Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Vingt-et-unième jour

Lecture


Trois dures épreuves vinrent s’abattre sur le cœur de Lucie et achevèrent de jeter le trouble, parmi les esprits, autour des événements de la Cova d’iria.

L’année qui suivit les Apparitions, le 5 avril 1918, mourait le jeune François Marto d’une broncho-pneumonie, Trois mois plus tard, c’était le tour du père de Lucie, Antonio dos Santos, et, le 20 février 1920, à l’hôpital de Dona Estephania de Lisbonne, la petite Jacinthe Marto mourait des suites d’une pneumonie. Pour certains esprits, ce fut une sorte de scandale.

Ainsi, dans l’espace de quelques mois, mouraient deux des trois voyants de l’Apparition de Notre Dame de Fatima et le père de la troisième, les uns après les autres ! Est-ce que Notre Dame n’aurait pas dû l’empêcher ?

Comment fallait-il interpréter ces catastrophes en série et si rapides ? Deux autres sœurs de François, Florinde et Thérèse, ne tardèrent pas à suivre leur frère dans la tombe, En vingt-sept mois, leur mère, Olympia, avait perdu quatre enfants, Qu'est-ce que tous ces événements pouvaient bien signifier ? Le père Marto, tout résigné à la volonté de Dieu, gardait un profond silence et, tandis que les autres faisaient des interprétations fâcheuses, son esprit de foi lui ouvrait de mystérieuses clartés sur ce qui était arrivé.

La mère Olympia, chaque fois qu’on rappelait quelques-unes de ces tristesses, faisait sur elle-même un signe de croix pour conjurer de nouveaux malheurs. « Voilà le beau travail de nos enfants, à la Cova d'Iria, soupirait-elle, de la malchance et de la ruine ». De son côté, Marie-Rose, voyant disparaître son mari et les deux petits compagnons de sa fille, croyait que viendrait bientôt le tour de Lucie, le sien et celui dOlympe.

Ceux qui ne croyaient pas à la réalité des Apparitions enregistraient avec satisfaction les événements, allant à l’encontre du désir des croyants, Les croyants cherchaient des motifs transcendants et surnaturels pour expliquer ces deuils. Dieu, disaient-ils, est le Maître de la vie et de la mort et ses desseins demeurent impénétrables à la pauvre et bien courte intelligence humaine. Mais les esprits sectaires continuaient à voir partout des manœuvres cléricales. Certains, avec une logique infernale, prétendaient qu'on faisait disparaître les enfants, de peur qu’à force d’être interrogés ils finissent par avouer qu’on leur avait fait représenter à la « Cova d’Iria » une comédie infâme.

Quand l’incroyance, jointe au sectarisme, cherche à donner des raisons pour justifier son attitude, elle interprète les faits naturellement explicables de telle façon qu’elle sombre dans le ridicule !

Lucie éprouvait un immense découragement, en voyant partir pour le ciel ses chers petits compagnons, François et Jacinthe. Avec eux, elle avait vécu des heures si consolantes, elle échangeait tant de douces confidences ! Parmi toutes, il y avait celles du grand secret que leur avait confié l’Apparition. Ensemble, ils avaient vu et entendu Notre Dame, ils en devisaient entre eux dans l'intimité, car personne au monde en dehors d’eux n’en pouvait rien connaître.

Et maintenant, François et Jacinthe étaient partis pour l’Eternité, tous les deux, et elle restait seule à porter le poids de cette confidence de Notre Dame. Elle était finie à tout jamais, cette bonne amitié ! Oh ! qu'elle a été de courte durée ! Quelle tristesse et quelle désolation, de se trouver maintenant toute seule dans cette vallée de larmes !

« Ô Notre Dame de Fatima, s’écriait-elle, alors, dans une ardente prière, prenez-moi tout de suite, et réalisez mon désir d’aller retrouver mes deux compagnons, dans le ciel, près de vous ! » Qui ne comprendrait de tels accents !…

François et Jacinthe avaient terminé leur mission sur la terre, Lucie devait la continuer toute seule. La divine Providence nous mène au but qu’Elle nous a tracé « suavement mais fortement ». (Sg. 8, 1).

