27 mai 2013

La Servante de Dieu Thérèse Guillaudeu des Bassablons

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La Servante de Dieu Thérèse Guillaudeu des Bassablons

1728-1794

 

Née à Saint Malo le 3 décembre 1728, d'une noble et très chrétienne famille Thérèse Guillaudeu parut dès l'enfance douée de qualités charmantes, sur lesquelles se greffèrent des vertus surnaturelles qui devaient aller toujours croissant. Mariée toute jeune à Claude-Vincent des Bassablons, elle fut, dans la vie du mariage et du monde, la chrétienne parfaite et rapprocha suavement de Dieu son mari qu'avaient séduit les sophismes de l'époque. Leur foyer restant sans enfants, Thérèse des Bassablons donnait une large part dans sa vie aux œuvres de miséricorde, qu'elle savait allier avec tous les devoirs de sa situation. Veuve après vingt années de mariage, elle se consacra uniquement à la Piété et au service de toutes les infortunes. La pratique des plus hautes vertus lui était si familière, et surtout elle porta l'humilité et la Charité à un degré si éminent que ses concitoyens l'avaient en vénération. Habitués à recourir à elle en toutes circonstances, il l'appelèrent « Notre Dame de Bon Secours » souvent aussi « Notre Sainte ». Les jours troublés de la Révolution firent éclater d'avantage encore l'héroïsme de cette âme qui cherchait toujours à rester inconnue. Un saint Religieux lui avait prédit une fin sanglante, et depuis quinze ans, chaque jour, elle se préparait à la mort ; mais la vive horreur qu'en éprouvait sa nature impressionnable, ne l'empêcha ni de tenir ferme à son poste de dévouement comme directrice de la Maison de la Providence de Saint Malo, ni de se multiplier pour être utile aux Prêtres proscrits. Entourée de dangers toujours plus grands, harcelée d'injures et de menaces, même par quelques uns dont elle était la bienfaitrice, elle demeurait sereine, douce et magnanime. Après avoir accompli, en de telles circonstances un bien que tous s'accordaient à regarder « comme miraculeux », la Servante de Dieu fût arrêtée le 8 avril 1794 sur l'ordre de Le Carpentier, et, deux mois après, envoyée par lui devant le Tribunal Révolutionnaire de Paris. Elle avait « donné le dangereux exemple de l'attachement au fanatisme », elle avait « recelé des prêtres », telles étaient les principales charges relevées contre elle. « Notre courageuse martyre », selon l'expression de son premier biographe, l'Abbé Manet, subit un voyage de seize jours qui fût une longue agonie, mais elle « ne perdit pas un instant son enjouement céleste » et fût l'apôtre de ses compagnons, en particulier de l'un deux. Condamnée à cause de son « fanatisme » elle montra une force d'âme admirable, et fût mise à mort en haine de la Foi le 20 juin 1794. Le Tribunal Ecclésiastique constitué à Paris en vue de l'introduction de la Cause de Béatification des Martyrs du Tribunal Révolutionnaire a inscrit le nom de Thérèse des Bassablons sur la lise privilégiée.

« J'accepte la mort très volontiers, ô mon Dieu, pour rendre hommage à Votre Souveraineté, je la reçois comme un effet de Votre Justice sur moi. Je l'accepte par amour en vue d'imiter et d'honorer la mort de mon Sauveur Jésus-Christ. Je l'accepte pour obéir à Votre Volonté, je l'accepte pour Votre Gloire à laquelle doit se rapporter tout notre être, notre vie et notre mort. Je l'accepte afin de m'unir à Vous pour éternellement Vous aimer, Vous louer et jouir de Vous. Ainsi soit-il ». (Tiré du Vade-mecum de préparation à la mort de Thérèse des Bassablons).

 

Prière pour le succès de la cause de Béatification des Martyrs du Tribunal Révolutionnaire de Paris

 

O Dieu, qui au milieu des troubles de notre Patrie, avez voulu que Vos serviteurs subissent le dernier supplice pour la défense de la Foi Catholique, faites que, bientôt proclamés citoyens du Ciel, ils deviennent pour nous les modèles et les protecteurs de cette même Foi. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Nihil Obstat

Joseph Grente,

Vice Postulator

8 avril 1922

 

Imprimatur

Parisiis, die 22 Aprilis 1922

Mauritius Clément, V.G.

 

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06 mai 2013

Le Serviteur de Dieu Henri Verjus

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Le Serviteur de Dieu Henri Verjus

Missionnaire du Sacré Cœur d'Issoudun

Premier Apôtre de la Nouvelle Guinée

1860-1892

 

Henri-Stanislas Verjus naquit le 26 mai 1860 à Oleggio, petite ville du Piémont, de mère piémontaise et de père savoyard ; né deux mois après l'annexion de la Savoie à la France, Henri Verjus était de Nationalité Française.

Tout enfant, il donna des signes d'une grande piété : au jour de sa Première Communion qu'il fit à l'âge de huit ans, il senti naître en son âme la vocation au Sacerdoce. Admis en 1872 à la Petite Œuvre du Sacré Cœur, alors à Chezal-Benoît, près d'Issoudun, il devint bientôt le modèle accompli de ses condisciples, par sa piété, sa dévotion à Marie, sa Charité, son renoncement.

Le 15 février 1878, il fit ses premiers pas dans la Congrégation des Missionnaires du Sacré Cœur ; à partir de ce moment, il ne rêva plus qu'apostolat et martyre : ce furent les deux passions de sa vie. Aussi fit-il converger vers l'apostolat toutes ses études, tous ses travaux, toute son activité, toutes ses prières, et commença-t-il son martyre en se livrant à des mortifications extraordinaires.

Ordonné Prêtre à Rome en 1883, il exerça pendant une année un ministère fécond dans la Ville Eternelle. Enfin, en 1884, il put partir pour ses chères missions. Le premier, il pénétra dans la Nouvelle Guinée, terre immense encore fermée à l'Evangile. Par son intarissable bonté, il gagna le cœur des indigènes et, au prix de mille souffrances, il les convertit au Christ. Son zèle et son activité étaient sans bornes, comme son amour pour Jésus Christ et les âmes. Il arrosa de ses sueur cette terre infidèle ; il l'arrosa aussi de son sang, grâce à ses pénitences effrayantes.

Il y reçut l'Onction Episcopale le 22 septembre 1889. Trois ans après il vint en Europe pour l'intérêt de ses missions : son but était principalement de susciter partout des vocations pour hâter la conversion de sa chère Nouvelle Guinée. Épuisé par les fatigues de son héroïque apostolat, miné par la fièvre, il voulut quand même aller jusqu'au bout de ses desseins apostoliques ; mais il dut s'arrêter à Oleggio, où il mourut martyr de Charité, à peine âgé de 32 ans. Sa terre natale garde et vénère sa tombe. Nombreuses sont les âmes qui l'ont invoqué après sa mort et ont éprouvé la puissance de son intercession.

