Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Douzième jour

 

Lecture


La renommée de Fatima augmentait de jour en jour et s’étendait aux contrées les plus lointaines. Ainsi, la presse anti-cléricale contribua, à sa manière, à faire une réclame bien involontaire aux Apparitions. La prison des trois enfants eut un écho retentissant. Les catholiques trouvaient étrange l’usage de cette liberté à sens unique. D’un autre côté, les ignorants (et même - disait-on - les incrédules que le sectarisme n’aveuglait pas) trouvaient ces procédés, vis-à-vis des enfants, quelque peu excessifs et de nature à compromettre leur cause.

Tout ce bruit considérable, autour de Fatima, attira une foule énorme à la Cova d’Iria, le 13 septembre, composée de pèlerins et de curieux pacifiques. Les craintes, manifestées par la presse de l’opposition, d’un conflit possible étaient inconsistantes et sans fondement.

La multitude qui s’écrasait à la Cova d’Iria était bigarrée au possible. C’étaient des campagnards venus du fond de toutes les provinces, avec des costumes d’une étonnante variété et des physionomies pittoresques, mais une même âme vibrait sous tant d'appareils divers : l’âme chrétienne généreuse et loyale du Portugal. Toute cette multitude se tenait agenouillée auprès du bouquet d’yeuses où s'étaient agenouillés aussi les petits voyants. Elle venait communier, dans la prière, avec la Vision céleste dont les trois heureux enfants jouissaient. La Vierge se montrait à eux dans ce même lieu, au-dessus du bouquet d’arbustes. Lucie, François, Jacinthe l’entendaient et la voyaient.

Le peuple n’avait pas ce bonheur, mais il sentait la présence de Notre Dame. Elle était là... tout près, quoique invisible…

Lucie, de sa voix menue, mais claire, récitait à ce moment le Rosaire. Toute l’assemblée, d’une même voix, lui répondait. Que de bras se tendaient vers le ciel, tenant le chapelet que les doigts égrenaient ! Que de douces larmes coulaient le long des joues ! Que de supplications montaient ardentes vers Notre Dame ! Chacun lui confiait ses peines, ses préoccupations, ses besoins.

« Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous », disait Lucie avec assurance… Et tout le peuple répondait avec ferveur : « Sainte Marie…, priez pour nous... pour les parents, pour les enfants, pour les pécheurs. maintenant, mais surtout à l'heure de la mort, qui décide de toute l’éternité ».

À la fin de chaque dizaine, c'était la prière de glorification de la Trinité sainte : « Gloire au Père qui nous a créés, au Fils qui nous a rachetés, au Saint-Esprit qui nous a sanctifiés ».

Ensuite, après l’énoncé de chaque mystère du Rosaire, c'était le « Notre Père » que la petite bergère détaillait avec tout son cœur, l’incomparable prière que Jésus enseigna lui-même, mot par mot, aux Apôtres. Ils lui avaient dit, un jour : « Vous nous parlez toujours de prière, mais enseignez-nous à prier. - Quand vous prierez, vous direz : Notre Père qui êtes aux cieux... » (et le reste).

Lucie, après avoir commencé le « Notre Père », s’interrompit dans une sorte d’extase, saisie d'émotion par l'intensité de la Vision.

À ce moment, les fidèles qui avaient emporté des gerbes de fleurs, en un geste touchant de piété filiale, se mettent à les jeter vers le bouquet d’yeuses, à l'adresse de la Vierge dont ils devinent la présence. Cet envol de pétales était comme le symbole de milliers de cœurs qui se donnaient à Marie. La multitude n’avait pu contenir davantage son enthousiasme.

« Bénie soit la Mère de Dieu ! » lança une voix avec émotion. Toute la foule répéta le même cri. « Bénie soit la Vierge Marie ! » reprit la voix. De nouveau, la foule répéta la même acclamation. Et la litanie se continua, avec l'impulsion d’une vivante foi, s’amplifiant à mesure, tel le flot de l’océan, suivi d’un autre flot, qui le suit, le chevauche, le dépasse et vient déferler sur le rivage, couronné de blanche écume.

