23 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-quatrième jour

La Providence des délaissés

 

Il est dans le monde une classe de personnes bien infortunées, elles n’ont pas eu de part au banquet de la nature en y faisant leur apparition ; il semble que la terre se refuse à les porter, à les nourrir, à les entretenir; le Ciel paraît être de bronze à leur égard, et les hommes les oublient, les rebutent, les chassent partout où ils peuvent les rencontrer. Elles seraient autorisées à dire avec un Prophète parlant au nom du Christ : « Mes frères m’ont traité comme un étranger et les enfants de ma mère comme un inconnu ». Mais qu’elles se consolent d’être traitées comme Notre-Seigneur, lui qui étant venu chez soi, n’a pas été reçu par les siens. Qu’elles se consolent aussi par l’exemple de saint Joseph.

Voyez, vous qui souffrez ces délaissements, Jésus-Christ est venu ignoré des démons, ignoré de la plus grande partie des hommes, ignoré de ses frères mêmes, ignoré pour un temps de Joseph même, ignoré à certains égards de Marie même, comme le dit l'abbé Thiébault, direz-vous qu’il n’était pas aimé de Dieu, chéri de Dieu, connu de Dieu, lui qui en est le Fils propre, dans lequel le Père éternel met toutes ses complaisances ? Bien plus, il naît et il n'a pas, à lui, un lit sur lequel sa sainte Mère puisse le poser, il se voit contraint d'accepter une vieille masure, d’être placé sur un peu de paille, couvert de pauvres langes, réchauffé par l'haleine de vils animaux qui, selon une tradition constante, se trouvaient abrités dans l’étable. Plus tard, il fuit comme un pauvre exilé en Égypte, où il vit inconnu d'aumônes qu’il reçoit de personnes charitables qui le voient pauvrement logé, pauvrement vêtu, avec un extérieur misérable, ce qu’il observera durant toute sa vie, même dans le temps où la foule reconnaîtra qu’il est Dieu par les merveilles qu’il opère. Eh bien, croyez-vous que parce qu’il fut ainsi traité en ce monde, Notre-Seigneur était moins agréable à son Père, moins aimé de lui et moins précieux à la terre ?

Vous avez le même exemple à peu près de saint Joseph, puisque saint Joseph comme Marie a, plus que tout autre, participé aux états de la vie pauvre, abjecte et souffrante du Sauveur. Saint Joseph, comment le regardait-on avec son tablier de cuir, ses manches retroussées, la sueur découlant de son front, travaillant à son établi, allant chercher de l'ouvrage chez les pratiques ? comme un ouvrier pauvre, bien pauvre, très-pauvre. La preuve se peut tirer du mauvais accueil que lui firent les Bethléemites, lorsqu’il chercha parmi eux un lieu où sa sainte Épouse pût faire ses couches, et qu’il n’en trouva point : « Il n’y avait point de place pour eux dans l’hôtellerie », dit le Texte sacré, parce qu’ils avaient un extérieur qui portait l'empreinte de la misère, ajoutent les interprètes, avec saint Liguori : ô vous qui êtes délaissés, qui êtes maudits, rejetés de ce monde comme la balayure des rues, selon que s’exprime l’Apôtre, qui se trouvait dans cette condition, combien encore une fois l'exemple que vous admirez en saint Joseph, lui, le substitut de Dieu, le père nourricier du Fils de Dieu, doit-il puissamment contribuer à vous consoler, si vous le considérez attentivement, avec des yeux chrétiens !

Ajoutez à cela la protection de saint Joseph. Sans doute il est dur, il est pénible, il est affligeant de se voir maltraité de la sorte dans le monde .tandis qu’il est des personnes et en grand nombre qui jouissent d’un certain bien-être ; de l‘estime de la société et des soins multipliés des autres. Sans doute il est bien humiliant d'être réduit à se dire à soi-même : « Me voilà honni, baffoué, délaissé de mes parents, de ceux qui jouissent pour moi, qui ont une si bonne part sans l’avoir ni mieux méritée, ni plus gagnée que moi, et qui me refusent quelques secours, quelques douceurs, quelques consolations, même quand je m’adresse à eux comme en tremblant, comme en suppliant, comme demandant quelques miettes de tout ce bien qu’ils ont avec une si grande abondance » ; mais aussi il est bien consolant de pouvoir penser que Notre Seigneur, que la Bienheureuse Vierge, que saint Joseph nous contemplent du haut des Cieux, nous préparent de grandes grâces, de grandes bénédictions, de grandes récompenses, et que d’autant plus nous aurons été maltraités sur la terre, d'autant plus aussi, pourvu que nous ayons été humbles, patients, résignés comme saint Joseph, serons-nous élevés dans le Ciel.