 

Sa consécration au Sacré Cœur comme victime pour la Nouvelle Guinée

 

Mon bon et mon unique Bien-Aimé Jésus ! Aujourd'hui, 17 octobre, fête de l'aimante et première victime de Votre Divin Cœur, je viens, par les mains très pures de ma bonne Mère, m'offrir à Votre Justice et Miséricorde pour être Votre victime, Vous priant et Vous conjurant de me purifier, sanctifier et immoler entièrement pour payer les dettes de ces pauvres âmes, obtenir leur grâce et leur conversion. Je sais, ô mon Dieu, que Vous pouvez me prendre sur parole et me faire endurer toutes les rigueurs de Votre Justice. J'y consens, ô mon Dieu ! Je le souhaite !... Je le veux !... Je Vous me demande ardemment !... Il le faut, ô mon Dieu, que Vous soyez connu et aimé de tout ce peuple. Il faut que ces âmes soient sauvées !... Il faut que Votre Sang les lave, les purifie et les sauve ! Et si, pour cela, ô mon Jésus bien-aimé, il faut du sang ! Des tourments ! Une passion ! Une flagellation ! Un crucifiement ! Un chemin de croix vivant ! Ô bon Jésus, je Vous en conjure, acceptez-moi. Voici tout ce que j'ai, tout ce qui me reste encore !... mon sang... mon corps tout entier... mon cœur, mon âme, tout moi-même. Crucifiez-moi ! Ô mon Jésus !... Brisez-moi !... et triomphez sur mes ruines ! Ô ma bonne Mère, j'ose me placer sur Votre Cœur de Mère, comme sur un encensoir. Brûlez, consumez tout en moi, et faites que notre Jésus accepte ma pauvre offrande et qu'il envoie une grâce irrésistible à ces âmes que je veux Lui porter.

Je m'offre aussi, ô mon Jésus pour cette petite association des victimes dont j'ai le bonheur de faire partie. Je les aime, ô mon Dieu, comme Vous les aimez, multipliez-les pour le Salut de Votre peuple. Envoyez celui que Vous voulez être le consommateur de cette chère œuvre. Et encore une fois, ô mon Maître, si ma vie, si mon sang tout entier, répandu dans les plus cruels tourments peuvent hâter cet instant béni où Vous serez connu, aimé et adoré chez ce peuple, me voilà, ô mon Dieu, prenez-moi des mains de Votre Mère et la mienne, purifiez-moi, immolez-moi tout entier au bon plaisir de Votre Divin Cœur.

 

+Stanislas-Henri Verjus,

Esclave de Marie, Victime du Sacré Cœur

 

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Prière pour demander la glorification du Serviteur de Dieu

 

O Jésus, adorable Rédempteur du monde, Vous qui, aux jours de Votre Vie mortelle, avez laissé tombé ces consolantes paroles : « Demandez et vous recevrez », daignez écouter nos supplications et nos prières, et Vous glorifier Vous-même en glorifiant Votre Serviteur Henri Verjus. Daignez faire sentir de plus en plus sa protection à ceux qui l'invoquent et nous accorder les miracles que la Sainte Eglise réclame pour la Béatification de ses enfants. Souvenez-Vous, Seigneur, des trésors d'humilité, d'amour, de générosité, d'immolation dont Vous avez rempli son cœur, et daignez bientôt permettre à Vos serviteurs fidèles d'exalter Votre infinie Charité, en plaçant sur nos Autels celui qui en a été plus particulièrement l'objet. Ainsi soit-il.

 

Notre Dame du Sacré Cœur, priez pour nous.

 

Les personnes qui, après avoir invoqué Monseigneur Verjus, en ont obtenu des grâces, sont priées de les faire connaître à

Monsieur le Directeur de la Fraternité Notre Dame du Sacré Cœur d'Issoudun

4 rue de L'avenier, B.P. 18,

F- 36107 Issoudun cedex

www.issoudun-msc.com

 

Cum permissu Superiorum

 

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29 janvier 2013

La Vénérable Elisabeth Sanna

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La Vénérable Elisabeth Sanna

1788-1857

 

La Vénérable Elisabeth Sanna est née à Codrongianos (Sassari) le 23 Avril 1788. Trois mois après sa naissance, elle perdit la capacité de lever les bras. Mariée elle éleva ses cinq enfants. Devenue veuve en 1825, elle fit vœu de chasteté. Elle devint la mère spirituelle des jeunes filles et des femmes de son pays. En 1831, elle part faire un pèlerinage en Terre Sainte, et à son retour à Rome, à la suite de graves événements, elle décide d'ouvrir les portes de son domicile aux plus pauvres. Elle se consacre entièrement à la prière et au service des malades et des plus pauvres. Elle a été parmi les premiers membres de l'Union pour l'Apostolat Catholique fondée par Saint Vincent Palloti, qui était son directeur spirituel. Sa maison est devenue un sanctuaire de foi vivante et de Charité ardente. Elle mourut à Rome le 17 Février 1857 et a été inhumée en l'église San Salvatore i Onda.

 

Prière

 

O très Sainte Trinité, qui si avez si admirablement enrichi le notre sœur Elisabeth des dons de Sagesse, de conseil et de force, permettez à la Sainte Église, de pouvoir l'honorer parmi les Bienheureux, et par son intercession, daignez-nous accorder les grâces que nous vous demandons... Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

 

Approbation ecclésiastique

 

Relations de grâces et informations

Postulatore

204, Piazza S.V. Pallotti

00186 Roma (Italia)

 

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Le Serviteur de Dieu Romano Bottegal

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Le Serviteur de Dieu Romano Bottegal

Ermite-missionnaire Cistercien

1921 - 1978

 

Romano Bottegal est né en 1921 à San Donato di Lamon (Belluno, Italie) dans une famille très pauvre. Il était le dernier de six enfants. Tout au long de sa vie, Romano encouragera ses proches à supporter la situation économique particulièrement difficile dans la paix et l'abandon à la providence. Après l'école primaire, le petit Romano entre au Petit Séminaire de Feltre, puis au Grand Séminaire de Belluno, où il est très apprécié par le vice-chancelier Don Albino Luciani, futur Pape Jean-Paul 1er. À 18 ans, il a fait vœu de chasteté perpétuelle. Au fil des années, il développe une théologie forte et fait mûrir sa vocation monastique, mais ses supérieurs et son directeur spirituel lui conseillent d'attendre jusqu'à son ordination sacerdotale, qu'il a reçu le 29 Juin 1946.

