25 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

8210

 

Neuvième jour

9e et dernier jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

26 septembre

 

La Mission

 

Prélude. - Vénérons le saint fondateur, au milieu de ses disciples qu'il anime de son esprit et de ses exemples.

 

Récit. - Témoin du succès obtenu surtout sur ses domaines, Madame de Gondi fit les fonds nécessaires - quarante mille livres - pour organiser une maison, où vivraient en commun les prêtres qui voudraient travailler aux missions, sous la conduite de Vincent et par son beau-frère l'archevêque de Paris, elle lui fit donner la principauté du collège des Bons Enfants. Il fut stipulé que ceux qui entreraient dans la communauté renonceraient à tous bénéfices, charges et dignités de l’Église, et s'appliqueraient entièrement et purement au pauvre peuple des campagnes, allant de village en village, aux dépens de leur bourse commune, prêcher, instruire et catéchiser ces pauvres gens.

Ainsi commença, en 1625, la Congrégation de la Mission !

Ils étaient trois au début, et, quand ils partaient pour accomplir leur œuvre, comme ils n'avaient pas de serviteurs à qui remettre la garde de leur maison, ils en laissaient la clé chez un voisin digne de confiance. Ils furent bientôt cinq, puis sept, puis assez nombreux ou assez actifs, pour suffire, dans les sept premières années, à cent quarante missions.

En 1632, une bulle d'Urbain VIII les érigea en congrégation. La même année, le prieur de Saint-Lazare leur en abandonna le Prieuré, la maison et ses dépendances, ce qui doubla leurs ressources et étendit leur renommée.

Les évêques commencèrent à les appeler comme des auxiliaires indispensables. Deux d'entre eux s'étaient déjà montrés, en 1630, au diocèse de Montauban ; ils arrivent bientôt à Bordeaux, à Saintes, à Cahors, à Mende, à Saint-Flour, à Luçon, de 1631 à 1638. Partout on les réclame, on les retient comme un exemple vivant pour le clergé, comme les régénérateurs des populations, Ainsi s'expliquent les vingt-cinq succursales de Saint-Lazare fondées, en autant de diocèses, pendant la vie de saint Vincent de Paul.

Cette institution en fit naître une seconde, accessoire, dit modestement le saint fondateur, et pourtant, de son aveu même, indispensable à la conservation de la première. « Pour maintenir les peuples en bon état, et conserver les fruits des missions, il fallait faire en sorte qu'il y eût de bons ecclésiastiques parmi eux, imitant en cela les guerriers conquérants qui laissent des garnisons dans les places qu'ils ont prises, de peur de perdre ce qu'ils ont acquis avec tant de peine ».

 

Pratique. - Se préparer, par le recueillement et la prière, à célébrer saintement la belle fête de demain.

 

Invocation. - Saint Vincent, fondateur des Missionnaires Lazaristes, conservez, au sein de votre famille religieuse, l'admirable esprit dont vous l'avez animée à son berceau.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Il est indubitable qu'en travaillant à sa propre perfection, on se rend plus capable de travailler à celle des autres.

Les prédicateurs qui parlent le langage de l'Evangile, font bien plus de fruit que ceux qui remplissent leurs sermons de paroles humaines et de raisonnements philosophiques ; parce que les paroles de la foi sont toujours accompagnées d'une onction céleste qui se répand en secret dans le cœur des personnes qui les écoutent.

Des motifs tout humains, cachés sous le prétexte du zèle et de la gloire de Dieu, font souvent entreprendre des œuvres, dont Dieu n'est pas l'auteur, et que sa sagesse ne couronne d'aucun succès.

Si nous étions bien convaincus de notre incapacité, nous nous garderions bien de mettre la faux dans la moisson d'autrui avant d'y être appelés, et de nous présenter pour obtenir la préférence sur d'autres ouvriers, que Dieu peut être a choisis pour l'accomplissement de son ouvrage.

Quand on a reconnu qu'une entreprise doit procurer la gloire de Dieu, et qu'elle est conforme à sa volonté, on ne doit épargner ni peines ni dépenses pour la porter à sa perfection, soit par ses soins, soit par ceux des autres.

Un jour saint Vincent dit à sa communauté : « Je prie Dieu deux ou trois fois tous les jours qu'il nous anéantisse si nous ne sommes utiles à son service. Voudrions-nous être au monde sans plaire à Dieu, et sans procurer qu'il soit connu et aimé ?

On ne doit pas se décourager quand on ne peut pas arrêter les scandales ni détruire tous les péchés ; parce qu'on ne doit pas regarder comme peu de chose de remédier en partie à de si grands maux, et d'empêcher, avec l'ai de de Dieu, la perte d'une seule âme.

 

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24 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Huitième jour

8e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

25 septembre

 

Missionnaire

 

Prélude. - Suivons l'apôtre dans les campagnes où son zèle l'appelle et l'entraîne à la poursuite des âmes.

 

Récit. - Vincent ne savait pas où allait le conduire cet emploi au service de M. de Gondi, emploi qui n'avait de sacerdotal que la direction spirituelle qu'il donnait à la maîtresse de la maison. Mais, en prêchant dans les campagnes qui appartenaient aux seigneurs de Gondi, il reconnut l'ignorance déplorable où languissaient les paysans.

Il conçut aussitôt la pensée de les tirer des vices qui découlaient d'un pareil état, en les instruisant par la parole, en les dirigeant dans une meilleure voie par des conseils personnels.

Voici quel fut le début de cette nouvelle carrière pour notre saint.

Étant en Picardie, l'an 1616, au château de Folleville, Vincent fut prié de confesser un paysan en danger de mort. Dieu lui inspira l'idée de faire faire une confession générale à cet homme qui avait mené en apparence une vie irréprochable, et le mourant avoua avec la plus vive contrition plusieurs péchés mortels que la honte l'avait empêché, jusqu'à l'âge de soixante ans, de confesser à son curé, comme il le confessa ensuite publiquement, dans l'excès de la joie que son aveu lui mit au cœur. Notre saint en prit occasion d'exhorter les habitants de Folleville à la confession générale. Il leur en fit voir l'importance, les moyens de la bien faire, et Dieu bénit tellement ses paroles que ces bonnes gens vinrent en foule mettre ordre à leur conscience.

