17 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Dix-huitième jour

Quels sont les différents moyens de soulager les morts

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Le Dieu de bonté et de Miséricorde a établi une alliance de prières et de bonnes œuvres entre tous les membres de Son Eglise, dans le Ciel, sur la terre et dans le Purgatoire: c'est la Communion des Saints que proclame le Symbole des Apôtres. En vertu de cette union nous pouvons soulager nos frères souffrants dans le Purgatoire; le Seigneur a pour agréable tout ce que nous faisons en leur faveur, il l'accepte comme une dette payée; il est satisfait, il se relâche des droits de Sa Justice en voyant la Charité qui nous anime pour demander grâce les uns pour les autres. C'est un bon père que l'amour filial désarme en faveur d'un enfant coupable, lorsqu'il est sollicité par ses autres enfants. Économie admirable de la justice et de la clémence divine! Justifia et fax oscuJatœ sunt. Le grand-prêtre Aaron, voyant que Dieu, irrité contre son peuple, avait fait sortir des entrailles de la terre un feu dévorant qui en avait fait périr plus de quatorze mille, courut au milieu du peuple, que le feu continuait d'embraser, offrit l'encens à Dieu, et, se tenant debout entre les morts et les vivants, il pria pour le peuple et la plaie cessa. Exemple admirable qui doit exciter notre zèle et notre piété, puisque les lumières de la Foi nous montrent une multitude innombrable d'âmes dans le Purgatoire qui n'ont ni Sacrifice, ni Prêtre, ni Autel pour offrir l'encens à Dieu. Sur la terre un pécheur peut, avec la grâce du Seigneur, secouer et briser les fers dont le péché l'accable: mais les âmes du Purgatoire ne peuvent rien ni par elles-mêmes, ni par le secours de la Grâce; elles ont besoin de notre ministère pour sortir de leur prison; c'est à nous de les délier, de les élargir. Les laisserions nous dans un si grand besoin sans nous empresser de les en tirer? songeons que leurs chaînes sont de feu, et que, par conséquent, il n'y a point de temps à perdre pour les leur ôter. D'ailleurs ne serait-ce pas la plus grande cruauté, la plus insigne ingratitude de notre part, de ne pas répondre aux vues miséricordieuses de notre Père Céleste, à qui Sa Justice ne permet plus de pardonner à ces âmes, mais qui nous donne le pouvoir de satisfaire pour elles? Oh quel pouvoir! Le mépriserions-nous!

Nous contribuons en deux manières à la délivrance des âmes du purgatoire; par voie d'intercession et par voie de satisfaction. La première manière renferme le saint sacrifice de la messe et la prière : car tout le corps mystique de l'Église peut réunir son intercession commune en faveur des morts, et il le fait dans le saint sacrifice de la messe. Chaque membre de l'Église peut aussi employer séparément son intercession pour les morts; et c'est ce qui arrive lorsque quelqu'un en particulier adresse pour eux des prières au Père des miséricordes. La seconde manière de soulager les morts, c'est-à-dire par voie de satisfaction , renferme le jeûne et l'aumône. Par le jeûne , et par tout ce qu'on appelle les pénitences afflictives, nous pouvons diminuer la peine que doivent les morts à la justice divine; et par l'aumône, nons pouvons la racheter, cette peine. Cependant , ces compensations ne sont acceptées de Dieu que par manière de suffrage, ainsi que s'exprime l'Église, parce qu'il n'y a pas de proportion entre les peines qu'impose aux morts la justice divine, et celles qu'elle accepte en échange de la part des vivants. La justice divine ne condamne les hommes en ce monde qu'à de légères peines : Maintenant il ne punit pas les crimes dans sa sévérité (Job). Dans l'autre vie, Dieu exerce sa justice avec la dernière rigueur : Je vous dis en vérité, vous ne sortirez point de là que vous n'ayez payé jusqu'à la dernière obole. (Matt.) C'est donc toujours une grâce quand le Seigneur reçoit les peines de cette vie pour compenser les peines de l'autre vie. Il n'a pas coutume de rejeter cette compensation; mais il est en droit de le faire. Il ne nous reste donc que de prier avec instance qu'il veuille bien ne la point refuser.

Voilà pourquoi les Saintes Écritures ne nous disent rien de plus, sinon de prier pour les morts: tout ce que nous faisons pour eux se doit rapporter là. Ainsi jeûnons, mortifions notre chair, donnons l'aumône, mais prions toujours en même temps la Miséricorde du Seigneur, afin qu'elle daigne agréer ces offrandes, si inférieures aux dettes dont nous sollicitons la remise pour nos frères. Unissons encore et nos offrandes et nos prières au Sang de Jésus Christ qui demande beaucoup plus efficacement que nous. Une des vertus de ce Sang Adorable est d'ouvrir les prisons à tant d'âmes enchaînées que dévore une soif ardente de voir Dieu, et que l'impuissance de se délivrer par elles-mêmes retient dans les fers. C'est Vous qui, par le Sang de Votre Alliance, avez fait sortir les captifs du fond du lac qui était sans eau. (Cf. Zacharie) N'oublions pas que, quoique les Fidèles condamnés au Purgatoire soient morts dans la Grâce, il s'en trouve néanmoins parmi eux qui ont négligé de prier pour les morts, et qui, par rapport à eux-mêmes, ont mieux aimé remettre après la mort à satisfaire pour leurs péchés, que d'y satisfaire pendant la vie. Par cette conduite ils ont mérité que le Seigneur leur refuse la Grâce qu'Il accorde aux autres, en considération de nos prières. Si nous voulons donc soulager ces morts, il faut prier pour eux avec plus d'instance, parce qu'ils sont bien plus indignes d'avoir part aux trésors de Miséricorde que Dieu dispense dans le Purgatoire, que les âmes qui furent autrefois et plus miséricordieuses envers les autres et plus précautionnées pour elles-mêmes.

Résolution

Puisque l'intérêt de Dieu, celui des âmes souffrantes et le nôtre nous font une obligation de prier pour les morts, prenons la résolution de nous éclairer sur la manière de remplir avec le plus de fruit cet important devoir. Pensons souvent à cette qualité de sauveurs que Dieu daigne nous accorder, et usons de ce pouvoir qui nous procurera d'abondantes bénédictions, en même temps qu'il apportera d'indicibles soulagements aux âmes du purgatoire.

Prière

Je Vous rends mille actions de grâce, ô mon Dieu, de nous avoir accordé le pouvoir de soulager nos frères souffrants par des moyens si faciles. Nous ne pouvons mieux exprimer notre reconnaissance, Seigneur, qu'en faisant usage de ce pouvoir; qu'en exerçant la qualité glorieuse de sauveurs, que Vous daignez nous faire partager avec Votre Sivin Fils, par les seuls mérites duquel nos œuvres peuvent vous être agréables et apporter du soulagement aux âmes du Purgatoire. Gloire à Dieu et à Jésus-Christ pour tous les bienfaits dont est comblée la Sainte Eglise! Ainsi soit-il.

Exemple

Nous n'avons jusqu'à présent rapporté aucune des nombreuses révélations concernant le Purgatoire que racontent des écrivains respectables; mais nous lisons dans la vie de Saint Thomas d'Aquin un fait rapporté par un auteur contemporain, et qui ne peut étonner dans la vie d'un Saint comblé de tant de faveurs extraordinaires; nous allons le copier parce qu'il est extrêmement propre à nous prouver combien nous pouvons aisément soulager les âmes du purgatoire, si nous sommes persévérants à intercéder pour elles. Un jour que Saint Thomas répandait dans l'oraison son âme devant Dieu, avec autant de confiance que d'humilité, sa sœur, morte depuis peu abbesse de Sainte Marie de Capoue, lui apparut pour lui apprendre qu'elle était en Purgatoire, et le prier de l'aider par ses sacrifices à satisfaire à la Justice de Dieu. Le Saint le fit; il ajouta plusieurs mortifications aux prières qu'il offrit et qu'il fit offrir pour elle. Après quelques jours sa sœur se montrant à lui une seconde fois, l'assura qu'elle était déjà dans la Gloire, et le remercia de ce qu'il avait fait pour lui en avancer la possession. Il lui demanda quel était l'état de ses deux frères déjà morts. Elle lui répondit qu'un des deux était en Paradis, et l'autre encore dans le Purgatoire. Saint Thomas demeura d'autant plus consolé, qu'il y avait longtemps que l'incertitude du Salut de ses frères affligeait sensiblement son cœur. Depuis leur mort il n'avait cessé de solliciter la Divine Bonté de lui faire connaître quel était l'état de ces âmes, pour lesquelles il offrait tous les jours les Saints Mystères. Dieu voulut bien marquer, par une double faveur, combien ses prières et sa Charité Lui étaient agréables, puisqu'il lui avait déjà accordé le salut d'un de ses frères, et qu'il lui envoyait sa sœur pour l'en assurer. Cette sœur, qui lui apparut, était la même qui, s'étant chargée de le détourner d'entrer en Religion, fut persuadée par son frère d'y entrer elle-même. Ainsi la Charité fraternelle de Saint Thomas procura un double avantage à sa sœur en l'arrachant pendant sa vie aux vanités du siècle, et en abrégeant les peines du Purgatoire après sa mort.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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16 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Dix-septième jour

Piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Continuons à méditer les défauts qui empêchent que notre piété envers les morts leur soit d'aucun profit. Celui qui va nous occuper aujourd'hui est le plus commun et le plus déplorable: car quoi de plus triste que d'employer inutilement les moyens qu'indique la religion, de faire sans fruit des œuvres saintes? Piété chrétienne dans le fond, et néanmoins inutile devant Dieu; ce sont deux caractères difficiles en apparence à accorder, et qui se trouvent cependant dans tous ceux qui, en priant pour les morts, sont eux-mêmes dans un état de mort, c'est-à-dire dans la disgrâce et dans la haine de Dieu. Car, dans ce funeste et malheureux état de péché mortel, en vain le pécheur rend aux âmes du purgatoire des devoirs chrétiens, en vain prie-t-il et intercède t-il pour elles, en vain fait-il des largesses aux pauvres, en vain pratique-t-il tout ce que le zèle d'une dévotion particulière peut lui suggérer: ces âmes souffrantes ne tireront jamais de lui aucun secours. Tandis que Dieu vous regarde, à cause de votre état de péché, comme son ennemi, vous êtes incapable de les soulager: toutes vos prières sont réprouvées, toutes vos aumônes perdues, tous vos jeûnes, toutes vos pénitences de nul effet: le péché, dont votre conscience est chargée, anéantit la vertu de toutes vos œuvres; et comment serait-il possible que ce que vous faites fût de quelque valeur pour ces saintes âmes, puisqu'il n'est de nul prix pour vous-même? Le moyen que vous fussiez en état d'acquitter leurs dettes auprès de la justice divine, puisqu'il est certain que pour vous-même, Dieu, sans déroger à sa miséricorde, ne reçoit rien alors de vous en payement? Secourir une âme dans le Purgatoire, c'est lui transporter le fruit des bonnes œuvres qu'on pratique, et le lui céder: ainsi pour pouvoir, dans l'état de péché mortel, la soulager, il faudrait que, dans cet état, les bonnes œuvres eussent quelque mérite devant Dieu. Or, il est de foi qu'elles n'en ont aucun, parce que, sans la grâce et la charité, ce sont des œuvres mortes, et qui n'ont pas le principe de la vie, et si elles sont mortes pour le pécheur qui les pratique, faut-il s'étonner qu'elles le soient encore plus pour ceux auxquels il prétend les appliquer?

Il faut toutefois excepter le Sacrifice de la Messe, dont le mérite ne dépend point de la sainteté de celui qui l'offre, beaucoup moins de celui qui le fait offrir, mais qui est uniquement attaché à la personne de Jésus-Christ et au prix de Son Sang: il s'ensuit qu'un pécheur, dans l'état même de son désordre, peut contribuer au repos des âmes du Purgatoire en faisant offrir pour elles ce Sacrifice, dont une des principales qualités est d'être souverainement propitiatoire pour les vivants et pour les morts. Il le peut, et il le doit avec d'autant plus de raison que ce Sacrifice est le seul moyen que Dieu lui laisse de suppléer à l'impuissance où il se trouve de secourir autrement ces âmes prédestinées: car Dieu alors regarde l'Hostie qu'on Lui présente, qui est Jésus-Christ, et non point celui par le ministère ou les soins duquel on la Lui présente, qui est le pécheur. Mais, du reste, il est toujours vrai que le pécheur, en agissant par lui-même, ne peut rien faire qui soit profitable aux morts.

Si nous avons un vrai désir de soulager les âmes du purgatoire, nous devons, avant tout, commencer par nous mettre en état de grâce: c'est là l'essentiel, puisqu'autrement, malgré la meilleure volonté, malgré nos prières et nos bonnes œuvres, nous ne leur serons d'aucun secours. C'est aussi là le fondement de cette dévotion, si solennelle dans l'Église, qui consiste à se purifier par le sacrement de Pénitence et par la participation du corps de Jésus Christ, pour se disposer à secourir utilement et infailliblement les âmes du purgatoire, le jour de la commémoration des morts. De tout temps dans le christianisme on a prié pour les morts, mais Dieu réservait à ces derniers temps cette excellente pratique de se sanctifier pour les morts. Autrefois dans l'ancienne loi l'on observait quelque chose de semblable; et Saint Paul, en écrivant aux Corinthiens, fait mention d'une espèce de baptême dont les Juifs avaient coutume d'user pour le soulagement des morts. Mais ce que pratiquaient les Juifs, n'étaient que la figure, et la vérité devait s'accomplir en nous. Lavez-vous, nous dit le prophète Isaïe, purifiez-vous; cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien; venez ensuite, et soutenez devant moi la cause de ces âmes pour qui vous vous intéressez: c'est alors que je vous écouterai, que j'accepterai vos oblations, que je me laisserai fléchir par vos prières. Saint François-Xavier nous dit la même chose dans une de ses lettres: « Vous pensez à vos frères qui souffrent dans un autre monde, vous avez la religieuse ambition de les soulager; mais pensez d'abord à vous-mêmes: Dieu n'écoute point celui qui se présente à lui avec une conscience souillée; avant d'entreprendre de soustraire des âmes aux peines du purgatoire, commencez par délivrer les vôtres de l'enfer ». Cet avertissement nous regarde tous, et pour peu que tout ce que nous avons médité jusqu'à ce jour, sur l'état des âmes de l'Église souffrante et sur les motifs de les secourir, ait laissé en nous quelqu'impression, nous nous ferons un devoir de rentrer en grâce avec Dieu et d'éviter les souillures du péché, pour pouvoir agir efficacement en leur faveur. Car par là nous glorifierons Dieu, par là nous ne perdrons pas le fruit de nos bonnes œuvres et nous consolerons nos frères dans leur affliction; par là aussi nous attirerons sur nous les grâces du salut les plus abondantes.

Considération

Tout se lie dans notre Divine Religion. Pour travailler efficacement au soulagement des âmes du Purgatoire, notre premier devoir est de nous purifier. Cette obligation doit nons rendre encore plus chère cette dévotion, puisque, indirectement, elle nous procure un si grand avantage. N'oublions jamais les principes médités en ce jour. Examinons-nous soigneusement, lavonsnous, si c'est nécessaire, dans les eaux salutaires de la pénitence, avant de songer à satisfaire pour ces âmes souffrantes et à les délivrer.

