02 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Troisième jour

Le Crucifix nous donne une idée de la gloire et du bonheur du Ciel

 

I. Quel est le bonheur que Dieu prépare à ses élus dans le Ciel ? C’est un bonheur, dit Saint Paul, que l’oeil n’a point vu, que l’oreille n’a point entendu, que l’esprit de l’homme ne peut concevoir. Jugeons-en parce qu’il en a coûté au Sauveur du monde pour nous l’assurer. Il s’est anéanti, Il a souffert la mort, Il a répandu tout Son Sang pour nous arracher à l’enfer et nous assurer le bonheur du Ciel. Quel bonheur que celui qui n’a de proportion qu’avec des mérites infinis !

II. Jugeons du bonheur du Ciel par la prière fervente que Jésus-Christ, avant d’accomplir son sacrifice sanglant, fit à Son Père pour nous obtenir. Ô mon Père, disait-il, sauvez pour la gloire de Votre Nom, les hommes que Vous m’avez chargé de racheter. Je ne Vous prie pas seulement pour les disciples que J’ai rassemblés, je Vous prie pour tous ceux qui croiront en Moi par leur ministère. Sauvez-les de la corruption du monde ; et accordez-leur le Salut et la vie éternelle. Vous Me les aviez confiés ; Je Vous les rends en mourant ; placez-les dans le Ciel à côté de Votre Fils, et qu’ils aient part à Son bonheur. C’est pour cela que Je me soumets aux rigueurs de Votre Justice ; c’est pour cela que Je vais mourir sur la Croix et consommer Mon Sacrifice. Ô bonheur du Ciel, que Tu dois être grand, ayant été racheté à un si grand prix !

III. Si nous prenions pour juge notre faible raison, il nous paraîtrait incroyable que le bonheur du Ciel, qui est la jouissance de Dieu même, la participation de sa gloire et se son infinie félicité, soit préparé à de viles créatures, à des pécheurs même souillés de tous les crimes. Je jette les yeux sur le crucifix, et j’y vois un mystère plus incroyable encore, le Fils unique de Dieu livré pour le Salut des pécheurs aux opprobres de la mort.

La Miséricorde et la Bonté de Dieu pour moi éclatent bien plus sur la Croix que dans le Ciel même. Si l’on me dit que c’est trop prétendre pour une vile créature et un misérable pécheur d’espérer que je verrais Dieu face à face, que je Lui serai uni par un amour éternel, que j’entrerai en participation de son bonheur et de sa gloire : je dirai que Dieu a fait en ma faveur quelque chose de plus étonnant, lorsqu’il a voulu que Son Fils se chargeât de mes péchés et les lavât dans Son Sang.

Qu’y-a-t-il de plus étonnant que Jésus-Christ ait reçu avec bonté le baiser du traître Judas, ou qu’il veuille me donner dans le Ciel le baiser d’une paix éternelle ? Qu’Il soit mort pour moi entre deux voleurs, ou qu’Il veuille me faire vivre éternellement avec Lui dans la société de Ses membres ?

Croix de mon Sauveur, vous confirmez ma Foi, vous fortifiez mon espérance, vous embrasez mon amour, vous m’êtes un gage assuré du bonheur céleste qui m’est préparé.

IV. Depuis la Rédemption du genre humain par Jésus-Christ, la libéralité de Dieu semble ne pas connaître de bornes. Il accorde le bonheur du Ciel à ceux qui ont visité les prisonniers, qui ont soulagé les affligés, qui ont assisté les pauvres ; il l’accorde à ceux mêmes qui ont donné un verre d’eau en Son Nom. Une légère tribulation, dit Saint Paul, produit un poids infini de gloire. C’est que Jésus-Christ en s’immolant pour nous, a mérité le Ciel et la vie éternelle : nous sommes ses membres, et si grâce nous unit à Lui, Il donne à nos moindres œuvres un mérite divin. Le Ciel sans doute est trop pour moi, mais il n’est pas trop pour Lui. Tout ce qu’il aura de moi, de grandeur et de délices, n’approche pas de ses mérites, pourquoi n’aurais-je point de part au bonheur céleste qu’Il a mérité pour en faire part à tous ses membres ?

V. Je vais, disait Jésus-Christ à ses apôtres, vous préparer une place. Je vous placerai auprès de moi dans le Ciel ; vous participerez à Ma Gloire et à Mon Bonheur. Étant devenus par l’adoption divine enfants de Dieu et frères de Jésus-Christ, nous sommes, dit Saint Paul, les héritiers de Dieu et les cohéritiers de Son Fils. Si comme premier né, il a pris possession du Ciel, n’avons-nous pas droit d’y être reçus nous-mêmes comme ses membres et ses cohéritiers. Chrétiens, que notre destinée en grande ! qu’elle est glorieuse, si vous vous tenez inséparablement uni à votre Chef !

VI. Que les infidèles sont à plaindre ! Ils sont étrangers à l’égard de Jésus-Christ, ils n’ont aucune part à ses mérites, et l’espérance d’une meilleure vie ne les console pas comme nous, des misères de celle-ci. Que sont tous les maux du monde pour un chrétien fidèle, dans l’attente du bonheur du Ciel ? Au milieu des privations il jouit des richesses de la grâce ; au milieu des traverses et des tribulations il goûte une paix délicieuse et l’espérance d’entrer bientôt dans la joie de son Dieu lui donne le lieu même de son exil, un avant-goût du bonheur ineffable que Dieu lui prépare. Je souffre, dit-il avec Job, mais ce n’est pas sans consolation. Dans cette chair même, ou mon âme est assujettie à tant d’infirmités et de misères, je verrai mon Seigneur et mon Dieu.

VII. Chrétiens insensés, plus à plaindre encore que les infidèles, pour des amusements frivoles, pour des biens misérables, pour des plaisirs honteux, pour assouvir des passions qui vous tiennent dans l’esclavage et vous déchirent le coeur vous perdez l’héritage des enfants de Dieu ! Hélas ! Il vous est acquis ; Jésus-Christ l’a acheté au prix de Son Sang. Il s’agit moins pour vous de le mériter que de ne pas vous en rendre indignes, et vous souffrez qu’il vous soit enlevé et donné à d’autres !

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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