09 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Quinzième jour

Le lundi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Créateur,

Visitez l'âme de tes fidèles,

Remplissez de la grâce d'En-Haut

les cœurs que Vous avez créés.

Je Vous salue Marie.

 

La vie que mena le peuple d'Israël dans le désert avant la conquête de la terre promise, est une figure frappante de la vie chrétienne sur cette terre de pèlerinage et d'exil. Le fidèle marche vers la véritable terre promise qui est le Ciel, et sur sa route, il rencontre mille difficultés, il est exposé à mille dangers, il combat des ennemis nombreux. L'israélite voyageur manquait de pain dans la solitude du désert. Si Dieu ne fût venu à son secours, il aurait infailliblement péri. Il cria vers le Seigneur, et le Seigneur entendit sa voix. Moïse annonça au peuple qu'il verrait bientôt la gloire de Dieu. Dès le matin on vit tomber du Ciel un petit grain blanc qui couvrit la terre. C'était le pain miraculeux qui devait servir de nourriture, pendant quarante ans, aux enfants de Jacob. Ce pain fut appelé La Manne. La manne était regardée par les Juifs comme le Pain du Ciel. Ce nom lui est donné dans l'Ecriture qui l'appelle encore Pain des Anges. Les descendants d'Abraham se glorifiaient de ce que leurs pères avaient mangé ce pain miraculeux.

Il est impossible de ne pas voir dans la manne une figure du pain Eucharistique. C'est Jésus-Christ Lui-même qui établit la similitude en faisant ressortir les magnifiques privilèges de la réalité sur la ligure, de la manne chrétienne sur la manne des Juifs. « Vos pères, dit le Sauveur, ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts ; il n'en est pas ainsi du pain dont Je vous parle ; celui qui le mange vivra éternellement ». Ce principe étant une fois établi, on n'est plus surpris en lisant dans la Sainte Écriture les choses magnifiques qui sont dites de la manne, puisqu'on y découvre l'intention du Saint Esprit, qui a été de faire connaître l'excellence de la nourriture préparée par Jésus au chrétien voyageur dans le désert de cette vie. Voici ce que dit la Sagesse : « Vous avez donné à votre peuple la nourriture des Anges, et vous lui avez présenté le Pain du Ciel qui renferme tous les délices et tout ce qui peut flatter le goût. Ce pain montrait combien est grande Votre douceur envers vos enfants ».

Ne croit-on pas entendre Jésus-Christ lorsqu'il disait aux enfants de ceux qui avaient mangé la manne : « Je suis le Pain vivant descendu du Ciel. Je suis le Pain de vie. Ce n'est pas Moïse qui vous a donné le Pain du Ciel, mais Mon Père vous donne le vrai Pain du Ciel, le Pain qui donne la vie au monde. Le pain que Je donnerai, c'est Ma Chair immolée pour le salut du monde. Ma Chair est véritablement une Nourriture, et Mon Sang une Boisson ». Or, si la manne fut annoncée comme un signe de la gloire du Seigneur, qui dira la gloire que Dieu manifeste par la Sainte Eucharistie ; la gloire qui revient à Jésus-Christ et qui rejaillit sur son Eglise, de l'institution de cet adorable Mystère ? Ici ce n'est plus, comme dans le désert, l'ouvrage des Anges, mais l'œuvre de Dieu même. Ce n'est pas seulement un Pain qui vient du Ciel, mais un Pain qui est incomparablement au-dessus du Ciel, puisque c'est la Chair et le Sang de Celui qui orne les Cieux de toute leur gloire. C'est donc à la Divine Eucharistie qu'il faut donner le nom du Pain des Anges, non qu'il soit fait pour eux et qu'ils doivent s'en nourrir, mais, dit le savant et pieux cardinal Hugo, parce que les hommes qui le mangent doivent devenir purs comme des Anges.

 

Premier point

La Sainte Eucharistie est le Pain destiné à nourrir le fidèle qui voyage

 

Il est certain que, semblable à la manne des Israélites, la Sainte Eucharistie est destinée à soutenir et à fortifier l'âme fidèle dans le voyage qu'elle doit faire pour arriver au Ciel. Pour marcher, il faut des forces ; il en faut bien davantage pour combattre en marchant. Lorsqu'on ne peut faire un pas sans rencontrer un ennemi, il faut du courage, de l'énergie, des efforts continuels pour avancer. Tel est notre état pendant cette vie. Or, celui qui ne mange pas perd ses forces ; il n'est propre ni au combat, ni à la fatigue du voyage. Celui qui n'a pas soin de réparer ses forces, en prenant souvent sa nourriture, les verra bientôt épuisées. Il faut encore que la nourriture soit d'autant plus substantielle que les combats sont plus multipliés et exigent une plus grande énergie.

Eh bien ! Voici le Pain des forts, c'est-à-dire le Pain qui fortifie, qui soutient dans les fatigues de la vie chrétienne et dans les combats qu'il faut livrer, tous les jours, contre les ennemis du salut. « Prenez et mangez, dit Jésus-Christ. Celui qui se condamnerait à un jeûne excessif, comment conserverait-il ses forces ? D'où vient tant de faiblesse dans un grand nombre d'âmes ? Est-il bien difficile d'en trouver la cause ? La manne n'était pas, pour les Israélites, le but du voyage, de la fatigue et des combats. Ce but c'était la terre promise, récompense de la fidélité et de la persévérance. Pour le Chrétien, la terre promise c'est le Ciel, voilà la fin vers laquelle il tend tous les jours ; voilà le terme de son voyage, la récompense de la sainteté. La Sainte Eucharistie n'est donc pas la récompense de la sainteté, c'est le moyen donné à l'homme pour qu'il devienne saint. Une sainteté commencée, par l'exemption du péché mortel, suffit pour qu'en se nourrissant du Pain Eucharistique avec foi et amour, l'âme trouve dans cette céleste nourriture le moyen de s'élever à la plus sublime perfection.

O mon Dieu, comme j'ai peu compris ces vérités ! Mille actions de grâces Vous soient rendues par toutes les créatures, ô Divin Sauveur ! Oui, une table est dressée devant moi, c'est Vous qui l'avez préparée, j'en approcherai souvent. Je recevrai avec reconnaissance et amour ce Pain Céleste qui me rendra fort contre tous mes ennemis !...

 

Deuxième point

Conditions pour manger le pain des Anges

 

Les Israélites ne tardèrent pas à se dégoûter de la manne. Ce Pain leur parut insipide, ils n'en furent plus satisfaits. Leur ingratitude envers Dieu fut telle que, dans leurs murmures contre Moïse, ils témoignèrent le regret de n'avoir plus à leur disposition les viandes grossières et les oignons de l'Egypte. Quand le cœur s'éloigne de Dieu et qu'il s'abandonne à l'amour des créatures, le Pain des enfants de Dieu n'est plus qu'une fade nourriture. Ce n'est pas assez ; ce Pain donne la mort. De six cent mille Hébreux sortis de l'Egypte sous la conduite de Moïse, Josué et Caleb seuls arrivèrent à la terre promise. Il en est ainsi parmi les Chrétiens. Le Pain des Anges ne donne pas à tous l'immortalité ; il en laisse un grand nombre dans un état de faiblesse et de langueur voisin de la mort ; pour plusieurs il se change en un véritable poison. « Les justes le reçoivent, s'écrie l'Eglise, les méchants aussi ; mais que leur sort est différent ! Pour les uns, il devient un principe de vie ; pour les autres, un principe de mort ».

Pour manger le Pain Eucharistique, il faut une disposition de Foi et d'amour qui manque à un grand nombre d'âmes. Les unes sont faibles, d'autres sont bien malades, de là le peu de fruit qu'elles retirent de cette céleste nourriture. Il y a des remèdes qui sont absolument nécessaires aux malades, avant qu'on puisse leur donner une nourriture solide. Celui qui mangerait du pain, lorsqu'il est atteint de la fièvre, ne s'exposerait-il pas à une mort à peu près certaine ? Ici j'entends Saint Ambroise qui me dit : « Votre fièvre, c'est l'amour de l'argent ; votre fièvre, c'est votre sensualité ; votre fièvre, c'est votre ambition ; votre fièvre, c'est votre colère ». O Ciel ! Il est bien grand le nombre de ceux qui mangent le Pain du Ciel avec une âme malade ! Ce malheur ne m'est-il jamais arrivé !...

Il y a des infirmités légères qui ne s'opposent pas à la réception du Divin Sacrement. Mais qui sera le juge ? L'illusion est si facile !... Je veux ne jamais me juger moi-même. Dès qu'un doute fondé sur l'état de mon âme se présentera à mon esprit, J'irai Au Voyant, j'ouvrirai mon cœur en toute simplicité, et j'obéirai. Pour éviter le malheur d'une communion coupable, je vivrai dans la ferveur et je m'efforcerai d'être tellement dévot au Saint Sacrement, que ma conscience me rendra ce consolant témoignage : Tu n'approches de l'Autel que par amour pour Jésus-Christ !...

 

Troisième point

Effets produits dans l'âme par cette Divine Nourriture

 

La manne avait un goût délicieux; en s'accommodant à la volonté de ceux qui la mangeaient, elle se changeait en tout ce qui leur plaisait. Figure admirable des effets que produit la Sainte Eucharistie dans les âmes bien préparées ! Elle a pour ces âmes toutes sortes de délices, elle les rassasie, elle contente tous leurs désirs ; elle surpasse toute la douceur des plaisirs grossiers de la terre. Un saint évêque disait : « La Divine Eucharistie a le goût de tous les Mystères, selon la Foi et la dévotion de ceux qui la reçoivent. Qu'on se représente Jésus-Christ avec toutes les grâces de Sa Divine Enfance, ou bien dans les opprobres et les tourments de Sa Passion ; ou, si l'on aime mieux, dans la gloire de Sa Résurrection et de Son Ascension. Le Fils de Dieu fera sortir de la Divine Eucharistie autant de différentes délices que l'on concevra d'images sous lesquelles une âme se plaît à contempler Jésus-Christ ».

