13 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Quatorzième jour

Amour de Saint Vincent pour Dieu

 

Si c'est une marque assurée d'un parfait amour de Dieu, selon le témoignage du disciple bien-aimé et bien aimant, de garder la loi de Dieu, et de se rendre obéissant et fidèle à sa parole, on peut dire avec vérité, que Vincent a beaucoup aimé Dieu, puisqu'il a été si fidèle et si exact à observer sa loi et à suivre ce qui est prescrit par sa sainte parole, que ceux qui l'ont le plus hanté et qui ont considéré de plus près tous ses déportements, assurent qu'il n'eût pas fallu être homme pour manquer moins que lui, et qu'il était tellement attentif sur lui-même, mortifié en ses passions, équitable en ses jugements, circonspect en ses paroles, prudent en sa conduite, exact en ses pratiques de piété, et enfin si parfaitement uni à Dieu, autant qu'on en pouvait juger à l'extérieur, qu'il paraissait assez que c'était l'amour divin qui animait son cœur, et qui régnait sur toutes les puissances de son âme, et même sur les organes et facultés de son corps, pour régler tous leurs mouvements et toutes leurs opérations selon les ordres de cette loi éternelle, qui est la première règle de toute justice et sainteté. Et l'on peut dire que toute sa vie était un sacrifice continuel qu'il faisait à Dieu, non-seulement des honneurs, commodités, plaisirs, et autres biens du monde, mais de tout ce qu'il avait reçu de sa main libérale, de ses lumières, de ses affections, de sa liberté, et de tout ce qui pouvait tomber en sa disposition ; et que la plus grande et la plus intime joie de son cœur était de penser à la gloire incompréhensible que Dieu possède en lui-même, à l'amour ineffable qu'il se porte, et aux infinies perfections qui sont renfermées dans l'unité et simplicité de sa divine essence.

Que ses plus ardents et continuels désirs étaient que Dieu fût de plus en plus connu, adoré, servi, obéi, aimé et glorifié en tous lieux, par toutes sortes de créatures ; et que tout ce qu'il faisait et disait, ne tendait autrement qu'à graver, autant qu'il était en lui, ce divin amour dans tous les cœurs, et particulièrement dans ceux de ses enfants, qui ont admiré et éprouvé la grâce de cette parfaite charité qui était en lui, et qui faisait ressentir ses ardeurs à ceux qui s'approchaient de sa personne. C'est ce qui les portait toujours à exécuter avec grande estime et dévotion toutes ses paroles, et même quelquefois à les recueillir jusques aux moindres : et néanmoins ils ont reconnu et confessé que les paroles de ce grand serviteur de Dieu avaient tout autre force en sa bouche que sur le papier, et que le même esprit qui animait son cœur, donnait une vertu et une énergie particulière à ses paroles, en sorte qu'on pouvait dire que c'étaient des paroles de grâce, qui pénétraient jusqu'au cœur de ceux qui l'écoutaient.

Or, ce grand amour que Vincent avait pour Dieu, s'est fait particulièrement connaître par la droiture et pureté de ses intentions, qui tendaient uniquement et incessamment à la grande gloire de sa divine Majesté : il faisait chaque chose, et même celles qui semblaient les plus petites dans la vue de Dieu, pour lui plaire et pour accomplir ce qu'il reconnaissait lui être le plus agréable. Aussi disait-il souvent, que Dieu ne regardait pas tant l'extérieur de nos actions que le degré d'amour et de pureté d'intention dans lequel nous les faisons ; que les petites actions faites pour plaire à Dieu, ne sont pas si sujettes à la vaine gloire que les autres actions plus éclatantes, qui bien souvent s'en vont en fumée ; et enfin que, si nous voulons plaire à Dieu dans les grandes actions, il faut nous habituer à lui plaire dans les petites.