Prière

O mon Saint Ange gardien, c'est à vous que je m'adresse aujourd'hui pour vous demander de me rappeler souvent à l'esprit que, si je veux satisfaire mon vif désir de secourir les âmes du Purgatoire, je dois être en état de grâce, puisqu'autrement tout ce que je ferais pour elles serait sans effet: ajoutez ce motif à tous ceux que vous m'inspirez, afin que je sois de plus en plus attentif et empressé à rentrer dans cet état, si, ce qu'à Dieu ne plaise, le péché m'en avait fait sortir. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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15 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Seizième jour

Défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Notre Charité doit être sans doute maintenant instruite et éclairée par les méditations faites jusqu'à ce jour, sur la nécessité de soulager les membres de l'Église souffrante, et nous sommes déterminés à remplir ce devoir que nous n'avons peut-être que trop négligé: occupons-nous donc aujourd'hui des moyens convenables et efficaces de le remplir: car l'on peut avancer avec un grand évêque, qui fut autrefois une des lumières de l'Église de France, Saint Sidoine Apollinaire, que dans le monde même chrétien, il y a peu de personnes qui, selon les principes et les règles de la religion, aient pour les morts une solide et vraie Charité. Et, en effet, on en voit peu qui contribuent réellement à soulager leurs peines; peu qui se servant des moyens que nous fournit le christianisme, leur procurent les secours dont ils ont besoin et dont ils pourraient profiter. On ne laisse pas cependant, à en juger par les apparences, d'avoir pour les morts de la piété; mais il arrive que ce qu'on appelle piété pour les morts, est une piété stérile et infructueuse; ou une piété d'ostentation; ou une piété mondaine et païenne, qui n'agit point par les vues de la Foi; ou, enfin, une piété qui, toute chrétienne qu'elle est, ne produit que des œuvres mortes, c'est-à-dire des œuvres sans mérite, parce qu'elles ne sont pas faites en état de grâce. L'on peut appeler piété stérile et infructueuse pour les morts, celle qui ne consiste qu'en de vains regrets, qu'en d'inutiles lamentations, qu'en des cris lugubres. « Nous voyons, dit Saint Bernard, des morts pleurer d'autres morts; nous voyons des hommes vivants, mais tout mondains et par là morts devant Dieu, pleurer sincèrement et amèrement la mort de ceux qui leur ont été chers pendant la vie: mais que nous paraît-il de tout cela? beaucoup de pleurs et peu de prières, peu de charité, peu de de bonnes œuvres; des gémissements, niais de nul effet; des excès de désolation sans aucun fruit. Ceux qui pleurent de la sorte, méritent bien eux-mêmes d'être pleurés ».

Et, en effet, de quel secours peut être à une âme l'excès de votre douleur? Tous ces témoignages d'une affection outrée et sans mesure seront-ils capables d'adoucir sa peine; et pensez-vous que ce feu purifiant, dont elle ressent les vives atteintes, puisse s'éteindre par les larmes qui coulent de vos yeux? « Ah! mon frère, écrivait Saint Ambroise à un seigneur distingué, pour le consoler sur la perte qu'il avait faite d'une sœur qu'il aimait uniquement, réglez-vous jusque dans votre douleur. Toute violente qu'elle est soyez équitable et chrétien. Dieu vous a ôté une sœur, qui vous était plus chère que vous-même: priez pour elle et pleurez sur vous. Pleurez sur vous, parce que vous êtes un pécheur encore exposé aux tentations et aux dangers de cette vie; et priez pour elle afin de la délivrer des souffrances de l'autre. Voilà le zèle que vous devez avoir : car voilà ce qui peut lui servir, et de quoi elle vous sera éternellement redevable ». Appliquons-nous à nous-mêmes ces paroles de Saint Ambroise: nous éviterons par là le danger de n'avoir pour les morts qu'une piété stérile et infructueuse. Rien de plus commun aussi qu'une piété d'ostentation pour les morts, c'est-à-dire une piété qui se borne à l'extérieur des devoirs funèbres, aux cérémonies d'un deuil, à l'appareil d'un convoi, à tout ce qui peut briller aux yeux des hommes; aimant ce faux éclat jusque dans les choses les plus saintes, tels que sont les services de l'Église, où souvent il y a plus de pompe que de religion. Non pas toutefois qu'on veuille condamner tout ce ce qui se pratique extérieurement dans les funérailles, car l'abus qu'on en fait n'empêche pas que ce ne soient de saints devoirs dans leur origine et dans l'intention de l'Église, qui les a institués; mais l'on veut seulement dire que ce n'est pas à cela que doit se borner toute notre piété envers les morts; que, si nous en demeurons là, nous ne faisons rien pour eux; que, comme l'a très bien remarqué Saint Augustin, tout ce soin d'une honorable sépulture est plutôt une consolation pour les vivants qu'un soulagement pour les morts; solatia vivorum, non subsidia mortuorum; qu'une âme dans le purgatoire nous est incomparablement plus obligée des bonnes œuvres et des aumônes, dont nous lui appliquons le fruit, que de toute la dépense et de toute la magnificence de ses obsèques; qu'une communion faite pour elle lui marque bien mieux notre reconnaissance, que les plus riches et les plus superbes monuments; et qu'il y a, au reste, une espèce d'iniquité, ou même d'infidélité, à n'épargner rien quand il s'agit de l'inhumation d'un corps, qui n'est dans le tombeau que pourriture, tandis qu'on néglige de secourir une âme qui est l'épouse de Jésus Christ et l'héritière du Ciel.

Parlerons-nous encore d'une autre espèce de piété pour les morts, de cette piété toute mondaine et toute païenne, qui, n'ayant pour objet que la chair et le sang, n'agit pas dans les vues de la foi? Elle n'inspire pour les morts que des sentiments naturels, que des sentiments peu soumis à Dieu, que des sentiments qui montrent bien qu'au lieu d'aimer la créature pour Dieu, l'on n'aime Dieu, ou plutôt l'on n'a recours à Dieu que pour la créature. Ah! mes frères, disait saint Paul aux Thessaloniciens, à Dieu ne plaise que je vous laisse ignorer ce qui concerne les morts, et la conduite que vous devez tenir à leur égard. Je veux que vous te sachiez , afin que vous ne vous attristiez pas, comme tes nations infidèles, qui n'ont nulle espérance dans l'avenir. Prenez garde, dit saint Jean Chrisostôme en expliquant ce passage: il ne leur défendait pas de pleurer la mort de ceux qu'ils avaient aimés et dû aimer pendant la vie; mais il leur défendait de pleurer comme les païens qui, n'étant pas éclairés des lumières de la vraie religion, confondent là-dessus la piété avec la sensibilité, le devoir avec la tendresse, ce qui doit être de Dieu avec ce qui est purement de l'homme. La Foi seule nous apprend à en faire le discernement; et réglant en nous l'un par l'autre, elle nous fait concevoir pour les morts des sentiments chrétiens et raisonnables. Ce sera aussi la Foi qui, les jours suivants, nous apprendra quels sont les seuls moyens convenables et efficaces, propres à apporter du soulagement aux âmes du purgatoire; la prière, le Saint Sacrifice, les bonnes œuvres : en un mot, tout ce que la vraie piété pratique pour plaire à Dieu, et obtenir ses faveurs pour les vivants et pour les morts.

Résolution

Retranchons de notre piété pour les morts tout ce qu'il y a d'humain, tout ce qui peut la rendre infructueuse: que la Foi seule nous anime et soit le mobile de tout ce que nous faisons pour leur soulagement. Quel désagrément, et pour nous et pour les morts auxquels nous nous intéressons, si des sentiments peu chrétiens nous faisaient perdre le fruit des soins que nous nous donnons pour marquer notre amour envers ceux que nous avons chéris sur la terre!

Prière

Seigneur, mon Dieu, je Vous demande instamment la grâce d'être guidé par une Foi vive dans tout ce que je ferai pour le soulagement des âmes du Purgatoire: ne permettez pas que des motifs indignes d'un chrétien fassent de ces œuvres des œuvres mortes, sans mérite pour moi et sans aucun effet pour mes frères souffrants. Par les mérites de Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Âmes du Purgatoire.

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Prière du "Me Voici"

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Saint Michel Garicoïts

Fondateur des Pères du Sacré Coeur de Betharram et restaurateur du Sanctuaire de N.D. de Betharram

1797-1863

 

Prière du « Me Voici »

 

O Marie, nous voici! Recevez-nous et présentez-nous à Votre Divin Fils. Je Vous salue Marie...

O Jésus, nous voici! Recevez-nous des mains de Votre Sainte Mère et présentez-nous à Votre Père. Ame du Christ, sanctifiez-moi...

O Père Eternel, nous voici! Recevez-nous des mains de Votre Fils Bien-aimé. Nous nous abandonnons à Votre Amour. Oui, mon Dieu, nous voici sans réserve, maintenant et à jamais sous la conduite de Votre Esprit Saint et de nos supérieurs. Sous la protection de Jésus et de Marie, de nos Bon Anges et de nos Saints patrons. Notre Père...

