28 mai 2012

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes 13/18

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes

Treizième apparition

2 mars 1858

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Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

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Vingt-neuvième jour

M. Henri Lasserre

 

I. Pendant toute ma vie j'ai joui d'une vue excellente. Je distinguais les objets à une immense distance; et, d'autre part, je lisais couramment un livre, quelque rapproché qu'il fût de mes yeux. Des nuits passées à l'étude ne m'avaient jamais fait éprouver la moindre fatigue. J'étais émerveillé, j'étais heureux de la souplesse et de la force de cette vue, si puissante et si nette. Aussi éprouvai-je uns grande surprise et un cruel désenchantement lorsque, dans le courant de juin et de juillet 1862, je sentis ma vue s'affaiblir peu à peu, s'appesantir aux travaux du soir et finir graduellement par me refuser tout service, au point que je dus cesser complètement de lire et d'écrire. Je consultai plusieurs médecins et notamment deux illustres spécialistes, MM. Desmares et -Giraud-Teulon. Les remèdes qui me furent ordonnés ne me firent à peu près rien. Mon mal ne tarda pas à prendre cette physionomie chronique qui caractérise les infirmités incurables. Sur le conseil des médecins, j'avais condamné mes yeux à un repos absolu. Non content de ne sortir qu'en me précautionnant de lunettes bleues, j'avais quitté Paris pour la campagne, et je m'étais retiré chez ma mère, au Coux, sur les bords de la Dordogne. J'avais pris pour secrétaire un enfant qui me lisait les livres que j'avais besoin de consulter, et qui écrivait sous ma dictée. Septembre était arrivé. Cet état durait depuis environ trois mois et je commençais à m'inquiéter très sérieusement. J'avais d'immenses tristesses dont je ne parlais a personne. Mes parents, mes amis et moi, nous étions à peu près convaincus que ma vue était perdue.

II. J'ai un ami très intime, un ami de la première enfance, à qui je confie habituellement mes peines et mes joies. Je dictai pour lui à mon secrétaire une lettre dans laquelle je lui parlais de la situation douloureuse où je me trouvais placé et des angoisses que j'éprouvais pour l'avenir. L'ami dont je parle est protestant, et sa femme est également protestante: cette double circonstance est à noter.. Pour des raisons fort graves, je ne puis le nommer ici en toutes lettres; nous l'appellerons M. de ***. Il me répondit quelques jours après. Sa lettre m'arriva le 15 septembre, et elle me surprit étrangement. « Mon cher ami, me disait-il, tes quelques lignes m'ont fait plaisir; mais, ainsi que je t'ai déjà dit, il me tarde d'en voir de ton écriture. Ces jours derniers, en revenant de Cauterets, je suis passé à Lourdes (près de Tarbes): j'y ai visité la célèbre Grotte et j'ai appris des choses si merveilleuses en fait de guérisons produites par ses eaux, que je t'engage très sérieusement à en essayer. Si j'étais catholique, croyant, comme toi, et si j'étais malade, je n'hésiterais pas à courir cette chance. S'il est vrai que des malades ont été subitement guéris, tu peux espérer d'en grossir le nombre; et si cela n'est pas vrai, qu'est-ce que tu risques à en essayer? Il paraît qu'il n'est pas nécessaire d'aller à Lourdes même pour prendre cette eau et qu'on peut s'en faire envoyer ». Cette lettre de mon ami était faite pour m'étonner. Un conseil comme celui qu'il me donnait très-sérieusement et avec une vive insistance, un tel conseil venant de me jeta dans la stupéfaction. Je résolus pourtant de ne pas le suivre, et je lui répondis en alléguant que je n'avais peut-être point la foi nécessaire. Mon état cependant demeurait stationnaire ou même s'aggravait lentement.

III. Dans les premiers jours d'octobre, je fus obligé de faire un voyage à Paris. Par une coïncidence toute fortuite, M. de *** s'y trouvait en ce moment avec sa femme. Ma première visite fut pour eux. Mon ami était descendu chez sa sœur, Mme P., qui habite Paris avec son mari. « Et vos yeux ? », me demanda Mme de *** dès que j'entrai dans le salon? « Mes yeux sont toujours dans la même situation, et je commence a croire qu'ils sont à jamais perdus ». « Mais pourquoi n'essayes-tu pas du remède que nous t'avons conseillé? me dit mon ami. Je ne sais quoi me donne l'espérance que tu guériras ». « Bah! lui répondis-je, je t'avouerai que, sans nier précisément et sans être hostile, je n'ai pas grand' foi en toutes ces eaux et en ces prétendues Apparitions. Tout cela est possible et je n'y répugne point; mais, ne l'ayant point examiné, je ne l'affirme ni ne le conteste: c'est en dehors de moi. En somme, je n'ai pas envie de recourir au moyen que tu me conseilles ». « Tu n'a pas d'objections valables, me répliqua-t-il, D'après tes principes religieux, tu dois croire et tu crois à la possibilité de ces choses-là. Eh bien, pourquoi alors ne tenterais-tu point l'expérience? Qu'est-ce qu'il t'en coûte? Je te l'ai dit, la chose ne peut te faire de mal, puisque c'est de l'eau naturelle, de l'eau qui est chimiquement composée comme l'eau ordinaire; et, puisque tu crois aux miracles et que tu as foi en ta religion, n'es-tu pas déjà frappé qu'un tel recours en la sainte Vierge te soit conseillé, et avec cette insistance, par deux protestants? Je te le déclare à l'avance, si tu es guéri, ce sera là contre moi un terrible argument ».

Mme de *** joignit ses instances à celles de son mari; M. et Mme P., qui sont tous deux catholiques, insistèrent non moins vivement. J'étais poussé dans mes derniers retranchements. « Eh bien! leur dis-je alors, je vais vous avouer toute la vérité et vous ouvrir le fond de mon cœur. La foi ne me manque point, mais j'ai des défauts, des faiblesses, mille misères, et tout cela tient, hélas! aux fibres les plus vivantes et le s plus sensibles de ma malheureuse nature. Or, un miracle comme celui dont je pourrais être l'objet m'imposerait l'obligation de tout sacrifier et de devenir un saint: ce serait une responsabilité terrible, et je suis si lâche qu'elle me fait peur. Si Dieu me guérit, que va-t-il exiger de moi? tandis qu'avec tin médecin, j'en serais quitte avec un peu d'argent. C'est odieux, n'est-ce pas? mais telle est la triste pusillanimité de mon cœur. Vous supposiez ma foi chancelante? Vous vous imaginiez que je craignais de voir le miracle ne pas réussir? Détrompez-vous, j'ai peur qu'il réussisse! »

Mes amis cherchèrent à me convaincre que je m'exagérais d'un côté la responsabilité dont je parlais et que je la diminuais de l'autre. « Tu n'es pas moins obligé maintenant à la vertu que tu ne le serais à la suite de l'événement que nous supposons, me disait M. de***. Et d'ailleurs, quand même la guérison se ferait par les mains d'un médecin, ce n'en serait pas moins une grâce de Dieu, et alors les scrupules auraient les mêmes raisons d'élever la voix contre tes faiblesses ou tes passions ». Tout cela ne me semblait point parfaitement juste, et M. de ***, esprit logique s'il en fut jamais, se rendait probablement compte de ce que son raisonnement avait d'inexact; mais il voulait, autant que possible, calmer les appréhensions que je ressentais si vivement et me décider à suivre le conseil qu'il me donnait, sauf ensuite à me rappeler lui-même cette grave responsabilité sur laquelle il essayait alors de me rassurer. Vainement je tentai encore de me débattre contre l'insistance de plus en plus pressante de mon ami, de sa femme et de ses hôtes. Je finis, de guerre lasse, par leur promettre de faire ce qu'ils désiraient. « Dès que j'aurai un secrétaire, leur dis-je, j'écrirai à Lourdes; mais je suis arrivé d'aujourd'hui seulement et je n'ai pas eu encore le temps d'en chercher un ». « Mais je t'en servirai! » s'écria mon ami. « Eh bien soit! demain nous déjeunerons ensemble, je te dicterai une lettre après déjeuner ». « Pourquoi pas tout de suite? me dit-il vivement. Nous gagnons un jour ». Il y avait dans la chambre voisine du papier et de l'encre. Je lui dictai une lettre pour M. le Curé de Lourdes, et elle fut mise à la poste le soir même.

IV. Le lendemain, M. de *** vint chez moi. « Mon bon ami, me dit-il, puisque le sort en est jeté et que tu vas décidément tenter la chose, il faut la faire sérieusement et te mettre dans les conditions requises pour qu'elle réussisse, sans quoi l'expérience serait absolument vaine. Fais les prières nécessaires, va te confesser, mets ton âme dans un état convenable, accomplis les dévotions que ta religion t'ordonne. Tu comprends que ceci est d'une nécessité primordiale ». « Tu as parfaitement raison, lui répondis-je, et je ferai ce que tu me dis. Mais il faut avouer que tu es un singulier protestant. Ces jours-ci tu me prêchais la foi, aujourd'hui tu me prêches les pratiques religieuses. Les rôles sont étrangement intervertis, et qui nous entendrait, toi, le protestant, moi, le catholique, serait fortement étonné; et je l'avoue, hélas! l'impression produite ne serait pas à mon avantage ». « Je suis un homme de science, me répliqua de ***. Et je veux tout naturellement que, puisque nous faisons une expérience, nous la fassions dans les conditions voulues. Je raisonne comme si je faisais de la physique ou de la chimie ». Je le déclare a ma honte, je ne me préparai point comme me le conseillait si judicieusement mon ami. J'étais en ce moment même dans une très-mauvaise disposition d'âme. Une semaine environ se passa ainsi; M. et Mme de ** s'informaient chaque jour si je n'avais point encore de nouvelles de l'eau miraculeuse, et si le Curé de Lourdes ne m'avait point écrit. M. le Curé me répondit enfin, m'annonçant que l'eau de Lourdes avait été mise au chemin de fer et qu'elle ne tarderait point à me parvenir. Nous attendions ce moment avec une impatience bien concevable; mais, le croirait-on? la préoccupation était beaucoup moins grande chez moi que chez mes amis protestants. L'état de mes yeux était toujours le même : impossibilité absolue de lire et d'écrire.

V. Une après-midi, vers quatre heures, c'était le vendredi 10 octobre 1862, je rentrai chez moi plus malade encore que de coutume. Au moment où j'allais monter l'escalier, mon concierge m'appela. « On a apporté du chemin de fer une petite caisse pour vous », me dit-il. J'entrai vivement dans la loge. Une petite caisse en bois blanc s'y trouvait en effet, portant d'une part mon adresse, et de l'autre ces mots, destinés sans doute à l'octroi: « Eau naturelle ». C'était l'eau de Lourdes. J'éprouvai au fond de moi-même une violente émotion; mais je n'en laissai rien paraître. « C'est bien, dis-je à mon concierge. Je prendrai cela tout à l'heure. Je vais rentrer sans tarder ». Et je ressortis tout pensif. Je me promenai un instant dans la rue. « La chose devient sérieuse, pensai-je en moi-même. Mon ami a raison; il faut que je me prépare. Dans la situation d'âme où je suis depuis quelque temps, je ne puis, sans m'être purifié, demander à Dieu de faire un miracle en ma faveur. Ce n'est pas avec un cœur rempli de misères volontaires que je puis implorer de lui une grâce si grande. Que je tente moi-même de guérir mon âme, avant de le supplier de guérir mon corps! » Et, réfléchissant à ces graves considérations, je me dirigeai vers la maison de mon confesseur, M. l'abbé Ferrand de Missol, qui demeure tout à fait dans mon voisinage. Sa servante me dit qu'il n'était point libre en ce moment, et m'engagea à revenir le soir après son dîner, c'est-à-dire vers sept heures. Je me résignai à ce parti. Dès que je fus à la porte de la rue, je m'arrêtai un instant. Je balançai entre le désir d'aller faire une visite qui me tenait à cœur, et la pensée de rentrer chez moi pour prier. J'hésitai un long moment, délibérant en moi-même. Enfin le bon mouvement l'emporta et je revins vers la rue de Seine. Je pris chez mon concierge la petite caisse, à laquelle était jointe une Notice sur les Apparitions de Lourdes, et je gravis rapidement l'escalier.

