06 janvier 2013

Le Bienheureux Frère Arnould

arnould

Le Bienheureux Frère Arnould

1838-1890

 

Frère Arnould, dans le monde Jules Rèche naquit à Landroff, dans la Moselle, le 2 septembre 1838. Il était le fils aîné d'une famille qui comptait neuf enfants. À l'âge de 21 ans, il participa à la construction de l'église Notre-Dame de Charleville, dans les Ardennes. C'est à cette occasion qu'il connut les Frères des Écoles chrétiennes et suivit leurs leçons. Il souhaita ensuite partager leur vie. Âgé de 24 ans, il entre chez les Frères des Écoles chrétiennes à Thionville, où il devient Frère Arnould, suite à sa prise d'habit le 23 décembre 1862. Il est ensuite envoyé à Reims, ville où il restera jusqu'à la fin de ses jours. Comme étudiant, tout d'abord et, ensuite comme surveillant, professeur et directeur de Noviciat. Il avait 39 ans, lorsqu'en 1877, il fut nommé directeur du Noviciat de Reims. Vivant d'une façon austère, se privant souvent des choses essentielles, frappé de congestion cérébrale au matin du 23 décembre 1890, il se traîna encore jusqu'à la chapelle, d'où, après une rapide et suprême visite à son Bien-Aimé Seigneur, il fut conduit à sa cellule. Le soir du même jour, fête du très Saint Rédempteur, il quitta le monde et s'en alla vers le Père miséricordieux. Il était alors âgé de 52 ans. Inhumé à Reims, au Cimetière du Nord, dans la concession des Frères des Écoles chrétiennes, sa tombe est continuellement visitée et le nombre des ex-voto ne cesse d'augmenter d'année en année. Tous ceux qui connurent le frère Arnould: prêtres, religieux, séculiers l'ont vénéré comme saint. Depuis sa mort, cette réputation de sainteté a persisté jusqu'à nos jours. Bien des personnes l'invoquent avec confiance et plusieurs affirment avoir reçu des faveurs remarquables par son intercession. En 1938, le Cardinal Suhard, archevêque de Reims, constitua un Tribunal ecclésiastique chargé de préparer la glorification du Frère Arnould. Il fut béatifié par le pape Jean-Paul II le 1er novembre 1987.

 

« Les saints se forment, non par des œuvres extraordinaires, mais par leur fidélité à bien faire ce que Dieu veut. (Bienheureux Frère Arnould)

Biographie extraite du site: http://clergedereims.free.fr

 

Posté par fmonvoisin à 15:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


28 décembre 2012

Prière à Notre-Dame qui fait tomber les murs

Capture plein écran 27122012 111622

Notre-Dame qui fait tomber les murs

 

Il y a un mur qui sépare Israël de Jérusalem, sur ce mur, l'on y inscrit des noms et l'on y fait des graffitis et, près de Bethléem quelqu’un y a peint une Icône de la Vierge Marie, que l'on appelle Notre Dame qui fait tomber les murs. Voici une prière qui lui est dédiée.


Prions pour cette terre qui souffre encore, prions pour que se lèvent des hommes de bonne volonté pour rétablir la Paix !

 

Capture plein écran 27122012 111232

Prière à Notre Dame qui fait tomber les murs

 

O Marie, très Sainte Mère de Dieu, nous Vous invoquons comme Mère de l’Église, Mère de tous les chrétiens souffrants. Nous Vous supplions, par Votre ardente intercession, de faire tomber ce mur, les murs de nos cœurs, et tous les murs qui génèrent haine, violence, peur et indifférence, entre les hommes et entre les peuples. Vous qui par Votre Fiat avez écrasé l'antique serpent, rassemblez-nous et unissez-nous sous Votre manteau virginal, protégez-nous de tout mal, et ouvrez à jamais dans nos vies la porte de l’Espérance. Faites naître en nous et en ce monde, la Civilisation de l'Amour jaillissant de la Croix et de la Résurrection de Votre Divin Fils, Jésus-Christ, notre Sauveur, qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.

Capture plein écran 27122012 111622

 Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

 

25 décembre 2012

Saint Jour de la Nativité du Seigneur

Saint Jour de la Nativité du Seigneur

589_001

Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc (2 : 1-14)

 

En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre — ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. — Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime ».

 

1309

Méditation

Jésus enfant

Sermon Saint Antoine de Padoue pour la Nativité du Seigneur

 

Un enfant nous est né, devenons comme cet enfant. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, Il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce Nom : Conseiller merveilleux, Dieu Fort, Père éternel, Prince de la Paix » (Isaïe 9 : 5). Et encore : « Voici la jeune femme est enceinte, Elle va enfanter un Fils et Elle Lui donnera le Nom d'Emmanuel ». «(Isaïe 7 : 14), c'est à dire « Dieu avec nous ».

Dieu s'est fait enfant pour nous et Il est né aujourd'hui, pour nous. Le Christ à voulu être appelé « enfant » pour plusieurs raisons, mais par brièveté, je n'en illustrerai qu'une. Si tu fais injure à un enfant, si tu le provoques par une insulte, si tu le frappes et tu lui montres ensuite une fleur ou une rose, et en lui montrant tu le lui donnes, il ne se rappelle plus l'injure qu'il a reçue, il laisse tomber sa colère et court t'embrasser.

De la même manière, s'il t'arrive d'offenser Jésus par un péché mortel ou une autre injure quelconque et que tu Lui offres ensuite la fleur de la contrition ou la rose de la confession accompagnée de larmes – les larmes ne sont-elles pas le sang de l'âme ? – Il ne se souvient plus de ton offense, remet la faute et court t'embrasser et te couvrir de baisers.

