09 juin 2013

La relique du Sang de Saint François du Couvent des Frères Mineurs de Québec

Capture plein écran 04062013 140901

La relique du Sang de Saint François du Couvent des Frères Mineurs de Québec

 

Notre Divin Rédempteur, pour manifester son tendre amour envers Saint François, autant que pour récompenser la grande dévotion de son serviteur envers sa très douloureuse Passion, imprima dans le corps du Séraphique Patriarche les plaies sacrées de son crucifiement. Pendant plus de deux ans, François fut un vivant crucifix. Après sa mort, ces stigmates purent être contemplées par ses nombreux disciples et par la foule immense qui accourut à Assise. À plusieurs reprises le sang coula des miraculeuses plaies, on put le recueillir et le transmettre à la vénération des siècles à venir. (Note : Au Sanctuaire de l'Alverne, ce sang ainsi conservé a repris plusieurs fois sa couleur et sa liquidité).

Une relique considérable de ce sang béni, sorti des Stigmates de Saint François, fait le plus précieux trésor des Frères Mineurs du Couvent de Québec. Elle a été donnée en 1902 par Monseigneur Potrou, évêque de Jéricho, de l'Ordre des Frères Mineurs, qui la reçut lui-même de notre couvent de l'Alverne. Elle est renfermée dans un reliquaire de vermeil, exécuté à Paris par les soins du T.R.P. Léonard Hennion, Provincial des Frères Mineurs et Commissaire Général de Terre Sainte.

Le couvent des Franciscains de Québec avait été dédié par un vœu spécial, aux Sacrés Stigmates du Séraphique Père. Par le don magnifique du sang de ses célestes blessures, Saint François est venu mettre le comble à toutes les faveurs dont il a entouré la fondation de ce Monastère ; en même temps il lui donnait un gage des nouveaux bienfaits qu'il lui prépare.

La Sainte Relique est portée tous les mois en procession à travers la chapelle et les cloîtres et offerte à la vénération des fidèles ; elle reste exposée tous les jours de fêtes de Saint François.

Au jour marqué par la Providence, la piété des enfants de Saint François espère pouvoir lever une modeste chapelle dédiée aux Sacrés Stigmates, où la précieuse Relique sera particulièrement honorée. La Charité toujours féconde des enfants et des amis de notre Séraphique Père ne manquera pas, nous l'espérons à cette œuvre de piété filiale.

 

Extrait des « Cinq Dimanches en l'honneur de Saint François », le Couvent des Sacrés Stigmates, Québec, 1904


08 juin 2013

La Basilique Saint Seurin de Bordeaux

La Basilique Saint Seurin de Bordeaux

Posté par fmonvoisin à 17:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

375453189_ac1f82a8e6_o

Quatorzième jour

Le Dimanche après l'Octave du Saint Sacrement

Troisième Dimanche après la Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

O Lumière Bienheureuse,

Venez remplir jusqu'à l'intime

le cœur de tous Vos fidèles.

Je Vous salue Marie...

 

Le Sauveur se plaint par la bouche du Prophète, de ce que personne ne se présente pour Lui offrir les consolations dont Il a besoin. « Je suis consumé de tristesse, nous dit-il. J'ai attendu un ami pour pleurer avec Moi, mais en vain. J'espérais un consolateur, Je ne l'ai pas trouvé ». Le même Prophète nous dit encore, en parlant toujours au nom de Jésus-Christ : « Dans la multitude des douleurs de Mon âme, vos consolation ont réjoui Mon Cœur ». Pourquoi ce langage qui semble présenter une contradiction ? Il est facile d'en donner la raison. Il y a une multitude d'enfants de Dieu indignes de ce beau titre, et qui non-seulement refusent au Cœur adorable de Jésus les consolations qu'Il réclame, mais encore remplissent ce Cœur d'amertume et de tristesse. Il y a aussi des fidèles que le Divin Sauveur honore du titre d'amis : « vous, vous êtes Mes Amis! » Ceux-là consolent Jésus et soulagent Son âme oppressée par la douleur.

N'est-ce pas un des plus beaux privilèges de l'amitié que de consoler un ami triste, n'est-ce pas encore son premier devoir ? Jésus-Christ a voulu avoir des amis. Il a dit, en parlant de Lazare : « Lazare Notre ami ». Et dans l'admirable discours de la Cène, il dit à ses Apôtres : « Maintenant Je ne vous appellerai plus Mes serviteurs, mais Mes amis ». C'est auprès d'eux qu'il viendra chercher des consolations. Voyez ce qui se passe au jardin de Gethsémani. Le Cœur de Jésus si Bon, si Tendre, si Compatissant, est tout-à-coup livré à la plus affreuse tristesse. Les Evangélistes nous disent : « Il Commença à être saisi de crainte, d'ennui, de tristesse, et d'affliction ». Dans cet état, Il vient à Ses Apôtres comme pour se consoler avec eux. Hélas ! Il les trouve endormis. Alors ce cri de douleur sortit du cœur de Jésus : « Mon âme est triste jusqu'à la mort ! » O Cœur Divin ! Ce qui Vous affligeait profondément, c'était l'ingratitude et l'endurcissement d'un grand nombre d'hommes pour lesquels le Sacrifice de Votre Vie allait devenir inutile !

Bientôt nous apercevons Jésus-Christ montant au Calvaire, chargé du bois de Sa Croix. Alors des femmes pieuses, qui pendant Ses voyages à travers la Judée et la Galilée, l'avaient suivi pour fournir de leurs propres biens à Sa nourriture et à celle des Disciples, marchent sur Ses pas, l'accompagnent jusqu'au lieu du Supplice, et lui offrent comme un dédommagement de la cruauté des bourreaux et de l'indifférence du peuple, les larmes abondantes que la piété et la compassion font couler de leurs yeux. Le Divin Sauveur les aperçoit et cherche lui-même à les consoler dans leur juste douleur. Eh bien ! Voilà nos modèles. Soyons les consolateurs de Jésus. Il est triste ; tous les jours Son Cœur adorable reçoit un grand nombre de blessures. Il cherche des amis qui pleurent avec Lui et qui consentent à partager Sa peine. Imitons les Saintes Femmes dont parle l'Évangile.

Mais que dis-je ? Dieu le Père, apercevant du haut du Ciel Son Fils unique plongé dans un océan d'amertume, n'envoya-t-Il pas un Ange, pour fortifier Son âme ? Ah ! qui refuserait d'être cet Ange ? Jésus est encore dans la solitude du Tabernacle, comme autrefois à Gethsémani. Ne soyons pas comme les Apôtres qui s'endormirent, mais soyons des Anges consolateurs. Nous le pouvons ; et si nous sommes des Amis de Jésus, si nous sommes des Siens, rien ne sera plus doux et plus consolant pour notre âme que ce ministère de consolateurs de Jésus, dans Son Divin Sacrement.

 

Premier point

Le Cœur adorable de Jésus est triste à cause des méchants

 

D'où vient la tristesse ? Sentiment pénible qui semble déchirer le Cœur et qui se répand sur tout notre être, la tristesse est produite par la contradiction. Jésus-Christ a été triste, et jamais on ne verra un Cœur plus cruellement déchiré. Que voulait le Sauveur ? Il brûlait du désir de la gloire de Son Père, de la sanctification des hommes. Que veut-Il encore, et pourquoi est-Il au milieu de nous dans la Divine Eucharistie ? Il veut y glorifier son Père et sanctifier les hommes. Or, l'opposition des Juifs et des Gentils à tout ce que demandait Jésus-Christ, pendant Sa Vie mortelle, ne la rencontre-t-Il pas tous les jours dans le cœur d'un grand nombre de Chrétiens ? Si, dans le Jardin des Oliviers, Jésus fut triste d'une tristesse mortelle, parce qu'Il voyait l'inutilité de Son Sang et de Sa Mort pour le plus grand nombre des pécheurs ; du fond du Tabernacle, du haut de l'Autel, que voit-Il en jetant les yeux sur le monde ! Le même spectacle qui affligea Son Cœur la veille de Sa Mort, ne se présente-t-il pas tous les jours à Ses yeux ?

O mon Sauveur ! Ces âmes que Vous aimez tant, oui, elles se perdent en grand nombre ; tous les jours elles tombent dans l'Enfer, ces âmes pour lesquelles Vous seriez prêt à Vous immoler encore. Voilà ce qui porte la désolation dans Votre âme ! Je Vous entends, quand je suis à Vos pieds, m'adresser cette parole touchante : « O vous qui passez devant Mon Autel, arrêtez-vous et considérez s'il existe une douleur semblable à la Mienne ». Ah ! C'en est fait, j'en prends aujourd'hui la résolution ; je viendrai souvent à Vos pieds ; ce sera en qualité d'ami et pour Vous offrir des consolations.

 

Deuxième point

Le Cœur de Jésus est triste à cause de Son Eglise

 

L'Eglise est l'épouse de Jésus-Christ, Il l'a acquise au prix des plus affreux tourments, au prix de Sa Vie et de Son Sang. On peut dire que l'Église, c'est tout pour Jésus-Christ. Ce que Son Cœur désire, c'est la Sainteté de Son Église, c'est sa gloire, ce sont ses triomphes dans le monde entier. Mais que voit Jésus-Christ dans cette même Eglise ? Hélas ! Un grand nombre d'enfants occupés à déchirer le sein de leur Mère !... Mon Dieu ! Que de révoltes, que de blasphèmes, quelle haine de la part des uns, et quelle froide et insultante indifférence de la part des autres ! Jésus-Christ entend Son Épouse qui s'écrie : « J'ai nourri des enfants, je les ai élevés ; de leur côté, ils m'ont accablée de mépris ».

Il voit tous les Trésors qu'Il a confiés à cette Épouse chérie, devenus inutiles pour plusieurs de ses enfants, les Sacrements négligés, profanés !... Il voit cette même Église devenue un objet de dérision pour un grand nombre d'hommes ; ses lois méprisées, son autorité insolemment niée ; son culte et ses cérémonies les plus augustes transformés en représentations coupables, ses temples souillés par l'impiété qui envahit leur enceinte, au mépris de toutes les saintes règles. O mon Sauveur, Votre Église fut-elle jamais haïe, persécutée, comme elle l'est aujourd'hui, par un grand nombre d'hommes que l'ingratitude la plus noire a poussés à devenir ses ennemis !