Cette première mission eut lieu le jour de la conversion de saint Paul, et elle fut comme la semence des autres qu'il a faites de puis jusqu'à sa mort. Madame de Gondi fit un testament qu'elle renouvelait tous les ans, par lequel elle donnait seize mille livres, pour fonder une mission de cinq ans en cinq ans, par toutes ses terres, au lieu et en la manière que saint Vincent le jugerait à propos, et, pour employer des ter mes que notre saint employait ordinairement, « à la disposition de ce misérable ».

 

Pratique. - Se prêter, par tous les moyens en son pouvoir, à seconder le zèle des prédicateurs de la parole sainte dans les campagnes.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle et patron des missionnaires, renouvelez le feu du zèle dans les âmes de nos missionnaires.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

On doit traiter tous ceux qui se présentent pour faire les exercices spirituels d'une retraite, comme des hommes qui nous sont envoyés par Dieu même. On ne doit faire entre eux aucune distinction, mais traiter le riche comme le pauvre. Il faudrait même donner la préférence à ce dernier, dont l'état est plus ressemblant à la vie que Jésus-Christ a menée sur la terre.

Les principaux effets d'un véritable zèle pour le salut des âmes sont 1° d'exposer, pour les secourir, sa santé et sa vie : 2° d'éprouver la plus vive douleur à la vue des outrages que l'on fait à la Majesté divine ; 3° de corriger charitablement, et par des moyens conformes à leurs besoins, ceux qui offensent Dieu en notre présence ; 4° d'instruire les pauvres que l'on rencontre dans les endroits où l'on s'arrête pendant quelque temps.

Il faut avoir pratiqué longtemps ce qu'on veut enseigner aux autres ; par ce moyen, la parole de Dieu, qui sortira de notre bouche, produira des fruits au centuple.

Le plus petit sentiment d'envie pour le bien que font les autres, est un péché directement opposé au zèle pur et véritable.

Trois ouvriers font plus que dix, quand Dieu met la main à l'ouvrage ; et il l'y met toujours quand il nous prive des moyens humains, et qu'il nous place dans la nécessité de faire des choses au-dessus de nos forces.

Ô Messieurs, si nous avions une étincelle de ce feu sacré qui embrasait le cœur de Jésus-Christ, demeurerions-nous les bras croisés, et délaisserions-nous ceux que nous pouvons assister ?

Une marque qu'on est appelé aux fonctions ecclésiastiques , c'est de ne pas chercher à s'y introduire de soi-même et par des moyens tout humains.

Le zèle qu'accompagne l'onction de la grâce et de la charité adoucit l'amertume de la pénitence, et porte la consolation au milieu des souffrances et des travaux.

 

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23 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

8208

 

Septième jour

7e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

24 septembre

 

Précepteur

 

Prélude. - Suivons l'humble prêtre dans la maison de Gondi, où il se soustrait au luxe tumultueux, toutes les fois qu'on ne fait pas appel à ses services.

 

Récit. - Il n'y avait guère qu'un an que notre saint était à Clichy, lorsque Bérulle l'arracha à ses chers paysans. Ce fut un vrai déchirement pour son cœur.

« Je m'éloignai tristement de ma petite église de Clichy, écrivait-il à un de ses amis; mes yeux étaient baignés de larmes, et je bénis ces hommes et ces femmes qui venaient vers moi et que j'avais tant aimés. Mes pauvres y étaient aussi, et ceux-là me fendaient le cœur. J'arrivai à Paris avec mon petit mobilier, et je me rendis chez M. de Bérulle ».

De là, l'humble curé allait être jeté dans le grand monde. A la voix de M. de Bérulle, il accepta la charge de précepteur des enfants d'Emmanuel de Gondi, général des galères de France.

Nous ne pouvons mieux exposer dans quel esprit il agissait, de quelle façon il se comportait dans cette illustre famille, qu'en citant ce qu'il en a dit, à savoir, « qu'il connaissait une personne qui avait beaucoup profité pour elle et pour les autres dans la maison d'un seigneur, ayant toujours regardé et honoré Jésus-Christ en la personne de ce seigneur, et la sainte Vierge, en la personne de la dame ; que cette considération l'ayant toujours retenue dans une modestie et circonspection en toutes ses actions et ses paroles, lui avait acquis l'affection de ce seigneur, de cette dame, de tous les domestiques; et donné moyen de faire un notable fruit dans cette famille ».

Madame de Gondi ressentait une joie ineffable d'avoir en sa maison un ange tutélaire, qui attirait tous les jours de nouvelles races sur elle et sur les siens. Elle le choisit pour son directeur et ils s'appliquaient ensemble à toute sorte de bonnes œuvres : aumônes, visites des malades, protection des faibles, consolation des affligés, catéchisme des pauvres et instruction des gens de la campagne.

 

Pratique. - Faire en tout et partout ce qu'on sent être le plus agréable à Dieu.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui vous êtes toujours appliqué à remplir pour le mieux tous les emplois divers où la Providence vous a mis, obtenez-nous de vous imiter en cette importante pratique de la véritable vertu.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Un seul acte de résignation à la volonté divine en tout ce qu'elle ordonne de contraire à nos désirs vaut plus que cent mille succès conformes à notre volonté et à nos goûts.

Un remède très puissant et très efficace pour tous les maux ; un moyen pour se corriger de toute imperfection, pour triompher de toutes les tentations,pour conserver dans son cœur une paix inaltérable, c'est la conformité à la volonté de Dieu.

La pensée de la présence de Dieu nous rend familière la pratique de faire en tout sa sainte volonté.

