15 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Seizième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Vierge très prudente

 

Les vertus se manifestent par leurs actes. La prudence qui est une vertu, ne peut donc briller qu’en se produisant au dehors. Connaître les choses de la Terre et les choses du ciel, les unes pour les mépriser, les autres pour les aimer, c'est le premier acte de la prudence. La Sainte Vierge écarta de ses regards et de ses affections la gloire temporelle, les faveurs et les caresses de la fortune. Elle qui avait reçu des mages de grandes sommes d'or, n'eut pas, au jour de la Purification, de quoi acheter un agneau. Les présents des rois étaient allés aux mains des pauvres.

La Sainte Vierge fut très prudente par la connaissance des choses divines et humaines. Elle eut l'intelligence la plus parfaite de nos Saints Livres, sachant mieux la Bible que ne la connaissaient les prophètes. C'est avec raison que les écrivains sacrés l'appellent l'armoire des Ecritures, le sceau de l’un et de l'autre Testament. Marie conservait et repassait dans son coeur, avec les paroles de son divin Fils, tout ce qui avait été dit et fait avant comme après l'Incarnation ; bien plus, elle le comparait avec les antiques prophéties et pénétrait leur admirable correspondance, leur intime liaison. Aussi pouvait-elle répéter avec l’Épouse du Cantique des Cantiques : « Toutes sortes de fruits, les nouveaux et les anciens, je Vous les ai gardés, ô mon bien-aimé ».

Marie connaissait également les pensées de son Fils. Aux noces de Cana, à peine le Christ lui a-t-Il répondu : « Qu'y a-t-il de commun entre vous et Moi ? » Qu’elle-même se tournant vers les serviteurs leur dit : « Faites ce qu’Il vous ordonnera ».

Mais, comment la Sainte Vierge a-t-elle mérité de posséder une si heureuse connaissance ? « Parce que, répond saint Anselme, Marie avait porté le Christ dans son sein et que le Christ est la vertu et la sagesse de Dieu ».

En outre, la prudence est la science du juste et de l’injuste ; savoir ce qu’il faut faire et examiner, comment il faut le faire, voilà son principal office. « La discrétion, dit saint Bernard, est le modérateur et le guide des vertus ; elle règle notre affection et forme nos mœurs : supprimez-la et la vertu sera un défaut ».

Prions la Mère du Bon Conseil de nous donner la connaissance des choses spirituelles et salutaires, de nous apprendre non seulement la science, mais encore la charité : la science toute seule est folie, la science avec l'amour est prudence. Son meilleur disciple est celui qui s'efforce d'imiter ses vertus ; accourons à l'odeur des parfums incomparables qui s'en échappent, et ces parfums calmeront nos douleurs, guériront nos blessures et nous conduiront à la vie éternelle.

 

Exemple

 

Une jeune fille, élevée par les Soeurs de Saint-Vincent de Paul, avait été promise en mariage, par ses parents, à un jeune homme qu'ils désiraient vivement lui voir épouser, et que d'ailleurs elle aimait elle-même, le connaissant depuis sa tendre enfance. Dès qu'elle eut l'âge voulu, la jeune fille quitta l'établissement des soeurs pour se placer comme femme de chambre et ramasser aussi un peu d'argent avant d'entrer en ménage. Elle vit alors de plus près son fiancé et constata que le jeune homme était impie et libertin, et qu'ainsi la misère, allait devenir sa part. Néanmoins la force d'une affection d'enfance l'emportant sur tout, la pauvre jeune fille restait bien résolue à se marier. On était sur le point d'acheter la toilette des noces qui devaient avoir lieu très prochainement, quand elle fut inspirée d’aller prier aux pieds de la Madone du Bon Conseil exposée dans la chapelle de ses anciennes maîtresses. Notre jeune fille, après avoir prié avec ferveur devant la sainte Image, se relève emportant non seulement le Bon Conseil, mais encore la force de le suivre. « Je ne me marierai pas, dit-elle, c'est fini, je romps ». C'est ainsi qu'elle déclara sa résolution à ses anciennes maîtresses en quittant la chapelle, et elle y tint si bien qu’elle quitta la ville pour que tout fût mieux brisé.

 

Prière

 

Priez pour nous, ô vous qui avez été enrichie de tous les dons célestes, et en particulier de celui du Bon Conseil. Nous sommes aveugles, faites que nos yeux s'ouvrent à la véritable lumière. Nous avons à remplir des obligations multiples, embarrassantes, donnez-nous la main, afin que, dans les difficultés d'ici-bas, nous marchions appuyés sur vous. Oui, soyez notre guide et notre conseillère, ô Vous qui participez si abondamment aux faveurs de la Sagesse éternelle. Soyez, après Dieu, notre Providence, non pas un jour, mais à toute heure. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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