24 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Vingt-cinquième jour

Les rois de France et Notre-Dame du Puy

 

Précédemment nous avons vu comment Charlemagne ouvrit la série des pèlerinages des rois de France à Notre-Dame du Puy. Son fils Louis le Débonnaire, roi d'Aquitaine, vint au Puy, du vivant de son père (795). Et Marie ne dut pas regarder, sans intérêt, ce jeune prince de dix-sept ans, prosterné et recueilli devant ses autels. Il y revint, plus tard, deux autres fois (832 et 833), avec Judith son épouse, pour implorer le secours de la divine Mère dans les afflictions qui troublaient sa vie domestique. Ce prince, ainsi que son fils, l'empereur Charles, s'occupèrent beaucoup des affaires de l'abbaye du Monastier, voisine du Puy. Plusieurs Chartes de cette abbaye en font foi et prouvent qu'ils étaient les protecteurs du plus grand monastère du Velay.

En 877, Charles le Chauve, roi de France et empereur d'Allemagne, s'en vint en pèlerinage au temple angélique, avec l'impératrice Richilde, son épouse. Guy Ier, évêque du Puy, l'accueillit avec la pompe due à son rang, et l'accompagna jusqu'à Lyon.

En 892, le roi Eudes vint à son tour prier Marie au sanctuaire du Mont-Anis. C'était à l'époque des invasions normandes pendant lesquelles la ville du Puy, grâce à son pèlerinage, joua un rôle extrêmement glorieux et important ; ce pèlerinage, connu alors de la France entière, décida le roi Eudes à choisir le Puy-Sainte-Marie pour y organiser la défense nationale. Mais homme de foi profonde, comme le prouve le cadeau qu'il fit à Brioude au tombeau de saint Julien, il dut implorer bien des fois au Puy la céleste patronne du Velay. Pouvait-il, en effet, oublier aux pieds de notre montagne d'Anis, la protection toute puissante de Celle qu'avaient invoquée, avant lui, dans le même lieu, Charlemagne, Louis le Débonnaire et Charles le Chauve.

En 1029, la dévotion amena également le roi Robert aux pieds de Notre-Dame du Puy.

En 1146, Louis VII, dit le Jeune, ayant pris la croix à la persuasion de saint Bernard, ne voulut pas se mettre en route sans avoir accompli le voeu qu'il avait fait à la très sainte Vierge de venir dans son sanctuaire du Mont-Anis, mettre sous sa puissante protection le succès de son entreprise. Cet acte de piété de Louis VII fut imité par son fils Philippe-Auguste, qui, lui aussi, avant d'entreprendre le voyage d'Outre-Mer, s'en vint, comme son père, implorer le secours de Notre-Dame du Puy (1188).

On sait, par le récit que nous en avons fait dans un chapitre précédent, comment saint Louis, en 1254, apporta d'Egypte au Puy, la miraculeuse statue de la Vierge noire. Le saint roi resta trois jours dans la cité de Notre-Dame. Il était accompagné de sa vertueuse épouse, Marguerite de Provence. Et tandis que le pieux monarque dotait l'Eglise angélique de la statue miraculeuse de Marie, la reine détachait le diadème orné de pierres précieuses qui parait son front, et le déposait sur l'autel de Notre-Dame, en signe d'hommage et de dépendance. Ce pèlerinage était le second fait par saint Louis au sanctuaire du Mont-Anis, où il était déjà venu une première fois en 1245.

Philippe III et Philippe IV imitèrent le saint roi. Le premier (1283) vint acquitter le vœu qu'il avait fait sur les plages d'Afrique, d'aller en pèlerinage à Notre-Dame du Puy, si le ciel le rendait à sa patrie et à son peuple. En témoignage de reconnaissance, il offrit à la sainte Vierge une croix d'or, enrichie d'une parcelle de la vraie croix et d'une partie de l'éponge imbibée de fiel et de vinaigre qui fut présentée au Sauveur par ses bourreaux. Quant à Philippe IV, dit le Bel (1285), il fit présent à Notre-Dame d'un magnifique calice d'or.

