11 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

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Douzième jour

Sainte Claire d'Assise

 

Prélude : Représentons-nous Claire à genoux, devant le Séraphique patriarche qui coupe les cheveux de l'héroïque jeune fille et la consacre à Jésus-Christ.

 

Réflexion

 

Les magnifiques considérations, qui vont passer aujourd'hui et demain sous les yeux des pieux enfants de saint François, sont empruntées à un des meilleurs écrits du saint évêque de Versailles, Mgr Mabile.

Saint François d'Assise, obéissant à son zèle de feu, avait conçu et organisé contre les désordres du siècle une croisade, qui devait perpétuer au milieu des chrétiens le mépris des plaisirs et l'amour de la pauvreté et de la mortification. Or, les femmes devaient avoir leur place et leur action dans cette croisade. L'une est le complément de l'autre. Sainte Claire sera l'instrument dont Dieu va se servir pour ajouter de nouvelles perles, de nouvelles fleurs à la couronne monastique et pour apprendre aux mondains ce que peut l'être le plus délicat, le plus faible, quand dans un élan de ferveur il s'abandonne aux mouvements de la grâce.

Née dans une condition où les richesses, les plaisirs, les honneurs s'offraient à elle sous les images les plus séduisantes, Claire pouvait, sans aucune peine, se procurer une existence très-heureuse selon le monde. Mais, prévenue de la grâce et s'élevant tout d'abord par la foi aux clartés célestes, elle dédaigne tout, elle méprise tout ce qui vient de la terre. Aimer Dieu, se consacrer à Dieu, vivre pour Dieu, souffrir pour la gloire de Dieu et pour l'expiation des péchés qui se commettent chaque jour : voilà ce qu'elle veut, voilà la part qu'elle choisit comme la meilleure part qui ne lui sera point enlevée. Une parole de Saint François d'Assise est pour elle un trait de lumière, un jet de flamme, dont son intelligence et son cœur ressentiront éternellement les effets. L'heure est venue. À dix-huit ans, elle court à l'autel, et le sacrifice qu'elle y consomme avec des transports de joie, elle le renouvellera toute sa vie, jusqu'à son dernier soupir.

Claire n'aspirait pas à une sainteté commune ; son ambition, ambition bien permise en pareil cas, allait beaucoup plus loin. Il fallait donc qu'elle eût à traverser, dès le début, des épreuves non communes. Ses parents, le monde, le démon, dans l'espoir de la vaincre, s'unissent pour l'attaquer et pour essayer de flétrir les palmes qu'elle veut cueillir à tout prix. Le combat sans doute est rude et terrible, mais la jeune vierge a mis Dieu dans ses intérêts et la victoire n'est pas douteuse. Elle fait taire la voix du sang ; elle prend le monde en horreur ; elle terrasse le prince des ténèbres. Jésus-Christ est définitivement, irrévocablement, son époux. Elle ne voit que lui, elle ne respire que pour lui, elle se croirait souverainement ingrate et malheureuse, si elle don ait quoi que ce soit de son cœur et de sa vie à un autre qu'à Jésus-Christ.

Il est à propos de bien remarquer que Sainte Claire ne se consacre pas à Dieu comme beaucoup d'autres ont pu et peuvent s'y consacrer. Elle a une vue supérieure des choses, nous dirions volontiers une théologie transcendantale : elle pénètre par les dons du Saint-Esprit jusqu'aux entrailles de l'ascétisme le plus effrayant pour la nature ; elle y découvre des trésors dont la possession coûte d'immenses sacrifices. Son époux c'est Jésus-Christ, mais Jésus-Christ pauvre, humilié, délaissé, souffrant ; Jésus-Christ outragé dans sa prison et dans son amour pour les hommes. À cet époux qu'elle aime avec tant d'ardeur, elle ne demande que l'honneur d'une place dans la vie caché, où elle puisse souffrir, s'humilier et s'anéantir en union avec lui. Les plus rudes pénitences, les mortifications qui nous révoltent et nous font trembler, sont ses aliments quotidiens ; elle y trouve une suavité inexprimable et des joies dont son cœur surabonde. Après avoir parcouru le cercle des austérités en usage dans les monastères les plus sévères, elle se creuse l'esprit et l'imagination pour en trouver de nouvelles, tant elle brûle de témoigner son amour à Jésus-Christ, tant elle voudrait le dédommager de la gloire qui lui est ravie et réparer les outrages dont il est l'objet dans le Saint Sacrement. Oh ! comme elle peut s'écrier avec Saint Paul : « J'accomplis dans ma chair ce qui reste à souffrir à Jésus-Christ, en souffrant moi-même pour son corps qui est l’Église ». (Col. 1, 24).

