11 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Dix-septième jour

Le Mercredi de la troisième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Saint

Vous qu'on nomme le Consolateur,

Le don du Dieu très-Haut,

La source vivante, le Feu, la Charité,

L'Onction spirituelle.

Je Vous salue Marie.

 

Écoutons le Saint Concile de Trente : « Parce que sous l'Ancien Testament, selon le témoignage de l'Apôtre Saint Paul, il n'y avait rien de parfait à cause de la faiblesse du sacerdoce lévitique, il a fallu, Dieu le Père des Miséricordes l'ordonnant ainsi, qu'il se soit levé un autre Prêtre selon l'ordre de Melchisedech, notre Seigneur Jésus-Christ, qui pût consommer et mener à perfection tout ce qui devait être sanctifié. Or, quoique notre Seigneur Dieu dût une fois s'offrir Lui-même à Dieu Son Père, en mourant sur l'autel de la Croix, pour y opérer une rédemption éternelle, néanmoins, parce que Son Sacerdoce ne devait point être éteint par sa mort : pour laisser à l'Eglise, sa chère Epouse, un sacrifice visible, tel que la nature des hommes le demande ; sacrifice qui représentât le sacrifice sanglant qui devait s'accomplir une fois sur la Croix, qui en conservât la mémoire jusqu'à la fin du monde, et qui en appliquât la vertu salutaire pour la a rémission des péchés que nous commettons tous les jours ; dans la dernière Cène, la nuit même qu'Il fût a livré, montrant qu'Il était établi Prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech, il offrit à Dieu le Père Son Corps et Son Sang sous les espèces du pain et du vin, et sous les mêmes symboles les donna à prendre à Ses Apôtres, qu'Il établissait alors prêtres du Nouveau Testament. et par paroles, « Faites ceci en mémoire de Moi », leur ordonna à eux et à leurs successeurs dans le Sacerdoce de les offrir, comme l'Eglise Catholique l'a toujours entendu et enseigné. Car, après avoir célébré l'ancienne Pâque, que les enfants d'Israël immolaient en mémoire de la sortie d'Egypte, Il établit la Pâque nouvelle, se donnant Lui-même pour être immolé par les prêtres au nom de l'Eglise sous des signes visibles, en mémoire de Son passage de ce monde à Son Père, lorsque, nous ayant racheté par l'effusion de Son Sang, Il nous arracha de la puissance des ténèbres, et nous transféra dans Son Royaume. C'est cette offrande pure, qui ne peut être souillée par l'indignité ni par la malice de ceux qui l'offrent, que le Seigneur a prédit par Malachie devoir être en tout lieu offerte à Son Nom, qui serait grand parmi les Nations. C'est la même que l'Apôtre Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, a marqué assez clairement quand il a dit : « Que ceux qui sont souillés par la participation de la table des démons, ne peuvent être participants de la table du Seigneur : entendant en l'un et en l'autre lieu par la table, l'autel. C'est elle en fin qui au temps de la nature et de la loi était figurée par diverses similitudes de sacrifices, comme renfermant tous les biens qui n'étaient que signifiés par les autres, dont elle était la consommation et la perfection ».

Il est donc certain, comme le dit le Catéchisme du Concile de Trente « Que « l'Eucharistie a été instituée non seulement afin qu'elle servit à l'âme de nourriture spirituelle pour soutenir et conserver en elle la vie de la grâce, mais encore afin que l'Eglise eût un sacrifice perpétuel pour l'expiation de nos péchés, et par le moyen duquel elle pût ramener à la Miséricorde et à la clémence, la justice et la colère de Dieu irrité par nos crimes. Nous avons une figure sensible de cette vérité dans l'Agneau Pascal, que les Israélites avaient coutume d'offrir comme sacrifice et de manger comme Sacrement. Et notre Seigneur ne pouvait pas donner une marque plus éclatante de son infinie bonté envers nous, que de nous laisser ce sacrifice visible, pour renouveler ce sacrifice sanglant qu'il était près d'offrir sur la Croix, pour en conserver la mémoire jusqu'à la fin des siècles, et pour en répandre les fruits infinis dans tout l'univers, par le moyen de son Eglise. La Divine Eucharistie n'est donc pas seulement un trésor de richesses spirituelles, où nous puisons la grâce et l'amitié de Dieu, quand nous en usons saintement ; elle a encore une vertu particulière qui fait que nous pouvons l'employer pour reconnaître les bienfaits infinis que nous avons reçus de Dieu. Or, pour comprendre combien ce sacrifice lui est agréable lorsqu'on l'offre de la manière convenable, il suffit de se rappeler les sacrifices de l'ancienne loi. Il a été dit de ceux ci : « Vous n'avez point voulu de sacrifices ni d'offrandes. Si vous aimiez les sacrifices, je vous en offrirais ; mais les holocaustes ne Vous sont point agréables. Et cependant le Seigneur les agréait, puisque l'Ecriture atteste qu'Il les a reçus en odeur de suavité, c'est-à-dire, qu'ils lui ont été réellement agréables. A combien plus forte raison ne devons-nous pas penser que Dieu aura pour agréable le sacrifice où l'on immole pour victime celui dont une voix céleste a dit deux fois : « Celui-ci est Mon Fils Bien-aimé, en qui J'ai mis Mes complaisances ? » Il faut donc que tous les fidèles soient parfaitement instruits de la vérité, afin que, lorsqu'ils assisteront au Saint Sacrifice, ils puissent méditer avec attention et avec piété les Mystères qui s'y opèrent.