La manifestation, spontanée et puissante de la foule, se calma peu à peu, lorsque les enfants, après la fin de la vision, se levèrent pour rentrer à la maison. L’impulsion venait d’être donnée, puissante, irrésistible.

Notre Dame n’aura qu’à accentuer son désir pour que Fatima devienne un centre de prière intense, de méditation et de piété. Le terrain d’action est déjà préparé. Quatre mois à peine sont passés, depuis la première apparition. Déjà, le désir de Notre Dame est devenu une réalité. Elle ne fera que se développer d’année en année.

 

Réflexions

 

Le premier mouvement de la foule qui accompagna la venue des petits voyants à la Cova d’Iria fut de tomber à genoux auprès de l’endroit de l’Apparition et de prier. L'homme est naturellement religieux et, quand bien même il ne serait pas chrétien, il sent qu’il est petit et faible et qu'il doit s'appuyer sur le secours de la Divinité.

Il faut prier. - Adorer Dieu est une nécessité de l'âme, pour reconnaître son souverain domaine sur nous et notre entière dépendance à son égard.

L'homme doit rendre grâce à Dieu comme au suprême bienfaiteur, à qui l’humanité est redevable de tous les biens qu’elle a reçus. « Remercions le Tout-Puissant de ses dons inénarrables » (Cor, 9, 15).

Dans la prière, l’homme remplit le triple devoir de la réparation, en reconnaissant ses fautes, en gémissant sur ses faiblesses, et en acceptant généreusement les épreuves de la vie. La prière est en quelque sorte la respiration de l’âme. Par analogie avec le mécanisme de la respiration du corps, dans la prière, l’âme aspire l’air vivifiant de la grâce, et elle rejette tout ce qui serait de nature à l’asphyxier moralement : le péché et les défauts qui sont sources de péchés. Et comme nous avons besoin de Lui, allons Lui demander ce dont nous avons besoin. Prière intéressée sans doute, mais le Seigneur consent à l’accueillir si nous savons la Lui adresser avec humilité et confiance.

Il faut prier sans cesse, de la même façon que notre corps respire, constamment, sans arrêt, sinon ce serait la mort. Le Maître divin l’a dit : « Il faut toujours prier et ne jamais se lasser ». (Luc 18, 1).

a) D'abord, assurons l'essentiel de la piété, faisant cadrer nos devoirs religieux avec nos devoirs d'état. En regard de quelques minutes par jour accordées à l'âme, nous accordons des heures aux soins du corps périssable.

b) Offrons à Dieu, tous les matins, notre travail, nos souffrances avec tout notre cœur, et cette journée de travail et de souffrance sera une prière continuelle et un acte d'amour non interrompu, « avec les mêmes sentiments dont Jésus-Christ a été rempli ». (Phil., 2, 5).

Conditions d’une bonne prière. - Saint Augustin répond à l’objection de ceux qui se découragent et abandonnent la prière parce que, disent-ils, Dieu fait la sourde oreille à leurs demandes. Ce n’est pas la puissance de Dieu, ni sa bonté qu'il faut accuser, mais plutôt les mauvaises dispositions de l’homme. Nous ne sommes pas exaucés, dit Saint Augustin, pour les raisons suivantes :

1° Parce que nous demandons des choses mauvaises, non pas en elles-mêmes, mais par rapport à nous qui les demandons, ou à ceux pour qui nous les demandons. Demandons ces biens à Dieu, à condition de nous soumettre par avance « à sa sainte Volonté, qui doit être faite en toutes choses ». (Matt., 6, 10).

2° Nous demandons mal, sans attention, de façon routinière, sans humilité ni confiance.

3° Nous sommes mauvais par rapport à Dieu et au prochain ; par rapport à Dieu, quand nous l’invoquons et que nous avons perdu la grâce par le péché. Mauvais par rapport au prochain : n’avons-nous pas manqué bien souvent à la charité fraternelle ? « Si lorsque tu présente ton offrande à l’autel, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis viens présenter ton offrande » (Matt., 5, 23).

Demandons à Notre Dame de Fatima de nous aider à bien prier son Divin Fils, afin que nos supplications, partant d’un cœur sincère, soient bien agréées par le Seigneur, pour sa plus grande gloire et le bien du prochain.

 

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(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer l'exercice)

 

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