24 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Vingt-cinquième jour

La résignation

 

Prélude : Rappelons-nous l'impression que nous a déjà causée tant de fois, pendant ces saints exercices, la considération des peines du purgatoire.

 

Méditation

 

Nous pouvons encore aider beaucoup au soulagement des âmes du purgatoire en souffrant avec patience les maux que Dieu nous envoie; car il ne nous arrive rien de fâcheux en cette vie qui ne serve à la satisfaction de nos péchés et de ceux de nos frères, si nous le recevons de la main de Dieu avec joie ou du moins sans plainte et sans chagrin.

Si Dieu veut donc que nous soyons affligés par quelque longue maladie, par une perte imprévue, dans nos biens, dans notre honneur du côté de nos parents ; s'il permet que nos ennemis nous persécutent ou que nos amis nous abandonnent, embrassons croix de tout notre cœur et gardons-nous bien d'en murmurer. Nous en retirerons de grands trésors de mérites pour assister dans le besoin ces âmes souffrantes qui nous conjurent d'avoir pitié d'elles.

La résignation est aussi grandement méritoire, lorsque nous endurons les peines de cette vie, ces non pas avec joie, mais du moins sans impatience. Ce n'est pas peu de chose, remarque saint Bernard, de ne point se laisser abattre, quand on tombe dans l'adversité. En effet, l'expérience de chaque jour ne nous fait que trop sentir qu'il est difficile de recevoir une injure et de ne pas se venger, de souffrir beaucoup et de souffrir patiemment.

 

Résolution : Souffrir joyeusement ou du moins avec patience les peines de cette vie, en vue du purgatoire.

 

Bouquet spirituel : « Par la résignation, nous expions si bien nos péchés en cette vie que le feu du purgatoire ne trouve plus ou presque plus de matière en l'autre ». (Saint Augustin, 42e sermon sur la Sainteté).

 

Exemple

Vision de sainte Gertrude

 

Une jeune religieuse du monastère de sainte Gertrude qui, par sa ferveur et sa piété, en faisait l'édification, venait de mourir. Gertrude, très sensible à cette perte, priait un jour pour le repos de son âme, lorsque Jésus lui permit de l'apercevoir devant son trône, couronnée de la plus éclatante lumière, couverte de vêtements magnifiques et de joyaux précieux. Mais quelle ne fut pas sa surprise en remarquant en elle une sorte de préoccupation, lui voyant les yeux baissés, comme si la honte l'eût empêchée de les lever vers l'adorable Majesté.

Émue de voir sa fille spirituelle trembler ainsi devant le céleste Époux, elle se tourna vers lui et lui dit : « Très doux Jésus ! pourquoi votre bonté n'invite-t-elle pas cette âme, qui s'est donnée tout à vous, à jouir sans crainte de la joie de votre présence ? »

Aussitôt le Seigneur, avec un sourire d'ineffable tendresse, fit signe à la bonne religieuse de s'avancer vers lui. Mais, plus troublée encore, elle hésita, trembla, et enfin, après une profonde inclination, se retira.

L'étonnement de Gertrude était à son comble. « Comment, ma fille, lui dit-elle, vous vous éloignez de votre Époux qui vous appelle ? » La bonne religieuse répondit : « Ah ! ma mère, je ne suis pas encore digne de lever les yeux sur l’Agneau immaculé ; il me reste encore quelques taches que vous n'apercevez point. Il faut être si pur pour s'unir au divin Soleil de justice ! »

 

Purgatoire 2

 


L'Avent avec les Saints du Carmel

Accueillir la présence de Dieu dans nos vies

à l’école des Saints du Carmel

 

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Introduction

 

« Marcher sur cette route magnifique de la présence de Dieu où l’âme chemine "seule avec le Seul" » (Dernière retraite1 n. 23). Ces mots lumineux de sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906) constituent le porche d’entrée de notre retraite d’Avent. En effet, pendant ce temps préparatoire à la solennité de Noël, nous marchons vers Bethléem : c’est le lieu de la naissance du Sauveur dans notre chair, c’est le lieu où le Fils de Dieu s’est rendu présent à notre terre, dans notre humanité, afin que nous puissions l’y rencontrer. Mais cette présence de Dieu en notre monde n’a pas été effective seulement à une époque, il y a deux millénaires, ni seulement en un lieu, celui de la vie terrestre du Christ Jésus. Désormais, c’est en tout lieu et en tout temps, ici et maintenant, que Dieu nous appelle à le rencontrer, à découvrir qu’il est présent en nous et au milieu de nous. En marchant vers Bethléem, lieu de la présence du Fils de Dieu, Enfant nouveau-né dans la Crèche, nous découvrons que Dieu nous appelle à accueillir sa présence à chaque instant de notre vie.