 

Voir aussi: http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2010/05/23/17982476.html

Saint Léon-Ignace Mangin et ses Compagnons

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Saint Léon-Ignace Mangin et ses Compagnons

Jésuites martyrisés pendant la révolte des Boxers

+ en 1900

Fête le 19 juin

 

L'année 1900 fut, pour les Missions Catholiques de Chine, une année sanglante. Des fanatiques, surnommés « Boxers », s'excitaient à la haine des Chrétiens et de leurs Missionnaires. Dans la mission des Jésuites Français, nommée Tche-li sud-est, en juin et juillet 1900, plus de 2000 Chrétiens Chinois donnèrent courageusement leur vie plutôt que de renier leurs Foi. Avec eux furent mis à mort cinq Jésuites: Le premier nom de la liste est celui du Père Mangin, né à Verny (Diocèse de Metz), le 31 juillet 1857. Arrivé en Chine en 1882, il fut d'abord curé de la section de Ho-Kien-Fou, puis de celle dont faisait partie Tchou-Kia-Ho, où il mourut martyr. Le 20 juillet 1900, les bandes de « Boxers », aidés par l'armée régulière, massacrèrent sans pitié hommes, femmes et enfants qui refusaient d'apostasier. Les chrétiens, qui, pour se défendre, s'étaient réfugiés dans l'église de King-Tchéou sous la conduite de leur curé et de son adjoint au village voisin de Koutcheng, le Père Paul Denn (né à Lille en 1847 et arrivé en Chine en 1882) ; les deux prêtres partagèrent le sort de leurs fidèles. Un mois auparavant, le 20 juin, au village de Ou-Y les Pères Rémi Isoré, né à Bambecque (diocèse de Lille) le 22 juillet 1852, Modeste Andlauer, né à Rosheim (diocèse de Strasbourg) en 1847, avaient été massacrés et leurs têtes suspendues aux remparts de la ville et Victor Lomüller, né en Alsace. Le 3 octobre 2000, Ils ont étés canonisés par Jean-Paul II à Rome avec cinquante-six autres martyrs morts en 1900, victimes, eux aussi, de la révolte des "Boxers", parmi eux, citons Sainte Marie-Hermine de Jésus et ses soeurs, Franciscaines Missionnaires de Marie et Saint Joseph-Marie Gambaro, Frère Mineur.

 

Prière pour obtenir des grâces par l'intercession des Saints Jésuites Martyrs

 

O Dieu, qui avez envoyé a tous les peuples des apôtres pour leur ouvrir le chemin du Ciel, Vous qui avez donné à Saint Léon-Ignace Mangin et à ses compagnons missionnaires en Chine, le courage de verser leur sang pour la Foi, daignez inspirer à Votre Eglise d'accorder à ces vaillants Martyrs, pour la Gloire de Votre Nom et la conversion du peuple Chinois, les grâces que nous Vous demandons. Ainsi soit-il.

 

Prière pour nos frères Chrétiens de Chine persécutés

 

Dieu Eternel et Tout-Puissant, consolation des affligés et Force de ceux qui souffrent, faites que nos frères de Chine obtiennent par l'intercession des Saints Martyrs, la paix dans votre service, le réconfort dans le combat, et la grâce de Vous glorifier. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

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Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

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14 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Quinzième jour

Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà dans le ciel

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Quoique convaincus de l'importance et de l'efficacité de la prière pour les morts, nous admettons souvent un préjugé bien funeste pour certaines âmes. On les néglige parce qu'on les considérait comme saintes, comme vivant toujours dans la Grâce de Dieu; on les croit donc dans le Ciel, et par conséquent on les oublie, on ne leur porte aucun secours. Ce n'est pas que le souvenir de ces vertueuses âmes soit effacé: au contraire, on ne cesse d'en parler avec de nouveaux éloges, et on se fait gloire d'avoir eu part à leur intimité. Mais il semble que l'admiration même tarisse toutes les sources de la compassion qu'elles méritent. Il semble que l'excellence même de leurs qualités et la réputation avantageuse dont elles jouissent, empêchent tout le monde de songer à leurs besoins pressants. Ainsi se hâte-t-on de les placer au Ciel, quelquefois longtemps avant qu'elles n'y soient: car, qui ne sait que Dieu découvre dans les plus grandes âmes ce que ni l'homme ni l'ange ne soupçonnent même pas? Dieu seul connaît la mesure des grâces dont il les favorise, et celle de leur fidélité à y correspondre: Dieu est le seul témoin et le juste appréciateur de leurs combats et de leurs victoires: Dieu seul voit la hauteur du rang qu'il leur destine dans Son Royaume, et les conditions auxquelles elles doivent y atteindre. Quelle âme plus héroïque, plus consommée en Dieu, que celle d'un P. La colombière, jésuite? Cependant ne se vit-elle pas arrêtée au moment de prendre possession de sa couronne, suivant la révélation qu'en eut sa pénitente, la principale institutrice de la dévotion au Sacré Cœur de Jésus? Quelqu'éminentes qu'aient donc paru les vertus de ceux ou de celles que la mort nous enlève, soyons persuadés que nous ne saurions leur témoigner un amour plus tendre et plus généreux qu'en nous occupant vivement du passage, toujours inquiétant, du temps à l'éternité. Et, du reste, nous ne devons pas craindre de perdre le fruit de nos vœux et de nos prières en faveur de ces âmes, déjà peut-être introduites au lieu du repos éternel: les besoins de l'église souffrante ne sont-ils pas immenses? Abandonnons au Seigneur l'application de nos œuvres satisfactoires; si l'âme pour laquelle nous prions n'a pas besoin de nos secours, ils ne seront pas perdus, ils seront appliqués à d'autres infortunés.

Le préjugé que nous combattons aujourd'hui provient de la fausse idée que les hommes se forment de la sainteté; ils ne connaissent pas la pureté nécessaire pour paraître devant Dieu. Pour peu qu'ils voulussent y réfléchir, ils se convaincraient de la vérité de l'opinion de tous les Saints sur la rareté prodigieuse des âmes assez éprouvées, assez saintes pour passer sans délai de cette vallée de larmes à la Céleste Patrie, dans les tabernacles du Dieu vivant. Ils comprendraient même en tremblant que le nombre des âmes jugées dignes d'aller en Purgatoire est très petit. Si l'on s'en tient cependant à l'opinion presque générale des chrétiens, ne semble-t-il pas, au contraire, que le Purgatoire est le partage ou la destinée du plus grand nombre des mourants? C'est qu'ils s'aveuglent sur les obligations que nous impose le titre de disciples de Jésus-Christ, c'est-à-dire disciples de l'Homme-Dieu, pauvre, humble, doux, pénitent, mortifié, méprisé, etc., etc. Qu'ils examinent en particulier chaque vertu absolument nécessaire pour être sauvé. Sur la Charité seule, que de prévarications imperceptibles à une foule de gens d'esprit, de gens éclairés? Savent-ils que quelquefois le silence même est très-criminel? Pénètrent-ils jamais les vrais motifs de tant d'omissions à l'égard du prochain? Aperçoivent-ils tout le danger d'une médisance fine? Soupçonnent-ils seulement les suites d'une légère raillerie? Touchant l'intérêt, la cupidité, l'ambition, ils s'autorisent des moindres prétextes; une raison tant soit peu spécieuse les détermine aussitôt. Quant à la vanité, et souvent une vanité aussi étrange que puérile, qui pourrait en calculer au juste les délits? Et la sensualité, et l'oisiveté: quel amas, quelle immensité de dettes on accumule! Multiplier continuellement les fautes légères de toute espèce, et n'y prendre pas garde; se laisser aller à tous ses goûts, ses penchants, ses caprices, sans autre considération que celle de ne pas enfreindre ou violer les préceptes quant à l'essentiel; ne songer qu'aux douceurs de la vie et jamais à la pénitence; ne se priver de rien, ne se gêner en rien; n'avoir jamais aucun sacrifice à faire; substituer souvent sa santé au devoir, son amusement aux affaires, le jeu aux bonnes œuvres; se réjouir tant que l'on peut, réfléchir sur son âme le moins que l'on peut; toujours voir le présent, rarement l'avenir; éloigner l'idée de la mort; prier néanmoins, mais comment? assister aux offices, entendre la Parole de Dieu, approcher des Sacrements, faire des lectures pieuses, mais comment et avec quel fruit? Ainsi vit-on; ainsi meurt-on communément; et voilà, ce semble, bien des classes de fidèles, réputés bons, que nous présente ce petit tableau: fidèles irréprochables aux yeux d'un monde, je ne dis pas profane, mais chrétien même. Que d'illusions détruites sur ces prétendus saints, si Dieu nous ouvrait les yeux, comme il les ouvrit au Cardinal Aubert, devenu Pape sous le nom d'Innocent VI. Un jour qu'il s'entretenait avec un solitaire, tout à coup Dieu fit voir à l'un et à l'autre, qu'au moment même où ils conversaient ensemble, les âmes tombaient en foule dans l'enfer; qu'un très petit nombre allait en Purgatoire et que trois seulement avaient le bonheur d'entrer dans le Ciel.

