07 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Huitième jour

La manière dont Dieu a réglé les événements de tous les siècles pour disposer les esprits à l'avènement du Messie, à la propagation de l'Evangile et à l'établissement de l'Eglise

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

I. Lorsqu'on étudie l'architecture d'un monument, ce n'est pas l'examen isolé de chaque pierre prise en particulier, qui peut nous donner une idée de l'ensemble ni de la destination de l'édifice. Mais lorsque nous en contemplons la forme générale, lorsque nous examinons les rapports de chaque partie avec le tout, nous voyons qu'une pensée mère y a présidé, que tous les détails convergent à un même but que l'on s'était proposé, et qu'une intelligence créatrice a tout disposé pour l'atteindre. C'est ainsi que nous devons étudier l'histoire. S'arrêter à des faits isolés sans s'inquiéter des rapports qu'ils ont entre eux ou avec l'événement principal dont ils ne sont que des matériaux ou des accessoires ; ne pas chercher à découvrir l'acte moral dont ces faits ne sont que la manifestation ou l'épanouissement ; ne pas élever ses pensées plus haut que la terre et que la politique humaine ; ce n'est pas étudier sérieusement l'histoire, ce n'est pas en vouloir connaître la vraie philosophie, ni le dernier mot. Aussi faut-il être chrétien pour voir autre chose dans l'histoire, que le combat perpétuel des passions humaines, leurs intrigues, leur fureur, leur tyrannie et trop souvent leur cruauté. Le chrétien qui sait que le souverain maître du ciel et de la terre manie les nations, les trônes et les Rois comme un enfant qui donne à la cire qu'il tient entre ses doigts la forme qu'il lui plaît, le chrétien, dis-je, ne s'arrête pas à la terre ; il demande humblement à Dieu le secret de ses conseils dans les événements qui se déroulent sous ses yeux, et il cherche des enseignements divins dans les œuvres des hommes. La foi en la Providence lui montre Dieu à la tête de tous les événements, dont il est, en dernière analyse, l'âme et le principal moteur.

II. Aussi, lorsque nous jetons un regard sérieux sur le spectacle qu'avait offert la terre jusqu'à l'époque de l'avènement du Messie, nous voyons que tout ce qui s'était passé jusqu'à ce moment dans le monde et que la situation politique et morale dans laquelle il se trouvait alors, avaient uniquement eu pour objet de disposer les esprits et les voies à l'accomplissement du plus grand événement que l'histoire ait jamais eu et qu'elle aura jamais à enregistrer : l'apparition du Rédempteur et du restaurateur de l'humanité, et l'établissement de son Eglise destinée à développer et à perpétuer son œuvre. Ici, ce ne sont pas des interprétations faites à plaisir ; Dieu, qui connaissait la perversité de l'esprit humain, a pris soin d'envoyer ses prophètes pour annoncer plusieurs siècles à l'avance tout ce qu'il ferait pour préparer les voies à Son Christ. C'est ainsi que, sans parler des prophéties antérieures qui n'avaient jamais cessé de se renouveler, depuis la chute de nos premiers parents, Isaïe prédit aux Juifs que les Assyriens les puniront de leur idolâtrie par les victoires qu'il remporteront sur eux et par la captivité de Babylone. Puis, lorsque le châtiment a atteint son but, Dieu brise le pouvoir des Assyriens, d'autant plus inutile dès lors à ses desseins, que cet empire voulait anéantir le peuple d'Israël. Isaïe annonce encore aux Juifs leur délivrance, et nomme Cyrus, roi des Perses, comme leur libérateur, deux cents ans avant la naissance de ce prince. Les Mèdes et les Perses renversent le trône d'assyrie, Jérusalem et son temple sont rebâtis, la prospérité et même un vif éclat sont rendus au peuple de Dieu. Mais, une prophétie de Daniel annonçait qu'après avoir rempli sa mission, l'empire des Perses céderait le sceptre à celui des Grecs, qui était destiné à faciliter la prédication de l'Evangile. Il y parvint en effet, en répandant au loin la connaissance de la langue grecque, en faisant connaître et en rendant célèbres parmi les Gentils les livres des Juifs et leur attente d'un libérateur tout-puissant, qui devait apporter le salut aux hommes et les réconcilier avec Dieu. Toutefois, d'après la prophétie de Daniel, l'empire Romain devait aussi apporter son concours à la gloire du Messie et à l'établissement de son règne. Il avait pour mission d'être le pionnier de l'Evangile, d'ouvrir et de faciliter aux prédicateurs de la loi nouvelle toutes les communications d'un bout du monde à l'autre, et c'est dans ce but que Dieu fit passer dans les mains des Romains la monarchie grecque, dès qu'elle eût accompli les conseils divins pour lesquels elle avait été établie. Telle fut et telle est encore la réalisation de cette parole du Prophète Royal : Reges eos in virgâ ferrea, et tanquàm vas figuli confringes eos, et nunc erudimini qui judicatis terram. Vous gouvernerez les nations avec un sceptre de fer, et vous les briserez comme un potier met en poussière ses vases d'argile. Et maintenant profitez de cette leçon, vous qui gouvernez les peuples de la terre ». L'Empire romain devenu maître de la Judée, devait encore servir à vérifier cette prophétie de Jacob, qui annonçait à son lit de mort, que le Messie viendrait lorsqu'un Roi étranger à  la nation juive serait assis sur le trône de Juda.