Ames pieuses, ne l'avez-vous pas éprouvé souvent ? La Sainte Communion n'a-t-elle pas eu pour vous un attrait particulier dans les Fêtes de Noël, de l'Epiphanie, de la Passion, du Jeudi Saint, de Pâques, de l'Ascension, de Pentecôte, et ne vous semble-t-il pas qu'en ces jours solennels, vous découvrez, dans cette manne cachée, une saveur, un goût particulier que vous appelleriez volontiers le goût du Mystère ? La Sainte Eucharistie, dit encore Saint Bernard, a le goût de toutes les vertus. Quelle douceur de charité, de patience, d'humilité ? La Foi et l'espérance pénètrent dans l'âme. La Divine Pauvreté, l'aimable et céleste pureté, on les goûte délicieusement, par la communion du Corps et du Sang de Jésus-Christ. La Divine Eucharistie a le goût de Dieu, de Jésus-Christ. L'âme a ouvert, comme le dit Saint Jérôme, la bouche de son cœur, et Dieu l'a remplie ! Quel parfum, quel goût exquis de divinité dans l'intérieur du fidèle ! Comme il goûte Jésus-Christ, Ses perfections adorables, toutes les Paroles qui sont sorties de Sa bouche !... Quand le Saint-Esprit a dit : « Je serai Leur Dieu ». C'est comme s'il eut dit : « Je les rassasierai Moi-même et de Moi-même ; Je leur serai tout ce qu'ils peuvent souhaiter ; leur vie, leur salut, leur repos, la perfection de tous les biens !...O Jésus ! Manne délicieuse et cachée, me nourrir de Vous, ce sera mon unique félicité !

 

In figuris praesignatur

Cum Isaac immolatur,

Agnus paschae deputatur

Datur manna patribus.

 

D’avance il est annoncé en figures,

Lorsqu’Isaac est immolé,

L’Agneau pascal, sacrifié la manne,

Donnée à nos pères.

 

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La relique du Sang de Saint François du Couvent des Frères Mineurs de Québec

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La relique du Sang de Saint François du Couvent des Frères Mineurs de Québec

 

Notre Divin Rédempteur, pour manifester son tendre amour envers Saint François, autant que pour récompenser la grande dévotion de son serviteur envers sa très douloureuse Passion, imprima dans le corps du Séraphique Patriarche les plaies sacrées de son crucifiement. Pendant plus de deux ans, François fut un vivant crucifix. Après sa mort, ces stigmates purent être contemplées par ses nombreux disciples et par la foule immense qui accourut à Assise. À plusieurs reprises le sang coula des miraculeuses plaies, on put le recueillir et le transmettre à la vénération des siècles à venir. (Note : Au Sanctuaire de l'Alverne, ce sang ainsi conservé a repris plusieurs fois sa couleur et sa liquidité).

Une relique considérable de ce sang béni, sorti des Stigmates de Saint François, fait le plus précieux trésor des Frères Mineurs du Couvent de Québec. Elle a été donnée en 1902 par Monseigneur Potrou, évêque de Jéricho, de l'Ordre des Frères Mineurs, qui la reçut lui-même de notre couvent de l'Alverne. Elle est renfermée dans un reliquaire de vermeil, exécuté à Paris par les soins du T.R.P. Léonard Hennion, Provincial des Frères Mineurs et Commissaire Général de Terre Sainte.

Le couvent des Franciscains de Québec avait été dédié par un vœu spécial, aux Sacrés Stigmates du Séraphique Père. Par le don magnifique du sang de ses célestes blessures, Saint François est venu mettre le comble à toutes les faveurs dont il a entouré la fondation de ce Monastère ; en même temps il lui donnait un gage des nouveaux bienfaits qu'il lui prépare.

La Sainte Relique est portée tous les mois en procession à travers la chapelle et les cloîtres et offerte à la vénération des fidèles ; elle reste exposée tous les jours de fêtes de Saint François.

Au jour marqué par la Providence, la piété des enfants de Saint François espère pouvoir lever une modeste chapelle dédiée aux Sacrés Stigmates, où la précieuse Relique sera particulièrement honorée. La Charité toujours féconde des enfants et des amis de notre Séraphique Père ne manquera pas, nous l'espérons à cette œuvre de piété filiale.

 

Extrait des « Cinq Dimanches en l'honneur de Saint François », le Couvent des Sacrés Stigmates, Québec, 1904