Le Mois de Saint François d’Assise

 

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Cinquième jour

Les songes mystérieux

 

Prélude : Adorons Notre Seigneur Jésus-Christ à la poursuite de son cher François d'Assise, dont il veut faire un parfait modèle de sa vie pauvre.

 

Réflexions

 

Avec le retour à la santé, notre bon saint eut un regain de jeunesse, il s'adonna de nouveau au goût des beaux habits et des divertissements profanes. Mais, son âme était dès lors blessée par la flèche de l'amour divin, son cœur inclinait par une pente de plus en plus sensible vers cet amour qui détache des amours terrestres et sa tendresse pour les pauvres devenait chaque jour plus vive.

L'heure était venue où la voix de Jésus allait pouvoir résonner à cette oreille inclinée pour l'entendre. Une nuit, Dieu fit voir à son serviteur un beau palais, rempli d'armes marquées du signe de la croix. Il demanda pour qui toutes ces armes. La voix mystérieuse répondit : « Pour toi et pour tes soldats ! » Le bouillant jeune homme, sans remarquer les croix, n'avait considéré que les armes. Il partit donc pour aller offrir ses services à Gautier de Brienne, annonçant qu'il reviendrait un jour à Assise en grand seigneur.

Arrivé à Spolète, Jésus-Christ l'arrêta dans sa fougue et dans son illusion. « François, lui dit- il dans un nouveau songe, lequel des deux peut te faire plus de bien : le maître ou le serviteur, le riche ou le pauvre ? - C'est le  maître et le riche, répliqua simplement le jeune guerrier. - Pourquoi donc, continua le sauveur, quittes-tu Dieu, qui est le maître et le riche, pour chercher l'homme, qui est le serviteur et le pauvre ? »

Pour le coup, le nouveau Saül avait rencontré son chemin de Damas. Terrassé par la foudre de la miséricorde, il se jeta à genoux, et, dans un élan plein de ferveur, il s'écria : « Ah ! Seigneur ! que vous plaît-il que je fasse ? - Retourne dans ta ville, répondit Jésus, qui parlait dès lors en maître de cette âme conquise, ce que tu as vu ne signifie rien que de spirituel ; c'est de Dieu,et non des hommes, que tu en recevras l'accomplissement ».

Aussitôt, le docile disciple du Sauveur reprend le chemin d'Assise, pour y attendre les ordres de son Seigneur et Maître, sans se mettre le moins du monde en peine de ce que ses compagnons diraient de ce retour si inopiné.

 

Pratique : Se rendre docile aux moindres inspirations de la grâce et se garder, comme du plus grand de tous les malheurs, de contrister l'Esprit-Saint.

Invocation : Saint François, qui avez écouté l'appel de la grâce, priez pour nous.

 

Fioretti

La divine fiancée

 

De retour à Assise, François réunit ses compagnons de plaisir dans un repas qui devait être le dernier. Il les traita avec sa magnificence accoutumée et le charme habituel de son humeur ; mais son âme était déjà toute en Dieu, et le sourire de la gaieté n'était plus qu'à la fleur de son visage. Après le repas, comme ils allaient, riant et devisant par les rues d’Assise, François marchait derrière eux, plongé dans une profonde rêverie. Tout à coup, il s'arrêta : je ne sais quelle intuition céleste lui montra dans une lumière surnaturelle la vanité des choses de la terre ; la pauvreté évangélique lui apparut comme sa vocation et son unique compagne, et Dieu se répandit en son âme avec une telle effusion qu'il demeura sans voix et sans couleur. Il raconta depuis à son confesseur que si, dans ce moment, on eut déchiré son corps en lambeaux, il n'en eût rien senti, tant son âme était ravie en Dieu. Ses compagnons, le voyant immobile, accoururent et d'abord s'effrayèrent ; mais bientôt, quand il fut revenu à lui, ils reprirent leur frivole gaieté et lui dirent en riant : « Où avais-tu l'esprit, François ? Songerais-tu donc à prendre femme ? - Oui, répondit-il d'une voix grave, je veux prendre une épouse, mais si noble et si belle, qu'il n'y en aura point de semblable au monde ! » C'était la pauvreté qu'il voulait dire, la sainte pauvreté chrétienne, que Dieu venait de lui révéler, si méprisée dans le monde et trop oubliée même dans l’Église en ces temps malheureux ; c'était à cette fiancée, cette épouse mystique à laquelle il devait donner sa vie, qui devait lui tenir fidèle compagnie, comme au Sauveur, son premier époux, pendant tout son pèlerinage et jusqu'au suprême dépouillement de la mort. (Histoire populaire de saint François d’Assise, par le Marquis de Ségur).

 

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