Eh bien ! Une parole sort du Divin Tabernacle : « Quand voudras-tu Me consoler ? Âme fidèle, Je t'appelle ; viens, c'est à toi que Je m'adresse. Vois Mon Cœur déchiré par la douleur, abreuvé d'amertume ; quand voudras-tu le consoler ? » Il a été écrit : « Dieu sera consolé dans Ses serviteurs ». Me voici, ô Cœur adorable de Jésus, c'est moi qui veux justifier la vérité de cet oracle. Vous serez consolé par ma dévotion envers le Divin Sacrement, par mon recueillement, par ma piété !... Comment refuserais-je de consoler par mon assiduité à Vous visiter, Votre Cœur abreuvé d'amertume, après que Vous avez voulu être Vous-même le consolateur de tous les affligés ?...

 

Troisième point

Le Cœur de Jésus est affligé par Ses amis

 

C'est un sentiment que nous éprouvons tous les jours. Un moment de froideur, une légère offense de la part d'un ami nous cause plus de tristesse que la fureur et la haine de nos ennemis. Quand on aime beaucoup, ou sent le besoin d'être beaucoup aimé. L'amour est jaloux. Ce sentiment de jalousie qui, dans la créature, est bien souvent une injustice, est au contraire une perfection dans Dieu. Or, d'après ces principes, il est certain que le Cœur de Jésus doit demander beaucoup à Ses fidèles amis, et surtout à certaines âmes qu'Il a prévenues d'abondantes bénédictions. Mais, parmi ces âmes admises bien souvent, peut-être tous les jours, à la participation de Ses faveurs les plus signalées, nourries continuellement de Sa Chair et de Son Sang adorables, éclairées par des Lumières que le Saint Esprit n'accorde pas indistinctement à toutes les intelligences; sollicitées à chaque instant par une voix intérieure qui les invite à une plus grande fidélité, combien affligent le Cœur de Jésus !

Ne suis-je pas la cause de Votre tristesse, Divin Sauveur ? Ces imperfections de tous les jours, ces négligences dans les choses saintes, cette dissipation dans la prière, cet état d'ennui en Votre présence, ces distractions volontaires dans le lieu saint; que sais-je ! Ô mon adorable Maître ! Mille petites vanités, mille recherches de moi-même, peut-être au pied des Saints Autels, en face de Votre Divin Tabernacle ! Oh ! Comme je me sens obligé à prendre pour moi cette plainte que Vous me faites entendre : « Vous dont j'ai fait Ma sœur, ce n'est pas assez, Mon épouse, vous avez blessé Mon Cœur. Ah ! Si Mes ennemis M'accablent d'outrages, Je les supporte; mais vous, assis à Ma table où Je vous fais manger Ma Chair et boire Mon Sang, vous, m'offenser, me déplaire ! Oh ! Non, je ne devais pas m'y attendre ! »

 

C'est assez, ô Jésus !... Cœur Divin, j'ai entendu Vos plaintes et Vos gémissements ; je comprends Votre tristesse et Votre douleur. C'est assez Vous avoir déplu. Désormais je veux mériter d'être compté parmi les âmes qui Vous consolent ; et si l'on me demande pourquoi je viens si souvent Vous visiter dans ce Sacrement d'Amour, je répondrai que je veux être un des consolateurs de Jésus !

 

Jesu cor amantissimum,

Castis amicum cordibus,

Puris amandum cordibus

In corde regnes omnium.

 

Cœur aimant de Jésus,

Qui aimez les cœurs purs,

Et qui êtes aimé par ceux qui ont le cœur pur,

Régnez dans tous les cœurs.

 

media-24497-5

Pour recevoir les Méditations du Mois du Saint Sacrement, ainsi que des prières par e-mail, et pour être tenu au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

La Cathédrale Saint André de Bordeaux

La Cathédrale Saint André de Bordeaux

Posté par fmonvoisin à 12:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

07 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

img_0299

Treizième jour

Le Samedi après la Fête du Sacré-Cœur

 

Venez Esprit Saint,

Venez, père des pauvres,

Venez, dispensateur des dons,

Venez, lumière de nos cœurs.

Je Vous salue Marie.


C'est par son humanité sainte que Jésus-Christ a sauvé le monde ; voilà pourquoi l'Eglise ne cesse de chanter comme expression de sa foi et de sa reconnaissance : « Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l'Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme » ! La chair de Jésus-Christ a été immolée ; l'Homme-Dieu a été notre victime. Mais dans Jésus-Christ, comme dans tous les hommes, le mérite des actions extérieures venait des sentiments qui en étaient le principe. Le Corps et l'Ame du Sauveur constituaient Son Humanité Sainte. Comme dans tous les hommes, le cœur matériel communiquait le mouvement et la vie à tous les organes de ce Corps sacré ; mais aussi le cœur moral, ou la volonté, l'amour, était le principe de tous les mouvements de l'âme. Ces vérités admises, qui pourra s'étonner de voir tous les Saints, toutes les âmes véritablement éprises d'amour pour Jésus-Christ, aller droit à Son Cœur et se diriger vers Lui comme vers le centre de tout ce qu'a fait le Sauveur du monde pour le salut du genre humain ? Qui pourra s'étonner en entendant un Saint Bernard s'écrier : « Puisque nous sommes enfin arrivés au Cœur très Doux de Jésus, et qu'il est bon pour nous d'être là, prenons garde de nous en éloigner trop facilement. Oh ! Qu'il est bon, qu'il est consolant d'habiter dans ce Cœur ! Plût au Ciel que je pusse en approcher, et y fixer ma demeure, pour tous les jours de ma vie ! »

Aujourd'hui, où trouverons-nous ce Cœur divin ? Dans l'adorable Sacrement de l'Autel. Écoutons l'épouse du Cantique : « Moi je dors, mais mon cœur Veille ». S'il existe pour Jésus-Christ un état que l'on puisse comparer au sommeil, c'est bien celui dans lequel notre Foi le découvre sous les espèces Eucharistiques. Là mon Sauveur est sans mouvement, et l'immobilité est la condition de cette nouvelle vie qu'Il a voulu pour Sa Personne Divine, et dont Il s'est revêtu par amour pour nous. Mais sous cette immobilité apparente et matérielle, quel mouvement intérieur, mouvement du cœur toujours en action pour honorer Dieu et pour sauver l'homme ! Le Cœur de Jésus dans le Très Saint Sacrement est toujours en action. Il veille. Le cœur d'un père ne veille-t-il pas sur ses enfants ? Le cœur d'une mère s'est-il jamais reposé sur quelqu'un du soin d'aimer son fils ? A-t-Il jamais cherché dans l'inaction et le sommeil un délassement nécessaire, comme si l'amour maternel pouvait engendrer la lassitude ? Non, certes. Alors même que les membres fatigués réclament le repos, le cœur veille si bien que le moindre soupir d'un enfant suffit pour rendre à une mère toute son énergie et pour éloigner le sommeil de ses paupières. Que dirons-nous du Cœur de Jésus infiniment plus tendre et plus généreux que celui d'une mère ! Il veille sur nous du fond du Tabernacle. Pas un de ses enfants ne laisse échapper un soupir qu'Il ne l'entende aussitôt. Pas une larme ne coule de nos yeux, sans qu'il se hâte de nous offrir Ses consolations. Le moindre danger auquel nous sommes exposés attire Sa sollicitude. Pour augmenter notre confiance et notre dévotion envers le Cœur de Jésus dans le Saint Sacrement, méditons sur les motifs de cette confiance.

 

Premier point

Le Cœur Adorable de Jésus a été le principe de tout ce que le Sauveur a fait pour nous pendant Sa Vie mortelle

 

N'est-ce pas dans ce Cœur Divin que tous les desseins relatifs à notre Salut ont été formés ? Si, de toute éternité, les plans magnifiques de notre Rédemption ont été conçus dans le Sein de Dieu et concertés, entre les trois personnes divines, n'est-il pas certain qu'il était réservé au Cœur de Jésus de les ratifier et d'en entreprendre l'exécution ? Considérons Jésus-Christ sur la terre. Quand Il répand la Lumière de la Vérité, en prêchant au peuple qui se presse autour de Lui, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui, par cette Bouche Divine, publie l'Evangile et annonce les voies du Ciel ? Si le Sauveur opère des prodiges sans nombre en faveur des malheureux, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui, par les mains divines du Sauveur, chasse les démons, guérit les malades, ressuscite les morts ? Si le Bon Pasteur court après la brebis égarée, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui ordonne toutes Ses courses et dirige tous Ses pas ? N'est-ce pas le Cœur de Jésus qui, par les yeux du meilleur et du plus tendre des amis, pleure sur le sépulcre de Lazare, et sur l'infidèle Jérusalem ? Si la pécheresse est accueillie avec un si généreux amour, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui dicte ces touchantes paroles : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé » ? Si, la veille de sa mort, il institue le Sacrement de l'Eucharistie, n'est-ce pas Son Cœur adorable qui veut aimer les Siens jusqu'à la Fin ? Enfin, s'Il souffre tous les tourments de Sa Passion, si, du haut de la Croix, Il prie pour Ses ennemis, s'Il offre le Sacrifice de Sa Vie pour consommer l'œuvre de notre Rédemption, n'est-ce pas toujours Son Cœur qui agit et qui est le principe de tout ?

Divin Sauveur, comme je suis ingrat ! Quoi, ce Cœur qui m'a tant aimé est encore au milieu de nous ; Vous nous l'avez laissé dans cet Adorable Mystère, et je viens si rarement vous témoigner ma reconnaissance !

 

Deuxième point

Le Cœur de Jésus a donné naissance à l'Église

 

Toute ma gloire consiste à être enfant de l'Eglise. C'est l'Eglise que Jésus-Christ a nommée héritière de tous Ses Trésors. Par elle seule je puis arriver un jour à la souveraine béatitude. Mais cette Eglise, épouse chérie de l'Homme-Dieu, où a-t-elle pris naissance ? Qui l'a créée ? Où est son berceau ? L'Ecriture m'apprend que Dieu ayant fait le premier homme, trouva bon qu'il ne fût pas seul ; Il voulut lui donner une compagne. Alors le Seigneur envoya un sommeil à Adam, et, pendant ce sommeil, il forma la première femme d'une des côtes du premier homme. En apercevant Ève, à son réveil, Adam s'écria : « Voilà l'os de mes os, la chair de ma chair ». Saint Paul voit là un grand Mystère. Le Mystère de l'union spirituelle de Jésus-Christ avec Son Eglise. Le nouvel Adam devait nous communiquer la vie spirituelle, la vie de la grâce, par son Eglise qu'il a choisie pour Epouse et qu'il a rendue Mère de tous ceux qui vivront éternellement. « Tous, dit l'apôtre, nous sommes membres de ce Corps qui est l'Eglise ».

