Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Quinzième jour

 

Election

 

Le monastère des Pauvres Dames était pour chacune de ses habitantes un Ciel anticipé. Claire y donnait l’exemple des plus sublimes vertus et tout la désignait au regard de François pour être la supérieure élue de la Communauté naissante.

Longtemps il insista auprès d‘elle pour qu’elle consentit à accepter le titre et la charge d’Abbesse, mais inutilement. Ni les représentations de François, ni les prières de la Communauté, qui joignait ses instances aux siennes, ne furent capables de triompher de son humilité profonde. Le Saint s’étant vu contraint d’user de son autorité, en ce point, lui imposa donc lui- même cette charge importante. L’obéissance avait parlé, Claire s’y soumit.

« Le premier soin de la jeune Abbesse, dit un historien récent, fut de bien remarquer le but qu’elle entendait poursuivre avec ses compagnes. Elle désire que jusque dans le nom par lequel on les désignerait, tout le monde put voir qu'elle étendait à leur sexe la réforme que François avait préparée aux hommes ».

Le titre de « Pauvres Dames » lui semble résumer admirablement ces principes et donner la note précise de sa théorie. Depuis l'aurore de l‘institut, l‘heureuse petite famille de Saint Damien en savourait lès charmes. Ce nom était pour chaque recluse une mélodie à l’oreille, une délectation au cœur. Avoir le nom de Pauvres Dames et le droit acquis de vivre dans une souveraine pauvreté, tel est le privilège étrange mais surnaturellement sublime, que rêvait pour elle et ses filles l’Abbesse de Saint Damien. Elle va le solliciter de l’immortel Pontife qui occupe si dignement la Chaire de Saint Pierre, et ne pouvant se rendre à Rome comme s'y était rendu François pour faire approuver le genre de vie qu’avaient embrassé le Saint et ses compagnons ; Claire, inspirée, saisit sa plume et réclame humblement d’Innocent III l’insigne faveur que son cœur désire.

« Voilà un privilège que personne encore n’avait demandé au Saint Siège », s’écria avec admiration le grand pape, en lisant la supplique la généreuse Abbesse, et, de sa propre main, Innocent écrivit les premiers mots du Bref apostolique, par lequel il accordait le privilège demandé.

L'occasion s’offrit bientôt pour Claire d'affirmer par un acte public ses vues pratiques à l’égard de son cher privilège.

Héritière d’une grande fortune à la mort de son père, survenue peu de temps après, 1’Abbesse de Saint Damien ne voulut pas se réserver la moindre chose de la succession paternelle. Par ses ordres, tout fut distribué aux pauvres et la petite communauté naissante resta après la succession du comte ce qu’elle était auparavant : l’asile du dénuement et de la pauvreté. Faut-il s’étonner qu’un tel amour de la pauvreté religieuse ait mérité à notre chère Sainte cette noble et glorieuse dénomination : Princesse des Pauvres ?


Réflexions et Avis

 

« Dieu ne se sert point des imparfaits, dit un pieux auteur, pour l’exécution de ses grands desseins. C’est de peur qu’ils ne se damnent, car s’il se servait d’eux, ils prendraient de là occasion de s’enorgueillir et leur vanité serait cause de leur perte. Mais travaillez solidement à votre perfection, ajoute le pieux Jésuite, attachez-vous à Dieu, cherchez uniquement à lui plaire : fussiez-vous dans un désert, s’il veut se servir de vous, il saura bien vous trouver et il vous fera faire des merveilles quand même votre état et votre vocation ne vous porteraient pas aux fonctions de la vie apostolique ». (P. Lallemand).

L’important pour une âme est de se tenir humblement, docilement livrée au bon plaisir de Dieu, voulant tout ce qu’il veut et rien de ce qu'il ne veut pas, inclinée de tout cœur sous sa volonté sainte et prête à l’accomplir dès qu’elle se manifeste. Dans ces dispositions, vous serait-il si pénible, âme pieuse, d’acquiescer aux vues de la Providence sur vous, de vous y abandonner pleinement ? Dieu a plus que vous-même à cœur les intérêts de votre âme, et rien de sa part, vous le savez bien, ne saura jamais les compromettre. Que d’âmes cependant agissent comme s’il en était autrement. Tout leur semble perdu et les déconcerte du moment qu'un événement quelconque vient enrayer leurs plans ou les contraindre de les modifier. On rêve une calme et sereine piété que rien ne trouble, un état spirituel qu‘aucune épreuve ne traverse, une atmosphère à l'abri de tout orage, et l’on ne songe pas que le renoncement à soi-même et l’humble soumission d’esprit n'éclatent jamais tant qu'au sein des contrariétés qui surviennent et des choses qui répugnent à notre volonté Disons donc avec sainte Claire : « Seigneur. votre bon plaisir m'est tout et ma joie sera toujours de l’accomplir en toute chose ! ».


Avis des Saints

 

« C’est à Dieu qu'il appartient de nous diriger et cette pensée rend la résignation et l'obéissance faciles » (Sainte Claire). « Il n’y a plus de fruits et de profit pour l'âme à se renoncer qu’à faire ce qui lui plaît » (Sainte Colette de Corbie). « Prenez la voie la plus sûre, obéissez ! Celui qui fait la Volonté de Dieu va au Ciel, celui qui la néglige n’y entre pas » (Saint Alphonse de Liguori).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Marguerite Colonna vierge de son Ordre et fille du comte Odon, seigneur de Palestrina (1284).

 

Sa générosité à renoncer au monde lui mérita, les divines faveurs de l’adorable époux. Un jour, pendant qu‘elle priait, Notre Seigneur déposa sur sa tête une couronne d'épines un autre jour il lui mit au doigt un anneau d’or ses terres le monastère de Palestrina et s’y sanctifia sous la règle de Sainte Claire dans les plus hautes vertus, Durant sept ans, la généreuse vierge endura avec une héroïque patience un affreux ulcère. « Priez Dieu, mes filles, disait-elle a ses compagnes, de ne pas alléger mes souffrances, mais bien plutôt de couper, de tailler, de brûler ici-bas afin que je ne sois pas confondue dans l’éternité ».


Pratique : être soumis à Dieu en tout avec l’intention pure et sincère de le glorifier par ce moyen.


Prière


O Sainte Mère, « que je suis loin encore de cet esprit de foi, de grâce et de sainteté qui agit non par humeur, caprice ou instinct, ni par imagination, préjugé de sentiment, mais par des principes surnaturels et par l’unique motif de contenter Dieu et de le glorifier. Au nom de la charité qui vous animait, obtenez-moi ces dispositions qui donnent tant de prix à nos œuvres et tant d’assurance pour le salut ». Ainsi soit-il.

 

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