VI. Arrivé dans mon appartement, je m'agenouillai au bord de mon lit et- je priai, tout indigne que je me sentais de tourner mes regards vers le ciel et de parler à Dieu. Puis je me relevai. J'avais, en entrant, placé sur ma cheminée la petite caisse en bois blanc et la brochure. Je regardais à chaque instant cette boîte qui contenait l'eau mystérieuse, et il me semblait que dans cette chambre solitaire, quelque chose de grand allait se passer. Je redoutais de toucher de mes mains impures à ce bois qui renfermait l'onde sacrée, et, d'un autre côté, je me sentais étrangement tenté de l'ouvrir et de ne pas attendre la confession que je me proposais de faire le soir. Cette lutte dura quelques instants; elle se termina par une prière: « Oui, mon Dieu, m'écriai-je, je suis un misérable pécheur, indigne d'élever la voix vers vous et de toucher un objet que vous avez béni. Mais c'est l'excès même de ma misère qui doit exciter votre compassion. Mon Dieu, je viens a vous et à la sainte Vierge Marie, plein de foi et d'abandon; et, du fond de l'abîme, j'élève mes cris vers, vous. Ce soir, je confesserai mes fautes à votre ministre, mais ma foi ne peut pas et ne veut pas attendre. Pardonnez-moi, Seigneur, et guérissez-moi. Et vous, Mère de miséricorde, venez au secours de votre malheureux enfant ! » Et, m'étant ainsi réconforté par la prière, j'osai ouvrir la petite caisse dont j'ai parlé. Elle contenait une bouteille pleine d'eau.

J'enlevai le bouchon, je versai de l'eau dans une tasse et je pris dans ma commode une serviette. Ces vulgaires préparatifs, que j'accomplissais avec un soin minutieux, étaient empreints, je m'en souviens encore, d'une secrète solennité qui me frappait moi-même, tandis que j'allais et venais dans ma chambre. Dans cette chambre, je n'étais pas seul: il était manifeste qu'il y avait Dieu. La sainte Vierge, invoquée par moi, y était aussi sans doute. La foi, une foi ardente et chaude, était venue embraser mon âme. Quand tout fut achevé, je m'agenouillai de nouveau. « Sainte Vierge Marie, dis-je à haute voix, ayez pitié de moi et guérissez mon aveuglement physique et moral! » Et en disant ces paroles, le cœur plein dé confiance, je me frottai successivement les deux yeux et le front avec ma serviette que je venais de tremper dans l'eau de Lourdes. Ce geste que je viens de décrire ne dura pas trente secondes. Qu'on juge de mon saisissement, j'allais presque dire de mon épouvante! A peine avais-je touché de cette eau miraculeuse mes yeux et mon front, que' je me sentis guéri tout à coup; brusquement, sans transition, avec une soudaineté que, dans mon langage imparfait, je ne puis comparer qu'à celle de la foudre. Étrange contradiction de la nature humaine! Un instant auparavant, j'en croyais ma foi qui me promettait ma guérison; et maintenant, je n'en pouvais croire mes sens qui m'assuraient que cette guérison était accomplie!

Non! je n'en croyais point mes sens. Tellement que, malgré cet effet en quelque sorte foudroyant, je commis la faute de Moïse et je frappai deux fois le rocher. Je veux dire que, pendant un certain temps encore, je continuai de prier et de mouiller mes yeux et mon front, n'osant point me lever, n'osant point vérifier ma guérison. Au bout de dix minutes pourtant, la force que je sentais toujours dans mes yeux et l'absence complète de lourdeur dans la vue ne pouvaient plus me laisser aucun doute. « Je suis guéri! » m'écriai-je. Et je courus pour prendre un livre quelconque et lire... Je m'arrêtai tout à coup. « Non! non! me dis-je en moi-même, ce n'est pas un livre quelconque que je puis prendre en ce moment ». Et j'allai chercher alors sur ma cheminée la Notice sur les Apparitions. Certes, ce n'était que justice. Je lus cent quatre pages sans m'interrompre et sans éprouver la moindre fatigue! Vingt minutes auparavant je n'aurais pas pu lire trois lignes. Et si je m'arrêtai à la page 104, c'est qu'il était cinq-heures trente-cinq minutes du soir et qu'à cette heure-là, le 10 octobre, il fait à peu près nuit à Paris. Lorsque je quittai le livre, on allumait déjà le gaz dans les magasins de la rue que j'habite.

Le soir je me confessai et je fis part à l'abbé Ferram, de la grande grâce que la sainte Vierge venait de me faire. Quoique je ne me fusse nullement préparé, ainsi que je l'ai dit, il voulut bien me laisser communier le lendemain, pour remercier Dieu d'un bienfait si spécial et si extraordinaire et pour fortifier les résolutions qu'un tel événement devait faire naître en mon cœur. M. et Mme de ***, comme on le pense bien, furent singulièrement remués par cet événement auquel la Providence leur avait fait prendre une part si directe. Quelles réflexions firent-ils? Quelles pensées vinrent les visiter? Que se passa-t-il dans le fond de ces deux âmes? C'est leur secret et le secret de Dieu. Ce que j'en pus savoir, je n'ai point reçu le droit de le dire. Sept années se sont écoulées depuis ma miraculeuse guérison. Ma vue est excellente. Ni la lecture, ni le travail ardu, ni les longues veilles ne la fatiguent. Dieu me fasse la grâce de ne la jamais employer qu'au service du bien !

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Prière pour l'auteur de ce livre

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Notre-Dame de Lourdes, dont nous lisons depuis bientôt un mois la divine et touchante histoire, combien de fois il nous est arrivé d'être remués profondément par le récit de vos miracles, et de sentir des pleurs monter à nos paupières au spectacle de vos bienfaits. Et il nous semble, ô notre Mère, que i nos cœurs s'élèvent maintenant vers Vous avec une foi plus ardente, avec une espérance plus assurée, avec un amour plus tendre et plus filial. Au nom de ces sentiments de notre âme, au nom du bien dont ce même livre a été l'instrument en tant d'autres lieux, nous vous prions, ô Secours des Chrétiens, de bénir, en ce monde et en l'autre, l'historien de vos merveilles. Bénissez Henri Lasserre, ô Vierge clémente. Vous avez jadis guéri ses yeux malades: guérissez aujourd'hui son âme, malade aussi comme toutes celles d'ici-bas. Oubliez, et que Dieu oublie toutes les fautes de sa vie. Demandez à votre Fils, demandez à Notre-Seigneur Jésus-Christ, de le combler de grâces surabondantes, et de lui faire la grâce des grâces, celle de ne jamais résister aux bonnes inspirations, mais de les suivre toujours et de s'améliorer d'heure en heure. Songez, ô Vierge compatissante, songez aux larmes qu'il a souvent répandues en écrivant ces pages et en se disant à lui-même combien il était indigne d'être votre historien. Rendez-le digne du livre qu'il a écrit, ô Vierge Marie, et faites un saint de celui qui a mis sa joie à étudier votre histoire et sa gloire à la raconter. Bénissez Henri Lasserre. Bénissez autour de lui la compagne aimée de sa vie, bénissez leur descendance jusqu'à la plus extrême postérité. Bénissez tous les siens, bénissez ses amis. Femme, enfants, parents, amis, accordez à tous les vertus qu'il leur désire ; bénissez tous ceux pour lesquels il prie, soit qu'ils vivent encore en ce monde, soit que le temps ait fini pour eux. Bénissez Henri Lasserre, et écartez de lui également et la paresse de l'artiste et la vanité de l'écrivain. Que l'amour de Dieu et du prochain remplisse son âme et soit le principe de toutes ses. pensées, de tous ses écrits, de tous ses actes. Bénissez sa plume, ô Mère de la Divine Grâce, et faites-en un instrument pour la conversion des âmes pour la propagation du bien, pour le salut de notre pays, pour la gloire de Dieu, pour le service de l'Église. Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous. Ainsi soit il.

 

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27 mai 2012

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes 12/18

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes

Douzième apparition

1er mars 1858

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Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

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Vingt-huitième jour

Méthode de la Commission d'enquête, rapport des Médecins, rapport de la Commission, mandement de l'Evêque, construction d'une église aux Roches Massabielle, Marie Massot Bordenave

 

I. On comptait par centaines les cures miraculeuses. Il était impossible de tout vérifier. La Commission épiscopale en soumit trente à son enquête approfondie. Elle se montra d'une extrême sévérité dans cet examen, et elle n'admit le Surnaturel que lorsqu'il était absolument impossible de faire autrement. Peut-être D'est-il point superflu de raconter ici de quelles précautions minutieuses s'entourait la Commission instituée par l'Évêque. Il y avait, dans la délicate étude à laquelle elle se livrait, deux parts bien distinctes: les faits eux-mêmes et leurs circonstances relevaient du témoignage humain; l'examen du caractère naturel ou surnaturel de ces faits devait, en grande partie, du moins, de la médecine. La méthode du tribunal d'enquête s'inspira de cette double pensée. Parcourant les diocèses de Tarbes, d'Auch et de Bayonne, la Commission appelait devant elle ceux qu'on lui signalait comme ayant été l'objet de ces guérisons singulières. Elle les interrogeait avec un soin minutieux sur tous les détails de leur maladie et de leur retour, subit ou graduel, à la santé. Elle leur faisait poser, par les hommes de la science humaine, des questions techniques auxquelles les théologiens n'eussent peut-être pas pensé. Elle convoquait, pour contrôler ces déclarations, les parents, les amis, les voisins, tous les témoins des diverses phases de l'événement, ceux qui avaient vu le malade, ceux qui avaient assisté à la guérison, etc., etc.

Une fois parvenue de la sorte à une certitude absolue de l'ensemble et du détail des faits, elle en soumettait l'appréciation à deux médecins éminents et autorisés qu'elle s'était adjoints. Ces médecins étaient M. le docteur Vergés, médecin des eaux de Barèges, professeur agrégé de la Faculté de Montpellier, et M. le docteur Dozous, qui avait déjà étudié pour son propre compte plusieurs de ces étranges incidents. Chaque médecin consignait dans un rapport à part son appréciation sur la nature de la guérison: tantôt repoussant le miracle pour attribuer à des causes naturelles la cessation de la maladie; tantôt déclarant le fait entièrement inexplicable autrement que par une action surnaturelle de la puissance divine; tantôt enfin ne concluant pas, et restant dans le douté, doute plus ou moins incliné vers Tune ou vers l'autre de ces solutions.

