20 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-et-unième jour

L'unité de l'Eglise

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

 

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. L'Eglise étant destinée à être la gardienne de la doctrine que Dieu a donnée à la terre par le ministère de Jésus-Christ, et l'Eglise ayant reçu la mission de faire connaître et de faire observer cette doctrine dans l'univers entier ; cette Eglise devait être une comme la vérité qu'elle enseigne, et comme le Dieu qui l'a chargée de remplir ces sublimes fonctions. Les hommes ne peuvent donc pas, en sûreté de conscience, s'attacher suivant leur caprice à n'importe quelle Eglise ; mais ils sont tenus, sous peine de se perdre pour l'éternité, d'entrer dans l'Eglise que Jésus-Christ a établie, et Jésus-Christ n'en a établi qu'une seule, l'Eglise Catholique et Apostolique ; à elle seule il a communiqué ses pouvoirs, et donné la mission de continuer son œuvre de la Rédemption des hommes jusqu'à la consommation des siècles. Notre Seigneur, en effet, n'a-t-il pas dit : « J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie : il faut que je les y amène, elles entendront ma voix, et il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur » (Saint Jean 10, 16) ? Et dans la prière qu'il adresse à Dieu son Père, il dit : « Père Saint, conservez en votre nom ceux que vous m'avez donnés, afin qu'ils ne fassent qu'un, comme vous et moi nous ne faisons qu'un. Ce n'est pas seulement pour eux que je prie, mais encore pour tous ceux qui croiront en moi, afin que tous ensemble ne soient qu'un : comme vous, mon Père, vous êtes en moi et moi en vous, qu'ils soient de même un en nous, afin que le monde croie que vous m'avez envoyé. Aussi, leur ai-je donné la gloire que vous m'avez donnée, afin qu'ils ne soient qu'un, comme vous et moi nous ne sommes qu'une même chose ». Saint Jean 11, 20-22.) L'apôtre Saint Paul écrivant aux Eph2siens dit encore : « Ayez soin de conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix ; puisque vous n'êtes qu'un seul corps et qu'un esprit, ayant tous été appelés à la même espérance. Il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême ; il n'y a qu'un Dieu, père de tous ». (Ephésiens 4, 3-6).

II. Mais cette unité de l'Eglise, contrairement à celle que les Protestants admettent en principe, renferme nécessairement l'unité de doctrine et l'unité de communion, de ministère ou de gouvernement. L'unité de doctrine, d'après les Protestants, consiste dans la croyance de quelques articles fondamentaux seulement ; et ils prétendent qu'on peut se sauver dans toutes les communions qui ont conservé ces articles : ils rejettent par conséquent l'unité du ministère ou du gouvernement. L'unité de doctrine, dans le sens orthodoxe, consiste dans la croyance, au moins implicite, de toutes les vérités révélées et reçues comme telles dans l'Eglise Catholique. Il n'y a pas de distinction possible à établir entre des articles fondamentaux et d'autres qui ne le seraient pas. Jésus-Christ, en effet, donnant aux apôtres leur mission, ne leur dit pas : « Enseignez aux hommes tels ou tels dogmes indispensables au salut, désignez-leur les articles fondamentaux pour qu'ils puissent les discerner d'avec les autres ». Il veut que les apôtres « annoncent et fassent observer tout ce ce qu'il leur a commandé ». (Saint Matthieu 28, 19, 20). Il leur dit encore : « Prêchez l'Evangile à toute créature ; celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné ». (Saint Marc 16, 15, 16). Il est donc de toute nécessité de croire, non à une partie de l'Evangile, mais à l'Evangile tout entier ; à la doctrine de Jésus-Christ telle qu'elle a été transmise par les apôtres, telle qu'elle nous est enseignée par les évêques leurs successeurs. Enfin, il promet à l'Eglise enseignante son assistance jusqu'à la consommation des siècles sans distinction d'articles ; et il n'admet aucune exception lorsqu'il dit : « Si quelqu'un n'écoute pas l'Eglise, tenez-le pour un païen et un publicain ». (Saint Matthieu 28, 17). Puis, c'est Saint Paul qui atteste qu'il ne peut exister plusieurs doctrines qui puissent conduire au salut : « Quand nous vous annoncerions nous-mêmes, dit-il aux Galates, ou lorsqu'un ange descendu du Ciel vous annoncerait un Evangile différent de celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème ». (Galates 1, 9.) Saint Paul ne fait pas plus que Jésus-Christ de distinction entre ce qui est fondamental et ce qui ne l'est pas. Or, serait-il vrai que les hérétiques de tous les temps, et, en particulier, que les sectes sans nombre de la Réforme, toutes opposées les unes aux autres, professassent la doctrine de l'Evangile, telle qu'elle nous a été transmise par les apôtres ? évidemment non : ils ne sont donc pas dans l'unité, ils en sont sortis, et encourent par là même l'anathème de l'apôtre. Terminons par ce passage du disciple bien-aimé, de l'apôtre de la Charité, de saint Jean, en un mot, qui ne laissait pas néanmoins de dire : « Quiconque ne demeure point dans la doctrine de Jésus-Christ, mais qui s'en éloigne, ne possède point Dieu ; et quiconque demeure dans la doctrine de Jésus-Christ possède le Père et le Fils. Si quelqu'un vient à vous et n'a pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne le saluez point, car celui qui le salue participe à ses œuvres perverses ». (2 Jean, 9, 10-11.) Or, qu'est-ce que la doctrine de Jésus-Christ, si ce n'est l'Evangile tout entier, sans y rien retrancher ? Aussi, est-ce cette doctrine que l'Eglise a reçue des apôtres et qu'elle n'a cessé d'enseigner, et c'est pour cela qu'elle est complètement une dans sa doctrine, mais d'une manière bien différente et plus parfaite que ne le sont les protestants.

III. L'unité de la communion, du ministère ou du gouvernement, est le second caractère indispensable de l'unité de l'Eglise. Il consiste dans la soumission aux pasteurs légitimement institués, et principalement au pape, chef visible de l'Eglise. On est hérétique lorsqu'on rejette sciemment une vérité que l'Eglise enseigne comme révélée ; on est schismatique lorsqu'on s'élève contre l'autorité suprême du souverain Pontife, et qu'on rompt l'unité du ministère en se séparant de la communion des pasteurs légitimes l'un et l'autre sont rebelles à l'Eglise et encourent cet anathème prononcé par Jésus-Christ : « Celui qui n'écoute pas l'Eglise doit être traité comme un païen et un publicain ». (Saint Matthieu 10, 17.) L'unité de communion, de ministère ou de gouvernement, est une conséquence nécessaire de l'unité de doctrine Aujourd'hui, plus que jamais, les gouvernements sentent la nécessité de la centralisation, pour qu'il y ai unité d'action et de direction dans leurs affaires comment donc l'Eglise pourrait-elle parvenir à maintenir l'unité de doctrine et l'unité des moyens nécessaires pour la faire observer dans le monde entier, si elle ne possédait l'unité d'action et de direction, c'est-à-dire l'unité de communion, de ministère ou de gouvernement ? Cette unité est la force de l'Eglise ; c'est pour cela que, de tout temps, ceux qui ont été ou qui sont encore les ennemis de la société chrétienne établie par Jésus-Christ, se sont efforcés d'attaquer ce privilège divin qui n'a été accordé qu'à elle seule, et qu'elle n'a jamais cessé de posséder seule aussi depuis dix-huit cents ans. Dès les temps apostoliques l'erreur cherchait à se mêler à la doctrine pure et céleste de l'Evangile, et Saint Paul en avertissant les fidèles des dangers qui les menaçaient, leur signale l'unité des efforts du ministère sacré de l'Eglise, comme le seul moyen de conserver l'unité de la foi. « Dieu, dit-il, a donné à son Eglise quelques-uns pour être apôtres, d'autres pour être prophètes, et d'autres pour être évangélistes, d'autres pour être pasteurs et docteurs, afin qu'ils travaillent à la perfection des saints, qu'ils s'appliquent aux fonctions de leur ministère, et qu'ils édifient le corps de Jésus-Christ, jusqu'à ce que nous parvenions tous à l'unité d'une même Foi et d'une même connaissance du Fils de Dieu... afin que nous ne soyons pas des enfants flottants, et que nous ne nous laissions pas emporter çà  et là  à  tout vent de doctrine, par la malice des hommes, et par leur astuce à nous circonvenir dans l'erreur ». (Ephésiens 4, 11 et ss) Mais comment ce ministère apostolique et pastoral, établi dans l'Eglise de Jésus-Christ pour maintenir l'unité de la Foi, pourrait-il atteindre ce but, s'il ne possédait pas lui-même cette unité, et s'il était permis à chacun de s'ingérer de soi-même, sans mission, dans le gouvernement de l'Eglise ? Quelle garantie resterait-il à l'unité de la foi contre l'erreur, si on pouvait élever autel contre autel, et se séparer des pasteurs, dont le ministère remonte par une succession non interrompue jusqu'aux apôtres ? Saint Paul va jusqu'à mettre les divisions, les schismes, sur le même rang que les œuvres de la chair, qui excluent du royaume des cieux. (Cf. Galates 5, 19 et ss). L'esprit des apôtres est passé à leurs successeurs ; et de tout temps les évêques, les pères et les docteurs ont insisté sur la nécessité absolue d'être soumis aux pasteurs légitimes, excluant du salut éternel ceux qui se séparent de la communion de l'Eglise. L'Eglise catholique et apostolique, fondée par Jésus-Christ, possède donc seule l'unité de doctrine et de ministère ; aussi, est-ce à elle seule que Jésus-Christ a dit : « Voilà que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles ».