Après son ordination, il quitta son diocèse d'origine et entra à l'Abbaye Cistercienne de Tre Fontane à Rome. Là, il fait sa profession solennelle en 1951 et suit les cours à l'Université Grégorienne, où il obtient en 1953 une licence en théologie. Il fut successivement, maître des frères convers, chanteur, puis maître des novices avant d'être élu Prieur.

En 1961, il répond à l'appel de l'abbé de Latroun, en Israël, qui recherchait des candidats pour lancer une fondation trappiste de rite Manonite au Liban, et il obtint de ses supérieurs de participer à cette fondation, qui se préparait à Latroun. Pour ce faire, le Père Romano commença à étudier l'arabe, le syriaque et la liturgie orientale. En décembre 1963, le projet libanais fut abandonné, n'ayant pas reçu la permission du chapitre général des Trappistes de rester, il quitta donc le Moyen Orient pour rentrer à Tre Fontane, où, l'abbé, discernant le sérieux de son engagement monastique et de sa vertu intérieure, lui permit de mener une vie solitaire dans le territoire du monastère.

Quelques temps plus tard, un Supérieur nouvellement nommé à Tre Fontane aux trois fontaines, pensait ne pas pouvoir accorder au Père romano l'autorisation de poursuivre son expérience de vie solitaire dans les murs du couvent. Le Père Romano, qui avait alors acquis la certitude qu'en menant une vie plus austère et solitaire il répondait à un appel du Seigneur, demanda alors un indult d'excloistration qui lui a été accordée par le Saint-Siège, afin de pouvoir mener une vie d'ermite. Après une longue recherche, il parti au Liban ou il fut placé sous l'autorité de l'évêque Melkite de Baalbek et vivant une vie solitaire à Jabbouleh, dans un ermitage appartenant au diocèse. Il y vécu ses dernières années, menant une vie très austère, avec pauvre un régime alimentaire, sans aucun chauffage, mobilier ni confort.

Le Père Romano a toujours entretenu des relations fraternelles avec certains Frères et avec son ancien Supérieur de Tre Fontane, il se préoccupait toujours du bien de la communauté d'une façon claire et sereine, ce qui était l'expression de son esprit, clair et calme, sensible et plein d'amour. La pénitence ne l'a pas endurci, il allait au bout de ce qu'il faisait, mais sans en perdre le sens pratique et sans jamais s'attrister. En effet, il était joyeux, souriant, aimant, plein d'amour et de tendresse aussi. Tous les témoins parlent de sa joie et du rayonnement de la présence du Seigneur sur son visage, fruit aussi aussi de quelques expériences mystiques, dont il a jalousement gardé le secret, mais qui transparaissent dans son « Journal intime ».

Le Père Romano a vécu parmi les musulmans, en priant beaucoup. La prière et le pardon... Arrêté une nuit par des soldats syriens qui avaient envahi et pillé son ermitage, il fut immédiatement remis en liberté par le commandant musulman, qui se recommanda à ses prières. Le Père Romano disait que le meilleur apostolat parmi les musulmans était une vie de pauvreté, de prière, de travail et que sa mission parmi eux était de vivre seul, mais proche des plus pauvres d'entre eux, de les aider et de les aimer. Les agriculteurs locaux se demandaient comment le Père Romano pouvait mener ce genre de vie et croyaient fermement que sa présence appelait sur eux la bénédiction de Dieu. Touché par la tuberculose, épuisé par les privations, le Père Romano est décédé saintement le 19 Février 1978 à l'Hôpital de Beyrouth, à l'âge de 56 ans, après 32 ans de vie monastique, dont 14 passés dans la solitude.

Près de son ermitage se trouve actuellement un couvent qui poursuit l'oeuvre contemplative commencée par le Père Romano. Les Chapitres généraux de 1999 ont approuvé la préparation de sa cause de béatification. En 2000, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a donné son autorisation et son habilitation à poursuivre le processus.

 

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Prière

 

O Dieu, qui inspirez toujours dans l'Eglise de nouveaux Témoins de Votre Amour, je Vous rends grâce et vous loue pour la vie et la vocation de l'ermite-missionnaire Padre Romano Bottegal, ainsi que pour toutes les grâces dont Vous avez daigné l'enrichir. Soumis pleinement à Votre Volonté et au mystère de la Croix, il à vécu pauvrement et humblement pour Vous et il se fit victime en l'holocauste, s'offrant lui-même, en union avec le sacrifice du Christ, pour le salut du monde. Apôtre de la paix et la joie du Ressuscité, il servit ses frères sur la terre avec une profonde Charité et un profond esprit de prière, leur promettant une éternité de services au Ciel en leur faveur.

Je Vous demande, Seigneur, de glorifier devant Votre Eglise le Père Romano et d'exaucer la demande que je confie par son intercession et celle de la Vierge Marie, avec une confiance et un abandon filial en Vous, Dieu Un et Trine, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Relations de grâces

Postulatzione

Monastero Trappiste Nostra Signora di San Giuseppe

Via della Stazione, 23

I-01030 Vitorchiano (Viterbo)

 

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19 janvier 2013

Les Bienheureuses Martyres Visitandines de Madrid

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Les Bienheureuses Martyres Visitandines de Madrid

« Quel bonheur de mourir pour le Christ ! »

+ le 18 novembre 1936

Fête le 18 novembre

 

Le premier monastère de la Visitation en Espagne fut établi à Madrid en 1748. C’est à cette communauté qu’appartiennent les sept martyres que l’on célèbre le 18 novembre. Lorsque éclate la guerre civile, les  moniales Visitandines se rendent rapidement compte qu’il est dangereux de rester en ville et décident de se retirer dans un petit village de Navarre, Oronoz. Toutefois un groupe de sept religieuses va rester sur place parce que l’église du couvent est encore ouverte au culte. Avant de partir, la Mère Supérieure leur prépare – en cas de danger – un appartement où elle pourront trouver refuge, à proximité du monastère. Sœur Marie du Refuge est désignée pour diriger cette petite communauté : en vraie Visitandine, elle anime le courage, la confiance et la foi des autres sœurs. Toutes sont conscientes d’être exposées à des sévices et à la mort violente mais, dans la prière et le silence, elles intensifient le don généreux d’elles-mêmes qu’elles ont déjà fait à Dieu par leur profession monastique, et elles s’offrent pour que la grâce de la paix soit rendue à l’Eglise d’Espagne. Le 18 juillet 1936, le monastère est attaqué, pillé, incendié… Les Visitandines ont eu le temps de fuir, mais elles ne peuvent plus quitter l’appartement en sous-sol où elles sont réfugiées : il est devenu un minuscule couvent où l’on prie constamment pour l’Espagne. Quelques prêtres, lorsque cela est possible, leur rendent visite et célèbrent pour elles la Sainte Messe. Lorsque le risque est plus important ils s’abstiennent de venir, mais la sœur d’une des religieuses leur apporte la sainte communion. Leur présence est connue de leurs voisins, qui les aiment… à l’exception de deux personnes qui habitent l’immeuble et qui vont les dénoncer par haine de la religion. Une période d’incertitude et d’angoisse commence alors : les sœurs subissent plusieurs fouilles au cours desquelles elles sont insultées et dépouillées de leurs biens. Lors de la fouille du 17 novembre, les miliciens annoncent qu’ils reviendront le lendemain. Sœur Marie du Refuge propose à ses soeurs de les conduire dans des consulats où elles seront hors d’atteinte. Mais la ferveur des Filles de Saint François de Sales est plus forte que la crainte de la mort et elles s’écrient : « Quelle joie, le martyre va arriver bientôt! (…) Si l’Espagne doit être sauvée en versant notre sang, que ce soit le plus tôt possible! » Elles passent la nuit à prier.