Défendons-nous toutefois d'une autre préjugé qui nous ferait considérer comme réprouvées certaines âmes qui, pendant leur vie mortelle, nous ont paru vicieuses et coupables. Jugement terrible que l'exemple de Jacob pleurant son fils Joseph, qu'il croyait dévoré par une bête féroce, devrait nous empêcher de porter: car, de même que Joseph respirait encore et gémissait dans la captivité, en attendant le sort le plus glorieux que Dieu lui préparait, cette âme, que vous croyez frappée d'une mort éternelle, est peut-être une âme prédestinée; elle languit dans le Purgatoire et Dieu lui destine une place dans le Ciel. Prions donc pour tous les morts, aussi bien pour les pécheurs morts dans la communion de l'Église, que pour les justes que nous croyons jouir déjà de la gloire céleste. Les secrets du cœur humain nous sont trop inconnus pour faire de ces exceptions, et priver par là de nos secours des âmes qui en ont peut-être le plus grand besoin.

Considération

Que la méditation de ce jour n'ait pas pour seul résultat de détruire en nous ce préjugé, si nous l'avrons pour certaines âmes; qu'elle nous fasse en outre rentrer en nous-mêmes; et prenons la ferme résolution de travailler à entrer sans délai après notre mort dans le ciel, de peur qu'à l'exemple de tant de chrétiens tièdes, qui ne visent qu'au purgatoire, nous ne soyons engloutis comme eux dans les abîmes éternels de l'enfer.

Prière

Saints Anges gardiens de toutes ces âmes qui souffrent encore dans le Purgatoire, et que leurs frères de l'Eglise militante croyent faussement jouir du bonheur éternel, dissipez ce funeste préjugé; inspirez-nous de nous intéresser efficacement à leur triste sort, et joignez-vous à nous pour obtenir du Dieu des Miséricordes que nos satisfactions leur ouvrent incessamment les portes du Ciel, afin que, par leur intercession rendue plus vive par leur reconnaissance, elles nous obtiennent la grâce de les rejoindre à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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Sainte Anna Schäffer de Mindelstetten

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Sainte Anna Schäffer de Mindelstetten

Mystique et stigmatisée bavaroise

1882-1925

Fête le 5 octobre

 

A l'occasion de la canonisation des plusieurs Bienheureux, à Rome, le 21 octobre dernier, parmi lesquels se trouve Sainte Anna Schäffer. Nous avons pensé vous présenter cette grande mystique, qui fut aussi une grande malade, si méconnue dans nos pays francophones. A notre époque, ou la souffrance est si combattue, Anna Schäffer vient nous rappeler son importance, car la souffrance nous configure à la Croix. Que son exemple et son message soient féconds pour nous.

F.M.

 

Vie de Sainte Anna Schäffer


Au cœur de la Bavière, entre Ratisbonne et Ingolstadt, se trouve le petit village de Mindelstetten. C’est là que le 18 février 1882 naquit et fut baptisée Anna Schäffer, fille d’un menuisier du village. La famille était nombreuse et vivait dans des conditions modestes. La mère imprégnait la famille d’un esprit chrétien. L’enfant grandit et devint une jeune fille vigoureuse et pleine de santé. Elle fut une élève brillante, mais resta cependant calme, modeste et pieuse. A l’occasion de sa première communion en 1894, elle offrit sa vie en sacrifice au Sauveur. A 13 ans, elle partit vers Ratisbonne pour devenir domestique. Elle espérait gagner ainsi sa dot pour entrer dans un ordre missionnaire.

Après la mort de son père en 1896, elle fut domestique à Landshut. C’est là qu’en juin 1898, elle reçut l’appel décisif de Jésus: elle devait sous peu, et pour longtemps, beaucoup souffrir. Même si, dans son âme d’enfant, elle avait toujours un grand désir de don total, elle s’était la même année consacrée à Marie, sa première réaction fut celle de tout homme en bonne santé: frayeur et fuite. Elle fut engagée dans une maison forestière à Stammham. C’est à cet endroit, dans la buanderie, que, le 4 février 1901, commença son martyre. Alors qu’elle essayait de remettre en place le tuyau de poêle situé au-dessus de la lessiveuse et qui venait de se détacher, elle glissa et ses deux jambes tombèrent dans la lessive bouillante jusqu’au dessus des genoux. Ni à l’hôpital de Kösching (près d’Ingolstadt), où elle fut tout d’abord conduite, ni dans une clinique à Erlangen (près de Nuremberg), on ne put guérir ses blessures. En mai 1902, définitivement invalide, elle quitta enfin la clinique; à partir de ce moment, son état ne fit que se dégrader, si bien qu’elle fut obligée de garder le lit. A son infirmité vint rapidement s’ajouter une pauvreté noire. Par égards pour la famille de son frère, sa mère et elle durent quitter la maison parentale, louèrent une chambre, et durent joindre les deux bouts avec une pension d’invalidité de 9 Reichsmark. Après une période de révolte, Anna apprit à reconnaître la volonté de Dieu dans sa dure école de souffrance, et y consentit avec toujours plus de joie. La jeune fille reconnut dans son infirmité et sa pauvreté un appel d’amour du Crucifié, la mission et l’accomplissement de sa vie. Elle prit la résolution d’offrir sa vie et sa souffrance en sacrifice à Dieu, et développa un zèle étonnant pour la prière, la pénitence et l’expiation. Le curé du lieu, Karl Rieger, fut pour elle un bon directeur spirituel et lui apportait quotidiennement la Communion. Tout comme les autres habitants du village, il l’aidait également matériellement.

Plusieurs événements extraordinaires eurent lieu lors de l’automne 1910. Elles eut plusieurs visions, Anna parlait de rêves, tout d’abord de Saint François, puis du Sauveur qui était prêt à accepter son sacrifice d’expiation. Elle reçut alors les Stigmates de la Passion, mais peu de personnes eurent connaissance de ce fait. A partir de ce moment, elle se trouva fortifiée dans son service d’apostolat, promettant son intercession et consolant ceux qui le lui demandaient personnellement ou par écrit. Des demandes d’intercessions vinrent non seulement d’Allemagne, mais aussi d’Autriche, de Suisse, et même d’Amérique.

A l’occasion de la fête de Saint Marc en 1923, elle eut une extase et vécut les événements du Vendredi Saint; à partir de ce moment, son état se détériora visiblement: paralysie complète des jambes, crampes atroces à la suite de problèmes au niveau de sa moelle épinière, et cancer du rectum. Cinq semaines avant son retour vers le Père, elle chuta de son lit, la fracture du crâne qui en résulta causa des dommages cérébraux qui diminuèrent l’usage de la parole et la rendirent partiellement aveugle. Ses souffrances, durant les dernières années de sa vie, étaient telles que tous s’étonnaient qu’un être humain puisse supporter une telle torture physique.

Le matin du 5 octobre 1925, mourante, elle reçut pour la dernière fois la Sainte Communion. C’est dans celle-ci qu’elle avait en effet puisé la force de supporter ses 25 années de souffrance. Avant de quitter cette terre, elle se signa une dernière fois et pria « Jésus, je vis pour toi... » Une grande foule assista à son enterrement, le 8 octobre 1925. Le curé Rieger, lors de l’oraison funèbre, s’en tint à mentionner les nombreuses grâces obtenues au cours de cette vie de martyre, et fit allusion à la grandeur de la grâce de Dieu pour la défunte.

Depuis la mort d’Anna, sa tombe ne cesse d’être le but de nombreux pèlerins qui viennent implorer son intercession dans leurs besoins, la remercier pour l’aide qu’elle leur a accordé, et avant tout prier pour sa béatification. On compte jusqu’à présent plus de 14.000 prières exaucées. En réponse à la demande pressante des pèlerins, l’évêque de Ratisbonne, Rudolf Graber autorisa, le 26 juillet 1972, le transfert des ossements de la servante de Dieu du cimetière vers l’église paroissiale de Mindelstetten et annonça l’ouverture de son procès en béatification. Depuis lors, chaque année, à l’occasion de la fête de Sainte Anne (26 juillet), des milliers de personnes affluent vers Mindelstetten et y observent une journée de prière et d’expiation. Après que la commission de la congrégation pour les canonisations ait reconnu sans équivoque le caractère vertueux et héroïque d’Anna Schäffer, le Bienheureux Pape Jean Paul II lui conféra le 11 juillet 1995 le titre de vénérable. Le miracle nécessaire à sa béatification fut officiellement reconnu par Rome le 3 juillet 1998, et elle fut déclarée bienheureuse par le Saint Père le 7 mars 1999. Elle a été canonisée le 21 octobre 2012, par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI.