Dieu communique une force et une énergie toutes particulières aux paroles de ceux qui font sa volonté. Il répand des bénédictions spéciales sur les œuvres qu'ils entreprennent pour lui ; il accompagne de sa grâce leurs saintes entreprises : aussi toutes leurs actions édifient-elles beaucoup ceux qui en sont les témoins.

Celui qui sera très soumis à la volonté divine, surmontera toutes les difficultés qu'il rencontrera dans le service de Dieu : le Seigneur accomplira tous les des seins qu'il a sur lui.

Notre perfection consiste à unir tellement notre volonté à celle de Dieu, que nous ne voulions que ce qu'il veut. Celui qui conformera le plus sa volonté à celle de Dieu sera le chrétien le plus parfait.

Celui qui cherche à se soumettre à Dieu en toutes choses, est sûr que tout ce que les hommes pourront faire ou dire contre lui tournera toujours à son avantage.

 

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22 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

14198

 

Sixième jour

6e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

23 septembre

 

Curé de village

 

Prélude. - Représentons-nous le bon saint, au milieu des paysans de Clichy, ses paroissiens, les instruisant, les consolant, les édifiant.

 

Récit. - Pour mener une vie vraiment ecclésiastique, le jeune se retire chez les Pères de l'Oratoire, non pour être agrégé à leur sainte compagnie, mais pour vivre à l'abri des dangers du monde.

De plus, sachant que nous sommes aveugles en notre propre conduite, il renonce à sa propre volonté, et se laisse conduire dans les voies de Dieu comme un enfant, par un « ange visible », je veux dire par un sage directeur.

Son choix s'étant arrêté sur M. de Bérulle, il ouvre son cœur à ce grand serviteur de Dieu, un des plus habiles maîtres de la vie spirituelle qui aient jamais existé. Celui-ci reconnaît à l'instant que notre saint est appelé par Dieu à de grandes choses, et, sans doute éclairé de lumières surnaturelles, il voit et lui déclare que Dieu veut se servir de lui pour lui rendre un signalé service dans son Eglise, et pour assembler, à cet effet, une nouvelle communauté de bons prêtres qui y travailleront avec fruit et bénédiction.

Après deux ans passés dans cette retraite, il est pourvu de la cure de Clichy. On dit qu'il avait déjà refusé un évêché ; il est certain qu'on lui offrait de riches abbayes, et la reine Marguerite, sur le récit de ses vertus, l'avait pris pour son aumônier ordinaire.

Mais, Dieu a parlé par la bouche de M. de Bérulle. L'humble Vincent sera curé de village. « Il préfère, comme le Prophète, être petit dans la maison du Seigneur, là où l'appelle l'obéissance ecclésiastique, que d'habiter dans les tabernacles des pécheurs, c'est-à-dire parmi les vains honneurs où perce l'ambition ».

Lui-même le disait plus tard : « Le bon peuple de Clichy m'était si obéissant, qu'ayant recommandé la confession des premiers dimanches du mois, personne n'y manquait, à ma grande joie. Ah ! me disais-je, que tu es heureux d'avoir un si bon peuple ! Le pape est moins heureux que moi ! »

 

Pratique. - Chercher, dans toutes les positions, le moyen de procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes, en se proposant de procurer son propre salut.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle des pasteurs, priez pour les pauvres curés de campagne, qui rencontrent aujourd'hui tant de difficultés pour l'exercice de leur saint et pénible ministère.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Tout ce que Dieu nous donne ou nous enlève tourne toujours à | notre avantage, puisque tel est son bon plaisir. C'est à nous conformer à ce bon plaisir de Dieu, que nous devons faire consister toute notre perfection et tout notre bonheur.

L'indifférence est un état de vertu qui détache si parfaitement des créatures, et unit si intimement à la volonté de Dieu, que soi-même on ne désire rien, et on ne préfère pas une chose à une autre.

Se conformer en toute chose à la volonté de Dieu, c'est vivre d'une vie tout angélique : c'est précisément vivre de la vie de Jésus-Christ.

Il n'y a rien de plus saint, rien d'une perfection plus éminente que la résignation à la volonté de Dieu, qui nous établit dans un dépouillement total de nous-mêmes, et dans une indifférence parfaite pour tous les états où nous pouvons nous trouver.

On ne doit épargner ni dépenses, ni fatigues, ni même sa propre vie, quand il s'agit d'accomplir la volonté de Dieu.

Faire en tout et partout la volonté de Dieu, être prêt à aller vivre et mourir où Dieu voudra, c'est la disposition où se tiennent les bons serviteurs de Dieu et les hommes vraiment apostoliques ; c'est la marque qui distingue les vrais enfants de Dieu, qui sont toujours disposés à accomplir tous les desseins d'un si auguste et si bon père.

La perfection de l'amour divin ne consiste pas dans les extases ; elle consiste à faire la volonté de Dieu.

 

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21 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

15356

 

Cinquième jour

5e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

22 septembre

 

À Paris

 

Prélude. - Suivons notre saint dans ce nouveau voyage de Rome à Paris et contemplons la beauté de son âme, qui, parmi toutes ces distractions, ne pas un instant la présence de Dieu.

 

Récit. - Frappés des louanges que Antonio faisait de la vertu et de la sagesse de Vincent, les négociateurs français voulurent le voir, pour examiner s'ils ne trouveraient point en lui le messager qu'ils cherchaient. Vincent parut devant eux. Ils l'entretinrent plusieurs fois et crurent enfin pouvoir s'ouvrir à lui. Comme il s'agissait d'une affaire importante, qui demandait de la prudence, de la fidélité, et une grande discrétion, ils instruisirent Vincent et l'envoyèrent à Paris pour en conférer avec Henri IV.

Arrivé à Paris, Vincent se hâta d'accomplir sa mission ; mais il ne profita point de cette occasion pour s'engager plus avant dans la cour, craignant que la faveur du roi de la terre ne servit d'obstacle aux grâces du Roi du ciel. Comme il occupait, au faubourg Saint-Germain, dans le voisinage de l'hôpital de la Charité, une même chambre avec un de ses compatriotes, juge de Sore, village situé aux Landes et dans le ressort de Bordeaux, il fut accusé à faux de lui avoir dérobé quatre cents écus.