« Le sacrifice qu'on offre à la messe est donc réellement le même sacrifice que celui qui a été offert sur la Croix, et c'est la même Victime, Jésus-Christ notre Seigneur, qui s'est offert une fois sur la Croix d'une manière sanglante. Car la Victime qui s'immole à la Messe ne diffère pas de celle qui fut immolée sur le Calvaire, quoique l'une soit sanglante et l'autre non sanglante. C'est donc toujours le même sacrifice, dont l'immolation se renouvelle tous les jours dans l'Eglise, depuis que notre Seigneur a dit : « Faites ceci en mémoire de Moi ». « Il n'y a non plus qu'un seul et même Prêtre dans ce sacrifice, c'est Jésus-Christ : car les ministres qui l'offrent n'agissent pas en leur propre nom. Ils représentent la personne de Jésus-Christ, lorsqu'ils consacrent Son Corps et Son Sang, comme on le voit par les paroles mêmes de la consécration, puisqu'ils ne disent pas : « Ceci est le Corps de Jésus-Christ » ; mais, « Ceci est Mon Corps » ; se mettant ainsi à la place de Jésus-Christ pour convertir la substance du pain et du vin en la substance de Son Corps et de Son Sang.

« De là il suit nécessairement, comme l'enseigne le Saint Concile de Trente, que le Sacrifice de la Messe n'est pas seulement un sacrifice de louanges et d'actions de grâces, mais encore un vrai sacrifice de propitiation, qui apaise Dieu et nous le rend favorable. Ainsi ceux qui l'offrent avec un cœur pur, pleins d'une Foi vive et d'une douleur profonde de leurs péchés, obtiendront infailliblement de Dieu, grâce et Miséricorde, et Son secours dans leurs besoins. L'odeur de cette victime Lui est si agréable, qu'Il nous accordera la grâce du repentir et le pardon de nos péchés. De là vient que l'Eglise dit dans une de ses prières solennelles que, toutes les fois qu'on célèbre la commémoration de ce sacrifice, on opère en même temps l'œuvre de notre salut ; parce que les fruits abondants du sacrifice sanglant de la Croix découlent sur nous par le sacrifice non sanglant de l'autel. Enfin la vertu de ce sacrifice ne le rend pas profitable à ceux-là seulement qui l'offrent ou qui y participent. Il est utile à tous les fidèles, soit à ceux qui vivent avec nous sur la terre, soit à ceux qui déjà sont morts dans le Seigneur, mais sans avoir suffisamment expié leurs fautes. Une tradition constante des Apôtres, nous apprend que les fruits n'en sont pas moins applicables aux morts qu'aux vivants, pour la satisfaction de leurs péchés et des peines qu'ils ont méritées, et, en général, pour l'éloignement de toutes sortes de calamités et d'afflictions. D'où il suit clairement que toutes les messes sont communes ou générales, puisqu'elles s'appliquent au bien général et au salut commun des tous les fidèles ».

