20 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Icon, USA, WA, Seattle

Vingt-et-unième jour

Charité de Vincent pour le prochain en général

 

Après le grand commandement d'aimer Dieu de tout son cœur, celui d'aimer son prochain comme soi-même suit de si près, et en est tellement inséparable, qu'on ne saurait parfaitement accomplir le premier, si l'on manque au second; et celui qui n'aimerait point son prochain ne pourrait pas dire qu'il eut un véritable amour pour Dieu, quelques sentiments de ferveur et de zèle pour sa gloire qu'il pensât avoir. Vincent était bien persuadé de cette vérité, lorsqu'il disait que ce précepte d'aimer son prochain est si fort et a un tel privilège, que quiconque l'observe accomplit la foi de Dieu, parce que tous les préceptes de cette loi se rapportent à cet amour du prochain, selon la doctrine du saint Apôtre.

Vincent parlant un jour aux siens leur dit : « Donnez-moi une personne qui borne son amour en Dieu seul, une âme, si vous voulez, élevée en contemplation, laquelle trouvant du goût dans cette manière d'aimer Dieu, qui lui paraît uniquement aimable, s'arrête à savourer cette source infinie de douceur, sans se mettre en aucune peine de son prochain ; et donnez m'en une autre qui aime Dieu de tout son cœur, et qui aime aussi son prochain, quoique rude et grossier, pour l'amour de Dieu, et qui s'emploie de tout son pouvoir pour le porter à Dieu : dites-moi, je vous prie, lequel de ces deux amours est le plus parfait et le moins intéressé ? Sans doute que c'est le second, lequel joignant l'amour de Dieu à l'amour du prochain, ou, pour mieux dire, étendant l'amour de Dieu sur le prochain, et rapportant l'amour du prochain à Dieu, accomplit la loi plus parfaitement que le premier ».

Et puis, appliquant cette doctrine à ceux de sa Congrégation : « Nous devons, leur disait-il, bien imprimer ces vérités dans nos âmes, pour conduire notre vie selon cet amour, et pour en faire les œuvres, n'y ayant personne au monde plus obligé à cela que nous le sommes, ni aucune compagnie qui doive être plus appliquée que la nôtre à l'exercice extérieur d'une vraie charité ; car notre vocation est d'aller, non en une seule paroisse, ni en un seul diocèse, mais par toute la terre, pour embraser les cœurs des hommes, et pour y faire ce qu'a fait le Fils de Dieu, lequel a dit qu'il était venu apporter un feu sur la terre, afin d'enflammer les cœurs des hommes de son amour. Il est donc vrai que nous sommes envoyés, non seulement pour aimer Dieu, mais aussi pour le faire aimer. Il ne nous suffit pas d'aimer Dieu, si notre prochain ne l'aime aussi; et nous ne saurions aimer notre prochain comme nous-mêmes, si nous ne lui procurons le bien que nous sommes obligés de nous vouloir à nous-mêmes, c'est à savoir l'amour divin qui nous unit à celui qui est notre souverain bien. Nous devons aimer notre prochain comme l'image de Dieu et l'objet de son amour, et faire en sorte que réciproquement les hommes aiment leur très-aimable Créateur, et qu'ils s'entr'aiment les uns les autres d'une charité mutuelle pour l'amour de Dieu, qui les a tant aimés que de livrer son propre Fils à la mort pour eux. Mais regardons, je vous prie, Messieurs, ce divin Sauveur comme le parfait exemple de la charité que nous devons avoir pour notre prochain : ô Jésus ! Dites-nous, s'il vous plaît, qui est-ce qui vous a fait descendre du Ciel pour venir souffrir la malédiction de la terre ? Quel excès d'amour vous a porté à vous humilier jusqu'à nous, et jusqu'au supplice infâme de la croix ? Quel excès de charité vous a fait exposer à toutes nos misères, prendre la forme du pécheur, mener une vie souffrante, et souffrir une mort honteuse? Où est-ce que l'on trouvera une charité si admirable et si excessive ? Il n'y a que le Fils de Dieu qui en soit capable, et qui ait eu un tel amour pour ses créatures, que de quitter le trône de sa gloire pour venir prendre un corps sujet aux infirmités et misères de cette vie, et pour faire les étranges démarches qu'il a fuites pour établir en nous et parmi nous par son exemple et par sa parole, la charité de Dieu et du prochain. Oui, c'est cet amour qui l'a crucifié, et qui a produit cet ouvrage merveilleux de notre rédemption. O Messieurs, si nous avions une étincelle de ce feu sacré qui embrasait le cœur de Jésus, demeurerions-nous les bras croises, et délaisserions-nous ceux que nous pouvons assister ? Non, certes ; car la vraie charité ne saurait demeurer oisive, ni nous permettre de voir nos frères et nos amis dans le besoin sans leur manifester notre amour ; et pour l'ordinaire les actions extérieures rendent témoignage de l'état intérieur. Ceux qui ont la vraie charité au dedans, la font paraître au dehors: c'est le propre du feu d'éclairer et d'échauffer, et c'est aussi le propre de l'amour de se communiquer.

