08 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Neuvième jour

Le Crucifix nous apprend à aimer notre prochain

 

I. « Mes enfants, disait le Disciple bien-aimé, aimons-nous les uns les autres ». La Charité fraternelle est le caractère qui distingue les enfants de Dieu. Comment connaissons-nous les excès de l’amour dont Dieu nous a prévenus ? C’est qu’Il a donné sa vie pour nous tous. Nous devons donc aimer nos frères et leur sacrifier dans le besoin jusqu’à notre vie. C’est dans le sein de Jésus-Christ, c’est dans Ses Plaies que Son Apôtre avait puisé cette céleste doctrine ; écoutons Jésus-Christ attaché à la Croix pour le Salut de tous les hommes : la voix de Son Sang plus éloquente encore que celle des ses apôtres, nous annoncera les devoirs de la Charité fraternelle.

II. Nous étions tous frères dans l’ordre de la nature, et c’était une raison suffisante de nous aimer les uns les autres. Dans l’alliance que Jésus-Christ a scellée de Son Sang, notre fraternité est ennoblie. Nous ne sommes pas seulement enfants d’Adam ; nous sommes enfants de Dieu, frères de Son Fils unique, héritiers de Son Royaume. Nous devons donc nous aimer comme les enfants du même père : et ce père étant Dieu Lui-même, quelle doit être la sincérité, le zèle et la pureté de notre amour ? Et Jésus-Christ, le premier-né d’une si grande famille, qui s’est immolé pour le Salut de tous, et même des plus grands pécheurs, étant notre modèle, est-il un de nos frères que nous ne devrions tendrement aimer, quelque méchant qu’il soit ? Est-il dans quelque ce soit de nos frères de misères auxquelles nous ne devrions compatir, des soins que nous ne devions soulager selon notre pouvoir, des injures que nous ne devions être disposés à pardonner ? La haine que nous porterions à nos semblables, se tournerait contre Dieu même et contre Jésus-Christ. Nous haïrions les enfants de Dieu, nous haïrions les frères de Jésus-Christ qu’Il a aimés jusqu’à répandre Son Sang pour eux.

III. Depuis qu’un excès de Charité a attaché Jésus-Christ à la Croix pour sauver tous les hommes, toute la Loi divine semble renfermée dans le précepte de la Charité fraternelle. C’est le seul qu’il dit être le sien, et qu’il annonce comme son précepte par excellence. Je vous fais, disait-il à ses disciples, un commandement nouveau, c’est de vous aimer les uns les autres de la manière que Je vous aime Moi-même. Je vous aime comme mes frères, comme enfants de mon Père, comme membres d’un corps dont Je suis chef, et Je vous aime, jusqu’à Me sacrifier pour Votre Salut. C’est ainsi que vous devez vous aimer, et c’est en vous aimant ainsi que vous vous ferez reconnaître de tout le monde comme Mes véritables disciples. Le précepte qui M’est propre, le précepte distinctif de Mon alliance, c’est que vous vous aimiez les uns les autres comme Je vous ai aimés ; et je ne puis vous témoigner plus d’amour qu’en Me livrant à la mort pour vous.

IV. Que de raisons ne nous présente pas la Croix de Jésus-Christ, de nous aimer les uns les autres et de faire triompher la Charité des répugnances de la nature ? Par le bienfait de Sa rédemption nous ne sommes pas seulement appelés, nous sommes en effet les enfants de Dieu ; et les enfants du même père et d’un père tel que Dieu ; ne doivent-ils pas s’aimer, se secourir, se souffrir les uns les autres et imiter l’indulgence de leur Père céleste, qui fait lever son soleil sur les méchants comme sur les bons ? Le Sang de Jésus-Christ a formé de tous les chrétiens un corps dont chacun d’eux est membre, et dont Il est chef, et tous les membres d’un même corps ne doivent-ils pas s’intéresser l’un à l’autre ? Ne voit-on pas la tête et la main s’abaisser vers le pied pour arracher l’épine qui le blesse. Chrétiens sans foi et indignes du nom que vous portez, réfléchissez et tremblez. Lorsque la haine vous divise, lorsque vous vous entre-déchirez, c’est le corps de Jésus-Christ Lui-même que vous déchirez. Pourquoi Jésus-Christ rassemble-t-il tous ses membres à la même table et les nourrit-il du même pain en leur donnant à tous Son Corps et Son Sang, qu’Il a répandu pour eux tous ? c’est pour les réunion à leur chef dans le même esprit, et entretenir dans leur coeur le feu de la Charité qu’Il est venu allumer sur la terre.

V. Jésus-Christ qui nous a ordonné de nous aimer comme Il nous a aimés Lui-même, est mort pour le Salut des plus grands pécheurs. Il a reçu avec bonté le baiser de Judas ; Il a jeté sur Pierre, au moment qu’il le reniait, un regard de compassion ; Il a offert Son Sang pour les méchants qui le répandaient ; Il ne s’est vengé de leurs cruautés, Il n’a répondu à leurs injures et à leurs blasphèmes, qu’en demandant grâce pour eux et en les excusant. Voilà notre modèle. Nous excuserons-nous de ne pas aimer nos frères, parce que nous n’en sommes pas aimés, parce qu’ils nous haïssent et nous persécutent, parce que leurs défauts et leur mauvais caractère les rendent indignes de notre amour ?

VI. Que rendrons-nous à Jésus-Christ pour tous les biens que nous avons reçus ? Comment reconnaîtrons-nous le bienfait de notre rédemption ; et le paierons-nous du Sang qu’Il a répandu pour nous ? Il nous en offre Lui-même un moyen facile. Aimons nos frères, comme Il nous a aimés ; faisons pour eux ce qu’Il a fait pour nous. Ils sont ses membres et Il regardera comme fait à Lui-même tout ce que nous ferons pour eux. « J’ai eu faim, dira-t-il à ses élus au Jugement dernier, et vous M’avez donné à manger ; J’ai eu soif, et vous M’avez donné à boire ; J’étais étranger, et vous M’avez accueilli ; J’étais nu, et vous M’avez revêtu ; J’étais infirme, et vous M’avez visité ; J’étais en prison, et vous êtes venu Me soulager ». Si Jésus-Christ nous sait tant de gré de ces bons offices auxquels la seule humanité porte les infidèles mêmes, quel gré ne nous saura-t-il pas de notre indulgence a supporter les défauts de nos frères, de notre courage à souffrir leurs mauvais traitements et à pardonner leurs injures, de notre zèle à contribuer à leur sanctification, et des sacrifices que nous ferons pour leur Salut ?

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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