Eh bien ! l'Eglise est née, elle a été formée par le Côté ouvert de Jésus-Christ ; lorsque le nouvel Adam fut endormi sur la Croix du sommeil de la mort, Son Côté fut ouvert par la lance du soldat Romain, et de ce Côté ouvert, il en sortit l'Eglise, l'épouse de Jésus-Christ, notre Mère. C'est ce qui est représenté par l'Eau et le Sang qui coulèrent de la blessure du Sauveur. L'Eau représentait le Baptême, le premier des Sacrements, celui qui nous purifie et nous donne le caractère d'enfants de Dieu, et nous fait membres de l'Eglise. Le Sang représentait la Sainte Eucharistie qui est le complément et la consommation de toutes les grâces dont les autres Sacrements sont les canaux. Voilà l'Eglise ; elle reçoit sa vie et son immortalité en sortant du Cœur de Jésus-Christ, sous la figure du Sang et de l'Eau. Le Cœur de Jésus est donc le lieu de ma naissance, mon berceau ; c'est là que je suis né, que j'ai été enfanté, et, pour me donner cette naissance, Jésus a donné le Sang et la vie de Son Cœur. Ah ! Si le lieu qui nous a vu naître a pour nous tant de charmes, que doit être pour l'âme fidèle le Cœur de Jésus ! Comme elle doit le contempler souvent, trouver son bonheur à le visiter, à l'étudier, à en découvrir toutes les richesses !

 

Troisième point

Le Cœur Adorable de Jésus continue à être pour nous le principe et la source de tous les biens

 

Si, comme nous l'avons dit, le Cœur de Jésus veille continuellement pour nous dans le Sacrement adorable de nos autels, n'est-ce pas pour faire arriver la vie jusqu'aux extrémités du Corps de l'Eglise, toujours conservée, sanctifiée par Son Amour, comme le corps humain qui reçoit à chaque instant, et dans chacune de ses parties, le mouvement et la vie que lui envoie l'activité et l'action du cœur ? A chaque instant, dans Sa Vie Eucharistique, le Cœur de Jésus prie, s'offre, gémit pour nous. Qui dira les torrents de bénédictions qui en sortent pour aller inonder toutes les âmes ! Le Cœur de Jésus est le port ouvert à tous ceux qui redoutent le naufrage. C'est l'asile de tous ceux qui se trouvent délaissés. Le Cœur de Jésus est la retraite des cœurs pieux. Oh ! ils sont bien là ! « Faisons, s'écrie Saint Bonaventure, trois tentes dans les plaies de Jésus, une dans Ses mains, une dans Ses pieds, et une autre dans Son Cœur. Celle-ci sera la nôtre. Tâchons de n'en sortir jamais », Là nous parlerons à Jésus et nous serons toujours exaucés. N'y trouve-t-on pas cette source d'eau vive dont le Sauveur parlait à la Samaritaine et dont la fontaine jaillit jusqu'à la vie éternelle !

Venez, âmes pieuses, cœurs faits pour aimer. Si vous aimez les larmes et les soupirs, le Cœur de Jésus est le nid où la plaintive tourterelle fait entendre ses gémissements. Si vous êtes affamés du pain céleste, venez ; c'est là que l'innocente colombe sait trouver sa délicieuse nourriture. Si Vous êtes dégoûtés des plaisirs fades de ce monde, venez ; c'est un jardin où le parfum qu'on respiré est celui des lys que les âmes pures aiment à rencontrer au milieu des roses. Si vous cherchez le Divin Epoux qui semble s'être caché, venez; vous le trouverez dans ce cellier mystique ; Il vous enivrera du Vin qui fait germer les vierges, après vous avoir nourri du Froment délicieux qu'Il a préparé pour Ses élus. Si vous aimez le repos, venez encore au Cœur de Jésus ; c'est un lit délicieux où l'âme pure goûte les joies d'une paix inaltérable qui devient pour elle un avant-goût du Ciel !...

 

O Cor amoris victima,

Cœli perenne gaudium,

Mortalium solatium,

Mortalium spes ultima.

 

O Cœur, Victime de l'amour,

Joie éternelle du ciel,

Confort de l'homme mortel,

Seul espérance de la race humaine.

 

media-24497-5

Pour recevoir les Méditations du Mois du Saint Sacrement, ainsi que des prières par e-mail, et pour être tenu au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes


06 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

060_001

Douzième jour

Le Vendredi

Fête du Sacré-Cœur

 

Dieu allume en nos cœurs

Le Feu de Son Amour.

Je Vous salue Marie.

 

« Mes yeux et Mon Cœur seront toujours là ». Si le Seigneur fit autrefois cette promesse à Salomon, après qu'il eût bâti le temple de Jérusalem, comment, le Sauveur Jésus ne la renouvellerait-Il pas à chaque instant en notre faveur, Lui qui s'est donné à nous avec tant de générosité et qui a voulu habiter dans nos Saints Tabernacles, jusqu'à la fin des siècles ! Le Cœur de Jésus est là ! L'Eglise rend à ce Cœur Adorable des hommages solennels dans le monde entier. Elle veut l'honorer par un culte digne de Sa Sainteté infinie. Rien n'est plus juste et plus raisonnable. Jésus-Christ a laissé Son Cœur à Ses enfants lorsqu'Il leur a dit : « Ceci est Mon Corps ». En se donnant Lui-même, le Divin Sauveur donnait tout ce qui est dans Lui, tout ce qui constitue l'adorable personne du Verbe fait chair. Il donnait par conséquent Son Cœur !... Il faut bien le remarquer, la fête et la dévotion au Cœur Adorable de Jésus ont pour objet ce Cœur Divin considéré principalement dans la Sainte Eucharistie.

« L'Église a institué la Fête du Sacré Cœur de Jésus pour que les fidèles a honorent, avec plus de ferveur et de dévotion, la charité de Jésus-Christ instituant le Sacrement de Son Corps et de Son Sang, et en même temps pour qu'ils reçoivent des fruits plus abondants de cette Divine Charité ». Mais qui dira le trésor que possède l'Eglise en possédant le Cœur de Jésus ! Faut-il s'étonner de voir la dévotion à ce Cœur sacré répandue dans le monde entier et devenue la dévotion de toutes les âmes qui éprouvent le besoin d'aimer beaucoup, et qui ne trouvent qu'un vide immense dans l'amour de tout ce qui est créé ! Le Cœur de Jésus ! Mais y a-t-il une âme pure, une âme pénitente, une âme sensible qui n'éprouve le besoin de l'aimer et de lui être entièrement consacrée ? Qui pourrait se défendre de cette force qui nous presse, qui nous pousse vers cette céleste dévotion ? Ah ! L'âme qui connaît un peu Jésus-Christ n'oppose à cet attrait aucune résistance.

Le Cœur Adorable de Jésus est là ! Je regarde l'autel, je contemple la porte du Tabernacle, et je me dis à moi-même : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes ! Voilà ce Cœur d'un Homme-Dieu, dans Lequel habite la plénitude de la Divinité ! Voilà la Source de toutes les richesses, le Trône de la Sagesse de Dieu ! C'est le chef-d'œuvre de la toute-puissance ! Ce Cœur a été formé dans le Sein Virginal de Marie, et, pendant neuf mois, tous Ses battements étaient des élans d'amour et des actes du désir le plus violent d'honorer Dieu, et de sauver l'homme coupable. Il continue dans le Tabernacle, sur l'Autel, ce qu'Il fit dès le premier instant de l'Incarnation, et pour mettre le comble à Son Amour, Il veut prendre Son repos sur mon propre cœur, choisir ma poitrine pour Son Tabernacle, et me permettre de ne faire plus qu'une chose avec Lui, afin que les mouvements de mon cœur se confondent avec les mouvements du Sien.

Occupons-nous aujourd'hui des qualités éminentes du Cœur de Jésus, en le considérant devant nous, dans la Divine Eucharistie. Les perfections qui sont en Lui le rendent tellement agréable aux yeux de Dieu, que rien dans tout ce qui a été créé, n'est plus capable d'être l'objet de Ses complaisances. Nous allons en donner la raison.

 

Premier point

Le Cœur de Jésus est l'objet le plus cher à Dieu à cause de Son infinie Pureté

 

Dieu aime ce qui est saint. C'est par la sainteté qu'on approche de Lui. Plus un objet est saint, plus il est agréable à Dieu. Or, rien dans l'univers, dans le Ciel comme sur la terre, rien n'est pur, rien n'est Saint comme le Cœur de Jésus. Pour former le Cœur matériel du Sauveur, il a fallu le Sang de la plus pure des Vierges. L'Eglise s'écrie : « Dieu tout-puissant et éternel, Vous avez préparé, par l'opération du Saint Esprit, le corps et l'âme de la Vierge Marie, pour en faire le digne Tabernacle de Jésus-Christ Votre Fils ». Oui, la Toute-Puissance de Dieu, la Sagesse et l'Amour infinis ont préparé le corps et l'âme de Marie. Marie a été conçue sans péché. Elle a été préparée par des grâces et des privilèges inouïs ; il a fallu qu'un Ange pût dire : « Je Vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec Vous !... » Alors cette Vierge immaculée a fourni de son sang pour former le Cœur matériel de l'Homme-Dieu.

Mais à peine l'Ame humaine de Jésus-Christ est créée et unie à sort Corps, le Saint Esprit se communique à cette âme, et alors s'accomplit ce qu'avait vu de loin Isaïe, et ce que Jésus-Christ dira de lui-même : « Le Saint Esprit s'est reposé sur Moi. Il M'a oint d'une onction sainte ». Et de quelle onction, si ce n'est de cette onction de sainteté infinie, qui est la plus grande richesse de Dieu ? Mais cette âme humaine doit être l'âme d'un Dieu. Le Cœur de Jésus-Christ est déifié dans sa création. Il n'existe pas un instant sans être orné de cette pureté, de cette sainteté qui est en rapport avec Sa haute dignité de Cœur d'un Dieu ! La pureté, la sainteté de Dieu même, infinie, incréée ; onction divine dont le parfum, du Cœur de Jésus, se répandra sur toute Son adorable personne ! Parfum sacré qui pénètre et embaume le Cœur de Jésus par une faveur qui ne peut et ne doit être accordée qu'à Lui seul.