Sur ce double élément, la pleine connaissance des faits d'un côté, et les conclusions de la science de l'autre, la Commission délibérait et proposait son jugement à l'Évêque avec toutes les pièces du procès. La Commission n'avait et ne pouvait avoir d'opinion préconçue. Croyant en principe au Surnaturel, que l'on rencontre si souvent dans l'histoire du Monde, elle savait en même temps que rien ne tend à discréditer les vrais miracles venant de Dieu, comme les faux prodiges venant des hommes. Également éloignée, soit d'affirmer à l'avance, soit de nier prématurément, n'ayant aucun parti pris ni pour le Miracle ni contre lui, elle bornait sa tâche à examiner et ne cherchait que la Vérité. Faisant appel, pour s'éclairer sur les divers faits qu'elle étudiait, à toutes les lumières, à tous les renseignements à tous les témoignages, elle agissait publiquement. Elle était ouverte aux incroyants comme à ceux qui croyaient. Énergiquement résolue à écarter avec la plus impitoyable sévérité tout ce qui était vague et incertain, et à n'accepter que les faits précis, assurés, incontestables, elle refusait toute déclaration basée sur des on-dit et sur de vaines rumeurs. A tout témoin se présentant devant elle, elle imposait deux conditions: la première, de ne déposer que ce qu'il savait personnellement, que de ce qu'il avait vu de ses yeux; la seconde, de s'engager à dire toute la vérité et la vérité seule par la solennelle formalité du serment.

Avec de telles précautions, avec une organisation si prudente et si sage, il était impossible à de faux miracles de parvenir à tromper, même un instant, le jugement de la Commission. Cela était impossible surtout, au milieu de tant d'esprits hostiles soulevés contre le Surnaturel et intéressés à combattre et à renverser toute erreur, toute assertion douteuse, tout fait miraculeux mal démontré. Donc, si de vrais miracles, incomplètement constatés devaient de la sorte échapper indubitablement à la sanction de la Commission d'enquête, il était du moins absolument certain qu'aucun prestige menteur ne pourrait tenir devant la sévérité de son examen et prendre place, dans sa pensée, parmi les faits admirables de l'ordre surnaturel et divin. Quiconque avait, pour contester tel ou tel miracle, non de vagues théories générales, mais des articulations précises et une connaissance personnelle des faits, était publiquement mis en demeure du se présenter. Ne point le faire, c'était passer condamnation et avouer qu'on n'avait rien de formel et de particulier à alléguer et aucune contre-preuve à fournir. L'abstention avait ce sens évident et cette haute portée. Ce n'est pas quand ils sont échauffés par la passion et par l'ardeur d'une longue lutte que les partis se laissent condamner par défaut. Refuser le combat, c'est accepter la défaite. Sur les trente guérisons extraordinaires que la Commission examina, six lui parurent susceptibles d'une explication naturelle, neuf très-probablement surnaturelles, mais pouvant, a la rigueur, être produites jar quelque force inconnue de la Nature. Quinze furent déclarées absolument miraculeuses et entièrement impossibles sans une intervention directe de Dieu. Plusieurs ont trouvé place dans ce récit.

II. La Médecine, consultée, n'était point, après le mûr et consciencieux examen de ces guérisons extraordinaires, moins décisive dans son affirmation que la commission instituée par l'Évêque. « Tous ces événements, disait le, Rapport médical, sont tout à fait en dehors de l'ordre habituel de la nature ». Devant tant de faits éclatants, si soigneusement et si publiquement avérés, en présence de l'enquête si consciencieuse, si complète, si approfondie de la Commission, en regard des déclarations et des conclusions si formelles de la Chimie et de la Médecine réunies, l'Évêque ne pouvait qu'être convaincu. Il le fut pleinement. Toutefois, par suite de cet esprit de prudence extrême que nous avons eu plusieurs fois l'occasion de remarquer dans le courant de ce récit, Mgr Laurence, avant de prononcer solennellement le verdict épiscopal sur cette grande question, demanda une sanction nouvelle à ces guérisons miraculeuses: la sanction du temps. Il laissa s'écouler trois années. Une seconde enquête fut faite alors. Les guérisons que nous avons signalées plus haut comme surnaturelles subsistaient. Nul ne vint ni retirer son premier témoignage, ni contester les faits. Les œuvres de Celui qui règne dans l'éternité n'ont rien à craindre de l'épreuve du temps. Ce fut après cette surabondante série de démonstrations, de preuves et de certitudes que Mgr Laurence rendit enfin le jugement qu'on attendait de lui. Après avoir exposé sommairement dans un mandement solennel les événements que nous venons de raconter en détail il prononçait en ces termes:

« A ces causes, la Sainte Mère de Dieu invoquée, nous fondant sur les règles sagement tracées par Benoît XIV, dans son ouvrage de la Béatification et la Canonisation des saints pour le discernement des Apparitions vraies ou fausses; vu le rapport favorable qui nous a été présenté par la Commission chargée d'informer sur l'Apparition à la Grotte de Lourdes et sur les faits qui s'y rattachent; vu le témoignage écrit des docteurs médecins que nous avons consultés au sujet de nombreuses guérisons obtenues à la suite de l'emploi de l'eau de la Grotte; considérant d'abord que le fait de l'Apparition envisage, soit dans la jeune fille qui l'a rapporté, soit surtout dans les effets extraordinaires qu'il a produits, ne saurait être expliqué que par l'intermédiaire d'une cause surnaturelle; considérant en second lieu que cette cause ne peut être que divine, puisque les effets produits étant, les uns, des signes sensibles de la grâce, comme la conversion des pécheurs, les autres, des dérogations aux lois de la nature, comme les guérisons miraculeuses, ne peuvent être rapportés qu'à l'Auteur de la grâce et au Maître de la nature; considérant enfin que notre conviction est fortifiée par le concours immense et spontané des fidèles à la Grotte, concours qui n'a point cessé depuis les premières Apparitions, et dont le but est de demander des faveurs ou de rendre grâces pour celles déjà obtenues; pour répondre à la légitime impatience de notre Vénérable Chapitre, du clergé, des laïques de notre diocèse, et de tant d'âmes pieuses qui réclament depuis longtemps de l'Autorité ecclésiastique une décision que des motifs de prudence nous ont fait retarder; voulant aussi satisfaire aux vœux de plusieurs de nos collègues dans l'Épiscopat et d'un grand nombre de personnages distingués, étrangers au diocèse; après avoir invoqué les lumières du Saint-Esprit et l'assistance de la Très-Sainte Vierge, avons déclaré et déclarons ce qui suit : Art. 1er. Nous jugeons que I'Immaculée Marie, Mère de Dieu, a réellement apparu a Bernadette Soubirous, le 11 février 1858 et jours suivants, au nombre de dix- huit fois, dans la Grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes; que cette Apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine. Nous soumettons humblement notre jugement au jugement du Souverain Pontife, qui est chargé de gouverner l'Église universelle. Art. 2. Nous autorisons dans notre diocèse le culte de Notre-Dame de la Grotte de Lourdes. Art. 3. Pour nous conformera la volonté de la sainte Vierge, plusieurs fois exprimée lors de l'Apparition, nous nous proposons de bâtir un sanctuaire sur le terrain de la Grotte, qui est devenu la propriété des Évêques de Tarbes. Donné à Tarbes, dans notre palais épiscopal, sous notre seing, notre sceau et le contre-seing de notre secrétaire, le 18 janvier 1862, fête de la Chaire de Saint-Pierre à Rome. + Bertrand-Sre, Évêque de Tarbes. Par Mandement, Fourcade, chanoine, secrétaire ».

III. Au nom de l'évêché, c'est-à-dire au nom de l'Eglise, Mgr Laurence acheta à la ville de Lourdes la Grotte, le terrain qui l'entoure et le groupe entier des Roches Massabielle. M. Anselme était toujours maire. Ce fut lui qui proposa au conseil municipal de céder à l'Eglise, Épouse du Christ, ces lieux à jamais sacrés où était apparue la Mère de Dieu. Ce fut lui qui en signa la vente définitive. M. le ministre Gustave R. autorisa cette vente et autorisa aussi la construction d'une église en mémoire éternelle des Apparitions de la très-sainte Vierge à Bernadette Soubirous, en mémoire du jaillissement de la Source et des miracles sans nombre qui s'étaient accomplis pour attester la réalité des visions divines. Tandis que le vaste temple dédié à l'Immaculée Conception sur les roches abruptes de Massabielle s'élevait pierre à pierre au-dessus de ses fondations, Notre-Dame de Lourdes continuait de répandre sur les hommes des miracles et des bienfaits. A Paris, à Bordeaux, en Périgord, en Bretagne, en Anjou, au milieu des campagnes, au sein des villes populeuses, on invoquait Notre-Dame de Lourdes, qui répondait par des signes irrécusables de sa puissance et de sa bonté.

IV. La sœur d'un notaire de Tarbes, la demoiselle Jeanne-Marie Massot-Bordenave, était demeurée, à la suite d'une longue et sérieuse maladie, presque entièrement percluse des pieds et des mains. Elle ne marchait qu'avec d'extrêmes difficultés. Quant à ses mains, habituellement gonflées, violacées, endolories, elles lui refusaient à peu près tout service. Ses doigts, recourbés et roidis, ne pouvaient se redresser et étaient en proie à une complète paralysie. Étant allée voir son frère à Tarbes, elle retournait chez elle, à Arras, dans le canton d'Aucun. Elle était seule dans l'intérieur de la diligence. Une gourde de vin que son frère lui avait donnée étant venue à se déboucher, et à se renverser, elle ne put ni la relever, ni la reboucher tant était absolue l'infirmité de ses doigts. Lourdes était sur sa route. Elle s'y arrêta et se rendit à la Grotte. A peine eut-elle plongé ses mains dans l'eau miraculeuse qu'elle les sentit revenir 'instantanément à la vie. Les doigts s'étaient redressés et avaient retrouvé soudainement leur flexibilité et leur force. Heureuse, au delà peut-être de son espérance, elle plonge ses pieds dans l'eau miraculeuse, et ses pieds guérissent comme ses mains. Elle tombe à genoux. Que dit-elle à la Vierge? Comment la remercia-t-elle? De telles prières, de tels élans de reconnaissance se devinent et ne s'écrivent pas. Puis elle remit ses chaussures et, d'un pas assuré, reprit le chemin de la ville.

Dans la même direction marchait une jeune fille qui revenait du bois et qui portait sur sa tête un énorme fagot. Il faisait chaud, et cette pauvre petite paysanne était couverte de sueur. Épuisée de fatigue, elle s'était assise sur une pierre, au bord de la route, en déposant à ses pieds son fardeau, trop lourd pour sa faiblesse. En ce moment Jeanne-Marie Massot passait devant elle, retournant, alerte et radieuse, de la Source divine. Une bonne pensée lui descendit au cœur. Elle s'approcha de la jeune fille. « Mon enfant, lui dit-elle, le Seigneur vient de m'accorder une insigne faveur. Il m'a guérie: il m'a enlevé mon fardeau. Et à mon tour je veux t'aider et te soulager ». Et, ce disant, Marie Massot prit, de ses mains rendues à la vie, le lourd fagot jeté à terre, le posa sur sa tête, et rentra ainsi dans Lourdes d'où, moins d'une heure auparavant, elle était sortie infirme et paralysée. Les prémices de ses forces retrouvées avaient eu un noble emploi, elles avaient été consacrées à la charité. « Ce que Dieu nous donne gratuitement, donnez-le vous-même gratuitement », dit quelque part un texte des Saintes Lettres. Une femme déjà âgée, Marie Gapdeville, du bourg de Livron, dans les environs de Lourdes, avait également été guérie d'une surdité des plus graves, qui commençait à être invétérée. « Il me semble, disait-elle, être dans un autre monde, lorsque j'écoute les cloches de l'Eglise que je n'avais pas entendues depuis trois ans ». Racontons encore avant de clore ce récit et de présenter le tableau de ce qui existe aujourd'hui, deux de ces divines histoires. Dans la vie de l'auteur de ce livre, la première forme un épisode qui ne s'effacera jamais de son souvenir. Nous lirons demain cet épisode, tel que M, Henri Lasserre l'écrivit il y a bientôt sept ans.

