18 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

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Dix-neuvième jour

Les Prêtres

 

En confiant à Bernadette la mission dont nous l'avons vue s'acquitter auprès de son curé, que faisait la Dame ? Elle reconnaissait d'abord le droit sacerdotal : « Allez dire aux prêtres ». Le prêtre est l'intermédiaire obligé entre Dieu et l'homme. Personne ne peut se passer de lui : trait d'union vivant, infrangible. Toutes les religions ont eu leurs prêtres ; les prêtres existeront toujours. Lorsqu'on se targuera d'avoir divorcé avec les représentants des sacerdoces authentiques, on s'en ira dans les Loges s'inféoder aux Vénérables. La parodie sera justicière de l'idée outragée. On ne voulait pas de la dignité réelle, on embrassera la mascarade.

« Allez dire aux prêtres », dit la Dame, pour mieux mettre en saillie le droit sacerdotal. Ce droit, elle l'avait reconnu quand, quarante jours après la naissance de Son Divin Fils, elle s'était rendue au Temple pour s'y purifier, comme si la blancheur, en son essence, pouvait devenir plus blanche encore. Ce droit, elle le reconnaît, à nouveau, en s' adressant à Bernadette : il est sacré, imprescriptible, inaliénable ; il ressort de la volonté positive de Dieu, et Jésus Lui-même, grand-prêtre éternel, fondateur du sacerdoce évangélique, l'a respecté ; il envoyait les lépreux aux prêtres, et il ordonna, à Paul, terrassé sur le chemin de Damas, de s'en référer, pour l'oeuvre de sa sanctification, à Ananie. Quiconque voudra se dispenser du prêtre supprimera le grand ressort, le moteur nécessaire, dans le fonctionnement de l'organisme religieux. On ne peut mettre en branle le Surnaturel dans le monde que par les prêtres. Tous les rêves, toutes les tentatives de séparations laïques, ne prévaudront jamais contre ce droit.

Or, tout droit implique un devoir, et nous trouvons, en la parole de la Dame, l'indication du devoir sacerdotal : « Allez dire aux prêtres qu'il doit se bâtir ici... » Bâtir est la mission du prêtre ; démolir, celle facile et grossière, de ses ennemis : le Bien a le génie de la construction ; le Mal, celui de la démolition. En bâtissant, le prêtre ressemble à Dieu qui a bâti toutes choses, et à Jésus qui a été, selon sa propre expression, le bâtisseur de son Eglise : « Tu es Pierre et sur cette pierre Je bâtirai Mon Eglise ». Or, à l'instar de Dieu qui a créé le monde des esprits et le monde des corps, le prêtre bâtit spirituellement et matériellement. Il édifie le temple spirituel avec le dogme, la morale, les sacrements : matériaux divins. Et il est, de la sorte, l'illuminateur, le purificateur, le sanctificateur, qu'on ne remplace point. En bâtissant les âmes, il bâtit, par concomitance, les familles et les peuples. L'Histoire nous l'apprend : de lui sont nés l'organisation française, l'esprit français, la langue française, le cœur français, la conscience française.

« Simon, fils d'Onias, est le grand-prêtre qui pendant sa vie répara la maison du Seigneur, et durant ses jours affermit le Temple. Par lui furent posées les fondations pour porter au double le mur élevé qui soutient l'enceinte du Temple » (Ecclésiastique 50, 1, 2). La construction matérielle continue à incomber au sacerdoce. Jéhovah avait résolu, depuis Salomon, d'habiter, parmi les enfants des hommes, en une maison sainte. Jésus, faisant déborder la mesure d'amour, a voulu assurer jusqu'à  la consommation des âges et multiplier, au gré des chrétiennes et des chrétiens, son eucharistique présence. C'est avec l'or des riches, les oboles des pauvres, les travaux des artistes et les sueurs des tâcherons, que le prêtre édifie le temple matériel dont il est le gardien. Et toujours, en quelque coin du monde, se répercutera, sûre d'être entendue, l'injonction de la Dame : « Allez dire aux prêtres qu'il doit se bâtir ici... »

Tous les emplacements, pour la construction du Surnaturel, ne sont pas propices. Heureux le prêtre à qui la Vierge, pour le récompenser de ses prières et le tirer de ses indécisions, fait dire : « ici ! » La localisation du devoir facilite, en le précisant, son accomplissement. Dans la parole de la Dame, se trouve la garantie de la liberté sacerdotale : « Allez dire aux prêtres qu'il doit se bâtir ici une chapelle ».