Ah! chantons avec l'Église : « Gratias agimus tibi... quoniam, Tu solus Sanctus, Jesu-Christe... Nous Vous rendons grâce, car Vous êtes le seul saint, Jésus-Christ ». Disons-le à Jésus : « Tous les mouvements, tous les soupirs de Votre Cœur, tous Vos sentiments et tous Vos désirs sont d'une Pureté, d'une Sainteté infinie, de la Pureté et de la Sainteté de Dieu même. Il suit de là que Dieu, en parcourant de Son regard l'immensité des Cieux, en mesurant tout l'espace occupé par la Création, ne saurait y rencontrer un objet plus précieux et plus cher à Son Cœur que le Cœur de Jésus. Ce Cœur est donc l'objet des complaisances infinies de Dieu ; il fait ses plus chères délices. Ah ! Il sera aussi mon Bien, mon Trésor, mon Tout !... Mais moi aussi je veux attirer les regards de Dieu sur moi, je veux être cher à Dieu. Je vais donc examiner mon cœur. Est-il pur ? Je travaillerai constamment à le purifier davantage. Que dis-je ? c'est Vous qui le ferez, ô Jésus ! Vous avez dit : « Heureux ceux qui sont purs par le cœur ». Eh bien Seigneur, créez dans moi ce cœur pur, et purifiez-moi jusqu'au plus intime de mon être.

 

Deuxième Point

Le Cœur de Jésus objet des complaisances de Dieu, parce que c'est le Cœur le plus aimant

 

Le cœur a été donné à l'homme pour aimer. La vie est toute dans l'amour. Aimer c'est donc notre fin. L'objet de l'amour doit être la souveraine amabilité. C'est Dieu. Ce qui est aimable, c'est la beauté et la bonté. Or, Dieu étant infiniment bon, infiniment beau, est, par là même, souverainement aimable. Hélas ! L'homme avait oublié cette vérité. Son cœur s'était détourné de Dieu ; il s'éloignait de sa fin ; ses affections se dirigeaient vers les créatures. Pour réparer ce mal et rétablir l'ordre violé par les hommes, Dieu prend un cœur d'homme. Et quand il veut envoyer sur la terre ce Feu de l'Amour qui doit faire rentrer tous les cœurs dans la voie qu'ils avaient abandonnée, il crée le cœur de Jésus.

Voilà donc, dans l'adorable mystère de l'Eucharistie, un cœur d'homme, mais d'un Homme-Dieu ! C'est le Trône de l'Amour parfait, le Siège d'une Charité immense, le Sanctuaire de Celui qui s'appelle un Feu Brûlant ; c'est le Foyer d'où s'élèvent les flammes qui vont embraser les plus grands cœurs. Madeleine, Augustin, François d'Assise, Thérèse, avaient reçu dans leur poitrine une étincelle de ce Feu Sacré !...

O prodige ! L'homme peut aimer Dieu comme Dieu mérite d'être aimé ! Parce que l'homme aime Dieu avec le Cœur de Jésus, par le Cœur de Jésus, dans le Cœur de Jésus. Mais Dieu a dit : « Moi J'aime ceux qui M'aiment ». Alors, dites si vous le pouvez, de quel Amour Dieu aime le Cœur de Jésus ? Pour le comprendre, il faudrait aussi comprendre l'impétuosité, la force, la vivacité de l'amour qui, du Cœur de Jésus, commença à s'élever jusqu'au sein de Dieu, dès le premier instant qui suivit la création de ce Cœur Adorable. Pendant les neuf mois qui suivirent sa conception dans le Sein de Marie, à la Crèche, à Nazareth, dans sa fuite en Egypte, dans le Temple, Jésus sait qu'Il n'existe en sa qualité D'homme-Dieu que pour remplacer les cœurs d'hommes qui ont refusé d'aimer Dieu, et pour embraser les cœurs que Son Père a désignés pour être Siens ! Alors quelle immensité dans cet Amour qui est venu visiter la terre Pour l'enivrer ! L'Amour Divin habitant dans ce Cœur adorable, c'est Dieu qui aime Dieu par le Cœur d'un Homme-Dieu ! Ô abîme ! Qui en sondera la profondeur !...

Eh bien ! ce prodige continue dans la Divine Eucharistie, appelée par excellence le Sacrement d'Amour. Demandez à Jésus-Christ ce qu'Il fait dans le Saint Tabernacle, Il vous répond : « Mon Coeur brûle au-dedans de Moi ». J'ai dit à mon Père : « Me Voici ! », Dieu peut-il aimer quelque chose au-dessus du Cœur de Jésus ! Et moi ! Mais Dieu est-il satisfait de mon amour pour lui ! Ah ! Seigneur ! comme je Vous ai connu bien tard§ Comme je vous ai aimé trop tard, ô amabilité infinie !

 

Troisième point

Le Cœur de Jésus, objet des complaisances de Dieu, à cause de Son zèle pour la gloire de Dieu

 

A Dieu seul est dû l'honneur et la gloire. Tout ce qui existe doit contribuer à la manifestation et à la propagation de cette gloire. Hélas ! Comme cette vérité est oubliée par le plus grand nombre des hommes ! Assistons en esprit à la création du Cœur de Jésus. Ne semble-t-il pas que le Saint Esprit s'adressant à ce Cœur Divin, au moment où Il vient de le former, Lui adresse cette parole : « Rends Gloire A Dieu » ? Voici en effet ce Cœur que Dieu a trouvé, ou plutôt qu'Il a destiné de toute éternité pour le glorifier de cette gloire infinie qui est due au Souverain être et qui n'est due qu'à lui seul ! Imaginez tous les genres d'honneur, toutes les louanges, tous les témoignages de respect, toutes les adorations, jamais vous ne comprendrez la gloire que rend à Dieu le Cœur adorable de Jésus. C'est un Autel mystérieux, sur lequel brûle continuellement un parfum délicieux de louanges et d'actions de grâces qui réjouit le Cœur de Dieu ! Eternellement, Marie, les Anges et tous les élus placeront sur cet autel leurs adorations, leurs hommages les plus purs !

Le Cœur de Jésus étant un Cœur d'homme, Il a pu glorifier Dieu par le sacrifice, et par le sentiment de toutes les vertus. Sentiments d'humilité, d'obéissance, d'anéantissement... Il a pu glorifier Dieu par l'adoration et la prière. Et qui dira la gloire qui revient à Dieu de ces adorations et de ces hommages ? Pendant qu'il était sur la terre, Jésus-Christ n'a désiré que la gloire de son Père. Il a travaillé constamment pour procurer cette gloire. Dans le Ciel, le Cœur de Jésus loue et glorifie continuellement l'adorable Trinité. Dans la Divine Eucharistie, le Cœur de Jésus se consume en saints désirs de la gloire de son Père, et Il rend à chaque instant une gloire infinie à cette Majesté Souveraine ! Voilà donc ce qui fait du Cœur de Jésus l'objet le plus précieux aux yeux de Dieu. Mon cœur est-il pour Dieu un objet de complaisance ? Il le sera s'il ne cherche et ne désire, en toutes choses, que la plus grande gloire de Dieu.

Ô mon adorable Sauveur ! j'ai le désir d'être quelque chose, et je comprends que l'on n'est en réalité que ce que l'on est devant Dieu! Or, aux yeux de Dieu l'on n'est quelque chose que par le cœur. La beauté, les richesses, le pouvoir, les talents ne sont rien ; Dieu ne peut y avoir égard, le cœur seul peut plaire à Dieu. Ah ! Je vais m'appliquer à rendre mon cœur digne de Dieu par la pureté, l'amour, le zèle pour la gloire de Dieu. Je travaillerai à rendre mon cœur semblable au Cœur de Jésus. Tous les jours, je viendrai adorer ce Cœur divin dans le Sacrement d'Amour. Je m'unirai à Lui par la conformité de mes sentiments avec les siens ; et par-dessus tout je m'efforcerai de me rendre digne de cette union mystérieuse que Jésus forme Lui-même, entre son Cœur et le cœur des Siens, par la Sainte Communion !...

 

Jesu, Patris Cor unicum,

Puris amicum mentibus,

Puris amandum cordibus,

In corde regnes omnium.

 

Jésus, Cœur unique du Père,

Ami des âmes chastes,

Amour des cœurs purs,

Régnez dans tous les cœurs.

 

media-24497-5

Pour recevoir les Méditations du Mois du Saint Sacrement, ainsi que des prières par e-mail, et pour être tenu au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

05 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

119_001

Onzième jour

Le Jeudi de l'Octave du Très Saint Sacrement

 

Venez, Esprit Saint,

Assouplissez ce qui est raide,

Réchauffez ce qui est froid,

Rendez droit ce qui est faussé.

Je Vous salue Marie.

 

Pour l'instruction de ses Disciples, Jésus-Christ adressa plusieurs fois des prières à Son Père, en prenant un ton solennel qui devait faire une impression vive et salutaire sur l'esprit de ceux qui avaient le bonheur de l'entendre. Peu de temps avant que Son heure fut venue, comme Il le dit Lui-même, c'est-à-dire, le moment de Ses humiliations et de Ses souffrances, de Sa mort et de la consommation de Son Sacrifice, le Sauveur levant les yeux vers le Ciel fit entendre ces paroles qu'Il adressait à Dieu : « Mon Père, Je Vous ai glorifié sur la terre ; J'ai consommé l'ouvrage dont Vous M'aviez chargé, Vous donc maintenant, Mon Père, glorifiez-moi aussi en Vous-même de cette Gloire que J'ai eue en Vous avant que le monde ». Il est certain que Jésus-Christ voulait dire : « rendez à l'humanité sainte, dont Je suis revêtu, la gloire dont J'ai bien voulu la priver pour quelque temps ; la gloire de la Nature Divine que Je possède avec vous et en vous de toute éternité, comme étant Votre Fils unique, engendré dans Votre sein, et dans les splendeurs de la gloire ». Dans un autre endroit, Saint Jean rapporte encore cette prière de Jésus-Christ : « Maintenant Mon âme est troublée, Mon Père, glorifiez Votre Nom ». Au même temps, on entendit une voix du Ciel qui dit: « Je l'ai déjà glorifié et Je le glorifierai encore ». Jésus-Christ ajouta : « Quand J'aurai été élevé de la terre, J'attirerai tout à Moi ».

