12 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Résurrection de Lazare

 

Treizième jour

13 juillet

 

Résurrection de Lazare

 

Prélude : Marie-Madeleine, à genoux devant le Sauveur, pleure sur la mort de Lazare. Jésus frémit et pleure avec elle.

 

Méditation

 

Or, il y eut un grand et douloureux évènement à Béthanie, dans ces maisons où Jésus avait ses trois amis. Marthe et Madeleine eurent la douleur de voir Lazare tomber dans une sorte de langueur maladive, qui finit par s'aggraver et devenir une maladie mortelle. On s'aimait beaucoup dans cette mai- son, où Jésus avait laissé sa paix, et ce fut une grande désolation parmi les deux sœurs quand leur frère s'en allait mourir. Et Jésus n'était pas venu depuis longtemps !... Ah ! si Jésus était présent, comme Marthe et Marie seraient tranquilles et rassurées. Mais il est loin, et les Juifs cherchent à le lapider. Peut-être la crainte des Juifs, la prudente réserve des apôtres, les prédications de Jérusalem le retiendront encore longtemps loin de Béthanie Les deux sœurs se concertèrent. « Envoyons un message au Maître ». J'imagine volontiers que ce fut Marie-Madeleine qui trouva, dans sa connaissance du Cœur de Jésus, ce touchant appel : « Seigneur, celui que vous aimez est malade ! »

Quand Jésus reçut le message, il ne sembla pas d'abord s'en émouvoir. Pendant qu'il différait, la maison de Béthanie se remplissait des cris de Marthe et des larmes plus silencieuses de Marie. Lazare, en l'absence de Jésus, était mort !

Marie alors s'abîme dans sa douleur, au point que ses amis ne savaient plus comment la consoler.

Enfin, Jésus dit : « Lazare est mort... parce que je n'étais pas là. Allons à lui ». Et Jésus vint, et Marthe accourut au-devant de lui. Mais, après un dialogue sublime, elle se leva sur l'ordre du Maître et revint à la maison où sa sœur pleurait, inconsolable de la mort de leur frère. Mais l'approche de Jésus avait déjà opéré son action sur sa sainte amie. Elle avait retrouvé, avec l'espérance, le but ordinaire de ses contemplations ; elle avait recommencé son oraison si tendre et si continue. On dirait que Marthe l'a compris, tant elle s'approche avec une sorte de précaution de sa sur la contemplative. Elle l'appelle à voix basse, ou plutôt, suivant l'expression même du texte sacré, « en silence ».

Elle lui dit : « Le Maître est là, et il t'appelle ! » Ô parole délicieuse ! Lorsque Marie l'entendit, elle se leva avec une hâte telle que les Juifs en éprouvèrent de l'effroi. Elle court, elle vole ou son amour l'appelle, où son Maître l'attend. Marie se jeta aux pieds de Jésus... Et Jésus, la voyant pleurer, éprouva une grande émotion. Alors, dit saint Jean, Jésus pleura !

Larmes bénies de mon Dieu, en même temps que vous me témoignez de son amitié de prédilection pour Madeleine, combien vous me prêchez éloquemment son amour pour les âmes et sa miséricorde pour les pécheurs ! En vous voyant couler silencieuses et brûlantes, les témoins de cette scène merveilleuse disent : « Comme il l'aimait ! » Mais, l'attendrissement d'un Dieu ne saurait demeurer stérile : Madeleine sera bientôt consolée par l'un des plus éclatants prodiges de la puissance de Jésus-Christ.

Ô Lazare, Jésus est touché des larmes de Madeleine, il a pleuré et souffert pour toi, ô « Lazare, viens hors du tombeau ! »

Qui dira la scène qui dut surie ce moment, quand les pieds du ressuscité furent libres, quand ses mains furent débarrassées, quand son regard put s'arrêter sur le Maître, quand ses lèvres purent s'ouvrir aux saints baisers et aux cris de la reconnaissance ! Âmes ressuscitées du péché, vous seules pouvez le dire ! Quel a été l'emploi de vos premières heures de conversion ? Ô Madeleine, vous qui étiez sortie aussi un jour du tombeau de vos crimes, combien vous comprîtes, mieux qu'un autre, la joie et le ravissement de Lazare, à sa résurrection !

C'est Jésus qui avait appelé sa fidèle pénitente pour qu'elle assistât au grand miracle ; c'est à Jésus que Madeleine dit en pleurant : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort ! » Ce sera aussi Jésus qui recevra les élans de la reconnaissance attendrie de Marie-Madeleine ! L'Evangile nous raconte un fait qui traduit éloquemment cette reconnaissance et que nous méditerons demain. Pour aujourd'hui, arrêtons-nous avec complaisance sur des sentiments que le cour devine, bien plus que la langue humaine ne saurait les raconter.

 

Résolution : Prier souvent pour les pécheurs.

Bouquet spirituel : « Jésus, voyant que Marie pleurait... frémit dans son esprit, se trouble lui- même... Et Jésus pleura ». (Jean 11, 33, 35).

 

Vita marie madeleine

 

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11 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Martha-and-Mary

 

Douzième jour

12 juillet

 

La meilleure part

 

Prélude : Marie, assise aux pieds du Seigneur, écoute sa parole.

 

Méditation

 

« Marthe, raconte le saint Evangile, s'empressait à toutes sortes de choses du service, et, s'étant mise debout devant le Seigneur, elle lui dit : « Seigneur, est-ce que vous ne vous inquiétez pas de voir que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dites-lui donc de m'aider ». Et le Seigneur, répondant, lui dit : « Marthe, Marthe, vous vous préoccupez et vous vous troublez de bien des choses. Or, il n'y en qu'une de nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point enlevée ».

