27 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-huitième jour

Le modèle accompli des instituteurs

 

Je tiens d’autant plus à offrir saint Joseph pour protecteur aux instituteurs et aux institutrices, que leurs fonctions sont toujours très délicates, très pénibles et assez mal rétribuées. Il faut tant de qualités, tant de ressources et surtout tant de vertu pour être instituteur de l’enfance, qu’en vérité j’en suis saisi, étonné, stupéfait ! Et je crois que ce n’est pas trop que le ciel se mette avec les hommes de cœur, de talent et de foi chrétienne pour en former un qui soit accompli, au moins capable de remplir dignement cette tâche si laborieuse, si importante par les conséquences d'une portée infinie.

De quoi s'agit-il, en effet, pour l‘instituteur ? d’ébaucher, de façonner, de former des hommes. Dieu en l’appelant à cette grande, noble et périlleuse vocation, a semblé lui dire : « Prenez soin de ces enfants ; donnez-leur l’instruction et le bon exemple, nourrissez leur âme du pain de la vérité, éclairez leur intelligence et formez leur cœur ; perfectionnez mon image que j’ai gravée en eux. Leurs inclinations, leurs vertus ou leurs vices, leur influence bonne ou mauvaise sur leurs contemporains, dépendra en partie de vos soins ou de votre négligence, comme aussi des soins ou de la négligence de leurs parents. Je vous demanderai un compte d’autant plus rigoureux de ces enfants, qu’ils sont un dépôt infiniment précieux, comme aussi je vous récompenserai amplement du zèle, de la vigilance et des soins que vous. aurez employés pour eux ». Certains sont encore sous cette influence funeste que nous a léguée l’esprit philosophique du siècle dernier, que nous naissons méchants ! Sans doute nous naissons avec le germe des vices et des vertus, mais nous ne sommes alors ni méchants ni bons. Ce qui nous rend tels, plus tard, c‘est la mauvaise ou la bonne instruction et surtout l‘éducation que nos parents et nos maîtres nous donnent. D’où il suit que l’enfant élevé par des parents chrétiens et des maîtres chrétiens, sera autrement formé, plus vertueux, meilleur que l‘enfant confié à des mains impies, même simplement incapables.

Certes, je ne veux pas donner ici de préceptes aux Maîtres sages, intelligents et vertueux qui me liront ; ce serait de ma part une présomption inqualifiable, je tiens seulement à leur montrer, et aux parents, combien il importe pour les enfants qu’ils reçoivent dès leur premier âge une instruction et une éducation capables de les incliner à l’honnêteté, à la politesse, à la vertu pour toute la vie.

Quand on observe la plupart des hommes, on sent avec une peine navrante, qu’ils ne sont pas ce qu’ils auraient pu devenir, par ce que quelques uns sont devenus. Ont-ils même des qualités éminentes, nous leur voyons avec d’autant plus de regret certains défauts qui forment avec celles-ci un contraste choquant, et qui semblent appartenir moins essentiellement au fond même du caractère. Le mot : « Quel dommage ! » nous échappe en parlant de ceux que nous admirons le plus, et peut-être est-il susceptible de s’appliquer à tout le monde. Mais comment exprimer sa douleur quand on voit à côté de cela une infinité d’hommes pervers, méchants, cruels, pour n’avoir pas été bien élevés : « Ah ! quel malheur ! » dit-on, oui sans doute, c’est le plus grand des malheurs, d’autant plus qu’il est irréparable, comme je l’ai prouvé ailleurs par les Livres Saints, surtout dans mon ouvrage Femimiana.

Je dis donc aux mères, aux instituteurs et aux institutrices : « A vous le devoir de perfectionner le genre humain. En formant cet enfant, vous gouvernez peut-être le monde ; vous devenez ou sa vie morale ou sa complète corruption, selon les principes avec lesquels vous l’instruisez et vous faites l'éducation de son cœur. Voyez ce que le monde d’alors vous devra de bénédictions ou d’anathèmes, de reconnaissance ou de haine, parce qu’il aura reçu de vous, par l'esprit d'instruction et d'éducation que vous aurez légué à la postérité dans la personne de vos enfants.