Il y a de grands mystères dans ces divers passages de l'Evangile. Arrêtons-nous sur une pensée. Au moment où la malice des hommes prépare au Divin Sauveur les tourments affreux et les ignominies de Sa Passion, Jésus-Christ demande à Son Père de glorifier Sa Sainte Humanité. Cette gloire Lui sera donnée dans le Ciel, sans doute, mais cela ne suffit pas ; le Corps de Jésus-Christ sera encore glorifié sur la terre jusqu'à la fin du monde, et c'est l'Eglise qui est chargée par Dieu le Père de donner à Jésus, présent dans l'adorable Mystère de l'Eucharistie, toute la gloire qui Lui est due ; elle Lui donnera cette Gloire, en Lui rendant un culte qui n'est dû qu'à Dieu, l'Adoration. O Eglise Catholique ! Qu'elle est belle, qu'elle est sainte, honorable, sublime. cette mission que Dieu le Père te confie, dans l'intérêt.et pour la gloire de Son Fils !

Que de motifs puissants doivent porter les fidèles à honorer le Corps de Jésus-Christ dans ce Divin Sacrement ! Et parmi ces motifs, que dirons-nous de la reconnaissance ? Il est certain que Dieu abhorre l'ingratitude ; il veut que les hommes célèbrent ses bienfaits. Il faut des monuments qui en perpétuent le souvenir. Ainsi le bienfait de la Création est célébré par la sanctification du dimanche ; la délivrance de l'Egypte, par l'oblation des premiers nés ; la solennité de Pâques, celle de la Pentecôte et plusieurs autres, avaient chez les Juifs la même fin, la reconnaissance et l'action de grâces.

L'Eglise voit aussi s'élever, à certaines distances, des monuments qui lui rappellent les grands Mystères du salut opérés par l'Incarnation, la Naissance, la Mort et la Résurrection du Sauveur. Comment aurait-elle oublié d'en élever un en l'honneur du Mystère d'Amour qui est appelé par excellence, action de grâces, Eucharistie ! Ah ! Il était bien juste que de toutes les parties de l'Univers, on entendit s'élever, à des jours marqués par l'Eglise, un concert de louanges pour offrir au Dieu d'Amour, ce tribut de reconnaissance que nous lui offrons, dans ces solennités, avec une ineffable consolation ! Eh bien ! Entrons dans les sentiments que l'Eglise s'efforce de nous inspirer, et que nos actions de grâces soient vives et sincères, pleines d'amour et d'espérance.

 

Premier point

Reconnaissance pour les grâces que l'Eglise reçoit tous les jours par la Divine Eucharistie

 

S'il est vrai, comme on ne saurait en douter, que Jésus-Christ a laissé à l'Eglise, par le Saint Sacrement, le souvenir et l'abrégé de toutes les merveilles opérées pour le salut du genre humain ; si, par cet ineffable Mystère, nous possédons bien plus qu'une grâce particulière, mais l'auteur de la grâce, la source et le principe de tout ce que Dieu a fait pour manifester à l'homme l'immensité de son amour ; si par Jésus-Christ véritablement présent sur nos autels, nous pouvons prétendre à l'honneur insigne de louer Dieu autant qu'il le mérite, de le glorifier d'une manière infinie ; si l'auteur et le consommateur de notre foi, le médiateur de la nouvelle alliance, le gage divin de notre Immortalité, se trouve en notre possession, descend jusqu'à notre bassesse ; grand Dieu ! Qui pourra jamais comprendre l'honneur que reçoit l'Eglise de cette divine présence, et les torrents de grâces qui découlent à chaque instant de cette source divine, sur cette épouse chérie du Fils de Dieu ! Mais que fera l'Eglise ! elle fera éclater sa reconnaissance par de saints transports : on l'entendra s'écrier : « Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens dont Il m'a comblé ? Je le sais, ce que je dois faire, je prendrai le Calice du Salut, je l'élèverai vers le Ciel, je le porterai en triomphe, et par Lui, en Lui, avec Lui, j'exalterai l'infinie Miséricorde, et J'invoquerai dignement le Nom Du Seigneur ! » Quel est l'enfant de l'Eglise qui refusera de joindre sa voix à la voix de sa Mère ! Où est le fidèle qui voudra demeurer indifférent, sans piété, sans dévotion, pendant ces augustes solennités ! Serait-ce moi !

 

Deuxième point

Reconnaissance pour les bienfaits particuliers que nous recevons par la Divine Eucharistie

 

Si l'Eglise s'écrie dans ses hymnes ; la langue est impuissante à dire, le discours le plus éloquent n'a jamais pu exprimer combien c'est quelque chose d'ineffable d'aimer Jésus ; l'âme fidèle, en contemplant la Divine Hostie, ne dira-t-elle pas : « Non, ma langue, tu ne diras jamais ; non, ma plus, tu ne saurais écrite, ce que c'est que la Divine Eucharistie ! Qui pourra faire comprendre tout ce que j'ai reçu de bénédictions, de grâces, de miséricorde, par cet auguste Sacrement ! » Si Salomon a dit en parlant de la sagesse : « Tous les biens me sont venus avec elle, des richesses infinies l'ont Accompagnée ». Quel est le cœur qui ne répète pas ces admirables paroles, en contemplant la Divine Eucharistie ? Ici je voudrais pouvoir chanter dignement l'amour tout particulier de Jésus pour moi, amour dont les effets sont si précieux pour mon âme et si doux à mon cœur !

O Jésus ! Que de grâces signalées Vous m'avez accordées dans mes entretiens avec Vous ! Que de lumières communiquées à mon intelligence ! Que de douces paroles dites à l'oreille de mon cœur ! Que de bons et saints désirs ! Que de fortes résolutions ! Que de consolations ineffables !... Oh ! La Messe, la Sainte Communion, l'Action de grâces, quelle source inépuisable de richesses spirituelles, de dons célestes !... Laissez-moi, Seigneur, en savourer la douceur, en me nourrissant de leur souvenir ! Mon Dieu ! Quand tous les hommes se chargeraient de Vous bénir, de Vous remercier pour moi, ce serait encore trop peu !... O mes frères, dites tous avec moi, que le Seigneur est bon et que Sa Miséricorde est éternelle !

 

Troisième point

Reconnaissance comme principe de nouvelles faveurs

 

Dieu est admirable dans la conduite qu'Il tient tous les jours à l'égard des Siens. S'ils lui adressent des louanges pour reconnaître les dons qu'ils ont reçus, Il fait descendre sur eux de nouveaux bienfaits et leur renvoie ainsi par, un divin commerce, les hommages qu'Il reçoit de leur amour reconnaissant. Rien n'est plus certain ; un moyen toujours infaillible pour recevoir de nouvelles faveurs, c'est la reconnaissance et l'action de grâces pour celles qu'on a reçues. Or, dans le culte solennel que l'Eglise rend à la Divine Eucharistie, par les cérémonies augustes qu'elle a établies pour glorifier Jésus-Christ dans le Sacrement de Son Corps et de son Sang, elle se propose de demander à Son Céleste Epoux de nouveaux prodiges de Miséricorde pour tous ses enfants.

On est quelquefois étonné de certaines conversions que personne n'espérait, de certaines grâces de prédilection qui ont fait monter une âme au plus haut degré de la perfection évangélique. Ah ! Si on pouvait découvrir l'origine de ces faveurs signalées, on la trouverait dans les hommages solennels rendus à la Sainte Eucharistie dans certains jours de fête. Jésus-Christ, du haut de Son Trône, a vu couler les larmes que le chant magnifique de nos hymnes arrachait à cette âme sensible. Jésus-Christ porté dans nos rues, a aperçu ces pieux fidèles accourus sur son passage, Il a entendu leurs gémissements et leurs soupirs, Il a béni, en passant, leur maison habitée par des pécheurs ; et bientôt on a vu le loup furieux changé en brebis docile, transformé en doux agneau. Ah ! Je veux aller à Jésus, je veux être de toutes les réunions qui ont lieu devant Son Autel, je veux honorer, par ma Foi et ma reconnaissance, le Corps et le Sang de mon adorable Sauveur. Là sera toujours mon cœur, parce que j'y trouve mon unique bien, mon trésor !...

 

Bone pastor, Panis vere,

Jesu, nostri miserere,

Tu nos pasce, nos tuere,

Tu nos bona fac videre

In terra viventium.

 

Ô bon Pasteur, notre vrai Pain,

Jésus, ayez pitié de nous.

Nourrissez-nous, protégez-nous,

faites-nous voir le bonheur

Dans la terre des vivants.

 

media-24497-5

Pour recevoir les Méditations du Mois du Saint Sacrement, ainsi que des prières par e-mail, et pour être tenu au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

04 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

N8405020_JPEG_1_1DM-001

Dixième jour

Le Mercredi dans l'Octave du Saint Sacrement

 

Venez Esprit Créateur,

Visitez l'âme de tes fidèles,

Emplissez de la grâce d'En-Haut

les cœurs que Vous avez créés.

Je Vous salue Marie.

 

Lorsque Jésus-Christ eût distribué à ses Apôtres le Pain Eucharistique et qu'Il les eût tous invité à participer au Calice Mystérieux qui renfermait Son Sang adorable, Il leur adressa ces paroles : « Quand vous ferez ces choses, vous les ferez en mémoire de Moi ». Il y a une liaison naturelle entre ces mots « En mémoire de Moi », et ceux qu'il avait dit auparavant : « Ceci est Mon Corps qui sera livré pour vous. Ceci est Mon Sang qui sera répandu pour vous, en rémission des péchés ». Saint Paul écrivant aux Corinthiens sur cet adorable Mystère, leur dit : « Toutes les fois que vous mangerez ce Pain, et que vous boirez ce Calice, vous Annoncerez la Mort du Seigneur ». Il est donc certain que Jésus-Christ, en instituant ce Sacrement d'Amour, a eu pour fin particulière la mémoire de Sa Passion. Et l'Eglise remplit parfaitement les intentions du Sauveur, puisque, dans le sacrifice de l'Autel, elle ne cesse, par ses Oraisons, par les paroles de l'Oblation Sainte, enfin par toutes les cérémonies qu'elle a instituées, de représenter vivement et de la manière la plus sensible, à tous les fidèles, la Mort et la Passion de Jésus-Christ. Saint Thomas nous dit : « Jésus-Christ a institué ce Sacrement comme un souvenir perpétuel de Sa Passion ». Et Saint Grégoire Pape, dans ses Dialogues, enseigne la même vérité dont il tire une conséquence pratique : « Nous qui célébrons le Mystère de la Passion du Seigneur, nous devons imiter ce que nous faisons ». Combien de fois n'avons-nous pas entendu, peut-être sans en pénétrer le sens, ces paroles de la liturgie : « O Dieu, qui dans cet Adorable Sacrement, nous avez laissé le souvenir de Votre Passion, accordez-nous la grâce d'honorer les Divins Mystères de Votre Corps et de Votre Sang Adorables, avec une piété telle que nous méritions d'éprouver toujours en nous-mêmes les fruits de Votre Rédemption ».

