Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-troisième jour

Le Tiers Ordre

 

Prélude. - Remercier Dieu et demander à l'intercession de notre saint fondateur la grâce d'être dignes de cette grande faveur, qui nous a faits membres de son Tiers Ordre.

 

Réflexions

 

On n'est pas d'accord sur la date de cette merveilleuse création, qui, en transformant le monde en un vaste monastère, a couvert le monde des fleurs divines qui semblaient jusque là avoir besoin de l'abri du cloître pour s'épanouir dans les jardins de la sainte Eglise. Mais, du moins, on sait d'une manière incontestable que le Tiers Ordre eut saint Dominique pour auteur. Il est en outre infiniment probable que le saint patriarche l'a fondé durant son séjour en Lombardie, où les désordres qui régnaient alors en beaucoup d'endroits de l'Italie, excitèrent plus d'une fois les généreux efforts de son zèle infatigable.

Son but fut de choisir et de rassembler des chrétiens généreux qui combattissent pour la défense de la foi et des fidèles. C'est pourquoi ce Tiers Ordre prit d'abord le titre de « milice de Jésus-Christ », parce que, dit Suarez, il était établi pour défendre alors les biens de l’Église contre les injustes usurpateurs. Mais depuis, ajoute le grand théologien, après que la persécution eut cessé , cette milice changea son nom en celui de « la Pénitence » ou de « troisième règle », et ses membres s'appelèrent « les Frères de la Pénitence du Tiers Ordre de saint Dominique ». Dès lors, les nombreux fidèles qui s'étaient enrôlés dans cette sainte milice, en appliquérent les règles aux combats et aux luttes spirituelles de l'homme intérieur.

C'est de ceux-là que le grand pape Grégoire IX écrivait au successeur de saint Dominique dans la charge de Maître Général de l'ordre des Frères Prêcheurs, le Bienheureux Jourdain de Saxe, lui commandant de former, par lui-même et par ses frères, à l'exercice de la vertu, ses Fils bien-aimés, les Frères de la milice de Jésus-Christ, « dont le pieux Institut, dit le pape, en détermine beaucoup à s'élever jusqu'à l'assemblée des saints » ; et de les animer efficacement à la conservation de la charité, travaillant à ce que, par de douces exhortations, le nombre des membres de cette milice croisse de plus en plus à la gloire du Rédempteur.

Saint Dominique traça, pour cette société nouvelle qui n'était ni le monde ni le cloître, et qui participait de l'un et de l'autre, des règles appropriées à sa double destination, et qui en assujettissaient les membres à des pratiques de piété et de mortification religieuse, compatibles cependant avec les devoirs ordinaires de la vie domestique et civile. L'austérité de quelques-unes de ces règles, qui étonne aujourd'hui notre faiblesse, n'empêcha pas le Tiers Ordre de faire de rapides progrès et de s'étendre aussi loin que l'ordre même des Frères Prêcheurs.

On l'a dit avec raison : les Tiers Ordre de Dominique et de François achevèrent la conquête du monde et placèrent l’habit religieux sur la poitrine des guerriers et le manteau des rois. La barrière, qui sépare le monde du cloître, se trouvait à demi brisée, et la plus héroïque sainteté était mise à la portée de milliers de personnes, qui, auparavant, ne s’élevaient peut-être pas au-delà de la plus ordinaire piété.

 

Pratique : Se montrer digne de la gloire d'être tertiaire de saint Dominique.

Invocation : Saint Dominique, notre Père, priez pour nous.

 

Trait historique

Le Tiers Ordre au XIXe siècle

 

Le Tiers Ordre a eu l'honneur, dans ces dernières années, de donner à l’Église des Confesseurs et des Martyrs. Durant la cruelle persécution qui vient de désoler l'Eglise du Tonkin, sept membres du Tiers Ordre ont mêlé leur sang à celui de deux évêques dominicains, et de plusieurs religieux du même ordre, pour la défense de la foi. Après de longues souffrances endurées avec une constance invincible, le premier d'entre eux qui eut ce bonheur fut le vénérable Joseph Uyen, qui mourut en confessant le nom du Seigneur au milieu des tourments jusqu'au dernier soupir. Le deuxième, le vénérable Joseph Caula, vieillard septuagénaire, voulut marcher au supplice revêtu de l'habit blanc du Tiers Ordre et eut la tête tranchée. Les cinq autres n'étaient encore que novices du Tiers Ordre lorsqu'ils furent arrêtés. Ne pouvant recevoir dans leur cachot la visite du Père missionnaire de leur district, ils lui envoyèrent leur profession dans une lettre, qui est un monument de la simplicité de leur obéissance et de la ferveur de leur foi. C'est un touchant spectacle que celui de cinq jeunes gens, soumis depuis plus d'une année à toutes les horreurs d'une affreuse captivité, et qui s'accusent et demandent pardon de ne pouvoir toujours observer avec exactitude les jeunes et les abstinences de la règle ! Quel exemple et quelle leçon pour leurs frères d'Europe !... Ils furent tous étranglés en invoquant le saint nom de Jésus. Il y a lieu d'espérer que bientôt on les honorera d'un culte public et que le Tiers Ordre pourra se glorifier de ces nouveaux intercesseurs. C'est ainsi que le Tiers Ordre, au XIXe siècle, s'est noblement souvenu de son premier titre, en fournissant « à la milice de Jésus-Christ » d'intrépides soldats qui lui ont rendu sur la terre le témoignage du sang. (Notice historique sur le Tiers Ordre, par le Père Jundel).

 

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