Voici comment il raconte lui-même cette épreuve que Dieu lui envoya pour affermir sa vertu :

« J'ai connu une personne qui, accusée par son compagnon de lui avoir pris quelque argent, lui dit doucement qu'il me l'avait pas pris, mais, voyant que l'autre persévérait à l'accuser, il se retourna de l'autre côté, s'éleva à Dieu, et lui dit : « Que ferai-je, mon Dieu ! Vous savez la vérité! » Et alors, se confiant en lui, il résolut de ne plus répondre à ces accusations, qui allèrent fort avant, jusqu'à tirer monitoire du larcin et à le lui faire signifier. Or, il arriva, et Dieu le permit, qu'au bout de six ans celui qui avait perdu l'argent étant à plus de vingt lieues d'ici (Le juge étant à Bordeaux et saint Vincent à Paris), trouva le larron qui l'avait pris. Voyez le soin de la Providence pour ceux qui s'abandonnent à elle ; alors, cet homme, reconnaissant le tort qu'il avait eu de s'en prendre avec tant de chaleur et de calomnie contre son ami innocent, lui écrivit une lettre pour lui en demander pardon, lui disant qu'il en avait un si grand déplaisir, qu'il était prêt, pour expier sa faute, à venir au lieu où il était pour en recevoir l'absolution à genoux ».

 

Pratique. - Se confier à la Providence et s'abandonner à sa Divine Volonté, quand on est en butte à la calomnie.

 

Invocation. - Saint Vincent, homme sage et circonspect dans toutes vos voies, obtenez-nous la vertu de prudence.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Après avoir connu la volonté de Dieu sur une œuvre qu'on entre prend, on doit la continuer avec courage, quelque difficile qu'elle soit. On doit la suivre jusqu'à la fin, avec d'autant plus de constance, que les obstacles que l'on éprouve sont plus grands.

L'indifférence (1) est une vertu, non-seulement très excellente, mais encore très utile pour avancer dans la vie spirituelle : on peut même assurer qu'elle est nécessaire à tous ceux qui veulent servir Dieu parfaitement.

Qui peut être plus parfaitement uni à Dieu que celui qui ne fait que la volonté du Seigneur, qui ne suit jamais sa volonté propre, et qui ne veut autre chose que ce qui est du bon plaisir de Dieu ?

Notre-Seigneur se communique sans cesse aux âmes qui se conforment entièrement et constamment à la sainte volonté de Dieu, et qui ne consultent que son bon plaisir dans ce qu'elles veulent ou ne veulent pas.

Dieu nous ayant appelés à l'état où nous sommes, a attaché, pour ainsi dire, à cet état les grâces nécessaires à notre salut : il nous les refusera, si nous abandonnons notre vocation pour nous engager dans une autre à laquelle il ne nous appelle pas.

La conformité à la volonté divine est le trésor du vrai chrétien : elle renferme éminemment la mortification, la soumission parfaite, l'abnégation de soi-même, l'imitation de Jésus-Christ, l'union avec Dieu, et généralement toutes les vertus, qui ne sont telles que parce qu'elles sont conformes à la volonté de Dieu, qui est l'origine et la règle de toute perfection.

Être content de tous les états dans lesquels Dieu nous place, sans jamais en sortir, à moins que nous ne connaissions que Dieu le veut, c'est la plus excellente, la plus utile pratique que nous puissions faire en ce monde.

 

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(1) On entend ici par « indifférence » le détachement des choses, même bonnes en soi, telles que la réussite des bonnes œuvres, ce qui n'exclut pas le zèle qu'on doit y mettre dans la vue de plaire à Dieu.

 

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20 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

8207

 

Quatrième jour

4e jour de la la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

21 septembre

 

À Rome

 

Prélude. - Suivons le pieux visiteur dans ses pèlerinages aux lieux saints de Rome, et vénérons-les avec lui.

 

Récit. - Vincent et son ancien maître furent reçus publiquement, à Avignon, par le vice légat Montorio, qui voulut les mener à Rome tous deux.

Notre saint fut si consolé de se voir en cette ville, mère et maîtresse de la chrétienté, où est le chef de l’Église militante, où sont les corps de saint Pierre et de saint Paul, et de tant d'autres martyrs et de saints personnages qui ont autrefois versé leur sang et employé leur vie pour Jésus Christ, qu'il s'estimait heureux de marcher sur la terre où tant de grands saints avaient marché. Cette pensée l'attendrissait jus qu'aux larmes.

Durant son séjour à Rome, Vincent se livra tout entier à ses études et à la prière. Dans cette capitale du monde ancien, centre de la civilisation chrétienne, il ne donna pas la moindre satis faction à la curiosité, la plus naturelle et la plus légitime en pareil cas.

De tous les monuments de la Rome antique, il ne visita que le Colisée et les catacombes, pour y vénérer le sang, les souvenirs et les cendres des martyrs ; et dans la Rome chrétienne, il ne voulut connaître que les églises et les lieux consacrés par la piété des fidèles.

Sa passion pour l'étude, long temps comprimée dans l'esclavage, reprit à Rome son essor ; il recommença ses travaux théologiques et étendit encore ses connaissances. Il était d'autant plus libre de se livrer à l'étude, qu’il n'avait plus alors le souci de la vie matérielle ; car le vice légat Montorio fournissait à son entretien.

Vincent acquittait largement sa dette d'hospitalité par son édification et le charme pieux de son commerce. À mesure qu'il se faisait connaître davantage, il excitait de plus en plus l'admiration de son protecteur. Celui ci ne pouvait se lasser de répandre ses louanges, surtout devant les négociateurs français qui étaient alors à Rome, ne se doutant pas qu'il allait par là se faire ravir son trésor.