Ezéchiel dit en effet : « Si le méchant renonce à tous les péchés qu'il a commis, je ne me souviendrais plus de tous ses crimes » (Ezéchiel 18 : 21-22). Et Saint Luc écrit à propos de l'enfant prodigue : « Son père l'aperçut et, pris de pitié, courut se jeter à son cou et l'embrassa » (St Luc 15 : 20). Le deuxième Livre de Samuel raconte que David accueillit avec bienveillance Absalom qui avait tué son frère, et l'embrassa (Cf 2 Samuel 14 : 33). Un enfant nous est donc donné. Mais quelle utilité avons-nous de la naissance de cet enfant ?

Beaucoup en vérité et sous tous les aspects. Ecoute Isaîe : « Le nourrisson jouera sur le repère de l'aspic, sur le trou du basilic, le jeune enfant mettra la main. Il ne feront plus de mal ni de violence sur toute ma montagne sainte » (Isaïe 11 : 8-9). Le basilic, roi de tous les serpents, est le démon ; ses repères et ses trous sont les cœurs des mauvais ; notre Enfant y mit sa main lorsqu'Il arracha le démon Lui-même avec le pouvoir de Sa Divinité.

« Un fils nous a été donné... il a reçu le pouvoir sur ses épaules... » « Abraham, il est dit dans la Genèse, prit le bois de l'holocauste et le chargea sur son fils Isaac » (Genèse 22 : 6). Et Saint Jean : « Et Il sortit, portant Sa Croix, et vint au lieu-dit du Crâne » (St Jean 19 : 17).

O humilité de notre Rédempteur ! O patience de notre Sauveur ! Il porte, seul, à la place de tous, le bois pour y être suspendu, crucifié et y mourir. « Le juste périt, dit Isaïe, et personne ne s'en inquiète » (Isaïe 57 : 1). Il reçut le pouvoir sur ses épaules. « Je mettrai la clé de la maison de David sur ses épaules », dit encore (Dieu) le Père par la bouche d'Isaïe (Isaïe 22 : 22). La clé est la Croix du Christ, par laquelle Il nous ouvrit la Porte du Ciel. La croix est appelée en même temps clé et pouvoir : clé, parce qu'elle ouvre le Ciel aux élus ; pouvoir, parce qu'elle précipite les démons aux enfers.

Il sera appelé « Admirable », dans sa naissance ; « Conseiller » dans sa prédication ; « Dieu » par ses miracles, « Fort », dans Sa Passion ; « Père du siècle à venir » dans Sa Résurrection. En effet, en ressuscitant, Il nous laissa, en guise d'héritage à ses enfants, l'espérance certaine de la résurrection. Enfin, « Prince de la Paix », dans l'éternité. Que le même Dieu qui est béni dans les siècles daigne nous accorder cette paix. Amen.

 

Extrait de « Saint Antoine de Padoue, une parole Evangélique », de Valentin Strappazzon, aux Editions Franciscaines.

 

459_001

Saint Antoine de Padoue

 

Né à Lisbonne, il était chanoine régulier lorsqu’il entra dans l’Ordre des Mineurs, récemment fondé. Il pensait aller chez les peuples d’Afrique pour propager la foi, mais c’est en Italie et dans le midi de la France qu’il exerça avec beaucoup de fruits le ministère de la prédication, en attirant un grand nombre à la vraie doctrine. Il écrivit des sermons pénétrés de doctrine et de douceur et, sur l’ordre de saint François, enseigna à ses frères la théologie à Padoue, où il mourut en 1231. Saint Antoine de Padoue a été proclamé Docteur de l'Eglise en 1946.

 

523_001

Saint et Joyeux Noël à vous tous !

Que la Paix et la joie du Seigneur descendent dans vos cœurs et soient sur vos familles. Que le Seigneur vous bénisse et vous garde toujours...

22 décembre 2012

Film sur Jésus

Film sur Jésus

D'après l'Evangile selon Saint Luc

Note: Cette vidéo donne un bon aperçu de la Vie du Christ, mais s'agissant d'un film protestant, certains aspects sont donc occultés, comme par exemple la Mission de Pierre : "tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église".

Posté par fmonvoisin à 12:14 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

397_001

Quatrième semaine

Grandir dans la foi

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (1, 39-45)

 

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse, celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 

Méditation pour la quatrième semaine

« grandir dans la foi »

 

« La foi et l’amour, nous dit cette semaine saint Jean de la Croix, sont les conducteurs d’aveugle qui te guideront par un chemin que tu ne connais pas, là où Dieu est caché. La foi, ce sont les pieds avec lesquels l’âme va vers Dieu, et l’amour est le guide qui la conduit ». Quelles images étonnantes ! Serions-nous en train de marcher à l’aveuglette, au cours de cette retraite d’Avent ? Pourtant, nous savons bien ce que nous faisons : nous nous dirigeons vers Bethléem, nous allons à la rencontre du Sauveur ! Alors, allons-nous vers l’inconnu ? Pas vraiment, car si nous n’avions aucune idée au sujet de Celui qui nous appelle, nous n’aurions même pas entamé ce chemin. Mais nous ne devons pas oublier pour autant que le Seigneur dépasse toujours ce que nous pouvons imaginer ou découvrir de lui. Le Seigneur se manifeste à nous, il se donne à connaître à nous… mais il est toujours au-delà de ce que nous pouvons saisir de lui. C’est pourquoi nous cheminons par la foi, dont Jean de la Croix nous dit dans un autre de ses ouvrages qu’elle est « le seul moyen adapté et approprié pour que l’âme s’unisse à Dieu », car elle nous met en contact avec le mystère de Dieu, avec le mystère qu’est Dieu.

