09 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

Le Mois de Marie, reine de France

 

Marie Reine Immaculée

 

Dixième jour

Le Paradis terrestre

 

Genèse 2, 8-15

 

Ce riant paradis que Dieu lui-même a planté annonce Marie formée par Dieu avec un soin spécial.

Cette source unique qui se partage en quatre fleuves pour arroser le jardin, rappelle cette grâce dont le Seigneur a rempli le cour de Marie et qui déborde par les quatre vertus fondamentales de l'ordre moral. Qui n'admirerait la haute prudence de ses pensées, la justice de ses volontés, la force héroïque avec laquelle elle se tient debout auprès de la croix, l'inviolable pureté de son cœur ?

Par la grâce de leur feuillage, par l'éclat de leurs fleurs, par la suavité de leurs fruits, les arbres du paradis annoncent les saints désirs, les douces paroles et les œuvres fécondes dont se composera la vie de la Vierge fidèle.

La docilité des animaux à la voix de l'homme innocent, figure l'empire que la Vierge immaculée conservera toujours sur ses sens et sur ses passions.

Le premier Adam devait garder le paradis en le cultivant. Le second et véritable Adam saura garder le paradis qui doit le recevoir sur la terre. D'abord il préserve celle qui sera sa mère de toutes les atteintes, du serpent et du péché. Puis pendant trente années son unique occupation, ce semble, sera de cultiver ce jardin déjà si beau et d'y développer toutes les vertus.

Il ne tient qu'à nous de transformer notre âme en paradis spirituel. La grâce s'y répand par quatre fleuves qui seront pour l'intelligence, les quatre évangiles, pour la volonté, les quatre vertus cardinales. Fécondée par les enseignements de la foi et par les effusions de la charité, l’âme produira toutes les vertus, depuis les plus modestes, représentées par le gazon fleuri dont les collines du paradis sont revêtues, jusqu'aux grands et sublimes héroïsmes, figurés par la majesté du cèdre et par la force du chêne. - La foi aussi et la charité soumettront nos sens et nos passions à la raison et à la volonté, comme les animaux le furent à l'homme dans l'Eden.

Mais sachons garder et cultiver ce paradis de notre âme. L'exercice et la pratique développeront dans nos cœurs les vertus dont le germe y fut déposé par le baptême et par la communion. Gardons Jésus dans notre cœur et Jésus nous gardera comme il garda Marie.

 

Louis XIII

 

Le vœu de Louis XIII

 

Après la mort de Henri IV les protestants se soulevèrent de toutes parts ; et ce fut à l'assistance de Marie que Louis XIII attribua ses victoires, et spécialement la réduction de la Rochelle, boulevard de l'hérésie et de la révolte. Pour reconnaître cette puissante intervention, le 9 décembre 1629 le jeune roi posa la première pierre de Notre Dame des Victoires, aujourd'hui si célèbre par l'Archiconfrérie du Cœur immaculé de Marie. Après la naissance de Louis XIV, Anne d'Autriche sa mère, fit décorer la chapelle de la sainte Vierge, qui se trouvait dans cette église.

Mais voici un acte plus solennel. C'était le 10 février 1638. Louis XIII, en grand appareil, entrait dans l'église de Notre Dame de Paris. Il portait le sceptre et la couronne, mais c'était pour déposer l'un et l'autre aux pieds de l'image de Marie. Un édit expliqua la portée de cette imposante cérémonie. Dans les lettres patentes qu'il publia ce jour-là même, le roi énumère d'abord les faveurs qu'il a reçues du Ciel depuis le commencement de son règne :

« La rébellion de l'hérésie abattue ; les armes de France toujours victorieuses, et les ligues que ses ennemis avaient formées contre lui frappées d'impuissance. Par tous ces motifs, nous prosternant, dit Louis XIII, aux pieds de la Majesté divine que nous adorons en trois Personnes, et à ceux de la sainte Vierge et de la croix sacrée où nous révérons l'accomplissement des mystères de notre rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, nous nous croyons obligé de nous consacrer à la grandeur de Dieu par son Fils, rabaissé jusqu'à nous, et à ce Fils par sa Mère, élevée jusqu'à lui, sous la protection de laquelle nous voulons très spécialement nous mettre pour obtenir, par son intercession, sous la protection de la sainte Trinité elle-même, et par son autorité et exemple, la protection de toute la cour céleste. En conséquence, nous déclarons par les présentes que prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et nos sujets ; la suppliant de nous inspirer une si sainte conduite et de défendre avec tant de soin ce royaume, que soit en paix, soit en guerre, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire, et pour que le souvenir de cette consécration demeure à jamais dans la postérité, nous ordonnons qu'il soit fait chaque année, le jour de l'Assomption, après les vêpres, dans toutes les églises, cathédrales, paroissiales ou conventuelles de nos États, une procession très solennelle où assisteront toutes les autorités judiciaires et civiles. Notre intention est que les évêques recommandent à tous nos peuples d'avoir une dévotion spéciale envers la bienheureuse Vierge, et d'implorer, en ce jour solennel, sa protection sur la France, afin que, sous une si puissante Patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de nos ennemis, qu'il jouisse d'une longue paix, et que Dieu y soit servi et révéré si parfaitement, que nous et nos sujets puissions arriver à la fin bienheureuse pour laquelle nous avons été créés ».

Cet édit fut mis à exécution le 15 août suivant, et le 5 septembre, après une stérilité de vingt-deux ans, la reine accouchait d'un enfant qui fut Louis XIV ; et de ce vœu éminemment national jaillit le grand siècle ; car c'est une chose remarquable que les beaux génies qui portèrent si haut alors, en tous les genres, la gloire de l'esprit humain, eurent presque tous un caractère religieux : Bossuet et Corneille qui marchent à leur tête, furent l'un et l'autre les plus humbles serviteurs de Marie.

Louis XIV, digne d'être le roi de tels sujets, renouvela fidèlement chaque année la consécration faite par son père, et il le fit avec un cœur franchement dévoué à Marie, car tous les jours il récitait le chapelet en son honneur ; et un jour que le père de la Rue, son confesseur, l'avait surpris dans ce pieux exercice, il lui dit : « N'en soyez point tant étonné, mon Père ; je tiens cette pratique de la reine ma mère ; j'en fais gloire et je serais fâché d'y manquer un seul jour ».

L'année séculaire après l'émission du vœu de Louis XIII, Louis XV le renouvela solennellement et jusqu'à nos jours où ce vœu s'accomplit encore chaque année, si on en excepte l'époque désastreuse où le culte du vrai Dieu était interdit dans nos temples, la France n'a jamais cessé de vénérer dans Marie sa glorieuse patronne ; comme Marie n'a jamais cessé de nous protéger, arrachant ce royaume aux plus affreuses tempêtes, et du fond de l'abîme où plusieurs fois on l'a cru englouti, le faisant toujours surgir et reparaître à l'horizon le premier royaume du monde. (Hamon, Notre Dame de France).

Cependant la raison déifiée sous le symbole vivant d'une infâme prostituée, a osé se montrer sur l'autel de Notre Dame de Paris à la place de la statue de la Vierge Immaculée ! Est-il encore permis de dire que la France est le royaume de Marie ? N'est-il pas à craindre que Marie n'abandonne enfin Paris à ses impiétés et à ses iniquités ?

Non, Marie a donné depuis, dans Paris même, des gages nouveaux de sa protection et ces gages surpassent tout ce qu'elle avait fait jusque-là pour montrer sa sollicitude maternelle.

 

ND de France-001

 

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