 

Exemple

 

Une pauvre dame bien dévote à saint Joseph avait adressé depuis plusieurs semaines une pétition à un grand personnage. Elle réclamait un petit secours. N’ayant que son travail pour suffire à ses besoins et à ceux de sa vieille mère, âgée de plus de quatre-vingts ans, elle se trouvait fort en retard pour son loyer, et cette dure nécessité l’avait décidée à recourir à ce moyen extrême : « Sans doute, vous recevrez une cinquantaine de francs, lui avait dit la personne qui l’engageait à faire cette démarche ». La pétition avait donc été envoyée, mais aucune réponse n’y était faite. La pauvre dame commençait à croire que ses espérances seraient déçues. Hélas ! quelque puissants, quelque riches qu’ils soient, les grands de ce monde ont souvent le prétexte de mettre des limites à leur générosité. Dans son chagrin, elle vint à Notre Dame des Victoires recommander le succès de son affaire à la Sainte-Vierge et commença une neuvaine qui devait se terminer le dix-neuvième jour de mars, fête de saint Joseph. Après avoir prié quelques jours, cette dame se sentit inspirée d'aller se présenter dans les bureaux du grand personnage. Elle hésita d’abord, elle craignait d’être renvoyée ; enfin, avec une énergie qui lui est peu naturelle, elle se décide. Elle se présente donc : on la conduit à l’un des principaux chefs. Celui-ci lui fait un bon accueil, et lui annonce qu’on songe à elle depuis quelques jours ; qu'une somme de trente francs lui est destinée, et qu’elle la recevra sous peu. La veille, en effet, de la Saint Joseph, les trente francs arrivèrent. La dame se hâta de venir à Notre Dame des Victoires remercier la très Sainte Vierge et saint Joseph ; puis elle se rendit auprès d’une personne qui lui porte intérêt et à laquelle elle raconta sa bonne fortune. Cette personne qui savait qu’elle avait compté sur cinquante francs, lui dit : « Tout en remerciant saint Joseph, vous lui en voulez peut-être un peu de n’avoir pas plus arrondi le secours qu’il vous envoie; ne lui en voulez pas plus longtemps : je me charge en son nom de parfaire la somme attendue ».

 

Soupirs des délaissés vers saint Joseph

 

Glorieux saint Joseph, père et pourvoyeur des chrétiens, songez à nous, veillez sur nous. Il est bien grand le nombre des déshérités de ce monde, mais il est bien large, bien bon, bien compatissant aussi votre Cœur tout brûlant d’amour pour Dieu et de charité pour les malheureux. Vous savez, ô notre Père, ce que fait souffrir les mépris,l’abandon et le rebut des hommes; prenez donc pitié de nous, qui sommes ainsi éprouvés : Et à qui s’adresseront les pauvres déshérités, sinon à vous, qui avez à votre disposition tous les trésors célestes et terrestres ? Nous ne vous demandons point, ô très doux protecteur, l'abondance des biens de ce monde; notre cœur peut-être s’y attacherait et tomberait sous l’anathème de Jésus-Christ. Procurez-nous seulement ce qui est absolument indispensable à notre subsistance, afin que nous puissions servir notre Dieu avec plus de liberté, et que nous ne soyons pas tentés de jeter|un regard de convoitise sur les biens que possèdent les autres. Que si c’est le bon plaisir de la divine Providence de nous laisser sur la terre comme le rebut et l'opprobre des hommes, bienheureux Joseph, faites que, fortifiés par votre exemple, nous soyons encore consolés et secourus par votre assistance. Ainsi soit-il.

 

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