Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Treizième jour

L'établissement définitif de l'Eglise par Jésus-Christ

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Tous les éléments de l'Eglise étaient prêts ; le sang du Sauveur qui avait coulé était comme le ciment destiné à unir étroitement toutes les parties de l'édifice de l'Eglise et à le rendre indestructible ; le prodige de la résurrection de celui qui l'avait fondée lui promettait l'immortalité ; il ne restait donc plus qu'à faire un seul tout de ces matériaux épars, et à les lier étroitement avec la pierre angulaire, qui était Jésus-Christ. Mais Jésus-Christ, tout en restant la pierre angulaire de l'Eglise universelle, allait quitter la terre pour s'élever au plus haut des cieux, et pour rester à jamais dans le séjour de la gloire. Il fallait donc à l'Eglise militante un chef visible, représentant et vicaire du Sauveur du monde, revêtu comme lui de pouvoirs célestes qui lui permissent de continuer l'oeuvre du divin Fondateur. Depuis longtemps celui-ci avait jeté les yeux sur Simon, pour remplir ces sublimes fonctions ; il avait même habitué peu à peu les autres apôtres à le regarder comme devant un jour marcher à leur tête. La foi vive de Simon, son zèle et son amour ardent, son énergie et sa douceur le signalaient sans doute à l'attention du Sauveur, et avaient déterminé son choix. Aussi, dans le cours de ses prédications, lorsque Jésus-Christ cherche une barque pour parler au peuple, c'est dans celle de Simon qu'il monte de préférence ; c'est dans cette même barque qu'il opère une pêche miraculeuse-, c'est encore à Simon qu'il s'adresse directement lorsqu'il veut interroger ses apôtres, comme c'est aussi Simon qui prend la parole pour répondre au nom de ses collègues ; c'est Simon d'abord, et après lui Jacques et Jean, que Jésus prend avec lui pour monter au Tabor, et plus tard, pour l'accompagner sur la montagne des Oliviers la veille de sa mort : enfin, il prélude au choix définitif qu'il doit faire de Simon, avant de monter au Ciel pour l'établir son lieutenant sur la terre et le chef de son Eglise, lorsque, après l'avoir considéré attentivement le jour où il lui fut présenté pour la première fois, il lui dit : « Tu es Simon, fils de Jean, tu t'appelleras Kephas, ce qui veut dire Pierre » (S. Jean, 1, 42) ; et lorsqu'il lui adresse ces mémorables paroles. l'année qui précéda celle de sa Passion : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des Ceux. Et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux ». (Matthieu 16, 18 et SS) Puis, la veille du jour où il devait consommer son sacrifice, Jésus-Christ lui dit encore après la cène : « Simon, Simon, voilà que Satan demande à vous cribler comme le froment. Mais, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas, et lorsque tu seras revenu, tu affermiras tes frères ». (Luc 23, 31 et SS).

II. Ce ne fut, toutefois, que peu de jours avant de remonter au ciel, que le Sauveur proclama solennellement et d'une manière définitive l'élection de Saint Pierre comme devant être désormais le chef de son Eglise, et qu'il constitua irrévocablement celle-ci pour continuer son œuvre jusqu'à la fin des temps. Jésus-Christ, se trouvant au milieu de ses Apôtre, le sixième jour après sa résurrection, jeta un regard plein de bonté sur Simon-Pierre, et lui adressa ces mystérieuses paroles rapportées par l'Evangéliste Saint Jean (21, 18 et ss) : « Simon, fils de Jean, m'aimez-vous plus que ceux-ci ? Il lui répondit : « Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime ». Il lui dit : « Paissez mes agneaux ». Il lui dit de nouveau : « Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime ». Il lui dit : « Paissez mes agneaux ». Il lui dit une troisième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ? » Pierre fut attristé de ce que Jésus lui avait dit une troisième fois : « M'aimez-vous ? » et il lui répondit : « Seigneur, vous connaissez toute chose : vous savez que je vous aime ». Il lui dit : « Paissez mes brebis ». Peu de temps après, les onze disciples étant réunis sur une montagne de Galilée que Jésus leur avait désignée, le Sauveur s'approcha d'eux et leur dit : « Toute puissance m'a été donnée dans le Ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations et baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit : apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit : et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles ». (Matthieu 28, 18 et ss). Il ajouta enfin : « Je vais vous envoyer le divin Esprit que mon Père vous a promis. Retirez-vous donc à Jérusalem jusqu'à ce que vous ayez été revêtus de la force d'en haut ». (Marc, 24, 49.).

