20 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-et-unième jour

Saint Joseph, protecteur dans les choses perdues

 

On a ordinairement recours à saint Antoine de Padoue, quand on désire trouver ce que l'on a perdu, et non sans succès. Car il y a une infinité de personnes qui assurent avoir ressenti visiblement son assistance en cette nécessité, dit le vénérable Giry. Je ne cherche pas à découvrir l’origine, encore moins à prouver les effets de cette pratique, je crois que notre Dieu, que nous appelons avec une si grande justesse le bon Dieu, aime tous ses saints, c'est-à-dire ses vrais et fidèles serviteurs, qu'il ne peut leur rien refuser, et, d’ailleurs, mes Lecteurs ont une foi plus éclairée, plus vive, plus grande que la mienne; ce qui rend parfaitement inutile toute investigation à cet égard. Puisque ce don particulier à saint Antoine de Padoue est un pur effet de la libéralité infinie de Notre Seigneur envers lui, pourrait-on douter qu’il ne puisse accorder le même privilège au bienheureux saint Joseph, qui est non pas seulement le serviteur, l’ami et l’imitateur de Jésus Christ, mais son père nourricier, son protecteur, et en quelque sorte son Sauveur ?

Sans doute, saint Antoine de Padoue a été l'un des saints les plus enrichis des grâces, les plus favorisés des caresses, les plus comblés des bénédictions de Notre Seigneur. Véritable docteur et Père de l’Église, Thaumaturge accompli, en lui ont resplendi de la manière la plus éclatante, et les lumières de la science, et les flammes de l’amour divin, et les miracles et les prodiges de toutes les sortes. Il lui est même arrivé de recevoir la visite et les baisers de l’Enfant-Jésus, qui lui était apparu sous, les traits d'une admirable beauté. C’est delà, affirme encore le vénérable Giry, qu’est venue la coutume de peindre notre Saint avec l’Enfant-Jésus, tout rayonnant de gloire, qui l'embrasse et lui parle d’une manière fort agréable. Mais ces intimités de saint Antoine avec le Christ-Jésus, toutes grandes qu’elles soient, sont loin d’atteindre celles qu’a eues avec ce Dieu Sauveur le bienheureux Joseph.

Je l’ai dit et montré tant de fois ! d’après le saint chancelier Gerson, saint Joseph ne peut, ni ne doit être confondu avec les autres Saints : la bienheureuse Vierge seule le surpasse en grandeur et en privilège. Il tient un rang à part, il jouit d’une gloire à part, il est investi d’un pouvoir à parti ; donc il peut obtenir de Notre-Seigneur tout ce que peuvent obtenir les autres saints et bien au-delà ! Donc il peut protéger efficacement, lorsqu’on l'invoque avec confiance pour les choses perdues. Je ne prétends pas soutenir qu’il suffise toujours de prier saint Joseph pour trouver nécessairement des objets perdus. Ce serait tomber dans la présomption, le fanatisme et l'illusion. Dieu ni saint Joseph ne nous ont promis nulle part leur concours dans ces occasions, où il n’est question que d’un chose temporelle ; mais nous pouvons obtenir cette faveur comme conséquence de l’amour que Dieu porte à saint Joseph, de la tendresse de ce Saint pour nous, et de la grande confiance que nous lui témoignons. D'ailleurs le bon saint Antoine de Padoue n’exauce pas non plus toujours ceux qui le prient à ces fins, qui sont le plus ordinairement humaines et intéressées.

Depuis que j’ai écrit ceci, j’ai pu savoir que je me rencontrais avec le très doux et pieux Gerson. « Au rapport de Gerson, dit le père Binet, de la compagnie de Jésus, ceux qui ont perdu quelque objet aiment à se recommander à ce saint Patriarche, et ils ne manquent pas de le retrouver. Il en cite un exemple d’un sien ami, et je vois bien que cet ami n'est autre que lui-même. Voilà comme parle ce vénérable Jésuite de Gerson, qui n’était, on le Sait, ni un superstitieux, ni un enthousiaste, ni un écrivain léger, mais d‘une doctrine sérieuse, sage et pure. Que saint Joseph obtienne de recouvrer les choses perdues, ce n'est pas un point de foi, et chacun est libre d’y croire ou de n'y pas croire; ce dont il n'est pas permis de douter, c'est sa puissance et son crédit pour nous obtenir toutes les grâces dans l’ordre spirituel.