 

Pratique : Se garder de blâmer, comme on le fait si souvent dans le monde, les vocations religieuses dont on est le témoin.

Invocation : Saint François, père de Sainte Claire, priez pour les âmes que Dieu appelle à la perfection évangélique.

 

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Fioretti

Le repas de sainte Claire

 

Claire désirait vivement prendre un repas avec saint François, et plusieurs fois elle lui en avait fait la demande, mais il avait constamment refusé. Ses compagnons, qui connaissaient le désir de la sainte, lui dirent un jour : « Père, il nous semble que la rigueur doit vous usez envers Sœur Claire n'est pas inspirée par la divine charité… - Vous croyez donc, répondit le saint, que je dois me rendre à ses désirs ? - Oui, Père, répondirent les Frères, Sœur Claire mérite que vous lui accordiez ce qu'elle vous demande. - Eh bien ! Répliqua saint François, votre avis est le mien, je consens ; et, pour procurer à notre sœur une plus grande consolation, je veux qu'elle vienne prendre ce repas à Sainte Marie des Anges. Depuis longtemps déjà, elle est renfermée à St-Damien ; ce sera pour elle un bonheur de revoir ce couvent où elle a déposé les livrées du siècle pour se faire l'épouse de Jésus-Christ ; c'est là que nous mangerons ensemble au nom de Dieu ». Au jour convenu pour ce repas, sainte Claire sortit de son monastère avec une de ses compagnes, et, conduite par quelques-uns des frères, elle se rendit à Sainte Marie des Anges. Lorsqu'elle y fut arrivée, elle alla se prosterner au pied de l'autel devant lequel on lui avait coupé les cheveux et donné le voile ; puis, en attendant l'heure du repas, on la conduisit visiter le couvent. Pendant ce temps-là, saint François faisait tout préparer ; et, suivant son usage, il voulait que les mets fussent posés à terre. Enfin, à l'heure indiquée, lui-même avec un de ses compagnons, et la Sainte avec sa compagne, se rangèrent auteur des mets qu'on avait disposés, et les autres frères prirent aussi humblement leur place. Au premier mets, le saint se mit à parler de Dieu, avec tant de suavité, de profondeur et d'éloquence, que l'abondance divine descendant bientôt sur ceux qui l'écoutaient, tous se sentirent ravis en extase, et ils se tenaient les mains et les yeux levés vers le ciel. En ce moment, les habitants d'Assise, de Bettone et des environs virent l'église de Sainte Marie des Anges, tout le couvent et le bois tellement enflammés, que tout paraissait en proie à un immense incendie. Dès qu'ils aperçurent les flammes, les habitants d'Assise s'empressèrent d'accourir pour les éteindre ; mais, arrivés près du couvent et se voyant trompés, ils entrèrent et trouvèrent saint François, sainte Claire et tous ceux qui les accompagnaient ravis en Dieu par la contemplation et assis autour de quelques pauvres mets. Ils comprirent alors que c'était un feu divin et non pas un feu matériel que Dieu avait fait apparaître miraculeusement, voulant signifier, par là, les flammes du divin amour dont étaient embrasées ces saintes âmes. Ils se retirèrent édifiés et le cœur rempli de consolation. Après une longue extase, sainte Claire, saint François et tous les autres convives revinrent à eux et se sentirent tellement rassasiés de la nourriture spirituelle qu'ils venaient de recevoir, qu'ils ne songèrent plus aux mets grossiers qu'on avait disposés. Ainsi se termina ce repas béni. (Fioretti, traduction de l'abbé Riche).

 

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