Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Cinquième jour

Saint Joseph accueille l'innocence

 

Nul doute que le Cœur de saint Joseph n'ait pour l’enfance chrétienne une prédilection particulière, parce qu’elle est la plus vive image de l‘enfant Jésus confié à sa vigilance, à ses soins, à sa tendresse. Jésus est appelé le Jésus des petits enfants, Marie, Notre Dame des enfants, parce qu’elle les aime de l’amour de son Fils. Pourquoi saint Joseph, qui partage leurs sentiments, ne serait-il pas appelé le Père spirituel et le Protecteur des enfants ? Tout enfant lui rappelle l’Enfant Jésus, donc tout enfant lui est cher; tout enfant chrétien est membre de Jésus, donc tout enfant chrétien est aimé de Saint Joseph comme était aimé Jésus. Je sais que Joseph aimait à la fois Jésus comme son fils et comme son Dieu ; ce ne peut donc être que du premier amour qu'il aime les enfants, et, certes, c'est là un grand honneur. un grand bonheur pour les enfants sages d’être ainsi considérés, ainsi aimés par notre Saint. Ce leur est un gage bien grand de sa paternelle protection sur eux. Si quelqu’un osait douter de cette tendresse du Saint Patriarche pour l'enfance, nous lui mettrions devant les yeux l'amour immense que le Sauveur avait pour ce jeune âge. N'est-ce pas lui, Jésus, qui laissa tomber de ses lèvres divines cette parole pleine de douceur et de charme : « Laissez venir à moi les petits enfants ? » Or, incontestablement le Cœur virginal de Joseph a participé aux sentiments et aux dispositions du Cœur adorable de Jésus ; il a donc dû prendre aussi ses affections pour l’enfance ; il éprouve donc pour eux le même amour, et il peut donc dire, lui aussi : « Laissez venir à moi les petits enfants, parce qu’en venant à moi ils iront sûrement à Jésus, qui est seul le salut et la vie ». Ce sont les expressions que le savant et pieux frère Philippe prête à notre Saint, et elles lui conviennent très bien.

Non seulement saint Joseph aime les enfants, mais il les protège, de son trône céleste, avec une attention et une bienveillance toutes spéciales. Je ne saurais mieux les décrire qu’en empruntant la plume du spirituel écrivain et supérieur général des Frères que je viens de citer, qui a la mission si noble, la fonction si auguste de diriger les milliers d’enfants de toutes les conditions confiés aux soins de ses disciples. Saint Joseph, dit-il, veille sur les enfants du haut du ciel ; il s’intéresse à tout ce qui peut contribuer à leur salut ; il leur continue la sollicitude qu'il avait pour l’Enfant-Dieu qu’ils représentent ; il se fait auprès de lui leur intercesseur, et leur obtient toutes les grâces qui leur sont nécessaires ; il pourvoit avec une tendresse toute paternelle aux besoins de leurs âmes ; il les protège contre les attaques des démons, il déjoue la perfidie de ces esprits de ténèbres, dont Hérode n’était que l’aveugle instrument. et qui n'aspirent qu'à faire mourir Jésus dans le cœur des hommes. Saint Joseph protège surtout les enfants sages et d’une conduite vertueuse, il les secourt dans tous les dangers de l’âme et du corps ou ils sont tous exposés. Il sait que le démon, brûlant de rage, est continuellement à leur poursuite, et il redouble de zèle, de soins sur eux ; il envoie les Anges qui les défendent et, selon l’expression du Psalmiste, les portent dans leurs mains, de crainte qu'ils ne se blessent dans le chemin de la vie contre la pierre du scandale et des séductions qui les environnent de toutes parts. Mais, pour que les petits enfants obtiennent ces faveurs si précieuses, il importe qu’ils soient dévots à Saint Joseph ; qu’ils le prient souvent, surtout le matin et le soir, et dans le moment du danger. Il faut donc que les parents et les maîtres les initient a ces petites pratiques de piété, qui attireront sur ces jeunes âmes les bénédictions du ciel les plus abondantes.

Dans un ouvrage consacré exclusivement au très Saint Joseph, il n’y aurait qu'un esprit méticuleux et mal fait qui pût trouver à redire d’y rencontrer si souvent le nom vénérable et doux avec les éloges du pieux Gerson. On ne saura jamais tout ce que cet incomparable Docteur à fait, d'une part pour la glorification terrestre de saint Joseph, et de l'autre pour l'instruction et l’éducation chrétiennes des petits enfants. Plus on étudie avec impartialité ces deux grands traits caractéristiques de cette majestueuse et belle figure du Catholicisme, plus on demeure étonné, ravi, stupéfait. Ses détracteurs sont et ne peuvent être que des ignorants ou des malveillants ! Ailleurs, on l’a montré comme un homme poussé par le désir de contribuer de toutes manières à la gloire de saint Joseph, le célébrant dans ses discours, le chantant dans ses poésies qui forment un traité d'un charme naïf en même temps que d‘une érudition profonde, ne cessant, par sa parole, par sa plume, et par sa grande influence dans l’Église, de travailler à la gloire du Saint qu’il avait choisi pour protecteur et en quelque sorte pour ami. Ici nous allons le présenter travesti en maître d'école et en catéchiste des enfants, pour les attirer, ou comme il s'exprime, pour les entraîner vers Jésus-Christ. « De parvulis trahendis ad Christum ». Tel est l'admirable ouvrage que Gerson écrivit sur ses vieux jours, ouvrage où surabonde la sagesse, la douceur, la piété et surtout l’onction, digne frère de l’Imitation, et que monsieur le curé de Saint Sulpice appelle « un petit Chef d’œuvre de douce piété », et monseigneur Dupanloup « un beau Traité ».