Un jour, quelqu'un des siens s'étant accusé devant les autres d'avoir fait quelque action par respect humain, Vincent, tout animé de l'amour de Dieu, dit qu'il vaudrait mieux être jeté pieds et mains liés parmi les charbons ardents, que de faire une action pour plaire aux hommes. Ensuite, s'étant mis à faire d'un côté le dénombrement de quelques-unes des perfections divines, et de l'autre, des défauts, imperfections et misères des créatures, pour faire mieux voir l'injustice et la folie de ceux qui négligent de faire leurs actions pour Dieu, et qui perdent leurs temps et leurs peines pour n'avoir en ce qu'ils font que des vues basses et humaines, il ajouta ces paroles dignes de remarque : « Honorons toujours les perfections de Dieu ; prenons pour but de tout ce que nous avons à faire, celles qui sont les opposées à nos imperfections, comme sa douceur, sa clémence, directement opposées à notre colère; sa science, si contraire à notre aveuglement ; sa grandeur et sa majesté, si fort élevées au-dessus de notre bassesse et vileté : son infinie bonté toujours opposée à notre malice ; étudions-nous à faire toutes nos actions pour honorer et glorifier cette perfection, qui est directement contraire à nos défauts. Il ajouta que c'était cette direction et application, qui étaient comme l'âme de nos œuvres et qui rehaussaient grandement leur prix et leur valeur, se servant à ce sujet d'une comparaison familière des habits dont se revêtent les princes et les grands seigneurs aux jours de leurs triomphes et magnificences : « Car, disait-il, les habits ne sont pas ordinairement tant estimés pour l'étoffe dont ils sont faits, que pour les passements d'or et enrichissements de broderies, perles et pierres précieuses dont ils sont ornés ; de même il ne faut pas se contenter de faire des bonnes œuvres, mais il les faut enrichir et relever parle mérite d'une très noble et très sainte intention, les faisant uniquement pour plaire à Dieu et pour le glorifier ».

C'est dans cette même droiture d'intention qu'il avait souvent en bouche, et encore plus dans le cœur, ces paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ rapportées dans l'Évangile : « Cherchez premièrement le royaume des Cieux. Notre Seigneur, disait-il sur ce sujet, nous recommande par ces paroles de faire régner Dieu en nous, puis de coopérer avec lui à étendre et à amplifier son royaume dans la conquête des âmes. N'est-ce pas là un grand honneur pour nous, que d'être appelés à l'exécution d'un si grand et si important dessein ? N'est-ce pas agir comme les Anges, qui travaillent incessamment et uniquement pour l'agrandissement de ce royaume de Dieu ? Y a-t-il condition plus désirable que la nôtre, nous qui ne devons vivre que pour établir, accroître et agrandir le royaume de Dieu ? A quoi tiendra-t-il, mes frères, que nous ne répondions dignement à une vocation si sainte et si sanctifiante ? »

Saint Basile étant un jour interrogé par quel moyen on pouvait témoigner son amour envers Dieu, répondit : que c'était en faisant tout ce qu'on peut, et même s'il faut parler ainsi, pins qu'on ne pe t, pour accomplir continuellement, en toutes choses, la très sainte volonté de Dieu, avec un très-ardent désir de procurer l'accroissement de son honneur et de sa gloire ; et certes, ce n'est pas sans grande raison qu'il a parlé de la sorte ; car, puisque l'union qui se fait par l'amour est principalement des cœurs et des volontés; on ne saurait mieux faire paraître qu'on aime Dieu, que par une conformité et union parfaite de sa volonté avec celle de Dieu.