 

Pratique. - Aimer à retrouver le souvenir des saints, dans nos voyages et nos visites en pays étranger.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez si bien étudié et reproduit dans votre vie l'image des saints, obtenez-nous d'imiter vos vertus.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Nous devons nous abandonner entièrement dans les mains de Dieu ; nous devons croire que sa Providence dispose, pour notre plus grand bien,de tous les événements qu'elle veut ou qu'elle permet qu'il nous arrive.

Nous devons offrir nos personnes et tous nos biens à Dieu, afin qu'Il en dispose selon sa sainte volonté ; en sorte que nous soyons toujours prêts à tout quitter pour embrasser les afflictions qui nous arrivent.

Dans les orages qu'excite contre nous la calomnie, dans les injures dont elle nous accable, nous ne devons pas, si nous tendons sincèrement à la perfection, cher cher à nous justifier, mais nous devons recevoir la confusion, tout supporter avec patience, et nous abandonner à Dieu, en attendant que son heure arrive.

Celui qui a mis toute son espérance en Dieu doit être certain que quand l'univers entier se sou lèverait contre lui, il n'arrivera rien que ce qu'il plaira à Dieu.

C'est dans les besoins les plus pressants que nous devons faire éclater notre confiance en Dieu.

Le moyen le plus assuré pour - réussir dans quelque entreprise que ce soit, c'est de se tenir dans un abandon total à la divine Providence, et dans une humble dépendance de ses dispositions.

On ne peut jamais excéder dans la véritable espérance, qui ne peut être trop grande, puisqu'elle est fondée sur la bonté de Dieu et sur les mérites de Jésus-Christ.

Celui qui met sa confiance dans les hommes, et qui, s'appuyant sur ses talents naturels ou sur les ressources que la fortune lui ménage, ne se confie pas en Dieu, celui-là s'éloigne lui-même de Dieu.

 

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19 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

1075-001

 

Troisième jour

4e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

20 septembre

 

Esclave à Tunis

 

Prélude. - Représentons-nous le jeune prêtre, sous le soleil brûlant d'Afrique, vêtu en esclave, travaillant aux labeurs les plus grossiers, et interrompant quelquefois son travail pour lever les yeux au ciel.

 

Récit. - En 1605, Vincent de Paul alla à Marseille pour recueillir un legs de quelque importance, et pour lequel il transigea avec un admirable désintéressement.

Au retour, on l'engagea à prendre la voie de mer, de Marseille à Narbonne. Le bateau fut pris par les pirates de Barbarie, et le saint fut vendu à Tunis. Il changea plusieurs fois de maître, Dieu voulant qu'il éprouvât lui même tout ce que les esclaves chrétiens avaient à souffrir, afin qu'il travaillât dans la suite avec plus d'ardeur à leur délivrance.

Enfin, un renégat de Nice, l'ayant acheté, l'emmena dans sa terre. C'était en une région extrêmement chaude et déserte.

Une des femmes de son maître servit d'instrument entre les mains de Dieu pour retirer le renégat de l'apostasie et délivrer Vincent. Voici comment le saint raconta le fait, dans une lettre touchante de simplicité :

« Curieuse qu'elle était de sa voir notre façon de vivre, elle me venait voir tous les jours au champ où je fossoyais, et un jour elle me commanda de chanter les louanges de mon Dieu. Le ressouvenir du Quomodo cantabimus interra aliena des enfants d'Israël captifs à Babylone, me fit commencer, la larme à l'œil, le psaume Super flumina Babylonis, et puis le Salve Regina, et plusieurs autres choses, en quoi elle prenait tant de plaisir que c'était merveille. Elle ne manqua pas de dire à son mari, le soir, qu'il avait eu tort de quitter sa religion, qu'elle estimait extrêmement bonne pour un récit que je lui avais fait de notre Dieu et quelques louanges que j'avais chantées en sa présence : en quoi elle disait avoir ressenti un tel plaisir, qu'elle ne croyait point que le paradis de ses pères et ce lui qu'elle espérait fut si glorieux ni accompagné de tant de joie que le contentement qu'elle avait ressenti pendant que je louais mon Dieu ».

Concluant qu'il y avait en cela merveilles, cette femme fit tant par ses discours, que, la grâce de Dieu aidant, son mari forma le projet de se sauver en France avec notre saint : c'est ce qu'ils firent dix mois plus tard.

 

Pratique. - Aimer à chanter les cantiques et les hymnes sacrées.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez été captif en Barbarie, délivrez les âmes captives dans la servitude du péché.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Quand la vaine complaisance s'insinue dans les bonnes œuvres, elle en est le poison. La vaine com plaisance est une peste qui infecte les actions les plus saintes et qui nous fait promptement oublier Dieu. C'est le vice le plus funeste à tout progrès dans la vie spirituelle et dans la perfection.

Un des plus grands maux qui puissent affliger une société,c'est de compter, parmi ceux qui la composent, des personnes qui murmurent, qui se plaignent de tout, et qui trouvent à redire à toutes choses.

L'amour-propre couvert du voile de la charité nous fait croire souvent que nous servons Dieu, tandis que nous cherchons à nous satisfaire.

On ne peut pas regarder comme solide la vertu d'une âme propriétaire d'elle-même et attachée à sa propre volonté.

On ne doit pas remarquer comme une œuvre humaine celle à laquelle aucun homme n'a jamais pensé.

Les trésors de la Providence divine sont infinis ; c'est notre indifférence seule qui les restreint et qui fait disparaître à nos yeux leur éclat et leur prix.

La Providence ne nous abandonne jamais dans les œuvres que nous n'entreprenons que par ses ordres.

Se résigner à la volonté divine pour souffrir tout ce qui Lui plaira, et aussi longtemps qu'il Lui plaira, voilà la grande leçon que nous donne le fils de Dieu ; ceux qui l'apprennent bien et qui la gravent dans leur cœur, sont de la première classe dans l'école de Jésus-Christ.

 

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18 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Deuxième jour

2e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

19 septembre

 

L'ordination

 

Prélude. - Représentons-nous notre saint, offrant pour la première fois le saint sacrifice de la messe. Quelle admirable ferveur ! Quelle humble attitude ! On dirait un ange à l'autel.