 

Élévation sur l'unité de l'Eglise

 

I. Que seraient devenus les hommes, ô divin Maître, si vous les aviez abandonnés à leur faible raison, à leur jugement personnel, au milieu des erreurs sans nombre qui surgissent de toute part ? Vous qui veniez sur la terre pour réparer les suites funestes du péché de notre premier père, ne deviez-vous pas dissiper les ténèbres de l'ignorance, au moins en ce qui regarde notre fin dernière ou notre salut éternel ? Et n'est-ce pas pour cela que vous vous êtes annoncé comme étant la lumière véritable destinée à éclairer tout homme qui vient en ce monde ? C'est ce que vous avez fait, ô mon Sauveur, pendant tout le temps de vos prédications. Mais, pour que la vérité ne fît jamais naufrage, après votre retour dans la gloire de votre Père, vous avez fondé un corps enseignant auquel seul vous avez confié le dépôt de votre doctrine, et vous lui avez accordé le privilège divin de l'infaillibilité, pour qu'il jugeât en dernier ressort du sens véritable de vos oracles. Vous avez établi l'Eglise, et vous l'avez chargée de cette sublime mission. Or, si l'Eglise a été fidèle à ce divin mandat, elle a dû conserver scrupuleusement la doctrine sacrée qu'elle a reçue de votre bouche, et la répandre au loin dans toute sa pureté, et telle que vous la lui avez enseignée. C'est, en effet, ce qu'elle a heureusement accompli ; et c'est pour cela que son enseignement, ayant toujours été le même dans tous les siècles, est marqué au sceau de l'unité. Grâces vous soient rendues, ô mon Dieu, de ce que vous avez daigné donner au monde un sanctuaire où la vérité fut toujours à l'abri de tous les vents de l'erreur, un organe immortel de la science divine du salut, qui, malgré la diversité des langues, et les modifications incessantes qui se succèdent dans le langage d'une même nation, ne permet pas que la saine doctrine subisse aucune altération. Je comprends maintenant pourquoi la sainte Eglise, qui veille avec tant de sollicitude sur la conservation parfaite du précieux dépôt de la foi, a voulu adopter, pour exprimer sa pensée et ses jugements en cette matière délicate, une langue presque immuable parce qu'elle n'est plus d'un usage populaire, et que les règles en sont irrévocablement fixées. Oui, c'est ainsi que le latin est devenu la langue universelle et presque unique de l'Eglise : l'unité de langue devenait encore une garantie nouvelle de l'unité de la doctrine qu'elle devait enseigner.