C'est ce que Vincent a saintement pratiqué ; et l'on peut dire que cette conformité de sa volonté avec celle de Dieu, était la propre, la principale, et comme la générale vertu de ce Saint homme, qui répandait ses influences sur toutes les autres ; c'était comme le maître-ressort qui faisait agir toutes les facultés de son âme et tous les arguments de son corps ; c'était le premier mobile de tous ses exercices de piété, de toutes ses plus saintes pratiques, et généralement de toutes ses actions, en sorte que, s'il se présentait devant Dieu en ses oraisons, s'il se rendait en tout temps et en toutes occasions si attentif à sa divine présence, c'était pour lui dire comme Saint Paul : Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? S'il était si soigneux de consulter Dieu, de l'écouter et d'user d'une si grande circonspection, pour discerner les vraies inspirations qui venaient du Saint-Esprit, d'avec les fausses qui procédaient de la suggestion du démon, ou des mouvements déréglés de la nature, c'était pour connaître la volonté de Dieu, avec plus d'assurance, et pour se mettre plus en état de l'accomplir ; enfin, s'il rejetait si fortement toutes les maximes du monde, pour embrasser celles de l'Evangile, s'il renonçait si parfaitement à lui-même, s'il embrassait les croix avec tant d'affection, et s'il s'abandonnait à tout faire et à tout souffrir pour Dieu, c'était pour se conformer plus parfaitement à toutes les volontés de sa divine Majesté ; et il avait une telle estime de la pratique de cette sainte conformité, qu'il dit un jour de l'abondance de son cœur cette belle sentence : que se conformer en toutes choses à la volonté de Dieu et y prendre tout son plaisir, c'était vivre sur la terre d'une vie tout angélique, et même que c'était vivre de la vie de Jésus-Christ.

Il dit une autre fois sur ce même sujet, que Notre Seigneur était une communion continuelle aux âmes vertueuses qui se tenaient fidèlement et constamment unies à sa très sainte volonté, et qui avaient un même vouloir et un même non vouloir avec lui. Et comme il était tout rempli et pénétré de cette importante vérité, et qu'il connaissait par sa propre expérience les grâces et les bénédictions qui découlaient de cette conformité à la volonté de Dieu, il a toujours taché de l'inspirer dans tous les cœurs des autres et particulièrement de ceux de sa Congrégation, auxquels il en a même fait une règle particulière dans les termes suivants : « Et parce que la sainte pratique, qui consiste à faire toujours, et en toutes choses la volonté de Dieu, est un moyen assuré pour pouvoir acquérir bientôt la perfection chrétienne, chacun tâchera selon son possible, de se la rendre familière, en exécutant dûment les choses qui nous sont commandées, et fuyant soigneusement celles qui nous sont défendues, et cela toutes les fois qu'il nous appert que tel commandement et telle défense viennent de la part de Dieu ou de l'Église ou de nos supérieurs ou de nos règles et constitutions ». La perfection de l'amour, leur dit-il un jour, ne consiste pas dans les extases, mais à bien faire la volonté de Dieu : et celui-là entre tous les hommes sera le plus parfait qui aura sa volonté plus conforme à celle de Dieu; en sorte que notre perfection consiste à unir tellement notre volonté à celle de Dieu , que la sienne et la nôtre ne soient qu'un même vouloir et non-vouloir; et celui qui excellera davantage en ce point sera le plus parfait.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Comme le Seigneur connaît ce qui est bon et utile à chacun de nous, il nous donne à tous ce qui peut contribuer davantage à sa gloire, à notre salut et au bien du prochain. C'est donc bien nous tromper, et consulter mal nos intérêts, que de ne pas nous abandonner entièrement à ce qu'il veut faire de nous ». (Sainte Thérèse d'Avila).

« Une des plus grandes raisons pour laquelle Jésus-Christ est venu sur la terre, et s'est donné à nous, c'est afin que l'homme connût jusqu'à quel point Dieu l'aime et que cette connaissance le portât à brûler d'amour pour celui qui l'a aimé si excessivement ». (Saint Augustin).

Pratique : Dans tous ce qui vous arrivera de fâcheux aujourd'hui, dites : « O mon Dieu, que votre volonté se fasse et non la mienne ». Priez pour les personnes qui dans leurs actions n'agissent pas purement pour Dieu.

 

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