C’est surtout en ce qui concerne l’instruction et l’éducation des petites filles, que j’appelle l’attention des institutrices et des mères. Les premiers éléments ont pour elles une portée immense. Ces filles deviendront mères, et à leur tour formeront des hommes, d’autres mères, qui se succéderont dans ce rôle ; mais si ces filles ont été mal instruites, mal élevées, mal dirigées, elles deviendront le supplice de leurs maris, le tourment de la famille, la honte et l’0pprobre de la société. On parle de révolutions, d'émeutes, de crimes dans l’Etat ; la femme impie, frivole, cruelle, en est la cause principale. C'est la une vérité capitale contre laquelle personne ne peut prescrire. De la femme le salut ou la perte des nations !

Instituteurs, institutrices et jeunes mères, prenez pour modèles, si vous voulez l’avoir pour protecteur, le bienheureux Joseph dans sa manière d’instruire et d'élever le saint Enfant Jésus. Faites suivant ce parfait modèle. Comme lui traitez l'enfance avec respect, amour et vigilance. Ne considérez pas les enfants selon la nature, car il arriverait que leurs défauts physiques ou moraux vous repousseraient, ralentiraient.vos soins; mais considérez-les selon la foi et la religion, comme étant les membres et les frères du Christ, les temples de l’Esprit-Saint, les héritiers de la gloire éternelle pour laquelle vous les devez préparer. Apprenez-leur à connaître, aimer et servir Dieu, leur Créateur ; Jésus, leur Sauveur. le Saint-Esprit, leur sanctificateur, et généralement tous les devoirs qu’ils ont à remplir vis-à-vis eux-mêmes et le prochain.

Croyez-le bien, votre dévouement ne sera pas sans fruit ni sans récompense. Jésus-Christ tiendra pour fait à lui-même ce que vous aurez fait à l'un de ces petits. Les parents vous béniront. si quelques-uns se montraient ingrats, car c’est souvent la récompense qui attend ces vrais Amis de l’enfance, surtout ces bons Frères des écoles chrétiennes et ces saintes Filles de la charité et autres, qui renoncent à toutes les jouissances de la famille pour instruire les enfants, dont les services d'une valeur infinie devraient être plus appréciés et mieux payés, hé bien, alors votre conscience vous rendant un bon témoignage, et Dieu qui a vu vos efforts persévérants, vous en dédommageront amplement par un moyen quelconque/ Priez saint Joseph de vous obtenir abondamment l'esprit d'un véritable instituteur de l’enfance, dont il fut doué lui-même à un si haut degré, et de vous secourir dans toutes les circonstances difficiles de l’enseignement.

On ne saurait douter de l'empressement de saint Joseph à aider les instituteurs et les institutrices de l'enfance dans leurs pénibles fonctions, quand ils l’en prient avec foi, et même alors a les guérir dans leurs maladies, s’il plaît au Seigneur. La protection de ce grand Saint n’est pas moins assurée aux petits enfants pour lesquels leurs maîtres ou maîtresses implorent son très-puissant secours.

 

Exemples

 

Un petit garçon d’un asile avait bien mal aux yeux depuis longtemps, et depuis quatre jours, il était resté sans voir la lumière, la sœur avait inspiré à ces tout jeunes enfants une tendre dévotion à l’auguste époux de Marie ; l’enfant pria .si bien saint Joseph à la maison paternelle, qu’au bout de quelques jours le mal disparut complètement à la stupéfaction des voisins et de la sœur elle-même.