 

Récit. - Le jeune Ordinand étudia la théologie pendant sept ans, à Toulouse et aussi à Saragosse. Il reçut le sous-diaconat le 19 septembre 1598 et le diaconat, trois mois après, le 19 décembre, dans la cathédrale de Tarbes.

Il aurait pu être ordonné prêtre au mois de septembre de l'année suivante, mais il voulut s'y préparer une année encore, et il ne reçut la consécration sacerdotale, que le 23 septembre 1600, des mains de l'évêque de Périgueux, dans la chapelle du château de Saint-Julien.

On ne saura jamais quel jour il célébra sa première messe ; mais tout porte à croire qu'il la célébra dans la chapelle de Notre Dame de Grâce de Buzet, au diocèse d'Albi, dont la solitude et la pauvreté avaient attiré sa dévotion.

Dieu, qui semblait le conduire par la main dans les sentiers de l'humilité, détacha son cœur des dignités ecclésiastiques par un accident providentiel. Les grands vicaires de Dax, le siège vacant, n'eurent pas plus tôt appris qu'il était prêtre, qu'ils le pourvurent de la cure de Thiel, poste important. Mais elle lui fut contestée par un compétiteur, qui l'avait obtenue en cour de Rome. Vincent ne voulut point entrer en procès pour ce sujet.

On voit, par ce fait, par le temps qu'il consacre aux études, ainsi que par une pièce où on lui permet d'expliquer et d'enseigner publiquement le 2e livre des Sentences dans l'Université de Toulouse, avec le grade de bachelier, qu'il n'était pas ignorant comme il se plut, dans la suite, à le faire croire. Bien différent de ceux qui se laissent enfler par un peu e science, qu'ils pensent avoir, il cachait celle qu'il avait acquise. Volontiers, il eut pris pour de vise celle de l'Apôtre : « Je n'ai pas estimé savoir autre chose, parmi vous, que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ».

 

Pratique. - S'appliquer aux études qui conviennent à l'état qu'on a embrassé.

 

Invocation. - Saint Vincent, humble de cœur et ferme d'esprit, préservez de l'influence de l'orgueil ceux qui s'appliquent à l'acquisition de la science sacrée.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Il faut bien se garder de ce malheureux esprit de vanité qui porte à employer toujours, dans les instructions que l'on fait, des pensées élevées et sublimes : il n'y a que l'humilité et une intention pure de plaire à Dieu qui fasse réussir ce qu'on entreprend pour sa gloire.

Dieu considère bien moins l'extérieur et le matériel que l'ardeur de l'amour et la pureté de l'intention avec lesquelles elles sont faites.

Le véritable zèle pour le salut des âmes porte 1° à se réjouir lorsque d'autres personnes font de grandes choses pour la gloire de Dieu et le service du prochain ; 2° à donner des éloges et à témoigner beaucoup d'estime à ceux qui s'emploient utilement dans le ministère apostolique ; 3° à faire à Dieu pour eux de ferventes prières, afin qu'il les conserve, les fasse prospérer, et répande sur leurs travaux des bénédictions toujours plus abondantes.

On doit travailler beaucoup par amour pour Dieu sans s'occuper de l'estime des hommes, Il faut travailler à leur salut, sans faire attention à leurs discours.

Le peu de progrès dans la vertu et le peu de succès dans les affaires qui ont pour objet la gloire de Dieu, viennent de ce que les hommes ne s'appuient pas sur les maximes de la foi, et qu'ils ne suivent que celles de la raison humaine.

Nous devons nous tenir en garde contre la jalousie et contre le plus léger sentiment que l'envie nous inspirerait. Ce vice est absolument opposé au zèle pur et sincère de la gloire de Dieu ; il est une preuve certaine d'un orgueil secret et très subtil.

 

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17 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Premier jour

1er de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

18 septembre

 

La Naissance

 

Prélude. - Avec les anges préposés à la garde de cet humble berceau, vénérons le petit enfant qui y repose et que Dieu réserve à accomplir de si grandes choses dans son Église.

 

Récit. - C'est le 24 avril 1576, un mardi après Pâques, au petit hameau de Ranquines, près de Dax, que naquit Vincent de Paul.

Pauvres selon le monde, ses parents étaient riches de foi et d'amour de Dieu. Ils l'élevèrent dans la crainte du Seigneur, par mi les épreuves de la pauvreté. Le troisième de six enfants, le petit Vincent était employé à garder le troupeau de son père.

Sa bonne mère du ciel sembla veiller sur l'innocence de son jeune serviteur, qui aimait à la vénérer au pied d'un chêne, encore vivant, dont il avait changé en oratoire à Notre Dame de Buglose, le tronc déjà creusé alors par le temps.

La charité du pieux enfant se faisait jour à travers ses moindres actions. Son morceau de pain, ses méchants habits, ses modestes économies, il donnait tout, avec cette largeur de l'âme et du cœur qui en fera le prodige de la charité catholique.

Mais sa belle intelligence perçait au sein de l'obscure et grossière éducation que la pauvreté des siens lui assigna dans l'ordre social. Son père, frappé des grandes dispositions de son fils, le plaça chez les cordeliers de Dax, où il se distingua par sa piété, sa sagesse, l'angélique pureté de ses mœurs, non moins que par son ardente application au travail et ses rapides progrès dans l'étude.

C'était en 1588. Quatre ans après, l'avocat de Commet lui confiait l'éducation de ses deux fils. Le bon jeune homme accepta avec joie cette position, qui lui permettait de continuer ses études sans rien coûter à sa famille.

L'humble précepteur sut égale ment concilier le soin de ses élèves avec son propre avancement dans la science et dans la piété, et, le 20 décembre 1596, sur les conseils de son second père - c'est le nom qu'il donnait à M. de Commet - il recevait la tonsure et les quatre ordres mineurs.

