19 février 2014

Souvenez-vous à Marie Reine du monde

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Souvenez-Vous à Marie Reine du monde

 

Souvenez-Vous, ô puissante Reine,

de l'ineffable pouvoir

que la Très Sainte Trinité

Vous a donné sur le monde.

Pleins de confiance en Vos Mérites

nous venons implorer Votre Miséricorde.

O Céleste Trésorière de toutes les grâces

dont Vous pouvez disposer pour les répandre,

selon la Volonté de Votre Fils,

sur l'univers entier,

accordez-nous l'insigne faveur

de nous abandonner totalement à Votre très doux Coeur,

puisque Vous êtes notre Mère

et que notre Salut est entre Vos mains.

O Reine de l'univers,

accueillez favorablement nos prières

et nous servirons avec joie

le Christ-Roi.

 

Amen.

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18 février 2014

Bienheureuse Rosalie Rendu

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Bienheureuse Rosalie Rendu

Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul

1786-1856

Fête le 7 février

 

Né à Confort (Ain, France), le 8 septembre 1786, elle entra dans la Compagnie des Filles de la Charité à 16 ans. Envoyée à la Maison de Charité du quartier Saint Marcel, paroisse Saint Médard, à Paris, elle en devint bientôt Supérieure et y vécut 54 ans, combattant la misère sous toutes ses formes dans un complet oubli d'elle-même et la pratique des plus hautes vertus religieuses. Sous son impulsion, les œuvres se multipliaient selon les nécessités : écoles, patronages, orphelinats, visites des pauvres et des malades, asiles pour les vieillards. Aucune détresse ne lui échappait. Émeutes et épidémies la trouvaient vaillante pour soulager les victimes. Le Bienheureux Frédéric Ozanam lui demanda de l'initier à la Charité, et elle est à l'origine des Conférences de Saint Vincent de Paul, comme de la plupart des œuvres sociales de l'époque. Elle mourut le 7 février 1856, regrettée des riches auxquels elle avait su apprendre la joie d'accomplir leur devoir envers les malheureux, pleurée des Pauvres qui avaient en cette vraie Fille de Saint Vincent, une amie et une mère. Son corps repose actuellement, dans l'attente de la Résurrection, à Paris, au Cimetière Montparnasse. Soeur Rosalie a été déclarée Bienheureuse le 9 novembre 2003 par le Bienheureux Jean Paul II.

 

« Une fille de la charité est une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau » (Soeur Rosalie)

 

Prière pour demander la canonisation de la Bienheureuse Rosalie Rendu

 

Seigneur Jésus, dont le Cœur Divin, Fournaise ardente de Charité, a embrasé ici-bas d'un si brûlant amour de Dieu et du prochain, le cœur de la Bienheureuse Soeur Rosalie Rendu, faites, nous Vous en supplions, éclater par de si grands miracles, la puissance de son intercession auprès de Vous, afin qu'elle soit bientôt, par l'autorité de Votre Eglise, reconnue et déclarée Sainte, ô Vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Amen.

 

De très nombreuses faveurs tant spirituelles que temporelles ont été obtenues par l'intercession de la Bienheureuse Rosalie Rendu. On est prié de signaler les nouvelles grâces qui pourraient être ainsi reçues à la

 

Maison-Mère des Filles de la Charité

140 rue du Bac

75340 Paris Cedex 07 (France)

http://filles-de-la-charite.org

 

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16 février 2014

Le Bienheureux Columba Marmion

Columba Marmion

Le Bienheureux Columba Marmion

Abbé de Maredsous

1858-1923

Fête le 3 octobre

 

Né à Dublin, en 1858, de père Irlandais et de mère Française, Joseph Marmion se fit remarquer dès son jeune âge par un grand esprit de Foi puisé au foyer familial. Ses études secondaires terminées, il fut reçu au Séminaire de Clonliffe (Dublin). Il acheva sa formation sacerdotale à Rome, où il fut, au Collège Pontifical de la Propagande, un des brillants disciples du célèbre Cardinal Satolli. Il fut ordonné Prêtre dans la Ville Eternelle le 11juin 1881.

Une visite faite à Maredsous lors de son retour en Irlande fut l'occasion de l'appel à la vie monacale Bénédictine. Après plusieurs années de professorat de philosophie au Séminaire de Clonliffe, il put suivre sa vocation, et entra à Maredsous le 21 novembre 1886. Dans la vie religieuse, il se distingua surtout par une constante fidélité à la grâce. Aussi Dieu le combla-t-il de lumières abondantes sur le mystère de la vie divine.

En 1899, il fut envoyé à l'Abbaye du Mont-César à Louvain où il demeura dix ans, comme Prieur et professeur de théologie. C'est là qu'il rencontra Monseigneur Mercier, plus tard Cardinal, qui l'honora de son amitié et le choisit comme confesseur. Plus tard, l'éminent Cardinal devait écrire de Dom Marmion : « Il fait toucher Dieu ». Élu abbé de Mardesous en septembre 1909, Dom Marmion y mourut saintement le 30 janvier 1923.

A tous ceux qui le connurent, il laissa l'ineffaçable souvenir d'un noble esprit, d'une âme élevée, d'un grand cœur : âme de contemplatif, cœur de Saint ; théologien consommé, directeur spirituel éminent, apôtre débordant de zèle autant que de bonté compréhensive et rayonnante qui trouvait sa source dans un amour passionné du Christ et des âmes.

Les ouvrages spirituels où il expose, avec autant de profondeur que de simplicité, le mystère du Christ, l'ont placé au premier rang des maîtres de la vie intérieure. On a pu dire de lui qu'il est le « Docteur de l'adoption divine ». Son rayonnement se perpétue dans le monde par sa doctrine et par les faveurs qu'il plaît à Dieu d'accorder aux âmes qui recourent à son intercession. Il a été béatifié le 3 septembre 2000 par le Bienheureux Jean Paul II.

 

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Le message de Dom Marmion

 

Les grandes lignes de la doctrine spirituelle de Dom Marmion peuvent se ramener aux points suivants. La sainteté, en l'homme, n'est possible que selon le plan divin : connaître ce plan, s'y adapter parfaitement, c'est toute la substance de la sainteté. Ce plan consiste à appeler la créature humaine à participer, par la grâce de l'adoption surnaturelle, à la propre vie éternelle de Dieu. Au centre de ce plan est établi le Christ, Homme-Dieu, en qui réside la plénitude de vie divine, et qui vient la communiquer aux hommes. L'homme entre en participation de cette vie divine par la grâce sanctifiante qui, lui laissant sa condition de créature, le rend véritablement, par adoption, l'enfant de Dieu : le Père Céleste enveloppe tous les chrétiens dans une extension de Sa Paternité à l'égard de Son propre Fils Jésus-Christ.

Partant de ces doctrines fondamentales, Dom Marmion demande à l'âme qu'il dirige une double attitude essentielle : humble soumission de la créature, fidélité d'amour de l'enfant. Il veut que l'âme consciente des droits de Dieu, Maître souverain, cherche à reconnaître ces droits, à les honorer, à les respecter par la conformité parfaite de sa volonté à celle de Dieu. Mais en se sachant enfant du Père Céleste, toute cette œuvre de conformité doit s'enraciner dans un amour filial incessant. Et cela, par Jésus-Christ, unique voie qui mène au Père, en se réclamant de ses mérites, en union constante avec les dispositions intérieures du Verbe Incarné, Homme-Dieu, modèle vivant de toute perfection, et par l'action de Son Esprit, Auteur de toute Sainteté pour l'Eglise et pour les âmes. En un mot le « Message » que Dom Marmion apporte aux générations présentes est de faire comprendre aux fidèles combien le Christ est leur tout ; combien par la Foi vive en Lui, l'âme élargit ses perspectives et transforme en fidélité d'amour le plus simple accomplissement humble et généreux de tous ses devoirs d'état.

 

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Consécration de Dom Marmion à la Très Sainte Trinité

 

Ô Père éternel, prosternés en humble adoration à Vos pieds, nous consacrons tout notre être à la gloire de Votre Fils Jésus, le Verbe incarné. Vous l'avez constitué Roi de nos âmes ; soumettez-Lui nos âmes, nos cœurs, nos corps, et que rien en nous ne se meuve sans Ses ordres, sans Son inspiration. Qu'unis à Lui, nous soyons portés dans Votre Sein et consommés dans l'Unité de Votre Amour.

Ô Jésus, unissez-nous à Vous dans Votre vie toute Sainte, toute consacrée à Votre Père et aux âmes. Soyez « notre Sagesse, notre Justice, notre Sanctification, notre Rédemption, notre Tout ». Sanctifiez-nous dans la Vérité.

Esprit-Saint, Amour du Père et du Fils, établissez-Vous comme une Fournaise d'Amour au centre de nos cœurs et portez toujours, comme les flammes ardentes, nos pensées, nos actions, nos affections, en-haut ; jusque dans le Sein du Père. Que notre vie entière soit un Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

Ô Marie, Mère du Christ, Mère du Saint Amour, formez-nous Vous-même selon le Cœur de Votre Fils. Amen.

 

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Prière pour obtenir des grâces par l'intercession du Bienheureux Columba Marmion

 

Seigneur Jésus qui avez accordé tant de lumières au Bienheureux Columba sur Votre Divinité et sur les richesses de la grâce d'adoption, daignez avoir pour agréables les prières que nous Vous adressons par son intercession : donnez-nous surtout la même ardeur de Foi, afin que, nous aussi, inébranlablement, confiants dans Vos mérites infinis et vivants en enfants de Dieu, nous puissions, par un amour humble et généreusement fidèle, parvenir à l'éternelle joie dans le Sein du Père. Amen.

 

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Prière pour demander la Canonisation du Bienheureux Columba Marmion

 

Seigneur Jésus qui avez accordé tant de lumières au Bienheureux Columba sur Votre Divinité et sur les richesses de la grâce d'adoption, daignez, nous Vous en supplions, Vous servir de ses écrits pour attirer un grand nombre d'âmes à la connaissance et à l'amour de Votre Personne Sacrée, e, si tel est votre bon plaisir, l'appeler lui-même aux honneurs de la canonisation, afin que l'on recoure de plus en plus à son intercession et qu'on apprenne, à son exemple, à se dévouer humblement et généreusement à Votre Divin Service. Vous qui vivez et régnez avec Dieu le Père en l'Unité du Saint Esprit dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Prière de signaler les grâces reçues par l'intercession du Bienheureux Columba Marmion auprès de l'

Abbaye de Maredsous

11, rue de Maredsous

B-5537 Denée, Belgique

Courriel: postulation@marmion.be

 

Site internet de la Cause de Béatification de Dom Marmion

www.marmion.be

Marmion by Br Claude of Mt Angel

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Les gloires de Saint Vincent de Paul

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Les gloires de Saint Vincent de Paul

ou ses humbles vertus

 

Son amour pour Dieu, sa Charité pour le prochain

 

Notre Seigneur a dit : « Si vous M'aimez, gardez Mes commandements ». Considérons combien Saint Vincent de Paul a montré d'amour pour Dieu, lui qui a été si fidèle, si charitable, si bon, si exact a observer la Loi Divine et les préceptes de l'Evangile. Recueillons avec respect les enseignements qu'il nous donne et mettons-les en pratique :

« La première chose que Notre Seigneur demande d'une âme qui veut être à Lui, c'est qu'elle L'aime souverainement et par dessus toute autre chose et qu'elle fasse toutes ses actions pour Lui plaire ».

« La Divine Charité a été l'occupation la plus chère au Cœur de Jésus, Ses soins les plus grands ont été pour les pauvres, Il ne songeait qu'à secourir, consoler, soulager et guérir. C'est donc aimer Jésus de la bonne sorte et le bien servir que de se consacrer entièrement au service de la Charité ».

« Quel bonheur si nous sommes trouvés dignes d'être employés à un tel service. Remercions et bénissons l'infinie Bonté de Dieu à notre égard ».

 

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Sa douceur et son humilité

 

Saint Vincent se domina si bien qu'il devint un modèle de douceur ; aussi recommande-t-il cette aimable vertu qui attire tout à elle. C'est surtout envers les pauvres, les malades et les pécheurs qu'il était d'une bonté sans égale, afin de de les faire disposer au bien qu'il voulait leur faire. Toujours s'humiliant, Saint Vincent se disait incapable d'aucun bien, dénué de toute valeur, de toute vertu et cette grande modestie a attiré sur lui une plénitude de lumières et de grâces, dont le mérite l'a aidé à faire prospérer les œuvres charitables, auxquelles il s'était dévoué.

« La douceur et l'humilité sont deux sœurs jumelles qui s'accordent fort bien ensemble. Nous avons pour règle de les étudier soigneusement en Jésus-Christ qui nous dit : « Apprenez de Moi que je suis Doux et Humble de Cœur ». Quel bonheur d'être les écoliers de Notre Divin Maître et d'apprendre cette leçon si courte et si excellente qui nous rends semblables à Lui ».

 

Dax, Vincent de Paul by Monsiau, detail

Sa simplicité, sa confiance en Dieu

 

D'une simplicité admirable, Saint Vincent répétait souvent :

« Ayons un cœur simple, un esprit simple, une intention simple, une opération simple, parlons simplement, agissons bonnement, sans détour, ne regardant que Dieu auquel nous voulons plaire ».

Dans toutes ses entreprises charitables, il ne voyait que le service de Dieu, aussi après avoir invoqué les lumières célestes, il mettait toute sa confiance en la protection divine et il ne doutait plus du succès de ses bonnes œuvres.

« Abandonnons-nous aux soins de la Providence, Dieu aura soin de nous, Il nous mènera par la main, Il sera à nos côtés pour nous défendre, Il sera notre force, et nous n'aurons plus qu'à nous laisser conduire ».

 

Paris, Maison Mere, Vincent de Paul in glory, 2

Son esprit de prière

 

Saint Vincent était continuellement attentif à la présence de Dieu ; c'est par l'oraison, qu'il commençait chacune de ses journées. Dès qu'il trouvait un instant de libre, il l'employait soit à méditer devant son crucifix, soit à se prosterner en adoration devant le Saint Sacrement où il demeurait si recueilli que tous ceux qui le voyaient en étaient édifiés.

« Nous devons méditer doucement, humblement, les Vérités de l'Evangile ; nous tenant dans une profonde reconnaissance devant la Majesté de Dieu, attendant qu'il Lui plaise de parler à notre cœur, de nous dire quelques paroles de la Vie éternelle. Un mot de sa Bouche Divine nous sera plus efficace que tous les raisonnements du monde. Recevons de Dieu pour donner au prochain ».

 

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Sa patience, sa mortification

 

Saint Vincent à pratiqué ces vertus toute sa vie, mortifiant sans cesse son corps et son âme afin de les tenir l'un et l'autre parfaitement soumis aux Volontés de Dieu. Supportant tout avec une patience angélique, une paix et une liberté d'esprit admirables et formant des actes réitérés de résignation.

« Il faut aimer et pratiquer le renoncement pour suivre les Maximes Divines. Le plus grand sacrifice que nous puissions offrir à Dieu est celui de notre propre volonté ; il faut, pour cela, briser quelquefois son cœur. Mais, souvenons-nous que la grâce de la persévérance est la plus importante de toutes, celle qui couronne toutes les autres et la mort qui nous trouve les armes à la main pour le service de notre Divin Maître est la plus glorieuse et la plus désirable ».