Montrons Comment le Serviteur et l'Ami de Saint Joseph, qui dut être si favorisé par ce grand Saint et par l'auguste vierge Marie, quoique son héroïque humilité nous ait voilé sa vie à son déclin dans la solitude, montrons, dis-je, comment Gerson savait, lui, avec une douceur inexprimable, attirer les enfants à Jésus-Christ. Il est question de ces paroles que le Christ dit a ses disciples qui repoussaient avec menaces ceux qui lui présentaient des petits enfants : « Laissez venir à moi les petits enfants », et le reste. Si, dit le Bienheureux Docteur, nous pesons ces paroles qui sont autant d‘oracles et de sentences, nous aurons contre ceux qui négligent le salut des enfants et les éloignent du divin Maître, la matière d’une vive et sévère leçon qu'ils ne méritent que trop. Mais loin de nous un zèle amer, loin de nous la colère et les paroles irritantes. Dans un sujet qui regarde les enfants, nous imiterons leur simplicité, et nous éviterons tout ce qui sentirait la déclamation, l’aigreur et la contention. Nous nous rappellerons, pour nous inspirer d'un si touchant exemple, la modération avec laquelle le Sauveur reprit ses disciples, malgré la peine que lui causait leur conduite ; nous nous rappellerons ses paroles en cette circonstance : « Laissez venir a moi les petits enfants !... »

Le Docteur très chrétien, le Maître des consolations divines, n’écrivit en partie son sublime Traité : « De parvulis Trahendis ad Christum », que pour répondre à ses ennemis et aux ennemis du règne de Jésus qui critiquaient sa conduite, ne pouvant concevoir comment un homme de son mérite, revêtu d'une telle dignité, qui jouait un rôle si grand dans les affaires de l’Église et de l'Etat avait pu s'abaisser, s’annihiler en quelque sorte jusqu’à instruire les petits enfants pauvres. Mais aux yeux éclairés de Gerson, il n'y avait pas de fonction plus divine que celle d’attirer les enfants au Sauveur. Par la il voulait poser les vrais moyens de réformer l’Église, ce qu’il n’avait pu obtenir au Concile de Constance. Il faudrait lire en entier ce Traité pour comprendre la noble idée qu’il se faisait de l’éducation chrétienne de l'enfance et des fonctions angéliques de ceux qui s’y appliquent. « Si nous réfléchissons, dit-il, que Jésus-Christ n'a rien fait d'inutile et n’a rien dit que de grave et de sérieux, nous conviendrons qu’il n’avait pas en vue une chose de peu d’importance, lorsqu’il appelait à lui les petits enfants, qu’il réprimait ses disciples bien-aimés, qui s’opposaient à ce que ses enfants lui fussent présentés. « Il les entourait en leur imposant les mains et il les bénissait ».

« Qui pourrait, ô divin Jésus, s’écrie le bienheureux Docteur, qui pourrait rougir d’être à votre exemple humble avec les enfants ? Qui serait assez vain et assez fier de son rang et de sa science pour oser mépriser leur jeune âge, leur ignorance et leur faiblesse, quand vous, qui êtes le Dieu béni dans tous les siècles, qui êtes celui en qui ont été cachés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu, vous êtes abaissé jusqu'à les Embrasser et les presser dans vos bras sacrés ! Loin de nous donc, loin de nous toute fierté, loin de nous la pensée coupable de nous éloigner des enfants. L’exemple divin donné par Notre Seigneur a laissé bien loin derrière lui cette affabilité de Socrate, si vantée par les philosophes, parce qu’il ne rougissait pas, pour se délasser des affaires publiques, de jouer avec les enfants en courant, comme eux, à cheval sur un bâton. Oh ! qu’il aurait amusé nos Catons, nos censeurs modernes ! qu’ils auraient ri s’ils l'avaient vu se recréer de la sorte ! Si nous nous permettons aussi de jouer avec les enfants, c’est pour leur apprendre à avoir horreur de toute immodestie, de toute parole impie, de tout mauvais jeu, de toute action libre. Il y a en outre deux autres bonnes raisons : la première, c'est de nous abaisser, pour faire, la volonté de Dieu, à l’exemple de David, qui, dépouillé de ses ornements royaux, dansa de toutes ses forces devant l’arche d’alliance ; la seconde, c’est de chercher un simple délassement à l’esprit ».

