09 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

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Dixième jour

Innocent III

 

Prélude : Le bienheureux patriarche de l'ordre séraphique est aux pieds du vicaire de Jésus-Christ, recueilli, écoutant et soumis.

 

Réflexion

 

« Paul, étant revenu du troisième Ciel, vint voir Pierre, afin de donner la forme aux siècles futurs ; et qu'il demeurât établi pour jamais que, quelque docte, quelque saint que l'on soit, fût-on un autre saint Paul, il faut voir Pierre ». Ainsi parlait Bossuet. Ainsi pensait François d'Assise.

Sans doute, il eut pu continuer de vivre sous l'obédience de son évêque et l'inspiration du Saint Esprit qui le dirigeait. Mais, sa foi si pure et son inviolable attachement au Saint Siège, ces deux caractères qu'il léguera à sa postérité spirituelle comme un signe d'honneur, lui inspirèrent d'aller à Rome, se jeter aux pieds du vicaire de Jésus en terre. D'abord, le Pape l'écouta peu et il fallut que Dieu lui-même, qui n'abandonne jamais les vrais croyants, vint miraculeusement au secours de cet humble enfant de la sainte Eglise. Innocent III eut un songe, où il vit croître à ses pieds peu à peu une palme, qui devint un très-bel arbre, et il lui fut révélé que cette image représentait le pauvre rebuté par lui la veille.

Cependant, le grand Pape hésitait encore à approuver une règle aussi nouvelle et aussi difficile, bien que très-persuadé qu'elle amènerait les âmes à une perfection conforme aux conseils de l'Evangile. Dieu lui envoya un autre songe mystérieux, pendant lequel il vit l'église de Latran sur le point de tomber, tandis qu'un homme pauvre et chétif, en qui il reconnut François, la soutenait de ses épaules. « Ah ! véritablement, s'écria-t-il, c'est cet homme-là qui soutiendra l’Église de Jésus-Christ par ses œuvres et par sa doctrine ! » Dès lors, Innocent III n'hésita plus. Il approuva l'Institut des Frères Mineurs, rassemblés sous la conduite de saint François, pour donner à l’Église, en la personne de vrais pauvres, un modèle d'humilité et lui montrer la merveille de ce siècle ».

 

Pratique : Se rattacher, dans tous ses actes et dans toutes ses pensées, à la chaire infaillible de Pierre, centre de l'unité et organe de la vérité.

Invocation : Saint François, dévot fils de l’Église, priez pour le Pape et pour ses enfants fidèles ou révoltés.

 

Fioretti

La parabole de saint François

 

Nous avons abrégé aujourd'hui la méditation pour lire plus à l'aise la touchante parabole que, après avoir longtemps prié Dieu, François vint proposer au Pape Innocent :

« Très saint Père, lui dit-il, il y avait une fille très belle, mais pauvre, et qui demeurait dans un désert. Le roi du pays, qui la vit, fut si charmé de sa beauté, qu'il la prit pour épouse : il demeura quelques années avec elle, et en eut des enfants qui avaient tous les traits de leur père, et pas moins de beauté que leur mère ; puis il revint à sa cour. La mère éleva ses enfants avec un grand soin, et dans la suite elle leur dit : « Mes enfants, vous êtes nés d'un grand roi ; allez le trouver, marquez-lui qui vous êtes, et il vous donnera tout ce qui convient à votre naissance. Pour moi, je ne veux point quitter. ce désert, et même je ne le puis ». Les enfants allèrent à la cour du roi leur père, qui, reconnaissant en eux tous ses traits, aussi bien que la beauté de leur mère, les reçut avec plaisir et leur dit : Oui, vous êtes mes véritables enfants, et je vous entretiendrai comme des enfants de roi, car, si j'ai des étrangers à ma solde, et si je nourris des officiers de ce que l'on sert sur ma table ; combien aurai-je plus de soin de mes propres enfants qui viennent d'une mère si belle ? Comme j'aime extrêmement la mère, je retiendrai les enfants à  ma cour et je les ferai manger à ma table.

Ce roi, très saint Père, c'est Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette fille si belle, c'est la pauvreté, qui, étant rejetée et méprisée partout, se trouvait en ce monde comme dans un désert. Le Roi des rois, descendant du ciel, et venant sur la terre, eut pour elle tant d'amour qu'il l'épousa dans la crèche. Il a eu plusieurs enfants dans le désert de ce monde : les Apôtres, les Anachorètes, les Cénobites, et quantité d'autres qui ont embrassé volontairement la pauvreté. Cette bonne mère les a envoyés au Roi du ciel leur père, avec les marques de sa pauvreté royale, aussi bien que de son humilité et de son obéissance. Ce grand roi les a reçus avec bonté, promettant de les nourrir et leur disant : « Moi qui fais lever mon soleil sur les justes et sur les pécheurs, qui donne de ma table et de mes trésors aux pauvres et aux hérétiques, le vivre, le vêtir, et tant d'autres choses, combien plus volontiers vous donnerai-je ce qui vous est nécessaire, à vous et à tous ceux qui sont nés de la pauvreté ma très chère épouse ».

C'est à ce roi céleste, très saint Père, que cette dame, son épouse, envoie ses enfants que vous voyez, lesquels ne sont pas de moindre condition que les autres qui sont venus longtemps avant eux. Ils ne dégénèrent point ; ils ressemblent en beauté à leur père et à leur mère, puisqu'ils font profession de la plus parfaite pauvreté. Il n'y a donc pas lieu de craindre qu'ils meurent de faim, étant les enfants et les héritiers du Roi immortel, nés d'une mère pauvre, à l'image de Jésus-Christ, par la vertu du Saint-Esprit, et devant être élevés par l'esprit de pauvreté dans un Ordre très pauvre. Si le Roi du ciel promet à ceux qui l'imitent de les faire régner éternellement ; avec combien plus d'assurance doit-on croire qu'il leur donnera ce qu'il donne ordinairement et avec tant de libéralité aux bons et aux méchants (Vie de saint François, par saint Bonaventure).

 

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