 

Pratique. - Aimer à favoriser l'instruction des enfants pauvres.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle et patron de la jeunesse studieuse, priez pour les jeunes étudiants de nos écoles et de nos universités.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Plus nous sommes pauvres, et plus il faut nous confier à la Providence divine à qui nous devons nous abandonner entièrement, soit pour les biens temporels, soit pour les biens spirituels.

Nous sommes heureux quand le Seigneur nous met dans un état où nous pouvons honorer sa pauvreté par la nôtre : nous sommes alors dans une heureuse nécessité de dépendre en tout de la divine Providence ; nous avons mille occasions de recourir à sa bonté, de compatir aux misères des pauvres, et de pratiquer plusieurs actes de patience, d'humilité, de mortification, de conformité à la volonté de Dieu.

Dieu aime les pauvres, et, par conséquent, il aime ceux qui ont de l'affection pour les pauvres ; car, quand on aime beaucoup quel qu'un, on aime ses amis et ses Serviteurs.

Qu'il est beau de voir les pauvres, quand on les considère en Dieu, et dans l'estime que Jésus-Christ en a faite !

La lumière de la foi nous fait découvrir dans les pauvres les vraies images du fils de Dieu, qui ne se contenta pas d'être pauvre, mais qui voulut encore être appelé le maître, le docteur et le père de pauvres.

On ne doit pas se borner à considérer l'extérieur ou les talents naturels d'un pauvre paysan ou d'une pauvre femme : à peine trouverait-on en eux des êtres doués de raison, tant ils sont terrestres et grossiers, Mais si on les considère suivant les lumières de la foi, on trouvera dans ces pauvres les vrais représentants du fils de Dieu.

 

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30 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Trente-et-unième jour

De la statue colossale élevée au Puy, à la sainte Vierge, sous le nom de Notre Dame de France

 

Ce fut une idée magnifique que celle d'élever à Marie sur le sommet du Mont-Corneille la statue colossale qui en fait une fois de plus la reine du Velay. La première idée en vint, dit-on, au Père de Ravignan, alors qu'il préparait au Puy, en 1846, ses belles conférences pour Notre Dame de Paris. En 1850 son idée fut reprise, par l'abbé Combalot, et il fut enfin donné à Monseigneur de Morlhon de la réaliser.

Un concours fut ouvert, auquel prirent part 53 artistes, et M. Bonassieux fut proclamé lauréat à l'unanimité. Son projet de statue était en effet un véritable chef-d'oeuvre.

Mais comment le réaliser ! La question financière paraissait insurmontable. Sans se décourager, Mgr de Morlhon ouvrit lui même une souscription diocésaine par un don généreux de dix mille francs. Le diocèse souscrivit pour cent mille francs ; mais la statue projetée devait avoir seize mètres de haut ; il fallait donc des ressources bien autrement considérables. La France entière fut appelée à souscrire au monument.

La France répondit généreusement à cet appel. Les trois cent mille petits enfants que les bons Frères des écoles chrétiennes élevaient alors en France, s'offrirent à faire, à eux seuls, les frais du piédestal. C'était la souscription nationale qui commençait par tout ce qu'elle peut avoir de plus gracieux. Ce fait rappelle bien les légendes qui ont valu, à notre Cathédrale, son nom d'église angélique : de même que les anges du ciel avaient consacré jadis, le sanctuaire de Notre-Dame, de même les petits anges de la France voulaient, à leur tour, consacrer à la Mère de l'Enfant Jésus, le rocher qui devait servir de piédestal à sa colossale statue. La souscription de ces petits enfants n'atteignit pas moins de 15,000 francs.

Sur la requête éloquente de Mgr de Morlhon, l'empereur Napoléon III souscrivit pour 10,000 fr. et l'impératrice pour 2,000. De plus, sur la demande de l'Evêque, l'empereur promit, pour la statue, les canons que l'armée française devait prendre à Sébastopol. On était alors au 5 septembre 1855. Le 8, fête de la Nativité de la sainte Vierge, Sébastopol avec ses arsenaux, ses forteresses et son port remplis de pièces d'artillerie, tombait aux mains de nos valeureux soldats. À la suite de cette victoire, la paix ayant été signée (30 mars 1856), deux cent treize canons, représentant un poids de 150,000 kilogrammes de fonte de fer, furent mis, par l'empereur, à la disposition de Monseigneur l'Evêque du Puy. Grâce à cette espèce de carte forcée, tirée providentiellement par nos soldats sur la Russie schismatique, grâce aussi aux ressources de la souscription nationale, qui s'éleva à plus de 300,000 francs, la statue de Notre-Dame de France put être coulée à Givors, avec les canons de Sébastopol. Grande et chrétienne pensée que celle d'avoir ainsi converti l'airain tonnant des batailles en un symbole de miséricorde et d'amour.

Enfin, le 12 septembre 1860, eut lieu l'inauguration de la colossale statue. Jamais la ville du Puy n'assista à plus belle fête et à plus magnifique triomphe. Plus de cent vingt mille pèlerins étaient accourus à cette pieuse cérémonie. Dès le matin, à cinq heures, les cloches de toutes les paroisses, de toutes les églises, de toutes les communautés, s'éveillant toutes à la fois, saluèrent de leurs joyeuses volées l'aube de la fête qui se levait. Rien d'émouvant comme ses hymnes d'airain, portés sur l'aile des quatre vents du ciel, et chantant les gloires de Dieu dans l'espace infini.

À dix heures, une procession, dont la magnificence défie toute description, sortit des sombres profondeurs du porche de la Cathédrale et descendit, avec la lente majesté d'un fleuve contenu, les pentes des rues qui conduisent à la grande place du Breuil. A la suite de cet immense défilé s'avançaient douze prélats, portant des crosses, des mitres et des chapes splendides. C'étaient Nos Seigneurs, les Evêques de Viviers, de Saint-Flour, de Torento, de Valence, de Mende, de Tulle, d'Autun, de Clermont et du Puy. Venaient ensuite les archevêques de Tours et d'Alby, et enfin, dans le splendide éclat de la pourpre romaine, Mgr Donnet, cardinal-archevêque de Bordeaux, fermait la marche de cet auguste cortège. Tous ces grands dignitaires de l'Eglise viennent prendre place sur une magnifique estrade, au milieu de laquelle un riche autel avait été préparé pour le Saint-Sacrifice. Là, tous les regards étant fixés sur le rucher de Corneille où se dressait la statue voilée, un choeur immense entonne un hymne à la Vierge. Soudain le canon tonne, le voile de la statue tombe, une immense acclamation de joie et d'ivresse la salue ; tambours, clairons, fanfares mêlent leur grande voix aux acclamations et aux hourras de la foule.