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Prière pour demander la vertu de Charité

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Notre-Dame de Lourdes, qui avez guéri la chrétienne compatissante dont nous venons d'entendre l'histoire, obtenez nous la Charité, l'ardente Charité qui nous retire de notre égoïsme, pour nous faire ressentir les douleurs et les cris du prochain, aussi vivement que nous ressentons nous-mêmes nos peines personnelles, ou nos félicités. Réchauffez nos cœurs de cette vertu véritablement divine qui nous fait vivre non-seulement de notre existence propre, mais de la vie même de tout ce qui existe, qui bous rend un avec tous nos frères, qui nous rend un avec Dieu lui-même. Notre-Dame de Lourdes, thaumaturge toute-puissante, guérissez nos yeux, volontairement si aveugles aux infortunes du prochain; nos oreilles, si dures et si sourdes à ses plaintes notre langue, si muette pour le consoler dans ses peines; nos mains, si cruellement paralysées quand il s'agit de les ouvrir pour secourir l'indigent: guérissez toute notre nature, si active pour l'égoïsme et si infirme pour la charité. Obtenez-nous d'accomplir ce commandement si doux, et pourtant si mal obéi, le nous aimer les uns les autres, comme les enfants d'un même Père qui est Dieu et d'une même Mère qui est Vous. Donnez-nous un cœur nouveau, le cœur de Jésus et de Marie; et en faisant, en place de la haine, descendre en ce monde la Charité, renouvelez, Épouse du Saint-Esprit, la face même de la terre. Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous. Ainsi soit-il.

 

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26 mai 2012

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes 11/18

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes

Onzième apparition

28 février 1858

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Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

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Vingt-septième jour

Mlle Marie Moreau de Sazenay

 

I. Bien longtemps avant les événements de Lourdes, à une époque où Bernadette n'était pas encore au monde, en 1843, dans le courant du mois d'avril, une honorable famille de Tartas, dans les Landes, était dans de sérieuses inquiétudes. Une mère et son enfant, toute petite fille non encore baptisée, étaient en grave danger de mort. Les médecins n'osaient plus répondre de rien. Cette famille était celle de M. Moreau de Sazenay, un des personnages les plus respectés de ce pays. Le cœur de cet homme de bien était torturé par les plus affreuses angoisses. Ces angoisses n'étaient pourtant pas le désespoir, car le désespoir n'est pas chrétien, et M. Moreau avait le bonheur de croire fermement: Il savait que le fil de nos existences est entre les mains d'un Maître suprême devant lequel on peut toujours en appeler de la décision des docteurs de la Science. Quand l'homme a condamné, le Roi des cieux, comme les souverains de la terre, s'est réservé le droit de grâce. « La sainte Vierge, pensa le malheureux époux, daignera peut-être écouter ma prière. » Et il s'adressa avec confiance à la mère du Christ. Le péril qui avait paru tout d'abord si menaçant, s'éloigna peu à peu comme un nuage noir que, dans les hauteurs de 1'atmosphère, chassent et dissipent les souffles de l'air. L'horizon s'éclaircit, se rasséréna et ne tarda pas à devenir rayonnant. La mère avait recouvré la santé. La petite enfant était pleine de vie.

Assurément cette guérison n'avait en soi absolument rien d'extraordinaire, rien d'évidemment miraculeux. Le mal, quelque alarmant qu'il eût paru a M. Moreau, n'avait jamais été tel que les médecins eussent absolument désespéré. L'issue favorable de la crise pouvait donc être tout à fait naturelle. Le cœur de l'époux et du père se sentait cependant pénétré de reconnaissance envers la sainte Vierge II n'était pas de ces âmes rebelles à la reconnaissance, qui ne demandent pas mieux que de douter du bienfait pour se dispenser de la gratitude. Nous avons dit que l'enfant n'était pas encore baptisée. « Comment allez-vous nommer votre fille? » dit-on à M. Moreau. « Elle s'appellera Marie », répondit-il. « Marie? Mais c'est le nom le plus commun que nous ayons ici. Toutes les femmes du peuple, toutes les se vantes s'appellent Marie. Et puis Marie Moreau, c'est peu euphonique. Ces deux M, ces deux R ne se peuvent supporter ». Mille raisons de même valeur furent alléguées. Ce fut un tolle général. M. Moreau de Sazenay était un homme très facile, très accessible, et habituellement fort déférent aux avis qu'on lui donnait; mais, en cette circonstance, il résista à tout, aux supplications comme aux conseils: il brava les bouderies, et sa ténacité fat extraordinaire. Il se souvenait que, dans ses récentes alarmes, il avait invoqué ce nom sacré, et que c'était celui de la Pleine du ciel. « Elle s'appellera Marie, je veux qu'elle ait pour patronne la sainte Vierge. Je vous le dis en vérité, ce nom lui portera bonheur ». On s'étonnait autour de lui de son obstination, mais elle ne cédait pas plus que celle de Zacharie, quand il voulut, comme le raconte l'Évangile, que son fils s'appelât Jean. Vainement les obsessions redoublèrent de tous côtés; il fallut en passer par cette volonté inflexible. La première-née de cette famille porta donc le nom de Marie. Le père voulut, en outre, que pendant trois années elle fût vouée au blanc, la couleur de la Vierge. Et cela fut fait ainsi.

II. Plus de seize ans s'étaient écoulés depuis ce que nous venons de raconter. Une deuxième enfant était née, qu'on avait appelée Marthe. Mlle Marie Moreau faisait ses études chez les Dames du Sacré-Cœur de Bordeaux. Vers le commencement de janvier 1858, elle fut atteinte d'une maladie d'yeux qui la força rapidement d'interrompre tout travail. Elle supposa que c'était quelque coup d'air, qui passerait comme il était venu; mais ses espérances furent trompées, et son état finit par prendre un caractère tout à fait inquiétant. Le médecin ordinaire de la maison jugea nécessaire d'appeler en consultation un oculiste distingué de Bordeaux, M,. Bermont. Ce n'était point un coup d'air, c'était, une amaurose. « Le mal est très grave, dit M. Bermont. L'un des deux yeux est tout à fait perdu et l'autre est bien malade ». Les parents furent immédiatement avertis. La mère accourut à Bordeaux et ramena son enfant pour lui faire suivre, au sein de la famille et avec une sollicitude attentive, le traitement que le médecin oculiste avait ordonné, sinon pour guérir l'œil qui était perdu, du moins pour sauver celui qui restait encore, et qui était déjà assez atteint pour n'apercevoir les objets qu'à travers une brume absolument confuse. Les médicaments, les bains de mer, tout ce crue conseilla la Science fut Inutile. Le printemps et l'automne se passèrent en ces vains efforts. Cet état déplorable résistait à tout et s'aggravait lentement. La cécité complète était imminente. M. et Mme Moreau se décidèrent à conduire leur fille à Paris pour consulter nos illustrations médicales. Comme ils se disposaient en toute hâte à ce voyage, redoutant qu'il ne fût déjà trop tard pour conjurer le malheur qui menaçait leur enfant, le facteur de la poste leur apporta le numéro hebdomadaire d'un petit journal de Bordeaux auquel ils étaient abonnés, le Messager Catholique. C'était dans les premiers jours de novembre.

Or, c'était précisément ce numéro du Messager catholique qui contenait la lettre de M. l'abbé Dupont et le récit de la miraculeuse guérison de Mme veuve Rizan, de Nay, par l'emploi de l'eau de la Grotte. M. Moreau l'ouvrit machinalement, et ses regards tombèrent sur cette divine histoire. Il pâlit en la lisant. L'espérance venait de s'éveiller dans l'âme du père désolé, et son esprit, ou plutôt son cœur avait eu un trait de lumière. « Voilà, dit-il, la porte où il faut frapper. Il est évident, ajouta-t-il avec une merveilleuse simplicité dont nous tenons à conserver l'expression textuelle, il est évident que si la sainte Vierge est apparue a Lourdes, elle a intérêt à y opérer des guérisons miraculeuses, pour constater et prouver la réalité de ces Apparitions. Et cela est vrai surtout dans les commencements, tant que cet événement n'est pas encore universellement accrédité..... Hâtons-nous donc ! Là, comme partout, ce seront les premiers arrivés qui seront les premiers servis. Ma femme! ma fille! c'est à Notre-Dame de Lourdes qu'il se faut adresser ». Les seize années qui s'étaient écoulées depuis la naissance de sa fille n'avaient point attiédi, on le voit, la foi de M. Moreau. Une neuvaine fut résolue, à laquelle s'associèrent, dans le voisinage, les compagnes et les amies de la jeune malade. Par une circonstance providentielle, un prêtre de la ville avait en ce moment chez lui une bouteille d'eau de la Grotte, de sorte que la neuvaine fut commencée presque immédiatement. Les parents, en cas de guérison, firent vœu d'aller en pèlerinage à Lourdes et de vouer pour un an la jeune fille au blanc ou au bleu, à ces couleurs de la sainte Vierge qu'elle avait déjà portées pendant trois ans, quand elle était toute petite enfant, venant d'entrer dans la vie.

La neuvaine commença le lundi soir, 8 novembre. Faut-il le dire? la malade ne croyait guère. La mère n'osait espérer. Le père seul avait cette foi tranquille à laquelle les bienfaisantes bontés du ciel ne résistent jamais. Tous prièrent en commun, dans la chambre de M. Moreau, devant une image de la sainte Vierge. La mère, la jeune malade et sa petite sœur se levèrent successivement pour se retirer et se coucher, mais le père resta à genoux. Il se crut seul, et sa voix s'éleva avec une ferveur dont l'accent arrêta derrière lui sa famille prête à sortir, sa famille qui nous a fait ce récit, et qui ne peut se souvenir de ce moment solennel sans frissonner encore d'émotion. « Sainte Vierge, disait le père, très Sainte Vierge Marie, vous devez guérir ma fille! Oui, en vérité, vous le devez. C'est pour vous une obligation, et vous ne pouvez pas vous y refuser. Songez donc, ô Marie, songez que c'est malgré tous, que c'est contre tous que j'ai voulu vous choisir pour être sa patronne. Vous devez vous rappeler quelles luttes j'ai eu à soutenir pour lui donner votre nom sacré. Eh bien! sainte Vierge, pouvez-vous oublier tout cela? Pouvez-vous oublier qu'alors je défendais votre nom, votre puissance, votre gloire contre les insistances et les vaines raisons de ceux qui m'entouraient? Pouvez-vous oublier que je mis publiquement cette enfant sous votre protection, disant et répétant à tous que ce nom, votre nom, à vous, sainte vierge Marie, lui porterait bonheur?... C'était ma fille, j'en ai fait la vôtre. Pouvez-vous l'oublier. Est-ce que vous n'êtes -pas engagée par là, sainte Vierge? Est-ce que vous n'êtes pas engagée d'honneur, maintenant que je suis malheureux, maintenant que nous vous prions pour notre fille, pour la vôtre, à venir à notre secours et à guérir sa maladie? La laisserez-vous devenir aveugle après la foi que j'ai montrée en vous?... Non! Non! c'est impossible, et vous la guérirez! » Tels étaient les sentiments que laissait éclater à voix haute le malheureux père, faisant appel au cœur de la sainte Vierge, la mettant en quelque sorte en demeure, et la sommant de payer sa dette de reconnaissance. Il était dix heures du soir.