Ce dynamisme de la foi, nous le reconnaissons dans l’épisode de la Visitation que la liturgie nous donne à méditer en ce quatrième et dernier dimanche de l’Avent. Comme ses contemporains, Élisabeth, la cousine de la Vierge Marie, attendait la venue du Messie d’Israël. Comme nous, elle avait une relation avec le Seigneur Dieu dans la prière et elle connaissait les Écritures : elle pouvait ainsi un peu se représenter comment le Seigneur s’y prendrait pour sauver son peuple. Pourtant, lorsqu’elle reçut la visite de la Vierge Marie, elle fit l’expérience d’une immense surprise. En effet, l’Évangile nous dit qu’elle fut alors remplie de l’Esprit Saint et qu’elle s’écria : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Jamais elle n’aurait pu imaginer que le Sauveur viendrait à elle de cette façon. Et d’ailleurs, que s’est-il produit lors de cette rencontre ? Elle n’a rien vu d’autre que sa jeune cousine enceinte qui venait lui rendre visite. Mais elle a laissé son cœur s’ouvrir et recevoir la grâce de l’Esprit de Dieu. Elle s’est laissée bouleversée jusqu’au plus profond d’elle-même : « L’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi ».

Depuis le début de cette retraite, d’une façon ou d’une autre, c’est l’amour pour Dieu qui nous a fait entreprendre notre chemin d’Avent. C’est cet amour qui nous pousse vers Bethléem, où nous allons bientôt découvrir le Sauveur. Nous aussi, comme Élisabeth, c’est par la foi que nous allons le rencontrer. Car le Sauveur ne ressemblera peut-être pas – sûrement pas ! – à ce que nous aurions imaginé... Qu’attendons-nous de lui ? Voulons-nous qu’il soit un magicien qui va, d’un coup de baguette magique, faire disparaître tous nos soucis ? Rêvons-nous pour Noël d’un personnage de conte de fées qui va combler toutes nos frustrations ? En fait, Dieu ne vient pas nous arracher à notre condition humaine. Tout au contraire, pour nous sauver, il vient partager notre humanité. C’est certain, le Sauveur ne ressemblera à aucun des super-héros que nous pourrions imaginer : Dieu vient à nous en se faisant enfant… Comme un enfant, il est déroutant, bouleversant : alors, laissons Dieu nous surprendre en cette nuit de Noël ! Le cadeau qu’il nous fait, ce n’est rien de moins que lui-même. Alors, pour Noël, n’attendons rien de moins !

 

463_001

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 11)

 

Voilà, ô âme, ce que tu dois faire pour trouver l’Époux dans la retraite de ton cœur. Mais si tu veux écouter encore, voici une parole pleine d’une substance et d’une vérité inaccessibles : Cherche-le dans la foi et l’amour, sans te satisfaire d’aucune autre chose, sans goûter ni comprendre au-delà de ce que tu dois savoir. La foi et l’amour sont les conducteurs d’aveugle qui te guideront par un chemin que tu ne connais pas, là où Dieu est caché. La foi, qui est le secret dont nous avons parlé, ce sont les pieds avec lesquels l’âme va vers Dieu, et l’amour est le guide qui la conduit. Et l’âme, en contemplant et en approfondissant ces mystères et ces secrets de la foi, méritera que l’amour lui découvre ce que renferme la foi, à savoir l’Époux qu’elle désire, dès cette vie par une grâce spéciale – l’union divine avec Dieu, comme nous avons dit – et, dans l’autre vie, par une gloire essentielle, en jouissant de lui face à face, sans qu’il soit caché en aucune manière. Mais, jusque-là, bien que l’âme arrive à cette union qui est l’état le plus élevé auquel on parvienne en cette vie, l’Époux est malgré tout, pour l’âme, caché dans le sein du Père, comme nous l’avons dit. Et comme c’est là que l’âme désire en jouir dans l’autre vie, elle répète toujours : « Où t’es-tu caché ? »

 

Maria di Nazaret

La compagne de route de la semaine : la Vierge Marie

 

Qui, mieux que la Vierge Marie, peut nous accompagner en ces dernières heures du temps de l’Avent ? Elle a « cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Bientôt, elle va découvrir le visage du Fils de Dieu, de son enfant, qu’elle porte depuis neuf mois et qu’elle a tant désiré voir... Marchons vers Bethléem en sa compagnie ! Qu’elle nous enseigne à rester attentifs à la venue du Seigneur ! Demandons-lui de soutenir notre persévérance dans la prière : que nous continuions à réserver, dans nos journées, des espaces de silence afin de nous tourner vers la présence intérieure du Seigneur qui vient à nous ! À son école, apprenons aussi à ouvrir notre cœur aux nécessités des autres, et à leur porter la Bonne Nouvelle du salut !

 

Prier chaque jour cette semaine

 

Dimanche 23 décembre

 

Songe à cet infini savoir et à ce secret caché. Quelle paix, quel amour, quel silence est dans ce Cœur divin ! quelle science élevée celle que Dieu enseigne là ! (Maxime 190).

Seigneur, prépare mon cœur à cette merveille inouïe : la puissance de Dieu dans un petit enfant !

 

Lundi 24 décembre

 

Oh ! Seigneur mon Dieu ! C’est toi qui te montres le premier et qui viens à la rencontre de ceux qui te désirent (Maxime 7).

Je t’ai cherché, Seigneur, et voici que tu me cherchais toi aussi ?

 

Gesù e la Passione

Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

Posté par fmonvoisin à 12:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


18 décembre 2012

Film sur le Bienheureux Jean Duns Scot

229_001-001

Film sur le Bienheureux Jean Duns Scot

Biographie et prière du Bienheureux Jean Duns Scot: Voir http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2010/09/03/18974524.html

Posté par fmonvoisin à 16:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

17 décembre 2012

Litanies de Notre Dame du Folgoët

Litanies de Notre Dame du Folgoët

 

L'histoire merveilleuse de Notre Dame du Folgoët

salaun-ar-fol

Salaün, le Fou du bois

 

