04 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Cinquième jour

Sentiments de Vincent sur l'humilité

 

Quoique Vincent prit occasion de s'humilier en toutes rencontres, comme nous l'avons dit hier, et qu'on puisse bien dire que toutes sortes de choses lui servaient de matière pour pratiquer l'humilité, il avait néanmoins deux principaux motifs qui étaient comme les deux pivots sur lesquels roulaient tous les sentiments qu'il avait de cette vertu et toutes les pratiques qu'il en faisait et conseillait aux autres.

Le premier était la grande connaissance et les vues toutes singulières qu'il avait des infinies perfections de Dieu, et des défauts des créatures, qui lui donnaient pour sujet de tenir pour injustice, de ne se pas humilier toujours et en toutes choses, attendu la condition misérable de l'homme et la grandeur et sainteté infinie de Dieu.

Voici en quels termes il en parla un jour aux siens : en vérité, Messieurs et mes frères, si un chacun de nous veut s'étudier à se bien connaître, il y trouvera qu'il est très juste et très raisonnable de se mépriser soi-même. Car si d'un côté, nous considérons sérieusement la corruption de notre nature, la légèreté de notre esprit, les ténèbres de notre entendement, les dérèglements de notre volonté, et l'impureté de nos affections ; si ailleurs, si nous pesons bien au poids du sanctuaire nos œuvres et nos productions, nous trouverons que le tout est très digne de mépris. Mais quoi ! Me dites-vous, mettez-vous de ce nombre les prédications que nous avons faites, les confessions que nous avons entendues, les peines et les soins que nous avons pris pour le prochain et pour le service de notre Seigneur ? Oui, Messieurs, si l'on repasse sur ses meilleurs actions, on est surpris d'y voir qu'en la plupart on s'y est mal conduit quant à la manière, et souvent quant à la fin; et que, de quelque façon qu'on les regarde, il y peut avoir autant de mal que de bien, car, dites-moi je vous prie, que peut-on attendre de la faiblesse de l'homme ? Qu'est-ce que peut produire le néant, et que peut faire le péché ? Et qu'avons-nous de nous-mêmes autre chose, sinon le néant et le péché ? Tenons donc pour certain qu'en tout et partout nous sommes dignes de rebut, et toujours très méprisable, à cause de l'opposition que nous avons par nous-mêmes à la sainteté et aux autres perfections de Dieu, à la vie de Jésus-Christ et aux opérations de sa grâce ; et ce qui nous persuade davantage de cette vérité, est la pente naturelle et continuelle que nous avons au mal, notre impuissance au bien, et l'expérience que nous avons tous que lors même que nous pensons avoir bien réussi en quelque action, ou bien rencontré en nos avis, il arrive tout le contraire, et Dieu permet souvent que nous sommes méprisés. Si donc nous nous étudions à nous bien connaître, nous trouverons qu'en tout ce que nous pensons, faisons et disons, soit en la substance ou dans les circonstances, nous sommes pleins et environnés de sujets de confusions et de mépris: et si nous ne voulons point nous flatter, nous nous verrons non seulement plus méchants que les autres hommes, mais pires en quelque façon que les démons de l'enfer, car si ces malins esprits avaient en leur disposition les grâces et les moyens qui nous sont donnés pour devenir meilleurs, ils en feraient mille et mille fois plus d'usage que nous n'en faisons.

Le second motif était l'exemple et les paroles de Jésus qu'il avait toujours en vue, et qu'il exposait aux yeux d'un chacun. Rapportant un jour sur ce sujet, dans un discours qu'il fit aux siens, ces paroles de Jésus Christ apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur : et ces autres, celui qui s'humiliera sera exalté, et celui qui s'élèvera sera abaissé, il ajouta ce qui suit: Qu'est-ce que la vie de ce divin Sauveur, sinon une vie d'humiliations continuelles, une vie active et passive ? Il l'a tellement aimée, cette humiliation, qu'il ne l'a jamais quittée pendant sa vie, et même après sa mort, il a voulu que l'Eglise nous ait représenté sa personne divine par la figure du Crucifix, afin de paraître à nos yeux dans un état d'ignominie, comme ayant été pendu pour ainsi dire comme un criminel, et comme ayant souffert pour nous, la mort la plus honteuse et la plus affreuse qu'on ait pu s'imaginer. Pourquoi cela ? C'est par ce qu'il connaissait l'excellence des humiliations et la malice du péché contraire qui non-seulement aggrave les autres péchés, mais qui rend vicieuses les œuvres qui de soi ne sont pas mauvaises, et qui peut infecter et corrompre celles qui sont bonnes, même les plus saintes.

Retenons donc bien cette vérité, Messieurs, et qu'un chacun la grave bien avant dans son cœur, et qu'il dise, parlant à soi-même: quoique j'eusse toutes les vertus, si toutefois je n'ai pas l'humilité, je me trompe, et pensant être vertueux je ne suis qu'un superbe pharisien et un religieux abominable. Ô Sauveur Jésus-Christ, répandez sur nos cœurs ces divines lumières dont votre sainte âme était remplie et qui vous ont fait préférer l'outrage à la louange ! Embrasez nos cœurs de ces affections saintes qui brûlaient et consumaient le vôtre et qui vous ont fait chercher la gloire de votre père céleste dans votre propre confusion. Faites par votre grâce que nous commencions dès maintenant à rejeter tout ce qui ne va pas à votre honneur et à notre mépris, tout ce qui ressent la vanité, l'ostentation et la propre estime : que nous renoncions une bonne fois pour toutes à l'applaudissement des hommes abusés et trompeurs, et à la vaine imagination du bon succès de nos œuvres : enfin, mon Sauveur, que nous apprenions à être véritablement humbles de cœur par votre grâce et vos exemples.

J'ai fait diverses fois, disait-il un jour, la visite en quelques maisons de religieuses, et j'ai souvent demandé à plusieurs d'entre elles pour quelle vertu elles avaient le plus d'estime, ou d'attrait; je le demandais même à celles que je savais avoir plus d'éloignement pour les humiliations ; mais à peine entre vingt en ai-je trouvé une, qui ne me dit que c'était pour l'humilité, tant il est vrai que chacun trouve cette vertu belle et aimable. D'où vient donc qu'il y en a si peu qui l'embrasse et encore moins qui la possède ? C'est qu'on se contente de la considérer, et on ne prend pas la peine de l'acquérir : elle est ravissante dans la spéculation, mais dans la pratique elle a un visage désagréable à la nature, et ses exercices nous déplaisent, parce qu'ils nous portent à choisir toujours le plus bas lieu, à nous mettre au-dessous des autres et même des moindres, à souffrir les calomnies, chercher le mépris, aimer l'abjection, qui sont choses pour lesquelles naturellement nous avons de l'aversion.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Voici un des meilleurs moyens d'acquérir l'humilité, c'est de graver profondément dans son esprit cette maxime : Chacun n'est réellement que ce qu'il est devant Dieu, il n'est rien de plus ». (L'auteur de l'imitation).

« L'humilité, pour être véritable, doit être toujours accompagnée de la charité, c'est-à-dire que nous devons aimer, chercher et accepter les humiliations, pour plaire à Dieu et pour ressembler à Jésus Christ ». (Saint François de Sales).

Pratique : Cherchez aujourd'hui la dernière place et le rebut des autres, vous persuadant avec tout cela que vous avez encore plus que vous ne méritez à cause de vos péchés. Priez pour les âmes qui aspirent au troisième degré d'humilité.

 

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