Le Mois de Marie, reine de France

 

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Douzième jour

L’Arche de Noé

 

Genèse, 6, 12-22

 

Toute chair a corrompu ses voies, Dieu va effacer l'homme : mais il s'est rencontré un juste. Sur l'ordre divin ce juste travaillera cent ans à la construction de l'arche qui en le portant lui-même doit sauver le genre humain.

Cent ans forment un siècle, et si le siècle représente l'universalité des temps, il figure aussi l'éternité. De tout temps et de toute éternité, le véritable Noé, celui qui sera le second père du genre humain, parce qu'il en sera le sauveur, Jésus-Christ prépare dans la personne de Marie cette arche de salut qui en le portant lui-même doit sauver le monde.

L'arche échappe aux fureurs des flots du déluge, à cause du juste qu'elle porte dans ses flancs ; Marie sera préservée du péché originel, à cause de celui qu'elle doit porter dans son sein.

À l'exemple de Marie, soyez l’arche du véritable Noé. Recevez Jésus et portez-le en vous-même Jésus est la vérité : par la foi gardez sa parole dans votre intelligence ; vous échapperez au déluge de ces erreurs qui, sous le faux nom d'idées et de principes, dominent et submergent les plus hautes montagnes, les plus fières intelligences, les hommes puissants et fameux du siècle. Jésus est la justice : par la charité gardez sa grâce dans votre cœur, et vous échapperez au déluge de ces vices qui couvrent et qui engloutissent les plus hautes montagnes, les géants du siècle. Voyez-vous ces hommes puissants et fameux, les voyez-vous comme ils roulent, ici soulevés par le flot montant d'un orgueil insensé, là entraînés dans les gouffres de la volupté ! Saisis et emportés dans les tourbillons du vice, ils disparaissent les uns après les autres, engloutis à jamais, eux, leurs œuvres et leur mémoire. Isti sunt potentes a sæculo viri famosi... Hier, on ne les nommait qu'en tremblant ! Aujourd'hui, que reste-t-il de leurs hauts faits ? Rien.

Comprenez enfin qu'au jour du déluge il n'est de salut que dans l'arche, dans l'Église de Jésus-Christ, dans le Cœur de Marie, Mère de Jésus-Christ, dans le Cœur même de Jésus-Christ.

 

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Notre Dame des Victoires

 

En 1836, Marie intervenait d'une autre manière au centre même de Paris. Non loin de la Bourse, dans un quartier où on ne connaissait d'autre culte que celui de l'or, s'élevait une église à peu près déserte. C'était Notre- Dame des Victoires dont nous avons rappelé la glorieuse origine. Un jour le vénérable curé de cette église, M. l'abbé Desgenettes, se sentit pressé d'établir une association de prières en l'honneur du Cœur immaculé de Marie pour la conversion des pécheurs. « Quoi, répliquait-il à l'appel intérieur, une confrérie, une dévotion pour des paroissiens qui ne viennent pas même à la messe le dimanche ! » Ne pouvant cependant chasser cette pensée qui l'obsédait sans cesse, un jour de dimanche le bon prêtre annonce au petit nombre de fidèles présents à la messe que le soir, après vêpres, il recevra le nom des personnes qui voudront s'enrôler dans une confrérie en l'honneur du Cour immaculé de Marie. Il comptait à peine sur quelques femmes pieuses. Quelle ne fut pas sa surprise le soir quand il eut inscrit plus de quatre cents noms ! Or aujourd'hui qui dira le nombre des miracles opérés en faveur de ceux qui ont été recommandés aux prières de l'Archiconfrérie de Notre Dame des Victoires ? Qui comptera les noms inscrits sur les registres des innombrables confréries affiliés à cette merveilleuse association ?

Une autre faveur à laquelle Marie ne sera pas étrangère fut encore accordée dans un sanctuaire de Paris. C'était le 26 juillet 1846. Une sœur de Saint Vincent de Paul était en prière dans l'oratoire de sa communauté. Jésus lui apparaît tenant dans sa main droite un scapulaire écarlate dont les cordons étaient en laine et de la même couleur. Sur l'une des parties de ce scapulaire était représenté le Sauveur crucifié ; au pied de la croix on voyait les instruments de la Passion. Autour on lisait ces mots : « Sainte Passion de Jésus-Christ notre Seigneur, sauvez-nous ». Sur l'autre partie se trouvait l'image des sacrés Cœurs de Jésus et de Marie ; une croix semblait les transpercer tous les deux à la fois. Autour se lisait cette invocation : « Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, protégez-nous ». Cette apparition se renouvela plusieurs fois. Enfin, le jour de l'Exaltation de la sainte Croix, la sœur entendit ces paroles : « Ceux qui porteront ce scapulaire, recevront chaque vendredi une grande augmentation de foi, d'espérance et de charité ». Le 25 juin 1847, Pie IX approuva cette dévotion et l'enrichit d'un grand nombre d'indulgences.

Cette union des deux Cœurs et des deux Noms de Jésus et de Marie nous parait un nouveau gage de l'intervention de la Vierge-Mère et du concours qu'elle apporte aux desseins miséricordieux de son divin Fils sur la capitale de la France. Cette dernière faveur prouve aussi que ni la France ni sa capitale ne sont encore abandonnées de Jésus et de Marie. Ce n'est pas à cette heure, ce n'est pas au moment où les vrais catholiques se montrent, à Paris même, avec tant de courage, de zèle et de dévouement, ce n'est pas au moment où s'élève en l'honneur du Cœur sacré de Jésus le monument du repentir de la France coupable, ce n'est pas à cette heure qu'il est permis de désespérer. C'est l'heure de combattre, c'est l'heure de souffrir, peut-être encore l'heure de mourir. Eh bien ! aujourd'hui le combat, la souffrance, le martyre ; demain la victoire, le triomphe et le salut.

 

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