La jeune fille, au moment de se coucher, imbiba d'eau de Lourdes un bandeau de toile et le plaça sur ses yeux, en le nouant derrière la tête. Son âme était agitée. Sans avoir la foi de M. Moreau, elle se disait qu'après .tout la sainte Vierge pourrait bien la guérir; que, bientôt peut-être, à la fin de la neuvaine, elle aurait retrouvé la lumière. Puis le doute venait, et il lui semblait qu'un miracle n'était pas fait pour elle. Toutes ces pensées roulant dans son esprit, elle eut grand'peine à s'endormir, et ce ne fut que fort tard qu'elle trouva enfin le sommeil.

III. Le lendemain matin, à son réveil, son premier mouvement, mouvement de vague espérance et d'inquiète curiosité, fut d'enlever le bandeau qui recouvrait ses yeux. Elle poussa un grand cri. Tout autour d'elle, la lumière du jour naissant inondait la chambre. Et elle voyait clairement, nettement, distinctement. L'œil malade avait recouvré la santé, l'œil qui était mort était ressuscité: « Marthe! Marthe! cria-t-elle à sa sœur, j'y vois! j'y vois! je suis guérie! » La jeune Marthe, qui couchait dans la même chambre, se jette au bas du lit et accourt. Elle voit les yeux de Marie entièrement débarrassés de leur voile sanglant, ses yeux noirs et brillants, dans lesquels resplendissaient la force et la vie. Le cœur de la petite fille se tourne vers le père et la mère qui manquaient à cette joie. « Papa! maman! » cria-t-elle. Marie lui fit signe de se taire. « Attends, attends, dit-elle. Je veux voir auparavant si je puis lire. Donne-moi un livre ». L'enfant en prit un sur la table de la chambre. « Tiens », dit-elle. Marie ouvre le livre et y lit aussitôt, couramment, sans effort, comme tout le monde. La guérison était complète, radicale, absolue, et la sainte Vierge n'avait pas fait les choses à demi. Le père et la mère étaient accourus. « Papa, maman, j'y vois, je lis, je suis guérie! » Comment pourrions-nous peindre cette scène indescriptible? Chacun la comprend, chacun peut lavoir en descendant dans son propre cœur. La porte de la maison n'était pas encore ouverte. Les fenêtres étaient fermées, et leurs vitres transparentes ne laissaient passer que les premières clartés du matin. Qui donc aurait pu entrer et se mêler à la joie de cette famille retrouvant tout à coup le bonheur? Et cependant, ces chrétiens exaucés comprirent qu'ils n'étaient point seuls et qu'un être, puissant et invisible, était en ce moment au milieu d'eux.

Le père et la mère, la petite Marthe, tombèrent à genoux. Marie, encore couchée, joignit les mains, et de ces quatre poitrines oppressées d'émotion et de reconnaissance, sortit comme une action de grâces, le nom de la mère de Dieu: « Sainte Vierge Marie, ô Notre-Dame de Lourdes!... » Quelles furent leurs autres paroles, nous l'ignorons. Quant à leurs sentiments, qui ne les devine, en assistant par la pensée à ce bienheureux événement, à cet éclair de la puissance de Dieu, traversant tout à coup la destinée d'une famille éplorée, et changeant ses douleurs en félicité. Est-il besoin d'ajouter que, peu de temps après, Mlle Marie Moreau allait avec ses parents remercier Notre-Dame de Lourdes, à la Grotte de l'Apparition. Melle Moreau déposa ses vêtements sur l'Autel et reprit, tout heureuse et toute fière de les porter, les couleurs de la Reine des vierges. M. Moreau, dont auparavant la foi avait été si grande, était dans la stupeur. « Je croyais, disait-il, que ces grâces ne s'accordaient qu'à des saints. Comment se fait-il que de telles faveurs descendent aussi sur de misérables pécheurs comme nous? »

IV. Ces faits ont eu pour témoins toute la population de Fartas, qui prenait part à l'affliction de cette famille, l'une des plus estimées du pays. Chacun dans la ville a vu et peut attester que la maladie, jusque-là si désespérée, avait été guérie soudainement dès le commencement de la neuvaine. La Supérieure du Sacré-Cœur de Bordeaux, les cent cinquante élèves qui étaient les compagnes de Mlle Marie Moreau, les médecins de l'établissement ont constaté et la gravité de son état avant les événements que nous avons racontés, et ensuite sa complète guérison. Elle rentra en effet à Bordeaux, où elle passa encore deux ans pour terminer ses études. Le médecin oculiste, M. Bermont, ne pouvait revenir de sa surprise en présence de cet événement, si en dehors de la portée de son art. Nous avons vu sa déclaration attestant l'état de la malade et reconnaissant l'impuissance de la médecine à obtenir une telle guérison, « qui a persisté, dit-il, et qui persiste encore. Quant à l'instantanéité de cette guérison, telle qu'elle s'est produite, c'est, ajoute-t-il, un fait hors ligne qui sort tout à fait des procédés au pouvoir de la science médicale. En foi de quoi j'ai signé: Bermont ».Cette déclaration, datée du 8 février 1859, est déposée à l'évêché de Tarbes avec un grand nombre de lettres et de témoignages des habitants de Tari as, parmi lesquels figure celui du maire de la ville, M. Desbord.

Mlle Marie porta les couleurs de la Vierge jusqu'au jour de son mariage, qui eut lieu quelque temps après la lin de ses études et sa sortie du Sacré-Cœur. Ce jour-là même, elle se rendit à Lourdes et quitta la robe de la jeune fille pour revêtir celle de l'épouse. Elle voulut faire don de ce vêtement bleu et blanc à une autre enfant, aimée aussi par la sainte Vierge, à Bernadette. Ayant la même mère, n'étaient-elles pas un peu sœurs? C'est le seul cadeau que Bernadette ait jamais accepté. Elle, a porté pendant plusieurs années, jusqu'à ce qu'elle ait été tout à fait usée, cette robe dont les couleurs rappelaient la bienfaisante toute-puissance de la divine Apparition de la Grotte. Voilà déjà onze ans que ces événements se sont accomplis. Le bienfait accordé par la très Sainte Vierge n'a point été retiré: la vue de Mlle Moreau a continué d'être parfaite: jamais une rechute, jamais une indisposition, même légère. A moins d'un suicide, je veux dire d'un acte d'ingratitude ou d'un abus de grâces, ce que Dieu ressuscite ne meurt plus. Resurgens, jam non moritur. Mlle Marie Moreau se nomme aujourd'hui Mme d'Izarn de Villefort; elle est mère de trois superbes enfants qui ont les plus beaux yeux du monde. Bien que ce soient des garçons, il n'en est pas un seul qui, parmi ses prénoms de baptême, ne porte en tête le nom de Marie.

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Prière pour la Famille

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Notre-Dame de Lourdes, nous venons de contempler avec attendrissement un ménage chrétien que votre grâce a visité, et que votre droite a béni. Fille de Joachim et d'Anne, épouse de Joseph, mère de Jésus, jetez un regard de compassion et de bienveillance sur toutes les familles de la terre, et guérissez les maux intimes dont chacune d'elles peut souffrir. Hélas! que de ménages ici-bas vivent dans l'amertume, le déchirement et les larmes! combien, par leur propre faute, transforment en une sorte d'enfer ce saint état de mariage, le seul sacrement dont l'origine remonte au Paradis terrestre et qui, lorsque les époux savent s'aimer en Dieu, conserve encore, en ce monde déchu, une part délicieuse de la félicité primitive. Combien d'époux désunis! Combien de maris durs, pleins d'inconduite, adonnés à quelque vice, font le désespoir de leurs femmes, combien de femmes acariâtres, vaines, légères, fantasques, maussades, d'un caractère affreux, font le malheur de leur mari! Combien de parents peu pénétrés de leurs devoirs; combien d'enfants ingrats; combien de plaies et de hontes cachées; combien de profanations sacrilèges dans cet auguste Sacrement que saint Paul appelle « grand devant Dieu et grand devant l'Église », dans ce Sacrement qui a pour but immuable de perpétuer le genre humain. Et aussi que d'épreuves envoyées par Dieu! que de maladies, de traverses humaines, de stérilités cruelles, de morts et de séparations douloureuses! O Marie, Mère très pure et Épouse du Saint-Esprit, modèle de toute force et de toute douceur, venez au secours de tant de coupables et d'infortunés. Convertissez eux qui pèchent: donnez le courage et la patience à ceux qui souffrent. Faites entrer dans ces maisons si tristes, le divin médecin qui peut guérir les maux les plus désespérés, le Suprême Consolateur qui adoucit toute peine et rend léger tout fardeau. très douce, ô très bonne, ô très pieuse Vierge Marie, regardez toutes les familles, entendez le cri de tant de misères, de tant de chagrins, et écoutez alors la voix de votre maternelle compassion et de voire miséricorde, la voix de votre propre cœur, vous disant à vous-même comme nous vous le disons tous ici: Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous. Ainsi soit-il.

 

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25 mai 2012

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes 10/18

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes

Dixième apparition

27 février 1858

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Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

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Vingt-sixième jour

Mme veuve Madeleine Rizan

 

I. Dans cette même ville de Nay, où avait été guéri miraculeusement, quelques mois auparavant, le jeune Henri Busquet, une femme déjà parvenue à la vieillesse, Mme veuve Madeleine Bizan, était sur le point de mourir. Sa vie, du moins depuis vingt-quatre ou vingt-cinq ans, n'avait été qu'une longue suite de douleurs. Frappée en 1835 par le choléra, elle était demeurée à peu près paralysée de tout le côte gauche: elle boitait et ne parvenait à faire quelques pas dans l'intérieur de la maison, qu'en s'appuyant contre les murs ou contre les meubles. Rarement, deux ou trois fois par an, au plus fort de l'été pouvait-elle, aidée et presque portée par des bras étrangers, se rendre à l'église de Nay, assez voisine de sa maison, et y entendre la sainte Messe. Il lui était impossible, sans le secours d'autrui, soit de se mettre à genoux, soit de se relever. L'une de ses mains était entièrement atrophiée. Son tempérament général ne s'était guère moins ressenti que ses membres des suites du terrible fléau. Elle était en proie à de continuels vomissements de sang. L'estomac était hors d'état de supporter les aliments solides. Du jus de viande, des purées, du café avaient suffi cependant à soutenir en elle,dans ces déplorables conditions, la flamme vacillante de la vie. Flamme chétive toutefois, toujours prête à s'éteindre en son foyer mystérieux, et impuissante à réchauffer ce malheureux corps qu'agitait souvent un tremblement glacé. La pauvre femme avait toujours froid. Même au milieu des ardeurs de juillet ou d'août, elle demandait sans cesse à voir le feu pétiller dans l'âtre et faisait approcher de la cheminée son vieux fauteuil de malade. Depuis seize ou dix-huit mois son état s'était aggravé; la paralysie du côté gauche était devenue complète; la même infirmité commençait à envahir la jambe droite. Les membres atrophiés étaient tuméfiés outre mesure, comme le sont parfois ceux des hydropiques.

