25 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Vingt-sixième jour

La participation des mérites de Jésus-Christ n’est pas la même pour tous les Chrétiens

 

I. Dans l’ordre de la grâce, comme dans celui de la nature, il y a des pauvres et des riches, il y a des misérables et des heureux. Il est des âmes tellement unies à Jésus-Christ, si soigneuses de cultiver les grâces qu’elles en reçoivent continuellement, qu’elles sont riches et abondantes en bonnes œuvres. Elle ne vivent pas, c’est Jésus-Christ qui vit en elles. C’est ce que Saint Pierre entendait, lorsqu’il disait que nous avons un homme intérieur qui est riche devant Dieu. Ce sont les richesses de Jésus-Christ même ; ce sont les mérites de Son Sang qu’Il verse dans leur sein. Aussi Saint Paul disait-il que la grâce de Jésus-Christ n’avait pas été vaine en lui, qu’il avait fait fructifier la précieuse semence de son sang. Ah ! Que nous serions riches, si, dans tout ce que nous faisons, nous n’étions animés que de l’esprit de Jésus-Christ !

II. Au contraire il y a des âmes pauvres, dénuées de tout bien, sans mérites, sans bonnes œuvres, des âmes dont l’indolence laisse enfouir les précieux talents de Jésus-Christ ; des âmes qui perdent dans la dissipation ou la débauche le fruit de tous ses mérites ; des âmes qui étouffent les inspirations ou dans les folies de la vanité ou dans l’embarras des affaires mondaines. Ces âmes sont comme la lie du peuple dans le royaume de Jésus-Christ ; elle sont le rebus et l’opprobre du royaume de Jésus-Christ, en horreur à Dieu et à ses anges, d’autant plus malheureuses que ne l’étant que par leur faute et leur négligence, elles excitent plus d’indignation que de compassion.

III. Les grands embarras qui distraient le plus du service de Dieu, les désordres corrupteurs et les plus grands péchés se trouvent plus ordinairement dans les conditions élevées et parmi les richesses que dans la médiocrité. Aussi, qui sont ceux qui sont pauvres et misérables aux yeux de Dieu ? Ce sont ordinairement les grands du monde, les riches du monde ; et ceux que Jésus-Christ enrichir de sa grâce, sont ordinairement ceux qui vivent dans une condition pauvre ou du moins médiocre et qui ne sont d’aucune considération aux yeux du monde. Le Sauveur du monde a dit qu’Il n’est venu que pour prêcher aux pauvres au moins de coeur et d’esprit. Ah ! Quelle révolution ne verrions-nous pas, si dans cette vie Dieu nous rendait justice à chacun ? Ce que le monde admire nous le verrions dans l’opprobre, et dans la gloire ce qu’il méprise. Dieu permet ce désordre apparent pour la sanctification de ses élus. Un jour viendra que les mondains seront couverts de honte, et les pauvres de Jésus-Christ, les vrais enfants de Dieu, dans la gloire qu’ils méritent.

IV. Malheur à ceux qui se laissent conduire par un autre esprit que celui de Jésus-Christ et qui mettent leur confiance en tout autre chose que dans ses mérites et la vertu de Sa Croix ! Ils sont riches des biens extérieurs qui ne peuvent contribuer à leur bonheur, et leur âme dénuée des véritables biens. Les hommes applaudissent, et Dieu les regarde avec indignation comme les dissipateurs des mérites de Son Fils, comme les désolateurs de Sa Vigne, comme les ennemis de Sa Croix. En se livrant à l’esclavage de leurs passions honteuses, ils foulent aux pieds le Sang précieux que le Sauveur a répandu pour laver leurs iniquités ; et ce qui, dans les desseins de Sa Miséricorde divine, devait assurer leur salut éternel, tourne à leur éternelle réprobation.

V. Comme les infirmités sont la suite ordinaire de la pauvreté et de l’indigence, qui verrait le fond de l’âme des mondains, ennemis de la Croix que Jésus-Christ, n’y découvrirait que plaies et ulcères, que maux invétérés, un esprit abruti, remplis de préjugés, ne faisant aucun cas de ce qui frappe les sens, et regardant comme une folie la Croix de Jésus-Christ, le service de Dieu, et le soin du salut éternel. Oh ! Que le Sage a eu raison de dire que le service de Dieu est en horreur aux impies : c’est un service d’humilité, et ils sont pétris d’orgueil ; c’est un service de mortification, et ils sont esclaves des cupidités les plus honteuses ; c’est un service de foi et de prières, et ils passent leurs jours dans la dissipation et les folles joies du monde.

VI. Cependant le Sang du Sauveur coule encore, et sollicite Miséricorde en faveur des plus grands pécheurs : qu’ils se convertissent, qu’ils fassent pénitence, et ils vivront. Les mérites de ce Sang précieux se communiquent à nous à proportion que nous avons de la Foi et de l’humilité ; comme il enrichit de plus en plus ceux qu’il a sanctifiés, il délivre de l’esclavage les plus grands pécheurs qui retournent sincèrement à Dieu ; il les purifie de toutes leurs iniquités il les sanctifie et leur assure le droit d’entrer en participation de l’héritage des enfants de Dieu. Que les pécheurs recourent donc aux plaies de Jésus-Christ, et que ceux qui ont le bonheur d’y trouver le salut, s’y attachent de plus en plus pour en être de plus en plus sanctifiés.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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