Il me semble, dit sainte Thérèse, s'adressant à Notre Seigneur, que Marthe ne se plaignait pas seulement de sa sœur, mais son plus grand déplaisir venait sans doute de ce quelle se persuadait que vous ne la plaigniez pas tant que sa sœur : cette disposition de son esprit paraît encore plus clairement en ce que, sans dire une seule parole à sa sœur, toute sa plainte s'adresse à vous, et la violence de son amour lui donne même la hardiesse de vous dire que vous ne preniez pas garde que sa sœur ne l'aidait point à vous servir. Votre réponse, mon Seigneur, témoigne que sa plainte procédait en effet de cette cause, puisque vous lui déclarez que l'amour est ce qui donne le prix à tout, et que cette unique chose nécessaire dont vous vouliez parler est d'avoir un si grand amour pour vous, que rien ne puisse être capable de nous divertir de vous aimer !…

Saint Augustin s'est arrêté avec complaisance devant ce tableau si doux et si instructif. « Jésus, dit le grand docteur, avait été pris pour juge, il se fit avocat, répondant pour Marie. « Marthe, Marthe, je vous vois bien inquiète et troublée ». Cet emploi du nom propre est un signe d'amitié. Cette répétition du nom indique l'importance de l'enseignement qui va être donné et le besoin qu'a Marthe de se calmer. « Or, une seule chose est nécessaire : dans le repas que vous me préparez, un seul mets, ainsi que le veulent la tempérance et la pauvreté, dont nous faisons profession ; et dans l'ordre du salut, l'union de l'âme avec Dieu par la contemplation, l'amour, les saints désirs. - « Marie a choisi la meilleure part qui ne lui sera point ôtée ». Elle l'a choisie librement, cette part, et je l'avais choisie pour elle. Son cœur, naturellement porté à l'amour, et qui avait péché par amour, a voulu, sous l'inspiration de ma grâce qui s'adapte au caractère et sans détruire les passions leur substitue un objet saint, suivre son penchant à l'amour et tout réparer par amour. Désormais l'amour sera son office, son genre de sainteté, sa récompense et sa gloire. Elle prélude à mes pieds dans les ombres de la foi aux extases du ciel, où Dieu sera vu face à face, et aimé non d'un amour commencé, mais parfait, où la joie n'entrera pas seulement goutte à goutte dans l'âme, mais ou l'âme entrera, se plongera pour jamais dans la joie de son Seigneur. Ce que fait Marie en ce moment, elle le fera tant que je serai parmi vous, elle le fera après mon départ jusqu'à sa mort, elle le fera éternellement dans le royaume de son Père. L'unique nécessaire, c'est moi, votre vie et votre salut ; c'est Jésus que Marie possède, qu'elle tient, dont elle ne se séparera plus.

Marthe et Marie, observent les commentateurs, figuraient les deux vies qui partagent l’Église en et qui, dans leur diversité et leur union, en font la force et la beauté : l'action et la contemplation. Jésus donc nous déclare là que la vie contemplative l'emporte en dignité, en excellence, mérite, sur la vie active.

Enfin, - et j'aime beaucoup cette conclusion de Lacordaire, - qu'était-ce que cette meilleure part, sinon un amour plus grand de Notre-Seigneur, mérité par un amour plus parfait ? Marthe servait, Marie écoutait et contemplait ; Marthe se tenait debout, Marie était assise aux pieds du Sauveur ; Marthe se plaignait, Marie se taisait. Entre ces deux affections si différemment exprimées, il est impossible d'hésiter. En déclarant celle de Marie préférable, Jésus la disait nécessairement préférée, et préférée avec cette promesse que la meilleure part lui resterait à jamais.

 

Résolution : Unir toujours la contemplation à l'action, pour sanctifier celle-ci par celle-là et pour plaire à Jésus, qui regarde surtout le cœur et l'amour.

Bouquet spirituel : « Madeleine a choisi la meilleure part ». (Luc 10, 42).

 

Vita marie madeleine

 

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10 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Béthanie

 

Onzième jour

11 juillet

 

Béthanie

 

Prélude : Entrons avec un saint respect dans la maison de Marthe, où Jésus s'assied, et où Madeleine vient encore se placer à ses pieds.

 

Méditation

 

« Jésus, dit Lacordaire, avait à Béthanie une famille entière d'amis. C'était là que, venant à Jérusalem, dans la ville où devait se consommer son sacrifice, il se reposait des fatigues de sa prédication et des douloureuses perspectives de l'avenir. Là étaient des cœurs purs, dévoués, amis ; là, ce bien incomparable d'une affection à l'épreuve de tout. Aussi, ce fut de Béthanie qu'il se mit en marche pour faire son entrée triomphale à Jérusalem ; et ce fut à la vue de Béthanie, le visage tourné vers ses murs, du côté de l’Orient, qu'il monta au ciel, presque à égale distance du Calvaire où il était mort, et de la maison où il avait le plus aimé. Aujourd'hui même, quand le voyageur descendant de Jérusalem a passé le torrent de Cédron et gravi la montagne des Oliviers, il découvre sur la pente orientale de ces collines quelques masures parsemées de ruines. On lui montre du doigt, entre ces débris, trois points marqués à peine par des restes informes. « Là, lui dit-on, était la maison de Lazare ; là, celle de Marthe ; là, celle de Marie-Madeleine ».

Le souvenir des siècles a été plus fort que les destructions de la Barbarie, et le nom des amis de Jésus, survivant aux pierres dispersées, frappe encore d'un son ému les solitudes indifférentes… Mais, si, ressuscitant par la pensée ces habitations disparues, nous y pénétrons pieusement à la suite du Maître ; si nous nous asseyons au banquet du soir avec Jésus, Lazare, Marthe et Marie, nous nous demanderons peut-être à qui d'entre ces hôtes si chers le cœur de Jésus s'était le plus donné…

Il y avait dans Marie une humilité plus profonde, une foi plus vive, une plus grande action sur le cœur de Jésus. Elle était aimée d'une préférence que ses vertus révèlent, parce qu'elles étaient à la fois et l'effet et la cause de l'amour du Fils de Dieu ».