En 1394, le roi Charles VI visita également la sainte Basilique. On sait dans quel état de démence une frayeur subite avait jeté ce pauvre roi. Désireux de trouver un remède aux accès de frénésie auxquels il était souvent sujet, il s'en vint à Notre-Dame du Puy, accompagné des ducs de Berry et de Bourgogne, ses oncles. Il assista, le soir même, à Complies, qui furent célébrées avec grande pompe, tant à cause de sa présence, qu'à raison de la fête de l'Annonciation, dont la solennité tombait le lendemain. Il fit, ce jour-là, ses dévotions dans l'église de la très sainte Vierge, et, selon le privilège que l'on croit divinement accordé aux rois de France, il toucha, pour les guérir, les pauvres malades atteints des écrouelles. À son départ, la ville lui fit présent d'une statue d'or de Notre-Dame de la valeur de 550 livres. Deux autres statues, plus petites, furent offertes aux ducs de Bourgogne et de Berry. Charles VI, en récompense de ce riche présent, exempta les habitants de tailles pendant trois ans. Il autorisa aussi les six consuls de la ville à remplacer le drap bleu de leur robe par une étoffe écarlate.

Nous ne dirons rien de Charles VII, à qui nous avons consacré un chapitre spécial. Nous rappellerons seulement, en passant, que ce roi de France vint jusqu'à cinq fois en pèlerinage à l’église angélique à qui il fit don de deux étendards conquis sur les Anglais.

Voici venir, maintenant, le roi Louis XI qui accomplit trois fois le pèlerinage du Mont-Anis. La première lois, c'était en 1434, il était tout jeune alors, et accompagnait son père. Il revint en 1475 et 1476. Il inclinait alors rapidement vers la tombe, [et on sait en quelles étranges frayeurs le jetait la vue ou même la pensée de la mort. Aussi voulut-il venir à Notre-Dame du Puy en véritable pèlerin. Il arriva le 7 mai 1475 à Fix, petit bourg éloigné de la ville d'environ trois lieues et demie.

Malgré la longueur du chemin qu'il avait à parcourir, il voulut, le lendemain, faire le reste de la route à pied, et toutes les observations de ses courtisans ne purent changer ses résolutions à cet égard. Les rues de Pannessac et de Raphaël, par lesquelles il fit son entrée en ville, ne laissaient pas que d'être magnifiquement ornées et décorées. Parvenu sous le portique de Saint-Jean, il trouva le doyen qui le revêtit d'un surplis et d'une chape comme les portaient les chanoines. Le prince s'avança en ce costume vers la Basilique. Mais, sous le porche, il demanda dispense du vœu qu'il avait fait de ne paraître dans l'Eglise que nupieds. Et comme il était fort las, il se contenta, ce jour-là, de faire une courte prière à l'autel de la Sainte-Vierge, sur lequel il laissa, en se retirant, une bourse de 300 écus d'or. Le lendemain, qui était un samedi, il entendit trois messes, et offrit, à chacune d'elles, 30 écus d'or. Il en fit autant les deux jours suivants. Le lundi soir, jour de son départ, il remit, en s'éloignant, entre les mains du sacristain, un vase de cristal, richement orné de pierreries, avec ordre d'y faire graver son nom. Ce vase devait servir pour donner la communion aux fidèles, les jours de grandes solennités. En même temps, il fit rembourser au Chapitre une somme considérable qu'il lui avait empruntée dans les disgrâces de sa jeunesse, confirma tous ses privilèges, ainsi que ceux de l'Université de Saint-Mayol, et laissa 30 pièces d'or pour l'église de Saint-Michel et 15 pour l'Hôpital. Enfin, il n'y eut ni couvent, ni famille pauvre qui n'eut sa large part des largesses royales. De retour à Paris, il envoya 1,200 écus en argent et 100 marcs en lingots d'or, pour qu'on fabriquât une niche plus belle à la statue de la sainte Vierge, ce que fit immédiatement François Guibert, maître-orfèvre du Puy. Le Chapitre ne manqua pas de remercier publiquement Louis XI. À cet effet, il lui députa un de ses membres, l'abbé de Saint-Vosy, qu'il chargea d'offrir au roi une petite Notre-Dame d'or. Le roi l'accepta avec un pieux empressement, la baisa plusieurs fois, et la fit attacher à son chapeau, témoignant le désir d'en avoir une seconde pour la reine. Cependant la santé de Louis XI dépérissait chaque jour. Néanmoins, malgré son excessive faiblesse, sa dévotion le ramena au Puy le 28 juin 1476, et cette fois il y fit une neuvaine entière qu'il accompagna encore de nombreuses et abondantes largesses. Enfin, avant de quitter la ville, il l'exempta de tout impôt pendant dix ans.