Toutefois, hâtons-nous de le dire, les prières faites dans le but de recouvrer les objets perdus ne sont pas sans mérite ni sans fruits, et si saint Joseph ne les exauce pas selon nos vues, nos désirs et notre volonté, il les exauce dans l’intérêt de notre salut, ce qui est toujours un bien infiniment plus précieux , selon que le déclare Notre-Seigneur : « Si l'homme perd son âme, que, donnera-t-il pour la racheter ». Et puis saint Joseph, comme saint Antoine, comme tous les saints, quoique bien puissants sur le cœur de Jésus n’a pas d’autre volonté que la volonté divine, d’où il suit qu’il ne nous obtiendra ces faveurs temporelles qu’autant qu’il y verra associés nos intérêts éternels, les seuls qui touchent toujours les entrailles miséricordieuses de Dieu et de ses Saints. Mais il est un objet qui, si par malheur nous l’avions perdu, saint Joseph sera disposé, en quelque temps que nous nous adresserons à lui, pour nous aider à le recouvrer, c’est Dieu, c’est sa grâce, c'est son amitié. Perdre la grâce de Notre Seigneur, c’est une perte infinie, une perte qui devrait être pleurée avec des larmes de sang, parce que perdre la grâce divine, c'est perdre Tout Bien. Écoutez comment s’exprime David, par la seule crainte que Dieu l'ait quitté : « Mes ennemis, dit-il, qui me persécutent par leurs reproches semblent me briser les os, tandis qu’ils me disent tous les jours : Où est ton Dieu ? » Les mondains, dit à ce sujet Berthier, et surtout les impies, ne sont pas touchés de cette question : « Où est votre Dieu ? » Mais au moment de la mort, quand tous les autres appuis leur manquent, elle se présente à eux, et ils en sont troublés. Voyez saint Pierre, il a perdu la grâce de Jésus en le reniant à la voix d’une pauvre servante ; Jésus, par miséricorde, jette sur lui un regard de compassion et d’amour, Pierre s'attendrit, gémit et pleure, ce qu’il fit toute sa vie au chant du coq, d'après une respectable tradition La perte de Jésus, de sa grâce, simplement celle de ses faveurs et de sa présence sensible, voilà donc le seul objet qui soit digne de nos regrets, de nos larmes, de nos recherches et pour lequel saint Joseph s’intéressera volontiers.

Lui-même nous l’apprend assez par sa conduite. Il n’a perdu que la présence visible de Jésus, qui était resté au temple de Jérusalem, sans que ni lui ni, Marie s’en aperçussent, observe le Texte sacré ? C’est-à-dire sans qu’il y ait eu de leur faute. Et pourtant, voyez comme ce saint vieillard soupire, comme il pleure, avec quel empressement il le cherche ! Il refuse tout repos, toute nourriture, tout sommeil, toute consolation après une marche qu’il vient de faire, si longue et si pénible, jusqu’à ce qu’il ait retrouvé son bien-aimé Jésus à Jérusalem même, où il était retourné fondant en larmes, s’imaginant que tous les êtres sensibles ou insensibles qu’il rencontrait sur sa, route lui disaient : « Joseph, où est Jésus, ton fils et ton Dieu ? » Si donc vous priez saint Joseph de vous aider à trouver Jésus, comptez qu'il vous aidera puissamment. Oui, si vous vous adressez à saint Joseph pour qu’il vous aide à retrouver Jésus que vous auriez perdu, il vous secondera avec empressement, et bénira vos efforts ; il vous aidera à le conserver, quand vous l’aurez trouvé.

 

Exemple

 

Une pauvre demoiselle de Châteaugiron, près de Rennes, vient de perdre son père, il y a quelques mois, d’une manière tellement subite qu’il n’a pas été à même de régler ses affaires temporelles. Elles se sont trouvées si embrouillées que cette pauvre fille, seule et sans aucun point d'appui, a vu son avenir entièrement perdu, et a confié à saint Joseph une cause qu’elle regardait comme désespérée. Sa prière était aussi fervente que son anxiété était grande mais, confiante sans témérité, elle demandait seulement au Chef de la sainte Famille d’assurer son avenir ; Il a fait plus et a arrangé les affaires d'une manière si imprévue que les revenus de cette humble servante de saint Joseph se sont doublés, qu’une ferme dont la rente était tout à fait minime a été vendue, contre toute espérance, à un taux extrêmement élevé ! Mille détails, petits en eux-mêmes, mais clairs, significatifs, prouvent l’intervention évidente de saint Joseph dans cette complication d'affaires. Puisse la reconnaissance égaler le bienfait !

Une sœur tourière, d’une des communautés d’Angers, avait été chargée par une personne, habitant la maison comme locataire, d'aller à la banque de France, où elle avait un compte ouvert, et de lui rapporter un billet de cinq cents francs. La sœur reçut ce billet, et en s'en retournant le laissa tomber à terre sur la place du marché. Après quelques minutes de chemin, elle s’aperçut qu’elle avait perdu le billet. Grande fut son anxiété. Elle alla prier saint Joseph dans l’église de l'Archiconfrérie qui était tout proche, de le lui faire retrouver. Elle se releva consolée et s’en alla à son couvent ; comme elle mettait le pied sur le seuil de la porte, un monsieur et une dame lui rapportaient le billet. Vous n’avez pas prié saint Joseph en vain, lui dit la dame. La sœur remercia saint Joseph, d’avoir fait tomber son billet entre les mains de personnes aussi charitables, et d’avoir aussi bien dirigé leurs pas.

 

Aspirations à saint Joseph pour qu'il nous fasse retrouver Jésus

 

Très doux Joseph, nous avons perdu Jésus-Christ ; vous plairait-il de le montrer à nos yeux et de le rendre a nos âmes. Nos pauvres cœurs sont dans la désolation, ayant perdu tout leur trésor. Oui, nous avons perdu, ô malheur ! Nous avons perdu Celui qui est toute notre joie. Ah ! Daignez nous le faire retrouver ; cherchez-le avec nous, cherchez-le pour nous ; et une fois que nous le posséderons, aidez-nous à le conserver toujours en la vie, à la mort, et pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

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Posté par fmonvoisin à 17:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]