Puis, sur un signe, tout se tait ; les prélats sont debout, leurs mains se lèvent toutes ensemble pour bénir la statue. Chacun prononce à haute voix, selon le rite prescrit, la formule sacrée. À ce moment, un murmure contenu court comme un frisson sur la foule surprise ; le ciel, qui avait été jusqu'alors sombre et nébuleux, semble soudain s'éclaircir ; un rayon de soleil perce la nue, inonde d'abord le monument de sa pure et radieuse lumière, et s'épanche ensuite en flots d'or sur la ville, comme si du haut du ciel, Marie en personne eut voulu sourire à cette fête. Bien des âmes ne purent s'empêcher de voir une intervention surnaturelle dans cette merveilleuse coïncidence, et le mot de miracle fut même prononcé par un grand nombre de spectateurs.

Quoi qu'il en soit, elle est là maintenant, la colossale statue, elle est là debout sur son gigantesque piédestal de granit, le front dans l'azur et presque aux écoutes du ciel. Du haut du roc où elle se dresse, elle apparaît aux yeux de la foule comme une radieuse et puissante Reine. Elle plane désormais dans l'espace, sur les temps et sur les hommes ; le divin Enfant qu'elle porte entre ses bras, bénit la ville et la France, et l'antique cité d'Anis, fille des grands souvenirs, s'enorgueillit justement de voir sa plus chère croyance et toute son histoire, se dresser de la sorte, immortelles, sur un incomparable piédestal.

Rappelons, en finissant, que le rocher sur lequel s'élève la statue est à cent trente-deux mètres au-dessus de la place de l'Hôtel-de-Ville, et à sept cent cinquante-sept mètres au-dessus du niveau de la mer. Le piédestal mesurant sept mètres au-dessus du rocher, et la statue seize mètres au-dessus du piédestal, les étoiles qui composent la couronne de la statue sont donc à sept cent soixante-quatre mètres au-dessus du niveau de la mer. La longueur totale du serpent qui se tord et expire sous les pieds de Marie, n'a pas moins de dix-sept mètres ; le pied qui l'écrase a un mètre quatre-vingt-douze centimètres. La chevelure qui se déroule à longs plis sur le manteau constellé de la Vierge, a une longueur de sept mètres ; l'avant-bras a trois mètres soixante-quinze, et la main, de l'attache du poignet jusqu'au bout des doigts, mesure un mètre cinquante-six centimètres. Enfin, la statue, au point de son plus large développement, a dix-sept mètres de circonférence. Aucun monument en métal fondu, existant jusqu'à ce jour, n'a encore atteint de telles proportions. La statue de saint Charles Borromée, à Milan, qui mesure quelques mètres de plus, est simplement en plaques de cuivre repoussé. L'on peut donc bien dire, avec vérité, que par ses dimensions colossales, par sa double signification de patriotisme et de foi, par, la convenance enfin et l'harmonie de toutes choses, autour d'elle, la statue de la sainte Vierge, élevée au Puy, sur le rocher de Corneille est digne du Velay et de la France, et n'a point d'égale au monde.

Heureux ceux à qui il a été donné d'assister au spectacle merveilleux que nous venons de raconter ; et gloire éternelle, amour sans fin à Marie, la patronne et la Reine de notre bien-aimé diocèse et de notre chère Patrie !

 

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Prière

 

Notre Dame du Puy, Notre Dame de France, priez pour nous !

 

Nous venons de raconter votre glorieuse histoire. Que vous demanderons-nous maintenant, en ce dernier jour du beau mois fleuri qui vous est consacré ? Que vous demanderons-nous à la fin de ce livre où sont racontées les merveilles que vous avez daigné opérer sur le Mont-Anis !

Ô Marie, nous vous adresserons une dernière prière pour le Velay et pour la France ! Nous vous demanderons une dernière et suprême bénédiction pour nos montagnes, une dernière et suprême bénédiction pour notre Patrie ! Reine du Velay, vous êtes aussi la Reine de la France, et la France et le Velay vous implorent à genoux et se recommandent à votre toute puissante protection !

Nous vous prierons également pour chacun de nous en particulier : ô Marie, conservez en nos coeurs la foi ardente, qui, par moments, est venue réchauffer nos âmes pendant la lecture de ce petit livre. Maintenez en nos coeurs les bonnes résolutions que nous avons prises, durant ce mois qui nous a tous réunis en votre nom. Humblement prosternés à vos pieds, nous nous consacrons à vous, ô Notre Dame du Puy nous nous donnons à vous, nous remettons à votre bonté la direction de notre vie. Soyez, désormais, notre espérance et notre force, notre consolation et notre soutien, notre joie et notre amour ! Chaque jour, nous ajouterons à nos prières ces mots désormais chers à notre coeur : Notre-Dame du Puy, priez pour nous ! Nous les répéterons souvent en nous-mêmes, sachant que vous les entendez et que vous êtes sans cesse à côté de nous, par votre invisible mais réelle présence. Nous les dirons enfin, à l'heure redoutable où nous irons paraître devant le Souverain Juge ! Porte du Paradis, ouvrez-vous alors pour chacun de nous !

 

Notre-Dame du Puy, priez pour nous ! Ainsi soit-il !

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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Fin du Mois de Marie

 

Prochain Mois de Dévotion: Mois de Saint Vincent de Paul,

rendez-vous le 17 septembre

 

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