En 1470, le roi René d'Anjou vint visiter, en pèlerin, le sanctuaire de Notre-Dame du Puy. Il avait pour escorte, dit Médicis « un certain nombre de Maures, habillés de moult étrange façon et qui faisaient moult beau voir ».

En 1495, Charles VIII, revenant de l'expédition qu'il avait faite en Italie pour se rendre maître du royaume de Naples, se transporta, au mois d'octobre, de Lyon à Notre-Dame du Puy, afin de remercier la sainte Vierge des dangers auxquels il avait échappé par sa puissante protection.

Chacun sait comment François Ier fut battu et fait prisonnier par les Espagnols à la malheureuse bataille de Pavie. Du fond de sa prison où le chagrin l'avait rendu gravement malade, ce roi de France, se voyant en danger de mort, se souvint de Notre-Dame du Puy qui avait toujours été si favorable à ses aïeux, et lui promit, s'il guérissait, de se rendre en pèlerinage au sanctuaire du Mont-Anis. Rendu à la liberté en 1526, il fut sept ans sans pouvoir acquitter son vœu. Enfin, au commencement de l'été de 1533, se voyant heureusement relevé de ses revers, il se mit en route vers l'Eglise angélique, où il clôtura brillamment la série des Pèlerinages des rois de France à Notre-Dame du Puy.

Depuis lors, aucun des successeurs de François Ier n'a gravi le Mont-Anis.

En vérité, nul autre sanctuaire, en France, n'a vu passer sous ses voûtes une pareille suite de rois ; et, en évoquant aujourd'hui ce défilé si glorieux pour l'Eglise angélique, on peut bien dire, sans exagération, que le pèlerinage de Notre-Dame du Puy est un pèlerinage national et royal !

 

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Prière

 

Ô Marie, souvenez-vous que la France vous fut consacrée, en partie, par les] Druides, avant même votre venue sur la terre, et intégralement depuis par les rois qui ont régné sur elle. Vous êtes donc la puissante patronne de notre patrie. L'histoire nous apprend et des faits indubitables nous montrent que vous lui avez souvent donné des marques visibles de votre efficace protection, que vous l'avez préservée de dangers imminents et terribles et que vous l'avez même sauvée du naufrage, Voilà pourquoi tant de rois de France sont venus vous prier sur votre montagne et dans votre sanctuaire du Mont-Anis. Ô Marie, souvenez-vous de l'antique consécration qui vous fut faite de notre belle patrie, et de l'ancienne protection dont vous n'avez jamais cessé de l'entourer. La France, il est vrai, a pu oublier ses devoirs envers vous. Elle a, dans un siècle d'aveuglement, chassé le Christ, votre Fils, de ses institutions et de ses lois ; elle a péché, mais au milieu de ses égarements, elle a rencontré l'humiliation et la douleur, son orgueil est brisé ! Du fond de sa misère, comme l'enfant prodigue, elle se redresse aujourd'hui, dans un noble élan de repentir et de confiance. Toute meurtrie par sa chute, elle crie vers vous et fait appel à votre secours. Ô Marie, mère de miséricorde, ne méprisez pas la douleur de vos enfants ; ne dédaignez pas cet immense cri de détresse et d'amour qui s'élève, pendant ce mois, de tous les coeurs et de tous les sanctuaires français. Ayez pitié de nous, ayez pitié de notre patrie !

 

Dirigez ses gouvernants, éclairez ses législateurs, convertissez son peuple, fortifiez sa foi, purifiez ses mœurs, sauvez-là enfin, en lui rendant sa glorieuse mission de fille aînée de l'Eglise et de soldat du Christ !

 

Notre-Dame du Puy, priez pour la France. Ainsi soit-il.

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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