16 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

7

 

Dix-septième jour

À Rome

 

Prélude : Représentons-nous saint François d'Assise aux pieds du Souverain-Pontife, vénérant dans sa personne sacrée le vicaire de Jésus-Christ.

 

Réflexions

 

Dans son ardent et filial amour pour le pape, le saint patriarche des Frères Mineurs vint à Rome, au moment où Innocent III se disposait à ouvrir le 4e concile de Latran, convoqué pour l'extinction des hérésies, la réforme des mœurs, le règlement de la discipline et le recouvrement de la Terre Sainte par une sainte ligue ou croisade entre les princes chrétiens. Il y vint pour prier le Souverain-Pontife de déclarer publiquement qu'il avait approuvé sa règle. Innocent III satisfit aux pieux désirs de François, comme nous l'avons raconté dans le Mois de saint Dominique.

C'est à la suite de cette visite au Pontife suprême que le séraphique père tint le premier chapitre général de l'ordre, où l'on établit des ministres provinciaux et où l'on choisit des ouvriers évangéliques pour les diverses nations. François se réserva la France, qu'il aimait de prédilection, et Paris, « l'endroit, disait-il, où le Saint-Sacrement est le plus vénéré et aimé ».

Quand ces hommes apostoliques furent réunis aux pieds de leur père pour recevoir ses ordres, il leur adressa ce paternel discours, dont rien n'égalera jamais l'éloquente simplicité : « Au nom du Seigneur, marchez deux à deux modestement et avec humilité, gardant un silence très exact depuis le matin jusqu'après tierce, et priant Dieu dans votre cœur. Qu'on n'entende parmi vous aucune parole oiseuse et inutile. Quoique vous soyez en voyage, votre conduite doit être aussi humble et modeste que si vous étiez dans un ermitage ou dans votre cellule ; car, en quelque endroit que nous allions, nous avons toujours notre cellule avec nous. Notre frère le corps est notre cellule, et l'âme est l'ermite qui y demeure pour penser à Dieu et pour prier. Si une âme religieuse ne demeure pas en repos dans la cellule du corps, les cellules extérieures ne lui serviront guère. Comportez-vous de telle sorte parmi le monde, que quiconque vous verra ou vous entendra, soit touché de dévotion et loue le Père céleste, à qui toute gloire appartient. Annoncez la paix à tous, mais ayez-la dans le cœur comme dans la bouche, et encore plus. Ne donnez occasion à personne de colère ni de scandale ; au contraire, par votre douceur, portez tout le monde à la bénignité, à l’union, à la concorde. Nous sommes appelés pour guérir les blessés, consoler les affligés et ramener les errants ; plusieurs vous paraissent être les membres du diable, qui seront un jour les disciples de Jésus-Christ ».

Puis, les enfants du saint patriarche reçurent sa bénédiction, et s'étant recommandés aux prières de leurs compagnons, ils partirent pour se rendre où l'obéissance les envoyait, bien résolus à mettre en pratique tout ce qu'ils venaient d'entendre.

 

Pratique : Se rattacher, du fond de son cœur, aux enseignements et aux ordres du Saint Siège.

Invocation : Saint François, parfait disciple de Jésus, apprenez-nous à obéir à ceux qui ont mission de nous diriger en son nom.

 

Innocent III-002

 

Fioretti

L’Église Romaine

 

Pendant que les nouvelles attaques dont son ordre était l'objet préoccupaient saint François, Notre Seigneur daigna le consoler en lui envoyant la vision suivante : François vit en songe une poule qui tâchait de rassembler sous ses ailes tous ses poussins, pour les protéger contre un oiseau de proie ; elle avait beau faire, elle ne réussissait pas à les couvrir tous. Mais voilà qu'au dessus d'elle vint se placer un autre grand oiseau, couvrant et protégeant de ses ailes la poule et les poussins. À son réveil, le bon François pria naïvement Notre Seigneur de lui expliquer ce que cela voulait dire ; et ayant su, dans l'oraison, que la pauvre poule le représentait lui-même, que les poussins étaient ses enfants, et que le grand oiseau figurait un Cardinal-Protecteur qu'il fallait demander au Pape, il appela ses frères, leur dit ce qu'il avait vu, et ajouta ces mémorables paroles : « L’Église Romaine est la mère de toutes les Eglises, et la souveraine de tous les ordres religieux. C'est à elle que je m'adresserai pour lui recommander mes frères, afin qu'elle réprime par son autorité ceux qui lui veulent du mal. Quand ils seront sous sa protection, aucun ennemi ne pourra les inquiéter, ni les empêcher de s'avancer tranquillement dans la voie du salut éternel. La sainte Eglise Romaine aura du zèle pour la gloire de notre pauvreté ; elle ne souffrira pas que l'humilité, qui est si digne d'honneur, soit obscurcie par les nuages de l'orgueil. C'est elle qui rendra indissolubles parmi nous les liens de la charité et de la paix, punissant avec rigueur les auteurs des discussions. Que les enfants de cette sainte Eglise soient donc bien reconnaissants de ces douces faveurs qu'ils recevront de leur Mère et qu'à jamais ils lui soient inviolablement attachés ». (Le séraphique saint François, par Mgr de Ségur).

 

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