Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-neuvième jour

Glorieuses manifestations

 

Prélude. - Suivons, avec tous les habitants de Bologne et en nous mêlant à la troupe des enfants de saint Dominique, les funérailles triomphantes de notre bienheureux Père.

 

Réflexions et trait historique

 

À l'heure même de la sainte mort du glorieux patriarche, frère Guala, prieur du couvent de Brescia et depuis évêque de cette ville, s'étant appuyé contre la tour où étaient les cloches du couvent, ſut pris d'un léger sommeil. Dans cet état, il vit des yeux de l'âme une ouverture qui se faisait au ciel, et deux échelles qui descendaient jusqu'à terre par cette ouverture. Au sommet de l'une était Jésus-Christ ; au sommet de l'autre était la bienheureuse Vierge, sa Mère. Au bas, entre les deux échelles, un siège était placé, et sur ce siège, quelqu'un était assis, ayant la ressemblance d'un frère ; mais on ne discernait pas quel était ce frère, parce qu'il avait la tète voilée de son capuce, à la manière des morts. Le long des deux échelles, des anges montaient et descendaient en chantant des cantiques ; et les échelles s'élevaient au ciel, tirées par Jésus Christ et sa sainte Mère, et avec elles le siège et celui qui était assis dessus. Quand elles furent tout à fait en haut, le ciel se ferma et la vision disparut. Frère Guala, quoique encore faible d'une maladie récente, se rendit à Bologne, et connut que Dominique était mort le même jour et à la même heure où il avait eu cette vision.

Le même jour, frère Raoul était allé de Rome à Tivoli, en compagnie de Tancrède, prieur de Sainte Sabine. À l'heure de sexte, il célébra la messe, et se souvint devant Dieu, durant le saint sacrifice, du bienheureux fondateur qu'il savait alors à l'extrémité, à Bologne. Comme il priait, il lui sembla voir la grande route de cette ville, et Dominique sortant de Bologne entre deux hommes d'un aspect vénérable, le front ceint d'une couronne d'or et resplendissant de lumière. Ces deux vieillards, comme les deux anges de la première vision, symbolisent l'action et la contemplation si merveilleusement unies en saint Dominique.

On rapporte aussi qu'un étudiant de l'Université, très attaché au saint, et qui n'avait pu assister à ses funérailles, le vit, la nuit suivante, assis dans l'église Saint Nicolas, brillant d'une gloire extraordinaire. La vision était si distincte qu'il s'écria : « Comment êtes-vous encore ici, maître Dominique ? - Je vis dans le ciel, lui répondit le saint, puisque Dieu a daigné m'accorder la vie éternelle ». Quand il alla à Saint Nicolas, il vit que Dominique avait été enseveli à l'endroit même où il était apparu.

Le cardinal Hugolin arriva à Bologne peu après que Dominique eut rendu le dernier soupir. Il voulut célébrer lui-même l'office de ses funérailles et vint à Saint Nicolas, où se trouvèrent aussi le patriarche d’Aquilée, des évêques, des abbés, des seigneurs et tout un peuple. On apporta sous les yeux de cette multitude le corps du saint, dépouillé du seul trésor qui lui fut resté : c'était la chaîne de fer. Tous les regards et tous les cours étaient attachés sur ce corps sans vie. L'office commença par des chants qui se ressentaient de la tristesse universelle, et qui tombaient des lèvres comme des larmes. Mais peu à peu la pensée des Frères s'éleva au-dessus de ce monde ; ils ne virent plus leur père vaincu par la mort et ne leur laissant que des restes inanimés. Sa gloire leur apparut par la certitude qu'ils en avaient. Un chant de triomphe succéda aux lamentations funèbres, et une joie inénarrable descendit du ciel dans les esprits. En ce moment, le prieur de Sainte Catherine de Bologne, nommé Albert, que Dominique avait affectionné, entra dans l'église et la joie des Frères tombant à l'improviste au sein de sa douleur personnelle, il ne se posséda plus. Le voilà qui se jette sur le corps du saint ; il le couvre de baisers, il le sollicite par de longs embrassements, comme s'il eut voulu le forcer de revivre et de lui répondre. Les reliques de son ami se montrent sensibles à l'excès de sa piété. Albert se relève et dit à Ventura : « De bonnes nouvelles, père prieur, de bonnes nouvelles. Maître Dominique m'a embrassé et m'a dit que cette année même j'irai le rejoindre dans le Christ ». Il mourut en effet dans l'année .

 

Pratique : Invoquer souvent saint Dominique, pour obtenir la grâce si précieuse d'une bonne mort.

Invocation : Saint Dominique, vous qui êtes placé parmi les premiers sièges des bienheureux, priez pour nous !

 

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