Heureuses maisons de Béthanie ! Jésus venait souvent y demander l'hospitalité et s'y reposer de ses fatigues apostoliques. Quel accueil on lui faisait toujours là ! Comme ses trois amis étaient fiers, heureux, enthousiasmes, quand il apparaissait de loin ! Et puis, quand la porte de la maison s'était refermée, quels doux entretiens, quels calmes échanges de parole, quelle bonté d'une part et quelle avidité de l'autre !

Jésus était venu parmi les siens, et les siens ne l'avaient pas reçu ! Mais, à Béthanie, on le recevait toujours avec tant d'empressement et tant d'amour !… « Là, dit un pieux auteur, se trouvaient les confidences amicales autour du foyer domestique, les repas de famille, l'hymne du soir, l'adieu et la bénédiction qui termine la journée, le salut et le bonjour du matin, le mot du cœur, le mot du Bon Dieu, et le Bon Dieu c'était Jésus lui-même ! Cette maison se changeait en temple, devenait un ciel, quand Jésus y entrait ! »

Et Madeleine, comment se conduisait-elle, durant les visites du Sauveur Jésus à Béthanie ! Mon cœur imagine volontiers l'ardeur et les transports de sa joie. Mais, nous n'en sommes pas réduits à de simples conjectures, le Saint Esprit a pris soin de nous décrire cette piété dans l'accueil et cette occupation de l'âme de Madeleine durant l'hospitalité donnée à Jésus.

« Marie, raconte saint Luc, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». Ah ! combien ce texte me touche et m'émeut. Elle savait, par une douce expérience, combien l'on gagne à demeurer aux pieds de Jésus, et pénitente dévouée, disciple fidèle, elle revient volontiers se placer à ces pieds divins. Les autres se placent à côté de Jésus, mais, elle, dans son humilité, elle se met à terre, appuyée contre les pieds adorables du Sauveur, qui venaient de se fatiguer à la poursuite d'autres pécheurs à convertir, d'autres brebis à ramener au bercail, « semblable, dit saint Bernard, à une colombe qui, s'étant une fois blanchie et désaltérée dans un ruisseau de lait, demeure sur les bords pour s'y plonger encore et ne veut plus s'en éloigner ».

Pendant que Marie se plaisait dans un doux repos prolongé aux pieds du Maître, le Maître se complaisait à l'instruire et à l'initier aux secrets de la perfection. Et elle « silencieuse, ravie, respirant à peine, suspendue entre le ciel et la terre, elle tenait ouverts ses yeux, ses oreilles, et plus encore son cœur ; elle recueillait jusqu'aux moindres miettes de cette grande et riche table que son Seigneur étalait devant elle ».

 

Résolution : Écouter la parole de Dieu, en unissant son Cœur aux sentiments de Marie-Madeleine pendant que son Maître l'instruisait.

Bouquet spirituel : « Marie, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». (Luc 10, 39).

 

Vita marie madeleine

 

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09 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Dixième jour

10 juillet

 

À la suite de Jésus

 

Prélude : Jésus parcourt la Judée. Avec Marie, sa sainte mère, Marie-Madeleine et quelques autres privilégiées le suivent.

 

Méditation

 

Quand il a raconté cette merveilleuse histoire de la conversion de la pécheresse, saint Luc ajoute : « Jésus se mit ensuite à parcourir les villes et les bourgades, prêchant et annonçant le royaume de Dieu ; et les douze Apôtres étaient avec lui. Il y avait aussi quelques femmes qui avaient été délivrées des malins esprits et guéries de leurs maladies, entre lesquelles était Marie, surnommée Madeleine… et plusieurs autres qui l'assistaient de leurs biens ».

Si j'interroge le cœur de la nouvelle convertie et que je lui demande quel est le mobile qui l'entraîne ainsi à la suite de Jésus, je n'aurai point d'autre réponse que celle-ci : l'amour !

Madeleine aime son Dieu, et voilà pourquoi elle veut l'entendre toujours, le voir sans cesse, s'instruire à son école, apprendre de lui comment on peut l'aimer et le mieux lui témoigner son amour.

Ah ! qu'elles sont rares, les âmes qui entendent ce langage ! Une fois les premières heures de la conversion passées, elles s'habituent peu à peu à vivre, sans se préoccuper beaucoup de chercher Dieu. Puis, Dieu se retire, et elles se plaignent d'être sans goût, sans ferveur, sans attrait pour les choses spirituelles. La communion elle-même, qui les consolait tant au début, leur devient presque une charge et les laisse indifférentes ! Ô âmes sans générosité, voyez Madeleine ! Dès qu'elle a eu son pardon, elle ne se contente point de s'en aller en paix, comme le lui a dit Jésus. Elle quitte la salle du festin, mais son cœur demeure là où est son trésor. Elle met ordre à son passé, elle rompt généreusement, ouvertement, avec tous les complices et toutes les occasions du péché. Puis, elle va trouver Marie, la mère de miséricorde, la mère de son Jésus. Oh ! comme cette entrevue entre la Vierge Immaculée et l'heureuse Madeleine dut être touchante ! Marie la prit dès lors pour sa fille, pour sa compagne. Avec elle, Madeleine pouvait suivre Jésus de plus près. Elle ne perdra pas un geste de sa main ou une parole de ses lèvres, quand le Sauveur parlera aux foules ; elle sera admise souvent à son intimité, et rencontrera quelquefois son regard, ce regard qui la transforma chez le Pharisien ; son sourire, ce doux sourire de miséricorde qui gagna son cœur. Elle l'entendra lui adresser quelquefois la parole, cette parole qui charme et qui fixe les cœurs dévoués. Mais surtout, elle apprendra à cette école comment on doit suivre Jésus pour lui plaire, comment on lui plaît en portant si croix, comment on le suit véritablement en imitant sa conduite et en s'imprégnant de son esprit.