Comment sera bâtie cette chapelle, dans quelles proportions, quelle en sera l'organisation matérielle, comment devra y fonctionner le culte ? C'est l'affaire des prêtres : ils sont libres de construire, d'organiser, comme ils l'entendent. L'ordre émane de Dieu, l'exécution, en son ensemble et ses détails, est du ressort des prêtres. La Dame, respectueuse de leur autonomie, ne risque point d'emprisonner leur initiative personnelle, leur liberté d'action, leur ministère. Les dons de Dieu sont sans repentance ; les droits qu'il consent à nous départir ne sont jamais des leurres. Les hommes jaloux, étroits, sont forts pour les empiètements ; Dieu, immensément large, n'entrave aucune spontanéité, maintient, en leurs limites, toutes les tolérances. Seuls, les manoeuvres et les sots retirent en pratique ce qu'ils ont donné en théorie.... Quand donc la liberté mieux comprise permettra-t-elle à chacun de jouir, en toute tranquillité, de sa place au soleil ?.... Les églises appartiennent aux prêtres comme les prétoires aux juges, les tribunes politiques aux parlementaires, les casernes aux soldats : il faut les y laisser. Le caprice mène à la démence ; le despotisme à l'anarchie...

 

Examen

 

Respectons-nous les prêtres ? les nôtres surtout, car la Religion catholique étant la seule vraie ; nos prêtres sont les représentants du seul vrai sacerdoce.... Si les Protestants respectent leurs ministres, les Juifs leurs rabbins, les Musulmans leurs imams, et nous ne saurions trop les en louer, de quel respect ne devons-nous pas entourer nos prêtres !... Voyons-nous en eux les délégués, les mandataires de Jésus-Christ ? Ils remplissent ses fonctions, ils tiennent sa place, ils s'identifient avec sa personne auprès des âmes !... Les écoutons-nous ? leur obéissons-nous ? Les défendons-nous ?... Les persécutions dont on les accable à cause de Jésus nous les devraient rendre plus chers.... Comme les premiers chrétiens persécutés aimaient leurs prêtres !... Les aidons-nous à remplir leur devoir de bâtisseurs... L'impiété a volé leurs biens, mais ils ont gardé leur honneur.... Ce qu'a démoli la Politique haineuse, il faut que la Charité le reconstruise... Elle a démoli l'éducation par la neutralité laïque : à nous de la rebâtir par l'apostolat du Catéchisme.... Elle a démoli la Famille par le divorce, à nous de la rebâtir par l'apologie et indissolubilité... Elle a démoli la société par le bannissement de Dieu : à  nous de la rebâtir par le relèvement des chrétiennes et sociales vertus... Elle a appauvri les églises, en attendant, si elle le peut, de les fermer : à  nous de les doter de nos bonnes œuvres pour y conserver le culte et y tenir le plus grand nombre de cœurs ouverts à Dieu...

N'entravons-nous pas quelquefois, par nos mutineries, nos oppositions ou nos froideurs, la liberté sacerdotale ?... C'est aux prêtres qu'il appartient de mener les paroisses, et on rencontre des paroissiens et des paroissiennes qui, par leurs générosités, leurs ingérences ou leurs intrigues, voudraient mener les prêtres,... Laissons les prêtres libres : Dieu se charge d'asservir ceux qui abuseraient de leur liberté... Dans les églises, il y a, parmi les chapelles latérales ou circulaires, la chapelle de la Vierge : elle est même d'ordinaire le mieux ornée... Dans le temple de notre âme, notre dévotion à la Vierge, telle une chapelle mystique, est-elle l'objet de nos soins particuliers ?... « Je veux, nous dit la Vierge, qu'on bâtisse une chapelle ici » : dans votre cœur... Comment honorons-nous Marie ?... Ne laissons-nous passer inaperçue, sans décoration supplémentaire de notre âme, aucune de ses fêtes ?... Que sont, sous ce rapport, nos samedis ?... Comment sanctifions-nous jusqu'ici son Mois de Mai, déjà  à son déclin ?...

