16 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

Le Mois de Marie, reine de France

 

Pessah

 

Dix-septième jour

La Verge de Moïse

 

Exode 4, 1-4

 

Moise jette sa verge sur le sol, elle est changée en serpent. Ainsi Ève, ainsi notre âme, ainsi la famille humaine tout entière, par l'affection aux choses terrestres et sensibles, devient tortueuse, rampante et vénéneuse comme le serpent.

Moïse reprend sa verge. Elle redevient droite et ferme. Ainsi Marie, ainsi l'âme fidèle et juste, ainsi l'Église, sous la main de Dieu, est droite et ferme, par la foi qui redresse et affermit la raison, par la vertu qui redresse et affermit la volonté.

Dix fois Moïse lève sa verge, dix fois le fléau du Dieu libérateur retombe sur l'oppresseur. (Exode 7, 9-12 , 15-20 ; 8, 16-17 ; 9, 23 ; 10, 13).

Priez Marie, priez dix fois, priez toujours, et dix fois et toujours le Pharaon de votre âme, et aussi le Pharaon de l'Église, la passion qui vous asservit, le César qui opprime le peuple chrétien, seront flagellés. Car Marie, par cela même qu'elle est une mère, est aussi, pour défendre ses enfants, une reine puissante et terrible comme une armée rangée en bataille.

Moïse lève sa verge et un souffle impétueux ouvre, à travers les flots, un passage à Israël. (Exode 14, 16). Moïse lève sa verge et les flots se rejoignent pour engloutir les guerriers, les coursiers et les chars de Pharaon.

Le chef de l’Église invoque Marie, et le souffle d'en haut ouvre au nouveau peuple de Dieu un passage à travers les flots des passions de la chair et du monde ; et le flot sanglant de la révolution, se refermant sur la tête des Pharaons, les engloutit dans l'abîme.

La verge de Moïse touche le rocher et de ce roc aride s'élance une source d'eau vive. (Exode 17, 5, 6). Votre cœur fût-il aussi dur, aussi sec que le roc ; le cœur de ce pécheur que vous désirez convertir fût-il aussi insensible que la pierre : invoquez Marie, et de ce cœur jailliront les larmes du repentir.

Mais cette pierre figure aussi Jésus lui-même. Petra autem erat Christus.

Invoquez Marie, elle a sur le cœur de son Fils le pouvoir souverain d'une mère, elle ouvrira ce cœur divin et il en jaillira une source d'eau vive, une abondance de grâces qui se répandra dans l'Église entière et qui ranimera dans chacun de ses membres la vie spirituelle, la vie surnaturelle, principe et gage de la vie éternelle : Fons aquæ salientis in vitam æternam. (Sg. 4, 14).

 

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Notre Dame du Puy

 

C'était sous le pontificat de saint Vosy, au IIIe siècle : « Une femme chrétienne était affligée d'une maladie incurable qui ne lui laissait aucun repos, rien ne pouvait adoucir ses souffrances si ce n'est la prière à Marie qu'elle aimait de toute son âme. Une nuit, elle entendit une voix qui lui disait d'aller sur le pic d'Anis et là d'attendre ses ordres; elle se fait porter au lieu désigné sur la montagne.

« Bientôt, un doux sommeil s'empare de ses sens ; pendant cet assoupissement mystérieux, la Vierge lui apparaît au milieu d'une troupe d'Anges et lui dit : « Ma fille, vous êtes guérie et vos prières ont été entendues ; allez à Vosy, mon serviteur et votre évêque, et dites-lui de ma part qu'il bâtisse sur cette montagne le sanctuaire du Puy-d'Anis ; c'est ici le lieu que j'ai choisi entre mille pour écouter favorablement ceux qui voudront m'y apporter leurs prières et leurs requêtes ».

La vision céleste disparaît : la malade se hâte de remplir la mission qu'elle a reçue et que Dieu veut encore confirmer par un nouveau prodige ; la montagne, au mois de juillet, est couverte de neige, et une biche y a marqué de ses pas le circuit d'une église. Saint Vosy accourt, il voit le miracle, et fait bâtir le sanctuaire dont, par une inspiration du Ciel, il prédit la gloire future. La piété des fidèles, les visites des saints , des grands personnages et des peuples se sont chargées de vérifier cet oracle.