Mais, observe l'Évangéliste, Jésus prêchait et annonçait le royaume de Dieu. Madeleine ne se bornera donc point à satisfaire sa propre dévotion et son vit attrait à la suite du Maître. Elle travaillera, pour lui plaire, à étendre le règne de Dieu Elle voudra concourir, elle aussi, à l'apostolat de Jésus et de ses disciples.

Sans doute, l'apostolat de la femme ne saurait être un ministère semblable à celui que les apôtres exerçaient à la suite de Jésus. Mais, l'exemple, les bons et doux avis que donne dans le secret de l'intérieur la femme qui aime les âmes, tout cet ensemble de petits moyens que suggère le zèle à celles qui l'ont, Madeleine l'emploie avec un dévouement qui s'inspire dans l'ardent désir de répandre partout la connaissance et l'amour de Celai qui s'est fait si miséricordieusement connaître et aimer d'elle.

Saint Luc ajoute qu'elle assistait Jésus de ses biens. L'aumône ! Voilà en effet l'apostolat qui semble plus spécialement réservé à la femme. Jésus ne veut pas que ses disciples soient distraits par les préoccupations des choses de la fortune : C'est Madeleine qui pourvoira à sa subsistance et à celle des apôtres. Oh ! combien cet emploi des richesses que la Providence lui avait réparties devait satisfaire le cœur généreux de l'ardente Madeleine ! Trop longtemps, elle en fit un usage profane et criminel. À présent, elle va tout donner à Jésus, pour le suivre, pour sauver des âmes avec lui, trop heureuse qu'il daigne lui permettre de dépenser ainsi pour lui les trésors dont elle n'est plus que l'économe, depuis qu'elle a compris pourquoi Dieu les lui avait donnés.

 

Résolution : S'appliquer à l'imitation de Jésus-Christ.

Bouquet spirituel : « Marie-Madeleine le suivait, l'assistant de ses biens. (Luc 7, 3).

 

Vita marie madeleine

 

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08 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

L'onction à Béthanie

 

Neuvième jour

9 Juillet

 

Le Pardon

 

Prélude : Jésus adresse la parole à Madeleine. La pécheresse convertie regarde Notre Seigneur. Son visage rayonne de joie et d'amour.

 

Méditation

 

Pendant qu’il parlait d'elle, Marie-Madeleine sentait son espérance s'affermir et son amour s'embraser. Le son de cette voix divine pénétrait dans ses oreilles charmées et arrivait jusqu'à son cœur, qui se fondait d'amour.

Mais, ô bonheur ! Voici que Jésus a cessé de s'adresser à Simon. Il regarde plus attentivement Madeleine, qui relève la tête, comprenant que ceci lui était personnel. A ce moment, la terre entière n'était plus rien pour elle. Que lui importaient les murmures et les remarques des convives ? Que lui importait l'univers ? Tout son univers, à elle, il est dans la personne sacrée et adorée du Maître, et le Maître parle !...

« Vos péchés vous sont remis !... » dit Jésus, en pariant à la pauvre pécheresse. Oh ! la douce assurance ! Le péché formait l'obstacle qui retenait son cœur confus et creusait un abîme entre le Dieu de toute pureté et elle. Or, voici que les péchés lui sont remis, c'est Dieu lui-même qui l'en assure ! Plus rien donc ne met obstacle à son amour, plus âme, à la veille de notre première communion, à la clôture d'une retraite, dans une circonstance de rien ne la sépare de Celui qu'elle aime. Ah ! qu'elle sera admirable la fidélité de cette âme convertie ! Comme rien ne lui coûtera plus pour éviter le péché et ses moindres occasions à l'avenir ! Tout à l'heure, elle va quitter la salle du festin, elle va revoir Lazare et Marthe, elle va rompre avec tout son passé, elle va inaugurer une vie nouvelle. Mais, avec quelle ferveur tout cela s'opère dans son âme, c'est ce qu'on peut deviner, bien mieux qu'on ne saurait le dire.

« Vos péchés vous sont remis ! » Rappelons-nous donc, chacun, la joie ineffable qui remplit notre âme, à la veille de notre première communion, à la clôture d’une retraite, dans une circonstance de la la grâce divine, quand le prêtre nous dit, de la part de Dieu : « Vos péchés vous sont remis ! » Nous tressaillîmes alors jusqu'au fond de nos entrailles, et, si l'on nous avait parlé à ce moment de rechute possible, d'infidélité nouvelle à la grâce, nous aurions protesté avec une énergie indignée. Hélas ! combien peu imitent la fidélité persévérante de Madeleine !... Mais, revenons vite à cette heureuse convertie du Sauveur.

Ceux qui étaient à table avec Jésus commençaient à se dire, en murmurant : quel est donc celui qui remet les péchés ? - Ô Madeleine, répondez. Vous savez, vous, quel est celui qui vous a remis les vôtres. Vous savez qu'il est Dieu, puisqu'il pardonne ; Dieu, puisqu'il est bon; Dieu, puisqu'il change les cours comme vous sentez le vôtre transformé au dedans de vous.

Et Jésus récompense cette foi de sa servante, en l'exaltant, avec une affirmation pleine d'autorité, qui fait taire les murmures des convives et remplit Madeleine de consolation. « Votre foi vous a sauvée, lui dit-il. Vous avez cru, vous, que j'étais le Messie envoyé de Dieu ; vous avez cru à mon amour, et voilà pourquoi vous serez une preuve éclatante de mon pouvoir divin, comme un témoignage continuel de l'efficacité de ma grâce. Qu'ils viennent maintenant, les ennemis de votre âme, essayer de rompre que j'ai uni à mon cœur, de souiller encore ce que j'ai purifié, de réduire en servitude ce que j'ai délivré ! Aux autres, quand je leur remettrai leurs péchés et que je les congédierai, je ne manquerai point de leur recommander la persévérance et je leur dirai : Ne péchez plus ! Mais, vous, ô ma fidèle convertie, je veux que vous soyez la preuve vivante de mon pouvoir transformateur des âmes, je veux que vous me serviez à jamais, sans défaillance et sans rechute. Allez en paix ! » .