 

Prière

 

O Notre Dame, si, enfant, vous vous montrâtes souverainement respectueuse, au temple, envers les prêtres de la vieille alliance, quel ne doit pas être votre respect pour les prêtres de votre Fils Jésus !... Comme il devait vous tarder, s'il est permis de vous attribuer la plus légitime impatience, de mettre Bernadette en relations avec les prêtres, seuls capables de continuer, après l'enfant, l'oeuvre de votre prédilection, à Lourdes!... Des prêtres, d'aucuns n'en voudraient plus.... Mais vous, vous en voulez, et vous les appelez.... On les maudit, bénissez-les ; on les dépouille, secourez-les ; on les attaque, défendez-les ; si on les expulse, ramenez-les. Les prétendus bâtisseurs de liberté ont donné leur mesure.... Il est temps que, pour sauver la France, vous inspiriez au peuple désabusé la résolution de s'éloigner des exploiteurs et de se rapprocher des prêtres en les chargeant, devant les ruines sociales, de rebâtir ici !...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

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Saint Yves Hélory de Kermartin

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Saint Yves Hélory de Kermartin

Saint Patron de la Bretagne

1253-1303

Fête le 19 mai

 

Yves Hélory de Kermartin (1253-1303) est l'avocat des humbles et des opprimés. Dès le début de sa vie universitaire à Paris et Orléans, tout le pécule dont le gratifient ses parents sera ms au service des étudiants moins fortunés que lui. Nommé juge ecclésiastique à Rennes en 1280, il bouleverse le Diocèse par son souci de la justice et la vérité ; les revenus de sa charge passent entre les mains des pauvres. Réclamé par l'évêque de Tréguier (son diocèse d'origine), Yves est ordonné prêtre malgré ses réticences et nommé curé de paroisse, tout en conservant ses fonctions de juge diocésain. Il est le plus mal loti des pauvres, à qui il donne tout, même son lit. Il se fait l'avocat des petits et de ceux qui ne peuvent payer un procès et s'en va plaider jusqu'à Tours. En 1283, les Frères Mineurs (Franciscains) qui l'ont marqué à Paris et à Rennes, arrivent à Guingamp. À partir de 1289, Yves est souvent leur hôte. Désormais il va porter, avec la corde et les sandales, un costume assez semblable au leur, sans doute l'habit du Tiers Ordre de Saint François (qui était une sorte de bure de couleur grise cendre pour symboliser la pénitence revêtue en entrant dans le Tiers Ordre, ndlr). À sa mort, le 19 mai 1303, il connaît le même dénuement et la même soif que Saint François d'Assise. « Mon fils, vivez toujours de manière à être un saint », lui avait souvent répété sa mère au temps de sa jeunesse ; devenu adulte, il reconnaissait combien il lui en coûtait de devenir pauvre, frères et serviteur. En 1347, le Pape Clément VI proclame sa canonisation. Et en 1351, le Chapitre général des Frères Mineurs ordonne de l'inscrire au calendrier liturgique Franciscain comme Tertiaire de Saint François.

 

Oraison

 

Dieu de qui vient tout ce qui est juste et bon, Tu as établi Saint Yves comme juge parmi ses frères, et Tu as fait de lui un grand ami des pauvres : accorde-nous, par son intercession, de rechercher passionnément la justice et de communier à ton amour pour les hommes. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

(Extraits du Missel Franciscain)

 

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Pedenn da Aotrou Sant Erwan



Aotrou Sant Erwan benniget,
E Breizh ar Patron hollvrudet,
C’hwi, helavar en ho komzoù
Hag hollskouerius en oberoù.

