19 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

 

Le Mois de Marie, reine de France

 

Nom de Dieu-001

 

Vingtième jour

Le Sinaï

 

Exode XIX

 

Ne touchez pas à la montagne. La mort serait le châtiment de votre témérité. N’insultez pas Marie, ce serait la mort de votre âme.

Un nuage épais couvre le Sinaï et dans ce nuage retentissent les foudres et brillent les éclairs dominés par l'éclat formidable de la grande voix de Dieu. Ainsi au jour de l'Incarnation la vertu du Très-Haut enveloppa Marie de son ombre. Virtus Altissimi obumbrabit tibi.

Mais si le Sinaï apparaît sombre, terrible, enveloppé de fumée, sillonné d'éclairs et foudroyant ; c'est pour les superbes qui voudraient monter et voir au delà des limites fixées par Dieu lui-même : transcendere terminos ad videndum Dominum (Ex. 19, 21) ; c'est pour les âmes charnelles : et si bestia tetigerit montem (He. 12, 18) ; mais pour les hommes de foi, pour les cœurs purs, le Sinaï ressemble à un ciel serein : quasi cælum cum serenum est. (Ex. 24, 10).

Image de Marie qui se montre redoutable aux esprits superbes et aux cœurs sensuels, douce et sereine aux humbles et aux innocents.

Image de l'Église : les esprits superbes qui prétendent tout voir et tout expliquer par la raison, ne trouvent que ténèbres et fumée dans les hauts et purs enseignements de l’Église ; les cœurs charnels n'y comprennent absolument rien. Pour les uns comme pour les autres, l'Église n'a que des éclairs et des foudres. Mais pour les intelligences que la foi élève, pour les cœurs que la charité purifie, la doctrine de l’Église est un ciel pur, calme et serein.

Dieu descend sur le Sinaï : il descend en Marie par l'Incarnation ; il descend dans l'Église par l'Eucharistie ; il descend dans l'âme fidèle par la communion.

Du sommet du Sinaï, Dieu donne sa loi à Israël. Marie, dont le nom signifie l'élévation, est la montagne du haut de la quelle Dieu donne au monde entier Celui qui est la loi vivante, le Verbe qui, incarné dans le sein de la Vierge immaculée, se révélera par l'Évangile et par l'Église.

Trois fois Dieu a fait alliance avec l'homme : d'abord dans le paradis terrestre, avec Adam, père et chef de la famille humaine ; puis sur le Sinaï, avec Moïse, sauveur et chef d'un peuple choisi ; enfin, dans le sein de Marie, par l'union de la nature divine et de la nature humaine en la personne de Jésus-Christ. Cette dernière alliance se continue et se consomme dans l'Église.

Au sommet du Sinaï, Moïse parlait et Dieu lui répondait. Au sommet de l'Église, Pierre parle et Dieu lui assure l'infaillibilité. Restons unis à Pierre et nous serons infaillibles nous aussi, infaillibles par la foi, de l'infaillibilité même qui fut garantie à Pierre par Jésus, infaillibles de l'infaillibilité du Verbe qui est Dieu.

 

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Marie en Anjou

 

Nous abordons ce diocèse avec un double bonheur, écrit M. Hamon, premièrement parce qu'il n'en est point sur lequel nous ayons été mieux renseigné ; en second lieu, parce qu'il en est peu, s'il en est quelques-uns, où la sainte Vierge ait été autant aimée, où cet amour se soit traduit par tant de sacrifices et où l'on ait fondé, pour dilater son culte et le perpétuer d'âge en âge, un si grand nombre d'églises, d'abbayes, de prieurés, de chapelles.

Les Angevins appellent la sainte Vierge Notre Dame l’Angevine : 1° parce que, voyant en elle une mère, ils aiment à se la figurer comme ne faisant avec eux qu'une même famille et un même peuple ; 2° parce que, touchés de sa tendresse et de ses bienfaits, ils la regardent comme étant à eux plus spécialement qu'à tout autre peuple : elle est éminemment Angevine, et l'Angevine est son nom. (Notre Dame de France, t. IV, p . 187).

 

L'Angevine

 

La nativité de Marie dans le pays, se nomme l'Angevine, parce que ce fut à Angers, vers l'an 430, que pour la première fois dans l'Église la naissance de la sainte Vierge fut célébrée d'après une révélation que reçut saint Maurille, évêque d'Angers.

Or, le 8 septembre 732, la fête angevine acquit une célébrité nouvelle. Ce jour-là même, Charles Martel remporta sur Abdé rame, la grande victoire qui lui valut son glorieux surnom, et le soir même de la bataille, il institua en l'honneur de Marie, l'ordre des chevaliers du Genêt. Il n'y admit avec lui que vingt-neuf guerriers choisis parmi ceux qui s'étaient le plus distingués dans cette fameuse journée. Les chevaliers de ce nouvel ordre portaient un collier d'or à trois chaînes entremêlées de l'emblème de la rose de Jéricho supportant l'humble fleur du genêt, avec la devise : « Et exaltavit humiles : Il a exalté les humbles ».

Le 8 septembre 1022, le roi Robert releva cet ordre sous le nom de Notre Dame de l'Étoile, parce qu'il substitua une étoile à la fleur du genêt, disant que Marie était l'étoile de la France. Quelques autres modifications furent faites au costume des chevaliers, et on leur imposa l'obligation de réciter chaque jour cinquante Ave Maria.

Enfin en 1243, Innocent IV rendit obligatoire la fête de la Nativité, conformément au vœu qu'avait fait le conclave où il fut élu, pour obtenir le triomphe de l’Église sur les factions qui menaçaient d'entraver l'élection.

Cependant les évêques d'Angers, les comtes d'Anjou et les rois de France ne cessèrent pas de multiplier en ce pays les signes de leur dévotion envers Marie.

Sur vingt-deux villes que comprenait l'ancien Anjou, dix-neuf honoraient Marie comme leur patronne et même comme leur fondatrice, puisque c'était sa chapelle qui, en attirant la foule, avait donné naissance aux premières habitations. Sur dix neuf abbayes, onze avaient été fondées en l'honneur de Marie.

À Angers même, sur trente et une églises, seize étaient dédiées à la sainte Vierge. Du haut de la cathédrale, placée au centre sur une éminence, Marie regarde toute la ville : totam prospicit urbem. Depuis 1612 sa statue était au-dessus des trois portes principales, avec diverses inscriptions. Sur la porte de la vieille chartre on lisait : « Protegam civitatem hanc propter nomen meum et propter te ». (4 R. 19, 34). Sur la porte de la montée Saint Maurice on lisait : « Tu gloria Jerusalem, tu honorificentia populi nostri » (Ju. 14, 10) ; Enfin sur la porte angevine on lisait : « Dominare nostri tu et filius tuus ». (Ju. 8, 22).

 

ND de France-001

 

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