Dans ce même sentiment, parlant une autre fois à ceux de sa communauté, il disait que les missionnaires seraient bien heureux s'ils devenaient pauvres pour avoir exercé la charité envers les autres; mais qu'ils ne devaient pas craindre de le devenir par cette voie, à moins que de se défier de la bonté de notre Seigneur, et de la vérité de sa parole.

Or, la charité de Vincent était si parfaite, et son cœur était tellement rempli de l'onction de cette divine vertu, que Ton peut dire en quelque façon qu'elle embaumait ceux qui avaient le bonheur de converser avec lui ; en sorte que l'on pouvait connaître qu'il était du nombre de ceux dont parlait l'apôtre Saint Paul quand il disait: Nous répandons en tous lieux la bonne odeur de Jésus-Christ. Sur quoi parlant un jour aux siens : « Chaque chose, leur dit-il, produit comme une espèce d'image de soi-même, ainsi qu'on voit dans une glace de miroir qui représente les objets tels qu'ils sont: un visage laid y parait laid, et un beau y paraît beau; de même, les bonnes ou les mauvaises qualités se répandent au dehors ; et surtout la charité, qui est d'elle-même communicative, produit la charité ; et un cœur vraiment embrasé et animé de cette vertu fait ressentir son ardeur, et tout ce qui est dans un homme charitable respire et prêche la charité ».

Enfin Vincent était l'ami de tous les bons, et avait des amis partout, dont il conservait et cultivait l'amitié, non pour être jamais à charge à personne, mais pour maintenir et fomenter cette sainte union que le Fils de Dieu a tant recommandée aux siens, et pour faire plutôt du bien que pour en recevoir. Aussi peut on dire avec vérité que jamais avaricieux n'a ménagé plus soigneusement ses biens, et les occasions de les accroître, ni ambitieux les occasions d'acquérir de nouveaux honneurs, que Vincent celles de faire du bien à son prochain, par un véritable et sincère esprit de charité. Sur quoi il ne sera pas hors de propos de produire le témoignage des religieuses de la Visitation du premier monastère de Paris, qui ont été ses filles spirituelles l'espace de trente-cinq ans. Voici en quels termes elles en ont parlé : « Ce grand serviteur de Dieu, tout ardent de son amour, voulait que chacun en brulât, et que la charité fût pratiquée en toutes les sortes qu'elle le pouvait être. Il ne pouvait souffrir que dans les communautés l'on ne se témoignât pas assez d'estime les uns aux autres, ou que l'on vint à dire quelque chose qui fût au désavantage du prochain. Il disait qu'il craignait fort la désolation des communautés, lorsque les personnes qui les composent ne se tiennent pas bien unies les unes aux autres; ce qui n'arrive jamais que par le manquement d'estime, de support et de charité ; qu'il fallait que les religieuses se regardassent les unes les autres comme les épouses de Jésus-Christ, les temples du Saint-Esprit et les images vivantes de Dieu, et que dans cette vue elles se portassent réciproquement un amour et un respect les unes aux autres ; et pour cela, ajoutent ces vertueuses servantes de Dieu, il nous exhortait particulièrement à deux choses : la première, d'avoir recours à la bonté de Dieu, qui est tout amour et charité, pour lui demander part aux lumières et aux ardeurs divines de son esprit ; la seconde, de concevoir un grand désir de notre amendement, et de travailler en effet à nous amender des défauts et manquements que nous pourrions commettre contre la vertu de charité, faisant fidèlement sur ce sujet notre examen particulier, pour corriger et ôter de nos cœurs tout ce qui pourrait, en quelque manière que ce fût, altérer l'union que nous devons avoir avec Dieu et entre nous mêmes ».