III. L'Eglise était définitivement constituée et établie : toutes les nations, c'est-à-dire la terre tout entière, avaient été placées sous sa juridiction par Jésus-Christ lui-même, elles devenaient le théâtre de ses infatigables travaux ; sa doctrine immuable et divine, puisqu'elle était sortie des lèvres de l'Homme-Dieu son maître, allait être à jamais consignée dans les Saints Evangiles. Seule elle en avait reçu le dépôt sacré, et son céleste fondateur avait marqué d'avance du sceau de l'infaillibilité les jugements qu'elle aurait à porter, dans la suite des siècles, contre les erreurs qui tenteraient d'altérer la pureté de son enseignement ; elle était revêtue du droit non-seulement d'instruire, mais encore d'imposer aux hommes les vérités de la foi sans souffrir de contrôle. Sa mission était de les répandre partout et de les faire pénétrer dans tous les cœurs. Les moyens de développer les germes de vie renfermés dans la parole sainte étaient entre ses mains : c'étaient la prière, le Sacrifice par excellence et les sacrements. Les pouvoirs les plus merveilleux réservés jusqu'alors à Dieu seul lui avaient été communiqués par un prodige de la miséricorde infinie. Elle pouvait naturaliser tous les hommes enfants de Dieu, leur ouvrir les portes de la vie surnaturelle, leur donner des droits positifs au royaume des cieux ; réconcilier les pécheurs avec leur créateur qu'ils avaient offensé, effacer les souillures de leur cœur, et arrêter en quelque sorte le cours de la justice divine en déchirant leur condamnation, puisque les clefs du ciel lui étaient confiées. La présence réelle de son divin Maître lui était assurée jusqu'à la consommation des siècles, puisqu'elle n'avait que quelques paroles à prononcer pour le faire descendre sur ses autels. Elle pouvait même s'unir à lui pour participer de plus en plus à sa sainteté, à sa justice, à sa force, à sa puissance, et le donner aux fidèles pour leur inoculer ainsi la vie et les vertus, dont le Sauveur avait donné l'exemple. Enfin, elle avait un chef ici-bas destiné à maintenir l'unité dans la société chrétienne, et à donner les lois nécessaires pour le gouvernement et les besoins de cette monarchie divine. Tel était l'état de l'Eglise lorsque Jésus-Christ ressuscité quitta la terre pour monter au ciel. Rien ne manquait à son organisation, mais elle n'avait pas encore reçu l'impression du souffle divin qui devait lui donner le mouvement et la vie ; semblable à Adam formé par les mains du Tout-Puissant, mais sur lequel l'esprit de Dieu n'était pas encore descendu pour lui donner une âme vivante et agissante. Nous verrons bientôt comment la descente du Saint-Esprit sur les apôtres opéra ce prodige, et mit la dernière main à ce grand œuvre de la fondation de l'Eglise Catholique.

 

Élévation sur l'établissement définitif de l'église par Jésus-Christ

 

