Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Vingt-deuxième jour

Le jeûne

 

Prélude : Représentons-nous les austérités effrayantes auxquelles se livrent tant d'ordres religieux d'hommes et de femmes dans toute l'étendue de l'église. Il en résulte un trésor de mérites auquel la miséricordieuse justice de Dieu se plaît à faire participer les âmes du purgatoire. Ne voulons-nous pas augmenter ce trésor par notre générosité ?

 

Méditation

 

Nous lisons, au premier livre des Rois, « que les habitants de Jabès et Galaad ayant appris la mort de Saül et de ses trois fils, quelques uns d'entre eux partirent incontinent, marchèrent toute la nuit, prirent les corps, et, les ayant enterrés dans le bois de Jabès, jeûnèrent pendant sept jours ».

Cet exemple montre qu'il y a longtemps que les fidèles jeûnent pour les morts, et nous voyons avec une vive admiration que cette pratique a été de tout temps approuvée et suivie dans l’Église catholique.

Au reste, sous le nom de jeûne, on comprend toutes sortes de pénitences extérieures, comme les cilices, les disciplines, les veilles, etc.

Ô mon Jésus, qui avez dit que « tout le bien que nous faisons au moindre de nos frères, c'est à vous-même que nous le faisons », quel prétexte pourrait avoir ma lâcheté pour me dispenser de secourir les âmes qui sont dans le purgatoire, sachant que le bien que je leur ferai ne sera pas moins agréable que si je le faisais à vous-même ? Je vous offre donc pour elles toutes les mortifications que je prends la résolution de pratiquer à leur intention.

 

Résolution : Secouer sa lâcheté pour embrasser courageusement les pratiques de la pénitence volontaire à l'intention des pauvres âmes du purgatoire.

Bouquet spirituel : « Et, les ayant enterrés, ils jeûnèrent pendant sept jours ». (1 Rois, 22).

 

Exemple

Présence continuelle

 

On lit, dans les annales de la Visitation de Dijon, le trait suivant :

La sœur Marie-Bernarde Chicolier, qui s'est élevée à une si haute sainteté, fut prévenue, dès ses jeunes années, de grâces particulières ; elle conçut de bonne heure le dessein de se consacrer à Dieu. Elle fut admise au saint habit et à la sainte profession sous le gouvernement de notre mère Anne-Lidwine Boulier. La Mère Chahu, qui lui succéda, soutint cette chère sœur au milieu des grandes épreuves par lesquelles il plut au Seigneur de la faire passer. En effet, Dieu imprima dans son cœur l'horreur la plus vive pour les moindres imperfections, en permettant qu'une âme du purgatoire lui apparût et lui fût en quelque sorte toujours présente. Notre mère, à qui notre chère sœur découvrit tout ce qu'elle souffrait, la fit examiner par M. Chaudot, notre supérieur, et par le R. P. Jacquinot, provincial de la Compagnie de Jésus, lesquels jugèrent, après un sérieux examen, qu'il n'y avait en cela ni illusion ni imagination. Il fut donc décidé que la communauté ferait célébrer des messes et réciterait tous les jours un De profundis pour le repos de cette âme, et que la sœur Chicolier aurait la liberté de faire des pénitences particulières à cette intention. Cette chère sœur pratiqua de grandes austérités, offrant d'ailleurs pour cette âme toutes ses bonnes œuvres, qui étaient en grand nombre et ne se permettant pas un seul mouvement naturel ni la plus légère satisfaction. Le prêtre chargé de célébrer les messes était un religieux Capucin d'une grande sainteté qui ignorait complètement ce qui s'était passé. Il vint un jour trouver notre mère Chahu et l'assura que l'âme pour laquelle elle faisait prier depuis longtemps était entrée en possession de la gloire de Dieu.

 

Purgatoire 2