Le 18 novembre 1936, vers 19h, une patrouille de la F.A.I (Fédération Anarchiste Ibérique) fait irruption dans l’appartement. On oblige toutes les religieuses à sortir, même Sœur Maria-Inès malade, atteinte d’une forte fièvre. Dans la rue on entend les cris de la populace. En voyant les Sœurs faire le signe de croix, une voix s’élève : « C’est ici qu’il faut les tuer, car se signer est une provocation! » La sérénité des moniales contraste avec ce vacarme. Elles sont fusillées quelques minutes plus tard, se tenant toutes par la main. Cependant la plus jeune des religieuses – Soeur Maria-Cecilia, âgée de 26 ans – ne fut pas  atteinte par les balles et, prise de panique, lâchant la main de la soeur morte à côté d’elle, elle partit en courant dans la nuit. Un peu plus loin, croisant des policiers et reprenant courage, elle leur cria : « Je suis l’une des religieuses… » Elle fut à nouveau arrêtée et on la conduisit dans l’une des innombrables prisons improvisées de la ville, dans lesquelles siégeaient des « tribunaux populaires ». Interrogée, elle témoigna sans faiblir de son identité et de sa foi et fut condamnée à mort. On la fusilla au matin du 23 novembre, avec une autre femme et une dizaine de jeunes gens, contre un mur du cimetière. On peut donc dire qu’elle a subi le martyre à deux reprises. Son corps, jeté dans une fosse commune, put être identifié, après la guerre, grâce à sa croix de Visitandine, tordue par les balles (vous pouvez en voir une photographie au commencement de cet article).

Ces 7 Bienheureuses Visitandines sont : 1) Sœur Marie du Refuge (Maria-Gabriela) de Hinojasa y Naveros, qui était née le 24 juillet 1872 à Alhama (Grenade) et était la responsable du groupe ; 2) Sœur Josefa-Maria (Maria del Carmen) Barrera y Izaguirre, née le 23 mai 1881 à El Ferrol (La Coruna) ; 3) Sœur Teresia-Maria (Laura) Cavestany y Anduaga, née le 30 juillet 1888 à Puerto Real (Cadix) ; 4) Sœur Maria-Angela (Martina) Olaizola y Garagarça, née le 12 novembre 1893 à Azpeitia (Guipuzcoa) ; 5) Sœur Maria-Engracia (Josepha-Joachima) Lecuona y Aramburu, née le 02 juillet 1897 à Oyarzun (Guipuzcoa) ; 6) Sœur Maria-Inès (Agnès) Zudaire y Galdeano, née le 28 janvier 1900 à Echavarri (Navarre) ; 7) Sœur Maria-Cecilia (Maria-Félicité) Cendoya y Araquistain, née le 10 janvier 1910 à Azpeitia (Guipuzcoa), celle qui fut exécutée le 23 novembre. Elles ont été béatifiées, à Rome, le 10 mai 1998.

 

Texte extrait du site : http://leblogdumesnil.unblog.fr

 

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Prière pour demander des grâces et leur prompte canonisation

 

Jésus, doux et humble de Cœur, Vous qui avez couronné par la palme du martyre la Bienheureuse Maria Gabriella et ses compagnes, par leur intercession, accordez-nous d'imiter leur vie de don total et de fidélité à Votre Amour, et la grâce de... si c'est pour Votre plus grande Gloire et le bien de nos âmes. Amen.

Gloire soit au Père et au Fils et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen (X3)

 

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Oraison

D'après une prière traduite de l'espagnol

 

Ô Dieu, qui avez concédé aux Bienheureuses Marie-Gabrielle et ses compagnes martyres, la Grâce de souffrir pour le Nom de Votre Fils, accordez-nous favorablement, par leurs exemples, de nous associer fidèlement au Christ afin de montrer avec les œuvres la Foi que nous professons. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Pour la diffusion et la communication de grâces ou pour tout don, s'adresser au

Premier Monastère de la Visitation (Salesas)

C Santa Engracia, 20

28010 Madrid (Espagne)

 

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Le Serviteur de Dieu Antoine Kowalczyk

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Le Serviteur de Dieu Antoine Kowalczyk

Frère coadjuteur

Oblat de Marie Immaculée

1866-1947

 

Le Frère Antoine naquit en Pologne, le 4 juin 1866 et passa sa jeunesse en Allemagne. Entré au noviciat des Oblats de Marie Immaculée à Saint Gerlach, il fit profession en 1892 et partit pour les missions du Nord-Ouest Canadien. On le voit d'abord au Lac la Biche, puis à Saint Paul, enfin au Juniorat Saint Jean d'Edmonton. C'est là qu'il passe la plus grande partie de sa vie au servie des futurs prêtres, se distinguant particulièrement par sa dévotion à la Sainte Vierge. Il y mourut saintement le 10 juillet 1947.

 

Prière pour une neuvaine

 

O Dieu, qui voulez que toutes grâces nous viennent par Marie, et qui avez inspiré à Votre Serviteur le Bon Frère Antoine une grande dévotion envers l'Immaculée, faites, nous Vous en supplions, qu'une confiance inébranlable en Marie pénètre nos cœurs comme le sien, et, pour montrer le crédit dont il jouit auprès de Vous, daignez nous accorder par son intercession la grâce spéciale que nous sollicitons humblement. Ainsi soit-il.

 

Pater, Ave, Gloria.

 

Imprimatur

A. Traglia Archiepisc. Vicesgerens

 

Prière de signaler les faveurs obtenues soit au R.P. Postulateur, 290 Via Aurelia, Rome, soit à tout autre Oblat.