« Allez en paix ! » Quelle paix, sinon celle qui résulte pour une âme de l'apaisement du remords, des révoltes intérieures et des rébellions de la chair ! Quelle paix encore, sinon celle qui résulte d'une conscience heureuse et d'un cœur satisfait ? Cette paix, Marie-Madeleine en est inondée, elle l'emporte comme son trésor, qui ne lui sera plus enlevé.

 

Résolution : Au sortir du saint tribunal, s'exciter aux bons désirs de la persévérance.

Bouquet spirituel : « Allez en paix ». (Luc 7, 50).

 

Vita marie madeleine

 

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07 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Onction de Béthanie 2

Huitième jour

8 juillet

 

Elle a beaucoup aimé !

 

Prélude : Jésus parle. Le pharisien écoute, la tête levée, l'ail arrogant. Marie-Madeleine écoute aussi, mais sa tête est baissée et elle se tient dans l'attitude de l'amour pénitent.

 

Méditation

 

Simon, voyant l'action de Madeleine aux pieds du Sauveur, se prit à dire en lui-même : « Si celui-ci était un prophète, il saurait assurément quelle est cette femme qui le touche, et que c'est une pécheresse ».

Orgueilleux pharisien, Jésus va te montrer qu'il est un prophète et le plus grand de tous les prophètes, puisqu'il est Dieu ! Tu ne vois en cette femme qu'une pécheresse coupable, une brebis égarée loin des bercails d'Israël, et Lui découvre en son cœur une vertu et une fidélité qui, mises en comparaison avec l'intérieur de ton âme superbe, assurent une immense supériorité sur l'hypocrite orgueilleux.

Notre Seigneur montre au pharisien qu'il a pénétré sa pensée, et, lui répondant sans que celui-ci l'ait exprimée, même d'un geste ou d'un signe, il lui dit : « Simon, j'ai quelque chose à te dire ». Simon répond : « Maître, dites ».

« Un créancier, reprend Jésus, avait deux débiteurs, l'un qui lui devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante. Ni l'un ni l'autre n'ayant de quoi lui rendre, il remit à tous les deux leur dette. Lequel donc des deux l'aime le plus ? » Simon répondit : « Je pense que c'est celui auquel il a le plus donné ». Et Jésus lui dit : « Tu as bien jugé ».

Le créancier, c'est Dieu, et c'est nous qui sommes les débiteurs insolvables dont parle notre divin Sauveur. Mais, tous, nous n'avons pas la même dette, parce que tous nous n'avons pas également péché. Or, la miséricorde du divin Créancier pardonne également à tous. Qui donc devra aimer le plus ? Le pharisien a bien répondu : « C'est celui à qui il aura été pardonné davantage ». Mais, il se prend dans ses propres filets, et Jésus sut confondre son orgueil, en exaltant l'humble et tendre repentir de la pécheresse.

Se tournant vers elle, il dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu n'as point lavé mes pieds avec de l'eau ; mais celle-ci a lavé mes pieds avec ses larmes, et elle les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as point donné de baiser ; mais celle-ci, depuis qu'elle est entrée, n'a point cessé de baiser mes pieds. Tu n'as pas oint ma tête avec de l'huile ; mais celle-ci a oint mes pieds avec un parfum ».

Qu'il dut être doux au cœur de la pécheresse de voir le divin Maître se tourner enfin de son côté, et de sentir ses regards s'arrêter sur elle pour l'envelopper de miséricorde ! Mais, quand elle l'entendit énumérer et louer tous les actes qu'elle a accomplis depuis son entrée, oh ! alors, son cœur déborde, et l'allégresse, qui l'inonde, les anges seuls en ont le secret, car l'Evangile se tait sur ce mystère de l'action de grâces qui entonne dès lors son hymne immortel dans l'âme de la convertie du Sauveur.

Elle a bravé les mépris des parisiens et l'insulte de Simon. Et voilà que Jésus lui-même la récompense de sa générosité, en prenant ouvertement sa défense et en exaltant la pécheresse aux dépens de l'insulteur. « C'est pourquoi, conclut le Sauveur, je te dis : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle beaucoup aimé ; et celui auquel il est moins pardonné, c'est qu'il aime moins ».

Elle a beaucoup aimé ! Voilà toute Madeleine !... La miséricorde de Jésus envers elle fut immense, parce que l'amour de cette pauvre pécheresse fut immense ! Dieu mesure son pardon à l'amour de celui qui le reçoit. Pauvres pécheurs, ne vous découragez donc point à la vue de l'énormité de ingratitudes. N'ayez qu'une préoccupation, celle de donner à Dieu beaucoup d'amour. Aimez-le, et il vous pardonnera. Aimez-le beaucoup, et il vous sera beaucoup pardonné !

Monde orgueilleux, incline ta raison devant ce mystère, et apprends à reconnaître un Dieu en celui qui pardonne avec une telle générosité et une telle tendresse, pourvu qu'on lui ouvre et qu'on lui donne son cœur !

 

solution : S'exciter à produire un acte d'amour, toutes les fois qu'on se dispose à recevoir la sainte absolution.

Bouquet spirituel : « Elle a beaucoup aimé ! » (Luc 7, 43).

 

Vita marie madeleine

 

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06 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Onction de Béthanie

 

Septième jour

7 Juillet

 

Le parfum

 

Prélude : Marie-Madeleine ouvre le vase d'albâtre et répand le parfum sur les pieds du Sauveur.