I. Plus j'avance dans la méditation de l'établissement de votre Eglise, Seigneur, et plus je suis frappé de la sagesse divine qui y a présidé. Votre toute-puissance avait créé le monde entier en six jours ; vous n'aviez eu qu'à prononcer un mot : « Fiat ! » et aussitôt toutes les merveilles que nous contemplons sortaient du néant. Mais lorsqu'il s'agit de l'édifice sacré de votre Eglise, vous employez quatre mille ans à en exécuter le plan, quelque irrévocablement qu'il fût conçu dans vos divins conseils ; et après être descendu du ciel sur la terre pour mettre vous-même la main à ce grand œuvre, vous y travaillez pendant trente-trois ans, et la vie entière du Verbe incarné s'y consume ! Pourquoi une si grande différence entre ces deux prodigieuses créations ? La première et suprême raison que j'en découvre, c'est votre grand amour ô mon Dieu, pour votre Eglise, ou plutôt pour les hommes, en faveur desquels vous l'avez établie. Il semble que vous vous soyez plu à prolonger la durée de votre ouvrage pour savourer plus longuement le bonheur que vous éprouviez en préparant à l'humanité les moyens de salut que lui réservait votre miséricorde infinie. La seconde raison pour laquelle il me semble que l'univers et tout ce qu'il renferme a dû vous coûter à peine quelques jours et quelques paroles, c'est qu'alors rien n'entravait votre volonté ; tous les éléments vous étaient soumis et obéissaient fidèlement à vos ordres, tandis que, pour établir votre Eglise, il n'en a pas été ainsi. Le respect que vous vous étiez prescrit pour la liberté de l'homme, les convenances de sa nature que vous avez daigné consulter, ses susceptibilités même que vous vouliez ménager, les événements humains dont vous n'avez pas cru devoir précipiter le cours naturel, motivent suffisamment vos délais ; les hommes se pressent parce que le temps leur échappe malgré eux : mais vous, Seigneur, vous êtes le maître de l'éternité ! Enfin, la troisième raison qui m'explique le peu de temps que vous avez employé à la création du monde physique, et les siècles que vous avez consacrés à la création du monde moral, c'est-à-dire à l'édification de votre Eglise, c'est la haute estime que vous aviez vous-même de cette œuvre par excellence, et celle que vous en vouliez donner aux hommes. Hélas ! Comment ont-ils répondu à votre attente ? L'incrédulité, les persécutions, l'indifférence, tel est le triste accueil qu'ils ont fait et qu'ils font encore à cette ingénieuse invention de votre Charité pour eux. Au lieu de se réfugier amoureusement dans le sein de cette tendre mère pour y trouver un remède et un adoucissement dans les épreuves de leur exil ; au lieu d'élever vers vous leurs voix reconnaissantes ; semblables à ces fils dénaturés qui renient les entrailles qui les ont portés et les mamelles qui les ont nourris, ils repoussent sa main bienfaisante qui se lève encore sur eux pour leur pardonner et les bénir ; ils sont sourds à sa douce voix qui veut apaiser leur fureur, ils la blasphèment et la couvrent de leurs outrages Pardon, Seigneur, pardon, pour ces enfants égarés de la meilleure des mères ; permettez-nous de vous dire avec votre divin Fils : « Pardonnez-leur, ils ne savent ce qu'ils font ».

II. Quel beau spectacle cependant pour la foi, qu'un Dieu confiant à des hommes, par condescendance et par amour pour l'humanité, la continuation et l'achèvement de la plus belle de ses œuvres ! Pourquoi, Seigneur, confier à des mains si fragiles des pouvoirs si sublimes et si divins? n'avez-vous pas à redouter que l'emploi n'en soit pas toujours fait avec cette sagesse, cette prudence, cette modération qui devraient être la caractère constant de tout ce qui est divin de sa nature? Eh quoi ! Je tremble, lorsque j'entends la voix d'un mortel faible, rempli de misères, portant au fond de son cœur la racine de toute iniquité, appeler entre ses mains le Dieu de toute sainteté, le Dieu qui possède à un degré infini toutes les perfections ! Je tremble lorsque je vois cet être soumis au triste héritage de l'ignorance, suite du péché d'origine, et revêtu néanmoins du droit de condamner les erreurs et de sauver la vérité ; lorsque je le vois, lui, qui chaque jour pleure sur ses propres infidélités, lier ou délier les pécheurs ! Mais pourquoi tremblerais-je, ô mon divin Sauveur, lorsque votre sagesse infinie n'a pas hésité un instant ? C'est en faveur des hommes que vous établissiez votre Eglise, et les hommes devaient être gouvernés par leurs pairs et non par des anges. N'avez-vous pas vous-même donné la meilleure preuve de cette nécessité en épousant la nature humaine, durant votre apparition sur la terre ? Oh ! oui, je le comprends, Pierre qui a péché sera plus indulgent qu'un ange ne l'aurait été, parce que sa propre faiblesse lui fera mieux apprécier celle de ses frères ; et c'est précisément parce que Pierre n'est pas impeccable, que le pécheur se jettera avec plus de confiance dans ses bras pour y chercher son pardon et sa réconciliation avec Dieu. Jésus ! Que votre sagesse est profonde ! Mais, surtout que votre amour est grand ! Combien vous faites peu d'état de votre propre gloire, lorsqu'il s'agit du salut des âmes ! Que les moyens que vous établissez pour leur venir en aide puissent parfois devenir pour vous une source d'outrages et d'humiliations, que les ministres de vos miséricordes soient les premiers à avoir eux-mêmes besoin de votre indulgence et de vos pardons, ce n'est pas ce qui vous préoccupe ; vous voulez avant tout mettre le salut à la portée de tous, et que les plus timides et les plus coupables trouvent des cœurs de frères pour les accueillir et les absoudre. Voilà pourquoi vous avez établi Pierre, les apôtres et leurs successeurs, c'est-à-dire des hommes, pour gouverner votre Eglise.