 

Vivre dans la présence de Dieu, c’est le cœur ardent de la spiritualité du Carmel, c’est la grâce que ses membres s’efforcent d’accueillir de jour en jour, c’est l’appel dont ils désirent transmettre la flamme à tous. Lorsque saint Albert de Jérusalem (v. 1150-1214) donna une formule de vie à nos premiers frères, qui étaient des ermites vivant sur le Mont Carmel, en Terre sainte, il exprima ainsi ce qu’était leur vocation dans l’Église : « Méditant jour et nuit la loi du Seigneur et veillant dans la prière ». Ces paroles constituent aujourd’hui encore le précepte central de la Règle du Carmel 2.

 

Déjà le patriarche du Carmel, le saint Prophète Élie, s’exclamait, dans l’Ancien Testament : « Il est vivant, le Seigneur, le Dieu d’Israël en présence de qui je me tiens » (1R 17, 1). Là est sa première parole, qu’il proclame comme une devise. La Bible ne nous dit pas grand-chose des origines d’Élie, mais sa conscience de vivre dans la présence de Dieu est en quelque sorte sa carte d’identité. Longtemps après Élie, à l’aube de la Nouvelle Alliance, c’est Zacharie, le père de saint Jean-Baptiste, qui exulte de joie à l’approche de la venue du Messie en chantant : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple (…) afin que nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence tout au long de nos jours » (Lc 1, 68. 75). Ainsi, toute la révélation biblique constitue un grand appel à accueillir la présence de Dieu en notre humanité. Et, nous qui nous préparons à fêter Noël, à quoi nous servirait de faire mémoire de la venue du Fils de Dieu en notre chair il y a 2000 ans, si nous n’accueillions pas de façon renouvelée sa présence dans nos vies, aujourd’hui ? Comme l’a dit un mystique du XVIIe siècle, Angelus Silesius : « Le Christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, c’est en vain qu’il est né ».

 

Eh bien, pendant cette retraite de l’Avent, nous vous proposons de nous mettre ensemble à l’école de la spiritualité du Carmel pour accueillir la présence de Dieu dans nos vies. Chaque vendredi, nous recevrons une méditation basée sur les textes bibliques de la liturgie de la messe du dimanche de l’Avent qui suivra. Chacune de ces méditations sera éclairée par l’enseignement d’un saint du Carmel, et comportera des pistes de mise en pratique de cet enseignement pour la semaine qui suit. Voici l’itinéraire que nous allons parcourir :

 

Vendredi 25 novembre : pour le 1er dimanche de l’Avent : guidés par sainte Thérèse d’Avila, VEILLER dans l’attente de Celui qui vient.

Vendredi 2 décembre : pour le 2ème dimanche de l’Avent : stimulés par saint Jean de la Croix, nous laisser CONVERTIR pour accueillir Celui qui vient.

Vendredi 9 décembre : pour le 3ème dimanche de l’Avent : éclairés par sainte Thérèse de Lisieux, DISCERNER dans nos vies l’action de Celui qui vient.

Vendredi 16 décembre : pour le 4ème dimanche de l’Avent : enseignés par saint Joseph, ACCUEILLIR le don inouï de Celui qui vient.

Enfin, le jour de Noël : auprès de la Vierge Marie, VIVRE en la PRÉSENCE de Dieu, aujourd’hui et chaque jour de nos vies.

 

Dès maintenant, demandons à l’Esprit Saint de préparer notre cœur pour cette retraite : Viens Esprit Saint, souffle en nos cœurs pour nous disposer à rencontrer de façon renouvelée le Seigneur Jésus présent dans nos vies ! Laissons-nous aussi toucher par les paroles de sainte Élisabeth de la Trinité qui ouvraient cette méditation introductive : « Dieu nous a élus en Lui avant la création, afin que nous soyons immaculés et saints en sa présence dans l’amour (…) afin de marcher, sans jamais connaître les détours, sur cette route magnifique de la présence de Dieu où l’âme chemine "seule avec le Seul" » (Dernière retraite, n. 23).

 

Que cette « route magnifique » soit le chemin de notre retraite : bonne retraite de l’Avent !

 

 

1 ÉLISABETH de la TRINITÉ, Œuvres complètes, Cerf, Paris, 1996.

2 Martin BATTMAN (édit.), La Règle de l’Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, DDB, Paris, 1982.