Je conclue de tout ce qui précède que l'intention de Jésus-Christ, en laissant à Son Eglise son Corps et Son Sang, sous les espèces du Pain et du Vin, comme mémorial de Sa Passion, c'est-à-dire des souffrances qu'il a endurées dans Sa Chair pour le Salut du genre humain, a été de porter ses enfants à réparer, par un culte pieux et sincère, les humiliations et les outrages, les opprobres et les mépris dont Sa Chair sacrée a été couverte, et à réparer par des hommages dignes de Lui, les injures faites à Son Corps adorable, par les Juifs et par les Gentils, à Jérusalem. C'est ce que l'Eglise a très bien compris, c'est ce qu'elle a voulu en établissant toutes les cérémonies dont nous sommes témoins et auxquelles nous avons le bonheur de participer, cérémonies qui rendent le culte catholique si magnifique et qui sont comme une sublime expression de la Foi à la présence réelle. Heureuse cette Epouse chérie de l'Homme-Dieu, si, aux outrages dont la Chair adorable du Sauveur a été l'objet de la part des Juifs et des Gentils à Jérusalem, elle n'était pas obligée de joindre le souvenir des mêmes sacrilèges renouvelés, pendant tous les siècles, par les infidèles, les incrédules, les hérétiques, et, il faut bien l'avouer, par un grand nombre de Catholiques. Or, par les hommages publics et solennels offerts à Jésus-Christ dans le Sacrement de la Divine Eucharistie, l'Eglise se propose de réparer tous ces outrages, d'expier ces abominables profanations. Elle invite tous ses enfants avenir, avec les sentiments d'une foi vive, et d'une piété affectueuse, pour louer, adorer, exalter le Sacrement d'amour, et offrir au Sauveur caché, mais vivant au milieu de nous, un tribut de louanges digne de son immense amour.

 

Premier point

Réparation des outrages faits à la Chair et au Sang de Jésus-Christ pendant Sa Passion

 

Qui jamais pourra comprendre les humiliations profondes de la Sainte Humanité de Jésus-Christ, pendant Sa Douloureuse Passion ? Qui jamais pourra sonder cet abîme d'abaissement dans lequel le Sauveur a été plongé par la malice de ses ennemis, lorsque celui qui, sans usurpation, pouvait se dire égal à Dieu, a été vendu comme un vil esclave, saisi et enchaîné comme un malfaiteur, foulé en quelque sorte sous les pieds de ceux qui s'étaient faits volontairement ses bourreaux, traîné avec mépris, à travers les rues et les places publiques de Jérusalem ; lorsque, semblable au plus vil des criminels, il a comparu devant les tribunaux des hommes les plus pervers, maudit par les uns, blasphémé par les autres ! Qui dira les outrages faits à son Corps adorable, chez Caïphe, chez Hérode, chez Pilate, sur la route et sur le sommet du Calvaire !... L'âme fidèle se représente Jésus-Christ recevant un soufflet !... Jésus-Christ vêtu de la robe des niais et des stupides... Jésus-Christ flagellé, couvert de plaies... Jésus-Christ couronné d'épines, roi de théâtre... elle voit Son Visage Divin couvert d'infâmes crachats, meurtri par les coups ; elle suit le Sauveur au Calvaire, elle aperçoit Son Sang profané sous les pieds de la multitude ; elle le contemple dépouillé de tous Ses vêtements et devenu un objet de dérision pour ses ennemis et pour tout le peuple ; elle l'aperçoit sur la Croix, percé de clous ; elle entend les blasphèmes, elle voit le coup de lance, le côté ouvert ! Et puis tout-à-coup cette âme regarde l'Autel, elle aperçoit la Divine Eucharistie ; elle s'écrie : « Ce Corps Divin conçu par une Vierge, ce Corps Sacré est là !... Jésus m'appelle, Il me dit que tout ce qu'il a souffert dans Sa Chair, Il l'a offert à Son Père pour moi, et qu'Il a chargé Son Eglise du soin de réparer, par ses hommages et ses adorations, les outrages sanglants dont Il a été abreuvé pendant Sa Passion ! ».

O Divine Eucharistique, tu me procures le bonheur inappréciable d'honorer par un culte qui n'est dû qu'à un Dieu, ce Corps qui a tant souffert pour moi, ce Sang qui a été si indignement profané !

 

Venez, prosternons-nous devant le Dieu qui nous a créés,

parce qu'il est notre Dieu et que nous sommes son peuple.

Il est le grand Roi qui s'élève au-dessus de tous les Dieux ;

Il tient dans ses mains les profondeurs de la terre et les hauteurs des montagnes.

 

Deuxième point

Réparation des outrages faits au Corps et au Sang de Jésus-Christ dans le Saint Sacrement par les impies et les hérétiques

 

Il est certain que le Sacrement Adorable de l'Eucharistie a été, pour les impies et les hérétiques, une occasion d'insulter de la manière la plus révoltante l'amour infini de Jésus-Christ pour les hommes, par les outrages qu'ils ont fait sciemment et volontairement au Corps et au Sang Adorable du Sauveur, dans la Divine Eucharistie, et l'on pourrait bien dire aux fidèles, en leur montrant Jésus-Christ caché sous les espèces du pain et du vin : « Il est la ruine et la résurrection d'un grand nombre !... Il est là comme un signe de contradiction ». Déjà, dans le premier siècle, alors que l'Eglise était dans la plus grande ferveur, Saint Paul se plaignait de ceux qui crucifient de nouveau le Fils de Dieu, autant qu'Il est en eux, en Le vouant à l'ignominie ». Ces paroles ne peut-on pas les appliquer aux profanateurs sacrilèges du plus Saint et du plus Auguste de nos Mystères ?

Hélas ! L'histoire de l'Eglise nous raconte une multitude de faits qui prouvent que le Sacrement d'Amour a été mille fois profané par des impies. Mais qu'avons-nous besoin de consulter les annales des siècles les plus reculés ! Qui ignore l'humiliante histoire de la grande hérésie, l'histoire du protestantisme ! Grand Dieu ! C'étaient des hommes baptisés, qui tous, dans leur enfance, avaient mangé la Chair et bu le Sang de Jésus-Christ ; et de leurs mains sacrilèges on les a vus renverser les Autels, briser les portes du Tabernacle, jeter dans la boue les Saintes Espèces, souiller les Vases sacrés Arrêtons-nous, les détails sont inutiles et ils inspirent trop d'horreur !... Encore si ces abominables profanations n'avaient pas été renouvelées par ceux qui se disaient Catholiques ! Mais l'incrédulité du dix-huitième siècle dont le souvenir est encore bien récent, que de crimes n'a-t-elle pas enfantés ! Quels épouvantables sacrilèges ! Mon Dieu ! La seule pensée fait frémir une âme chrétienne et la glace d'effroi !

Eh bien ! le culte solennel, les louanges, l'adoration, tout ce que fait l'Eglise pour honorer la Sainte Eucharistie, elle l'offre à Jésus-Christ comme une réparation de cette multitude de sacrilèges. Et moi j'ai le bonheur d'aimer Jésus-Christ, et mon Divin Sauveur me confie le soin d'honorer Son Divin Sacrement, et l'Eglise se repose sur moi pour l'accomplissement de ce devoir sacré ! Ô bonheur ! Ah ! je veux faire beaucoup !...

 

Troisième point

Réparation des outrages faits à Jésus-Christ par les Catholiques

 

Les Juifs et les Gentils de Jérusalem ne croyaient pas en Jésus-Christ ; aussi le Sauveur disait-il en mourant : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ». Les incrédules et les hérétiques de tous les siècles avaient perdu la Foi, et regardaient comme une folie le dogme de la présence réelle. Mais les Catholiques qui fréquentent nos Eglises croient à la présence réelle ; leur Foi n'est pas éteinte. Et cependant que d'outrages faits à notre Divin Sauveur dans cet adorable Sacrement, par ces mêmes Catholiques ! Il y a des Mystères d'iniquité qui ne seront connus qu'à la fin des temps ; on saura alors ce que Jésus-Christ a souffert, ce qu'il endure encore dans la Divine Eucharistie, de la part de ses propres enfants !

Les irrévérences dans le lieu saint ; les Messes auxquelles on ne vient que par des motifs criminels ; le luxe et la vanité se donnant en spectacle en face de l'Adorable Victime, le refus obstiné de fléchir le genou devant le Saint des Saints ; les lectures profanes, les conversations inconvenantes, quelquefois criminelles, en face des Saints Autels ; ne sont-ce pas des insultes adressées directement à Jésus-Christ dans le Saint Sacrement ? Que dirons-nous des mépris sacrilèges dont se rendent coupables un si grand nombre d'hommes, lorsqu'on porte le Saint Sacrement pour le donner en Viatique aux malades !.... Et les Communions indignes ! Qui en connaît le nombre ! Le temps de Pâques n'est-il pas une époque où le sacrilège se multiplie ? Tous ceux qui vont s'asseoir à la Table Eucharistique, ont-ils fait ce que demande Saint Paul ? Sont-ils convertis, détachés du péché mortel, contrits et humiliés, ennemis des plaisirs défendus ; se sont-ils éprouvés eux-mêmes, avant de manger ce Pain Céleste et d'approcher leurs lèvres du Calice du Salut ? Hélas ! Combien d'âmes sans Foi et sans amour, pétries de mondanité, pleines de désirs coupables, qui, par des motifs tout humains, s'obstinent à Faire les Pâques avec les disciples, oubliant le terrible anathème de l'Apôtre, et mangent et boivent leur propre jugement, parce qu'elles ne discernent pas le Corps et le Sang de Jésus-Christ d'une nourriture grossière et matérielle.