Vers le milieu du XIVè siècle vivait dans une clairière de la forêt lesnevienne, un homme nommé Salaün. Les habitants le nommaient familièrement "Le Fou du Bois" (Fol ar Coat). Considéré comme un « innocent », Salaün mendiait son pain de ferme en ferme. Il demandait l'aumône, en répétant inlassablement : « Ave Maria ! Salaün mangerait bien un morceau de pain ! » (Salaün a zebfre bara !) Il aimait à se balancer sur la branche d'un arbre, au-dessus de la fontaine, et il chantait à pleine voix : « Ô Maria ». En même temps, il se plongeait dans l'eau jusqu'aux épaules. Sa mort survenue vers 1358 (à 48 ans) laissa les gens indifférents. Il fut enterré au village de Lannuchen qui occupe l'ancien emplacement du cimetière et de l'église d'Elestrec (ancienne paroisse du Folgoët), près du manoir de Kergoff. Aujourd'hui encore on peut voir le calvaire encadré des quatre pierres ovoïdes qui proviennent de son tombeau. Mais peu de temps après sa mort, on découvrit sur sa tombe, près du chêne où il se balançait et de la fontaine où il trempait son pain, un lys sur lequel on lisait ces mots écrits en lettres d'or : « Avé Maria ». En ouvrant la tombe, on constata que ce lys avait pris racine dans la bouche du défunt. Le miracle attira rapidement les foules et on voulut bâtir une chapelle sur la tombe de "l'innocent".

Averti des merveilles qui se déroulaient au Folgoët, Jean IV de Monfort, pour se faire pardonner les exactions commises par ses alliés  dans tout le Léon durant la guerre : pillages d'églises, de monastères, et pour accomplir son vœu d'édifier un sanctuaire à Notre-Dame, favorisa la construction de l'église actuelle. Dès 1365, il vint au Folgoët et posa la première pierre de l'édifice. Mais les guerres qui survinrent à cette époque firent suspendre les travaux. Jean IV mourut en 1399 en recommandant à son fils Jean V de continuer son oeuvre. Il vint au Folgoët en 1404 et les travaux recommencèrent. En 1419, Monseigneur de La Rue, évêque de Léon, bénit le sanctuaire qui fut érigé en Collégiale par Jean V en 1423.

 

128_001

La Basilique

 

Au début du XVè siècle, le sanctuaire du Folgoët est le témoin  à la fois de la piété populaire, et des périodes de calme et de troubles que la Bretagne a traversées. Avec tant d’autres édifices religieux, il dit l'architecture religieuse qui fleurit un peu partout dans la région avec la paix retrouvée.

La façade, qui manifeste une grande sobriété, frappe en même temps par la disparité des deux clochers : celui du nord, ouvragé et fignolé comme une châsse, lance vers le ciel sa flèche dorée avec ses clochetons et ses galeries ajourées ; celui du sud paraît avoir été chapeauté par des gens à bout de ressources. Autant la façade nord montre de dépouillement, autant le côté sud de l’édifice brille par la richesse de son ornementation. Que ce soit la galerie en festons trilobés qui court au bord du toit, que ce soient les clochetons débordant de ce toit, ou les gargouilles avec lesquelles l’imagination de l’artiste s’est donné libre cours, ou la profusion des feuillages.

 

A l'intérieur, le regard est tout de suite attiré par cette merveille de ciselure qu’est le jubé, les dentelles de pierre de Kersanton qu’on retrouve dans les arcatures et les guirlandes des autels de l’abside, et la statue de la Vierge vénérée au Folgoët. Et depuis 2002, un nouveau mobilier d’un tout autre style, en laiton et châtaignier, est venu s’intégrer à cet ensemble. Il traduit la foi des chrétiens d’aujourd’hui, et il dira aux générations futures comment nous concevions la façon de pratiquer la religion en ce début du troisième millénaire.

 

Texte extrait du site : http://notre-dame-folgoet.cef.fr

 

895_001

Litanies de Notre Dame du Folgoët

 

Seigneur ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, Dieu unique en trois personnes égales ayez pitié de nous.

 

Notre Dame du Folgoët, Mère de Jésus-Christ, Sauveur du monde, priez pour nous.

Notre Dame du Folgoët, Vierge sans tâche,

Notre Dame du Folgoët, Vierge Puissante,

Notre Dame du Folgoët, Vierge Clémente,

Notre Dame du Folgoët, Vierge Fidèle,

Notre Dame du Folgoët, Arche de l'Alliance du Seigneur,

Notre Dame du Folgoët, Dispensatrice des grâces célestes,

Notre Dame du Folgoët, Reine du Ciel et de la terre,

Notre Dame du Folgoët, Joie du Paradis,

Notre Dame du Folgoët, notre Mère et notre Espérance,

Notre Dame du Folgoët, notre Refuge et notre Défense,

Notre Dame du Folgoët, Force des Prêtres,

Notre Dame du Folgoët, Guérison des malades,

Notre Dame du Folgoët, Santé des infirmes,

Notre Dame du Folgoët, Refuge des pécheurs,

Notre Dame du Folgoët, Consolatrice des affligés,

Notre Dame du Folgoët, Assistante des Chrétiens,

Notre Dame du Folgoët, Espérance des désespérés,

Notre Dame du Folgoët, Protectrice de la Bretagne,

Notre Dame du Folgoët, qui sauverez Rome et notre Saint Père le Pape,

Notre Dame du Folgoët, qui sauverez la France,

 

Afin que Vous gardiez l'innocence de nos plus jeunes enfants, nous Vous prions, ô Notre Dame du Folgoët.

Afin que Vous redoubliez Vos prières pour les jeunes gens exposés aux séductions du monde,

Pour notre pays,

Pour nos parents, pour nos familles,

Pour nos amis, pour nos ennemis,

Pour les infidèles et pour les pécheurs,

Pour nos parents et amis absents,

Pour nos chers défunts,

 

Agneau de Dieu, faites miséricorde à tous les fidèles en terre, ayez pitié de nous,

Agneau de Dieu, faites miséricorde aux âmes des fidèles trépassés qui reposent en vous, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, accordez la paix aux vivants et aux morts qui règnent en Tous, ayez pitié de nous.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Notre Dame du Folgoët, ô Marie conçue sans péchés,

Priez pour nous qui avons recours à Vous.