 

Tiré des lettres et Conférences de Saint Vincent de Paul

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15 février 2014

La Vénérable Marie-Amélie Fristel

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La Vénérable Marie-Amélie Fristel

Fondatrice de la Congrégation des Soeurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie

1798-1866

 

Née à Saint Malo, le 10 octobre 1798, Amélie Fristel perd son père, notaire, à l’âge de 3 ans. Elle suit sa mère à Rennes et est confiée à sa sœur aînée qui la dirige avec une extrême rigueur. Tertiaire de Saint Jean Eudes, après les cours, elle se rend auprès des pauvres, avec sa mère, et leur apporte du bois pour se chauffer. Elle revient à Saint-Malo en 1818. Peu après la mort de sa mère, en 1836, sa foi agissante se déploie à Saint-Malo en des actions embrasées de Charité incarnant pleinement le message évangélique. Elle n’a d’yeux et de cœur que pour les pauvres aux misères multiformes dont aucune ne la laisse indifférente. Amélie Fristel hérite de tous les biens à la mort d’Henri Lemarié en 1846 et décide de se consacrer aux vieillards pauvres. En 1852, elle fonde la Congrégation des Saints-Cœurs de Jésus et de Marie qui sera reconnue, en 1859, hospitalière et enseignante par Napoléon III et prendra officiellement le nom de « Congrégation enseignante et hospitalière des Sœurs de Saints-Noms de Jésus et Marie ». Le 14 octobre 1866, âgée de 68 ans, elle décède des suites d’un accident vasculaire cérébral. Sa cause de béatification a été ouverte dans le diocèse de Rennes. Elle a été déclarée vénérable le 15 mai 1976, par le Pape Paul VI.

 

Prière pour demander la Béatification de la Vénérable Mère Marie-Amélie Fristel

 

Souvenez-Vous, Seigneur, des grâces précieuses que Vous avez répandues sur la vie de Votre Servante Marie-Amélie ; souvenez-Vous du zèle qu'elle à déployé pour étendre le Règne du Sacré Cœur de Jésus et du Très Saint Cœur de Marie ; souvenez-Vous de sa Foi ardente, de son humilité profonde ; souvenez-Vous de sa grande Charité envers les pauvres, les vieillards, les infirmes, les malades et les enfants. Exaucez, nous Vous en supplions, le vœu que forment nos âmes reconnaissantes et si Vous le jugez utile à Votre gloire, faites bientôt briller à son front l'auréole des Bienheureux. Ainsi soit-il.

 

Imprimatur

Cardinal Roques

Arch. De Rennes

 

Merci de signaler les grâces obtenues par l'intercession de Marie-Amélie Fristel aux

Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et Marie

Boulevard des Déportés

B.P. 28

Paramé

35404 Saint-Malo Cedex, France

 

Pour Plus d'informations sur la vie de Mère Amélie Fristel

Site de la Congrégation des Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et Marie

www.ssccjm.org

 

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Le Bienheureux Gabriele Maria Allegra

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Le Bienheureux Gabriele Maria Allegra

Frère Mineur missionnaire en Chine

1907-1976

Fête le 26 janvier

 

Le Père Gabriele Maria Allegra est né à San Giovanni La Punta, Catane, le 26 décembre 1907, et mort à Hong Kong le 26 janvier 1976. En 1923, il entre dans l'Ordre des Frères Mineurs en 1931 et fut envoyé en mission en Chine, où y il prodigua les trésors de son esprit et de son cœur. Son œuvre la plus monumentale fut la traduction de la Bible en chinois. Il fonda une Ecole biblique et sociologique. Il organisa des réunions avec les Frères Séparés, expositions et conférences bibliques, etc... Il compila enfin un dictionnaire Biblique. Il n'était pas seulement un savant et un intellectuel, mais il était avant tout un missionnaire de Dieu, infatigable dans la prédication et la confession, aidant les pauvres et les malades, en particulier les lépreux. Tous ceux qui le connurent unanimes à reconnaître que : « Le Père Gabriele Allegra est un saint ». Il a été béatifié, selon les norme voulues par le Pape Benoît XVI, à Catane, le 29 septembre 2012.

 

Prières pour demander des grâces par l'intercession du Bienheureux Gabriel Maria Allegra


O Dieu, Tout-Puissant et Miséricordieux, qui êtes notre repos quand nous sommes fatigués, notre soutien quand nous sommes faibles, notre consolation quand face à la douleur, écoutez la prière que nous Vous adressons avec confiance. Elevez au rang des Saints de Votre Eglise, le Bienheureux Père Gabriele Maria Allegra, et accorde-moi, par son intercession, les faveurs dont j'ai grand besoin... Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


Réciter trois Gloire au Père, en l'honneur de la Sainte Trinité et un « Salve Regina » en l'honneur de la Vierge Marie.


Pour plus d'informations et communications de grâces reçues, contacter la


Postulation Générale

Via Santa Maria Mediatrice 25

00165 - Rome (Italie)

 

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04 février 2014

Le Serviteur de Dieu Simon Valadier de Bussières

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Le Serviteur de Dieu Simon Valadier de Bussières

Fondateur des Franciscaines de Notre Dame de la Mission

1842-1881

 

Le Père Simon naquit à Bussières, au Diocèse de Clermont (France), le 13 janvier 1842. Ce fut à Moulins qu'il entra au Grand Séminaire et fut ordonné Prêtre en 1865. Vicaire à Arfeuilles, ensuite, aumônier à Vichy, il rentra dans l'Ordre Franciscain en 1872. Missionnaire ardent et parfait, le Père Simon fonda une congrégation Franciscaine pour seconder les efforts des missionnaires. Il mourut en cours de Mission à Messeix, (Puy de Dôme, France) le 9 décembre 1881 et fut inhumé à Bussières où reposent ses précieux restes entourés de la vénération de ses Filles de Notre Dame de la Mission. (En 1973, la Congrégation des Filles de N.D. de la Mission s'est unie avec 6 autres, pour créer la Congrégation des Soeurs de Saint François d'Assise de Montpellier)

 

Prière

 

O Dieu qui avez inspiré au Père Simon Valadier un grand zèle pour réveiller la Foi dans les âmes et un profond respect pour le Sacrement de nos Autels ; qui dans ce but, l'avez soutenu dans ses écrits, dans sa prédication et dans la fondation d'un institut religieux, daignez toujours bénir ses œuvres d'apostolat et de religion. S'il entre dans votre plan divin de le faire glorifier par l'Eglise, nous Vous supplions de faire éclater son crédit auprès de Vous en nous accordant les grâces que nous sollicitons. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

Imprimatur

J.-J. Bouchéras,

Vic. Gén.

 

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09 janvier 2014

Kantik Sant Erwann Treger

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 Kantik Sant Erwann Treger

 

Diskan :

Nann, n’eus ket e Breizh, nann, n’eus ket unan,

Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan,

Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan.

 

1. N’eus ket en Argoad, n’eus ket en Arvor,

Koulz ha sant Erwan ’vit an dud a vor (X2)

 

2. Nann, n’eus ket er vro, ’vel ma lavarer,

Hag a ve ken mat ’vit al labourer.

 

3. N’eus ket kaeroc’h skouer d’an dud a lezenn

Evit sant Erwan, skouer ar veleien.

 

4. Evel hon Tadoù, int, tud a gredenn,

Lavaromp d’ar Sant, ’n ur gaer a bedenn :

 

5. Aotrou Sant Erwan, Patron Breizh-Izel,

Bezañ treitour deoc’h, nann, kentoc’h mervel.

 

Cantique à Saint Yves de Tréguier

 

Refrain :

Non, il n’y a pas en Bretagne, non, il n’y a pas un,

Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves,

Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves.

 

1. Il n’y a pas en Argoat ni en Arvor,

Aussi bon que saint Yves pour les gens de la mer.

 

2. Non, il n’y a pas dans le pays, partout on le dit,

Qui serait si bon pour le paysan.

 

3. Il n’y a pas plus bel exemple pour les gens de loi

Avec saint Yves, prêtre exemplaire.

 

4. Comme nos ancêtres l’étaient, croyants,

Parlons au saint, celui-là est un bon prieur.

 

5. Saint Yves, patron de la Basse-Bretagne,

Être traître envers vous, non, plutôt mourir.

30 décembre 2013

Neuvaine à Notre Dame du Puy 1/4

Neuvaine à Notre Dame du Puy

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Premier jour

Origine de la dévotion à Marie, son ancienneté

 

La première gloire de Notre-Dame du Puy est fondée sur l'ancienneté de son origine, et cette première considération nous amène naturellement à considérer l'ancienneté de la dévotion même à Marie, à cette auguste Reine dont la splendeur a si glorieusement éclairé les rochers abrupts du Mont Anis. Dévotion à Marie ! 1°Elle est aussi ancienne que le monde ; 2° elle est aussi ancienne que l'Église ; 3° elle doit être aussi ancienne que le cœur de tous les chrétiens.

 

La dévotion à Marie est aussi ancienne que le monde

 

J'aurais pu dire quelque chose de plus, et, me transportant dans le sein de Dieu lui-même, représenter cette Vierge auguste, prédestinée avant tous les siècles, et vivant, pour ainsi dire, déjà dans les pensées de l'Éternel, J'aurais pu contempler les Saints Anges, dès le premier moment de leur félicité, recevant une communication claire et sublime des abaissements du Verbe, et en l'adorant d'avance dans le mystère de Son Incarnation, saluant aussi par une vénération anticipée la créature privilégiée qui devait un jour devenir Sa Mère. Mais il ne m'appartient pas de sonder les profondeurs des mystères divins ; et sans remonter si haut, la terre ne m'offre-t-elle pas des marques assez reculées de la dévotion à la Mère de Dieu ?

A peine le premier homme a-t-il sacrifié son bonheur à une vaine et déplorable curiosité, que Dieu fait briller les premiers rayons de cette gloire qui doit environner son existence. La voyez-vous paraître cette femme puissante et redoutable à l'enfer? En vain le démon voudrait-il la supplanter, comme il a su le faire à l'égard de la première Ève; elle le foulera sous ses pieds, et écrasera, sans rien craindre, sa tête superbe.

Dès ce moment, tous les Patriarches et tous les Prophètes annonceront, comme en chœur, la venue future et désirée de cette aurore bienfaisante qui apportera au monde la lumière et la vie. Ils célébreront avec Isaïe cette Vierge qui doit concevoir et donner à la terre le véritable Emmanuel, le Dieu avec nous. Les figures se joindront aux prédictions des envoyés du ciel, pour esquisser d'avance les traits qui doivent la caractériser. Ce sera ici le buisson de Moïse, qui, plein de Dieu et brûlant sans se consumer, figurera le sein virginal, qui, sanctuaire de la Divinité, sera, sans se consumer, brûlé par le feu du divin amour; là la baguette d'Aaron,qui, fleurissant contre les lois ordinaires de la nature, présagera l'enfantement surnaturel et ineffable de la Vierge-Mère ; plus loin l'arche d'alliance, qui, composée d'un bois incorruptible, nous apprendra que dans cette arche de l'alliance nouvelle il ne saurait y avoir ni corruption, ni souillure ; ce sera la toison de Gédéon, qui, demeurée sèche au milieu de l'humidité générale répandue sur la terre, nous préparera à voir cette créature bénite, seule préservée du torrent d'iniquités qui inonde le monde ; et heureusement humectée de la rosée céleste au milieu de la sécheresse universelle, nous montrera la grâce inondant son cœur parmi la disette à laquelle sont réduites toutes les nations qui ne reçoivent que par son canal les présents du ciel. Que dirons-nous du trône de Salomon, tout couvert de l'or le plus pur ? N'est-ce pas l'âme de Marie, toute radieuse de l'or de la charité ? La nuée d'Élie d'où s'échappe cette pluie si douce, si féconde, n'est-ce pas Marie, répandant avec Jésus toutes les grâces sur la terre ?

Mais pourquoi parler de ces figures mortes et inanimées, quand tant d'autres figures animées et vivantes viennent s'offrir à mes regards ? Sara de stérile devient féconde, et enfante, dans la personne d'Isaac, la victime sacrée de l'obéissance ; Marie voit la fécondité s'unir en Elle, avec la virginité, et engendre par un prodige ineffable le Dieu fait obéissant jusqu'à la crèche et jusqu'à la croix. Rebecca revêt Jacob des riches habits de son fils aîné, et attire ainsi sur lui la bénédiction paternelle ; Marie revêt en Jésus l'humanité de la nature divine comme d'un riche manteau, et fait ainsi découler sur elle les trésors dont elle est la source. Marie, sœur de Moïse, passe sa vie dans l'exercice de la pureté, et chante à la tête des filles d'Israël un cantique de louanges après la délivrance de son peuple ; Marie, Mère de Jésus, conserve avec fidélité le glorieux privilège d'une inaltérable modestie, et entonne, pour célébrer les Divines Miséricordes du Sauveur, un cantique d'actions de grâces et d'amour. Jahel est bénie entre les femmes pour avoir immolé le persécuteur des enfants de Dieu ; Marie, pour avoir renversé le pouvoir de l'oppresseur tyrannique du genre humain, est exaltée au-dessus de toutes ses semblables. Judith tranche la tête d'Holopherne, et le peuple est sauvé ; Marie écrase la tête du démon, et le salut est assuré à l'univers. Esther se présente devant Assuérus, et sa médiation puissante détourne la mort prête à frapper toute la nation juive ; Marie se prosterne devant le Trône de Dieu, et les fléaux temporels ou spirituels dont les hommes étaient menacés, sont dissipés par la force de ses supplications. Abigaïl apaise par sa prudence et par ses présents la colère du roi David, qui allait frapper un prince orgueilleux et insensible ; Marie, par l'offrande de ses vœux et de ses vertus, désarme le courroux du Seigneur irrité de l'orgueil et de l'insensibilité des hommes qui, destinés à être rois des créatures, en sont devenus, par de honteuses passions, les misérables esclaves.

Les païens eux-mêmes n'ont pas été sans quelque pressentiment de la gloire future de cette Reine incomparable; leurs sibylles ont célébré ses louanges ; leurs poètes ont salué son aurore ; leurs druides ont élevé un autel à la Vierge qui devait enfanter. La terre semble s'être unie au ciel pour l'honorer par un concert universel d'éloges et d'espérances. Serions-nous les seuls à ne pas vénérer celle que tous les âges ont environné de leur vénération ?

