Qui jamais pourra comprendre les humiliations profondes de la Sainte Humanité de Jésus-Christ, pendant Sa Douloureuse Passion ? Qui jamais pourra sonder cet abîme d'abaissement dans lequel le Sauveur a été plongé par la malice de ses ennemis, lorsque celui qui, sans usurpation, pouvait se dire égal à Dieu, a été vendu comme un vil esclave, saisi et enchaîné comme un malfaiteur, foulé en quelque sorte sous les pieds de ceux qui s'étaient faits volontairement ses bourreaux, traîné avec mépris, à travers les rues et les places publiques de Jérusalem ; lorsque, semblable au plus vil des criminels, il a comparu devant les tribunaux des hommes les plus pervers, maudit par les uns, blasphémé par les autres ! Qui dira les outrages faits à son Corps adorable, chez Caïphe, chez Hérode, chez Pilate, sur la route et sur le sommet du Calvaire !... L'âme fidèle se représente Jésus-Christ recevant un soufflet !... Jésus-Christ vêtu de la robe des niais et des stupides... Jésus-Christ flagellé, couvert de plaies... Jésus-Christ couronné d'épines, roi de théâtre... elle voit Son Visage Divin couvert d'infâmes crachats, meurtri par les coups ; elle suit le Sauveur au Calvaire, elle aperçoit Son Sang profané sous les pieds de la multitude ; elle le contemple dépouillé de tous Ses vêtements et devenu un objet de dérision pour ses ennemis et pour tout le peuple ; elle l'aperçoit sur la Croix, percé de clous ; elle entend les blasphèmes, elle voit le coup de lance, le côté ouvert ! Et puis tout-à-coup cette âme regarde l'Autel, elle aperçoit la Divine Eucharistie ; elle s'écrie : « Ce Corps Divin conçu par une Vierge, ce Corps Sacré est là !... Jésus m'appelle, Il me dit que tout ce qu'il a souffert dans Sa Chair, Il l'a offert à Son Père pour moi, et qu'Il a chargé Son Eglise du soin de réparer, par ses hommages et ses adorations, les outrages sanglants dont Il a été abreuvé pendant Sa Passion ! ».

O Divine Eucharistique, tu me procures le bonheur inappréciable d'honorer par un culte qui n'est dû qu'à un Dieu, ce Corps qui a tant souffert pour moi, ce Sang qui a été si indignement profané !

 

Venez, prosternons-nous devant le Dieu qui nous a créés,

parce qu'il est notre Dieu et que nous sommes son peuple.

Il est le grand Roi qui s'élève au-dessus de tous les Dieux ;

Il tient dans ses mains les profondeurs de la terre et les hauteurs des montagnes.

 

Deuxième point

Réparation des outrages faits au Corps et au Sang de Jésus-Christ dans le Saint Sacrement par les impies et les hérétiques

 

Il est certain que le Sacrement Adorable de l'Eucharistie a été, pour les impies et les hérétiques, une occasion d'insulter de la manière la plus révoltante l'amour infini de Jésus-Christ pour les hommes, par les outrages qu'ils ont fait sciemment et volontairement au Corps et au Sang Adorable du Sauveur, dans la Divine Eucharistie, et l'on pourrait bien dire aux fidèles, en leur montrant Jésus-Christ caché sous les espèces du pain et du vin : « Il est la ruine et la résurrection d'un grand nombre !... Il est là comme un signe de contradiction ». Déjà, dans le premier siècle, alors que l'Eglise était dans la plus grande ferveur, Saint Paul se plaignait de ceux qui crucifient de nouveau le Fils de Dieu, autant qu'Il est en eux, en Le vouant à l'ignominie ». Ces paroles ne peut-on pas les appliquer aux profanateurs sacrilèges du plus Saint et du plus Auguste de nos Mystères ?

Hélas ! L'histoire de l'Eglise nous raconte une multitude de faits qui prouvent que le Sacrement d'Amour a été mille fois profané par des impies. Mais qu'avons-nous besoin de consulter les annales des siècles les plus reculés ! Qui ignore l'humiliante histoire de la grande hérésie, l'histoire du protestantisme ! Grand Dieu ! C'étaient des hommes baptisés, qui tous, dans leur enfance, avaient mangé la Chair et bu le Sang de Jésus-Christ ; et de leurs mains sacrilèges on les a vus renverser les Autels, briser les portes du Tabernacle, jeter dans la boue les Saintes Espèces, souiller les Vases sacrés Arrêtons-nous, les détails sont inutiles et ils inspirent trop d'horreur !... Encore si ces abominables profanations n'avaient pas été renouvelées par ceux qui se disaient Catholiques ! Mais l'incrédulité du dix-huitième siècle dont le souvenir est encore bien récent, que de crimes n'a-t-elle pas enfantés ! Quels épouvantables sacrilèges ! Mon Dieu ! La seule pensée fait frémir une âme chrétienne et la glace d'effroi !