Difennet hoc’h eus ar c’horker
Pa voe taget gant ar piaouer :

Breutait c’hoazh, ni hoc’h asped,
Evit ar paour-kaezh Bretoned,
Ma vo rentet d’o yezh karet
Ar gwir a zo dezhi dleet,
Hag e kanimp meuroberoù

’N Aotrou Doue ’n hon ilizoù.
Ouzh rogentez ar juloded
Gourbannit kaoz ar baloded,
Korkerien dizifenn o yezh.
Bezit o breutaer el Lez,
Ma tassono ar c’hanennoù
A ray tridal hor c’halonoù.

Aotrou Sant Erwan galloudus,
’N em ziskouezit karantezus :
Ar brezhoneg n’eo ket maro :
Gant ho skoazell ec’h advevo,
Hag e kanimp gwitibunan :
’Vel Sant Erwan n’eus ket unan.

 

Prière à Monsieur Saint Yves



Monsieur Saint Yves bienheureux,
En Bretagne Patron illustre,
Vous, éloquent en vos paroles
Et exemplaire en vos actions.

Vous avez défendu les gueux
Mal accusés par les croquants :

Plaidez encore, nous vous prions,
En faveur des pauvres Bretons :
Pour que soit rendu à leur langue
Le droit sacré qui lui est dû ;
Et nous chanterons les merveilles
Du Seigneur Dieu dans nos églises.

Proclamez la cause des petits,
Tels des miséreux sans défense
Devant la morgue des nantis
Soyez avocat à la Cour,
Pour que résonnent ces beaux chants
Qui font tressaillir nos vieux cœurs.

Monsieur Saint Yves très puissant,
Pour nous, montrez-vous très aimant :
La langue bretonne n’est pas morte :
Avec votre aide elle va revivre,
Et nous chanterons tous ensemble :
Il n’en est pas un comme Saint Yves.

 

Nann n'eus ket e Breizh

Cantique traditionnel à Saint Yves

Diskan: 

Nann, n’eus ket e Breizh, nann, n’eus ket unan,

Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan,

Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan.

Refrain: 

Non, il n’y a pas en Bretagne, non, il n’y a pas un,

Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves,

Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves.

N’eus ket en Argoad, n’eus ket en Arvor,

Koulz ha sant Erwan ’vit an dud a vor,

Koulz ha sant Erwan ’vit an dud a vor.

 

Il n’y a pas en Argoat ni en Arvor,

Aussi bon que saint Yves pour les gens de la mer,

Aussi bon que saint Yves pour les gens de la mer. 

2

Nann, n’eus ket er vro, ’vel ma lavarer,

Hag a ve ken mat ’vit al labourer,

Hag a ve ken mat ’vit al labourer.

 

Non, il n’y a pas dans le pays, partout on le dit,

Qui serait si bon pour le paysan,

Qui serait si bon pour le paysan.

N’eus ket kaeroc’h skouer d’an dud a lezenn 

Evit sant Erwan, skouer ar veleien,

Evit sant Erwan, skouer ar veleien.

Il n’y a pas plus bel exemple pour les gens de loi

Avec saint Yves, prêtre exemplaire,

Avec saint Yves, prêtre exemplaire.

Evel hon Tadoù, int, tud a gredenn,

Lavaromp d’ar Sant, ’n ur gaer a bedenn,

Lavaromp d’ar Sant, ’n ur gaer a bedenn :

Comme nos ancêtres l’étaient, croyants,

Parlons au saint, celui-là est un bon prieur,

Parlons au saint, celui-là est un bon prieur.

Aotrou Sant Erwan, Patron Breizh-Izel,

Bezañ treitour deoc’h, nann, kentoc’h mervel,

Bezañ treitour deoc’h, nann, kentoc’h mervel.

Saint Yves, patron de la Basse-Bretagne,

Être traître envers vous, non, plutôt mourir,

Être traître envers vous, non, plutôt mourir.

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Sant Erwan, pedit evidomp!

Saint Yves, priez pour nous!