Mme Rizan avait quitté le vieux fauteuil pour le lit. Elle ne pouvait y faire un seul mouvement, tant elle était infirme, et on était obligé de la retourner de temps en temps et de la changer de position. Elle n'était plus qu'une masse inerte. La sensibilité était perdue tout aussi bien que le mouvement. « Où sont mes jambes? » disait-elle quelquefois quand on venait de la déplacer un peu. Ses membres s'étaient pour ainsi d'ire ramassés et repliés sur eux-mêmes. Elle se tenait constamment couchée sur le côté, en forme de Z. Deux médecins l'avaient successivement soignée. M. le docteur Talamon l'avait depuis longtemps jugée incurable, et, s'il continuait à la voir fréquemment, c'était seulement. à titre d'ami. Il refusait de lui ordonner des remèdes, disant que tout traitement, quel qu'il fût, serait fatalement nuisible et que la pharmacie et les médicaments ne pouvaient qu'affaiblir la malade et user encore davantage son organisme déjà si profondément atteint. M. le docteur Subervielle, sur l'insistance de Mme Rizan, avait prescrit quelques ordonnances, rapidement reconnues inutiles, et avait également renoncé à toute espérance. Si les membres paralysés étaient devenus insensibles, les souffrances que cette infortunée ressentait ailleurs, tantôt à l'estomac ou au ventre, tantôt à la tête, étaient atroces. La position constante que son malheureux corps était obligé de garder avait fini par produire une double plaie, l'une au creux de la poitrine, l'autre à l'aine. Sur le côté, en plusieurs endroits, sa peau était usée par le long frottement du lit, et laissait voir la chair toute dénudée et sanglante. La mort approchait.

Mme Rizan avait deux enfants. Sa fille, nommée Lubine, demeurait avec elle et la soignait avec un dévouement de toutes lès heures. Son fils, M. Romain Rizan, était placé à Bordeaux dans une maison de commerce. Lorsque le dernier espoir fut perdu et que le docteur Subervielle eut déclaré que la malade avait à peine quelques jours à vivre, on manda en toute hâte M. Romain Rizan. Il vint, embrassa sa mère, reçut sa bénédiction et ses suprêmes adieux. Puis, obligé de repartir par suite d'un ordre qui le rappelait, arraché du pied de ce lit de mort par la cruelle tyrannie des affaires, il quitta sa mère avec la poignante certitude de ne plus la revoir. La mourante avait reçu l'extrême- onction. Son agonie se prolongeait au milieu de souffrances intolérables. « Mon Dieu! s'écriait-elle souvent, mettez un terme a tant de douleurs. Accordez-moi, Seigneur, ou de guérir ou de mourir! Elle fit prier les sœurs de la Croix, à Igon, dont sa belle-sœur était Supérieure, de faire à la très Sainte Vierge une neuvaine pour obtenir de sa puissance ou la guérison ou la mort. La malade témoigna aussi le désir de boire de l'eau de la Grotte. Une voisine, Mme Nessans, qui se rendait à Lourdes, promit de lui en rapporter à son retour.

Depuis quelque temps on la veillait jour et nuit. Le samedi, 16 octobre, une crise violente annonça l'approche définitive du dernier moment. Les crachements de sang furent presque continuels. Une teinte livide se répandit sur ce visage amaigri. Les yeux devinrent vitreux. La malade ne parlait presque plus, sinon pour se plaindre de douleurs aiguës. « Seigneur, répétait-elle souvent, Seigneur, que je souffre. Ne pourrai-je donc pas mourir? » « Son vœu sera bientôt exaucé, dit le docteur Subervielle en la quittant. Elle mourra dans la nuit ou au plus tard à la naissance du jour. Il n'y a plus d'huile dans la lampe ». De temps en temps la porte s'ouvrait. Des amis, des voisins, des prêtres, M. l'abbé Dupont, M. l'abbé Sanarens, vicaire de Nay, entraient silencieusement et demandaient à voix basse si la mourante vivait encore. Le soir, en la quittant, M. l'abbé André Dupont, son consolateur et son ami, ne put retenir ses larmes. « Avant le jour elle sera morte, dit-il, et je ne la reverrai qu'en Paradis ». La nuit était venue. La solitude s'était faite peu à peu dans la maison. Agenouillée devant une statue de la Vierge, Lubine priait, sans espérance terrestre. Le silence était profond et n'était interrompu que par la respiration pénible de la malade. Il était près de minuit. « Ma fille! » dit l'agonisante. Lubine agenouillée se lève et s'approche du lit: « Que voulez-vous, ma mère? » fit-elle en lui prenant la main. « Ma chère enfant, lui dit d'une voix un peu étrange la mourante, qui sembla sortir comme d'un songe profond, va chez notre amie, Mme Nessans, qui a dû rentrer de Lourdes ce soir. Demande-lui un verre d'eau de la Grotte. C'est cette eau qui doit me guérir. La sainte Vierge le veut ». « Ma bonne mère, répondit Lubine, il est trop tard à ce moment. Je ne puis vous laisser seule, et tout le monde est couché chez Mme Nessans. Mais demain matin, j'irai en chercher dès la première heure ». « Attendons alors ». Et la malade rentra dans son silence. La nuit se passa et fut longue.

II. Les joyeuses cloches du dimanche annoncèrent enfin le lever du jour. L'Angélus du matin portait à la Vierge Marie les prières de la terre et célébrait l'éternelle mémoire de sa toute-puissante Maternité. Lubine courut chez Mme Nessans, et revint aussitôt, portant une bouteille d'eau de la Grotte. « Tenez, ma mère, buvez! et que la sainte Vierge vienne à votre secours! » Mme Rizan porta le verre à ses lèvres et en avala quelques gorgées. « Ma fille, ma fille, s'écria-t-elle, c'est la Vie que je bois. Il y a la Vie dans cette eau! Frotte-m'en le visage! Frotte-m'en le bras! Frotte-m'en tout le corps! » Toute tremblante et hors d'elle-même, Lubine trempa un linge dans l'eau miraculeuse et lava le visage de sa mère. « Je me sens guérie, criait celle-ci d'une voix redevenue claire et forte, je me sens guérie! » Lubine, cependant, épongeait à l'aide du linge mouillé les membres paralysés et tuméfiés de la malade. Avec une ivresse de bonheur, mêlée de je ne sais quel frisson d'épouvante, elle voyait l'enflure énorme s'affaisser et disparaître soudainement sous le mouvement rapide de sa main, et la peau, violemment tendue et luisante, reprendre son aspect naturel. Subitement, pleinement, sans transition, la santé et la vie renaissaient sous ses doigts.

« Il me semble, disait la mère, qu'il sort de moi par tout le corps, comme des boutons brûlants ». C'était sans doute le principe intérieur du mal qui s' enfuyait de ce corps jusque-là si tourmenté par la douleur, qui le quittait à jamais, sous l'action d'une volonté surhumaine. Tout cela s'était accompli en un instant. En une minute ou deux, le corps agonisant de Mme Rizan, épongé par sa fille, avait retrouvé la plénitude de ses forces. « Je suis guérie! tout à fait guérie! s'écriait la bienheureuse femme. Que la sainte Vierge est bonne! Qu'elle est puissante!... » Puis, après cet élan vers le ciel, les appétits matériels de la terre se firent sentir violemment. « Lubine, ma chère Lubine, j'ai faim, je veux manger ». « Voulez-vous du café, voulez-vous du vin ou du lait? » balbutia la jeune fille, troublée par la soudaineté, en quelque sorte foudroyante, de ce miracle. « Je veux de la viande et du pain, ma fille, dit la mère. Je n'en ai pas mangé depuis vingt-quatre ans ». Il y avait là quelque viande froide, un peu de vin. Mme Rizan but et mangea. « Et maintenant, dit-elle, je veux me lever ». « Ce n'est pas possible, ma mère », dit Lubine, hésitant malgré elle à en croire ses yeux, et s'imaginant peut-être que les guérisons venues directement de Dieu étaient soumises, comme les cures ordinaires, aux lenteurs et aux précautions de la convalescence. Elle tremblait de voir ce miracle si inespéré s'évanouir tout à coup.

Mme Rizan insista et demanda ses vêtements. Ils étaient depuis bien des mois repliés et mis à leur place dans l'armoire d'une pièce voisine. On pensait, hélas qu'ils ne serviraient plus. Lubine sortit de la chambre pour aller les chercher. Elle rentra presque aussitôt; mais, arrivée sur le seuil de la porte, elle poussa un grand cri et laissa tomber à terre, tant son saisissement fut grand, la robe qu'elle portait à la main. Sa mère, durant cette courte absence, avait sauté hors du lit et était allée s'agenouiller devant la cheminée où se trouvait la statue de la Vierge. Elle était là, les mains jointes, remerciant sa toute-puissante libératrice. Lubine, terrifiée comme devant la résurrection d'un mort, était incapable d'aider sa mère à se vêtir. Celle-ci ramassa sa robe, s'habilla toute seule en un clin d'œil et retomba à genoux aux pieds de l'image sacrée. Il était environ sept heures du matin. On sortait de la première Messe. Le cri de Lubine fut entendu dans la rue par les groupes qui passaient sous ses fenêtres. « Pauvre fille! dit-on, c'est sa mère qui vient d'expirer. Il était impossible qu'elle passât, la nuit ». Plusieurs personnes, amies ou voisines, entrèrent aussitôt dans la maison pour soutenir et consoler Lubine en cette indicible douleur. Parmi elles, deux Sœurs de Sainte-Croix. « Eh bien, ma pauvre enfant, elle est donc morte, votre bonne mère! Mais vous la reverrez au ciel ». Et elles s'approchèrent de la jeune fille, qu'elles trouvèrent appuyée contre la porte entr'ouverte et le visage bouleversé. Lubine put à peine leur répondre. « Ma mère est ressuscitée! » fit-elle d'une voix étranglée par une émotion si forte qu'elle ne pouvait la porter sans défaillir. « Elle délire, pensèrent les Sœurs en pénétrant dans la chambre, suivies des quelques personnes qui montaient avec elles, l'escalier. Lubine avait dit vrai. Mme Rizan avait quitté son lit. Elle était habillée et priait, prosternée devant l'image de Marie. Elle se leva et dit: « Je suis guérie! Remercions la sainte. Vierge. Tous à genoux ! »

III. Le bruit de cet événement extraordinaire se répandit dans la ville de Nay avec la rapidité de l'éclair. Tout ce jour et le lendemain la maison fut pleine de monde. La foule se pressait, émue et recueillie, dans cette chambre où venait de passer un rayon de la toute-puissante bonté de Dieu. Chacun voulait voir Mme Rizan, toucher son corps rendu à la vie, se convaincre de ses propres yeux, et graver en son souvenir tous les détails de ce drame surnaturel. M. le docteur Subervielle reconnut sans hésiter le caractère miraculeux et divin de cette guérison extraordinaire. A Bordeaux cependant M. Romain Rizan, au désespoir, attendait avec angoisse la missive fatale qui devait lui annoncer la mort de sa mère. Ce fut pour lui un coup terrible lorsque, un matin, la poste lui apporta une lettre dont l'adresse portait l'écriture bien connue de M. l'abbé Dupont. « J'ai perdu ma pauvre mère », dit-il à un ami qui était venu le visiter. Et il fondit en larmes sans avoir le courage de briser l'enveloppe. « Ayez de la force dans le malheur, ayez de la foi, lui disait son ami ». Il rompit enfin le cachet. Les premiers mots qui frappèrent ses yeux furent ceux-ci: « Deo gratias! Alléluia! Réjouissez-vous, mon cher ami, votre mère est guérie, complètement guérie. C'est la sainte Vierge qui lui a rendu miraculeusement la santé ». L'abbé Dupont lui racontait de quelle façon toute divine Mme Rizan avait trouvé au terme de son agonie la Vie au lieu de la mort. Quelle joie pour le fils! quelle joie pour son ami! Cet ami était employé- dans une imprimerie de Bordeaux où se publiait le Messager catholique. « Donnez-moi cette lettre, dit-il à. Romain Rizan, il faut que les œuvres de Dieu soient connues, et que Notre-Dame de Lourdes soit glorifiée ». Moitié de gré, moitié de force, il obtint la lettre. Le Messager catholique la publia quelques jours après. Quant à l'heureux fils, il repartit presque aussitôt pour Nay. A l'arrivée de la diligence une femme l'attendait. Elle courut à lui, alerte et vive, quand il descendit de voiture, et se précipita dans ses bras en pleurant d'attendrissement et de joie. C'était sa mère.

