28 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Sainte Baume

 

Vingt-neuvième jour

29 juillet

 

La Sainte Baume

 

Prélude : Contempler Marie-Madeleine au désert, abîmée dans la ferveur de ses oraisons continuelles.

 

Méditation

 

« Marseille, dit Lacordaire, cet éloquent historien de la sainte qui a rétabli les frères prêcheurs à leur poste d'honneur auprès du tombeau de Madeleine, Marseille n'était pas le lieu prédestiné où Jésus-Christ attendait son ancienne et fidèle amie pour la faire jouir de cette part qu'elle avait préférée et que nul ne devait lui ravir », selon qu'il l'avait solennellement promis. Cette part, c'était la contemplation dans une solitude. La solitude existait. Dieu, qui a tout créé en vue de l'avenir, et qui n'a pas dessiné un rivage, élevé une montagne, arrosé une vallée et creusé une mer, sans savoir pour quel peuple ou quelles âmes il travaillait ; Dieu, dans la création, avait pensé à Marie-Madeleine, et lui avait fait, en un point de la terre, un asile exprès.

Au centre de roches hautes et alignées qui ressemblent à un rideau de pierre, dit ailleurs Lacordaire, l'œil découvre une habitation qui y est comme suspendue, et à ses pieds une foret dont la nouveauté le saisit. Ce n'est plus le pin maigre et odorant de la Provence, ni le chêne-vert, ni rien des ombrages que le voyageur a rencontrés sur sa route ; on dirait que, par un prodige inexplicable, le nord a jeté là toute la magnificence de sa végétation. C'est le sol et le ciel du midi avec les futaies de l'Angleterre. Tout proche, à deux pas, sur les flancs de la montagne, on retrouve la nature vraie du pays ; ce point-là seul fait exception. Et si l'on y pénètre, la forêt vous couvre aussitôt de toute sa majesté, semblable en ses profondeurs, en ses voiles et en ses silences, à ces bois sacrés que la hache des anciens ne profanait jamais. Là aussi, les siècles seuls ont accès ; seuls, ils ont exercé le droit d'abattre les vieux troncs et d'en rajeunir la sève ; seuls, ils ont régné et règnent encore, instruments d'un respect qui vient de plus haut qu'eux, et qui ajoute au saisissement du regard celui de la pensée.

Une grâce attira en cet endroit Marie-Madeleine, la même grâce qui l'avait élue pécheresse, conduite aux pieds de la croix, et rendue, aux portes de la mort, la première spectatrice de la résurrection du Fils de Dieu. Elle y vint comme elle était allée à Jésus-Christ, par la même lumière et le même mouvement.

Là, séparée des hommes qui avaient crucifié son Sauveur et le Sauveur du monde, elle n'avait plus qu'une pensée, celle de revoir l'ami divin qu'elle avait perdu. Car l'éloignement ni la mort ne rompent l'amour véritable ; il creuse l'âme d'autant plus qu'il est privé d'épanchement au dehors. Et si l'on a vu des vies se flétrir sur le tombeau d'un fils ou d'une épouse, que devrait-ce être de Marie-Madeleine, qui avait tenu les pieds du Fils de Dieu, et qui l'avait aimé par-dessus toute amitié de la nature et toute onction de la grâce ? Aussi, je ne m'étonne pas, quand la tradition me raconte que chaque jour, et sept fois par jour, elle était enlevée de sa grotte au sommet du rocher qui la couvre, pour entendre là ce que saint Paul déclare avoir entendu sans pouvoir l'exprimer.

Saints ravissements ! l'homme étranger à Dieu et à son Christ ne vous comprend pas. Attaché à la terre de tout le poids du péché, il ne sait pas ce que Dieu a d'empire sur une âme sainte, et ce qu'une âme sainte a d'empire sur son corps. Il croit à l'attraction des mondes, mais il ne croit pas à l'attraction de Dieu. Laissons- lui cette science qui flatte son orgueil, et pour nous, simples fils de l'Evangile, qui avons vu notre Dieu mourir par amour et retourner au ciel par le même amour, sachons que c'est là notre route, notre espérance, notre avenir éternel, et rendons grâces à Dieu qui nous a donné dans nos saints, ici- bas mème, des exemples de l'extase où nous jettera sa vision.

La Sainte Baume a été le Tabor de sainte Marie-Madeleine. Plus heureuse que saint Pierre, qui disait au Seigneur le jour de sa transfiguration : « Il nous est bon d'être ici, faisons-y trois tentes », Madeleine a eu cette tente, refusée au prince des Apôtres. Elle y a vécu solitaire, entre les pénitences de la grotte et les ravissements de la hauteur. Rien n'est changé là, non plus qu'au Tabor. La foi, respectueuse adoratrice de tous les grands souvenirs, habite encore les deux montagnes, et, de leur faite immaculé, elle regarde en haut le Dieu qui les visita.

Trente ans, Dieu donna ce spectacle à ses Anges pour en laisser le souvenir à tous les siècles. Trente ans, Marie-Madeleine passa de la pénitence à la gloire et de la gloire à la pénitence, réunissant dans cette alternative la double vie qu'elle avait eue, celle de pécheresse et celle d'amie de Jésus ».

 

Résolution : S'imposer chaque jour quelques moments de vie solitaire et pénitente.

Bouquet spirituel : « Marie a choisi la meilleure part ». (Lc 10, 42)

 

Vita marie madeleine

 

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