Qui dira la vertu du Saint sacrifice de la Messe ? Son prix est infini, infini par le caractère du véritable Prêtre qui est Jésus-Christ ; infini par le caractère et les qualités de la Victime ; car cette Victime c'est encore Jésus. Le Saint Sacrifice de la Messe est donc la continuation, et l'extension à tous les temps et à tous les lieux du Sacrifice de la Croix, dont il ne diffère que par la seule manière d'offrir. On pourrait dire, en quelque sorte, que le Calvaire est dans tous les lieux où Jésus-Christ continue à s'offrir, puisque, suivant le langage de l'Eglise, à chaque Messe qui se célèbre, c'est l'œuvre de notre rédemption qui se renouvelle. Où est le Chrétien assez indifférent pour négliger d'assister, s'il le peut, tous les jours, à cet adorable sacrifice afin de participer à ses fruits abondants ? Ne l'oublions pas ; le Saint Sacrifice de la Messe occupe parmi toutes les œuvres de piété la place que le soleil occupe parmi tous les astres. Ô homme ! Si tu connaissais le don de Dieu !...

 

Premier point

La Messe est un Sacrifice de louanges et d'actions de grâces

 

Le Sauveur Jésus a rendu, pendant Sa vie et par Sa mort, une gloire infinie à Son Père. Il a voulu que jusqu'à la fin du monde l'homme put aussi adorer et louer Dieu d'une manière digne de Lui et proportionnée à Ses bienfaits. Comment, par sa seule vertu, l'homme pourrait-il s'élever jusqu'à Dieu, le bénir et lui rendre grâces ? Hélas ! La distance qui sépare la Souveraine Majesté de l'infinie bassesse, qui pourra la franchir ? Jésus-Christ seul, médiateur de Dieu et des hommes, peut combler ce vide immense et rapprocher le pécheur de celui qui est Saint par excellence. Eh bien ! Tous les jours, à chaque instant, quand le Prêtre monte à l'autel, la Victime Sainte est immolée en l'honneur de Dieu. Et ici je dois bien comprendre une chose qui est essentielle pour moi. C'est qu'en offrant avec l'Eglise cet adorable Sacrifice, je rends à Dieu une gloire infinie, puisque celui qui offre à l'autel est un Dieu, et que ce qui est offert c'est la Chair et le Sang d'un Dieu !... Quel bonheur inappréciable ! Je suis en possession d'un si grand bien qu'en l'offrant à Dieu, je le glorifie d'une manière digne de Lui, et quand pour reconnaître Son Amour, pour exalter Sa Bonté à mon égard, je Lui présente cette oblation sainte, je rends à la Souveraine Bonté des actions de grâces qui sont toujours en proportion avec Ses bienfaits ; je la remercie dignement, je m'acquitte dans toute la rigueur envers ce Dieu infiniment bon, et je n'ai pas à regretter de ne pouvoir offrir davantage ! Ô froideur criminelle ! Ô insensibilité coupable ! Ô négligence qui révolte ! Quoi ! Je manque la Messe par ma faute ! Ou bien j'y assiste sans Foi et sans piété, moi tout couvert et comme accablé des bienfaits de Dieu !...

 

Deuxième point

La Messe est un Sacrifice propitiatoire

 

C'est une vérité de la foi. L'Eglise l'enseigne. Elle dit anathème à celui qui ne confesse pas que l'Adorable Sacrifice de nos Autels, est un sacrifice de propitiation. Écoutons le Disciple bien-aimé : Si quelqu'un pèche, nous avons pour Avocat auprès de Dieu le Père, Jésus-Christ qui est Juste ; c'est Lui qui est la Victime de propitiation pour nos péchés ; et non-seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde » Le même Apôtre nous dit encore : « Dieu a fait paraître Son Amour envers nous en envoyant Son Fils comme la Victime de propitiation pour nos péchés ». Venez donc à l'Eglise ; c'est la Maison de la propitiation. C'est là que le Dieu Miséricordieux et clément adresse tous les jours à son peuple ces paroles consolantes : « Que Mon peuple sur qui Mon Nom a été invoqué se convertisse, Je lui pardonnera ses péchés, et Je purifiera la terre où Il fait Sa demeure ». Combien d'âmes coupables devant le Seigneur ! Pourquoi oublieraient-elles cette parole consolante : « Vous Trouverez la grâce en présence de Dieu ». « A Notre Dieu Appartient La Miséricorde et la Propitiation ». Où est donc la Miséricorde et la propitiation ? Dans Jésus-Christ notre Dieu et notre Sauveur, notre Prêtre et notre Victime. Le fidèle qui entend la Messe, quelque coupable qu'il soit, n'a qu'à regarder l'Autel avec confiance. S'il adore la Sainte Victime, s'il crie comme autrefois le Prophète : « Seigneur, j'ai espéré en vous, parce que Vous êtes plein de Miséricorde. Oui, la Miséricorde c'est dans Dieu qu'on la trouve, on trouve en Lui une Rédemption abondante ; la Miséricorde se répand sur Lui comme un doux parfum. Que dis-je ! Le Sang de l'Homme-Dieu lave ses iniquités. c'est le Sang de l'Agneau sans tache immolé dès l'origine du monde. Non, en présence de l'Autel où s'immole l'Adorable Victime, le découragement n'est jamais permis; le désespoir est un crime !... Le pécheur vient avec confiance, il se plonge dans le Sang de l'Agneau, son âme devient blanche comme la neige.