III. L'avènement d'un futur libérateur du genre humain était attendu, non-seulement par les Juifs, mais encore par les païens, qui, dans les rapports nombreux qu'ils avaient eu avec les descendants d'Abraham, soit pendant la captivité de Babylone, soit pendant la durée de l'Empire grec, avaient recueilli cette tradition qui devint presque générale dans l'univers entier ; voilà  pourquoi ce libérateur avait été proclamé par Malachie le « Désiré des nations ». Ce fut aussi par le même moyen, qu'un certain nombre de philosophes connurent non-seulement la promesse d'un envoyé de Dieu, qui devait réhabiliter l'homme, mais encore le péché originel, le mystère de la sainte Trinité et quelques autres vérités révélées au peuple de Dieu, dont on a à tort attribué la notion, à leur perspicacité, philosophique. Quoi qu'il en soit, vers l'époque où le Messie parut, cette croyance en son avènement était si vive, que suivant une tradition des Juifs, un grand nombre de Gentils se rendirent à Jérusalem, afin de voir le Sauveur du monde quand il viendrait racheter la maison de Jacob. Les Romains comme les autres nations partageaient ces convictions. Tacite écrivait : « Qu'on était généralement persuadé que les anciens livres des prêtres annonçaient qu'à cette époque l'Orient prévaudrait, et que de la Judée sortiraient les maîtres du monde ». Suétone à son tour l'affirme positivement : « Tout l'Orient, dit-il, retentissait de l'antique et constante opinion que les destins avaient arrêté, qu'à cette époque la Judée donnerait des maîtres à l'univers ». Virgile, interprète de l'attente générale, chantait la prochaine arrivée du Fils de Dieu, qui, descendant du Ciel, allait ramener l'âge d'or sur la terre, effacer le crime et faire périr le serpent. Enfin, la Sibylle de Cumes décrivait en même temps le règne du Messie, à peu près dans les mêmes termes que le prophète Isaïe. Il est vrai, que lors même que les prophéties eussent été inconnues, l'état général de corruption où étaient plongés tous les peuples, l'ignorance profonde dans laquelle vivaient toutes les nations au point de vue religieux, si l'on en excepte les Juifs ; l'idolâtrie répandue de manière à ne faire de l'univers entier qu'un vaste temple d'idoles, auraient suffi pour faire sentir la nécessité d'une régénération, d'une lumière surnaturelle et d'une puissance divine, afin de retirer le genre humain du matérialisme et de l'abaissement dans lequel il était tombé. Les peuples les plus civilisés, les plus habiles dans les arts, les sciences et lettres, tels que les Egyptiens, les Grecs et les Romains, s'étaient eux-mêmes précipités dans cet abîme ; et les philosophes, les sages, les législateurs les plus illustres, impuissants à les en retirer, devenaient encore les complices de leurs erreurs et de leurs désordres. Les Juifs, qui seuls avaient conservé la connaissance et le culte du vrai Dieu, mêlaient depuis longtemps dans la religion des superstitions indignes de la divinité. La lumière de la vérité ne brillait donc plus pour l'immense majorité des hommes, et elle ne jetait même pour le peuple que Dieu s'était choisi, qu'une pâle lueur qui semblait prête à s'évanouir pour toujours. Cependant, l'Empire romain, après une lutte longue et sanglante, embrassait dans son vaste sein presque toutes les nations connues ; Auguste, vainqueur de ses nombreux rivaux, était tranquillement assis sur le trône des Césars ; la terre entière reposait dans une paix profonde, lorsque Jésus, le Rédempteur du genre humain, le Désiré des nations, fit son entrée dans le monde, à Bethléem, dans le fond d'une étable.