Ame fidèle, ce que l'Eglise vous demande, c'est que vous répariez, par des larmes brûlantes d'amour, ces sacrilèges nombreux : ce que Jésus-Christ attend de vous, c'est que vous dédommagiez par votre dévotion sincère, par vos hommages réitérés, Son Cœur si cruellement déchiré par l'ingratitude et la malice de ses propres enfants. Venez donc, vous les enfants de Dieu, et louez le Seigneur. Chantez avec les Anges : « Que le Nom du Seigneur soit béni ! Que l'univers entier reconnaisse qu'Il est grand et digne de toute louange !... »

 

Ecce panis angelorum,

Factus cibus viatorum,

Vere Panis filiorum

Non mittendis canibus.

 

Voici le pain des anges,

Devenu l’aliment de ceux qui sont en chemin,

Vrai Pain des enfants

A ne pas jeter aux chiens.

 

media-24497-5

Pour recevoir les Méditations du Mois du Saint Sacrement, ainsi que des prières par e-mail, et pour être tenu au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

03 juin 2013

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue 12/13

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue

829_001

Douzième Mardi

Les Reliques de Saint Antoine

 

Depuis la mort de Saint Antoine, la châsse, qui, à Padoue, renferme ses restes, n'a été ouverte que deux fois.

On l'ouvrit une première fois, en 1263, quand on transporta les ossements du Saint dans l'autel provisoire de la grande Basilique que Padoue venait d'élever en son honneur pour abriter son tombeau. Le ministre général des Frères Mineurs assistait à cette imposante cérémonie ; et ce général de l'Ordre franciscain était Saint Bonaventure, le Docteur Séraphique, dont le nom mérite d'être placé à côté de celui de l'ange de l'école, Saint Thomas d'Aquin. « Quand on eut élevé le corps de Saint Antoine, dit un vieux chroniqueur, on trouva toutes les chairs consumées, mais la langue était aussi fraîche, aussi rouge que si le Bienheureux Père fut mort une heure auparavant ». A cette vue, Saint Bonaventure laissa éclater son émotion, et il célébra ce miracle devant tout le peuple de Padoue, en disant: « O langue bénie, qui avez si souvent loué le Seigneur et qui l'avez fait louer par tant d'autres, maintenant nous voyons le trésor de mérites que vous avez amassé devant Dieu ».

La seconde translation eut lieu en 1350. Celle-ci fut définitive, et les restes du saint furent solennellement déposés dans l'autel où on peut encore aujourd'hui les vénérer. Dans l'Ordre séraphique, on célèbre, le 5 février, une fête qui rappelle cette translation. La première translation avait été présidée par Saint Bonaventure, la seconde le fut par un cardinal français, légat du pape, Guy de Montfort.

Vers 1570, le roi de Portugal demanda à Padoue une relique de son illustre et Saint compatriote. Cela était bien naturel. Lisbonne avait vu naître Saint Antoine, l'avait vu grandir dans la vertu et avancer dans la perfection chrétienne, Lisbonne gardait le tombeau de sa pieuse mère, sur la pierre duquel on lit ces simples mots : « Hic jacet mater Sancti Antonii. Ici repose la mère de saint Antoine », et dès lors, il était juste que cette ville possédât une parcelle des ossements de celui qui lui donnait renom et gloire. Toutefois, pour que Padoue consentit à faire ce don au Portugal, il fallut l'intervention de Venise, de qui elle dépendait alors.

Peu de temps après, l'impératrice d'Autriche et l'archiduc Ferdinand eurent la même faveur que le roi de Portugal, après avoir employé, pour l'obtenir, les mêmes moyens que lui. En 1609, Marguerite d'Autriche, reine d'Espagne, reçut aussi une petite relique du Saint. Enfin, en 1652, Venise elle-même, se trouvant dans un danger national, obtint, pour attirer sur elle les bénédictions et la protection de saint Antoine, qu'une petite partie de l'un de ses bras lui fut donnée ; mais en même temps, elle décida et décréta que les reliques du saint resteraient désormais intactes et qu'on n'en pourrait plus distraire la moindre parcelle.

Et la France a-t-elle donc été oubliée dans ce partage ? Antoine l'avait aimée, cette terre de ses vaillants aïeux, il l'avait évangélisée, il l'avait comblée de faveurs miraculeuses; sera-t-elle privée d'un souvenir visible et palpable de son grand missionnaire ? Non assurément. De même que notre pays avait eu une large part dans les affections de Saint Antoine, de même aussi il a eu une large part dans son héritage et dans le partage qui a été fait de ses saintes reliques. La France possède une portion considérable du crâne de Saint Antoine, et cette grande relique est à Cuges, dans le diocèse de Marseille. « C'est la plus précieuse du Saint en France, et il est même probable qu'il n'en est pas sorti de plus vénérable de Padoue, et qu'elle est, à ce point de vue, la seconde relique du monde chrétien ».

Cuges se trouve à trois lieues d'Aubagne, sur la route nationale de Marseille à Toulon. Les montagnes qui dominent la petite ville sont celles de la Sainte Baume. C'est sur le flanc septentrional de cette chaîne que se trouvent les grottes, où, suivant la tradition, Sainte Marie-Madeleine vécut de longues années de pénitence. Cuges se trouve au pied du versant méridional. Quand le voyageur venant de Marseille a franchi le Col de l'Ange, il aperçoit, au fond du vallon tout encadré de montagnes sauvages et pittoresques, le dôme de l'église qui abrite la relique de Saint Antoine, et qui semble protéger toutes les habitations qui se sont groupées à son ombre bien-aimée. L'auteur de cet opuscule a fait le pèlerinage de Cuges ; il a eu le bonheur de s'agenouiller dans l'église de Saint-Antoine ; il a eu même la faveur de tenir le reliquaire entre ses mains et de contempler de près la relique vénérée. Ce n'est pas le crâne entier, mais c'en est une portion notable, qui parait être l'os occipital. Mais comment cette petite ville de Cuges est-elle en possession d'un pareil trésor ?

En 1349, le pape Clément VI accorda au monde chrétien le jubilé séculaire pour l'année suivante. C'était la première fois que le terme de ce jubile était réduit à cinquante ans. Le Pape, qui séjournait à Avignon, envoya à Rome un cardinal pour y ouvrir les fêtes jubilaires. Ce cardinal était Guy de Montfort. Pour se rendre en Italie, l'illustre cardinal traversa la Provence, et là, il fut arrêté par une soudaine maladie, qui le mit aux portes du tombeau. II était alors sur le territoire de Cuges. Toute la population, les consuls en tête, se porta avec empressement aux secours du légat du Saint-Siège. Cependant le mal ne fit. que s'aggraver, et bientôt tout espoir sembla perdu du côté de la terre. L'auguste malade se tourna alors du côté du Ciel et se recommanda en particulier à Saint Antoine de Padoue.

Il faut remarquer ici qu'en partant pour Rome, Guy de Montfort avait reçu aussi la mission d'aller à Padoue, présider la translation solennelle des reliques du thaumaturge. La confiance du cardinal ne fut pas déçue : il revint à la santé, et considéra sa guérison comme une faveur de Saint Antoine. Il alla, avant de quitter Cuges, le remercier publiquement dans la petite église de Sainte Croix, qui existe encore. II remercia aussi les habitants de leurs soins hospitaliers, et il promit de leur envoyer de Padoue, en témoignage de sa reconnaissance, une relique du Bienheureux.

Le cardinal fut fidèle à ses engagements. Après les fêtes de Rome, il se rendit à Padoue, où, pour la seconde fois, comme nous l'avons dit déjà, la châsse du Saint fut ouverte. Le légat du Pape prit la tête de saint Antoine et il en plaça une partie dans un riche reliquaire d'argent qu'il offrit à la basilique. Puis, il obtint pour lui-même, une portion du crâne, et il en fit don à la petite ville de Provence, qui avait failli être son tombeau, et dont il voulut magnifiquement honorer l'hospitalité. Les autres reliques furent de nouveau scellées dans une arche d'argent, où elles reposent encore aujourd'hui. Depuis lors, le cercueil n'a plus été couvert. (Depuis la publication de ce livre, en 1896, le cercueil de Saint Antoine a été rouvert le 6 janvier 1981, à l'occasion de la reconnaissance canonique de ses ossements, puis ont été exposés à la vénération des fidèles en 2010 avant d'être replacés dans son tombeau).

Pendant plus de cinq siècles, la petite ville de Cuges a été la gardienne obscure et ignorée d'un vrai trésor, et l'heureux objet de ses bénédictions. Son histoire est remplie de faits providentiels, qui révèlent la main de son cher et bon protecteur. Aujourd'hui le culte de saint Antoine grandit, les foules pieuses courent à ses autels, les miracles se multiplient partout, les pauvres sont nourris et évangélisés, eh bien ! souhaitons que la grande relique de notre Saint ne soit pas oubliée, souhaitons que des flots de pèlerins aillent la vénérer et la baiser pieusement. Tous ceux qui donneront au saint ce témoignage d'amour, seront récompensés et couverts de bénédictions. Nous pouvons l'affirmer en toute vérité.

S

 

Prières : Notre Père, je Vous salue, Si Quaeris, Trois Gloire soir au Père, suivis de l'invocation : « Saint Antoine de Padoue, priez pour nous ».

 

Oraison


O grand Saint Antoine, vous dont le cœur est si plein de bonté, et qui avez reçu de Dieu le don de faire des miracles, secourez-moi en ce moment, afin que, par votre assistance, j'obtienne la grâce que je demande (nommer la grâce), et que je puisse ainsi glorifier de plus en plus le Seigneur qui opère par vous de si grandes merveilles.


Hymne


En ce jour, offrons avec joie nos hommages a Jésus ; Antoine triomphe dans la Cour du Roi des Rois.

II a marché sur les traces de son Père François ; il s'est identifié avec lui ; comme un ruisseau sorti de la même source, il porte les eaux de la vie.

II se répand de tous les côtés ; il fait entendre la parole du Salut à ceux qui étaient desséchés par le souffle de la mort. Cette rosée sacrée les a ranimés.

