Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Onzième jour

 

Lecture


Nous sommes au 13 juillet. Notre Dame est apparue deux fois aux voyants de Fatima. La nouvelle s’en est répandue au loin, à des lieues à la ronde, et il vient beaucoup de visiteurs à la Cova d'Iria, les uns par curiosité, les autres mus par un sentiment de piété, Plusieurs apportent des ex-votos, en témoignage de gratitude pour les grâces obtenues et les suspendent aux branches des arbustes du lieu des Apparitions, D’autres pèlerins ont construit un oratoire rustique avec des nattes de paille, afin de mettre à l'abri les objets apportés. La dévotion à Notre Dame se développait de jour en pour, mais ce jour-là, 13 juillet, la foule des pèlerins était énorme. Les gens venaient surtout du dehors, car ceux du pays étaient paralysés par le respect humain.

C'était pendant cette époque troublée de la Révolution portugaise qui bouleversa le régime politique du pays.

Les sociétés secrètes avaient travaillé les esprits et semé l’incrédulité. Dans cette atmosphère d’agnosticisme et de laïcisme, disparaissait le respect pour les personnes religieuses et pour toutes les choses saintes. Les pères des petits voyants étaient ridiculisés et déconsidérés. On attaquait l’Église, on la persécutait moralement par de diaboliques intrigues. Le martyre qu’on lui infligeait sans être sanglant n’en était pas moins réel. Les autorités du pays furent considérées comme responsables des prétendues « manœuvres cléricales ». C’était une absurdité, du moment que le curé de l’endroit n’ajoutait pas foi aux Apparitions, et était résolument opposé à toute manifestation à Fatima.

Cependant, sous couleur de rendre service à la bonne cause, les autorités locales firent arrêter par la police Lucie, François et Jacinthe, le matin du 13 août, qui était annoncé pour la quatrième entrevue de Notre Dame, et conduire au Palais de l'Administration du Conseil de Vila Nova de Ourem. Par d’habiles questions et d’alléchantes promesses, les chefs tentèrent d’arracher aux enfants quelques paroles, afin de les faire tomber en contradiction les uns avec les autres. Ce fut peine perdue. Alors, ils employèrent la menace pour terroriser les petits et les obliger à avouer qu'ils avaient inventé l’histoire des Apparitions. Finalement, ils déclarèrent qu’ils voulaient bien s’en tenir là, mais à la condition que les enfants leur disent au moins une parole du soi-disant « Secret ». Mais rien ne put ébranler la courageuse résolution de ces petits enfants de huit, neuf et dix ans. Ils demeurèrent hermétiquement silencieux.

Jugeant inutile de prolonger leur détention, au bout de deux jours, l’Administrateur relâcha les trois petits prisonniers, et fit venir leurs familles. Notre Dame ne put se manifester aux enfants le 13 août, puisqu'il leur était matériellement impossible d’être présents au rendez-vous.

L’Apparition eu lieu, six jours après, à Valinhos, autre bosquet d’yeuses, près d’Aljustrel, où les enfants gardaient, ce jour-là, les troupeaux de brebis.

Les autorités locales venaient de donner un fâcheux exemple, et l'exemple est contagieux, surtout quand il part de haut. C’est pourquoi quelques esprits forts de Santarem pensèrent que tout leur était désormais permis. Quelques jours après l'arrestation des petits voyants, conduits par un déséquilibré, ils s’emparèrent de tous les objets dont la piété populaire avait orné le modeste oratoire, et les portèrent, dans une parodie de procession, à travers les rues de la ville. La police ferma les yeux car elle savait que cette manifestation comblait d’aise les dirigeants politiques, pour qui les apparitions étaient des « mystifications perpétrées sous le manteau de la religion ». Dans le même temps, la presse anti-religieuse faisait campagne contre « l’affaire de Fatima, manœuvre de la réaction qu’il fallait étouffer dans l’œuf, pour ne pas voir ressusciter le gouvernement des cléricaux ». Le leitmotive de tous les journaux anti-religieux se terminait ainsi comme un « delenda » de Caton l'Ancien : « Il faut qu’on interdise toutes ces manifestations de Fatima, sans quoi nous ne répondons pas des désordres inévitables, et peut-être sanglants, qui en seront la conséquence. Les catholiques ont leurs églises. Point n’est besoin de la Cova d’Iria pour aller à la messe ». Ils terminaient ainsi : « Nous le rappelons, pour la sauvegarde de la paix publique ».