 

Élévation sur le sujet précédent

 

I. Lorsque des hauteurs des cieux où vous régnez, Seigneur, avec tout l'éclat de votre majesté, vous abaissez vos regards jusque sur cette terre qui occupe si peu de place dans le vaste univers que votre main puissante a créé de rien, et qu'elle gouverne pour ainsi dire en se jouant, vous voyez les faibles mortels s'agiter, mettre en œuvre toutes les ressources de leur politique étroite et bornée, se faire la guerre pour monter sur un escabeau qu'ils décorent du nom de trône ; lorsque vous les voyez surtout attribuer à leur sagesse et à leur puissance les événements que vous avez préparés vous-même dans vos conseils et dont ils ne sont que les chétifs instruments; quelle pitié ne doivent pas vous inspirer leurs prétentions, leur orgueil et leur ambition ! Comment ne leur faites vous pas sentir plus souvent la pesanteur de votre bras, pour leur apprendre que c'est de vous que relèvent les empires, les nations, les sceptres et les couronnes ? Mais non ; vous êtes un Dieu patient, miséricordieux et plein de longanimité : Vous ne voulez pas la mort du pécheur, mais qu'il vive. Puis, votre justice se réserve l'éternité, où elle rendra alors à chacun selon ses œuvres, et où personne ne pourra échapper à sa sévérité, quel que soit le rôle qu'il ait joué, ou le rang qu'il aura occupé ici-bas.

II. Que vous êtes grand, ô mon Dieu ! Et que nous sommes petits ! Lors même que vous nous révélez le secret de vos desseins, et que nous les voyons ensuite se dérouler au grand jour sous nos yeux, notre faible intelligence en est encore éblouie, et ne peut y croire sans un secours de votre grâce. Je comprends maintenant cette parole du prophète Royal qui affirme que mille années devant vos yeux sont comme le jour d'hier, qui s'est déjà  évanoui, (Psaume 89). Quarante siècles se sont écoulés entre la promesse du Messie et son avènement, et l'histoire des temps primitifs, de l'accroissement de la population sur la terre, de l'établissement des nations et de la succession des grands empires qui se sont disputés le pouvoir suprême, ne nous apparaît encore qu'à travers d'épais nuages, malgré les traditions et les monuments nombreux qui nous sont restés. Pour vous. Seigneur, tout est resplendissant de lumière, et vous enchaînez tous ces nombreux événements pour les faire servir à l'accomplissement de vos plans divins, avec autant de facilité que l'enfant tresse des fleurs pour en former une couronne ! Votre sagesse infinie a tout prévu, votre infaillibilité n'a jamais hésité, votre toute-puissance n'a jamais connu d'obstacle. Vous avez dit, et tout a été fait selon votre volonté. Les hommes reconnaissent votre existence à la magnificence de vos œuvres, et ils refusent d'admettre l'action de votre divine Providence sur eux-mêmes et sur leurs entreprises ?

III. Pouviez-vous, pourtant, leur fournir de plus vives lumières ? Vos prophètes annoncent dans les plus grands détails les destinées du peuple juif, leurs châtiments, l'établissement et la destruction des empires, l'époque précise de la chute du royaume de Juda. Ils prédisent les circonstances les plus minutieuses de la vie du Messie promis, le moment, le lieu de sa naissance, le genre de mort par lequel il expiera les péchés du monde ; la ruine de Jérusalem et de son temple qui ne doivent plus être le centre de la vraie religion, ni survivre à l'ancienne loi à laquelle Jésus-Christ a substitué l'Evangile, dont la consolante et lumineuse doctrine sera prêchée à toutes les nations ; la dispersion de ce peuple que Dieu s'était choisi et qui, devenu déicide, sera condamné comme Caïn a errer sur la terre et à porter sur son front la flétrissure de son crime ; vous multipliez les figures pour rendre plus palpables et plus frappants les événements que vous faites annoncer ; vous imprimez à l'univers entier le sentiment intime du besoin d'un Sauveur et d'un libérateur ; les païens eux-mêmes et leurs oracles le publient ; et malgré l'accomplissement ponctuel de tant de prophéties, malgré la réalisation de tant de figures, malgré cette voix solennelle de la conscience publique qui est l'organe infaillible de la vérité, malgré les aveux mêmes des ennemis jurés du Christ, les hommes s'obstinent dans leur aveuglement ! Ils refusent de voir et d'entendre ; et ne veulent pas reconnaître que c'est vous, Seigneur, qui, dans une pensée de miséricorde et d'amour, avez dirigé cette longue série d'événements divers destinés à préparer les esprits et les cœurs à la venue du Messie ! Pardonnez-leur, ô mon Dieu, car ils ne savent ce qu'ils font ; et après avoir prodigué en leur faveur les miracles et les prodiges de tout genre, opérez encore celui d'ouvrir leurs yeux à la vérité.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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