O mon Dieu ! Les dettes que j'ai contractées en vers Votre Justice infinie épouvantent mon imagination. Je ne vois qu'une effroyable impossibilité de m'acquitter envers Vous !... Mais, non, c'est une erreur ! J'irai me présenter au pied du Saint Autel ; je prendrai le Calice du Salut, j'invoquerai Votre Nom, et vous rejetterez loin de moi cet amas d'iniquité, et vous l'éloignerez de moi comme le Ciel est éloigné de la terre. Je n'oublierai jamais ces paroles consolantes de l'Apôtre/ « Vous êtes maintenant en Jésus-Christ, vous qui étiez autrefois éloignés de Dieu, vous vous en êtes approchés en vertu du Sang de Jésus-Christ ».

 

Troisième point

La Messe est un Sacrifice d'impétration

 

Quand Saint Paul disait: « Par Jésus-Christ Notre Seigneur, nous nous glorifions dans l'espérance de la Gloire des enfants de Dieu et cette espérance n'est point trompeuse ». « Par Jésus-Christ Notre Seigneur, nous avons la liberté et la confiance de nous approcher de Dieu ; c'est pourquoi je vous prie de ne point perdre courage ». Quand le même Apôtre écrivait aux Ephésiens : « Mes frères, vous n'êtes plus des étrangers qui se trouvent hors de leur maison, mais vous êtes citoyens de la même cité que les Saints, et domestiques de la Maison de Dieu », pouvait-il proclamer une vérité plus consolante pour nous ? Jésus s'étant donné à nous par la Divine Eucharistie, et étant devenu notre Prêtre et notre Victime, il est certain que, par ce Sacrifice adorable, nous trouvons un accès facile auprès de Dieu, et que pouvant l'appeler notre Père, devenus membres de Sa famille, nous acquérons un droit incontestable à tous Ses biens. Ce droit nous ne pourrions l'avoir par nous-mêmes, puisque enfants de colère nous ne méritons que la malédiction. Mais par notre Prêtre et notre Victime, nous pouvons aller sans crainte, avec confiance, jusqu'au pied du Trône de la Miséricorde, et là demander, au nom de Jésus, par les mérites infinis de Son Sacrifice, tous les biens qui nous sont nécessaires.

Qui racontera les Miséricordes du Seigneur ! Qui dira les merveilles qui s'opèrent continuellement dans les âmes par la vertu du Sacrifice Eucharistique ? Que le Ciel s'ouvre, à la voix du prêtre, que des torrents de bénédictions tombent du sein de l'Amour infini sur les pauvres habitants de cette vallée de larmes, toutes les fois que les Saints Mystères sont célébrés, c'est ce dont il sera toujours impossible de douter. Si donc une âme demeure dans sa pauvreté et dans son indigence, si elle est toujours sans vertu, sans courage ; si ses ennemis demeurent toujours les maîtres et paralysent les timides efforts qu'elle tente pour revenir sincèrement à Dieu, n'en doutons pas, cette âme néglige l'assistance au saint Sacrifice ; elle ne vient pas demander par Jésus-Christ, au nom de Jésus-Christ. Le jour où tous les fidèles comprendront la vertu du Saint Sacrifice, les cataractes du Ciel seront ouvertes, un déluge de grâces inondera le monde et tous les peuples réunis comme en un seul troupeau, autour de l'Adorable Victime, entonneront le cantique de leur délivrance !

Autel saint, tu seras désormais mon unique refuge. La Messe fera mes délices. Je m'approcherai, avec confiance et avec amour, de ce Dieu qui fera descendre dans mon cœur tous les biens qu'Il m'a promis dans Sa Miséricorde.

 

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