Eh bien ! le culte solennel, les louanges, l'adoration, tout ce que fait l'Eglise pour honorer la Sainte Eucharistie, elle l'offre à Jésus-Christ comme une réparation de cette multitude de sacrilèges. Et moi j'ai le bonheur d'aimer Jésus-Christ, et mon Divin Sauveur me confie le soin d'honorer Son Divin Sacrement, et l'Eglise se repose sur moi pour l'accomplissement de ce devoir sacré ! Ô bonheur ! Ah ! je veux faire beaucoup !...

 

Troisième point

Réparation des outrages faits à Jésus-Christ par les Catholiques

 

Les Juifs et les Gentils de Jérusalem ne croyaient pas en Jésus-Christ ; aussi le Sauveur disait-il en mourant : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ». Les incrédules et les hérétiques de tous les siècles avaient perdu la Foi, et regardaient comme une folie le dogme de la présence réelle. Mais les Catholiques qui fréquentent nos Eglises croient à la présence réelle ; leur Foi n'est pas éteinte. Et cependant que d'outrages faits à notre Divin Sauveur dans cet adorable Sacrement, par ces mêmes Catholiques ! Il y a des Mystères d'iniquité qui ne seront connus qu'à la fin des temps ; on saura alors ce que Jésus-Christ a souffert, ce qu'il endure encore dans la Divine Eucharistie, de la part de ses propres enfants !

Les irrévérences dans le lieu saint ; les Messes auxquelles on ne vient que par des motifs criminels ; le luxe et la vanité se donnant en spectacle en face de l'Adorable Victime, le refus obstiné de fléchir le genou devant le Saint des Saints ; les lectures profanes, les conversations inconvenantes, quelquefois criminelles, en face des Saints Autels ; ne sont-ce pas des insultes adressées directement à Jésus-Christ dans le Saint Sacrement ? Que dirons-nous des mépris sacrilèges dont se rendent coupables un si grand nombre d'hommes, lorsqu'on porte le Saint Sacrement pour le donner en Viatique aux malades !.... Et les Communions indignes ! Qui en connaît le nombre ! Le temps de Pâques n'est-il pas une époque où le sacrilège se multiplie ? Tous ceux qui vont s'asseoir à la Table Eucharistique, ont-ils fait ce que demande Saint Paul ? Sont-ils convertis, détachés du péché mortel, contrits et humiliés, ennemis des plaisirs défendus ; se sont-ils éprouvés eux-mêmes, avant de manger ce Pain Céleste et d'approcher leurs lèvres du Calice du Salut ? Hélas ! Combien d'âmes sans Foi et sans amour, pétries de mondanité, pleines de désirs coupables, qui, par des motifs tout humains, s'obstinent à Faire les Pâques avec les disciples, oubliant le terrible anathème de l'Apôtre, et mangent et boivent leur propre jugement, parce qu'elles ne discernent pas le Corps et le Sang de Jésus-Christ d'une nourriture grossière et matérielle.

Ame fidèle, ce que l'Eglise vous demande, c'est que vous répariez, par des larmes brûlantes d'amour, ces sacrilèges nombreux : ce que Jésus-Christ attend de vous, c'est que vous dédommagiez par votre dévotion sincère, par vos hommages réitérés, Son Cœur si cruellement déchiré par l'ingratitude et la malice de ses propres enfants. Venez donc, vous les enfants de Dieu, et louez le Seigneur. Chantez avec les Anges : « Que le Nom du Seigneur soit béni ! Que l'univers entier reconnaisse qu'Il est grand et digne de toute louange !... »

 

Ecce panis angelorum,

Factus cibus viatorum,

Vere Panis filiorum

Non mittendis canibus.

 

Voici le pain des anges,

Devenu l’aliment de ceux qui sont en chemin,

Vrai Pain des enfants

A ne pas jeter aux chiens.

 

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