17 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

15 Francis Meets Dominic

 

Dix-huitième jour

Le Cordon séraphique

 

Prélude : Assistons à la première entrevue des deux Saints Fondateurs.

 

Réflexions

 

Les deux hommes, dont les destinées offraient au ciel et à la terre de si admirables harmonies, dit Lacordaire, ne se connaissaient pas. Tous deux habitaient Rome au temps du 4e concile de Latran, et il ne paraît pas que le nom de l'un eût jamais frappé l'oreille de l'autre. Une nuit, Dominique étant en prière, selon sa coutume, vit Jésus-Christ irrité contre le monde, et sa Mère qui lui présentait deux hommes pour l'apaiser. Il se reconnut pour l'un des deux ; mais il ne savait qui était l'autre, et, le regardant attentivement, l'image lui en demeura présente. Le lendemain, dans une église, on ignore laquelle, il aperçut, sous un froc de mendiant, la figure qui lui avait été montrée la nuit précédente, et, courant à ce pauvre, il le serra dans ses bras avec une sainte effusion, entrecoupée de ces paroles : « Vous êtes mon compagnon, vous marcherez avec moi, tenons-nous ensemble, et nul ne pourra prévaloir contre nous ». Il lui raconta ensuite la vision qu'il avait eue ; et leur cœur se fondit l'un dans l'autre entre ces embrassements et ces discours.

Il fut même question un instant de fondre en un seul les deux ordres naissants ; mais, saint François crut préférable de s'en tenir à l'étroite union qui animait déjà les deux fondateurs. Alors, Dominique lui demanda, en témoignage de cette union, de lui donner sa corde, symbole de pénitence, de pauvreté et de chasteté ; et, jusqu'à la fin de sa vie, le bienheureux Dominique porta toujours, sous sa robe blanche de Frère Prêcheur, cette corde de saint François. Il fut ainsi, en dehors de la famille franciscaine, le premier qui porta la corde de saint François d'Assise Son exemple fut suivi d'une multitude de pieux fidèles, désireux de porter ainsi une marque de leur amour envers saint François.

Telle fut l'origine de l'Archiconfrérie du Cordon séraphique, dont Mgr de Ségur a admirablement décrit les merveilleuses richesses dans un opuscule spécial, qu'il faut lire et répandre.

 

Pratique : Éviter avec soin jusqu'aux plus petites désunions entre familles et personnes pieuses.

Invocation : Saint François et saint Dominique, priez pour nous !

 

Fioretti

Saint Dominique et Saint François

 

Dominique eut à Rome une joie bien vive. Il n'était pas le seul que la Providence eût élu, dans ces temps critiques, pour arrêter la décadence de l’Église. Pendant qu'il ravivait aux saintes et profondes sources de son cœur le fleuve de la parole apostolique, un autre homme avait reçu la vocation de ressusciter, au milieu d'une opulence corruptrice des âmes, l'estime et la pratique de la pauvreté. Ce sublime amoureux de Jésus-Christ était né sur le penchant des montagnes de l'Ombrie, dans la ville d'Assise, d'un riche et avare marchand. La langue française, qu'il avait apprise dans l'intérêt du négoce de son père, fut cause qu'on lui donna le nom de François, qui n'était point le nom de sa naissance ni celui de son baptême. À l'âge de vingt-quatre ans, au retour d'un voyage de Rome, l'Esprit de Dieu, qui l'avait souvent sollicité, s'empara de lui tout à fait. Conduit par son père devant l'évêque d'Assise pour qu'il renonçât à tous ses droits de famille, l'héroïque jeune homme se dépouilla des vêtements qu'il portait, et les mit aux pieds de l'évêque, en disant : « Maintenant je pourrai dire avec plus de vérité que jamais : Notre Père qui êtes aux cieux ! » À quelque temps de là, assistant au saint sacrifice de la messe, il entendit lire l'Evangile où Jésus-Christ recommande à ses apôtres de ne posséder ni or,  ni argent, de ne point porter de monnaie dans leurs ceintures, ni une besace par le chemin, ni deux tuniques, ni des souliers, ni une baguette. Une joie indicible se répandit en lui à ces paroles ; il ôta ses souliers de ses pieds, déposa son bâton, jeta avec horreur le peu d'argent qu'il avait, et tout le reste de sa vie il n'eut plus pour couvrir et ceindre sa nudité qu'un caleçon, une tunique et une corde. Encore eut-il peur de cette richesse, et, avant de mourir, il se fit mettre nu sur le pavé devant ses frères, de même qu'au commencement de sa parfaite conversion à Dieu il s'était mis nu devant l'évêque d'Assise. Tout cela se passait pendant que Dominique évangélisait le Languedoc au péril de sa vie, et accablait l'hérésie du spectacle de son apostolat. Une merveilleuse correspondance avait été établie, à son insu, entre ces deux hommes, et la fraternité de leur carrière subsista jusqu'en des événements qui suivirent leur mort. Dominique était l'aîné de douze ans ; mais, préparé d'une manière plus savante à sa mission, il fut rejoint à temps par son jeune frère, qui n'avait pas eu besoin d'aller aux universités pour y apprendre la science de la pauvreté et de l'amour. Presque à la même époque où Dominique posait à Notre Dame de Prouilhe au pied des Pyrénées, les fondements de son ordre, François jetait les fondements du sien à Notre Dame des Anges, au pied des Apennins. Un sanctuaire antique de la bienheureuse Vierge, mère de Dieu, avait été pour tous deux l'humble et douce pierre angulaire de leur édifice. Notre Dame de Prouilhe était le lieu chéri entre tous par Dominique ; Notre Dame des Anges était le coin de terre auquel François avait réservé une place d'affection dans l'immensité de son cœur détaché de toute chose visible. L'un et l'autre avaient commencé leur vie publique par un pèlerinage à Rome ; l'un et l'autre y retournèrent pour solliciter du Souverain Pontife l'approbation de leurs ordres. Innocent III les rebuta d'abord tous les deux, et la même vision le contraignit de donner à tous deux une approbation verbale et provisoire. Dominique, comme François, renferma sous la flexibilité austère de sa règle les hommes, les femmes et les gens du monde, faisant de trois ordres une seule puissance combattant pour Jésus-Christ par toutes les armes de la nature et de la grâce : seulement Dominique commença par les femmes, François par les hommes. Le même souverain Pontife, Honorius III, confirma leurs instituts par des bulles apostoliques ; le même encore, Grégoire IX, les canonisa. Enfin les deux plus grands docteurs de tous les siècles pleurèrent ensemble sur leurs tombeaux : saint Thomas sur celui de Dominique, saint Bonaventure sur celui de François. (Vie de saint Dominique, par le Père Lacordaire).

 

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