Et une autre religieuse du même ordre, dont la vertu a répandu une très-bonne odeur dans le second monastère de Paris, a laissé en mourant ce témoignage de la charité qu'elle avait reconnue en Vincent : « On peut assurer, dit-elle, avec vérité, que ce saint homme a imité au plus près la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui n'a été employée qu'à bien faire à un chacun pendant qu'il a été sur la terre ; car qui est-ce qui n'a point éprouvé la charité de Monsieur Vincent dans ses nécessités, soit pour l'âme soit pour le corps ? Trouvera-t-on aucune personne affligée, laquelle ayant eu recours à lui, s'en soit retirée jamais saris trouver quelque soulagement en ses maux ? Mais y a-t-il eu quelqu'un qui ait pu refuser de prendre confiance en lui, lorsqu'il a entrepris de lui parler et de le consoler? Et pour sa propre vie et les biens de sa congrégation, à qui est-ce qu'on peut dire qu'ils sont, sinon à ceux qui en ont besoin ? »

Il y a encore une circonstance que nous ne devons pas omettre touchant la charité dont le cœur de Vincent était rempli ; c'est qu'elle le portait non seulement à soulager les indigences et les misères du corps et de l'âme, mais aussi à épargner et sauver, autant qu'il pouvait, l'honneur et la réputation d'autrui ; et c'est une chose remarquable, qu'on ne l'a jamais entendu se plaindre de personne, quelques torts ou injures qu'il en eût reçus, et encore moins blâmer ou donner le tort à aucun quand il ne s'agissait que de seuls intérêts ; au contraire, les absents avaient partout où il se rencontrait, un avocat qui défendait toujours leur cause, et qui plaidait hautement en faveur de la charité ; en sorte que, disant toujours du bien de tous, autant qu'il le pouvait avec vérité, il ne disait et ne souffrait jamais qu'il fût dit en sa présence aucun mal de personne, et ne voulait pas même que l'on blâmât ou que l'on dit le moindre mal de ses ennemis.

 

Fleurs Spirituelles

 

« C'est surtout à l'amour qu'on a pour le prochain, qu'on connaît si l'on aime Dieu. Ces deux amours ne sont jamais séparés l'un de l'autre. On fait plus de progrès dans celui-ci, à proportion qu'on en fait davantage dans celui-là. Cette règle est sûre : voyez quel amour vous avez pour Dieu. Si le premier est parfait, le second l'est, et vous avez tout fait; mais il ne faut pas être de ceux qui disent vouloir faire beaucoup et qui ne mettent jamais la main à l'œuvre ». (Sainte Thérèse d'Avila).

« Jésus aime tant notre prochain, qu'il a donné sa vie pour lui. Ce Dieu Sauveur se réjouit, lorsque nous nous sacrifions pour faire du bien. Tous les services que nous rendons au prochain en vue de lui, et pour lui témoigner notre amour, lui sont très agréables. Ah ! Si nous comprenions bien de quelle importance est la vertu de charité envers le prochain, quel zèle n'aurions-nous pas à en faire des actes ».

Pratique : Ne laissez passer aucune occasion de rendre service au prochain, par un vrai motif de charité. Priez pour les personnes qui se dévouent au service du prochain.

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

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