Site internet de la Postulation O.M.I.

http://postulationomifr.weebly.com

 

Pour approfondir

Biographie du Frère Antoine Kowalczyk sur le site Mon Dieu et mon Tout

http://mondieuetmontout.com/menu-Paul-Emile-Breton.o.m.i-Fr-Antoine-Kowalczyk-Le-forgeron-de-Dieu.htm

 

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17 décembre 2012

Saint Job

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Saint Job

Fête le 10 mai

 

Job était un homme juste, droit et craignant Dieu, et, quoique vivant parmi les païens, il devint l'un des plus grands Saints de l'Ancien Testament. Il avait une nombreuse famille, possédait de grands biens et d'immenses troupeaux : c'était le plus riche de tout l'Orient. Et soudain, il perd tous ses enfants et tous ses biens ; il est atteint de la lèpre, son corps est tout couvert d'ulcères. Il passe ses jours et ses nuits à souffrir et à gémir. Mais, malgré les reproches de sa femme et les excitations de ses amis, il ne voulut jamais murmurer contre Dieu. Il conservait sa Foi en la Providence et savait que Dieu le délivrerait de ses maux et ferait briller son innocence... Ce qui arriva en effet. Après quelques temps, Dieu le guérit, lui rend tous ses biens et même d'avantage : le Démon qui l'avait tenté est confondu. Quel enseignement pour tant de chrétiens, qui de nos jours murmurent si facilement contre la providence !

 

Prière

 

O Dieu, qui après avoir éprouvé Votre Serviteur Job par tant d'afflictions, avez fait briller son innocence en lui rendant tous ses biens : accordez-nous, par son intercession, de supporter avec patience les épreuves de cette vie et à cause de cette patience, d'obtenir la guérison de nos infirmités et d'arriver par les bonnes œuvres à la récompense éternelle du Ciel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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16 décembre 2012

Saint Tugen et son Sanctuaire de Primelin

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Saint Tugen de Primelin

Abbé de Daoulas et Recteur de Brasparts

+ au 5e siècle

Fête le 26 janvier

 

Première partie

La vie de Saint Tugen

 

Nous ne savons que très peu de choses sur la vie de Saint Tugen, nommé aussi Tujan. Bien qu'il soit pourtant un Saint très populaire. Saint Tugen fait partie de la pléiade des Saints Bretons, locaux, qui n'ont d'autres biographies que celles des traditions et des légendes.

Les traditions disent qu'il serait né pour les uns en Angleterre, pour les autres en Basse Bretagne et qu'il était le fils d'Arastagn, seigneur de Cornouaille, qui vivait au château de Kerraouré entre Hanvec et Irvillac, devenu orphelin quand il était jeune, il se fit moine, il était le tuteur attentif de sa sœur, Sainte Brigitte qui vivait avec lui dans le monastère, il l'avait vouée à la virginité, mais la vertu de la femme est une fleur bien délicate... Le souffle même de l'homme peut en ternir l'éclat. Notre Saint, réfléchissant à ces choses, reconnut que son vœu était bien téméraire. Mais la promesse qu'il avait faite à Dieu, il voulait la tenir jusqu'au bout. Pour cela, il prit toutes les dispositions qu'il était humainement possibles. Voilà ce que fit notre saint.

Jour et nuit, il gardait près de lui sa sœur. Il ne laissait aucun homme que ce fût s'approcher d'elle, et encore moins lui parler. Lorsqu'il était obligé de quitter le monastère, il se faisait accompagner par elle. S'il rencontrait un homme, il la prenait sur ses épaules. Lorsqu'il était fatigué, il s'asseyait et ne laissait la jeune fille s'écarter qu'après s'être assuré qu'il n'y avait aucun homme dans les alentours. Pour ce faire, il frappait de son bâton dans les broussailles et jetait des pierres par dessus les fossés. Si un oiseau s'envolait d'un champ, il permettait à sa sœur d'y aller, persuadé que là où se tenait un oiseau, ne pouvait se trouver un homme.

Cependant la sœur du Saint était belle. Un jeune homme des environs la vit passer avec son frère et tomba amoureux et décida de la rencontrer. Ne pouvant lui parler tant le Saint était sur ses gardes, le jeune homme usa de ruse. Connaissant la manière de procéder du Saint, il captura deux grives, les mit en cage, et alla se cacher sur le passage de Saint Tugen et de sa sœur, à l'endroit où ils avaient l'habitude de s'asseoir. Arrivés en ce lieu, le Saint s'arrête et lance des pierres autour de lui. A la première qui tomba dans son champ, le jeune homme libère les grives qui s'envolent et le Saint permit à sa sœur de s'éloigner. Aussitôt le jeune homme s'avança vers Brigitte et se mit à lui parler. Aux premières paroles qu'il prononça, notre Saint, surpris d'entendre une voix étrangère, s'élança sur le fossé et, voyant que toutes ses préoccupations avaient été inutiles, s'écria dans un transport de sainte colère : « Mieux vaut commander une bande de chiens enragés que garder une seule femme ! » Il entendit alors la voix de Dieu, qui lui répondit : « Ta sœur est plus sage que toi, laisse-la ici et, puisque tu le dis si facile, pars en Bretagne Armorique protéger les Bretons des crocs redoutables des chiens enragés ! »

Tugen, contrit, laissa sœur, traversa la mer, puis la pointe de Bretagne, et vint se fixer sur un territoire déjà évangélisé par Saint Primel et vivant en ermite pieux, sage et savant et faisant pénitence. Saint Pol de Léon vieillissant lui demande de remplacer son neveu, Saint Jaoua, qui voulait en faire son successeur comme Abbé de Daoulas et recteur de Brasparts. C'est à ce titre que le Pape lui octroya une clé contenant un peu de la limaille des fers de Saint Pierre et Saint Paul. Plus tard, Saint Tugen deviendra le Saint Patron de la Paroisse de Brasparts. Voilà tout ce que nous savons actuellement, sur la vie de Saint Tugen.

Après sa mort en odeur de sainteté, les paroissiens de Primelin demandèrent des reliques et ils reçurent un poinçon de fer, sans doute le tau abbatial, qu'ils placèrent dans un étui en forme de clé, et ils bâtirent sur l'emplacement de l'ermitage une chapelle, puis une vaste église. Depuis des temps immémoriaux, ils fabriquent aussi des petites clés en plomb bénies le jour du pardon, le dimanche suivant la Fête de Saint Jean Baptiste, qui sont le signes d'une grande dévotion pour Saint Tugen, et sont considérées comme de précieuses reliques, clés que l'on peut toujours se procurer en la chapelle de Primelin.

Saint Tugen est traditionnellement représenté en abbé mitré, avec la crosse abbatiale dans la main droite, et dans la main gauche repliée, repose un livre ouvert et à ses pieds un chien la gueule béante, avec un pèlerin agenouillant tenant un chapelet dans les mains. A Primelin, sur sa statue statue, se trouve une longue clef pendant du côté droit. Saint Tugen est tout naturellement invoqué pour se prémunie ou guérir de la rage, à l'instar de Saint Hubert, mais aussi contre les rages des dents.