 

La dévotion à Marie est aussi ancienne que l'Église

 

En vain l'hérésie voudrait-elle, dans ses blasphèmes, ranger la piété envers la Mère de Dieu parmi les pratiques inconnues aux premiers siècles de la foi chrétienne, et inventées par le mysticisme des siècles modernes ; jamais l'Église n'a oublié ce que mérite de respect et d'hommage l'auguste Mère du Créateur. Formée par l'exemple même du glorieux Archange qui la salua avec tant d'égard et de soumission, elle l'a toujours traitée avec la même soumission et les mêmes égards. Quelle joie, quels transports dans Élisabeth, lorsque, ravie à la vue de la Mère future de son Sauveur, elle s'écrie, pleine de l'Esprit de Dieu : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d'où me vient cette grâce que la « Mère de mon Seigneur veuille venir à moi ? Je n'ai pas plutôt entendu votre voix, lorsque vous m'avez saluée, et que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein. Vous êtes bienheureuse d'avoir cru, parce que la parole du Seigneur s'accomplira en vous ! »

Quelles marques de tendresse Jésus ne lui donne-t-il pas lui-même en opérant à sa demande le premier de ses miracles, et en la confiant sur la croix à son Disciple bien-aimé ! Quelle attention filiale dans saint Jean, devenu, par le choix même du Fils de Dieu, son remplaçant sur la terre ! Quelle dévotion dans les Saints Apôtres qui ne croient pas pouvoir mieux se préparer à la réception de l'Esprit divin, qu'en se tenant en prières dans la compagnie de Marie ! Quel empressement à tout quitter pour venir, ainsi que l'enseigne la tradition, entourer son lit de mort, assister à ses derniers moments, et ensevelir, pour quelques instants, ce corps qu'une résurrection prématurée devait bientôt rappeler à la vie et transporter dans le ciel ! N'est-ce pas Saint Pierre qui consacra et érigea en chapelle la pauvre demeure de Nazareth, où Marie a pris naissance, reçu son éducation, et conçu le Verbe divin ? N'a-t-on pas lieu de croire que c'est lui qui joignit dans les prières du Saint Sacrifice la commémoraison de la Mère avec l'immolation du Fils ? Ne sont-ce pas les Apôtres qui, avant de se séparer, ont composé ce symbole de foi où Marie est déclarée Vierge et Mère de Dieu ? Ne croit-on pas avec raison que Saint Jacques a prêché en Espagne la dévotion envers cette auguste Reine, avec la connaissance de Jésus et de sa divinité ? Les privilèges de Marie ne se trouvent-ils pas déjà exprimés dans les anciens Pères qui se rattachaient de si près aux temps apostoliques ? Un auteur ancien écrivant à Saint Jean, sous le nom de saint Ignace, n'affirme-t-il pas que dans elle « la nature d'une sainteté angélique se trouvait associée avec la nature humaine ? » Saint Ignace lui-même ne reconnaît-il pas que « c'est d'elle qu'est véritablement né le Fils de Dieu, sans que jamais elle ait eu connaissance d'un homme mortel ? »

Saint Justin et saint Irénée ne proclament-ils pas que « comme la première Eve a été, par sa désobéissance, la cause de la perte du genre humain, ainsi la seconde Ève a été, par son obéissance, le principe de son salut ? » Ce dernier n'ajoute-t-il pas ailleurs que « comme le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il a été par une autre vierge délivré de la mort ». Nous pourrions ajouter à ces antiques témoignages bien d'autres éloges prodigués dans le siècle suivant par un Origène qui la nomme « la mère du Fils unique de Dieu, le temple de sa gloire, le palais du Créateur, la maison immaculée du céleste Époux » ; par un saint Grégoire de Néocésarée, qui proclame que « le trésor de toutes grâces était renfermé en elle, et que seule parmi les familles du monde elle a été parfaite de corps et d'esprit » ; par un saint Denis d'Alexandrie qui la peint comme « la fille unique de la vie, comme un tabernacle qui a été fait non par la main des hommes, mais par le Saint-Esprit, et qui par là mérite toute espèce de louanges, comme un paradis virginal qui possède tout et ne manque de rien » ; par un saint Méthode qui la dit « mère du Créateur, mère des fidèles, propitiatoire de la divinité, robe sans tache, créature assez riche pour avoir prêté à Dieu qui n'a besoin de rien la chair qu'il n'avait pas ». Mais ce que nous avons exposé suffit abondamment pour démontrer que la piété de l'Église envers Marie a pris naissance avec son établissement, et que si elle s'est développée davantage dans les siècles postérieurs, c'est parce qu'elle avait sa source dans la foi primitive et dans les enseignements apostoliques.

 

La dévotion à Marie doit être aussi ancienne que le cœur de tous les chrétiens

 

Et certes peut-on, sans aimer Marie, commencer à porter ce nom ? Être chrétien, n'est-ce pas connaître, servir, aimer Jésus ? Jésus n'est-il pas le Fils de Marie ? Comment aimerait-on le Fils sans aimer la Mère ? D'ailleurs la vie du chrétien ne commence-t-elle pas par un bienfait de cette illustre protectrice ? S'il est vrai, comme l'a publié saint Bernard, que Dieu n'accorde aucune grâce sur la terre, qui ne passe par les mains de Marie, n'est-ce pas à Marie que nous sommes redevables de notre adoption divine par le baptême ? Et serait-il possible de ne pas, dès le premier instant de sa raison, consacrer son cœur tout entier à cette bienfaitrice libérale, dont la bonté a prévenu nos prières et nos mérites pour nous introduire dans le bercail de l'Église et nous rendre participants des glorieuses prérogatives d'enfants de Dieu ?

C'est donc à vous, ô Marie ! Qu'après Dieu, j'aurais du offrir les prémices de mes affections ; c'est à vous, qu'après Dieu, j'aurais dû adresser mes premiers vœux et mes premiers sentiments ; mais hélas ! N'ai-je pas trop tardé peut être à m'acquitter de ce devoir ? Les plus belles années de ma vie ne se sont-elles pas écoulées sans penser à vous, et n'ont-elles pas été peut-être employées à déchirer votre cœur en offensant votre divin Fils ? Ô ma tendre Mère ! Je vous ai connue trop tard ; j'ai commencé trop tard à vous aimer ; mais si mon amour n'a pas été aussi ancien que mon existence, je veux du moins qu'il commence dès ce moment pour se perpétuer jusqu'à mon dernier soupir. Aidez-moi vous-même à vous aimer, à vous servir, et assurez ainsi ma persévérance et mon salut, puisqu'il est impossible de se perdre quand on a le bonheur de vous aimer et de vous servir.

 

Prière à la Très Sainte Vierge

Tirée des sermons de l'empereur Léon VI, dit le Sage ou le Philosophe

 

O Vierge bienheureuse, la prédiction que Vous avez faite s'est réellement accomplie pour Vous. Oui, voici que toutes les nations célèbrent Vos louanges en Vous proclamant bienheureuse.... Bienheureuse ! C'est le titre que Vous donnent tous les peuples de la terre, à la vue des prodiges ineffables accomplis par Votre ministère, de ces prodiges par lesquels le bras du Tout-Puissant a fait briller en vous sa puissance, lorsque, par un mystère qui surpasse la raison, prenant de vous une chair mortelle, il a, par son humilité, renversé le prince superbe de l'orgueil et exalté la bassesse des humbles. Bienheureuse ! ainsi vous saluent ceux qui, réduits à l'indigence avant que germât sans semence l'épi fécond que vous avez produit, ont été, depuis sa naissance, comblés de la douce abondance de tous les biens. Il est vrai que l'ancien peuple d'Israël avait une arche qui, reproduisant d'avance vos traits, le protégeait quand il était pressé par l'adversité et le soulageait, quelquefois dans ses besoins. Mais ce qui se passait alors, n'étant qu'une image et une figure de l'avenir, était loin d'égaler les dons répandus par votre munificence. Aussi les Juifs n'obtenaient-ils pas toujours secours par son assistance ; le salut ne leur était donné que lorsque, animés envers Dieu d'un esprit de piété, ils ne s'éloignaient point de la voie droite des préceptes divins.... Mais il n'en est pas ainsi de vous, ô Marie ! Ce n'est pas là l'assistance, la protection, la défense que vous accordez au peuple nouveau. Vous avez commencé par aider de votre puissance ceux qui avaient entièrement succombé aux attaques du péché, et maintenant encore, ce n'est pas seulement aux âmes fidèles à marcher dans la route des commandements célestes que vous prodiguez vos faveurs, c'est envers ceux-là même qui marchent dans les sentiers du déréglement et s'exposent, par leur désobéissance, à de justes peines, que vous déployez votre miséricordieux pouvoir, afin de les arracher aux supplices qu'ils ont mérités ; car Dieu, par respect pour son arche sacrée, se montre clément à l'égard de ceux qui sont indignes de toute clémence, les exempte du châtiment, incline la balance de sa justice et la fait pencher d'un autre côté. Par égard pour vous, il semble faire acception des personnes ; les mains qui sont tendues vers lui sont celles-là même qui l'ont porté sur la terre ; pourrait-il ne pas les honorer ? Non, elles ne s'élèveront pas en vain vers lui; il ne saurait les mépriser ; il se laisse fléchir, et, n'écoutant que sa miséricorde et sa clémence, il remet la dette aux pécheurs, et daigne rendre ses faveurs à des ingrats qui n'avaient à attendre qu'une juste punition. Ainsi, dès que vous êtes présente, il ne reste pas même à nos adversaires la confiance de prononcer une parole ; dès que la joie de votre splendeur a brillé, il n'y a plus de place pour la tristesse. Vous êtes, dès le commencement, venue dans le monde pour le ramener à un état plus heureux; vous conservez encore aujourd'hui la même volonté et vous ne cessez de répandre sur nous des bienfaits.

Les Israélites avaient aussi un chandelier remarquable par l'éclat de sept lampes lumineuses, ainsi qu'une urne où la manne était conservée, une branche mystérieuse qui donnait une fleur, symbole glorieux de votre virginité, et beaucoup d'autres objets précieux qui distinguaient avec raison ce peuple de toutes les autres nations; mais tous ces monuments religieux se sont évanouis avec le bruit et la majesté de leur nom; car, comme ils étaient une ombre de votre grandeur, ô Marie, ils se sont éclipsés à la lueur de votre lever radieux. Pour vous, qui brillez comme un chandelier éclairé d'une perpétuelle lumière, vous avez toujours arraché et vous arrachez encore les âmes à la mort ténébreuse du péché ; vous embaumez le monde par les fleurs de vos vertus ; vous lui avez donné la fleur du salut, et en même temps vous le nourrissez par l'aliment substantiel du pain de vie. C'est de vous, comme d'une source intarissable, que découlent de continuels bienfaits, et par cette émission perpétuelle de grâces, vous comprimez l'impétuosité et la violence-des malheurs que nous endurons. Les nuages de la tristesse se dissipent lorsque, par votre clarté, vous ramenez la sérénité sur notre vie; les maladies s'enfuient, la terreur des périls se change en sécurité ; point de bien qui ne soit obtenu quand vous le voulez ; point de mal qui ne soit banni pourvu que vous prêtiez voire secours. Il vous accorde tout, et par vous il se plaît à tout prodiguer, celui qui, pour honorer l'ouvrage de ses mains, vous a fait naître dans ce monde.... ô Vierge ! Ô Mère ! qui avez réuni dans votre personne deux privilèges si différents, la virginité et la fécondité ! Ô puissante protectrice ! Ô asile assuré ! Ô ancre inébranlable qui maintenez par votre force et conservez l'univers !... Ah ! Je ne vous demande pas de prolonger les années de ma vie ; cette vie, je ne l'aime pas avec tant d'ardeur ; je n'éprouve peint un insatiable désir de cette navigation pleine d'amertume et d'agitation ; mais si Dieu a décrété mon émigration prochaine de ce monde, accordez-moi du moins d'être soulagé du poids de mes péchés. Si, au contraire, il me fallait demeurer encore dans la chair.... faites que je paisse, d'une manière utile et à moi-même et au peuple, le troupeau qui m'est confié ; ou plutôt paissez-moi vous-même avec lui ; conduisez tous mes pas, de peur que, dans ce jugement suprême, on ne me demande compte des déréglements d'autrui, et que les fautes des sujets ne deviennent la cause de la damnation du monarque. Puissions-nous tous plutôt dans la vie future, comme dans ce jour de la vie présente, célébrer une fête éternelle et nous réjouir à jamais dans le grand triomphe des premiers-nés du Seigneur, en Jésus-Christ, votre premier-né, votre Fils, le Seigneur de toute créature, à qui convient la gloire, la puissance, l'honneur et l'adoration dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

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Deuxième jour

Le Sanctuaire de Marie au Puy

 

Le Sanctuaire de Notre-Dame du Puy, concentré d'abord dans un espace étroit, et dépouillé presque de tout ornement, s'est agrandi avec les années, a revêtu de jour en jour une nouvelle magnificence, et a fini par devenir un monument unique qui attire l'admiration des savants aussi bien que la dévotion des âmes pieuses. C'est que dans tous les temps, les fidèles ont eu un zèle ardent pour décorer les palais de Marie ; c'est que les motifs les plus graves justifiaient cette sainte ferveur ; c'est que la dévotion sait inventer mille moyens de réaliser le désir de glorifier ainsi la puissante et miséricordieuse protectrice du genre humain. Ainsi nous arrivons naturellement à considérer: 1° quel a été, dès les premiers siècles de l'Église, le zèle des chrétiens à honorer la Très Sainte Vierge par l'érection et l'embellissement de ses temples ; 2° quels motifs puissants les ont animés dans ces religieuses entreprises ; 3° quels moyens nous pouvons employer pour nous montrer les dignes enfants de ces antiques et dévoués serviteurs de la Mère de Dieu.

 

Zèle des anciens chrétiens à honorer la Très Sainte Vierge par l'érection et l'embellissement de ses temples

 

Nous avons déjà parlé de la tradition qui rapporte à Saint Pierre la consécration de la première chapelle dédiée à Marie, dans la chambre même de Nazareth, où le Verbe s'est fait chair, et nous aurions pu ajouter a ce premier exemple les souvenirs de l'Église Espagnole, attribuant à Saint Jacques la construction de la célèbre église de Notre-Dame du Pilier, ainsi que les vieilles chroniques de France nous montrant à Marseille un sanctuaire bâti par Sainte Marthe, sous le vocable de cette auguste reine. Mais, pour ne point entrer dans des discussions étrangères à notre sujet, qui ne sait qu'un des plus anciens temples élevés à la gloire de Marie est dû à la piété du Saint Pape Callixte I, auquel l'on attribue ordinairement la fondation de l'église de Sainte-Marie au-delà du Tibre dans la capitale du monde chrétien ; fondation accompagnée, au rapport de Paul Orose et de Charlemagne, d'un prodige qui frappa de surprise les idolâtres, étonnés de voir naître une fontaine d'huile dans ce lieu le jour même où prit naissance le Sauveur du monde ? Qui ne sait que le grand Constantin, après sa conversion au christianisme, ayant fondé la ville célèbre qu'il appela de son nom, voulut la dédier à la Vierge Marie, Mère de Dieu notre Seigneur, en présence de tous les Pères assemblés pour le grand Concile de Nicée, et qu'au moment où, bâtissant une église en l'honneur de cette glorieuse patronne de la nouvelle cité, il ne pouvait trouver personne d'assez habile pour élever d'énormes colonnes destinées à l'ornement de cette basilique, la bienheureuse Vierge, selon la narration de Saint Grégoire de Tours, apparut en songe à l'architecte chargé de ce travail, pour lui révéler un moyen facile de réussir dans cette difficile entreprise ? Sainte Hélène, digne émule de la dévotion de son illustre fils, n'enrichit-elle pas la Palestine de trois temples magnifiques également destinés à rappeler la mémoire des mystères dont Marie a été l'instrument, l'un au lieu où elle eut le bonheur d'enfanter le Sauveur ; le second dans la vallée de Josaphat, où l'on croit qu'elle fut ensevelie ; le troisième près de Bethléem, où l'ange apparut aux bergers ? L'impératrice Pulchérie, sœur de l'empereur Théodose-le-Jeune, si connue par la protection qu'elle donna aux Pères du Concile d'Éphèse, ne rivalisa-t-elle pas, sous le même rapport, de dévouement avec la mère du premier empereur chrétien, en dotant la ville de Constantinople de trois nouveaux édifices religieux, l'un sur la place des fondeurs, appelé Chalcoprace, que consacra le patriarche saint Germain, et où l'on déposa la ceinture de la Vierge, dont ce Saint Prélat a si magnifiquement célébré la valeur dans plusieurs admirables discours ; l'autre, que l'on nomma Notre-Dame conductrice, parce qu'elle voulut elle-même servir de guide à deux aveugles qui vinrent, sur son inspiration, y retrouver la lumière, et où se conservait sa précieuse image peinte d'après nature par Saint Luc, avec les langes sacrés du Sauveur, dont l'avait enrichie l'impératrice Eudoxie ; le dernier enfin, si célèbre sous le nom d'église des Blaquernes, qui, bâti sur le port de Constantinople, possédait une précieuse collection de reliques antiques et vénérables ? Le successeur de cette pieuse princesse, Léon, surnommé le Grand, ajouta à ces somptueux édifices deux basiliques nouvelles, décorées avec une magnificence royale, l'une au port et l'autre sous les murailles, pour servir de défense à cette fameuse cité, que l'on nommait par excellence la ville de la Vierge. Mais il semble que l'empereur Justinien surpassa tous ses prédécesseurs par l'espèce de sainte passion qui le portait à préparer à Marie et à ses fervents serviteurs de nouveaux et religieux asiles. Parmi les ouvrages exécutés sous son règne et par son ordre, on compte, outre plusieurs autres monuments moins connus, les églises bâties à l'honneur de Marie sur la montagne des Oliviers, sur le sommet du Sinaï, en Samarie, à Jéricho, à Carthage, à Constantinople, à Antioche, et surtout la célèbre Notre-Dame-la-Neuve, qu'il fit construire dans la ville de Jérusalem, et dont l'érection fut signalée par la découverte d'une forêt de cèdres et d'une carrière de marbre rouge qui, chacune dans son genre, fournit à l'édifice les matériaux nécessaires à sa solidité et à son embellissement.

Si, de l'Orient, nous revenons parcourir les royaumes de notre Europe, que de nouvelles preuves du dévouement des peuples pour préparer à Marie des demeures dignes de ses hautes prérogatives ! En France, Notre Dame de Chartres, Notre Dame du Puy, Notre Dame de Rocamadour, Notre-Dame de Boulogne, Notre Dame de Liesse, Notre Dame de Fourvière, Notre-Dame des Vertus, Notre Dame de Paris, etc... en Espagne, Notre Dame de Montserrat, Notre Dame de la Garde, Notre Dame de Guadeloupe, Notre Dame de la Roche-Française, dont l'église magnifique fut bâtie par Jean II, roi de Castille ; en Italie, ou plutôt dans Rome seule, centre glorieux de cette illustre péninsule, quarante-six temples dédiés à la Vierge-Mère, à la tête desquels viennent se placer les basiliques célèbres de Notre Dame des Neiges et de Sainte Marie Majeure, où se garde une autre image de Marie, sortie des pinceaux de l'évangéliste Saint Luc. Partout Marie a des palais où, reine bienfaisante, elle donne une audience facile à ceux qui l'invoquent ; et comme s'il ne suffisait pas qu'elle eût des sanctuaires désignés par son nom et soumis à son empire, voilà que Jésus lui-même veut partager avec elle ses propres temples, et lui céder en quelque sorte, dans toutes les églises de l'univers, une chapelle consacrée à son culte, et un autel qui, surmonté de son image, emprunte d'elle son titre et ses droits à la confiance populaire.

 

Mais quels puissants motifs ont poussé toutes les générations à ces pieuses constructions ?

 

Thomas A Kempis, ou l'auteur des ouvrages qui portent son nom, nous l'explique par cette belle parole : « Comme autrefois le temple de Salomon surpassait par la splendeur de ses ornements tous les temples de l'univers, et attirait par la célébrité de son nom et l'abondance de ses richesses les glorieux hommages des rois et des peuples, ainsi le temple spirituel de Dieu, qui est Marie, brille par sa pureté sans tache au dessus de tous les temples de l'univers, et mérite par là des honneurs plus grands et un plus ardent amour ». C'est donc parce qu'elle a été le temple de la Divinité, un temple vraiment digne de Dieu, un temple convenable à sa grandeur, un temple unique dans son genre, un temple vivant, un temple saint, un temple plus grand que le ciel, un temple où s'est reposé l'Esprit Saint et où s'est concentrée la nature divine, c'est pour cela qu'on s'est empressé à lui dresser à elle-même des autels et des temples, afin d'honorer dans sa personne le Dieu Sauveur dont elle a été le Glorieux sanctuaire. Oui, son cœur était bien le sanctuaire de la Divinité, lorsque, à la parole de l'ange, l'Esprit Saint descendait en elle, et que la vertu du Très-Haut la couvrait de son ombre ; il était bien son sanctuaire, pendant ces mois de bénédictions et de grâces, où le Fils de Dieu reposait dans ses entrailles virginales ; il ne l'était pas moins quand, après la Résurrection et l'Ascension du divin Sauveur, tous les jours elle allait le recevoir à l'autel des mains du disciple bien-aimé, et s'unissait intimement à lui dans le sacrement auguste de sa charité. Que dis-je ! n'avait-elle pas même commencé à être son temple par la vertu de l'innocence, qui attire Dieu dans les âmes pures, avant de le devenir par le mystère ineffable de l'Incarnation du Verbe ? N'a-t-elle pas continué à l'être tous les jours de sa vie par sa fidélité à demeurer attachée à lui par le recueillement intérieur et les transports du saint amour ? Le temple de Dieu est saint ; et quel temple égala jamais en sainteté et en perfection la conscience si pure de la Vierge immaculée ? Le temple de Dieu est une maison de prières ; et dans quelle maison offrit-on jamais au Seigneur des prières plus ferventes et d'aussi profondes adorations ? Le temple du Seigneur est un lieu de sacrifices ; et quels sacrifices n'a pas immolés dans le secret au Seigneur, l'âme tendre et sensible de Marie, soit au moment où elle entendait la parole de Siméon, soit lorsqu'elle fuyait avec Jésus vers l'Égypte, soit quand, debout au pied de la croix, elle recueillait sur elle les gouttes précieuses de son sang adorable, soit enfin lorsque, condamnée à un exil prolongé sur là terre, elle soupirait après l'heure de sa délivrance, mais avec un abandon sans réserve à la volonté suprême. Ô palais auguste que la Sagesse éternelle s'est bâti de toute éternité ! Ô sanctuaire ineffable où se sont opérés les plus hauts mystères ! n'est-il pas juste que nous vous consacrions des églises, puisque vous-même avez été comme le premier temple où s'est consommée la grande œuvre de notre salut ? Mais ne sommes-nous pas aussi les temples et les sanctuaires du Tout-Puissant ? Et si les édifices religieux élevés à la gloire de votre nom sont capables de vous plaire, ne vous plaisez-vous pas davantage encore dans la consécration qui vous est faite des corps et des âmes de vos enfants ? Mais voyez-vous en nous des sanctuaires dignes de vous et de votre Fils ? N'y apercevez6vous pas des souillures qui puissent blesser la pureté de vos regards et des siens ? O Marie ! purifiez, sanctifiez, ornez, embellissez ces églises intérieures et animées, afin qu'elles soient dignes de la majesté du grand Dieu qui a dit: Si quelqu'un m'aime, nous viendrons à lui et nous établirons en lui notre demeure.

 

Moyens à prendre pour imiter le zèle des premiers chrétiens à l'égard des temples de Marie

 

Des grands et des rois ont employé leur puissance et leurs richesses à dresser des monuments à l'honneur de la Mère de Dieu ; ils ne pouvaient sans doute en faire un meilleur usage. Mais tous ne sont pas nés dans l'illustration et la grandeur; il n'a pas été donné à tous de jouir de l'abondance et de posséder des trésors. Que reste-t-il donc aux petits et aux pauvres pour témoigner à Marie, dans ses temples, leur dévouement et leur amour? Eh! ne savonsnous pas qu'à l'exemple de Dieu, Marie ne regarde pas la valeur des dons, mais l'affection de celui qui donne? Si l'obole de la veuve ('2) était plus agréable au Seigneur que les riches offrandes des opulents du siècle, une obole présentée à Marie dans son sanctuaire ne sera-t-elle pas quelquefois reçue avec plus de bienveillance que les sommes énormes prodiguées peut-être par l'orgueil plutôt que par la piété? De pauvres ouvrières, de simples filles de campagne, en ornant l'autel de celle qu'elles aiment à appeler leur Mère, et en déposant devant son image un humble bouquet de fleurs empruntées à la nature, n'auront-elles pas souvent plus de mérites au jugement de Marie que les dames opulentes et les superbes seigneurs des plus illustres cités? Sachons donc, chacun selon ses facultés, contribuer, soit par nos présents, soit par notre travail, à la gloire des lieux consacrés à la Reine du ciel.

Mais cherchons plutôt encore à les honorer par notre piété; dérobons, autant qu'il dépendra de nous, quelques instants à nos occupations temporelles pour venir orner sa maison par notre présence, car la présence d'enfants chéris est pour une bonne mère le plus doux de tous les ornements ; avec cux, la demeure la plus humble devient pour elle un palais; sans eux, les palais même ne lui semblent qu'une obscure prison. Cependant, pour que cette vue satisfasse son cœur et le comble de joie, il faut qu'elle trouve dans sa jeune famille les sentiments de l'affection et la perfection des œuvres. C'est donc avec un esprit recueilli, avec un cœur obéissant, avec une âme embrasée d'amour que nous devons paraître dans la maison de cette Vierge miséricordieuse, à qui nous sommes redevables de la vie spirituelle. Loin de nous, quand nous nous présentons devant son trône, cet esprit de légèreté qui l'afflige, ces révoltes passionnées qui la désolent, cette froideur et cette insensibilité qui la dégoûtent. Allons à elle dans son sanctuaire; mais allons-y pour prier avec attention, pour écouter avec docilité ses inspirations salutaires, pour reconnaître ses bontés par une charité vive et agissante; allons à elle avec ces saintes dispositions, et elle nous obtiendra d'être sur la terre de dignes sanctuaires de la Divinité, et de mériter, après cette vie, une place dans le temple de la gloire.

 

Prière de Saint Germain, archevêque de Constantinople


Je vous salue, ô vous qui, touchée de compassion à la vue de l'affreuse nudité où nous avait réduits, dans le jardin d'Éden, le fruit pernicieux qui donna la mort à nos âmes, nous avez recouverts d'un vêtement magnifique.., que la main des hommes n'a point tissu, mais qui nous a été imposé par Dieu lui-même; vous qui, lorsque nous étions enfoncés dans la fange de l'iniquité, nous avez été donnée comme la rémission des péchés, ô épouse sacrée du Tout Puissant !... Je vous salue, ô vous qui, sous vos pas si bien réglés, avez foulé ce tyran qui m'entraînait, pour me nuire, à la transgression, ce conseiller perfide, cet ennemi de tout bien, ce serpent trompeur qu'on appelle le Diable, et avez pris, comme par la main, notre nature corruptible et toujours prête à tomber, pour la conduire, dans votre compagnie, au sanctuaire spirituel et au tabernacle divin qui ne vieillit jamais ! Je vous salue, ô vous qui avez fait éclore la clarté d'un jour de joie et d'allégresse sur la tête de ceux qui se trouvaient comme enchaînés dans les ténèbres du trépas, dans l'abîme de l'infirmité, et auxquels vous avez promis de dissiper, par la puissance de Dieu, cette obscurité funeste, ô Marie, plus sublime que tous les miracles. Je vous salue, ô vous qui distillez sur nous la rosée divine de l'intelligence, ô nuée brillante qui avez fait lever sur notre horizon, enveloppé des ombres de la mort, le plus éclatant de tous les soleils !... ô source qui, prenant votre origine dans le ciel, formez ces fleuves rapides de la connaissance de Dieu, qui entraînent, par les eaux limpides et pures de la foi orthodoxe, le limon de l'hérésie ! Je vous salue, ô divin paradis, ô séjour de la sagesse, ô jardin plein de charmes, planté parla main du Tout-Puissant,... où fleurit le bois de vie pour communiquer la science de la vérité et donner l'immortalité à ceux qui en goûtent ! Je vous salue, ô édifice sacré, ô palais immaculé et sans tache du grand Roi, de Dieu lui-même, ô vous qui avez été revêtue de sa majesté et avez appelé tous les hommes à recevoir en vous une sainte hospitalité, où ils pourront jouir des mystères de la foi depuis leur première origine !... Je vous salue, ô nouvelle Sion, ô sainte Jérusalem, ô cité auguste du grand Roi, dans les tours de laquelle Dieu est clairement connu, et au milieu de laquelle il passe sans l'ébranler et sans lui porter atteinte, tandis qu'il émeut les nations et fait tomber les rois à vos pieds pour rendre hommage à votre gloire !... Je vous salue, ô montagne féconde et ombragée, où a été nourri l'Agneau raisonnable qui a effacé nos péchés et guéri nos maladies, et d'où s'est détachée, sans l'aide d'une main humaine, cette petite pierre qui a renversé les autels des idoles, et, par un prodige admirable à nos yeux, est devenue la pierre angulaire ! Je vous salue, ô saint trône de Dieu, ô trésor sacré, ô brillante et glorieuse maison, ô vénérable tabernacle, ô vase choisi que Dieu a réservé pour son usage, ô propitiatoire de tout l'univers, ô ciel qui racontez la gloire du Très-Haut, ô miraculeux Orient d'où s'élève un astre qui ne connaît pas de couchant, dont le sommet du ciel est le point de départ, et dont personne ne saurait éviter la chaleur, c'est-à-dire la conduite providentielle !.... Je vous salue, Marie, pleine de grâce, plus sainte que les saints, plus haute que les cieux, plus glorieuse que les chérubins, plus digne d'honneur que les séraphins, et plus vénérable que toute créature !... Je vous salue, ô radieuse colombe qui nous avez apporté le rameau d'olivier, symbole du salut et signe certain de la fin du déluge où s'engloutissaient les intelligences, ô urne d'or pur qui renfermez la manne véritable, Jésus-Christ, la douceur et les délices de nos âmes !

O Reine de pureté qui méritez tout hommage et toute vénération, ô cœur dédié au Seigneur par une consécration qui surpasse la condition de toute créature, ô terre que l'homme n'a point cultivée, ô champ toujours intact, ô vigne abondante en pampres magnifiques, ô vase où se puise la joie, ô source qui répandez l'eau comme par torrent, ô Vierge-Mère, ô Mère toujours Vierge, ô trésor d'intégrité, ô chef-d'œuvre de chasteté, daignez, par la vertu de vos douces supplications, que l'autorité maternelle rend si puissantes auprès de votre Fils et de votre Dieu, de ce Dieu créateur de tous, que vous avez engendré sans père, nous conduire dans le port assuré du salut, et tenant en main le gouvernail de l'ordre ecclésiastique, nous préserver du naufrage dont nous menacent les flots de l'hérésie et des scandales ; ornez les prêtres, comme d'un manteau glorieux, de la justice et de la joie pure, d'une foi droite et irréprochable ; dirigez dans la paix et dans le repos les sceptres des empereurs orthodoxes qui, de préférence à la pourpre, à l'or, aux diamants, aux pierres précieuses, vous regardent comme leur couronne, leur vêtement royal et l'ornement inamissible de leur puissance ; renversez et subjuguez les nations barbares et infidèles qui vous déchirent par leurs blasphèmes et outragent avec vous le Dieu qui de vous a pris naissance ; soyez, à l'heure du combat, la protectrice de l'armée qui s'appuie toujours sur votre secours, et confirmez, selon le précepte de Dieu, le peuple appelé à la dépendance dans la pratique d'une facile et soumise obéissance; couronnez de triomphes cette ville (Constantinople) qui vous appartient et qui vous considère comme sou rempart et son fondement; doublez ses forces et soyez sa gardienne; conservez toujours la beauté de ce temple sacré, votre demeure ; défendez vos panégyristes de toutes calamités et de toute angoisse spirituelle; donnez la liberté aux captifs ; tendez au monde entier votre main auxiliatrice, afin que nous puissions célébrer, dans une pompeuse splendeur, avec la solennité de ce jour, toutes vos autres solennités , en Jésus-Christ, le Roi de l'univers et notre vrai Dieu, à qui conviennent la gloire et l'empire, ainsi qu'au Père, centre de la sainteté et principe de la vie, dans la compagnie de l'Esprit consubstantiel, qui partage leur essence et leur domination, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

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Troisième jour

La statue miraculeuse de Notre Dame du Puy

 

La Très Sainte Vierge, en jetant un si vif éclat sur son Image du Puy, n'a pas voulu glorifier seulement cette antique et vénérable Statue, riche et précieux don du plus saint de nos rois ; elle s'est proposé en même temps de recommander aux fidèles une pieuse confiance et une tendre dévotion pour toutes les autres représentations de son auguste personne. Aussi la perte de ce religieux trésor peut-elle jusqu'à un certain point se compenser par les souvenirs qui nous en restent et par les autres figures qui rappellent à nos yeux les traits de cette Mère chérie. Nous sommes ses enfants, et à ce titre, il faut nous faire un bonheur comme un devoir 1° d'honorer ses Images, 2° de propager ses Images, 3° de retracer son Image dans toute notre conduite, trois pensées importantes qui méritent toute notre attention.

 

Il faut honorer les Images de Marie

 

L'église l'a fait dans tous les temps. C'est une tradition antique et universelle que Saint Luc, peintre et médecin tout ensemble, employa son talent à reproduire le visage sacré de cette auguste Vierge dans plusieurs tableaux, dont les plus célèbres sont celui que la princesse Eudoxie, femme de Théodose, envoya à l'impératrice Pulchérie, qui lui fit bâtir un temple magnifique à Constantinople, et celui que Rome conserve encore aujourd'hui, et qui fut porté en procession à travers les rues et les places publiques de cette glorieuse cité par Saint Grégoire le Grand, au moment où elle était désolée par une peste cruelle, dont la vue de cette miraculeuse peinture dissipa en un moment les miasmes empoisonnés. Les Pères du second Concile de Nicée, septième général, ont déclaré hautement « qu'ils vénéraient les Images de la Mère de Dieu, de Notre Dame, l'irréprochable, l'immaculée et la glorieuse mère de toute pureté qui a enfanté le Fils du Très-Haut ». Dans cette noble et catholique assemblée, on ne craignit pas de citer des faits miraculeux opérés par ces Images sacrées, entre autres la révélation faite par une d'elles à saint Basile, du trépas sanglant de Julien l'Apostat, accordé aux prières du Saint martyr Mercure, et la tentation dont, au rapport d'un ancien auteur, fut tourmenté un fervent anachorète, à qui le démon voulut, mais en vain, persuader de ne plus rendre hommage a une pieuse figure de, Marie, exposée dans sa cellule. Saint Jean de Damas, ce célèbre athlète de la vraie Foi contre l'hérésie des iconoclastes, cet illustre docteur, qui, après avoir eu la main coupée par le bourreau, la recouvra par la puissance de son auguste protectrice, rapporte la guérison d'un homme perclus de la moitié du corps, qui fut rappelé à sa première vigueur par Saint Étienne le Jeune, en révérant deux images, l'une de Jésus et l'autre de sa Mère, présentées à sa vénération. Saint Germain, patriarche de Constantinople, dans une de ses lettres lue au septième Concile général, raconte qu'à Sozopolis, ville de la Pisidie, on voyait une Statue de la Vierge dont la main laissait découler continuellement un baume précieux qui guérissait toutes sortes de maladies, ce que confirme la Vie de saint Eutychius, patriarche de la même ville, qui rendit la santé à un enfant moribond, en le frottant de cette divine liqueur. Nous serions infinis, si nous voulions raconter en détail tous les exemples qui peuvent inspirer le respect pour les saintes Images de Marie. Ici c'est, d'après le récit de Nicéphore, un de ces précieux trésors découvert dans un cyprès par l'éclat d'une grande lumière qui en jaillit la nuit et le jour ; là c'est un portrait de Marie qui fait reconnaître saint Alexis que la pénitence avait, quoique présent, dérobé à l'œil même de ses parents désolés ; plus loin c'en est un autre qui console Marie Égyptienne au moment où elle était arrêtée par une main invisible à la porte de l'église, dans laquelle elle cherchait vainement à pénétrer pour adorer la sainte Croix ; d'un autre côté, c'est une figure irritée de cette Mère ordinairement si pleine de douceur, qui repousse l'impie Anatolius, prosterné devant elle pour prier ; c'est enfin, selon le témoignage de saint Grégoire Pape, une représentation de cette puissante Patronne de Constantinople, qui, portée solennellement autour des murailles, délivre la ville des Sarrasins dont les troupes la tenaient assiégée depuis deux ans.

Cette dévotion, si conforme à la raison et à la piété, bien loin de s'affaiblir avec le temps, n'a cessé de prendre de nouvelles forces. L'histoire que nous venons de lire en est une preuve évidente qui se retrouve dans tous les lieux célèbres consacrés à la Reine du ciel. Que dis-je ! Est-il aujourd'hui, je ne dis pas une église, mais une maison pieuse qui ne se montre parée de quelqu'un de ces religieux ornements ? D'innombrables médailles ne reproduisent-elles pas sur le cuivre et sur l'argent les plus célèbres Images de la Mère de Dieu ? Celle qui a mérité, par les grâces qu'il a plu à Dieu d'y attacher, d'être appelée miraculeuse, ne brille-telle pas sur la poitrine des femmes chrétiennes, et ne se cache-t-elle pas même quelquefois sous les vêtements des hommes qui ont conservé le sentiment précieux de la foi ? Le Saint Scapulaire, si heureusement empreint des traits de Marie, n'est-il pas comme un préservatif assuré suspendu au cou de la plupart des fidèles ? N'est-ce pas enfin aux pieds de cette Vierge toute-puissante, rendue visible par le pinceau ou par la sculpture, que les âmes les plus égarées, que les ennemis même de l'Église viennent abjurer leurs erreurs et leurs déréglements ?

Que l'image de Marie soit donc, Seigneur, l'objet de nos respects ; qu'elle garde nos demeures, qu'elle conserve nos personnes, qu'elle nous accompagne dans toutes nos démarches. Fidèles à l'honorer, et protégés continuellement par sa présence, nous braverons, sans rien craindre, les séductions du monde et les attaques de l'enfer ; les traits de l'enfer et du monde viendront s'émousser sur elle, comme sur un bouclier d'airain, comme sur un rempart inexpugnable.

 

Il faut propager les images de Marie

 

Car nous ne devons pas nous contenter de jouir nous-même des avantages qu'elles procurent ; mais il convient de les communiquera tous ceux qui nous environnent. Avons-nous des parents vertueux et de pieux amis ? encourageons-les à persévérer, à croître même dans ces utiles pratiques. Aurions-nous le malheur de voir ceux que nous chérissons, dans l'oubli de leur devoirs, et dans la haine de Dieu ? faisons tous nos efforts pour leur inspirer du moins quelque confiance aux saintes Images de Marie. Obtiendrions-nous seulement qu'ils consentissent à les porter sur eux-mêmes, soyons persuadés qu'alors nous aurions déjà remporté une grande victoire. Qui n'a pas appris qu'armés de ce nouveau palladium, des voyageurs exposés, comme il n'est que trop ordinaire aujourd'hui, à d'horribles dangers, sur ces nouvelles routes si rapides et si périlleuses, ont seuls été préservés au milieu des cadavres et des flammes, d'une mort qui semblait inévitable ? Ne sait-on pas que de braves soldats ont vu quelquefois tous leurs compagnons d'armes tomber sans vie à leurs côtés, tandis qu'une main invisible détournait les coups qui auraient dû les renverser, parce que les traits de Marie, gravés sur une pieuse médaille, reposaient sur leur cœur ? Des époux, des frères n'ont-ils pas échappé souvent à un trépas funeste, parce qu'ils portaient, peut-être sans le savoir, ce puissant préservatif, qu'avait déposé dans leurs vêtements l'industrieuse sollicitude d'une épouse ou d'une sœur ? Ce sont là des moyens de propagation, qui ne surpassent ni les forces ni les ressources de qui que ce soit; les pauvres même et les petits peuvent les réaliser dans le cercle étroit qui les environne ; mais le riche est capable d'étendre plus loin les effets de son zèle ; il peut, en visitant les malheureux, joindre à l'aumône corporelle une image simple, mais touchante, de celle qui a consenti elle-même à vivre dans l'indigence, une médaille commune, mais souvent bien puissante, de cette douce et aimable patronne des infirmes et des misérables, dont elle a partagé le sort. Cette charité ne sera sans doute ni moins agréable à Dieu, ni moins utile aux infortunés qui en seront l'objet, que toutes les autres œuvres de bienfaisance auxquelles nous pourrions nous adonner.

 

Il faut retracer en nous-même l'Image de Marie

 

Mais le point essentiel pour nous, c'est de ne pas oublier nos propres intérêts en procurant ceux du prochain; c'est de graver en nous, comme des enfants bien nés, tous les traits de notre mère ; car comment montrer que nous lui appartenons, s'il ne se trouve en nous aucun caractère de ressemblance avec elle ? Aussi semble-t-elle nous dire, avec bien plus de raison encore que le grand Apôtre : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Jésus Christ ». Écoutons cette parole, et travaillons à nous conformer au grand modèle qui nous est offert.

1° Modèle de foi, Marie n'hésite pas en entendant la promesse de l'ange ; elle croit à l'oracle céleste, et si elle demande comment ce prodige s'accomplira, ce n'est pas par suite d'un doute, c'est par le désir d'apprendre l'ordre de la Providence dans cet auguste mystère. Aussi Sainte Élisabeth lui dira-t-elle : « Vous êtes heureuse, parce que vous avez cru ».

2° Modèle de pureté; Marie estime si fort cette belle vertu, qu'elle aimerait mieux renoncer au privilège de la maternité divine, que de porter atteinte à la sainte virginité. « Comment cela se fera-t-il, puisque je suis étrangère à tout commerce humain ? »

3° Modèle d'obéissance; Marie a renoncé à sa propre volonté, pour suivre en tout point la volonté de Dieu manifestée par ses supérieurs ; elle obéit à tous, aux empereurs païens, à la loi mosaïque, aux auteurs de ses jours, à Saint Joseph, au Disciple bien-aimé. Elle obéit en tout, dans les occasions les plus pénibles, comme dans les circonstances les plus aisées, quand il faut fuir en Égypte, comme quand il faut revenir à Nazareth. Elle obéit avec des dispositions toujours parfaites, dans la seule vue de plaire au Seigneur et de procurer sa gloire.

4° Modèle d'humilité ; Marie ne se prévaut ni de sa naissance, ni des grâces spirituelles qu'elle a reçues ; elle cache à tous, même à saint Joseph, le secret de sa grandeur ; elle se proclame servante du Seigneur, au moment où elle en devient la mère ; elle passe sa vie dans l'obscurité d'une pauvre chaumière, sans éclat, sans actions brillantes, sans développements miraculeux de sa puissance ; elle se plaît à être oubliée, et comptée pour rien.

5° Modèle de patience ; Marie souffre tout sans murmurer et sans se plaindre : la crèche et son dénuement, l'exil et ses privations, le Calvaire et ses douleurs ne sauraient l'abattre; elle est debout au pied de la croix, non moins résignée dans ce moment suprême, que quand elle se voyait, à Bethléem, contrainte de se réfugier dans une pauvre étable.

6° Modèle de charité ; Marie aime Dieu, jusqu'à vivre, jusqu'à mourir d'amour ; elle aime le prochain, jusqu'à consentir à la mort cruelle de celui qui possède son cœur tout entier et comme son créateur, et comme son fils. Prodiges ineffables, qui ne se représentent nulle part ailleurs ! Mourir d'amour pour Dieu, et sacrifier pour l'homme le Dieu dont l'amour occasionne sa mort ! quelle tendresse admirable! quelle ineffable charité !

Jetez, chrétiens, les yeux sur ce grand modèle, et faites de généreux efforts pour le reproduire dans votre conduite ; que la foi dirige toutes vos œuvres, que la pureté règne dans votre cœur, que l'obéissance règle vos démarches, que l'humilité vous porte à vous anéantir devant Dieu et devant les hommes, que la patience vous soutienne dans les afflictions, que la charité enfin couronne toutes vos vertus, et alors vous deviendrez véritablement dignes d'appeler Marie votre mère, et de vous compter au nombre de ses bien-aimés enfants.

 

Prière de saint Germain de Constantinople

 

O Marie, Mère de Dieu, accordez votre secours et votre protection à ceux qui célèbrent vos solennités; délivrez-nous par vos puissantes prières de toute nécessité et de tout péril; éloignez de nous non-seulement le poison funeste de la maladie, et les calamités de tout genre, mais encore la juste colère de votre fils et ses terribles menaces pour l'avenir ; placez-moi, en vertu de votre titre de Mère du Seigneur, dans ce lieu de délices, où brille la lumière, où règne la paix, où se distribuent avec abondance tous les biens capables de combler les désirs de l'homme. Qu'elles soient réduites au silence les lèvres artificieuses dont l'orgueilleuse malice et les fiers dédains osent insulter votre innocence ; que leur image soit réduite au néant dans votre cité ; que vos ennemis soient confondus, qu'ils tombent en défaillance, qu'ils périssent, et qu'ils sachent que vous vous appelez Notre Dame. seule vous êtes la Mère de Dieu, la plus sublime de toutes les créatures terrestres, la divine épouse que nous bénissons dans la foi, que nous honorons par le désir, que nous révérons avec crainte, que nous ne cessons d'exalter, et que, dans notre vénération, nous proclamons bienheureuse. Oui, bienheureux parmi les hommes est votre père, bienheureuse votre mère parmi les femmes ; bienheureuse votre maison, bienheureux ceux qui vous ont connue, bienheureux ceux qui vous ont vue ; bienheureux ceux qui ont eu de douces relations avec vous ; bienheureux ceux qui vous ont servie, bienheureux les lieux que vos pieds ont foulés ; bienheureux le temple où vous avez été offerte ; bienheureux Zacharie qui vous a reçue dans ses bras ; bienheureux Joseph, qui vous a prise pour son épouse ; bienheureuse votre couche, bienheureux votre tombeau, car vous êtes le souverain honneur, la récompense souveraine, la souveraine grandeur.

Mais, ô ma reine, ô seule consolation que Dieu m'a donnée, rosée céleste qui apaisez mes brûlantes ardeurs, pluie bienfaisante qui descendez d'en haut pour humecter mon cœur desséché, lampe brillante qui dissipez les ténèbres de mon âme, guide fidèle de mes pas, soutien de ma faiblesse, vêtement de ma nudité, richesse de mon indigence, remède de mes inguérissables blessures, ô vous qui éteignez mes larmes, qui faites cesser mes gémissements, qui dissipez mes calamités, qui allégez mes douleurs, qui brisez mes chaînes, ô espérance de mon salut, exaucez mes prières, soyez touchée de mes soupirs, accueillez mes lamentations, et prenez pitié de mes misères ; que les entrailles de votre miséricorde se laissent attendrir et fléchir par mes pleurs ; car vous êtes la Mère du Dieu de bonté et de clémence. Regardez-moi et recevez favorablement mes supplications, comblez le désir de mon âme altérée... Introduisez-moi dans la terre promise à la douceur, dans les tabernacles des justes, dans la région des saints. Daignez, ô vous qui êtes la protectrice, la joie, l'allégresse, les délices de tous, daignez, je vous eu conjure, m'inonder de consolations... dans la félicité vraiment ineffable du divin roi qui est né de vous, dans son incorruptible sanctuaire, dans ses douceurs perpétuelles dans ses satisfactions exemptes de tout dégoût, dans son royaume interminable et sans fin. Oui, vous êtes ma reine, vous êtes mon refuge, ma vie et mon secours, mou armure et ma gloire, mon espérance et ma force, accordez-moi la grâce de jouir... dans ce céleste séjour des dons inénarrables et incompréhensibles de votre Fils. Car vous avez, je le sais, en votre qualité de Mère du Très Haut, autant de pouvoir que de tendresse ; c'est cette pensée qui m'inspire la confiance, et m'anime d'une sainte audace. Ne permettez pas, ô reine de pureté, que je sois frustré dans mon attente, mais faites plutôt que j'en obtienne l'accomplissement, ô épouse de Dieu même, qui par un ineffable prodige avez enfanté l'attente de l'univers notre divin maître Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Seigneur, à qui convient toute gloire, tout honneur et toute adoration avec le Père éternel et l'Esprit vivifiant, maintenant et toujours, et dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

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Neuvaine à Notre Dame du Puy 2/4

Neuvaine à Notre Dame du Puy

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Quatrième jour

Les reliques conservées à Notre Dame du Puy

 

Il semblerait, selon les raisonnements de l'esprit humain, que là où se montre la Très Sainte Vierge, toute autre dévotion inférieure devrait disparaître ; car, quelle peut être la gloire des serviteurs de Dieu devant la splendeur de sa Mère? Tout éclat étranger ne doit-il pas s'éclipser devant la radieuse Image de celle qui est en même temps la reine des hommes et la maîtresse des anges ? Cependant la Sainte Vierge ne prétend pas s'attirer ces hommages exclusifs, et comme à Rocamadour elle s'est plu à s'associer le grand Solitaire qui a donné son nom au rocher où elle a suspendu son temple, ainsi, sur la montagne d'Anis, elle a voulu partager la vénération dont elle est l'objet avec les apôtres, les martyrs, les vierges et les confesseurs, dont elle a réuni autour d'elle les restes précieux. C'est que, par cette conduite, Marie a prétendu, 1° confirmer la Foi de la Sainte Église, 2° rehausser son honneur aux yeux des mortels, 3° nous apprendre à fouler aux pieds les vaines inquiétudes de la jalousie : nouveaux sujets d'études religieuses et de profondes méditations.

 

Marie, en s'associant les reliques des serviteurs de Dieu, confirme la foi de la sainte Église

 

On sait avec quelle rage les hérétiques, dans ces derniers temps comme dans les siècles plus anciens, se sont déchaînés contre les reliques sacrées des héros de la religion catholique. Détruire leurs autels, abattre leurs temples, profaner leurs ossements, disperser aux vents la poussière de leurs restes consumés par les flammes, tels ont été les exploits surtout des derniers et prétendus réformateurs. Insensés ! Ils ne voyaient donc pas qu'ils agissaient contre l'Écriture Sainte, dont ils prétendaient rappeler la pureté, contre l'enseignement général de tous les docteurs qui ne sauraient se confondre ainsi dans une même illusion, contre l'histoire de tous les siècles qui renverse leurs coupables nouveautés, contre la sentence de tous les Conciles qui se réunissent dans une seule et même décision, contre le sentiment même de la raison qui les condamne d'extravagance et de folie !

Et certes, les livres sacrés ne nous disent-ils pas que Joseph ordonna de transporter ses ossements dans la Terre promise, et que Moïse exécuta religieusement sa volonté ; que Josias détruisant l'idolâtrie, respecta le tombeau d'un prophète du Seigneur et défendit de remuer ses cendres : que le cadavre d'Élisée rappela un mort à la vie par la seule puissance de son attouchement ; que le manteau d'Élie servit au même prophète à diviser les eaux du Jourdain ; que l'hémorroïsse, dans l'Évangile, recouvra la santé en portant la main sur la frange des vêtements du Sauveur ; que les linges qui avaient été à l'usage de saint Pierre dissipaient toutes les maladies, et que les infirmités disparaissaient même sous la vertu de son ombre ?

Tous les docteurs des premiers siècles n'ont-ils pas tenu le même langage ? Saint Athanase ne loue-t-il pas Saint Antoine de sa dévotion à porter, dans les grandes solennités, le manteau de Saint Paul Ermite ? Saint Basile ne déclare-t-il pas que les corps des martyrs sont comme des tours qui protègent les villes et les provinces ? Saint Grégoire de Nysse ne témoigne-t-il point que les restes vénérables de Saint Théodore étaient placés avec honneur dans un lieu auguste et sacré ? Saint Grégoire de Naziance ne reproche-t-il pas à l'Apostat Julien de mépriser les reliques des martyrs, tandis qu'il admirait le bûcher d'un Hercule victime de la vengeance d'une femme ? Mais, sans accumuler les citations, qu'il nous suffise de recueillir ce témoignage solennel du grand Saint Ambroise, lorsqu'il disait : « J'honore, dans la chair des martyrs, les cicatrices endurées pour le nom de Jésus-Christ ; j'honore des cendres consacrées par la confession du Seigneur ; j'honore dans ces cendres les semences de l'éternité ; j'honore ce corps qui m'a montré à aimer mon Dieu, qui m'a appris à ne pas craindre la mort. Eh ! Pourquoi les fidèles n'honoreraient-ils pas ce corps que les démons révèrent, et qu'après avoir affligé dans le supplice, ils glorifient dans le sépulcre ? J'honore ce corps que Jésus-Christ a honoré par le glaive et qui règne dans le ciel avec Jésus-Christ ».

Parlerai-je des faits de l'histoire ? Montrerai-je la chaire de Saint Jacques conservée précieusement dans son église de Jérusalem ? Dirai-je comment les ossements de Saint Ignace furent transportés de Rome à Antioche, où ils se gardaient comme un trésor inestimable ; comment le même honneur fut rendu aux reliques de Saint Polycarpe, estimées plus précieuses que l'or et que les pierreries ; comment le grand Constantin enrichit Constantinople des restes de Saint André, de Saint Luc et de Saint Timothée ? Mais tous les doutes ne s'évanouissent-ils pas surtout devant la pompeuse translation de Saint Babylas au milieu des chants du peuple fidèle ; devant les innombrables miracles opérés au moment de l'invention du corps de Saint Etienne, et dont le grand Augustin nous a conservé de si frappants souvenirs, devant tant d'autres prodiges qui ont illustré les tombeaux des Gervais et des Protais, des Martin, des Geneviève, des Janvier, des Népomucène, prodiges si évidents qu'ils ont arraché de la bouche de Luther lui-même cet aveu solennel : « Qui peut disconvenir que Dieu ne fasse encore aujourd'hui par Ses Saints, auprès de leurs tombeaux et en présence de leurs reliques, des merveilles qui paraissent aux yeux de tout le monde ? »

Ajoutez à ces autorités déjà si respectables les décisions des Conciles anciens et nouveaux : partout vous retrouverez les mêmes usages et la même doctrine. Dès le quatrième siècle, le Concile de Gangres prononce anathème contre ceux qui avaient en horreur les lieux consacrés par la présence des martyrs. Celui de Carthage, terni en 368, confirme la pratique d'honorer les vraies reliques, en ordonnant de détruire les autels qui en renfermaient de fausses ou de douteuses. En Espagne, le Concile de Brague prescrit, en 675, le respect et la vénération avec lesquels on doit porter les châsses des serviteurs de Dieu. Celui de Mayence, en Allemagne, célébré en 813, ordonne, d'un côté, de solenniser la fête des saints dont les corps reposent dans la paroisse, et défend, de l'autre, de les transférer sans la permission de l'évêque. « Oui, dit le second Concile général de Nicée (787), notre Sauveur Jésus Christ nous a laissé les reliques de ses saints comme des fontaines salutaires d'où découlent en mille manières ses bienfaits ». C'est d'après ces témoignages irréfragables que le Concile de Trente a déclaré que les Corps saints doivent être vénérés comme les temples vivants de Jésus Christ, et condamné ceux qui oseraient soutenir qu'il n'est pas permis de rendre aux reliques un hommage religieux. Pouvait-il, après de tels antécédents, donner une décision différente ?

Et quand la foi se tairait, la raison ne parlerait-elle pas assez haut pour nous faire comprendre que, comme les enfants se plaisent à honorer les cendres de leurs pères, comme l'on conserve avec respect, dans l'or quelquefois, et dans les pierreries, le cœur des héros qui ont arraché leur patrie à la ruine et à l'esclavage, comme l'on va même jusqu'à garder avec un soin presque scrupuleux les objets souvent les plus simples qui n'ont d'autre mérite que d'avoir appartenu à des hommes célèbres et à d'illustres génies, ainsi la religion peut, sans blesser la raison, présenter à la vénération de ses disciples les cilices du solitaire, les chaînes du confesseur, les grils de fer du martyr, et à plus juste titre encore ces membres généreux que la pénitence a consumés ou qu'a déchirés le fer sanglant du bourreau. C'est pour rappeler, c'est pour maintenir, c'est pour propager ces hautes vérités, ces enseignements catholiques, que Marie a recueilli dans son temple tant de pieux trésors et de précieuses reliques. elle nous apprend par cette sage conduite que les vœux des âmes infidèles aux principes de la véritable église ne sauraient lui être agréables, et que nos prières, pour être exaucées, doivent partir d'un cœur soumis sans réserve à cette divine et infaillible autorité.

 

Marie, en s'associant les reliques des Saints, rehausse son honneur aux yeux de tous les mortels

 

Car, s'il est vrai qu'il n'y a rien qui fasse mieux ressortir les beautés d'un ouvrage que les contrastes, et la perfection des principaux traits d'un tableau que l'adroite disposition de ses ombres, ne peut-on pas dire que les Saints, malgré tous leurs mérites, ne semblent placés près de la Vierge-Mère que pour relever davantage l'éclat de ses privilèges et la splendeur de ses vertus ? Quelle différence, en effet, n'y a-t-il pas entre le cœur de Marie et le cœur des Saints, même les plus excellents ? On peut, comme dit saint Bernard, trouver ailleurs sur la terre des femmes qui, ou soient demeurées vierges, ou aient vécu dans l'humilité, ou se soient distinguées par la douceur, ou aient pratiqué la Charité et la Miséricorde ; mais quelle autre femme a jamais joint les joies de la maternité à l'honneur de la virginité ? N'est-ce pas là une grâce qui lui a été tellement particulière que personne ne l'a obtenue avant elle, et qu'après elle personne n'aura le bonheur de la posséder. Et sans parler même de cette haute et mystérieuse vocation, pour nous borner a ce qui lui a été plus personnel et plus intime, n'est-elle pas cette Vierge accomplie qui a surpassé toutes celles qui l'avaient précédée ou qui pourront la suivre dans la glorieuse carrière de la sainteté ? En elle, les vertus qui paraissaient communes n'ont-elles pas pris par leur perfection un caractère tout spécial et tout singulier ? On a vu des âmes pures ravir par leur modestie l'admiration de l'univers ; mais quelle pureté pourrait être mise en parallèle avec ce lys éclatant en blancheur que n'a jamais flétri la tache même la plus légère ? On a vu de grands Saints unir l'abondance des mérites aux abaissements de l'humilité ; mais quelle humilité oserait entrer en comparaison avec les anéantissements héroïques de cette incomparable reine, qui, tandis que Dieu l'élève jusqu'au Ciel, s'enfonce elle-même jusque dans l'abîme ? On a vu des cœurs embrasés pour Dieu de l'amour le plus vif et le plus ardent. mais que leur amour paraîtra faible, si on le rapproche de ce feu sacré qui dévorait celui de Marie, et dont la douce violence rompit enfin les chaînes qui attachaient à un corps mortel une âme incapable de supporter plus longtemps, loin de Jésus, les rigueurs d'une vie importune !

Venez donc, illustres serviteurs de Dieu, venez, par vos imperfections même, donner un nouvel éclat à l'admirable perfection de Votre Auguste Souveraine ; venez en même temps vous ranger autour d'elle pour lui offrir les hommages légitimement dus à sa grandeur ; venez, en vous courbant vous-mêmes devant elle, nous apprendre le recueillement et la ferveur que nous devons porter dans son sanctuaire ; venez enfin reconnaître, en présence de ses autels, que les dons spirituels qui ont orné votre vie et préparé votre gloire sont des effets de sa miséricorde et de sa tendresse pour vous ; venez jeter en quelque sorte à ses pieds, comme les vieillards dont il est parlé dans l'Apocalypse, ces palmes et ces couronnes que vous n'avez conquises que par son assistance maternelle. Mais permettez-nous en même temps de nous joindre à vous pour remercier, pour prier, pour vénérer, pour aimer celle qui est notre mère aussi bien que la vôtre. Soutenues de vos prières, nos prières seront plus ferventes; confondus avec vos hommages, nos hommages seront plus dignes de sa grandeur ; unis à vos actions de grâces, nos remerciements mériteront davantage d'être agréés ; échauffé par votre amour, notre amour sera moins glacé et moins languissant. Vous nous présenterez à cette puissante protectrice, vous qui êtes si particulièrement ses amis qu'elle partage son temple avec vous, et le pouvoir que vous exercez auprès d'elle nous préparera une aimable réception et d'abondantes faveurs.

 

Marie en s'associant les reliques des Saints, nous apprend à fouler aux pieds les vaines inquiétudes de la jalousie

 

La jalousie ne saurait entrer dans son cœur virginal, où règne la plus excellente charité ; elle voit sans peine les pieux fidèles passer de son autel à ceux des saints qui l'environnent, et quelquefois même, se prosterner devant leurs reliques avant que de saluer sa glorieuse image. C'est que la gloire de Dieu et le salut des hommes, sont le premier vœu et comme le premier besoin de son âme. Hélas ! Que ces sentiments sont rares aujourd'hui sur la terre ! Depuis que par l'envie du démon, le péché est entré dam le monde, les hommes ont été remplis de jalousie, et, par suite, d'un esprit de contention, de ruse, de malignité, de murmure, de médisance, d'outrages, de révolte, de dureté. C'est la jalousie qui arma la main du premier des homicides, et le poussa à répandre le sang de son frère ; c'est la jalousie qui inspira aux Pharisiens une haine injuste contre le Sauveur, et l'horrible pensée du déicide ; c'est la jalousie qui suscita à Paul des émules, jusque dans le ministère sacré de la prédication évangélique. La jalousie est une passion qui dessèche l'âme et le corps, un poison qui se glisse jusque dans les os pour les corrompre, une souillure qui couvre le front de rougeur, une source de meurtres et d'homicides, un désordre qui exclut du royaume de Dieu. L'envieux ne jouit pas tant de son propre bonheur qu'il n'est affligé de celui d'autrui ; il semble que le bien fait au prochain soit une perte pour lui, et qu'il souffre un tort quand le prochain obtient un succès. Les noirs soupçons fatiguent son cœur, il épie un regard, un geste, une parole pour surprendre un témoignage souvent imaginaire d'une prétendue préférence ; il n'est pas heureux, et il ne permet pas aux autres de l'être; parents, amis, enfants, épouse, tous ces êtres dont il devrait faire le bonheur, il les trouble, il les afflige, il les désespère par ses plaintes et par ses murmures. Que de péchés naissent de cette source empoisonnée ! De combien de péchés n'a-t-elle pas été pour moi le principe !

Daignez, ô mon Dieu, me préserver de retomber jamais sous l'empire de cette funeste passion, et comme elle vient ordinairement d'un grand fond d'orgueil qui porte l'âme à chercher la prédilection et à craindre le mépris, inspirez-moi cette profonde et salutaire humilité qui a été le fondement de tous les mérites et de tous les privilèges de la Très Sainte Vierge. Elle vous a plu par sa pureté, mais c'est par son humilité qu'elle a mérité de vous concevoir dans ses chastes entrailles. Une fois bien établi dans cette vertu, je ne m'offenserai plus de voir les autres plus favorisés que moi, puisque j'aimerai à me tenir à la dernière place, dans l'intime conviction de mon néant et de ma misère. Mais de quelle grâce n'ai-je pas besoin pour vaincre l'amour-propre qui me domine ? C'est à vous, ô Vierge très-humble, que j'ai recours, et c'est par vous que j'espère obtenir cette précieuse faveur qui assurera mon repos sur la terre, et mon salut dans la vie future.

 

Prière de saint Jean de Damas

 

Je vous salue, Marie, dont le nom semble indiquer l'abondance infinie des louanges que vous méritez. Car quelque innombrables que soient les éloges que l'on puisse faire de vous, jamais on ne parviendra à exprimer ce qui convient à votre dignité. Je vous salue, grande reine, qui avez obtenu de dominer, par l'autorité maternelle, le dominateur de l'univers ; assurer que tout vous est soumis, ce n'est pas s'éloigner beaucoup de la vérité.

Je vous salue, buisson environné de flammes, qui ne portent aucun préjudice et aucune atteinte à sa tige miraculeuse ; ainsi inaccessible au péché, vous avez, par votre enfantement divin, rouvert aux mortels l'accès du royaume céleste. Je vous salue, arche sacrée, sanctuaire construit parla main de Dieu, où le créateur du siècle nouveau a déposé ses trésors, et d'où est sorti Jésus le nouveau Noé qui a rempli de sainteté le monde de ces derniers temps. Je vous salue, tige sacrée, rameau planté par le Seigneur lui-même, vous qui seule féconde entre toutes les vierges, avez fait sans aucun secours humain germer comme une belle Fleur, un fils tout-puissant qui est le maître de l'univers. Je vous salue, urne fabriquée de l'or le plus pur, vase séparé de tout autre vase, d'où le monde entier reçoit le don de la manne céleste, je veux dire le pain de vie, cuit aux saintes ardeurs de la divinité. Je vous salue, tabernacle élevé par la puissance de Dieu, nouvelle création, Ciel nouveau mille fois supérieur à la voûte du firmament, d'où est sorti le Très-Haut pour habiter en personne avec les hommes, et d'où a découlé sur la terre, l'éternelle propitiation. Je vous salue encensoir d'or, mais d'un or tout spirituel, qui portant en vous un charbon divin, exhalez les doux parfums de l'esprit et dissipez l'odeur infecte de la corruption mondaine...

Je vous salue, temple du Seigneur, séjour de pureté, vous dont David a dit : « Seigneur, votre temple est saint et admirable par sa justice » ; vous à qui Jésus-Christ a emprunté le tabernacle de son corps pour faire des mortels le tabernacle du Dieu vivant. Je vous salue, source expiatrice, fontaine abondante en eaux célestes, ruisseau qui roulez des flots de sainteté, et d'où surgit le Saint des saints, qui efface les péchés du genre humain. Je vous salue, lieu ineffable où repose le Seigneur, terre que ses pieds ont doucement foulée, qui avez attaché à un lieu, en le revêtant de la chair, celui qui était libre de tout lieu, qui avez rendu composé celui qui était simple, temporel celui qui était éternel, borné celui qui ne connaissait point de bornes...

Je vous salue, porte tournée à l'orient, d'où s'élance le soleil levant de la vie, dont les rayons diminuent pour l'homme le triste couchant de la mort. Je vous salue, trône glorieux dont le faîte s'élève jusqu'aux nues, siège animé, où prend place le roi du ciel, et où il goûte un repos plus doux que dans les célestes intelligences elles-mêmes. Je vous salue, vrai chérubin, âme embrasée d'ardeurs, riche en sentiments divins qui sont comme autant d'yeux pour vous, centre de clarté, qui lancez des traits multipliés de grâce, et dont la libéralité transmet aux hommes la lumière qui ne se couche jamais.

Je vous salue, mère étrangère aux douceurs du mariage, seule immaculée parmi les mères, qui avez obtenu les joies de la maternité , en conservant les privilèges de la virginité ; prodige singulier, prodige nouveau qui surpasse tous les miracles. Je vous salue, vierge féconde, seule mère parmi les vierges, qui avez gardé le trésor de la virginité en recevant les consolations de la maternité, merveille qui, parla grandeur de l'étonnement qu'elle inspire, éclipse toutes les autres merveilles. Je vous salue, sceau royal, qui avez formé de votre substance le roi de l'univers qui naît de vous dans un petit corps semblable à celui de sa mère; car c'est une loi invariable, que telle est la mère, tel doit être le fils. Je vous salue, livre scellé, étranger à toutes les pensées des passions, où se laisse entrevoir, mais seulement à l'œil virginal, celui qui est l'arbitre de la loi divine. Je vous salue, volume pur et incorruptible, où est gravé le nouveau mystère, où le verbe exempt de toute forme a pris un corps dessiné d'après la forme et les couleurs humaines, en se rendant semblable à nous sous tous les rapports, excepté sous celui du péché.

Je vous salue, fontaine scellée, source d'innocence d'où a découlé, sans porter atteinte aux sceaux de la virginité, Jésus le ruisseau de la vie, qui par la participation de ses biens, nous a rappelés à l'immortalité et ramenés à ce paradis qui ne vieillit jamais. Je vous salue, jardin fermé, bosquet fertile, mais où la virginité n'a jamais donné aucun accès, et dont l'odeur est comme celle d'un champ en plein rapport, qu'a béni le Seigneur à qui vous avez communiqué la vie. Je vous salue, rose incorruptible, dont le parfum est si suave qu'on ne saurait en exprimer la douceur ; le Seigneur l'a senti, et il est venu se reposer en elle, il a germé d'elle comme une fleur qui a réduit au néant la vaine odeur du monde... Je vous salue, ô lys, dont le Fils Jésus revêt de splendeur les lys de nos campagnes, ô parterre odoriférant, où ce divin Sauveur a, sans culture et sans travail mortel, revêtu cette robe éclatante qui fait pâlir les ornements d'un Salomon. Je vous salue, céleste aromate dont les gouttes embaumées exhalent une odeur si douce à celui qui a dit dans le Cantique des Cantiques : « Mon nard a donné son odeur ».

Je vous salue, fille auguste, jeune prêtresse du Dieu vivant, dont la pureté excite les désirs, et dont la parure attire l'admiration du Seigneur, comme il le témoigne dans le même livre par ces paroles : « Que vos pas sont beaux, que votre chaussure est brillante, fille d'Aminadab ». Je vous salue, illustre sœur, amour suprême de ce noble frère dont vous partagez le titre et la beauté, et qui vous dit encore: « Vous avez blessé mon cœur, ô ma sœur, ô mon épouse, vous avez blessé mon cœur ». Je vous salue, chaste épouse, dont l'Esprit-Saint a présidé les noces, et dont l'époux est Jésus-Christ même qui chante dans les Cantique des Cantiques : « Vous êtes toute belle, ô ma bien-aimée, et il ri y a point de tache en vous; venez, ô mon épouse, venez du Liban ».

Je vous salue, or très pur, éprouvé par le feu du Saint Esprit dans le creuset du siècle, et que la rouille de la malice n'a jamais souillé, or mystérieux dont se composaient le chandelier, la table et tous les autres objets qui, selon les prescriptions de la loi, faits de ce précieux métal, représentaient, dans un sens allégorique et nullement ambigu, votre personne sacrée sous des noms divers et multipliés. Je vous salue, bois incorruptible, qui n'avez jamais admis en vous de vers rongeur, vous qui avez fourni la matière pour élever à Dieu un tribunal et un autel spirituels formés, non d'un bois impérissable, mais de votre sein immaculé. Je vous salue, pourpre royale, qui de votre sang virginal avez tissé un vêtement écarlate au Dieu qui a dit : « Les plis de votre Me sont comme la pourpre qui a été liée et teinte dans les canaux du roi ; que vous êtes belle ! que vous êtes aimable ! » Je vous salue, lien fortement filé, qui renfermez dans vos nœuds les hautes pensées et les sentiments sublimes, qui ne mollissez jamais, et jamais ne cédez aux attaques de la séduction... ; pourpre sacrée, or précieux qui se confondent dans un même tissu, pour former l'éphod du Pontife suprême des vertus célestes... Je vous salue, nuée légère, qui, comme à l'autel, avez caché le pain de vie, et sur laquelle s'est assis le Seigneur, ainsi qu'Isaïe l'a prophétisé. Je vous salue, vierge sans tache, honneur de la sainte intégrité, qui avez enfanté le Verbe Immaculé, et fait luire la splendeur de la virginité qui abrège la durée du monde, en multipliant les élus. Je vous salue, modèle de pureté, qui pouvez seule vous glorifier d'avoir un cœur sans souillure, montagne vraiment agréable à Dieu, du haut de laquelle est communiqué au nouvel Israël une sainteté plus excellente et plus durable que l'ancienne.

Je vous salue, toison de Gédéon, symbole de victoire, de laquelle a coulé en figure la rosée immortelle, qui a tenu ce langage : « Ayez confiance, j'ai vaincu le monde... » Je vous salue, nuée lumineuse, qui couvra de l'ombre de votre intercession le nouvel Israël dans la solitude de cette vie, et du fond de laquelle ont retenti les décrets de la grâce... Je vous salue, chandelier d'or, vase solide de la virginité, dont l'inspiration du Saint-Esprit est la mèche mystérieuse, et dont l'huile est le corps sacré emprunté à votre chair immaculée, heureuse combinaison d'où procède la lumière qui ne connaît pas de couchant, et qui allumé par votre saint ministère a brillé sur les peuples assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour les conduire à la vie éternelle. Je vous salue, pleine de grâce ; que peut-il y avoir, et quant au nom et quant à la réalité, de plus consolant, de plus gracieux que vous, par qui est venu au monde Jésus-Christ la joie immortelle, le remède à la tristesse attirée par Adam sur nos têtes. Je vous salue, paradis de délices, jardin plus fortuné que l'Éden, où a germé la plante verdoyante de toute vertu, et brillé l'arbre de la vie ; car c'est par le saint commerce que vous avez eu avec Dieu, que nous sommes rappelés à la vie primitive, malgré les menaces du glaive flamboyant dont parle l'Écriture, et qui cède et fuit devant vous. Je vous salue, cité du grand Roi, pour emprunter les oracles de David, cité célèbre et glorieuse, où s'ouvre le palais des cieux, où les habitants de la terre inscrits comme citoyens, tressaillent d'une joie perpétuelle, et dont l'esprit enfin et la langue de tous font de grandes et admirables peintures en Jésus-Christ duquel vous m'obtiendrez grâce pour la faute que j'ai commise en osant, malgré ma misère et mon peu de talent pour la parole, essayer de chanter vos louanges innombrables. A lui soit, comme il convient, gloire, honneur et adoration, maintenant et toujours et dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

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Cinquième jour

Les sanctuaires qui environnent l'Eglise de Notre Dame du Puy

 

La Très Sainte Vierge a recueilli dans son temple les reliques précieuses d'un grand nombre de Saints avec lesquels elle s'est plu à partager les hommages des peuples ; elle a fait plus encore : elle a groupé autour de son sanctuaire une multitude de pieux établissements qui l'environnent comme les rayons d'un centre glorieux, et que du sommet de son rocher elle semble dominer par Sa hauteur de sa position et protéger par l'étendue de ses regards. Les uns sont des paroisses confiées au clergé séculier qui s'y acquitte avec zèle du ministère pastoral; les autres sont des édifices religieux affectés à certaines confréries qui s'y rassemblent pour prier et pour entendre la parole de Dieu ; quelques-uns sont des communautés religieuses qui se sanctifient elles-mêmes et quelquefois sanctifient les autres avec elles. Tous méritent notre respect et peuvent offrir à notre esprit d'utiles sujets de méditation.

 

Respect dû aux églises paroissiales

 

Tous les temples élevés à la gloire de Dieu méritent un profond respect de notre part, selon cette parole de l'Écriture : « Tremblez en approchant de mon sanctuaire », « car le temple est le séjour de la gloire du Seigneur » ; « c'est la maison de prière », où s'établit un saint commerce entre le Créateur et ses créatures; c'est le lieu destiné au sacrifice, où s'immole sur l'autel la même victime qui a répandu sur la croix son sang adorable pour le salut de l'univers.

Mais l'église paroissiale doit avoir pour nous des souvenirs encore plus précieux : c'est là que, dès notre entrée dans la vie, nous avons été présentés sur les fonds sacrés du baptême, où l'eau sainte de la régénération, en effaçant le péché de notre origine, a gravé dans notre âme le caractère auguste d'enfants de Dieu ; c'est là que notre langue, commençant à peine à bégayer, se formait à prononcer les noms si doux de Jésus et de Marie, que notre esprit s'éclairait par des instructions simples et profondes de la lumière de la foi et que notre cœur, prévenu parles heureuses impressions de la grâce, commençait à ressentir déjà les délicieux élans de la charité ; c'est là que chaque dimanche le ministre choisi du ciel comme notre pasteur, célèbre pour nous, ainsi que pour toute la famille dont il est le père commun, l'adorable mystère du Saint Autel, et nous adresse, du haut de la chaire évangélique, des leçons familières et des conseils proportionnés à nos besoins présents; c'est là que, pour la première fois, il nous a été donné de nous asseoir au banquet divin et de goûter cette nourriture céleste que chaque année encore nous devons venir recevoir au pied du même autel, comme la brebis fidèle retourne avec empressement au bercail qui l'a vue naître ; c'est là que, réunis souvent avec nos frères dans une aimable et solennelle assemblée, nous aimons à chanter, d'une seule voix et dans un même chœur, les louanges du Dieu bienfaisant qui se plaît à répandre sur nous de douces et d'abondantes faveurs ; c'est là que se sanctifient, par la bénédiction du prêtre, les religieuses alliances qui donneront bientôt à l'Église des enfants nouveaux et de nouveaux défenseurs; c'est de là que le divin Sauveur enverra un jour ses ministres pour nous assister dans nos derniers combats, quand notre âme, accablée par la maladie, luttera péniblement avec la mort sur un lit de douleurs ; ou plutôt c'est de là qu'il sortira lui-même pour nous visiter sur notre triste couche et pour nous fortifier par sa présence au milieu des pénibles angoisses du trépas ; c'est là enfin qu'après notre dernier soupir seront portés nos restes inanimés, que l'eau sainte effacera les souillures légères échappées à notre faiblesse, et que les supplications de nos proches et de nos amis seront rendues plus efficaces par l'autorité de l'Église et la bénédiction de ses prêtres.