II. Plus on médite votre sainte parole. Seigneur, et plus notre intelligence s'illumine de vos divines clartés ! Puisque votre parole est immuable, puisque le ciel et la terre passeront, mais qu'elle ne passera pas, elle est donc aujourd'hui ce qu'elle a été dans tous les temps, depuis que vous avez bien voulu l'apporter au monde et la lui faire entendre. Mais, comme c'est cette parole céleste qui a établi l'auguste ministère qu'exerce la sainte Eglise, il s'ensuit nécessairement que ce ministère divin n'a jamais pu être fondé sur d'autres bases que sur celles que vous aviez vous-même posées, ni s'écarter des principes que vous lui aviez donnés ; s'il n'en était ainsi, votre doctrine, qui est parvenue intacte jusqu'à nous, en serait l'éclatante condamnation. Et pourtant, qui est-ce qui nous a conservé cette doctrine sans tache, sans l'ombre d'altération ? Qui est-ce qui nous l'enseigne ? N'est-ce pas le ministère sacré de la sainte Eglise ? Une dans sa doctrine, elle est donc une aussi dans son ministère : quoi de plus rationnel, de plus logique ? Aussi, quelle facilité pour l'enseignement de ce qu'il importe nécessairement à l'homme de connaître pour être sauvé ! De père en fils les mêmes vérités se transmettent aisément aux esprits les moins favorisés de la nature ; le même ministère s'exerce en tout temps, en suivant les mêmes principes et les mêmes usages : comment ses actes ne se graveraient-ils pas dans les intelligences les plus grossières ! Les âmes élevées n'y trouvent pas moins pour cela le plus vaste champ qui fut et qui sera jamais, à leurs profondes et sublimes méditations. Tous les cœurs sont consolés et nourris abondamment dans tous les temps et dans tous les lieux par cet unique aliment des vérités saintes, qui leur est distribué par cet unique ministère qui est comme Dieu, dont il est le digne instrument, toujours ancien et toujours nouveau. C'est la manne du désert toujours tombant des cieux, et qui sous une forme unique satisfaisait tous les goûts et pourvoyait largement à tous les besoins. Hélas ! Ô mon Dieu ! aujourd'hui comme au temps du peuple de Dieu, il y a des hommes sensuels et inconstants qui sous prétexte de progrès, voudraient du nouveau, et qui murmurent contre vous, en se plaignant de la monotonie de la nourriture céleste que vous leur envoyez ; ils voudraient, non plus un aliment surnaturel pour leur âme, ils le trouvent trop léger, mais quelque chose de matériel qui pût satisfaire leurs sens affamés, comme aux siècles du paganisme et de la barbarie : c'est ainsi qu'ils entendent le progrès.

III. L'unité, Seigneur, vient de vous qui êtes essentiellement un, et c'est pour cela que l'on ne peut rien imaginer de plus parfait. Aussi, se trouve-t-elle dans la nature même de l'homme, comme une loi primitive et générale, à laquelle chacun se sent pressé d'obéir, croyant trouver la félicité dans son accomplissement. Si nous nous contemplons nous-mêmes, nous voyons tous nos organes contribuant à un but unique, la conservation de la vie. Nous retrouvons bien dans notre être une double substance, l'une matérielle qui est le corps, l'autre spirituelle qui est l'âme, dont l'union intime est l'un des plus profonds mystères ; mais, toujours en vertu de la loi de l'unité l'une commande à l'autre, et l'âme dirige les efforts de toutes ses facultés et de celles du corps, dont elle est la reine, vers un seul but : le bonheur. C'est encore la puissance reconnue de cette loi qui a porté les hommes à s'associer, soit pour s'entre aider et faciliter leurs moyens d'existence, soit pour accomplir des œuvres qu'ils n'auraient jamais pu exécuter tout seuls. De là cet adage : « L'union (ou l'unité) fait la force ». Pourquoi, dans tous nos gouvernements, la centralisation joue-t-elle un si grand rôle ? Pourquoi les conquêtes, les annexions qui font de plusieurs Etats un seul empire ? Sans doute l'ambition y a sa part, mais la tendance invincible à l'unité y a bien aussi la sienne. Aussi tous les grands génies ont-il rêvé de réunir tous les peuples sous un seul sceptre. Mais, ô mon Dieu, vous ne le permettrez jamais ; il n'appartient qu'à vous d'être le Roi de toutes les nations de la terre et de régner sur tous les cœurs : faut-il donc s'étonner que vous ayez donné à votre Eglise, chargée de vous représenter et d'agir ici-bas en votre nom, l'empire de l'univers entier : « Allez, enseignez toutes les nations » ; et comme cet empire doit durer jusqu'à la consommation des siècles, est-il surprenant que vous ayez armé cette Eglise du pouvoir irrésistible de l'unité ? Pouvoir tout à la fois invincible et plein d'une ineffable douceur, qui fait de tous les fidèles répandus sur la terre une seule et unique famille, un seul et même esprit, un seul et même cœur. Soyez à jamais béni. Seigneur, d'avoir ainsi pourvu votre Eglise de cette unité sainte réunit la charité et la force : une force supérieure lie de tous les hommes et même à celle de l'enfer, qui est par conséquent de nature à mettre la sécurité dans toutes les âmes qui se réfugient dans le sein votre Epouse bien-aimée ; une Charité toute céleste est elle-même le lien indissoluble de l'unité, et répand dans les cœurs de tous vos enfants les effusions délicieuses de votre divin amour.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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