À chacun de se laisser conduire docilement par Elle, comme le recommandait saint Vincent qui ne voulait pas « enjamber » sur la Divine Providence, mais toujours la « côtoyer ».

Au ciel, nous saurons tout, nous comprendrons tout ce qui nous paraissait incompréhensible sur la terre. Déjà, au soir de la vie, lorsqu'on embrasse le passé du regard, on se rend compte qu'il a mieux valu que tel événement soit allé, ce jour-là, à l'encontre de nos désirs. Au ciel, nous aurons l'explication de toutes les énigmes, de toutes les incompréhensions et de tous les étonnements d’ici-bas.


Réflexions


Toutes ces épreuves, qui s’abattent sur ces deux familles des petits voyants de Fatima, ne sont qu’une conséquence du péché originel. Le chrétien, loin de se révolter, doit faire bon usage des épreuves, pour la réparation des péchés. Même pardonnés au tribunal de la Pénitence, ils ont contracté une punition temporelle à expier dans cette vie ou dans l’autre. De là, découle la nécessité de la pénitence.

Dans la Bible, c’est le thème habituel des prophètes. « Jéhovah déteste les pécheurs, et il est miséricordieux à l'égard de ceux qui font pénitence » (Eccl., 12, 23). Le prophète Jonas parcourt la ville de Ninive en criant : « Si vous ne faites pénitence, dans quarante jours la ville sera détruite ». Le peuple et le roi revêtent des vêtements grossiers et se couvrent de cendres. Ils jeûnent et Dieu leur pardonne (Jonas, ch. 3). La pénitence les a sauvés.

Dans le Nouveau Testament, saint Jean-Baptiste prêche la pénitence par sa personne, ses vêtements, sa frugalité et ses discours : « Faites pénitence, voici que le royaume de Dieu est proche » (Matt. 3, 32 ; 4, 7). Saint Paul aux Corinthiens a peur d’avoir « à pleurer sur plusieurs pécheurs qui n’auront pas fait pénitence de leurs fautes ». (2 Cor. 12, 21).

Notre Seigneur prêche le renoncement. Jésus a surtout montré l’exemple, en portant la croix, en souffrant et mourant pour expier les péchés du monde. Ses disciples doivent aussi souffrir, et « compléter dans leur chair ce qui manque à la Passion du Christ » (Col. 1, 24).

Les Saints ont été des pénitents volontaires à un degré héroïque. Sainte Catherine Labouré n’a pas été canonisée parce qu’elle a vu la Très Sainte Vierge, mais parce qu’elle a héroïquement pratiqué toutes les vertus et cela suppose beaucoup de sacrifices.

La vie chrétienne réclame aussi la pratique de l'acceptation de la souffrance qui nous vient des épreuves. Cette pénitence nous aide à acquérir la sainteté. Pour aller au ciel, il faut avoir l’âme pure, dégagée de toutes les scories. Pour cela, il faut tuer la nature par la lutte contre soi-même, par la mortification, œuvre de pénitence. Le Maître divin nous conseille les grands moyens : « Si la main est une occasion de chute, ou ton pied, ou ton œil, coupe-le, arrache-le » (Matt. 18, 8). Notre-Seigneur ne dit pas ferme l'œil, garotte ta main... mais « arrache, coupe », car « il vaut mieux être mutilé que d’être jeté, avec tous ses membres, dans le feu éternel » (Ibid.)

La Raison, elle-même, nous montre l'efficacité de la pénitence. C’est un entraînement moral, comme la gymnastique est un fortifiant pour les muscles. Le sport fait réaliser des performances étonnantes. De même, dans l'ordre moral, le chrétien qui s’entraîne journellement à la mortification des yeux, des oreilles, de la sensualité, de l’imagination, en se privant de certaines satisfactions même permises, finit par acquérir une maîtrise incontestable sur la nature.

Notre Dame de Fatima, priez pour nous, pauvres pécheurs, et aidez-nous à supporter chrétiennement les épreuves de la vie.

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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