 

Méditation

 

Ses yeux sont purifiés par les larmes, ses cheveux par l'humiliation qu'elle leur a infligée, sa bouche par de chastes baisers, ses mains par le contact des pieds du Fils de Dieu, tout son être par la posture repentante qu'elle garde en arrière des convives. « Alors seulement, et pour consommer tout le mystère de la pénitence par l'amour, elle ouvre l'albâtre qui contient, avec le parfum, les suaves images de l'immortalité ; elle le répand sur les pieds du Sauveur avec les larmes et les baisers dont elle les a couverts ; ses mains purifiées ne craignent plus de toucher et d'oindre le Fils de Dieu, et la maison se remplit de la vertu qui sort du vase fragile et du vase immortel, de l'albâtre et du cœur ».

À ce moment, dit un père de l’Église, les pieds de Jésus devinrent comme le sanctuaire où Madeleine faisait un sacrifice de ses pleurs, une offrande de ses parfums et un holocauste de son cœur. En effet, continue saint Paulin, l'effusion de ce parfum est tout à la fois une amende honorable, une adoration et une prière.

Une amende honorable. - Heureuse femme, s'écrie saint Ambroise, qui, ayant péché, sait du moins apporter les parfums de la pénitence ! Or, c'est la pénitence et l'amour qui nous ravissent au-dessus de la terre et nous unissent à Dieu. Madeleine veut se détacher de tout ce qui l'enchaînait jusqu'alors. Elle veut dissiper la fumée des souvenirs qui empestaient son âme, en obscurcissant sa conscience et en ternissant la beauté de son cœur Voici donc qu'elle ouvre le vase d'albâtre et qu'elle en épanche le symbole des parfums mystérieux auxquels elle recourra désormais, pour rester fidèle. Aussi, suivant une révélation du Sauveur lui-même à sainte Brigitte, les démons se dirent dès lors entre eux : « Comment la ramènerons-nous sous notre empire ? Nous avons perdu une riche proie : ses larmes l'ont rendue si pure, que nous n'osons plus la regarder ; elle s'est tellement enveloppée dans le bien, qu'aucune tache n'est demeurée en elle ; elle est devenue si fervente dans l'amour de Dieu, si ardente pour son service et pour la sainteté, que nous n'avons plus même le courage de l'approcher ».

Une adoration. - On adore en reconnaissant Dieu comme le souverain Maître de toutes choses. L'holocauste des Juifs, sacrifice d'adoration, consistait à brûler la victime et à la réduire en cendres. Madeleine vient adorer Jésus-Christ, et, pour indiquer sa foi en la divinité de Celui qu'elle adore, elle répand sur ses pieds Mais ce parfum n'est que le signe du grand acte d'adoration qui l'unit pour toujours à son Sauveur divin. Jésus est désormais son Dieu ; c'est. à ses pieds qu'elle immole les satisfactions de la vie présente, toutes les affections criminelles dont elle s'est noircie, toutes les délices des sens. L'holocauste est parfait, l'acte d'adoration sans restriction comme sans limite. Le vase qui renfermait le parfum est brisé, rien n'a été épargné. Pour Madeleine, adorer, c'est se perdre entièrement dans le sein de Dieu, c'est ne vivre plus que pour Dieu.

Une prière. - La prière est le parfum de l'âme fidèle. Bien qué la fleur soit attachée à la terre, ses parfums montent vers les cieux. Et de même, tant que l'âme sainte demeure attachée à la terre, c'est par la prière qu'elle s'élève. Ce qui se détache d'elle, c'est l'amour, la reconnaissance, le repentir, la louange. Elle a dans sa prière de merveilleux élans qui la portent jusqu'au trône de Dieu. Elle est tout à la fois sur la terre et au ciel.

Que ma prière, ô Seigneur, s'élève devant vous comme le parfum qui, s'échappant des mains de votre servante, oignit vos pieds sacrés et fit monter jusqu'à votre cœur l'hommage d'une prière qui le toucha ! Car vous reconnaissez les âmes à la prière, comme ici-bas nous jugeons de la fleur à son parfum. Faites donc qu'en recevant la mienne, vous disiez : « Voici le parfum de mon véritable fils, et il est semblable au champ fécond, je me plairai à le bénir ! »

  

Résolution : Se rappeler les baisers de Madeleine, quand on reçoit la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Elle essuyait les larmes avec ses cheveux et elle baisait les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

Vita marie madeleine

 

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05 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

martha1

 

Sixième jour

6 juillet

 

La trace des larmes

 

Prélude : Madeleine, agenouillée, dénoue sa chevelure, et, sans lever les yeux, elle essuie les larmes qui baignent les pieds de Jésus.

 

Méditation

 

« Tout en pleurant, dit encore Lacordaire, et sans attendre une parole qui l'encourage et qui n'est pas dite, Marie laisse tomber ses cheveux autour de sa tête, et, faisant de leurs tresses magnifiques un instrument de sa pénitence, elle essuie de leur soie humiliée les larmes qu'elle répand. C'était aussi la première fois qu'une femme condamnait ou plutôt consacrait sa chevelure à ce ministère de tendresse et d'expiation. On en avait vu couper leurs cheveux en signe de deuil, on en avait vu les offrir comme un hommage à l'autel de quelque divinité : mais l'histoire, qui a remarqué tout ce qui fut singulier dans les mouvements de l'homme, ne nous montre nulle part le repentir et le péché créant ensemble une aussi touchante image d'eux-mêmes. Elle a frappé le disciple de l'amour, tout initié qu'il était aux secrets intérieurs de l'holocauste ; et voulant transmettre aux siècles à venir le signalement de Marie, il n'a rien trouvé de mieux pour la peindre et la faire reconnaître que de dire d'elle. « C'était cette Marie qui oignit le Seigneur d'un parfum et qui en essuya les pieds avec ses cheveux ».