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Deuxième partie

Les clés et le culte de Saint Tugen

 

Saint Tugen, comme Saint Hubert, a pour attribut de son pouvoir, la clé. Sur la foi des guides, beaucoup de pèlerins prennent pour la clé du saint la grosse clé de la porte de son église. Ils en font souvent des croquis. La véritable clé du Saint, la clé miraculeuse, se trouve au presbytère de Primelin. Elle a plutôt la forme d'un poinçon. Elle est conservée dans un reliquaire en argent de la forme d'une vraie clé. D'où vient, à notre saint, cet attribut de son pouvoir ? Les légendes répondent encore à cette question. D'après l'une la clé a été apportée du Ciel par un Ange : « An alc'hue-ma, Christenien, a so digacet da Sankt Ugen. Gant un ael ar firmamant par voa e peden ar sant » (« Cette clé, chrétiens, a été apportée à Saint Tugen par un ange du firmament, quand le saint était en prière »). Cette légende a été introduite par guerz ancien, ce guerz est exotique ; nous ne nous y arrêterons pas. Une autre légende, toute locale, donne une autre explication. Elle se rapporte à la construction même de la chapelle.

L'église de Saint Tugen a été, dit cette légende, construite par les Anglais. Ceux-ci avaient parmi eux, un architecte émérite qui avait taillé et disposé, par terre, toutes les pierres du monument, avant d'en commencer les fondations. Lorsqu'ils se mirent à bâtir, ils s'aperçurent que le sol était mou du côté sud, et le monument penchait. Alors que faire pour le redresser et ne pas perdre une seule des pierres taillées par leur grand architecte ? C'était bien simple : au lieu de mettre un clocher sur la tour, ils le mirent à côté. C'est pourquoi l'église de Saint Tugen, accolé à sa tour massive, possède un léger contrefort figurant une flèche hexagonale. Cette flèche bien proportionnée avec le reste du monument, ferait un digne couronnement de l'édifice.

Lorsque les Anglais furent chassés du pays, ne pouvant emporter leur église dont ils étaient si fiers, ils en enlevèrent du moins la clé. En traversant la baie du Cabestan, la clé tomba à la mer. Tout le monde, dans le Cap, ignorait ce fait, lorsqu'un jour on prit un lieu de grande taille. Le pécheur qui l'avait pris se sentait attiré, malgré lui, vers l'église de Saint Tugen. Après avoir ouvert son poisson, il trouva dans son ventre une clé toute rouillée. Frappé d'inspiration, il présenta cette clé devant la porte de l'église. La clé entra toute seule dans la serrure. Miracle ! Criait-on, c'était la clé du Saint qui ne voulait pas que son culte disparût du pays. On fit alors, de la clé, l'emblème de la puissance de Saint Tugen et son église où le miracle eût lieu fut appelée « Ilis Sankt Ugen an Alfe ».

 

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Usages de la clé

 

Dans beaucoup de chapelles dédiées à Saint Hubert, il est d'usage d'appliquer la clé du Saint, chauffée au feu, sur les morsures faites par des chiens enragés. Ce sont ordinairement les maréchaux qui sont chargés de cette opération. A Saint Tugen, bien que la clé, en forme de poinçon aigu, soit plus appropriée que celle de Saint Hubert, pour une cautérisation profonde, nous n'avons rien trouvé qui indiquât une pratique semblable. Il est vrai que notre Saint ne passe pas pour guérir la rage, mais plus pour la prévenir.

La clé du Saint servait beaucoup autrefois à piquer de petits pains, de la longueur de la main, que l'on vendait le jour du pardon. Ces pains, ainsi bénis, se conservaient indéfiniment sans moisir. On les appelait « Bara an Alve ». Ils avaient la propriété de guérir la rage des dents. Cet usage est presque tombé en désuétude. Aujourd'hui, pour guérir les maux de dents, il faut, par soi-même ou par tierce, balayer la chapelle ou vider la fontaine du Saint. Cette pratique est très usitée.

Mais le principal emploi de la clé du Saint est de bénir par attouchement les petites clés en plomb, dites « Clés de Saint Tugen ». Des marchands de Pont Croix et d'Audierne les fabriquent et viennent les vendre, sur la place, le jour du pardon. Ces clés portent, de côté et d'autre du panneton : S.T. Bénies, elles préservent des chiens enragés.

 

Traditions de la rage

 

Dans toute l'étendue du Pays que Dieu lui a donnée a garder, le Saint oblige tous les chiens enragés à accourir vers son église avant de:mourir – alors que Saint Hubert, au contraire, passe pour éloigner les bêtes enragées des lieux de cultes où il est honoré – les chiens ont a rendre compte à Saint Tugen de leur conduite, afin que le Saint prévienne le mal qu'ils auraient pu occasionner. Les chiens, pour se soustraire à cette force surnaturelle qui les attire dans une même direction, vont, viennent, écumant, exerçant leur colère et leur rage sur tout ce qu'ils trouvent. Malheur à qui les rencontre dans cet état, s'il n'est porteur de la petite clé bénie, emblème du pouvoir du Saint. Vite, il faut jeter la clé devant l'animal. Le chien enragé s'accroupit dessus, la broie entre les dents et donne le temps de se sauver. C'est ainsi que la clé du Saint préserve des chiens enragés. On ne cite aucun exemple du contraire. Mais le pouvoir du Saint ne s'arrête pas là, il prévient aussi, après la morsure, la rage non déclarée.

Les chiens mentent à Saint Tugen, le plus qu'ils peuvent, cherchant à cacher leurs méfaits pour éviter le châtiment qu'ils ont mérité. Vite, il faut les devancer, pour avertir soi-même le Saint. Tout homme mordu doit courir immédiatement à la Chapelle, en invoquant Saint Tugen. Pas de temps à perdre ! Sitôt arrivé, faire trois fois le tour de la fontaine et regarder au fond de l'eau. Si l'eau reflète la figure de l'homme, rien à craindre ! Le chien n'est pas encore venu ; le Saint a entendu la prière et exercé son pouvoir. Au contraire, si l'eau reproduit l'image d'un chien, c'est que l'animal a déjà passé et caché ce qu'il a fait. Saint Tugen n'a pu prévenir le mal et la patient tombe en rage à l'instant.

D'après la tradition, les gens atteints de la rage étaient enfermés dans la « Prison du Saint ». C'est une chambre obscure, aux étroites fenêtres, sans air, ni soleil, aux murs nus, suintant l'humidité, à gauche du grand portail. On y mettait les personnes enragées pour y attendre la mort. Entre leurs accès de rage et de désespoir, elles priaient le Saint d'intercéder pour adoucir leurs derniers moments. Des prières publiques se faisaient en même temps dans la chapelle. Elles étaient souvent interrompues par les vociférations de ces malheureux.