La paroisse ! N'est-ce pas le point de réunion des habitants d'une même contrée, l'école sacrée de l'enfance et de la vieillesse, le centre de la véritable civilisation ? La paroisse ! N'est-ce pas la flèche qui domine le château du riche comme la cabane du pauvre, qui, par le son mystérieux de sa cloche, rappelle à l'un et à l'autre la pensée d'un Dieu, que leur dérobent trop souvent les préoccupations et les intérêts de la terre, qui, par l'aspect du champ de repos, consacré par les prières de la religion, remet souvent sous leurs yeux l'idée si salutaire et si frappante de leur fin dernière ? La paroisse! n'est-ce pas là que la vie du chrétien prend son origine, reçoit ses développements, ranime ses forces, et, vaincue par l'âge ou les infirmités, vient enfin terminer sa course ?

Ne serait-ce donc pas tomber dans un grand désordre, que de passer sa vie dans l'éloignement continuel de ce bercail préparé à nos besoins spirituels, de méconnaître le pasteur légitime envoyé pour nous conduire dans les voies du salut, d'ignorer, je ne dis pas seulement ses conseils, mais jusqu'au son même de sa voix, de ne jamais édifier nos frères par notre présence dans l'assemblée des enfants de Dieu ? Mais aussi ne serait-ce pas un désordre également condamnable de venir dans ce lieu vénérable sans modestie et sans retenue, d'assister aux saints offices sans joindre nos voix aux accords des prêtres et des fidèles, de nous tenir dans le sanctuaire sans recueillement et sans piété, de n'apporter aux pieds des autels que des yeux égarés, des ornements mondains, une langue immortifiée, un esprit distrait, un cœur glacé et insensible ? N'ai-je,pas eu le malheur de me rendre coupable de ces excès ? pourrais-je m'y laisser encore aller à l'avenir ? Non, mon Dieu, et pour arrêter ma légèreté, je n'entrerai jamais dans ces églises qui doivent m'être si chères, sans répéter ces paroles du Prophète : « Que ce lieu est terrible! Oui, c'est vraiment ici la maison de Dieu et la porte du ciel. Oui, le Seigneur est véritablement dans ce lieu et je n'y pensais pas ».

 

Zèle empressé à s'enrôler dans les confréries

 

Plus un pays est pieux, plus les confréries s'y multiplient ; plus les confréries se multiplient dans un pays, et. plus la dévotion s'y propage. C'est là un fait incontestable démontré par l'expérience et dont la ville du Puy offre elle-même un grand exemple. Là, il n'est presque pas d'état et de condition qui n'ait son association particulière : c'est tantôt la congrégation des domestiques, tantôt celle des jeunes personnes, tantôt des réunions de pénitents, tantôt des assemblées d'artisans et d'ouvrières; chacun a son patron, chacun a ses exercices et ses jours de fête, et ce que l'on remarque dans ce pays de foi, on le voit s'accomplir de même dans les villes les plus dissipées, dans les campagnes les plus étrangères à la religion. Si dans les villages livrés à l'indifférence, si dans les grandes cités dévorées par les passions, il se trouve encore quelques âmes dans lesquelles la dévotion ne soit pas entièrement éteinte, c'est uniquement aux pieuses congrégations et surtout aux confréries de la Très Sainte Vierge que l'on est redevable de ce phénomène religieux. Aussi cet usage des associations chrétiennes a-t-il été de tout temps cher à l'Église et.à ses enfants. Dès les premiers siècles, Tertullien en traçait ainsi la forme et le réglement:

« Nous nous réunissons en assemblée et en congrégation, afin de faire à Dieu une sainte violence et de lui arracher ses grâces à force de prières ; car cette contrainte lui est agréable.... Nous nous formons en un même corps par le dévouement intime à une même croyance, par l'unité d'une même règle, par le sceau d'une même espérance.... Nos réunions sont consacrées à nourrir notre foi des paroles révélées, à ranimer notre espoir, à fixer en Dieu notre confiance, à inculquer dans notre âme la sainte discipline et à digérer les préceptes du Seigneur. Nous ajoutons à ces pratiques des exhortations, des châtiments, des censures divines. Si quelqu'un pèche assez grièvement pour mériter d'être séparé de la communication de la prière, retranché du corps des fidèles et privé de tout commerce avec les saints, nous regardons cette sentence comme un terrible préjugé de la condamnation future. La présidence appartient aux plus anciens et aux plus vertueux. Tous les mois, chacun des membres dépose une modique offrande, quand il le veut ou s'il le veut, pourvu qu'il en ait le moyen. Ce sont là comme les dépôts de la piété. A cette vue, les païens s'écrient: « Voyez comme ils s'aiment les uns les autres » (car pour eux ils se poursuivent d'une haine mutuelle) ; « voyez comme ils sont prêts à sacrifier leur vie pour leurs frères » (car pour eux ils sont disposés plutôt à donner la mort à leurs semblables). Si nous nous réunissons dans des repas de Charité, c'est pour confondre nos efforts dans un soin égal à garder la modestie et la pudeur; nous nous nourrissons bien moins d'aliments matériels que de vérité et de vertu ; nous ne blessons personne; nous ne causons à personne de déplaisir. Certes, quand des hommes probes, honnêtes, pieux et chastes se réunissent, leur assemblée doit être appelée non une faction, mais un sénat ».

Que les ennemis des confréries chrétiennes lisent attentivement ce passage, et ils ne manqueront pas de sentir l'injustice de leurs censures et de leurs attaques; que les âmes pieuses s'appliquent aussi à les méditer, et elles se sentiront portées plus vivement à s'engager dans ces saintes congrégations fondées sur la pratique des premiers serviteurs de Jésus-Christ, encouragées par les faveurs de l'Église, autorisées par l'exemple de tous les saints, et réclamées par notre propre intérêt, puisque c'est là souvent que nous trouverons des supérieurs vigilants pour nous avertir de nos défauts, des frères charitables pour nous animer par le spectacle de leurs vertus, des prédications touchantes pour dissiper nos langueurs, des fêtes pompeuses pour stimuler notre lâcheté, une espèce de nécessité d'approcher à certaines époques de ces sacrements salutaires sans lesquels nous tomberions bientôt de défaillance.

Mais aimons surtout les confréries de Marie; elles ont fait dans tous les temps les délices et la sécurité de ses enfants. Heureuse l'âme qui durant toute sa vie est demeurée unie par des liens sacrés à la Très Sainte Vierge ! Elle pourra dire, comme le fameux Juste-Lipse, au moment de la mort : « Ma plus grande consolation dans cet instant, c'est d'avoir été de la congrégation de la Vierge Mère de Dieu ». Elle pourra s'écrier comme lui avec une tendre confiance : « O Mère de mon Dieu, assistez votre serviteur qui est maintenant aux prises avec toute l'éternité ; ne m'abandonnez pas à cette heure, d'où dépend pour jamais le salut de mon âme ». Elle ne saurait abandonner,dans ce dernier passage, ceux qui ne l'ont jamais abandonnée durant les jours de leur vie mortelle.

 

Profonde estime pour les Ordres religieux

 

On sait avec quel acharnement le fanatisme et l'impiété ont déchaîné leur rage contre cette sainte milice, qui se sépare du monde pour vaquer avec plus de liberté à la pratique de la perfection et à la sanctification des âmes. C'est un crime à leurs yeux que d'embrasser la pratique des conseils évangéliques; les théâtres, les lieux de plaisirs et de débauches ne leur sembleront mériter aucun blâme ; tous leurs anathèmes seront pour les hommes humbles et modestes, pour les vierges pures et timides, qui n'ont en vue que la gloire de Dieu et leur salut éternel.

Mais en attaquant ces antiques et vénérables institutions ne va-t-on pas directement contre l'exemple et les leçons du Fils de Dieu ? Jésus-Christ, par sa pauvreté, son obéissance, sa chasteté, n'a-t-il point consacré en sa personne le triple vœu qui fait l'essence de la vocation religieuse ? ne les a-t-il pas promulgués solennellement, quand il a dit : « Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il se renonce soi-même... Il en est qui se sont rendus étrangers au mariage pour le royaume des cieux; mais tous ne comprennent pas cette parole »... « Si vous voulez être parfait, allez, vendez tout ce que vous possédez, donnez-le aux pauvres, et venez et suivez-moi ».

Ces oracles divins n'ont-ils pas été, dès le commencement, entendus par tant de pieux solitaires et de fervents cénobites qui remplirent de leurs vertus encore plus que de leur multitude, les déserts de la Thébaïde et de l'Egypte? Saint Augustin n'a-t-il pas transformé en monastère son palais épiscopal ? Quelle admirable variété de costumes et de règlements dans ces troupes choisies qui s'avancent à la suite des Benoît, des Dominique, des François, des Bruno, des Jean de Matha, des Thérèse, des Jean de Dieu, des François de Sales, des Vincent de Paul, des Jean-Baptiste de la Salle ! Les hommes ne marchent pas seuls dans cette pénible carrière ; les femmes, malgré la faiblesse de leur sexe, les jeunes filles, malgré la légèreté de leur âge, les accompagnent et quelquefois les dépassent.

Mais ces admirables sociétés ne sont pas seulement utiles aux sujets qui les composent ; c'est de leur sein que découlent les bénédictions du Ciel, et la civilisation du monde ; leurs prières seules auraient dû suffire pour les recommander à l'intérêt des nations, qui sans elles auraient disparu souvent devant le souffle de la colère du Seigneur. Mais que d'autres bienfaits ! Et comment en retracer ici le tableau ? les malades soulagés dans leurs souffrances, les enfants recueillis dans leur abandon, les jeunes gens formés à la science et à la vertu par une éducation religieuse, les vieillards assistés dans leur décrépitude, les captifs arrachés à l'esclavage, les ignorants instruits, les mystères de la loi défendus, les sacrements administrés, les sauvages appelés à l'Évangile ; et puis les marais desséchés, les montagnes défrichées, les monuments élevés, les arts développés, les marbres richement sculptés, la peinture perfectionnée, les manuscrits propagés, les langues anciennes conservées, l'histoire confirmée, les ouvrages anciens promulgués, la poésie même cultivée avec un succès capable de le disputer presque aux chefs-d'œuvre de l'antiquité, voilà ce qu'ont fait, pour la société, pour la famille, pour les talents, ceux que l'ingratitude d'un siècle de prétendues lumières poursuit aujourd'hui de ses dédains et de. sa haine.

Gardons-nous bien de partager sa folie et son impiété. Si Dieu dans sa miséricorde nous appelle à braver les mépris du fanatisme, en nous donnant à lui sans réserve, ne nous rendons pas indignes, par nos résistances ou notre faiblesse, d'une si précieuse faveur ; si sa volonté, au contraire, nous retient dans la poussière d'un monde corrupteur, admirons dans des âmes plus courageuses que nous, un détachement que nous n'avons pas le courage de pratiquer; environnons de notre estime et de nos éloges, et ceux qui prient dans la solitude, et ceux qui travaillent dans le monde au bien public ; aidons-les dans leurs besoins, soutenons-les dans leurs combats, vengeons-les avec force et avec prudence des calomnies dont on les accable, et n'oublions jamais que quand des hommes pervertis ont voulu saper la religion dans, ses fondements, ils ont commencé par ébranler et détruire ces ordres religieux, qui sont comme les plus solides boulevards élevés de la main de Dieu pour la défense de son église.

 

Prière de Thomas A Kempis

 

O rejeton vraiment insigne, noblement issu de l'illustre tige des patriarches, glorieusement produit de la race sacerdotale, dignement émané du digne sang des pontifes, prédit par le chœur véridique des prophètes, sorti de la souche distinguée des rois, vous remontez jusqu'à David par la ligne d'une origine directe ; l'éclat de votre naissance a jeté sur la célèbre tribu de Juda, un nouveau reflet de lumière, et fait éprouver au peuple d'Israël un vif sentiment de bonheur. Élu d'avance et d'une manière singulière parmi le peuple élu de Dieu, favorisé de parents saints, religieux et agréables au Seigneur, vous vous êtes, par une disposition de la providence divine, levé sur la terre comme une aurore qui porte avec elle la sérénité. O heureuse Marie, ô vierge sans tache, digne de toute louange et de tout honneur, vous méritez d'être entourée de l'affection et du respect de tous. O diamant radieux des vierges, c'est vous qui, dès le commencement et avant tous les siècles, avez été prédestinée de Dieu pour enfanter dans le temps prescrit le Rédempteur du monde ; c'est vous que les patriarches ont désirée, les prophètes annoncée, la multitude des rois et des justes adoptée, le peuple dévot en Israël longtemps attendue ; c'est vous qui avez enfin été, par la miséricorde de Dieu, produite à la vue du monde languissant. O vierge sacrée, ô très illustre Marie, quel éclat, quelle louanges, s'attachent à votre nom sur toute la terre ! non, du couchant à l'aurore, il n'est pas une contrée, soit parmi les Juifs et les Gentils, soit parmi les Grecs et les Latins, soit parmi les Romains et les enfants de la Germanie, où votre nom n'ait été prêché avec l'Évangile de Jésus-Christ, et tous les jours encore il est prêché cet auguste nom dans toutes les églises de Dieu, dans les chapelles et dans les cloîtres, dans les champs et dans les forêts dédiés au Seigneur ; il est prêché par les petits et par les grands, par les prêtres et par les docteurs, ainsi que par les orateurs des divers ordres, qui tous ambitionnent également l'avantage de vous exalter et de vous glorifier. Car vous élever jusqu'aux astres des cieux, et proclamer à haute voix la supériorité de votre sainteté et de vos attraits sur la dignité même angélique ; c'est pour les âmes des justes un ardent besoin et une joie délicieuse. Le chant, la prière, la méditation, la célébration de vos solennités saintes, ne sauraient les fatiguer, tant l'amour a de force, tant la dévotion a de douceur ! C'est l'accomplissement de cette parole de la Sagesse : « Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif ». Louange et gloire au Dieu Très-Haut, qui vous accorde dans ce monde, ô Marie, des grâces si étendues préférablement aux autres filles des hommes, et qui maintenant a fixé votre place près du trône de son Fils au royaume céleste, dans un lieu dont la hauteur domine les chœurs des anges et des saints, dans un lieu magnifique qui, préparé pour vous de toute éternité, doit être le séjour durable d'une félicité sans terme.

O vierge souverainement vénérable, ô Marie, mère et fille du roi éternel, que toute bouche vous bénisse, que tout honneur, que tout hommage vous soient rendus ; vous possédez au plus haut degré la blancheur de la virginité, la profondeur de l'humilité, la ferveur de la charité, la douceur de la patience, la plénitude de la miséricorde, la dévotion de l'oraison, la pureté de la méditation, la sublimité de la contemplation, la tendresse de la compassion, la prudence du conseil, la puissance de la protection ; vous êtes le palais de Dieu, la porte du ciel, le paradis de délices, le puits de grâce, la gloire des anges, la joie des hommes, la règle des mœurs, la splendeur des vertus, le flambeau de la vie, l'espoir des indigents, le salut des infirmes, la mère des orphelins. O vierge des vierges, pleine de charmes et de suavité, étincelante comme l'étoile, vermeille comme la rose, brillante comme la perle, éclatante comme le soleil et la lune au ciel et sur la terre ; ô vierge douce et innocente comme la jeune brebis, simple comme la colombe, prudente comme la noble princesse, active comme l'humble servante. O sainte racine, cèdre élevé, vigne féconde, figuier d'une ravissante douceur, palmier d'une admirable étendue ; en vous se trouvent tous les biens, par vous nous sont données les éternelles récompenses. C'est donc près de vous que tous pendant le temps de notre vie nous devons nous réfugier, comme des enfants dans le sein de leur mère, comme des orphelins dans la maison de leur père, afin que vos glorieux mérites et vos prières nous garantissent de tous les maux. Ainsi soit-il.

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