Les cheveux sont pour la femme une couronne dont elle tire volontiers vanité. Que de soins ne leur prodigue-t-elle pas, afin d'en relever l'éclat et la soyeuse abondance ! Hélas ! c'est avec ces tresses si habilement contournées qu'elle attire trop souvent, dans des filets inextricables, les cœurs imprudents que la beauté séduit ! Aussi, l’Église impose-t-elle aux vierges qui se consacrent à Jésus le sacrifice de leur chevelure, comme un sacrifice agréable au divin Epoux des âmes. Madeleine a compris cette expiation, elle dénoue ces cheveux, qui firent trop longtemps le sujet de sa vanité et qui furent pour elle un moyen de séduction pour un si grand nombre d'âmes. Elle les laisse flotter sans ordre, elle se confond aux pieds du Sauveur, comme honteuse d'y avoir laissé tomber ses larmes et désireuse d'en effacer même la trace humide !

« Cela fait, la pécheresse s'enhardit. Elle approche des pieds du Seigneur ses lèvres déshonorées, et les couvre de baisers qui effacent l'impression de tous ceux qu'elle a donnés et qu'elle a reçus. Au contact de cette chair plus que virginale, les dernières fumées des vieux souvenirs s'évanouissent ; les flétrissures inexpiables disparaissent, et cette bouche transfigurée ne respire plus que l'air vivant de la sainteté ».

Madeleine ne se borne point à un baiser. Jusqu'ici, elle n'osait pas suivre la pente de son cœur ; enhardie par la bonté du divin Maître, se sentant déjà pardonnée, devinant l'exquise mansuétude dont Jésus se dispose à user envers elle, la pécheresse se livre aux effusions de son amour. Il ne lui suffit pas d'avoir collé une fois ses lèvres sur les pieds du divin Maître : elle répète, sans pouvoir jamais se rassasier, ce témoignage d'un amour aussi tendre qu'il est humble. Voyant que Jésus la laissait agir au gré de son cœur, Madeleine suit son attrait, et les pharisiens purent la voir qui couvrait de chastes baisers les pieds du bon Pasteur, qui avait ramené au bercail cette brebis égarée.

Combien la grâce opère vite et merveilleusement dans une âme, quand cette âme est docile à son action ! Il n'y a qu'un instant, Marie-Madeleine se trouvait trop indigne d'approcher même des pieds de son Dieu, et maintenant, voici qu'elle se livre à toute l'expansion de l'amour envers lui ! Elle cherche à se purifier de toutes ses souillures, et elle trouve dans ces souillures même une occasion de satisfaire son cœur. Ses lèvres ont bien souvent péché, en se livrant à des témoignages coupables, en laissant déborder un torrent de paroles criminelles : elle les purifie, en les approchant d'un contact divin et en les faisant servir à traduire l'expansion de son ardent amour pour Jésus.

Ô bonheur de Madeleine, tu es le mien, chaque fois que je m'approche de la Table sainte ! Bien plus, à ce moment délicieux de ce baiser vraiment divin, mon âme est mille fois plus favorisée que ne le fut la pécheresse pénitente aux pieds du bon Pasteur ! Pourquoi donc la faveur est-elle moindre, et pourquoi mon cœur reste-t-il si froid ?

 

Résolution : Se rappeler les baisers de Madeleine, quand on reçoit la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Elle essuyait les larmes avec ses cheveux et elle baisait les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

Christ Mary Magdalene a

 

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04 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Les Larmes de Madeleine

 

Cinquième jour

5 Juillet

 

Elle pleure

 

Prélude : Marie-Madeleine, à genoux, inclinée vers les pieds du Sauveur, répand un torrent de larmes.

 

Méditation

 

« Comme une servante accoutumée aux plus vils offices, elle se penche vers les pieds du Sauveur, et, sans les toucher d'abord, elle les arrose de larmes. Jamais, dit Lacordaire, depuis le commencement du monde, de telles larmes n'étaient tombées sur les pieds de l'homme. On avait pu les adorer par crainte ou par amour ; on avait pu les laver dans les eaux embaumées, et des filles de rois n'avaient pas dédaigné, aux siècles de l'hospitalité primitive, cet hommage rendu aux fatigues de l'étranger : mais c'était la première fois que le repentir s'asseyait aux pieds de l'homme, et y versait des larmes capables de racheter une vie ».

Quand je considère les larmes de Madeleine, disait saint Grégoire le Grand, je n'ai pas la force de parler, il faut que je pleure. - Les yeux de la pécheresse avaient bien souvent servi d'instruments à ses perfides séductions. Elle en fait à cette heure l'instrument de sa pénitence, ou plutôt, car, son immense douleur ne lui permet point ce calcul, quelque fondé qu'il soit, elle se laisse aller à toute l'impulsion de son âme repentante. Or, fait remarquer saint Augustin, les larmes de Madeleine furent le sang de son âme, qui s'échappait par ses yeux.

Je ne sais qui admirer le plus, dans cette scène merveilleuse, où l'amour pénitent se répand en larmes amères, et où l'amour miséricordieux éclate dans l'ineffable bonté du Sauveur. C'est une remarque de saint Ambroise : Jésus-Christ ne lave pas ses pieds, afin que nous nous chargions de les laver avec nos larmes. Il arrive chez Simon, encore couvert de la poussière du chemin, et c'est pour permettre à Madeleine de laver cette poussière dans les eaux de sa douleur. Il monte sur la croix et permet aux clous d'ensanglanter ses pieds, mais c'est afin que les larmes de notre contrition viennent les laver.