C'est sous la coupole actuelle que se trouve la chambre angélique, célèbre par tant de faits miraculeux.

Saint Vosy s'était fait aider pour la construction de l'édifice par saint Scrutaire fort versé dans l'art de l'architecture et qui devait lui-même devenir évêque du Velay ; l'édifice terminé, ils veulent en faire la consécration et la dédicace ; ils recourent pour cela au Siège apostolique qui est le centre de l'unité et partent pour Rome. À peine les deux voyageurs ont-ils fait une demi-heure de chemin, et le lieu précis de cette halte, plusieurs pierres le désignent encore, qu'ils voient venir à eux deux vieillards vénérables, dont les habits sont blancs comme la neige et qui portent deux vases précieux. « N'allez pas plus loin, disent les vieillards, Dieu a déjà pourvu à la dédicace de votre sanctuaire ; prenez ces reliques et retournez sur vos pas, votre église est en ce moment consacrée par les Anges ». Nos deux Saints remontent en toute hâte la montagne bénie ; ô prodige ! les cloches sonnent, les airs retentissent d'hymnes harmonieux, des milliers de cierges brûlent autour du sanctuaire , l'autel est encore humecté de l'huile sainte qu'une puissance invisible y a répandue, et le temple est rempli de l'odeur de célestes parfums.

Notre Dame du Puy d'Anis devient dès lors un lieu de pèlerinage que visitent les Souverains-Pontifes, entre autres Urbain II , où s'empressent les empereurs et les rois ; Charlemagne visite ces lieux bénis trois fois, saint Louis y vient avant et après la croisade ; c'est lui qui apporte au sanctuaire la statue miraculeuse de la Vierge noire ; hélas ! triste souvenir de 1793 ! des mains sacrilèges l'ont brûlée. L'image que nous possédons aujourd'hui en est toutefois la représentation très fidèle et produit les mêmes merveilles ; Marie a pardonné.

Louis XI a fait trois fois le pèlerinage de Notre Dame du Puy d'Anis, la troisième fois pour ne point mourir ; arrivé à Fix, il veut venir à pied, marche pendant vingt kilomètres et revêt pendant trois heures le surplis et l'aumusse des chanoines. Charles VII, abandonné de tous, même de sa mère, vient chercher ici un refuge. Il est proclamé roi sur le rocher d'Espaly, voisin du mont d'Anis .

On se demande pourquoi le double vocable de Notre Dame du Puy et Notre Dame de France ! Notre Dame de France, c'est l'affirmation du culte que la France veut rendre à Marie, c'est dans une de ses grandes manifestations le culte national. Notre Dame du Puy, c'est le culte local ; depuis longtemps, depuis plus de douze siècles, notre Vierge est vénérée sous le nom de Notre Dame de France ; les pèlerins y affluaient de partout, du fond même de l'Afrique. Le Puy, par Marie, est le cœur de la France.

Autrefois, sur le rocher Corneille, il y avait une girouette, aujourd'hui la religion y a placé la statue colossale de Notre Dame de France, et pour l'esprit attentif à la grandeur et à la conduite du projet, cela ne s'est point fait sans une insigne protection du Ciel.... La statue proposée devait représenter trois symboles : l'Immaculée Conception, la Maternité divine, la Royauté de Marie. Il fallait un ouvrier habile, un artiste se présenta, M. Bonnassieux ; il fallait de l'argent, Mgr de Morlhon eut confiance en la France et l'aumône a été abondante ; il fallait consacrer la dévotion nationale, il va trouver Napoléon III, obtient sa souscription et celle de l'Impératrice ; il lui demande la matière de la statue, les canons de Sébastopol qui n'étaient pas encore pris… L'Empereur s'étonne, sourit et promet ; deux jours après, nos armées victorieuses assuraient la réalisation de cette promesse ». (Extrait du Récit des Gloires de Notre Dame du Puy, fait par M. de Pélacot, vicaire général, au Congrès de l'Union des Œuvres ouvrières en 1877).

 

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