Nous extrayons ce qui suit de la dévotion à saint Joseph inspirée à la jeunesse par le très Révérend père Huguet, l‘infatigable propagateur du culte de saint Joseph : Une Sœur converse était chargée d’une classe gratuite fréquentée par de petites filles pauvres. Cette bonne sœur, très dévote à saint Joseph, se faisait un devoir d’inspirer à ses élèves les sentiments qui l’animaient. Il ne se passait pas de semaine qu’elle n'eût un mot à leur dire en l'honneur du saint époux de Marie. Arriva le mois de Mars. La pieuse maîtresse, voulant bien fêter saint Joseph pendant le mois consacré à son culte, recourut à toutes sortes d’industries pour entretenir la dévotion de ses enfants. Une des industries qu'elle mit en œuvre, dès les premiers jours, ce fut de leur faire écrire de petites lettres à saint Joseph. « Vous direz, mes enfants, au bon saint Joseph, ajouta-t-elle, tout ce que vous voudrez ; que chacune réfléchisse en son particulier sur les demandes qu’elle a à lui faire, puis elle les écrira comme elle l’entendra. Quand les lettres Seront faites, vous me les remettrez, et je les déposerai cachetées au pied de sa statue, elles y resteront jusqu’à la fin du mois ». La maîtresse fut obéie, les lettres ingénieusement cachetées furent déposées sur le piédestal de la statue de saint Joseph. Le mois de mars se passa dans cette classe d'une manière exemplaire. Ensuite les lettres furent ouvertes. Rien ne peut s’imaginer de plus édifiant que ce qu’elles contenaient. En voici quelques-unes qui avaient été écrites par des enfants de dix à onze ans : « Grand saint Joseph, écrivait l’une, je vous en prie, bénissez mon père et ma mère, obtenez-leur les grâces dont ils ont besoin pour faire leur salut ». La petite fille qui écrivait cela n'avait pas dix ans. Une autre disait : « Mon glorieux protecteur, priez pour ma famille, faites y régner l’union qui était dans la vôtre. Vous savez bien que j’ai des parents qui sont un peu en désaccord; faites qu’ils s’aiment davantage et qu’ils se pardonnent mutuellement ».

Remarquons, en passant, que cette demande fut pleinement exaucée ; elle le fut avant la fin du mois. Une autre enfant écrivait a saint Joseph : « Grand protecteur des mourants, obtenez à tous mes parents, je vous en supplie, la grâce d'une bonne mort, et qu’ils reçoivent tous les derniers sacrements quand le bon Dieu viendra les chercher ». Une autre, plus jeune que la précédente : « Mon bon père saint Joseph, vous savez bien pourquoi je vous écris et ce que je désire le plus, c’est que tous mes parents fassent leurs Pâques, qu’ils servent bien le bon Dieu pour mériter d’aller le voir au ciel, mais pas encore. Faites aussi, mon bon père, que nos vers à soie aillent bien cette année, que nous ayons des pommes de terre et un peu de blé. Pour obtenir ces grâces, je chanterai tous les jours votre cantique, je dirai vos litanies, et je serai toujours votre petite servante ». La plus pauvre de ces petites, une enfant si misérable, qu’elle n'avait que des haillons pour se couvrir, avait écrit ces lignes attendrissantes : « Aimable saint Joseph, qui avez été toujours pauvre, qui avez gardé l’Enfant Jésus qui a voulu être pauvre pour nous, obtenez-moi la grâce d’aimer toujours ma pauvreté ; que mes parents l'aiment aussi, qu’ils ne murmurent point contre le bon Dieu, qui nous veut pauvres et, par conséquent, plus semblables à son divin Fils. Oh ! Que nous sommes heureux ! »

 

Recommandation des élèves à saint Joseph

 

O bienheureux Joseph, dès vos tendres années votre cœur s'est donné au Seigneur, votre âme s’est épanouie a son saint amour, se fermant à l'amour trompeur et passager des richesses de la terre. Voilà pourquoi, aimable Joseph, vous avez mérité d’être le maître et le guide particulier de Jésus, aux beaux jours de son enfance et de sa jeunesse, voilà pourquoi vous aimez tant les enfants et les jeunes gens. O très saint Joseph, la divine Providence m'a confié des enfants, et m'a chargé de travailler à leur instruction et surtout à leur éducation; daignez donc me prêter votre concours, former mon cœur aux sentiments du vôtre. Par votre sagesse suppléez à mon inexpérience. Par votre prudence, sauvez-moi de ma présomption. Enfin donnez-moi toutes les dispositions nécessaires pour contribuer de tout mon pouvoir à élever chrétiennement ces enfants. Je vous les recommande tout particulièrement, je les place dans votre Cœur vénérable, bénissez-les tous comme formant votre famille, et ne permettez jamais qu'aucun d’eux s'égare dans les voies du libertinage ou de l’impiété ; mais plutôt faites qu'ils deviennent des copies parfaites du saint Enfant Jésus, formé à votre école, quoiqu’il fût le souverain Maître des maîtres. Ainsi soit-il.

 

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