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Prière pour demander le don de Foi

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Vous qui ne refusez rien à la foi de vos enfants, Notre-Dame de Lourdes, faites descendre en nous cette Foi elle-même, non-seulement la Foi qui consiste à croire les vérités que l'Église enseigne, mais encore cette Foi particulière, cette Foi filiale et confiante, vive et pleine, ardente et absolue, qui plaît tant au cœur de Dieu; cette Foi puissante et sans hésitation qu'il récompense ici-bas en lui accordait tout ce qu'elle demande et en faisant pour elle les plus grands miracles. Donnez-nous la Foi de ces âmes simples et droites qui vous ont invoquée à Lourdes et loin de Lourdes, et qui ont obtenu de votre toute-puissante bonté ces guérisons extraordinaires qui stupéfient la nature. Sans doute, ô Marie, nous croyons; et, avec le secours delà grâce, nous saurions mourir pour notre foi: mais, malgré tout, cette foi est timide, chancelante, cette foi trébuche à chaque pas au milieu des ténèbres. Rendez la courageuse, ferme et lumineuse. Nous croyons, ô Marie! comme le centurion de l'Évangile, nous croyons: venez en aide à notre incrédulité. Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous. Ainsi soit-il.

 

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24 mai 2012

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes 9/18

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes

Neuvième apparition

25 février 1858

 

Journée sans apparition

26 février 1858

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Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

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Vingt-cinquième jour

Fin de la polémique, levée des interdits, enquête de la Commission Episcopale

 

I. La polémique de la presse au sujet de la, Grotte était épuisée. En France et à l'étranger, la conscience publique avait été mise à même de juger, non de la réalité des événements surnaturels, mais de l'oppression violente que subissaient, dans un coin de l'Empire, la liberté de croire et le droit d'examiner. Les misérables sophismes du fanatisme antichrétien et de l'intolérance, prétendue philosophique, n'avaient pas tenu devant la pressante logique des journaux catholiques. Les Débats, le Siècle, la Presse et la vile multitude des feuilles irréligieuses se taisaient, regrettant probablement d'avoir entrepris cette guerre malheureuse et fait un si grand bruit autour de ces faits extraordinaires. Ils n'avaient réussi qu'à propager et à répandre dans tous les pays la renommée de tant de miracles. De l'Italie, de l'Allemagne, de contrées plus lointaines encore, on écrivait à Lourdes pour se faire envoyer quelques gouttes de l'eau sacrée. Au Ministère des Cultes, M. Gustave R. s'obstinait à vouloir se mettre en travers de la plus sainte des libertés et à prétendre arrêter la force des choses. A la Grotte, Dominique et les Gardes persistaient à veiller jour et nuit, et à traduire les croyants devant les tribunaux. Le juge Jean D. condamnait toujours. Entre un tel Ministre pour le soutenir et de tels agents pour exécuter ses volontés, le baron Pardoux demeurait bravement dans l'illogique absolu de sa situation et se complaisait dans la toute-puissance de son arbitraire. De plus en plus exaspéré en se voyant enlever, par l'enquête épiscopale et par l'analyse de M. Filhol, les vains prétextes de Religion et d'ordre public dont il avait, à l'origine, voulu voiler son intolérance, il se livrait avec orgueil à la joie amère de faire de la tyrannie pure. Il restait sourd au cri unanime. A toutes les raisons, à l'évidence indéniable, il opposait sa volonté: « Ceci est mon bon plaisir ». Il lui était doux d'être plus fort, lui tout seul, que les multitudes, plus fort que l'Êvêque, plus fort que le bon sens, plus fort que les Miracles, plus fort que le Dieu de la. Grotte. Etiamsi omnes, ego non.

II. Ce fut dans ces circonstances que Mgr de Salinis, Archevêque d'Auch, et un autre personnage considérable, se rendirent auprès de l'Empereur, qui se trouvait en ce moment à Biarritz. Napoléon III reçut en même temps de divers côtés des pétitions demandant instamment, et réclamant, en vertu des droits les plus sacrés, le retrait des arbitraires et violentes mesures du baron Pardoux: « Sire, disait une de ces pétitions, nous ne prétendons décider en rien la question des Apparitions de la Vierge, bien que, sur la foi de miracles éclatants qu'ils disent avoir vus de leurs yeux, presque tous, en ces pays, croient à la réalité de ces manifestations surnaturelles. Ce qui est certain, et hors de toute contestation, c'est que cette Source qui a jailli tout a coup, et que l'on nous ferme malgré l'analyse scientifique qui en proclame l'innocuité absolue, n'a fait de mal à personne; ce qui est certain, c'est que, tout au contraire, un grand nombre déclare y avoir recouvré la santé. Au nom des droits de la conscience, indépendants de tout pouvoir humain, laissez les croyants aller y prier, si cela leur convient. Au nom de la plus simple humanité, laissez les malades aller y guérir, si telle est leur espérance. Au nom de la liberté des intelligences, laissez les esprits qui demandent la lumière à l'étude et à l'examen aller y découvrir l'erreur ou y trouver la vérité ».

L'Empereur, avons-nous dit plus haut, était désintéressé dans la question, ou plutôt il-avait intérêt à ne pas user sa force dans une stérile opposition à la marche des événements. Il avait intérêt à être équitable, et à ne pas froisser, par un arbitraire gratuit et un déni de justice évident, ceux qui croyaient après avoir vu, et ceux qui, ne croyant pas encore, revendiquaient le droit d'examiner publiquement les faits mystérieux qui préoccupaient la France entière. Les renseignements que M. Gustave R. avait dû donnera l'Empereur n'étaient guère faits pour éclairer ce dernier. La polémique des journaux, bien qu'elle eût triomphalement mis en lumière le droit des uns et l'inique intolérance des autres, n'avait pu lui donner une idée absolument nette de la situation. A Biarritz seulement, elle lui apparut tout entière, et il la connut dans tous les détails. Napoléon III était un monarque peu expansif; sa pensée se traduisait rarement par la parole. Elle se. manifestait par des actes. En apprenant les violences absurdes par desquelles le Ministre, le Préfet et leurs agents discréditaient à plaisir le Pouvoir, son œil terne s'illumina, dit-on, d'un éclat de froide colère; il haussa convulsivement les épaules, et le nuage d'un profond mécontentement passa sur son front. Il sonna violemment. « Portez ceci au télégraphe », dit-il. C'était une dépêche laconique pour le Préfet de Tarbes, ordonnant de la part de l'Empereur, de rapportera l'instant l'Arrêté sur la Grotte de Lourdes et de laisser libres les populations.

III. Ce télégramme fat pour le baron Pardoux un véritable coup de foudre. L'infortuné Préfet ne pouvait en croire la réalité. Plus il y pensait, et plus il lui semblait impossible de revenir sur ses pas, de se déjuger, de reculer publiquement. Il lui fallait cependant avaler ce breuvage amer, ou donner sa démission et rejeter loin de lui la coupe préfectorale. Fatale alternative. Le baron Pardoux n'avait qu'à choisir entre son orgueil et sa Préfecture. Il fit ce choix douloureux et il fut assez humble pour demeurer Préfet. Le Chef du Département se résigna donc à obéir. Toutefois, malgré les impératives dépêches du Maître, il essaya encore, non de lutter, ce qui était visiblement impossible, mais de masquer sa retraite et de ne pas rendre les armes publiquement. Par suite de quelques indiscrétions de bureau, peut-être aussi par le récit des personnages qui s'étaient rendus en ambassade auprès de l'Empereur, on savait déjà vaguement dans le public le sens des ordres venus de Biarritz. Ils faisaient l'objet de toutes les conversations. Le Préfet ne confirma ni ne démentit ces rumeurs. Il enjoignit à Dominique et à ses agents à ne plus faire de procès-verbaux et de cesser toute surveillance. Une telle abstention venant à la suite des bruits qui couraient sur les instructions de l'Empereur, devait suffire, suivant lui, pour que les choses reprissent d'elles-mêmes leur cours normal, et pour que l'Arrêté tombât, de fait, en désuétude, sans qu'il fût nécessaire de le rapporter. Il était même probable que les populations, rendues à la liberté, s'empresseraient d'arracher elles-mêmes et de jeter dans le Gave les poteaux qui portaient défense d'entrer sur le terrain communal et les barrières qui fermaient la Grotte.

M. Pardoux fut trompé dans ses calculs, assez plausibles d'ailleurs. Malgré l'abstention de la Police, malgré les bruits qui circulaient et qu'aucun personnage officiel ne démentait, peut-être même à cause de tout cela, les populations craignirent quelque piège. Elles continuèrent d'aller prier sur la rive gauche du Gave. Les infractions eurent généralement, comme auparavant, un caractère isolé. Nul ne toucha aux poteaux, ni aux barrières. Au lieu de tomber de lui-même, comme l'avait espéré le Préfet, le statu quo se maintenait obstinément. Etant donné le caractère de Napoléon III et la netteté des ordres expédiés de Biarritz, une pareille situation était périlleuse pour le Préfet. Le baron Pardons était trop intelligent pour ne pas le comprendre. A chaque instant, il devait craindre que l'Empereur ne fût instruit tout à coup de la façon dont il essayait de louvoyer. Il se trouva que, durant ces perplexités, M. Fould eut encore occasion de venir à Tarbes, et même de passer à Lourdes. Augmenta-t- il, en lui parlant du Maître, la terreur du Préfet? Le baron reçut-il quelque nouveau télégramme plus foudroyant que les deux autres? Nous ne savons. Toujours est-il que le 3 octobre, sous le coup de quelque cause inconnue, M. Pardoux devint souple comme un roseau foulé sous le pied d'un passant, et que sa raideur arrogante parut faire place à une prostration soudaine et complète. Le lendemain, au nom de l'Empereur, il donna ordre au maire de Lourdes de rapporter publiquement l'Arrêté et de faire enlever les poteaux et les barrières par Dominique.