III. Toutefois, ô divin Maître, ces hommes qui deviennent ici-bas vos représentants et vos ministres, qui tiennent votre place et agissent en votre nom, qui continuent en un mot dans le monde l'oeuvre divine de la rédemption que vous aviez à peine commencée, ne sont-ils que des hommes semblables à tous les autres hommes ? N'est-ce pas vous qui les avez choisis et appelés à votre suite, vous qui les avez instruits ? ne les avez-vous pas séparés et distingués d'entre tous les hommes par l'imposition de vos mains sacrées ? N'est-ce pas à eux seulement que vous avez dit : « Recevez le Saint-Esprit. Tous les péchés que vous remettrez seront remis, et tous ceux que vous retiendrez seront retenus » ? (Jean 20, 23). Et après la cène, après avoir consacré le pain et le vin et le leur avoir distribué, n'est-ce pas encore seulement à eux que vous avez recommandé de faire ceci en mémoire de vous ? (Luc 22, 19.) Ces hommes que vous avez séparés de la foule de vos autres disciples, ne sont-ils pas les seuls auxquels vous ayez dit : « Allez, enseignez toutes les nations » ? (Matthieu 28, 18). Et n'avez-vous pas ajouté, pour qu'on apprît à les entourer du plus profond respect : « Celui qui vous écoute m'écoute ; et celui qui vous méprise me méprise : or, celui qui me méprise méprise celui qui m'a envoyé » ? (Luc 10, 16). Puis, lorsque parmi ces hommes que vous aviez choisis, j'en vois un que vous établissez pour être leur chef, en lui donnant l'autorité non-seulement de paître les agneaux, c'est-à-dire les simples fidèles, mais encore les brebis, c'est-à-dire les mères ou les pasteurs mêmes des agneaux ; lorsque vous adressant spécialement à lui, vous lui remettez les clefs du ciel ; je le demande, après tous ces soins particuliers et assidus que vous prenez pour marquer cette classe d'hommes d'un sceau sacré et divin, après les avoir revêtus de pouvoirs sans pareils sur la terre, et leur avoir donné un chef encore plus puissant qu'eux, destiné à présider, à diriger leurs travaux et à maintenir l'unité de leur action, comment pourrait-on désormais les confondre avec la foule, et ne voir rien en eux qui les en distingue ? Sans doute, pour être revêtus d'un caractère sacré, ils n'en sont pas moins hommes, et ne sont pas affranchis par là des faiblesses de l'humanité ; mais vous, ô mon Sauveur, leur fondateur et leur maître, n'étiez-vous pas aussi véritablement homme, et ne vous étiez-vous pas soumis à toutes les misères de la nature humaine, hors le péché ? Et pourtant vous n'en possédiez pas moins toute la puissance de la Divinité. Dieu et homme tout à la fois, vous avez voulu pour vos ministres et vos représentants sur la terre des hommes revêtus de pouvoirs divins : vous les avez voulus hommes, pour qu'ils pussent se mettre en rapport avec leurs semblables ; et vous leur avez conféré des pouvoirs divins, pour qu'ils fussent à même de servir d'intermédiaires entre Dieu et les hommes, d'intercéder pour eux et de faire descendre sur la terre le pardon et les secours du ciel. C'est ainsi, ô divin Maître, qu'avant de remonter dans votre gloire, vous avez voulu asseoir définitivement votre Eglise, et lui laisser des moyens infaillibles et impérissables d'aller partager un jour votre félicité.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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