Ainsi justifiait sa conduite ce grand serviteur de Saint Joseph, dont l’admirable. dévouement pour l'éducation de l’enfance arrachait des larmes d'émotion au grand et savant pontife Benoît XIV, qui le propose pour modèle à tous les ministres de l'Évangile. Il leur recommande qu’ils aient pour se stimuler dans le sublime apostolat de. l'instruction chrétienne, surtout des enfants à l’Église, l’exemple de Gerson, chancelier de l'Église et de la Faculté de Paris, qui fut, en son temps, une lumière de grand éclat, et dont la réputation n’était pas moindre que le mérite.

 Tout récemment le Cardinal Giraud, le proposait aussi comme l'un des plus grands catéchistes de l’Église catholique. « Ce chancelier de l'Université, dit cette Éminence, le docte et pieux Gerson, quittant les conseils des rois et les conseils de l’Église, pour se faire humble répétiteur de l’alphabet de la foi, et ne voulant d’autre couronne à son illustre vieillesse qu’une troupe de petits enfants réunis pour l’écouter, et pour apprendre de sa bouche ‘la crainte et la loi du Seigneur ». En effet, voulant pratiquer la sainte humilité qu’il recommande si fortement dans l’Imitation, à, un haut degré, il enseignait dans sa vieillesse, dit une tradition répétée par des milliers de plumes, avec beaucoup d’assiduité le catéchisme aux enfants de la ville de Lyon. A la fin de chaque leçon, il faisait réciter à ces petits innocents cette prière : « Mon Dieu, mon Créateur, faites miséricorde à votre pauvre serviteur Jean Gerson ! » Ces voix angéliques arrachaient des larmes des yeux de tous ceux qui les entendaient, et attiraient les miséricordes de Dieu sur ce vertueux et saint Serviteur de saint Joseph, et sur toute la cité Lyonnaise. Il mourut (agenouillé au pied de son crucifix), par un effet de l’amour divin, disent le Cardinal Bona et Saint François de Sales. Heureuse mort, conforme a celle de Marie et de Joseph qu’il avait si bien glorifiés ! La cité Lyonnaise hérita de la dévotion et de l‘amour de Gerson pour saint Joseph ; là plus que partout ailleurs le Saint Patriarche fut toujours fort honoré, et en retour y multiplia les prodiges de son Cœur compatissant, comme on peut s'en convaincre par la lecture du beau livre du père Paul de Barri sur saint Joseph.

 

Exemple

 

Un digne émule de Gerson, comme lui dévoré du zèle des âmes des petits enfants, Saint Jean-Baptiste De la Salle, fondateur des Frères des Écoles chrétiennes, qui rendent un service d’une portée infinie et l’Église et à la société, reprit et continua sur une plus vaste échelle l’œuvre du Saint Docteur Gerson, l'instruction et l’éducation chrétiennes de l'enfance. Rien ne saurait rendre la dévotion qu’il avait pour saint Joseph, le gardien de l‘enfance de Jésus... Il mit son Institut sous sa protection, dès le premier instant de sa fondation, il ne négligea aucun moyen pour l'honorer et le faire honorer par ses Disciples. Il leur ordonna de réciter chaque soir les litanies de ce grand Saint, d'observer religieusement sa fête, de recourir à sa bonté dans tous leurs besoins. Les Frères ont toujours rempli ce vœu de leur Saint Fondateur. On ne saurait exprimer avec quel soin ils inculquent à l'enfance une tendre vénération pour saint Joseph. Ajoutons que leurs communautés furent des premières à pratiquer régulièrement le Mois de Saint Joseph.


Invocation à Saint Joseph pour les enfants

 

Grand Saint Joseph rempli des grâces du bon Dieu, replete gratia, comme disait le Bienheureux Gerson, et orné des plus belles vertus comme d’autant de fleurs du paradis, on dit que vous aimez d'un amour de père tous les membres de la famille chrétienne, que tous ceux qui vous invoquent sont assurés d’avance d'être exaucés, et qu'il suffit de frapper à la porte de votre Cœur béni pour y être aussitôt introduit, consolé, enrichi de dons célestes. Cependant, il est une portion de cette famille chérie, qui paraît être plus intéressante à vos yeux, plus chère encore à votre Cœur et à qui vous ne savez rien, absolument rien refuser, ce sont les enfants. Quand donc, ô bienheureux Père de Jésus, les enfants viennent à vous et vous adressent une prière, exaucez-les prenez-les sous votre sauvegarde, afin que préservés des embûches du démon qui en veut à leur innocence, ils arrivent sous votre direction à Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 

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