Le message de Sainte Anna Schäffer

La « Schreiner Nandl von Mindelstetten » (la Nandl [Anna] du menuisier de Mindelstetten), comme elle est affectueusement nommée, a été élevée par Dieu comme un signe lumineux de son amour. Elle est de ceux qui, contrairement à la médiocrité ambiante, suivent sincèrement le Christ. Elle montra l’exemple afin que les hommes fassent moins attention au bien-être terrestre qu’au salut éternel (cfr. Hb, 13, 14 et 11, 10), qu’ils fassent également le lien entre l’apostolat d’action et celui de la prière, du sacrifice et de la souffrance, qu’ils offrent discrètement un sacrifice d’expiation et qu’ils vivent un amour responsable du salut de l’âme du prochain. C’est dans cet appel pour nous que se trouve sa grandeur et son importance. Anna a compris ce que St. Jean attestait de Jésus Christ, à savoir qu’il « est la victime offerte pour nos péchés » (1 Jn., 2, 2) et elle fit sienne la parole de l’apôtre Saint Paul : « je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l’accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l'Église » (Col., 1, 24). Sainte Anna Schäffer a reçu l’expiation comme un devoir chrétien, et a laissé en testament cette prière, qui rappelle le message de Fatima: « Sacré Cœur de Jésus, donnez-moi beaucoup d’âmes, particulièrement celles qui, suite au désespoir, ne peuvent plus se prendre en charge; celles qui sont proches du gouffre et qui ont le plus besoin de la grâce. Sacré Cœur de Jésus, multipliez mes souffrances et offrez-moi pour cela des âmes que je puisse sauver pour Vous! Sainte Mère des douleurs, donnez-moi toujours une soif ardente de travailler au salut des âmes immortelles, de prier et de souffrir pour elles!»

 

Neuvaine à Sainte Anna Schäffer


Seigneur, Sainte Anna Schäffer, fortifiée par Votre grâce infinie, s’est consumée en un sacrifice silencieux, dans un abandon héroïque à la Volonté de Dieu. Donnez-nous, à son image et par son intercession, de reconnaître que la prière, le sacrifice et l’expiation sont les meilleurs moyens pour nous mener au salut dans le temps et l’éternité. Donnez-nous la force d’agir à son image. Offrez par son intercession aux pécheurs, la conversion; à l’église, l’unité; aux familles et aux peuples, la paix; aux prêtres, la persévérance et la fidélité; aux jeunes, la crainte de Dieu et la pureté. Appelez les incroyants et les égarés dans Votre Royaume ! Soyez indulgent et Miséricordieux avec les âmes des morts. Écoutez notre prière et accordez-nous par l’intercession de Sainte Anna Schäffer, les grâces (...) pour lesquelles nous Vous prions avec confiance. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.
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Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour approfondir

Biographie de Sainte Anna Schäffer sur le site de l'Abbaye de Clairval, cliquer ICI

13 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Quatorzième jour

Autres motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

L'intérêt de la majesté du Roi des rois, que nous ne pouvons glorifier avec plus d'assurance de Lui plaire et de contenter Son désir, qu'en peuplant le Ciel de nouveaux hôtes; l'intérêt du prochain que nous tirons de la captivité la plus pénible, pour le faire aussitôt jouir du bonheur céleste; notre intérêt personnel, c'est-à-dire celui de notre sûreté au milieu des innombrables ennemis du Salut; celui de notre prospérité même sur la terre; celui d'une prompte délivrance du lieu d'exil, destiné à purifier les âmes, et de l'accélération de notre couronnement dans le Royaume des Cieux; enfin la Charité, la justice, la reconnaissance: tels sont les motifs, aussi touchants que sublimes, qui ont été l'objet de nos méditations les jours précédents. Ils ont dû nous prouver combien cette dévotion est propre à glorifier Dieu et, en outre, combien elle est utile au prochain et à nous-mêmes. Nous allons aujourd'hui méditer deux nouveaux caractères qui la distinguent, et qui nous feront comprendre qu'elle est fondée sur les lumières de la raison, et qu'elle est consolante. Nous verrons par là que les hérétiques, en attaquant, dans leur rage contre l'Église Catholique, la prière pour les morts, n'ont pas seulement foulé aux pieds la Foi et l'enseignement de l'Église universelle, et la tradition de tous les siècles, mais qu'ils ont même méprisé les lumières que la raison seule fournit pour établir cette vérité.

En effet, le simple bon sens, sans science, sans érudition, suffit pour montrer combien la prière pour les morts est raisonnable. Qu'on demande à un chrétien ce que devient l'âme au moment de la mort? Lui, qui reconnnaîl un Dieu Juste, qui adore un Dieu Miséricordieux et néanmoins un Dieu ennemi de toute iniquité, incapable par son essence et par sa nature de laisser entrer dans son royaume rien d'infecté par la contagion du péché, il ne placera pas l'âme encore souillée à côté de celle qui est pure, la faiblesse avec le courage, les œuvres de la fragile humanité avec les œuvres chrétiennes. Cependant, il ne sera pas assez injuste pour fermer à jamais l'entrée du ciel à ces âmes, à la vérité encore souillées, mais qui brillèrent par la pureté de la foi, la vivacité de l'espérance et l'ardeur de la charité. Non, il n'enveloppera pas dans un même sort la surprise et la malice, la faiblesse et le crime, l'homme de bien souillé de quelques tâches légères et le scélérat noyé dans son iniquité. L'un sera purifié, et l'autre sera réprouvé. Point de chrétien, tant soit peu sensé, qui ne raisonne ainsi. De là vient que de tous les dogmes de l'Église catholique il n'y en a guère de plus répandu, de plus généralement reconnu, par ses adversaires mêmes, que le dogme du Purgatoire. La connaissance d'un Dieu Juste et Saint a réuni les religions les plus ennemies, les plus opposées dans la croyance d'un Purgatoire, c'est-à-dire d'un lieu où l'âme se purifie entièrement avant de jouir de la récompense éternelle. Mais les prières des Fidèles ont-elles entrée dans ce rigoureux séjour? car c'est là une condition essentiellement requise pour que ces prières soient raisonnables. Laissons encore de côté les preuves de la tradition et des Pères en faveur de cette vérité, et raisonnons. Nos prières portées dans un lieu où règne la justice d'un Dieu offensé, mais en même temps ami des âmes qu'il châtie, mais en même temps disposé à la miséricorde et à la clémence; nos prières, dis-je, seront-elles rejetées si elles sont faites avec ferveur pour le soulagement et la délivrance de ces âmes captives? Ce Dieu qui nous ordonne de nous aimer les uns les autres, de nous aider les uns les autres, de prier les uns pour les autres: ce Dieu qui veut que tous les chrétiens soient liés ensemble par la prière et par les saintes œuvres, comme les membres d'un seul et même corps; ce Dieu qui, au témoignage de l'Écriture, exauce si efficacement les prières des vivants pour d'autres vivants, méprisera-t-il des vœux purs et ardents en faveur de nos frères morts? Non, le Dieu de la Charité ne rejetera pas l'œuvre de la plus grande, de la plus excellente Charité; car c'est encore là un des caractères de la prière pour les morts; les méditations faites jusqu'à ce jour le prouvent suffisamment, et nous dispensent de nous étendre sur ce point. Développons plutôt un instant le second caractère de la dévotion envers les âmes du purgatoire, qui nous la montrera pleine de consolation.

En effet, quelles sont les réflexions que peut et que doit m'inspirer la prière pour les morts? Elle m'apprend que je dois mourir aussi un jour, et elle m'apprend en même temps que je suis immortel. Elle m'avertit que mes frères ne sont plus et qu'ils sont encore; qu'ils ne vivent plus en ce monde, mais qu'ils vivent au-delà du monde. Comme eux, j'ai une âme immortelle, comme eux, j'ai des droits à la jouissance du ciel; quelques jours d'une vie terrestre ne sont que le commencement de mon être. Bientôt les illusions d'un monde fugitif disparaîtront sans retour; des biens solides et permanents doivent en prendre la place. Cette grande vérité s'altère et s'oublie dans le tumulte des passions, dans le tourbillon des affaires; la prière pour les morts me la rappelle: elle me montre tout à la fois ce que je suis, ce que je serai un jour, ce que je serai toujours. Actuellement je prie pour mes frères, un jour ils prieront pour moi. Plus saints que moi, plus puissants que moi, ils prieront avec plus de succès, avec plus d'efficacité que moi; et la faveur dont ils jouiront auprès de Dieu, ils l'emploieront pour moi. Quelle idée consolante! quel motif de prier pour les morts! Ce sont des amis, selon l'expression du Sauveur du monde, qui m'ouvriront les tabernacles éternels. Et sur la terre, ce que je vois faire à l'Église de Dieu pour ses enfants morts dans sa communion, elle le fera un jour pour moi : je jouirai aussi de ses bienfaits, surtout si je m'occupe avec elle de ses membres souffrants. Mes parents et mes amis m'oublieront aussitôt que j'aurai disparu de dessus la terre; ne m'oubliassent-ils pas, bientôt ils disparaîtront eux-mêmes. L'Eglise du Dieu vivant vivra toujours et ne m'oubliera jamais. La mémoire de l'impie périra , mais la mienne subsistera: l'Eglise ne perdra jamais de vue une âme qu'elle a adoptée et qui lui a été fidèle. Mon père et ma mère m'ont abandonné; mais le Seigneur, l'épouse du Seigneur, la sainte Église, m'a recueilli (Ps. 26). Telles sont les réflexions que -nous devons faire en priant pour les morts; et nous devons les considérer comme un motif bien puissant de pratiquer cette dévotion déclarée par l'Esprit de Dieu sainte et salutaire.

Instruction

Jusqu'à présent peut-être nous n'avions regardé la prière pour les morts que comme quelque chose de triste, uniquement propre à nous donner des idées lugubres; et c'était peut-être ce qui nous la faisait négliger. Les réflexions précédentes nous la feront sans doute considérer sous un autre aspect, et nous inspireront la résolution de ne plus négliger cette œuvre de la plus éminente charité, et pour notre prochain et pour nousmêmes.

Prière

O Dieu de bonté, je me joins à la Sainte Eglise, à cette tendre mère, et je Vous implore de concert avec elle pour tous ces enfants chéris que le lieu d'expiation achève de purifier, et auxquels personne ne s'intéresse directement. Rendez, Seigneur, plus efficaces les prières que nous Vous adressons pour ces âmes privées de tout secours: faites-les participer abondamment aux mérites infinis du Sang Précieux de notre Divin Sauveur, Jésus, le Christ, notre Seigneur Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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12 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Treizième jour

Suite des motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

3° Notre propre intérêt

Si les deux motifs que nous avons médités les jours précédents, ne suffisent pas pour nous exciter à travailler à procurer la Gloire de Dieu et la délivrance des âmes souffrantes ; si nous sommes de ces hommes qui n'aiment qu'eux-mêmes, et qui n'ont égard qu'à leur intérêt personnel, ce troisième motif ne nous laissera aucun doute sur les avantages de cette dévotion. En effet, quel intérêt plus grand pour nous que de contribuer à la délivrance d'une âme du Purgatoire ? Quel avantage que de pouvoir dire : Il y a une âme dans le Ciel qui m'est en partie redevable de son bonheur, une âme que j'ai mise en possession de sa béatitude, une âme spécialement engagée à prier pour moi ! Ne peut-on pas compter cet avantage parmi les grâces du Salut, et peut-être parmi les marques de la prédestination ? Si Dieu, par une révélation expresse, me faisait aujourd'hui connaître dans le séjour bienheureux une âme que j'eusse tirée du purgatoire, et qu'il me la désignât en particulier, avec quelle foi ne l'invoquerais-je pas ? Avec quelle confiance n'aurais-je pas recours à elle ? Avec quelle ferveur ne lui recommanderais-je pas mon salut éternel ? Or, il ne tient qu'à nous d'avoir cette consolation : car s'il y a en effet quelqu'une de ces âmes fidèles dont nous ayons avancé le bonheur, quoique nous ne la connaissions pas, elle nous connaît bien; et nous pouvons toujours en espérer du secours, comme d'une âme qui nous est acquise, dont nous avons été en quelque sorte les libérateurs, et qui, par conséquent, ne nous oubliera jamais. Non, elle ne fera certainement pas comme cet officier de Pharaon, qui, dès qu'il fut sorti de sa captivité, ne se souvint plus de Joseph, ni des étroites obligations qu'il lui avait. Il n'est pas nécessaire que nous disions à cette âme glorieuse ce que Joseph dit à cet homme ingrat : « Ame sainte, à qui, tout pécheur que je suis, j'ai pu procurer la liberté et la félicité dont vous jouissez, souvenez-vous de moi dans le lieu de votre repos, et usez envers moi de miséricorde, comme j'en ai usé envers vous : soyez touchée de mon état, comme je l'ai été du vôtre, et engagez Dieu par vos prières à me tirer de l'esclavage de mon péché, comme je l'ai engagé par les miennes à vous tirer du lieu de vos souffrances ». Il serait inutile de lui tenir ce langage, puisqu'étant sainte et bienheureuse, elle est désormais incapable de manquer à aucun devoir.

Mais, d'un autre côté, savons-nous ce qui nous arrivera, si nous n'avons pas ce zèle pour les âmes du Purgatoire ? C'est qu'on nous traitera un jour comme nous aurons traité les autres ; c'est que Dieu permettra qu'on nous abandonne, comme nous aurons abandonné les autres. Vérité si constante, que dans la pensée d'un savant théologien, un chrétien qui n'aurait jamais prié avec l'Église pour les âmes du Purgatoire, par une juste punition de Dieu, serait lui-même incapable de profiter dans le Purgatoire des prières que l'Eglise offrirait pour lui ; et, quoique cette opinion ne soit pas absolument reçue, au moins est-elle plus probable en ce sens que si, par la vertu des prières de l'Eglise, il y a des grâces pour les âmes du Purgatoire, nul n'y doit moins prétendre, ni n'en serait exclu avec plus de raison, que celui qui, pendant sa vie, aura négligé de prier pour les âmes de ses frères. En outre Dieu permettra que nos amis, nos parents, nos survivants les plus chers et les plus intimes ne songent plus à nous, dès qu'ils cesseront de nous voir, et qu'ils nous effacent de leur mémoire, comme nous aurons effacé de nos cœurs ceux qui nous avaient précédé en l'autre monde. Or, quelle perte irréparable pour nous que celle de la reconnaissance infinie des âmes dont nous aurions accéléré le bonheur par l'application de nos mérites ! Oui ! reconnaissance infinie, puisqu'elle serait en quelque sorte proportionnée au bien immense que nous leur aurions procuré. Jouir plus tôt d'un Dieu; cet avantage se peut-il comprendre ou exprimer ? Et l'âme qui nous en serait redevable abandonnerait-elle la nôtre à la merci des dangers sans nombre dont nous sommes sans cesse menacés ? Oh ! Comme elle veillerait sur nous du haut des Cieux, comme elle s'empresserait de présenter nos vœux et nos prières devant le trône de l'Éternel ! Comme elle solliciterait en notre faveur Ses grâces les plus abondantes et les plus précieuses ! Contribuer de tout son pouvoir à la prompte transmigration des âmes du lieu de leur exil dans la cité permanente du Roi des Cieux, c'est donc travailler pour ses propres intérêts, opérer efficacement son Salut, l'assurer même, autant qu'il est possible. Donnez et il vous sera donné, dit Jésus-Christ ; ainsi, si vous donnez vos soins à ces pauvres âmes, la Divine Providence prendra soin de vous ; si vous les négligez, on vous négligera. C'est ce que l'on voit tous les jours : Dieu, par un juste Jugement, permet qu'on oublie ceux qui ont oublié les âmes des défunts. L'Ecrivain Sacré a donc raison de dire : « C'est une sainte et salutaire pensée que de prier pour les morts ».

Instruction

Si nous sommes encore trop imparfaits, trop charnels en quelque sorte, pour que les deux premiers motifs fassent impression sur nous, ce troisième nous fera sans doute réfléchir. La prière pour les morts est sainte et salutaire ! Ces deux qualités nous prouvent les avantages de tous genres attachés à la dévotion pour les âmes du Purgatoire : nous ne serons donc pas assez ennemis de nous-mêmes pour la négliger plus longtemps.

Prière

O Dieu Tout Puissant ! Vous avez daigné permettre, dans Votre infinie Bonté, que les œuvres de Miséricorde méritent, à ceux qui les exercent, les grâces les plus abondantes : mille actions de grâces Vous soient rendues de nous avoir donné un moyen si salutaire de travailler à notre Salut, en nous intéressant aux âmes du Purgatoire. Accordez-nous d'être fidèles à pratiquer cette dévotion, ne doutant pas qu'elle ne nous soit très profitable. Par les mérites de Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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11 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Douzième jour

Motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

2° L'intérêt de ces âmes

On ne peut se figurer une misère pareille à celle d'une âme qui, d'une part, souffre des maux dont notre imagination ne pourrait se former la plus petite idée, des maux qui du Purgatoire lui feraient un enfer, si l'espérance ne la soutenait; et qui, d'autre part, est dans une entière impuissance de s'en délivrer, et même de se procurer le moindre soulagement. Tel est l'état des âmes du purgatoire : en existe-t-il de plus digne de compassion ? Aussi il se rencontrerait difficilement un cœur assez dur pour n'en être pas touché, s'il le comprenait ou si seulement il voulait y réfléchir. En effet, quelle impression n'éprouveriez-vous pas, si Dieu faisait paraître devant vous une de ces âmes affligées, et que vous fussiez témoin de leurs tourments ? si vous entendiez leurs gémissements et leurs plaintes, et si, du fond de leurs cachots, elles poussaient jusqu'à vous ce cri lamentable: « Miseremini mei !!! » Ayez pitié de moi !!! » Il est certain que plus une personne est pauvre, plus nous sommes obligés de la secourir. Or, qui est plus pauvre que celui qui n'a rien, qui doit beaucoup, et qui n'a aucun moyen de travailler, de gagner ou de demander; et qui cependant doit satisfaire jusqu'au dernier denier, en souffrant des tourments inexprimables jusqu'à ce qu'il ait satisfait. Méditons un instant cet état extrême de misère et de pauvreté, et nous aurons une idée de l'état de délaissement des âmes du Purgatoire et du besoin extrême qu'elles ont qu'on vienne à leur secours. Nous comprendrons aussi pourquoi Saint Thomas enseigne que les prières offertes pour les morts sont mieux reçues que celles que l'on fait pour les vivants, parce qu'ils ne peuvent s'aider.

Il y a une obligation étroite, et la Loi de Dieu le commande, d'assister ceux qui sont dans la dernière nécessité. Cette Loi est générale, et s'étend sur les personnes étrangères et inconnues : mais il y en a dans les flammes purifiantes qui sont de notre connaissance, envers lesquelles nous avons peut-être des obligations, ou qui ne sont dans ces flammes qu'à cause de nous : il y a de nos amis, de nos parents, des frères, des pères et des mères qui se voient au milieu des tourments, délaissés de ceux qui leur doivent leur existence, leur fortune, etc.; quelle douleur pour eux, parmi de si grandes peines, de ne recevoir aucun secours de tant de personnes que les liens formés par la parenté ou l'amitié leur faisaient considérer comme d'autres eux-mêmes ? Voyez quelle différence entre la conduite que nous tenons à leur égard depuis leur mort, et celle que nous tenions de leur vivant : au moindre petit mal qu'ils éprouvaient nous travaillions à les soulager ; aucune peine ne nous coûtait : si nous avions vu une étincelle les atteindre, nous eussions aussitôt volé pour l'éteindre : si la maladie violente qui a tranché leurs jours eût dégénéré en une longue infirmité, s'ils languissaient encore sur leur lit de douleur, oserions-nous leur refuser quelques veilles, quelques assiduités ? Et maintenant, misérables et aveugles que nous sommes, nous les abandonnons, malgré la facilité de les secourir, dans des supplices qui ne se comprennent point ! Partout si une maison brûle on y court de tous côtés ; on voit une agitation générale, et cela pour empêcher que du bois, que des meubles ne brûlent ; et des âmes créées à l'image de Dieu, et des personnes pour qui nous devons avoir la plus grande considération, elles ont beau crier, appeler au secours, l'on ne fait rien pour elles ; on les oublie, on les néglige, quoiqu'on soit convaincu qu'elles peuvent avoir le plus grand besoin d'être secourues !!!

Faites à autrui ce que vous voudriez qu'on vous fit. Or, réfléchissez un instant et supposez-vous mort en état de grâce : le souverain juge a trouvé votre conscience exempte ou purifiée de tout délit assez grave pour vous faire encourir son indignation ; mais d'anciennes fautes trop légèrement expiées, une vie un peu sensuelle, des passions encore vives, plusieurs omissions inexcusables, etc., vous empêchent de posséder l'héritage céleste, d'ici à un terme connu de Dieu seul, et peut-être éloigné. Vous voilà donc réduit à une captivité extrêmement douloureuse, vos pensées se portent vers la terre, où bientôt votre souvenir sera entièrement effacé. Vous y voyez tous les hommes remplis d'eux-mêmes, et occupés du présent, comme s'il n'y avait point d'avenir. Oh ! si vous le pouviez, que ne feriez-vous pas pour intéresser leur insensibilité, pour toucher leur cœur, pour solliciter des prières, des bonnes œuvres propres à soulager vos maux ? Vous sentiriez alors tout le prix de cette Divine Charité qui est l'âme du Christianisme, l'espoir des malheureux, la ressource et le lien des deux mondes. Eh bien ! Cette Charité admirable que vous ne cesseriez d'implorer dans la cruelle extrémité où il est à propos de vous contempler vous-même d'avance, cette Charité si sainte, si active, si compatissante, ne vous parle-t-elle pas au fond du cœur pour tant d'âmes souffrantes dont vous pouvez, à certains égards, être le sauveur ? Dieu Lui-même ne vous dit-il pas : « Ce que vous ferez au moindre des miens, je le réputerai fait à moi-même ? » Ne parlons plus de parents, d'amis, etc. ; oublions, s'il se peut, tous les égards humains, tous les intérêts de la chair et du sang ; ne voyons ici que Dieu qui nous presse, nous sollicite, et veut être l'objet de la Charité qu'Il nous inspire. Secourons ses enfants, ses élus qui n'ont plus d'autre ressource que nos mérites qui, unis à ceux de Jésus-Christ, sont tout-puissants auprès de Dieu pour la délivrance des âmes du Purgatoire. Notre Divin Sauveur ne promet-il pas le bonheur éternel à ceux qui nourrissent ceux qui ont faim, vêtissent ceux qui sont nus ? Et pourquoi ? parce que les services qu'on rend aux pauvres, aux malheureux, c'est à Jésus-Christ qu'on les rend. Or, si ce Dieu de bonté daigne se substituer à nos frères souffrants en cette vie ; à plus forte raison se substitue-t-il à ceux qui souffrent dans l'autre, et qui sont même les principaux membres de Son Corps mystique. Tous les autres motifs, quelque justes, quelque beaux, quelqu'importants qu'ils nous semblent, ne sont-ils pas moins forts que celui-ci ? Eh ! que sommes-nous donc, s'il ne détermine pas nos volontés à faire les plus grands efforts pour le soulagement de tant de justes, dans lesquels nous savons que Jésus-Christ souffre, en nous laissant le pouvoir de le soulager ?

Instruction

Habituons-nous à voir Jésus-Christ dans chaque membre de l'église souffrante. Que ne doit pas produire en nous cette pensée : « Je peux soulager Jésus-Christ souffrant !!!... » Elle réveillera sans doute notre Foi, et nous fera prendre la résolution de ne négliger aucun moyen de secourir les âmes du purgatoire, qui peuvent être soulagées et délivrées par nous avant le terme fixé par Dieu.

Prière

Oui, Seigneur, c'est Vous-même que j'aurai intention de secourir en secourant les âmes du Purgatoire : je Vous demande la grâce de ne perdre jamais de vue cette pensée qui redouble mon zèle et mon empressement à soulager mes frères souffrants. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mous des Ames du Purgatoire.

 

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