IV. M. Anselme n'eut pas les inquiétudes de M. Pardoux. Une pareille solution le déchargeait du rude fardeau qu'avait l'ait peser sur lui le complexe désir de ménager le Préfet et les multitudes, les puissances célestes et le pouvoir humain. Par une illusion assez commune chez les natures indécises, il s'imagina toujours avoir été de l'avis qui prévalait, et il rédigea dans ce sens une proclamation: « Habitants de la ville de Lourdes, le jour tant désiré par nous est enfin arrivé; nous l'avons conquis par notre sagesse, par notre persévérance, par notre foi, par notre courage ». Tel était le sens et le ton de sa proclamation, dont, par malheur, le texte n'est point resté. La proclamation fut lue dans toute la ville au son de la trompette et du tambour. En même temps on affichait sur tous les murs le placard suivant: « Le Maire de la ville de Lourdes. Vu les instructions à lui adressées, arrête: L'Arrêté pris par lui le 8 juin 1858 est rapporté. Fait à Lourdes, en l'hôtel de la Mairie, le 5 octobre 1858. Signé: Le Maire, Anselme ». Pendant ce temps, Dominique et les Sergents de ville se rendaient à la Grotte pour enlever les barrières et les poteaux. La foule y était déjà, et elle grossissait à vue d'œil. Les uns priaient à genoux, et, faisant effort pour ne point se laisser distraire par les bruits extérieurs, remerciaient Dieu d'avoir mis fin au scandale et aux persécutions. D'autres se tenaient debout, causant à voix basse, attendant, non sans émotion, ce qui allait se passer. Des femmes, en grand nombre égrenaient leurs chapelets. Plusieurs tenaient une gourde à la main, voulant la remplir à l'en droit même où la Source jaillissait. On jetait des fleurs par-dessus les barrières, dans l'intérieur de la Grotte. A ces barrières, nul ne touchait. Il fallait que ceux qui les avaient mises publiquement, en se dressant contre la puissance de Dieu, vinssent les retirer publiquement, en se courbant devant la volonté d'un homme.

Dominique arriva. Bien que, malgré lui, un certain embarras se décelât dans sa personne un peu frémissante et qu'on devinât, à la pâleur de son visage, une profonde humiliation intérieure, il n'avait point, contrairement à l'attente générale, l'aspect morne d'un vaincu. Escorté de ses agents, armés de haches et de pioches, il s'avançait le front haut. Par une affectation qui parut singulière, il avait son costume officiel des grandes fêtes. Sa large écharpe tricolore ceignait ses reins, et flottait sur son épée de parade. Il traversa la foule, et vint se placer contre les barrières. Un tumulte vague, un sourd murmure, quelques cris isolés, sortaient de la multitude. Le Commissaire monta sur un fragment de rocher, et fit signe qu'il voulait parler. Tout le monde écouta: « Mes amis, se serait, dit-on, écrié Dominique, les barrières que voilà, et que, à mon grand regret, la municipalité avait reçu l'ordre de faire élever, vont tomber. Qui plus que moi a souffert de cet obstacle, dressé à rencontre de votre piété? Je suis religieux, moi aussi, mes amis, et je partage vos croyances. Mais le fonctionnaire, comme le soldat, n'a qu'une consigne: c'est le devoir, souvent bien cruel, d'obéir. La responsabilité n'en pèse pas sur lui. Eh bien! mes amis, lorsque j'ai été témoin de votre calme admirable, de votre respect du Pouvoir, de votre foi persévérante, j'en ai instruit les autorités supérieures. J'ai plaidé votre cause, mes amis. J'ai dit: « Pourquoi veut-on les empêcher de prier à la Grotte, de boire à la Source? Ce peuple est inoffensif ». Et c'est ainsi, mes amis, que toute défense a été levée, et c'est ainsi que M. le Préfet et moi nous avons résolu de renverser à jamais ces barrières, qui vous étaient si pénibles, et qui me l'étaient bien plus encore ». La foule garda un froid silence; Quelques jeunes gens chuchotaient et riaient. Dominique était visiblement troublé par son insuccès. Il donna ordre à ses agents d'enlever les clôtures. Ce fut fait assez promptement. On fit un tas de ces planches et de ces débris au bord de la Grotte, et la Police les vint chercher plus tard au commencement de la nuit. Une émotion immense remplissait la ville de Lourdes. Durant cette après-midi, la multitude allait et venait sur le chemin de la Grotte. Devant les Roches Massabielle, d'innombrables fidèles étaient a genoux. On chantait des cantiques, on récitait les litanies de la Vierge. « Virgo potens, ora pro nobis ». On se désaltérait à la Source. Les croyants étaient libres. Dieu avait vaincu.

V. Par suite des événements que nous avons racontés, M. Pardoux était devenu impossible dans le pays. L'Empereur ne tarda pas à l'envoyer à la première préfecture qui se trouva vacante dans l'Empire. Par une singularité digne de remarque, cette préfecture fut celle de Grenoble. La baron Pardoux ne s'éloigna de Notre-Dame de Lourdes que pour aller à Notre-Dame de la Salette. Dominique quitta également la contrée. On le nomma Commissaire de police dans un autre département. Replacé sur son terrain véritable, il contribua à découvrir avec une rare sagacité les ruses de quelques coquins dangereux, qui avaient déjoué les efforts de son prédécesseur, et les recherches les plus actives du Parquet. Il s'agissait d'un vol considérable, un vol de deux ou trois cent mille francs, commis au préjudice d'une Compagnie de chemin de fer. Ce lut le point de départ de sa fortune dans la Police, qui était sa véritable vocation. Ses aptitudes remarquables, très justement appréciées par ses chefs, devaient le conduire à un poste fort élevé. Le Procureur Impérial, M. Vital, ne larda point non plus à être appelé à d'autres fonctions. M. Anselme demeura Maire, et on doit apercevoir encore une fois ou deux sa vague silhouette dans les dernières pages de ce récit.

VI. Bien qu'il tût institué un tribunal d'enquête dès la fin de juillet, Mgr Laurence, avant de permettre qu'il entrât en fonctions, avait voulu qu'un certain apaisement se fit de lui-même dans les esprits. L'événement lui avait donné raison. Après les tumultueux débats de la presse française et les mesures violentes du baron Pardoux, la Grotte était devenue libre, et on n'avait plus à redouter le scandale de voir un agent de la police arrêter, sur le chemin des Roches Massabielle, la Commission épiscopale allant accomplir son œuvre et étudier, au lieu même de l'Apparition, les traces de la main de Dieu. Le 17 novembre, la Commission se rendit à Lourdes. Elle interrogea la Voyante. Elle visita les Roches Mastabielle. Elle vit de ses yeux l'énorme jaillissement de la Source divine. Elle constata, par l'unanime déclaration des hommes de ce pays, que la Source n'existait pas avant d'avoir surgi miraculeusement aux yeux de la multitude, sous la main de la Voyante en extase. A Lourdes et hors de Lourdes, elle fit une enquête approfondie sur les guérisons extraordinaires accomplies par l'eau de la Grotte. Pendant plusieurs mois, la Commission épiscopale se transporta de la sorte auprès de ceux que la notoriété publique et quelques renseignements préalables lui désignaient comme ayant été l'objet d'une de ces guérisons étonnantes dont elle avait à déterminer le caractère. Elle constata un grand nombre de Miracles. Parmi ceux-là, plusieurs ont déjà trouvé place dans le cours de ce récit. Deux d'entre eux étaient tout récents. Ils avaient eu lieu peu de temps api es le retrait de l'Arrêté préfectoral et la réouverture de la Grotte. L'un s'était accompli à Nay, l'autre à Tartas. Bien que les deux chrétiennes qui avaient été l'objet de la faveur céleste fussent inconnues l'une a l'autre, un lien mystérieux semblait unir ces événements. Racontons-les successivement tels que nous les avons nous-même étudiés et écrits sous l'impression des vivants témoignages que nous avons entendus.

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Prière pour le Gouvernement de la France

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Notre-Dame de Lourdes, vous avez permis que, presque toujours aveugles ou égarées, et équitables seulement une fois, les puissances établies se trouvassent mêlées au drame merveilleux de vos Apparitions et de vos Miracles. O Marie, vous que l'humilité a faite Reine des Univers, envoyez quelques rayons de votre sagesse parmi ceux qui ont assumé sur leurs épaules ou reçu de la Providence la mission redoutable de gouverner les sociétés humaines. Depuis bientôt un siècle, nous voyons dans notre malheureux pays les pouvoirs les plus divers s'élever tout à coup, vivre ou briller un instant, pour aller s'effondrer ensuite dans une ruine commune. Depuis bientôt un siècle, les révolutions nous déchirent, les guerres nous accablent; et l'unique cause de nos malheurs est de nous être abandonnés à l'iniquité; d'avoir voulu nous passer de Dieu, et fonder en dehors de lui nos sociétés et nos gouvernements; d'avoir déserté le roc immuable de l'éternelle vérité pour aller bâtir follement sur le sable mouvant des opinions humaines et des changeantes philosophies. Et voilà, à Mère du Verbe, que, suivant la parole de votre Fils, l'orage s'est levé, que les fleuves ont débordé, que la trombe des vents a soufflé, et que, secoué de la sorte par la nature même des choses, l'imbécile édifice s'est alors écroulé avec fracas dans le sang et la boue, couvrant au loin la terre de raines immenses et d'innombrables débris. Il y a trois mille ans le Prophète avait dit: « Si Dieu ne garde la cité, vainement veillent sur elle ceux qui s'en disent les gardiens ». O Marie, priez pour ceux qui nous gouvernent. Obtenez pour eux les grandes vertus cardinales et rectrices. Que la Justice soit le principe de tous leurs actes. Que la Prudence préside à leur conduite. Que la Force les maintienne dans leur autorité et les défende contre les autres; que la Tempérance les arrête devant tout excès de pouvoir et les défende contre eux-mêmes. Priez pour les Magistrats, afin que l'équité absolue soit l'unique règle de leurs jugements, et qu'ils fassent régner la Justice ici-bas. Priez pour les Législateurs, afin que toutes leurs constitutions et leurs codes ne soient que l'application du commandement unique qui est à lui seul la Loi et les Prophètes. « Vous aimerez Dieu par-dessus toute chose et le prochain comme vous-mêmes ». Priez pour ceux qui administrent, afin qu'ils accomplissent leur mission avec la fermeté qui se fait obéir, avec la douceur qui se fait aimer. Priez pour celui qui est investi de l'Autorité suprême: pour celui qui la détient aujourd'hui, pour celui qui la possédera demain. Que Dieu lui donne la Sagesse comme il la donna à ces grands pasteurs de peuples qui ont gouverné la terre sous les noms de patriarches ou de juges, sous les noms de princes, d'empereurs ou de rois, comme il la donna à Abraham, à Moïse, à Gédéon et à Josué ; à Salomon, à David et à Ézéchias; à saint Henri d'Allemagne et à saint Edouard d'Angleterre; comme il la donna à notre bienheureux Charlemagne et à notre grand saint Louis. Du fond de l'abîme où nous gémissons, aurions-nous la coupable audace de vouloir mêler nos idées humaines à l'indéfectible lumière de Celui qui règne dans les Cieux? Loin de nous, ô Reine de l'humilité, une si orgueilleuse prière. Dieu voit tout: Dieu peut tout. Qu'il établisse parmi nous le Gouvernement de son choix et l'Homme de son choix. Et que la France, se relevant enfin de tant de désastres, redevienne dans le monde la nation très-chrétienne et la fille aînée de l'Église. Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous. Ainsi soit-il.

 

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