Aurait-on jamais pensé qu’un endroit, où des pacifiques chrétiens se réunissaient pour réciter le chapelet, qui n’était point un lieu public, mais un champ désert, pourrait tout d’un coup devenir un lieu tellement dangereux que la paix publique menaçait d’être compromise ?

C’est ce que prophétisaient ces augures à courte vue. Nous verrons comment la Reine du Ciel en décidera bien autrement.


Réflexions


Les persécutions sont dans l’ordre des choses de la Mystique chrétienne. Les grandes causes portent toujours l’empreinte douloureuse du sacrifice. C’est d’ailleurs leur marque la plus authentique. « Le disciple n'est pas au-dessus du Maître » (Luc 6, 40.) Le Maître a été persécuté, torturé et pendu au gibet d’infamie. Ses disciples ne seront pas épargnés.

Lorsque l'Enfant-Jésus fut porté au Temple, le vieillard Siméon le reçut entre ses bras et, après avoir chanté son « Nunc dimittis », le remettant à Marie, il lui dit : « Cet Enfant sera un signe de contradiction, et un glaive transpercera votre âme » (Luc 2, 34). C’est pourquoi Jésus et tout ce qui touche à Jésus ne cessera jamais d’être en butte à la contradiction.

Sans doute, il a eu des amis fidèles, à commencer par ses apôtres et ses disciples. Il a joui de l'amitié de ses intimes, à Béthanie. Il a vu accourir à Lui les âmes avides de l’entendre, les enfants au cœur pur. Mais il a eu des ennemis irréductibles. Leur haine fut cause de sa mort. Il ressuscite et monte au Ciel. Jésus, « signe de contradiction », aura-t-il cessé de l'être ? Pas encore. « Ce signe est placé si haut, dit le P. Rose, qu’il attire tous les regards. Les hommes qui le voient sont appelés à le juger et à se prononcer à ce sujet ».

Jusqu'à la fin des temps, autour de ce signe, l’humanité sera divisée en deux camps : celui des amis et celui des ennemis.

1° Les amis de Jésus, aujourd’hui, comme jadis, ce sont les petits enfants qu’Il appelle. Quelquefois, son regard se pose sur un jeune homme : « Viens, sois mon prêtre ! sois mon apôtre ! » Tantôt, il appelle une jeune fille : « Viens, sois mon épouse mystique ! » Il y a ces chrétiens et ces chrétiennes de nos paroisses qui, par amour pour Lui, sont fidèles à accomplir leur devoir d'état, soumis filialement à sa sainte volonté, se retrempant dans la prière, l’assistance à la Sainte Messe, la pratique de la confession et de la communion fréquente.

2° Les ennemis de Jésus, comme autrefois, se dressent toujours contre lui. Il y a les indifférents dont tous les prétextes sont plausibles, à leur gré, pour refuser l'invitation au festin eucharistique.

Il y a les trembleurs qui ont peur d’être mal jugés ou molestés s’ils se déclarent pour le Christ, en allant à la messe et à confesse, en choisissant, pour leurs enfants, des maîtres chrétiens, Comme Pilate, ils ont peur de n’être pas « les amis de César » (Jean 19, 12). Aussi, pour eux, hélas ! se réalisera la menace de Jésus : « Celui qui n'aura renié devant les hommes, je le renierai devant mon Père ». (Mat., 10, 33).

Il y a les jouisseurs sensuels qui, tel Hérode, se moquent de Jésus en jetant sur ses épaules le manteau blanc des fous, tournent en dérision la Religion et ses ministres, pour se venger des condamnations que leur inflige la Morale chrétienne.

Il y a enfin les haineux, qui, tel Caïphe, voudraient, s'ils le pouvaient, détruire l’Église. Comme les démons « qui croient et grincent des dents » (Jac., 2, 19), ils se les briseront contre le roc infrangible de l’Église.

Prions Notre Dame du Rosaire, qu’elle entende les supplications de millions d’âmes, afin que sa venue, sur ce coin béni de Fatima, devienne pour le plus grand nombre un signe de salut éternel.

 

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(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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