Ô âmes pécheresses, comprenez ce langage et mettez-le en pratique. Considérez l'action de cette femme. Elle pleure, et ses larmes sont amères. Comme la femme de Moab, elle semble dire : « Ne m'appelez plus Noémi, c'est-à-dire belle, mais appelez-moi Maria, c'est- à-dire amère, car mon cœur se fond en une tristesse incomparable. Mais, ne croyez pas que cette douleur soit sans consolation ». Désormais, le pain des larmes sera la nourriture qu'elle affectionnera, et, au jardin de Gethsémani comme au désert de la Baume, Madeleine recourra souvent à l'amère consolation des larmes. Amères à cause du principe qui les fait couler, combien elles deviennent douces à la pensée qu'elles tombent sur des pieds qui se sont souillés à la poursuivre et fatigués à l'atteindre, sur les pieds de celui qui la sauve et qui lui apporte, avec le pardon, la rédemption de toute sa vie.

Oh ! dites-le moi, croyez-vous qu'à cette heure Marie-Madeleine regrette d'autres larmes qu'elle versa sous l'impression des sentiments qui pouvaient émouvoir son cœur durant le temps de ses désordres ! Celles-là semblaient douces, quand elles naissaient et quand elles commençaient à couler, mais comme elles étaient brûlantes et douloureuses dans les sillons qu'elles avaient creusés ! Celles-ci, au contraire, semblent tristes à leur naissance, mais voici qu'elles laissent sur le parcours une impression délicieuse et remplissent son cœur d'une ineffable consolation !

Plus elle pleure et plus elle veut pleurer. Le torrent devient si abondant, que les pieds de Jésus en sont inondés ! Rien n'est doux comme de pleurer ainsi, devant celui qui pardonne et console ! Chaque larme est un désaveu, une expiation, une perle pour la couronne de l'âme !

 

Résolution : S'exciter à une contrition affectueuse, toutes les fois qu'on se présente au saint Tribunal.

Bouquet spirituel : « Elle commença à arroser de ses larmes les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

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03 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Aux pieds de Jésus

 

Quatrième jour

4 Juillet

 

Aux pieds de Jésus !

 

Prélude : Madeleine s'approche avec un respect mêlé d'amour : elle s'incline vers les pieds de Notre Seigneur.

 

Méditation

 

« Qu'ils sont beaux, les pieds de Celui qui évangélise la paix, de Celui qui évangélise les vrais biens ! » La pécheresse vivait dans le trouble, et elle se sentait pauvre au mi- lieu des richesses. Voici Celui qui apporte la paix à la terre et aux âmes, qui révèle les véritables biens ! Elle accourt vers lui et s'incline tout d'abord vers pieds.

Les pieds du Sauveur ! Un ses jour, ils seront cloués douloureusement sur la croix, et les âmes pénitentes viendront se prosterner devant eux avec une vénération reconnaissante. Mais, d'ici là, que de fatigues ces pieds sacrés ne s'imposeront-ils à la poursuite des brebis qui s'égarent ! Que de fois, dans leurs courses apostoliques, la poussière du chemin les souillera, les épines des sentiers difficiles les ensanglanteront, les pierres de la route les meurtriront ! N'en pouvant plus de lassitude, ils sembleront vouloir refuser leurs services au zèle infatigable du cœur de Jésus, et Jésus sera contraint de s'asseoir.

Ah ! je comprends que Marie-Madeleine coure d'abord aux pieds divins du Maître, et qu'elle se tienne, suivant la remarque de saint Luc, le long de ces pieds sacrés ! Sans doute, c'est une pensée d'humilité et de sainte confusion qui la tient là, mais c'est aussi la reconnaissance : il est venu à Naïm, au prix de bien des lassitudes, pour ressusciter le fils de la pauvre veuve et pour permettre à Madeleine de l'approcher. L'admiration et la gratitude de la convertie se traduisent par ce premier hommage.

« Elle se tenait en arrière, le long de ses pieds !... » Quel contraste ! Cette femme, jusque-là hautaine et superbe, dont le maintien décelait l'arrogance, habituée à voir ramper devant elle la foule des courtisans à qui elle daigne faire l'aumône d'un sourire, cette femme, tant adorée, s'incline, s'humilie : elle adore !…

Pour la première fois, son front orgueilleux se couvre de confusion. Elle n'ose pas regarder en face Celui qui est l'innocence et la pureté, elle dont le corps est souillé par tant de vices impurs ! Elle ne se présente point en face, elle aborde Jésus humblement, elle passe derrière le siège qui le soutenait, elle se tient là, en arrière, n'osant pas lever les yeux vers Celui qu'elle aime, mais qu'elle a trop offensé pour arrêter ses regards sur son visage auguste dont elle redoute les justes sévérités et dont elle se croit indigne de contempler la pureté radieuse.

Elle se tient en arrière, le long de ses pieds ! Voilà sa place, celle qu'elle aimera toujours occuper, même plus tard, quand le pardon l’aura encouragée à s'enhardir.

Toujours, à Béthanie, au Calvaire, à la Sainte Baume, elle affectionnera d'être agenouillée aux pieds de son divin ami, et cette place ne lui sera point ôtée !

À table, quand ils sont admis à la familiarité du maître, les petits animaux domestiques viennent volontiers se placer à ses pieds, heureux et reconnaissants quand il daigne les caresser d'un geste ou laisse tomber pour eux quelques miettes du pain qu'il mange. Ainsi fait la pécheresse humiliée. Elle ne prend point la place des convives, elle se sent bien trop indigne de cette extrême liberté. Sans songer même que, parmi ces pharisiens orgueilleux, il en est qui ne sont point les amis du bon Maître, elle n'ose pas même prendre rang parmi eux.

Elle se tient en arrière, en silence, sans prononcer une seule parole, sans exprimer à haute voix aucun sentiment, tout entière au bonheur de son humiliation et à l'ardent désir d'être pardonnée, trop heureuse de ce que le divin Sauveur daigne la souffrir à ses pieds, comme une servante, indigne, mais excusée !

 

Résolution : Se pénétrer de sentiments d'humiliation, toutes les fois qu'on s'approche du saint Tribunal de la pénitence.

Bouquet spirituel : « En arrière, le long de ses pieds. » (Luc, 7, 38).

 

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