Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Treizième jour

Des avantages que nous procure la Croix de Jésus-Christ pour aimer Dieu et en être aimés

 

I. Dieu aime Jésus-Christ d’un amour infini, c’est le même amour dont Il s’aime lui-même. Il l’aime parce qu’Il est son Fils unique, de même nature que Lui ; Il l’aime parce que comme homme Il a toujours été son serviteur fidèle, toujours soumis à Sa Volonté, et que sur la croix, Il a offert à sa Souveraine Majesté un sacrifice digne de Lui. C’est pour cela qu’Il l’a élevé au-dessus de toute créature ; qu’Il l’a fait dépositaire de sa toute-puissance et de toutes ses richesses ; qu’Il n’accorde rien au Ciel et sur la terre qu’en son nom ; que nous n’avons d’accès au Trône de Sa Miséricorde que par Sa Croix, et qu’il n’est pas d’autre nom que celui de Jésus auquel nous puissions être sauvés. Si Dieu a tant d’amour pour Son Fils, Il ne peut pas aimer tout ce qui lui appartient. Nous sommes à Jésus-Christ plus qu’à nous-mêmes, nous sommes la conquête de Son Sang ; nous sommes ses membres et une portion de sa sainte humanité. Dieu nous aime donc à proportion que la Croix nous unit à Son Fils. Ô Croix adorable, source inépuisable de Salut et de vie, je veux m’attacher à vous pour m’unir à mon Sauveur, je veux me baigner dans Son Sang et puiser dans Ses Plaies et dans son Coeur la Miséricorde et l’Amour de mon Dieu.

II. La divinité habite une lumière inaccessible, qu’aucun des hommes n’a vue et qu’aucun des hommes ne peut voir. Avant Jésus-Christ, les hommes charnels ne pouvant atteindre ni des yeux, ni de l’esprit à une majesté qui est également invisible et incompréhensible, ils se firent des dieux semblables à eux pour les adorer. Dieu dans Sa Miséricorde a envoyé sur la terre Son Fils unique, revêtu d’une forme humaine. Il a voulu qu’Il devint l’ouvrage visible du Dieu invisible, et que la plénitude de la divinité habitât en Lui substantiellement, ô prodige admirable ! Ô merveilleuse invention de la Charité de Dieu pour les hommes ! Désormais je puis adorer la créature sans crainte d’être idolâtre. Dans la personne de Jésus-Christ, c’est Dieu lui-même que j’adore : c’est Lui-même que j’aime, c’est à Lui que je me consacre et me dévoue. c’est dans Jésus-Christ que je dois chercher mon Dieu, c’est dans Lui que je dois l’aimer. Je suis en Mon Père, a-t-il dit Lui-même, et Mon Père est en Moi. Je suis aussi dans ceux que j’ai rachetés par l’impression de mon esprit, et ils sont en moi par la communication de mes mérites. Ô mon âme, quels avantages te procure la Croix de ton sauveur ! Aime Jésus crucifié et tu aimeras ton Créateur : aime le Fils qui t’a rachetée, et selon sa promesse tu seras aimée du Père qui t’a donné l’être.

III. Le Christianisme ne consiste, pas précisément à adorer un seul Dieu. Les Juifs l’adorent ; les Disciples de Mahomet l’adorent, et ils ne sont pas chrétiens. Il consiste à connaître et à adorer l’Homme-Dieu. La vie éternelle, dit Jésus-Christ à son Père, est de Vous connaître, Vous qui êtes le seul vrai Dieu, et Votre Fils unique Jésus-Christ que Vous avez envoyé. Or, de même que plus un homme est raisonnable, plus il est homme ; ainsi plus on aime Jésus-Christ, plus on est chrétien. Et comment peut-on l’aimer plus tendrement, qu’en le considérant attaché à la Croix pour notre salut ? De quoi se glorifiait le plus l’Apôtre Saint Paul ? C’est de ne savoir autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié.

IV. Il ne suffit pas de connaître Jésus-Christ pour en obtenir la vie éternelle : les démons, les réprouvés le connaîtront éternellement, et n’en serons pas moins éternellement malheureux. Il ne suffit pas de l’aimer en paroles ; il faut l’aimer d’un amour qui nous rende semblables à Lui, qui nous transforme en Lui, qui imprime sur nos corps et ans nos âmes les sacrés caractères de Sa Croix. Il faut l’aimer comme les Apôtres qui étaient comblés de joie, lorsqu’ils avaient à souffrir pour la gloire de Son Nom, qui ne connaissaient de gloire que dans la part qu’ils avaient aux humiliations de Sa Croix. Il faut l’aimer comme Saint Paul, qui ne se glorifiait que du titre de serviteur de Jésus-Christ, et qui ne consolait de ses chaînes en se regardant comme son esclave.

V. L’Amour de Jésus-Christ est un moyen facile de devenir Saint en peu de temps. Il nous rend semblables à Lui. Par une vertu propre à l’amour il nous transforme en lui ; et la sainteté, comme la prédestination consiste à ressembler à Jésus-Christ. Aimons Jésus-Christ, et bientôt nous serons chastes, patients, charitables : car nos coeurs unis au Sien seront la source de toute sainteté. Ne demandons à Dieu que l’amour de Son Fils car avec Son Fils, dit Saint Paul, Il nous donnera infailliblement toutes choses. Que tout notre richesse soit notre crucifix ; durant la vie, pour en recevoir continuellement les influences du Précieux Sang et de l’amour de Jésus-Christ ; à la mort, pour exciter notre confiance, animer notre Foi, et nous faire remettre notre âme entre les mains de notre Sauveur.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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