Le Mois de Saint Dominique

 

Dominicaines

 

Dix-septième jour

Le Monastère des dominicaines

 

Prélude. - Représentons-nous le saint fondateur, prêchant avec force et douceur, aux religieuses qui l'écoutent avec un filial respect et s'empressent de se ranger sous la conduite de l'éloquent directeur que le Pape leur a donné.

 

Réflexions

 

Les Papes Innocent et Honorius avaient toujours nourri la pensée de faire de Saint Sixte un couvent, pour y réunir un certain nombre de religieuses qui vivaient à Rome, dans une trop grande liberté, sans clôture, et quelques-unes même dans la maison de leurs parents. Dominique se décida à abandonner ce premier asile de son Ordre, en l'échangeant contre celui de Sainte Sabine, devenu si célèbre depuis, et il entreprit l'œuvre de réformation dont le Souverain Pontife l'avait chargé.

C'est dans cette négociation longue, difficile, souvent douloureuse, que Dominique manifesta tous les dons que le Saint Esprit lui avait départis. Son indomptable fermeté de caractère, sa patience inaltérable au milieu des plus humiliantes déceptions, son humble fidélité à tous les ordres du Saint Siège, la douceur de son âme, la persuasive autorité de son éloquence, éclatèrent au grand jour, pendant tous les pourparlers qui précédèrent l'entrée des religieuses à Saint Sixte. La plupart refusaient de sacrifier la liberté qu'elles avaient eue jusque là de sortir du cloître et de visiter leurs parents.

Dominique trouva, dans le secours de la Vierge Marie, un auxiliaire puissant pour vaincre toutes ces difficultés. Il y avait à Rome un monastère de religieuses appelé Sainte Marie au-delà du Tibre, à cause de sa position. On y conservait un des portraits de la Sainte Vierge, attribué par la tradition au pinceau de saint Luc. Celle-là était célèbre et vénérée entre toutes, parce que le pape saint Grégoire le Grand avait arrêté le fléau de la peste en la portant en procession dans la ville de Rome. On croyait aussi que le pape Sergius III l'ayant placée dans la basilique de Saint Jean de Latran, elle était revenue d'elle-même à son ancienne demeure. L'abbesse de ce monastère et toutes les religieuses, excepté une, firent profession d'obéissance entre les mains de Dominique, à cette seule condition qu'elles emporteraient avec elles l'image de la Sainte Vierge, et que si l'image quittait Saint Sixte d'elle-même pour retourner à son Eglise primitive, leur vœu d'obéissance serait annulé. Dominique accepta la condition, et le tranquille établissement du tableau de saint Luc, qui ne retourna plus au Trastevere, consolida l'œuvre tant désirée de la réformation de la vie religieuse parmi les femmes à Rome.

 

Pratique : Invoquer l'assistance de la Sainte Vierge dans toutes ses entreprises, surtout quand elles sont difficiles.

Invocation : Saint Dominique, qui êtes le Benjamin très aimé de Marie, priez pour nous !

 

Trait historique

Le jeune ressuscité

 

Comme donc le bienheureux Dominique était assis avec les cardinaux, l'abbesse et ses filles étant présentes, voilà qu'un homme entre en s'arrachant les cheveux et en poussant de grands cris. On lui demande ce qu'il a, il répond : « C'est le neveu de monseigneur Etienne, qui vient de tomber de cheval et de se tuer ! » Or, le jeune homme s'appelait Napoléon. Son oncle, en l'entendant nommer, se pencha défaillant sur la poitrine du bienheureux Dominique. On le soutint ; le bienheureux Dominique se leva, lui jetant de l'eau bénite, et le laissant dans les bras des autres, courut à l'endroit où le corps du jeune homme était gisant, tout brisé et horriblement déchiré. Il ordonna qu'on le transportât dans une chambre séparée, et qu'on l'y enfermât. Puis il dit au frère Tancrède et aux autres frères de tout préparer pour la messe. Le bienheureux Dominique, les cardinaux, les frères, l'abbesse et les religieuses allèrent donc au lieu où était l'autel, et le bienheureux Dominique célébra avec une grande abondance de larmes. Mais, lorsqu'il fut arrivé à l'élévation du corps du Seigneur, et qu'il le tenait en haut dans ses mains, selon la coutume, lui même fut élevé de terre d'une coudée, tous le voyant et en étant dans la stupeur. La messe achevée, il retourna au corps du défunt, lui, les cardinaux, l'abbesse, les sœurs, et tout le monde qui se trouvait là, et lorsqu'il fut auprès du corps, il en arrangea les membres l'un après l'autre de sa main très sainte ; ensuite il se prosterna à terre, en priant et pleurant. Trois fois il toucha le visage et les membres du défunt pour les remettre en leur lieu, et trois fois il se prosterna. Lorsqu'il se fut relevé pour la troisième fois, il fit le signe de la croix sur le mort, et debout du côté où était la tête, les mains tendues vers le ciel, son corps au-dessus de terre de plus d'une coudée, il cria à haute voix : « Ô jeune homme Napoléon, je te dis au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, lève-toi ! » Aussitôt, à la vue de tous ceux qu'un si étonnant spectacle avait attirés, le jeune homme se leva sain et sauf et dit au bienheureux Dominique : « Père, donnez-moi à manger ». Le bienheureux Dominique lui donna à manger et à boire et le rendit joyeux et sans aucune trace de blessure au cardinal son oncle. (Relation de la Sœur Cécile).

 

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