 

Oraison

 

Souvenez-Vous, ô Sainte Mère de Dieu, qui avez daigné faire éclater aux yeux de tous la sainteté de Votre Serviteur Salaün, qu'on a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à Vous dans Votre Sanctuaire du Folgoët, ait été abandonné. Animés de la même confiance et prosternés à Vos pieds, nous implorons Votre protection. Souvenez-Vous, ô puissante Reine de la Bretagne, que notre pays a toujours été fidèle à Votre culte. Gardez au cœur des Bretons la Foi des anciens jours, et que jusqu'au dernier moment de notre vie, nous marchions sous votre bannière : Catholiques et Bretons ! Ainsi soit-il.

 

482_001

Téléchargez le texte de ces Litanies (pdf) en cliquant ici

Saint Job

Icon_of_Job_(North_Russia,_17_c

Saint Job

Fête le 10 mai

 

Job était un homme juste, droit et craignant Dieu, et, quoique vivant parmi les païens, il devint l'un des plus grands Saints de l'Ancien Testament. Il avait une nombreuse famille, possédait de grands biens et d'immenses troupeaux : c'était le plus riche de tout l'Orient. Et soudain, il perd tous ses enfants et tous ses biens ; il est atteint de la lèpre, son corps est tout couvert d'ulcères. Il passe ses jours et ses nuits à souffrir et à gémir. Mais, malgré les reproches de sa femme et les excitations de ses amis, il ne voulut jamais murmurer contre Dieu. Il conservait sa Foi en la Providence et savait que Dieu le délivrerait de ses maux et ferait briller son innocence... Ce qui arriva en effet. Après quelques temps, Dieu le guérit, lui rend tous ses biens et même d'avantage : le Démon qui l'avait tenté est confondu. Quel enseignement pour tant de chrétiens, qui de nos jours murmurent si facilement contre la providence !

 

Prière

 

O Dieu, qui après avoir éprouvé Votre Serviteur Job par tant d'afflictions, avez fait briller son innocence en lui rendant tous ses biens : accordez-nous, par son intercession, de supporter avec patience les épreuves de cette vie et à cause de cette patience, d'obtenir la guérison de nos infirmités et d'arriver par les bonnes œuvres à la récompense éternelle du Ciel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Georges_de_La_Tour_044

 

Posté par fmonvoisin à 12:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

16 décembre 2012

Saint Tugen et son Sanctuaire de Primelin

404_001

Saint Tugen de Primelin

Abbé de Daoulas et Recteur de Brasparts

+ au 5e siècle

Fête le 26 janvier

 

Première partie

La vie de Saint Tugen

 

Nous ne savons que très peu de choses sur la vie de Saint Tugen, nommé aussi Tujan. Bien qu'il soit pourtant un Saint très populaire. Saint Tugen fait partie de la pléiade des Saints Bretons, locaux, qui n'ont d'autres biographies que celles des traditions et des légendes.

Les traditions disent qu'il serait né pour les uns en Angleterre, pour les autres en Basse Bretagne et qu'il était le fils d'Arastagn, seigneur de Cornouaille, qui vivait au château de Kerraouré entre Hanvec et Irvillac, devenu orphelin quand il était jeune, il se fit moine, il était le tuteur attentif de sa sœur, Sainte Brigitte qui vivait avec lui dans le monastère, il l'avait vouée à la virginité, mais la vertu de la femme est une fleur bien délicate... Le souffle même de l'homme peut en ternir l'éclat. Notre Saint, réfléchissant à ces choses, reconnut que son vœu était bien téméraire. Mais la promesse qu'il avait faite à Dieu, il voulait la tenir jusqu'au bout. Pour cela, il prit toutes les dispositions qu'il était humainement possibles. Voilà ce que fit notre saint.

Jour et nuit, il gardait près de lui sa sœur. Il ne laissait aucun homme que ce fût s'approcher d'elle, et encore moins lui parler. Lorsqu'il était obligé de quitter le monastère, il se faisait accompagner par elle. S'il rencontrait un homme, il la prenait sur ses épaules. Lorsqu'il était fatigué, il s'asseyait et ne laissait la jeune fille s'écarter qu'après s'être assuré qu'il n'y avait aucun homme dans les alentours. Pour ce faire, il frappait de son bâton dans les broussailles et jetait des pierres par dessus les fossés. Si un oiseau s'envolait d'un champ, il permettait à sa sœur d'y aller, persuadé que là où se tenait un oiseau, ne pouvait se trouver un homme.

Cependant la sœur du Saint était belle. Un jeune homme des environs la vit passer avec son frère et tomba amoureux et décida de la rencontrer. Ne pouvant lui parler tant le Saint était sur ses gardes, le jeune homme usa de ruse. Connaissant la manière de procéder du Saint, il captura deux grives, les mit en cage, et alla se cacher sur le passage de Saint Tugen et de sa sœur, à l'endroit où ils avaient l'habitude de s'asseoir. Arrivés en ce lieu, le Saint s'arrête et lance des pierres autour de lui. A la première qui tomba dans son champ, le jeune homme libère les grives qui s'envolent et le Saint permit à sa sœur de s'éloigner. Aussitôt le jeune homme s'avança vers Brigitte et se mit à lui parler. Aux premières paroles qu'il prononça, notre Saint, surpris d'entendre une voix étrangère, s'élança sur le fossé et, voyant que toutes ses préoccupations avaient été inutiles, s'écria dans un transport de sainte colère : « Mieux vaut commander une bande de chiens enragés que garder une seule femme ! » Il entendit alors la voix de Dieu, qui lui répondit : « Ta sœur est plus sage que toi, laisse-la ici et, puisque tu le dis si facile, pars en Bretagne Armorique protéger les Bretons des crocs redoutables des chiens enragés ! »

Tugen, contrit, laissa sœur, traversa la mer, puis la pointe de Bretagne, et vint se fixer sur un territoire déjà évangélisé par Saint Primel et vivant en ermite pieux, sage et savant et faisant pénitence. Saint Pol de Léon vieillissant lui demande de remplacer son neveu, Saint Jaoua, qui voulait en faire son successeur comme Abbé de Daoulas et recteur de Brasparts. C'est à ce titre que le Pape lui octroya une clé contenant un peu de la limaille des fers de Saint Pierre et Saint Paul. Plus tard, Saint Tugen deviendra le Saint Patron de la Paroisse de Brasparts. Voilà tout ce que nous savons actuellement, sur la vie de Saint Tugen.

Après sa mort en odeur de sainteté, les paroissiens de Primelin demandèrent des reliques et ils reçurent un poinçon de fer, sans doute le tau abbatial, qu'ils placèrent dans un étui en forme de clé, et ils bâtirent sur l'emplacement de l'ermitage une chapelle, puis une vaste église. Depuis des temps immémoriaux, ils fabriquent aussi des petites clés en plomb bénies le jour du pardon, le dimanche suivant la Fête de Saint Jean Baptiste, qui sont le signes d'une grande dévotion pour Saint Tugen, et sont considérées comme de précieuses reliques, clés que l'on peut toujours se procurer en la chapelle de Primelin.

Saint Tugen est traditionnellement représenté en abbé mitré, avec la crosse abbatiale dans la main droite, et dans la main gauche repliée, repose un livre ouvert et à ses pieds un chien la gueule béante, avec un pèlerin agenouillant tenant un chapelet dans les mains. A Primelin, sur sa statue statue, se trouve une longue clef pendant du côté droit. Saint Tugen est tout naturellement invoqué pour se prémunie ou guérir de la rage, à l'instar de Saint Hubert, mais aussi contre les rages des dents.

534_001

Deuxième partie

Les clés et le culte de Saint Tugen

 

Saint Tugen, comme Saint Hubert, a pour attribut de son pouvoir, la clé. Sur la foi des guides, beaucoup de pèlerins prennent pour la clé du saint la grosse clé de la porte de son église. Ils en font souvent des croquis. La véritable clé du Saint, la clé miraculeuse, se trouve au presbytère de Primelin. Elle a plutôt la forme d'un poinçon. Elle est conservée dans un reliquaire en argent de la forme d'une vraie clé. D'où vient, à notre saint, cet attribut de son pouvoir ? Les légendes répondent encore à cette question. D'après l'une la clé a été apportée du Ciel par un Ange : « An alc'hue-ma, Christenien, a so digacet da Sankt Ugen. Gant un ael ar firmamant par voa e peden ar sant » (« Cette clé, chrétiens, a été apportée à Saint Tugen par un ange du firmament, quand le saint était en prière »). Cette légende a été introduite par guerz ancien, ce guerz est exotique ; nous ne nous y arrêterons pas. Une autre légende, toute locale, donne une autre explication. Elle se rapporte à la construction même de la chapelle.

L'église de Saint Tugen a été, dit cette légende, construite par les Anglais. Ceux-ci avaient parmi eux, un architecte émérite qui avait taillé et disposé, par terre, toutes les pierres du monument, avant d'en commencer les fondations. Lorsqu'ils se mirent à bâtir, ils s'aperçurent que le sol était mou du côté sud, et le monument penchait. Alors que faire pour le redresser et ne pas perdre une seule des pierres taillées par leur grand architecte ? C'était bien simple : au lieu de mettre un clocher sur la tour, ils le mirent à côté. C'est pourquoi l'église de Saint Tugen, accolé à sa tour massive, possède un léger contrefort figurant une flèche hexagonale. Cette flèche bien proportionnée avec le reste du monument, ferait un digne couronnement de l'édifice.

Lorsque les Anglais furent chassés du pays, ne pouvant emporter leur église dont ils étaient si fiers, ils en enlevèrent du moins la clé. En traversant la baie du Cabestan, la clé tomba à la mer. Tout le monde, dans le Cap, ignorait ce fait, lorsqu'un jour on prit un lieu de grande taille. Le pécheur qui l'avait pris se sentait attiré, malgré lui, vers l'église de Saint Tugen. Après avoir ouvert son poisson, il trouva dans son ventre une clé toute rouillée. Frappé d'inspiration, il présenta cette clé devant la porte de l'église. La clé entra toute seule dans la serrure. Miracle ! Criait-on, c'était la clé du Saint qui ne voulait pas que son culte disparût du pays. On fit alors, de la clé, l'emblème de la puissance de Saint Tugen et son église où le miracle eût lieu fut appelée « Ilis Sankt Ugen an Alfe ».

 

culte st tugen 6

Usages de la clé

 

Dans beaucoup de chapelles dédiées à Saint Hubert, il est d'usage d'appliquer la clé du Saint, chauffée au feu, sur les morsures faites par des chiens enragés. Ce sont ordinairement les maréchaux qui sont chargés de cette opération. A Saint Tugen, bien que la clé, en forme de poinçon aigu, soit plus appropriée que celle de Saint Hubert, pour une cautérisation profonde, nous n'avons rien trouvé qui indiquât une pratique semblable. Il est vrai que notre Saint ne passe pas pour guérir la rage, mais plus pour la prévenir.

La clé du Saint servait beaucoup autrefois à piquer de petits pains, de la longueur de la main, que l'on vendait le jour du pardon. Ces pains, ainsi bénis, se conservaient indéfiniment sans moisir. On les appelait « Bara an Alve ». Ils avaient la propriété de guérir la rage des dents. Cet usage est presque tombé en désuétude. Aujourd'hui, pour guérir les maux de dents, il faut, par soi-même ou par tierce, balayer la chapelle ou vider la fontaine du Saint. Cette pratique est très usitée.

Mais le principal emploi de la clé du Saint est de bénir par attouchement les petites clés en plomb, dites « Clés de Saint Tugen ». Des marchands de Pont Croix et d'Audierne les fabriquent et viennent les vendre, sur la place, le jour du pardon. Ces clés portent, de côté et d'autre du panneton : S.T. Bénies, elles préservent des chiens enragés.

 

Traditions de la rage

 

Dans toute l'étendue du Pays que Dieu lui a donnée a garder, le Saint oblige tous les chiens enragés à accourir vers son église avant de:mourir – alors que Saint Hubert, au contraire, passe pour éloigner les bêtes enragées des lieux de cultes où il est honoré – les chiens ont a rendre compte à Saint Tugen de leur conduite, afin que le Saint prévienne le mal qu'ils auraient pu occasionner. Les chiens, pour se soustraire à cette force surnaturelle qui les attire dans une même direction, vont, viennent, écumant, exerçant leur colère et leur rage sur tout ce qu'ils trouvent. Malheur à qui les rencontre dans cet état, s'il n'est porteur de la petite clé bénie, emblème du pouvoir du Saint. Vite, il faut jeter la clé devant l'animal. Le chien enragé s'accroupit dessus, la broie entre les dents et donne le temps de se sauver. C'est ainsi que la clé du Saint préserve des chiens enragés. On ne cite aucun exemple du contraire. Mais le pouvoir du Saint ne s'arrête pas là, il prévient aussi, après la morsure, la rage non déclarée.

Les chiens mentent à Saint Tugen, le plus qu'ils peuvent, cherchant à cacher leurs méfaits pour éviter le châtiment qu'ils ont mérité. Vite, il faut les devancer, pour avertir soi-même le Saint. Tout homme mordu doit courir immédiatement à la Chapelle, en invoquant Saint Tugen. Pas de temps à perdre ! Sitôt arrivé, faire trois fois le tour de la fontaine et regarder au fond de l'eau. Si l'eau reflète la figure de l'homme, rien à craindre ! Le chien n'est pas encore venu ; le Saint a entendu la prière et exercé son pouvoir. Au contraire, si l'eau reproduit l'image d'un chien, c'est que l'animal a déjà passé et caché ce qu'il a fait. Saint Tugen n'a pu prévenir le mal et la patient tombe en rage à l'instant.

D'après la tradition, les gens atteints de la rage étaient enfermés dans la « Prison du Saint ». C'est une chambre obscure, aux étroites fenêtres, sans air, ni soleil, aux murs nus, suintant l'humidité, à gauche du grand portail. On y mettait les personnes enragées pour y attendre la mort. Entre leurs accès de rage et de désespoir, elles priaient le Saint d'intercéder pour adoucir leurs derniers moments. Des prières publiques se faisaient en même temps dans la chapelle. Elles étaient souvent interrompues par les vociférations de ces malheureux.

La tradition parle encore d'une coutume plus barbare. Ces misérables, liés sur la place du village, recevaient le Saint Viatique, qu'on leur proposait, au bout d'une latte. Puis lorsque les spasmes répétés du mal les avaient rendus conscients de leurs actes, on les étouffait entre deux couettes de balles surchargées de corps lourds. Cet usage nous a été confirmé par le récit de plusieurs faits qui semblent tous avérés. Il a encore été pratiqué au début du 19e siècle dans une famille de Goulien. C'était les gens de Saint Tugen, les parents même parfois, qui se chargeaient de cette lugubre exécution. Ils étaient mus par un sentiment de piété, allié à une sorte d'instinct de défense personnelle. Là ou le Saint, pourtant si puissant, ne pouvait plus rien, ils croyaient faire œuvre pie en mettant eux-mêmes un terme aux souffrances des malheureux qui étaient susceptibles de communiquer leur mal.

D'après les croyances, la rage se déclare dans l'espace de neuf lunaisons, no laoriad, à partir du jour de la morsure. Nous n'avons trouvé, nulle part, trace de l'emploi des remèdes spécifiques de la rage, en même temps que l'invocation à Saint Tugen.

 

statue-de-saint-tugen-xviesiecle-cast

Un chien enragé à Saint Tugen

 

Voici un article qu'on ne lira pas sans intérêt. Il a cependant été produit par trois journaux de la région de Primelin, en octobre 1919 :

Dans la journée du 13 octobre de ce mois (1919), un lundi, et dans la nuit suivante, un chien enragé, venu de Guilers, a causé de grands ravages à Primelin, aux villages de Castel, Kerdugazel, Landisquenna, Kerrounou... Mordant un mouton, une dizaine de chiens, qu'il a fallu tuer, décapitant une oie. Le lundi matin, vers huit heures, il allait entrer dans la cour du village de Saint Tugen, sans doute pour faire la visite de règle, que tout chien enragé doit faire à la fontaine du Saint, quand les enfants, allant à l'école, l'ont chassé à coups de pierres. Mais le lendemain matin, encore vers huit heures, on le trouvait couché près d'un tas de paille, dans un petit champ, à l'extrémité sud du village. Quand on l'a aperçu, et qu'on a voulu le chasser, il pouvait choisir entre sept routes, soit pour s'éloigner du village, soit pour en sortir, une fois entré. Il choisit la plus longue, traverse le milieu du village, au petit trot, sur trois pattes, traînant l'autre au vu de tout le monde, et passe devant la fontaine. Quelques pas plus loin, il passe tout à côté de deux porcs, d'un chien et d'un homme, les regarder et quitte le village. A un quart de lieue de là, il mordait encore un chien.

 

Préservation des maux de dents par la dévotion à Saint Tugen

 

En général, les personnes guéries, même à Lourdes, ne vont point obligatoirement au bureau de constatations. A Saint Tugen, le bureau n'existe pas ; mais nous avons appris d'une personne digne de foi qu'elle avait été guérie par la mandication des petits pains, dont nous avons parlé précédemment, petits pains qu'elle avait conservé plus de 4 ans, sans moisissure. Mais ce qui ne paraît pas rare, c'est la guérison qu'obtiennent les personnes qui viennent à cette fin, balayer l'église du Saint, ou qui la font balayer par d'autres à leur place. Cet usage date de temps immémoriaux, et a la croyance de toute la contrée. J'ai à ce sujet, le témoignage de plusieurs personnes, absolument dignes de foi, qui m'ont affirmé, même devant leur famille, avoir été guéries. Un touriste s'en étonnait un jour, et me demandait, avec une pointe de malice, s'il n'y avait pas de dentiste dans le pays. On lui répondit : le dentiste guérit, il est vrai, mes en arrachant violemment les dents, et en se faisant payer cher... Saint Tugen guérit en vous les conservant, pour un simple balayage de son église... Lequel vaut mieux ? Ici comme dans l'Evangile, la Foi est nécessaire... « Si potes credere... » « Si vous pouvez croire... » (Saint Marc 9, 22).

 

Culte du Saint

 

Le culte de Saint Tugen, à Primelin, est très ancien. L'église actuelle, partie ogivale, partie renaissance, des 15e et 16e siècles, n'est que la chapelle des anciens Seigneurs de Ménez-Lézurec. L'un d'eux est inhumé dans une crypte sous le maître autel. Sur la porte de la Prison du Saint se trouve l'inscription : « Masson, 1593 ». Certaines parties, reconstruites, portent des dates bien plus récentes. Mais avant cette église, existait un autre monument indiqué par les soubassements nord de la chapelle, et par les cordons de petites pierres de la partie est. Cet ancien édifice devait être sous le même vocable.

Le pardon a lieu le dimanche qui précède la Saint Jean. Il commence la veille au matin. C'est un lieu de pèlerinage très fréquenté. Un guerz ancien dit que l'on y venait de toute la Bretagne. Nous y avons remarqué, tous les ans, surtout les costumes de Fouesnant, Coray, Châteaulin et quelques uns du Morbihan. Autrefois, ceux-ci étaient plus nombreux. On peut évaluer à plus de 12 000 le nombre de personnes (Cela en 1891) qui défilent chaque année devant la chapelle. Le nombre des pèlerins augmente les années où l'on a signalé des chiens enragés.

Souvent des rivalités existaient entre ces étrangers. Des luttes s'engageaient pour établir la prédominance de chaque pays. Il a même été d'usage que chaque paroisse y amenât ses lutteurs attitrés. Les luttes étaient mises sous la protection du Saint qui passe également pour modérer la rage des combattants. Plusieurs fois on l'a vu paraître au milieu des combats, étendant sa crosse entre les deux armées. Plus souvent encore, au milieu des troupeaux menacés par des chiens enragés. Alors, il est accompagné d'une bande de chiens écumants de rage, qu'il mène avec son bâton, comme un troupeau de moutons.

Sa puissance se manifeste surtout à l'approche de sa fête. Quelques jours avant le pardon, la cloche de son église change de son. Elle change plus gai. De jour en jour, son carillon devient plus clair, plus joyeux, si bien que l'on répète, en manière de dicton : « Bravaed a ra son clonc'h Sankt Tugoa, tostaad a ra ar pardon », « Le son de la cloche de Saint Tugen devient plus beau, son pardon approche ». La cloche annonce l'arrivée du Saint. Le jour de sa fête le vent souffle toujours du nord-ouest, c'est à dire d'Angleterre. En commémoration de sa venue dans le Cap Sizun, le Saint monte sur sa barque, et, poussé par ce vent, vient, chaque année, assister à la procession de son pardon.

Saint Tugen est en grande vénération dans tout le Cap Sizun. C'est le Saint le plus populaire de la contrée. Ses actions merveilleuses, ses miracles, ses apparitions, se racontent à toutes les veillées. Son nom se prononce avec le plus grand respect, et presque toujours ainsi : « Aotrou Sankt Tugen beniguet ! » « Saint Tugen le béni ».

 

Bibliographie et Sources : « Notice de H. Le Carguet, du 29 juillet 1891, dans le tome XVIII, du bulletin de la société archéologique du Finistère » consultable sur le site internet (http://www.capsizun.com), dont ce texte est largement inspiré, ainsi que « Saint Tugen et son église » de l'Abbé Velly, Brest, Imprimerie de la Presse Libérale, 1922. Ainsi que le site http://www.forum-breton.com sur lequel l'on trouve des pages remarquables sur la chapelle de Saint Tugen.

 

290_001

Prière à Saint Tugen

 

O très glorieux Saint Tugen, par la gloire dont Dieu vous à comblé, Il nous fait a fait voir combien Il est admirable dans Ses saints, puisque depuis tant de siècles Il ne cesse de renouveler tous les jours, dans votre sanctuaire de Primelin, cette merveille singulière, de préserver du mal et de la rage tous ceux qui ont recourt à vous par l'usage des clés bénies en votre honneur. Ce même Dieu, a permis que nous nous retrouvions en besoin de votre intercession. Nous serions en danger de périr misérablement, si vous nous refusiez votre protection dans le danger dans lequel nous nous trouvons. Mais, à la vue des innombrables grâces vous avez déjà eu la bonté d'accorder à un si grand nombre de personnes, que cela nous donne une certaine confiance de ne pas nous la voir refuser. C'est pourquoi, nous vous supplions, ô notre très cher Saint patron, de nous obtenir les grâces dont nous avons besoin, auprès de la Miséricorde Divine, et de nous obtenir la grâce de nous approcher Sacrements avec les dispositions requises, de toujours nous préserver de la rage du péché, et de nous obtenir une parfaite santé de l'âme et du corps. Nous nous proposons fermement de vous témoigner de notre gratitude et de notre reconnaissance toute notre vie durant, et de vous regarder désormais comme mon Avocat particulier, et comme notre puissant auprès du Dieu trois fois Saint, afin que nous vivions de façon à ce que nous puissions parvenir un jour parvenir à l'état de félicité dans lequel vous vous trouvez, afin de louerons Dieu pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

847_001

Télachargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

Posté par fmonvoisin à 18:33 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

14 décembre 2012

Film sur Saint Maximilien-Marie Kolbe

Film sur Saint Maximilien-Marie Kolbe

Posté par fmonvoisin à 18:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,