La tradition parle encore d'une coutume plus barbare. Ces misérables, liés sur la place du village, recevaient le Saint Viatique, qu'on leur proposait, au bout d'une latte. Puis lorsque les spasmes répétés du mal les avaient rendus conscients de leurs actes, on les étouffait entre deux couettes de balles surchargées de corps lourds. Cet usage nous a été confirmé par le récit de plusieurs faits qui semblent tous avérés. Il a encore été pratiqué au début du 19e siècle dans une famille de Goulien. C'était les gens de Saint Tugen, les parents même parfois, qui se chargeaient de cette lugubre exécution. Ils étaient mus par un sentiment de piété, allié à une sorte d'instinct de défense personnelle. Là ou le Saint, pourtant si puissant, ne pouvait plus rien, ils croyaient faire œuvre pie en mettant eux-mêmes un terme aux souffrances des malheureux qui étaient susceptibles de communiquer leur mal.

D'après les croyances, la rage se déclare dans l'espace de neuf lunaisons, no laoriad, à partir du jour de la morsure. Nous n'avons trouvé, nulle part, trace de l'emploi des remèdes spécifiques de la rage, en même temps que l'invocation à Saint Tugen.

 

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Un chien enragé à Saint Tugen

 

Voici un article qu'on ne lira pas sans intérêt. Il a cependant été produit par trois journaux de la région de Primelin, en octobre 1919 :

Dans la journée du 13 octobre de ce mois (1919), un lundi, et dans la nuit suivante, un chien enragé, venu de Guilers, a causé de grands ravages à Primelin, aux villages de Castel, Kerdugazel, Landisquenna, Kerrounou... Mordant un mouton, une dizaine de chiens, qu'il a fallu tuer, décapitant une oie. Le lundi matin, vers huit heures, il allait entrer dans la cour du village de Saint Tugen, sans doute pour faire la visite de règle, que tout chien enragé doit faire à la fontaine du Saint, quand les enfants, allant à l'école, l'ont chassé à coups de pierres. Mais le lendemain matin, encore vers huit heures, on le trouvait couché près d'un tas de paille, dans un petit champ, à l'extrémité sud du village. Quand on l'a aperçu, et qu'on a voulu le chasser, il pouvait choisir entre sept routes, soit pour s'éloigner du village, soit pour en sortir, une fois entré. Il choisit la plus longue, traverse le milieu du village, au petit trot, sur trois pattes, traînant l'autre au vu de tout le monde, et passe devant la fontaine. Quelques pas plus loin, il passe tout à côté de deux porcs, d'un chien et d'un homme, les regarder et quitte le village. A un quart de lieue de là, il mordait encore un chien.

 

Préservation des maux de dents par la dévotion à Saint Tugen

 

En général, les personnes guéries, même à Lourdes, ne vont point obligatoirement au bureau de constatations. A Saint Tugen, le bureau n'existe pas ; mais nous avons appris d'une personne digne de foi qu'elle avait été guérie par la mandication des petits pains, dont nous avons parlé précédemment, petits pains qu'elle avait conservé plus de 4 ans, sans moisissure. Mais ce qui ne paraît pas rare, c'est la guérison qu'obtiennent les personnes qui viennent à cette fin, balayer l'église du Saint, ou qui la font balayer par d'autres à leur place. Cet usage date de temps immémoriaux, et a la croyance de toute la contrée. J'ai à ce sujet, le témoignage de plusieurs personnes, absolument dignes de foi, qui m'ont affirmé, même devant leur famille, avoir été guéries. Un touriste s'en étonnait un jour, et me demandait, avec une pointe de malice, s'il n'y avait pas de dentiste dans le pays. On lui répondit : le dentiste guérit, il est vrai, mes en arrachant violemment les dents, et en se faisant payer cher... Saint Tugen guérit en vous les conservant, pour un simple balayage de son église... Lequel vaut mieux ? Ici comme dans l'Evangile, la Foi est nécessaire... « Si potes credere... » « Si vous pouvez croire... » (Saint Marc 9, 22).

 

Culte du Saint

 

Le culte de Saint Tugen, à Primelin, est très ancien. L'église actuelle, partie ogivale, partie renaissance, des 15e et 16e siècles, n'est que la chapelle des anciens Seigneurs de Ménez-Lézurec. L'un d'eux est inhumé dans une crypte sous le maître autel. Sur la porte de la Prison du Saint se trouve l'inscription : « Masson, 1593 ». Certaines parties, reconstruites, portent des dates bien plus récentes. Mais avant cette église, existait un autre monument indiqué par les soubassements nord de la chapelle, et par les cordons de petites pierres de la partie est. Cet ancien édifice devait être sous le même vocable.

Le pardon a lieu le dimanche qui précède la Saint Jean. Il commence la veille au matin. C'est un lieu de pèlerinage très fréquenté. Un guerz ancien dit que l'on y venait de toute la Bretagne. Nous y avons remarqué, tous les ans, surtout les costumes de Fouesnant, Coray, Châteaulin et quelques uns du Morbihan. Autrefois, ceux-ci étaient plus nombreux. On peut évaluer à plus de 12 000 le nombre de personnes (Cela en 1891) qui défilent chaque année devant la chapelle. Le nombre des pèlerins augmente les années où l'on a signalé des chiens enragés.

Souvent des rivalités existaient entre ces étrangers. Des luttes s'engageaient pour établir la prédominance de chaque pays. Il a même été d'usage que chaque paroisse y amenât ses lutteurs attitrés. Les luttes étaient mises sous la protection du Saint qui passe également pour modérer la rage des combattants. Plusieurs fois on l'a vu paraître au milieu des combats, étendant sa crosse entre les deux armées. Plus souvent encore, au milieu des troupeaux menacés par des chiens enragés. Alors, il est accompagné d'une bande de chiens écumants de rage, qu'il mène avec son bâton, comme un troupeau de moutons.

Sa puissance se manifeste surtout à l'approche de sa fête. Quelques jours avant le pardon, la cloche de son église change de son. Elle change plus gai. De jour en jour, son carillon devient plus clair, plus joyeux, si bien que l'on répète, en manière de dicton : « Bravaed a ra son clonc'h Sankt Tugoa, tostaad a ra ar pardon », « Le son de la cloche de Saint Tugen devient plus beau, son pardon approche ». La cloche annonce l'arrivée du Saint. Le jour de sa fête le vent souffle toujours du nord-ouest, c'est à dire d'Angleterre. En commémoration de sa venue dans le Cap Sizun, le Saint monte sur sa barque, et, poussé par ce vent, vient, chaque année, assister à la procession de son pardon.

Saint Tugen est en grande vénération dans tout le Cap Sizun. C'est le Saint le plus populaire de la contrée. Ses actions merveilleuses, ses miracles, ses apparitions, se racontent à toutes les veillées. Son nom se prononce avec le plus grand respect, et presque toujours ainsi : « Aotrou Sankt Tugen beniguet ! » « Saint Tugen le béni ».

 

Bibliographie et Sources : « Notice de H. Le Carguet, du 29 juillet 1891, dans le tome XVIII, du bulletin de la société archéologique du Finistère » consultable sur le site internet (http://www.capsizun.com), dont ce texte est largement inspiré, ainsi que « Saint Tugen et son église » de l'Abbé Velly, Brest, Imprimerie de la Presse Libérale, 1922. Ainsi que le site http://www.forum-breton.com sur lequel l'on trouve des pages remarquables sur la chapelle de Saint Tugen.

 

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Prière à Saint Tugen

 

O très glorieux Saint Tugen, par la gloire dont Dieu vous à comblé, Il nous fait a fait voir combien Il est admirable dans Ses saints, puisque depuis tant de siècles Il ne cesse de renouveler tous les jours, dans votre sanctuaire de Primelin, cette merveille singulière, de préserver du mal et de la rage tous ceux qui ont recourt à vous par l'usage des clés bénies en votre honneur. Ce même Dieu, a permis que nous nous retrouvions en besoin de votre intercession. Nous serions en danger de périr misérablement, si vous nous refusiez votre protection dans le danger dans lequel nous nous trouvons. Mais, à la vue des innombrables grâces vous avez déjà eu la bonté d'accorder à un si grand nombre de personnes, que cela nous donne une certaine confiance de ne pas nous la voir refuser. C'est pourquoi, nous vous supplions, ô notre très cher Saint patron, de nous obtenir les grâces dont nous avons besoin, auprès de la Miséricorde Divine, et de nous obtenir la grâce de nous approcher Sacrements avec les dispositions requises, de toujours nous préserver de la rage du péché, et de nous obtenir une parfaite santé de l'âme et du corps. Nous nous proposons fermement de vous témoigner de notre gratitude et de notre reconnaissance toute notre vie durant, et de vous regarder désormais comme mon Avocat particulier, et comme notre puissant auprès du Dieu trois fois Saint, afin que nous vivions de façon à ce que nous puissions parvenir un jour parvenir à l'état de félicité dans lequel vous vous trouvez, afin de louerons Dieu pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

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15 novembre 2012

Prière du "Me Voici"

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Saint Michel Garicoïts

Fondateur des Pères du Sacré Coeur de Betharram et restaurateur du Sanctuaire de N.D. de Betharram

1797-1863

 

Prière du « Me Voici »

 

O Marie, nous voici! Recevez-nous et présentez-nous à Votre Divin Fils. Je Vous salue Marie...

O Jésus, nous voici! Recevez-nous des mains de Votre Sainte Mère et présentez-nous à Votre Père. Ame du Christ, sanctifiez-moi...

O Père Eternel, nous voici! Recevez-nous des mains de Votre Fils Bien-aimé. Nous nous abandonnons à Votre Amour. Oui, mon Dieu, nous voici sans réserve, maintenant et à jamais sous la conduite de Votre Esprit Saint et de nos supérieurs. Sous la protection de Jésus et de Marie, de nos Bon Anges et de nos Saints patrons. Notre Père...

 

Voir aussi: http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2010/05/23/17982476.html

Saint Léon-Ignace Mangin et ses Compagnons

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Saint Léon-Ignace Mangin et ses Compagnons

Jésuites martyrisés pendant la révolte des Boxers

+ en 1900

Fête le 19 juin

 

L'année 1900 fut, pour les Missions Catholiques de Chine, une année sanglante. Des fanatiques, surnommés « Boxers », s'excitaient à la haine des Chrétiens et de leurs Missionnaires. Dans la mission des Jésuites Français, nommée Tche-li sud-est, en juin et juillet 1900, plus de 2000 Chrétiens Chinois donnèrent courageusement leur vie plutôt que de renier leurs Foi. Avec eux furent mis à mort cinq Jésuites: Le premier nom de la liste est celui du Père Mangin, né à Verny (Diocèse de Metz), le 31 juillet 1857. Arrivé en Chine en 1882, il fut d'abord curé de la section de Ho-Kien-Fou, puis de celle dont faisait partie Tchou-Kia-Ho, où il mourut martyr. Le 20 juillet 1900, les bandes de « Boxers », aidés par l'armée régulière, massacrèrent sans pitié hommes, femmes et enfants qui refusaient d'apostasier. Les chrétiens, qui, pour se défendre, s'étaient réfugiés dans l'église de King-Tchéou sous la conduite de leur curé et de son adjoint au village voisin de Koutcheng, le Père Paul Denn (né à Lille en 1847 et arrivé en Chine en 1882) ; les deux prêtres partagèrent le sort de leurs fidèles. Un mois auparavant, le 20 juin, au village de Ou-Y les Pères Rémi Isoré, né à Bambecque (diocèse de Lille) le 22 juillet 1852, Modeste Andlauer, né à Rosheim (diocèse de Strasbourg) en 1847, avaient été massacrés et leurs têtes suspendues aux remparts de la ville et Victor Lomüller, né en Alsace. Le 3 octobre 2000, Ils ont étés canonisés par Jean-Paul II à Rome avec cinquante-six autres martyrs morts en 1900, victimes, eux aussi, de la révolte des "Boxers", parmi eux, citons Sainte Marie-Hermine de Jésus et ses soeurs, Franciscaines Missionnaires de Marie et Saint Joseph-Marie Gambaro, Frère Mineur.

 

Prière pour obtenir des grâces par l'intercession des Saints Jésuites Martyrs

 

O Dieu, qui avez envoyé a tous les peuples des apôtres pour leur ouvrir le chemin du Ciel, Vous qui avez donné à Saint Léon-Ignace Mangin et à ses compagnons missionnaires en Chine, le courage de verser leur sang pour la Foi, daignez inspirer à Votre Eglise d'accorder à ces vaillants Martyrs, pour la Gloire de Votre Nom et la conversion du peuple Chinois, les grâces que nous Vous demandons. Ainsi soit-il.

 

Prière pour nos frères Chrétiens de Chine persécutés

 

Dieu Eternel et Tout-Puissant, consolation des affligés et Force de ceux qui souffrent, faites que nos frères de Chine obtiennent par l'intercession des Saints Martyrs, la paix dans votre service, le réconfort dans le combat, et la grâce de Vous glorifier. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

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Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

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