Le Mois de Marie, reine de France

 

N

 

Neuvième jour

Marie dans le plan divin

 

Quand un architecte médite le plan d'un édifice, d'un palais, par exemple, ou d'un temple, le premier objet de sa pensée, s'il s'agit d'un palais, sera le trône, et s'il s'agit d'un temple, ce sera l'autel. Au second rang, mais avant tout le reste, vient pour le palais la salle du trône, pour le temple le sanctuaire. Puis l'artiste trace le plan de l'édifice entier, rapportant toutes les parties du palais à la salle du trône, et par là au trône lui-même et au roi, toutes les parties du temple au sanctuaire, et par là à l'autel et à Dieu.

Ainsi, de toute éternité, l'artiste suprême arrêta le plan d'un palais et d'un temple dont il est le roi comme il en est le Dieu. Le trône, dans ce palais, l'autel, dans ce temple, c'est le Dieu fait homme, Jésus-Christ. Aussi, que ce soit en vertu de la prévision du péché originel ou in dépendamment de cette chute, l'Incarnation étant la plus haute manifestation extérieure de la grâce de Dieu, on peut dire qu'elle est l'objet premier, le principe, le centre, le terme final du plan divin.

Dans les décrets éternels il a été arrêté que le Dieu-Homme naîtrait d'une fille d'Adam, et que cette fille choisie entre toutes serait la Vierge Marie ; dès lors dans ce palais, dans ce temple de la création où les anges et les hommes sont les pierres vivantes de l'édifice, Marie est comme la salle du trône ou le sanctuaire, et par elle tout, depuis l'atome jusqu'au séraphin, se rapporte à Jésus-Christ, qui seul, par son humanité, est le trône de la royauté suprême, l'autel de la divinité trois fois sainte. Tel est le rang qu’occupe Marie dans le plan éternel de la création, le premier après son divin Fils. Avec lui elle peut redire : « Le Seigneur m'a possédée dans sa prescience, dans son décret au commencement de ses voies, de ses pensées, de ses desseins éternels. Dominus possedit me in initio viarum suarum. (Prov. 8, 22).

Concluons avec saint Anselme : « Tout ce qui existe est au-dessus ou au-dessous de Marie : Dieu seul au-dessus, toutes les simples créatures au-dessous » ; et avec saint Bonaventure : « Dieu peut créer un monde plus vaste, un ciel plus élevé que le monde et les cieux qui existent, mais il ne peut pas élever une simple créature plus haut que celle dont il a fait sa mère ». Car, comme le déclare Albert le Grand, « la dignité de Mère de Dieu est immédiatement après celle de Dieu même », et, « Marie ne peut être plus unie à Dieu qu'elle ne l'est, à moins de devenir Dieu ». Aussi, « telle est la grandeur de Marie, selon saint Bernardin, que Dieu seul peut la comprendre ».

Tout dans le monde se rapporte à Jésus Christ ; tout y est une annonce de Jésus Christ. Avant sa venue, tout le prépare et le figure ; depuis sa venue, tout est une continuation et une imitation de sa vie et de son action : de même tout dans le monde se rapporte à Marie, soit pour l'annoncer, soit pour la rappeler.

N'oublions pas que dans ce palais et dans ce temple nous avons une place marquée. Par son humanité Jésus-Christ est le trône de ce palais, l'autel de ce temple ; Marie est la salle du trône et le sanctuaire, et nous, nous devons former le reste de l'édifice et en être les pierres vivantes : Superædificati super fundamentum apostolorum. (Eph. 2, 19). Quæ domus sumus nos. (He. 2, 6).

Prenons garde. La pierre qui ne répond pas au dessein de l'architecte, est rejetée dans les décombres. S'il est en nous quelque œuvre, quelque parole, quelque pensée qui ne soit pas conforme à la mesure exigée, qui ne se rapporte pas à Dieu par Jésus, et à Jésus par Marie, cet acte est perdu ; car, pour lui il n'est pas de place dans ce palais, dans ce temple qui s'appelle ici-bas l'Église, et là-haut le ciel. Telle est la loi. Depuis le premier fiat, depuis le fiat lux, jusqu'au fiat mihi secundum verbum tuum, depuis la création jusqu'au jugement dernier, tout dans le monde aussi bien que dans l'homme, tout dans la vie publique des nations aussi bien que dans la vie privée des individus, tout doit se rapporter à Dieu par Jésus-Christ et à Jésus-Christ par Marie.

Ainsi l'Ancien Testament est l'annonce continue de Marie. Il faudrait un volume pour exposer tous les traits qui peuvent se rapporter à la Mère de Celui qui est le principe, le centre et le terme de toutes choses. Nous en indiquerons quelques-uns.

 

ND de Bonne Délivrance 4-001

 

Saint Ignace et Saint François de Sales

 

Sur le flanc de la colline de Montmartre il existait autrefois une église sous le vocable de Sainte Marie et de Saint Denis.

Le jour de l'Assomption 1534, sept jeunes hommes appartenant à diverses nations, mais tous étudiants de l'Université de Paris, se réunissaient dans la crypte de ce sanctuaire. L'un d'eux, le seul qui fut prêtre, célébrait la sainte messe ; et tous, au moment de la communion, s'engageaient par vœu au service de Dieu et à la défense de l'Église. Le chef de cette milice nouvelle se nommait Ignace de Loyola. La Compagnie de Jésus venait de naître, à Paris sur le mont des martyrs, dans un sanctuaire de Marie, et le jour de l'une de ses plus grandes fêtes.

À Saint-Étienne des Grès, on vénérait sous le titre de Notre Dame de Bonne Délivrance, une statue de la sainte Vierge. Un jeune étudiant venait souvent prier devant cette image. Il se nommait François de Sales et n'avait alors que dix-sept ans (1578). Depuis quelques semaines il se desséchait à vue d'œil ; il ne pouvait plus ni boire ni manger ni dormir. En proie à un affreux désespoir, il se croyait réprouvé. Un jour que prosterné aux pieds de Notre Dame de Bonne Délivrance il priait avec plus d'instance, il s'écria : « Bonne Mère, si je suis condamné à haïr Dieu pendant l'éternité, obtenez-moi du moins de le servir et de l'aimer pendant cette vie ». Puis il fit vœu de chasteté et s'engagea en mémoire de ce vœu, à réciter chaque jour le chapelet de six dizaines. À l'instant même il fut délivré et avec la paix de l'âme il recouvra la santé du corps.

 

ND de France-001

 

Pour recevoir par mail les méditations du Mois de Marie Reine de France

ainsi que les prochaines prières et neuvaine,

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook