Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-et-unième jour

En Espagne

 

Prélude. - Dominique redescend le versant des Pyrénées, et salue les anges gardiens de sa bien-aimée patrie.

 

Réflexions

 

La grâce ne détruit point la nature, elle la perfectionne et l'embellit. Or, l'un des sentiments les plus naturels à l'homme, c'est l’amour de sa patrie. Ce sol privilégié où l'on a respiré l'air natal, entre les bras de sa mère, conserve un charme que l'exilé seul a bien senti.

Notre saint patriarche avait une des natures les plus merveilleusement douées, qu'on rencontre dans les annales de la sainteté. Le sentiment dont nous parlons, loin de lui être étranger, existait chez lui à un haut degré. Il avait quitté la terre natale et la maison de ses pères, pour obéir à l'impérieux attrait de la grâce divine, qui l'appelait à faire de la terre entière la patrie de son apostolat et de sa grande postérité. Mais, dans un coin aimé de son âme, Dominique conservait l'amour et le souvenir de l'Espagne. Dès qu'il le put, il y revint, sinon pour l'habiter, au moins pour la doter des plus beaux fruits de son zèle apostolique.

Celui qui a vécu loin de son pays pourrait seul décrire, ou plutôt il peut seul sentir, ce que dut être ce doux revoir !... Avec quelle émotion Dominique salua, du sommet des Pyrénées, l'ange protecteur de son héroïque patrie ! Avec quelle joie intime il revoyait les chers souvenirs de son enfance ! Les historiens nous ont conservé plus d'un épisode de ce retour : ils témoignent tous de l'amour ardent de Dominique pour l'Espagne.

De son côté, l'Espagne salua, avec enthousiasme et ferveur, ce grand homme, sa gloire. Le jeune chanoine d'Osma lui revenait Prêcheur, père d'un ordre déjà célèbre, thaumaturge, fléau de l'hérésie, soutien et honneur de la sainte Eglise de Dieu. Tous s'empressaient sur les pas de l'homme de Dieu, riche seulement des biens surnaturels, mais riche à profusion, et tout prêt à répandre ses dons surabondants sur la terre natale. Il fonda le couvent de Ségovie, où le souvenir des austérités et des extases du saint revit toujours dans une grotte fameuse. Il planta le blanc drapeau des Prêcheurs au centre de la capitale espagnole, et tous, princes, grands et petits, y bénissent encore celui que ses compatriotes appelèrent « le bon Dominique de Guzman ».

 

Pratique : Chercher à faire du bien dans son pays natal.

Invocation : Saint Dominique, gloire de la catholique Espagne, priez pour nous.

 

Trait historique

Comment voyagent les saints

 

Dominique voyageait toujours à pied, avec son bagage sur les épaules et son bâton à la main. En sortant des villes ou des villages qu'il traversait, il ôtait sa chaussure, poursuivant nu-pieds sa route, malgré les sentiers âpres, les pierres aiguës et les épines. Il ne voulait jamais permettre qu'un de ses compagnons de voyage portât sa besace, malgré toutes leurs filiales instances. Lorsque, de la pente des collines, il a percevait la ville ou ils allaient entrer, il s'arrêtait, la regardait longuement, pleurait sur les misères et les péchés de ses habitants. Puis, poursuivant sa route, quand il arrivait aux portes de la ville, il reprenait ses chaussures et s'agenouillait pour demander humblement à Dieu que ses péchés n'attirassent point sur elle les châtiments du ciel. Il regardait rarement autour de lui ; ses yeux, presque constamment baissés, semblaient ne pas voir les objets environnants. Si la pluie venait à tomber ou si quelque accident survenait, il exhortait ses compagnons à la confiance et entonnait une hymne à la sainte Vierge ou au Saint Esprit. Il gardait fidèlement les jeûnes, les abstinences, les moments de silence et toutes les constitutions de l'Ordre. Il trompait la longueur du chemin en s'entretenant des choses de Dieu ou en faisant de pieuses lectures à ses compagnons. Son courage lui fit toujours mépriser tout danger personnel. Il sentait et disait que c'était une bonne et joyeuse chose de louer Dieu, aussi chantait- il volontiers des psaumes et des cantiques sacrés. Les haltes dans les couvents ou même dans les auberges, étaient toujours l'occasion de répandre la parole de Dieu. Enfin, dit le Bx Jourdain de Saxe, partout où il était, sur la route avec ses compagnons, ou avec ses convives et la famille des hôtes qui le recevaient, ou bien au milieu de grands personnages, de princes ou de prélats, sa parole édifiait toujours, et les traits historiques qu'il avait coutume de citer, animaient les âmes de ses auditeurs à l'amour de Jésus-Christ et au mépris du monde. Partout en un mot, soit par ses paroles, soit par ses œuvres, il se montrait l'homme de l'Evangile. (Vie de St Dominique, par divers auteurs).

 

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