Tandis qu'il prêche sur le Mystère de la Croix, son Père Spirituel apparaît décoré des Stigmates du Sauveur.

Sous un tel chef, il fut toujours vainqueur de lui-même ; réuni à son Père, il n'a plus à redouter les fatigues de la guerre.

Padova1

 Pour recevoir les méditations et les prières des 13 mardis de Saint Antoine par e-mail, ainsi que des prières et pour être tenu au courant des mises à jour, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes.

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

269_001

Neuvième jour

Le Mardi dans l'Octave du Saint Sacrement

 

Venez, Esprit Saint,

Lavez ce qui est souillé,

Baignez ce qui est aride,

Guérissez ce qui est blessé.

Je Vous salue Marie.

 

« Jésus-Christ était dans le monde, et le monde ne l'a pas connu. Il est venu dans Son propre héritage, et les siens ont refusé de le recevoir. La Lumière a brillé dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas comprise. Mais Il a donné à tous ceux qui l'ont reçu, le pouvoir d'être faits enfants de Dieu Ceux-là sont nés de Dieu même.... Ils ont vu la gloire du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité. Et tous, nous avons reçu de sa plénitude ». Le monde continue à ne vouloir pas de Jésus-Christ. Il ne le connaît pas, il refuse de le connaître. Cependant Jésus-Christ vit toujours au milieu du monde, parce que là il trouve les siens, ceux que Son Père Lui a donnés. Ils ne l'ont pas choisi, c'est Lui-même qui les a choisis et qui les a placés dans sa propre maison. Cette maison c'est l'Eglise. Le Sauveur étant toujours avec elle, continue à faire pour ceux qui veulent être les dociles de Dieu, ce qu'il faisait pendant les jours de sa mortalité.

Or, que faisait le Sauveur pendant ces trente-trois ans qu'Il a passés sur la terre, et surtout pendant les dernières années de sa vie ? Il parlait et Il agissait. « Jésus, dit l'historien sacré, commença à faire et à enseigner ». Il parlait pour instruire les peuples. Lumière éternelle venue en ce monde pour éclairer les intelligences, il dissipait les ténèbres que l'erreur, la superstition et les préjugés avaient amoncelées dans l'esprit de l'homme. Il révélait à ceux qui devaient former un peuple d'adorateurs fidèles en esprit et en vérité, les ineffables Mystères qui avaient été cachés depuis le commencement du monde ; il expliquait les sublimes maximes de cette morale divine que les hommes n'auraient jamais découverte par eux-mêmes.

Que faisait le Sauveur sur la terre ? Il travaillait pour le Salut des hommes. Il répandait sur eux des torrents de bénédictions ; Il opérait des prodiges, pour créer dans l'âme de Ses Disciples, ce sentiment indestructible d'une confiance sans bornes qui devait les soutenir dans tin état de fidélité inviolable, même en présence des plus affreux supplices. Chacun de Ses actes préparait de nouveaux triomphes à Son Eglise. Il sortait de toute sa personne une vertu qui se communiquait aux âmes et qui faisait, des plus pauvres enfants d'Adam, un peuple nouveau, une Nation Sainte, une Race royale et Sacrée.

Mais le Divin Sauveur, depuis Son Ascension au Ciel, a-t-il cessé de parler et d'agir ? Qui oserait le dire ? Il suffit d'entrer dans une Eglise, de regarder l'Autel, le Sanctuaire. On croit lire sur la porte du Tabernacle cette parole sublime : « Voilà le Trône de la Sagesse ». Voilà la Maison que la Sagesse éternelle a construite pour l'habiter, allons-y avec confiance. N'entendez-vous pas cette invitation si pressante : « Venez à Moi, vous Tous qui êtes fatigué et qui êtes chargés, et Je vous soulagerai. Le poids de vos péchés vous accable, la concupiscence vous fatigue, vos habitudes mauvaises vous font gémir. Eh bien ! Venez, Je soulagerai votre intelligence, en l'éclairant, votre cœur, en lui communiquant Ma propre Vie ». Les fidèles entendent cette voix, ils accourent au pied du Saint Autel, ils viennent entendre Jésus parler, recevoir ses grâces.

 

Premier Point

L'âme fidèle trouve la lumière et la vérité dans la Divine Eucharistie

 

Que d'obscurités dans notre pauvre intelligence ! Que d'incertitudes ! Combien de doutes sur notre état, sur notre conscience, sur nos devoirs, sur les déterminations à prendre dans mille circonstances ! Malheur à l'homme qui est seul ! Il n'aura pour guide que sa propre raison, et cette lumière incertaine, obscurcie à chaque instant par la fumée des passions, ne sera propre qu'à l'égarer. L'âme pénétrée d'une foi vive aperçoit dans le Saint Tabernacle, celui que le Saint Esprit appelle La Vérité. Il s'est fait notre docteur, notre maître. Je l'entends qui me dit : « Vous M'appelez votre Maître, et vous faites bien, car Je le suis en effet ; vous, vous êtes Mes Disciples ». Les Apôtres interrogeaient Jésus, et Jésus leur répondait avec bonté. Quand ce jeune homme dont parle Saint Mathieu, voulut savoir ce qu'il devait faire pour être agréable à Dieu, Jésus-Christ lui répondit. La Samaritaine lui adressa des questions, et quelle lumière admirable elle trouva dans les réponses de Jésus ! Où donc les plus grands Saints ont-ils puisé cette science du Salut, cette prudence consommée, cette sagesse qui les a rendus si utiles à leurs frères ? N'est-ce pas dans les entretiens fréquents avec Jésus-Christ caché dans le Saint Tabernacle !

Ah ! Je viendrai souvent pour Vous parler, pour Vous consulter, ô mon Adorable Maître. Je ne veux rien faire, rien entreprendre, rien décider, sans m'être auparavant entretenu avec Vous. Mon Dieu, que de lumières sortiraient du Divin Tabernacle si l'on voulait se recueillir et écouter Jésus ! N'est-ce pas pour parler à l'âme du fidèle que le Sauveur est toujours avec nous ?

 

Deuxième point

L'âme livrée à la tristesse trouve sa consolation dans la Divine Eucharistie

 

Pourquoi Jésus-Christ appelle-t-Il auprès de Lui tous ceux qui pleurent, qui souffrent, qui sont dans la douleur ? Je le comprends ; je le sais ; Il veut être le consolateur des affligés. Peut-on se rappeler sans attendrissement la veuve de Naïm et le fils qui lui est rendu ! Et vous, Marie, Marthe, je vous vois encore aux pieds de Jésus, je vous entends; vous vous écriez d'une voix entrecoupée de sanglots: Seigneur, si Vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort ». Et quelle douce parole sort de la bouche de Jésus : « Votre frère ressuscitera ! » Qu'ils viennent donc arroser de leurs larmes les marches du Sanctuaire, tous ceux dont le cœur est livré à la tristesse, dont l'âme est en proie à la douleur. L'Esprit de Dieu leur dit, en leur montrant la Sainte Eucharistie : « Le Maître est là, et Il vous appelle ». Le pécheur viendra, comme Madeleine chez le Pharisien. A la vue de ses larmes , le Sauveur dira encore : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'il a beaucoup aimé ». Celui qui craint une chute prochaine criera comme les Apôtres : « Seigneur, sauvez-nous, nous périssons », et le calme sera rendu à ce pauvre cœur... Toutes les victimes de l'injustice du monde trouveront là un vrai consolateur, un ami plein de compassion... Aveugles, lépreux, paralytiques, tous viennent, et tous confessent qu'après avoir ouvert leur cœur à Jésus, ils sont bien.

Oui, Seigneur, quelques instants passés à Vos pieds procurent plus de consolation que tous les discours du monde, et tous les conseils de la sagesse humaine ! Oh ! Comme j'ai été aveugle, lorsque je n'ai pas vu cette vérité ! C'en est fait, désormais c'est dans Votre Sein que je répandrai les douleurs de mon âme ; je ne veux de consolateur que Vous seul.

 

Troisième Point

L'âme faible trouve la force dans la Divine Eucharistie

 

La Parole de Jésus n'est pas seulement une lumière pour l'intelligence, un doux soulagement pour le cœur ; elle est encore une nourriture substantielle qui fortifie les âmes, et les rend capables de pratiquer les plus héroïques vertus. Qui dira l'énergie, le courage, communiqué aux âmes de bonne volonté qui ont mis toute leur espérance dans la Sainte Eucharistie ! Là les plus petits des enfants de Dieu deviennent les héros du Christianisme. Demandons à Sainte Thérèse, à Saint Alphonse de Liguori, les trésors qu'ils ont puisés dans le Saint Sacrement. Demandons-le à tous les Saints. Ah ! Tous les jours on entend des plaintes amères ! La vertu est trop difficile !.. Les mauvais penchants entraînent au mal. Le monde, par ses exemples, attire, comme malgré soi ; on tombe de lassitude ; le combat est trop violent, il est trop long !... Qui parle ainsi ! Des âmes qu'on ne voit presque jamais devant le Saint Sacrement. Quoi ! avec la présence réelle, avec la Messe, s'il y a beaucoup de Chrétiens faibles et infirmes, comme ceux de l'Eglise de Corinthe ; n'est-ce pas leur éloignement de la Sainte Eucharistie qui est la cause de ces infirmités et de cette faiblesse ?

« Le Pontife que nous avons, nous dit le grand Apôtre, n'est pas tel, qu'il ne puisse compatir à nos faiblesses, car il a éprouvé comme nous toutes sortes de tentations, hormis le péché. Allons donc nous présenter avec confiance devant le trône de la grâce, afin d'y trouver le secours de sa grâce dans nos besoins ». L'âme qui cherche ce secours divin le trouve infailliblement dans la Sainte Eucharistie. Elle s'écrie, transportée de joie : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; qui pourrai-je donc craindre ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie ; qui pourra me faire trembler ? Quand des armées nombreuses s'élèveraient contre moi, mon cœur n'en serait point effrayé, car j'ai demandé au Seigneur une seule chose, et je la chercherai uniquement : c'est d'habiter dans sa maison, tous les jours de ma vie. Il m'a caché dans son Tabernacle ; il m'a protégé au jour de l'affliction, en me mettant dans le secret de son Sanctuaire ».

 

media-24497-5

Pour recevoir les Méditations du Mois du Saint Sacrement, ainsi que des prières par e-mail, et pour être tenu au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes