02 juin 2010

Béatification du Père Jerzy Popieluszko

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Le Père Jerzy Popieluszko

1947-1984

Notre Saint Père le Pape Benoît XVI va béatifier le 6 juin 2010, en cette année sacerdotale, le serviteur de Dieu, Jerzy Popieluszko, prêtre catholique polonais né le 14septembre 1947, et assassiné à l’âge de 37 ans, le 19 octobre 1984.

L’abbé Popieluszko, jeune prêtre varsovien, curé de la paroisse saint Stanislas Kostka et aumônier du syndicat Solidarité, opposé au régime communiste, célébrait chaque dimanche des « Messes pour la Patrie », au cours desquelles il prononçait de vibrants sermons condamnant courageusement le régime en place. Ses célébrations attiraient des milliers de fidèles. Ses homélies étaient diffusées dans tout le pays et il était devenu l’un des prêtres les plus populaires de Pologne. Il avait dans son ministère pastoral un penchant pour le travail avec les enfants et les jeunes. Un complôt naquit alors contre le prêtre, mené par le KGB, en vue de le faire taire définitivement. Le vendredi 19 octobre 1984, l’abbé Popieluszko est enlevé par trois officiers de la milice (Sécurité Intérieure), près de Wloclawek avec son chauffeur. Ce dernier réussira à s’échapper de la voiture dans laquelle ils étaient emmenés, et à avertir la population. Après avoir été torturé à mort, le corps de l’ecclésiastique est lesté puis jeté dans la Vistule. Il sera découvert quelques jours plus tard. En novembre 1984, plus de 500 000 personnes se déplacèrent pour les funérailles de Jerzy Popieluszko. Le martyr du jeune prêtre aura entraîné de nombreuses conversions, et même l’éclosion de vocations sacerdotales.

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Le 6 Juin 2010 un événement prophétique

La béatification d’un autre J-P  polonais:

Jerzy Popieluszko, ou le courage de la Vérité, au prix du sang

Texte du Père Daniel Ange

Orléans. Mardi 29 oct. 1984. Plusieurs centaines de jeunes veillent toute la nuit dans la cathédrale, en adorant et se confessant. Après sa confession, chaque jeune reçoit un lumignon  rouge allumé et le dépose sur une gigantesque croix toute illuminée, à la stupeur des passants. Le lendemain, 30, je leur donne un enseignement sur les martyrs contemporains dans les pays si proches du «  bloc Est » de notre Europe, que Jean-Paul II ne cessait d’évoquer. Vers la fin, on me glisse un billet : «  la radio vient d’annoncer l’assassinat du P. Popieluszko ». Disparu depuis 10 jours, nous avions offert notre veillée spécialement pour lui et je venais de le citer longuement. J’annonce donc la terrible nouvelle. Comme un seul homme, les voilà tous debout, chantant l’hymne pascale (sur la mélodie de Haendel adaptée par A. Gouzes). Spontanément, ils vont déposer leurs palmes (Nous avions comme  thème de l’entrée de Jésus à Jérusalem) au pied de la grande croix verticale sur le parvis, formant une seconde croix horizontale, sur le modèle de ces grandes croix  de fleurs piquetées de bougies, autour desquelles les Polonais se rassemblaient en chantant, veillant sur elles. Ces croix fleuries et lumineuses étaient les seuls moyens de s’exprimer de tout un peuple qui tombe à genoux quand on le frappe. Ce qu’on vient de revoir après la seconde tragédie de Katyn. De tout cela, j’avais été le témoin ému, en mai puis en nov 81 où je l’avais sans doute rencontré à la paroisse universitaire S.Anne où il était aumônier des services médicaux.

Cette béatification tant attendue, 25 ans  après son martyre, prend une actualité saisissante. Il a été, en Pologne, la dernière victime violemment assassinée par le régime totalitaire du communisme. Or, nous voilà ici, non plus simplement menacé, mais déjà terrorisé par une idéologie anti-chrétienne virant au totalitarisme : « L'époque moderne a parlé de la libération de l'homme, de sa pleine autonomie, et donc également de sa libération de l'obéissance à Dieu. L'obéissance ne devrait plus exister, l'homme est libre, il est autonome: rien d'autre. Mais cette autonomie est un mensonge: c’est un mensonge ontologique, car l'homme n'existe pas par lui-même et pour lui-même, et c'est également un mensonge politique et pratique, car la collaboration, le partage de la liberté est nécessaire. Et si Dieu n'existe pas, si Dieu n'est pas une instance accessible à l'homme, il ne reste comme instance suprême que le consensus de la majorité qui devient le dernier mot auquel nous devons obéir. Et ce consensus - nous le savons depuis l'histoire du siècle dernier - peut également être un "consensus du mal". La soi-disant autonomie ne libère pas véritablement l'homme. L'obéissance à Dieu est la liberté, car elle est la vérité, elle est l'instance qui nous place face à toutes les instances humaines. (Dans l'histoire de l'humanité, ces paroles de Pierre et de Socrate sont le véritable phare de la libération de l'homme, qui sait voir Dieu et, au nom de Dieu, peut et doit obéir non pas tant aux hommes, mais à Lui, et se libérer ainsi du positivisme de l'obéissance humaine). Les dictatures ont toujours été contre cette obéissance à Dieu. La dictature nazie, comme la dictature marxiste, ne peuvent pas accepter un Dieu qui soit au-dessus du pouvoir idéologique; et la liberté des martyrs, qui reconnaissent Dieu, précisément dans l'obéissance au pouvoir divin, est toujours l'acte de libération à travers lequel nous parvient la liberté du Christ.  Aujourd'hui, (grâce à Dieu, nous ne vivons pas sous une dictature, mais)  il existe des formes subtiles de dictatures:  un conformisme qui devient obligatoire, penser comme tout le monde, agir comme tout le monde, et les agressions subtiles contre l'Eglise, ainsi que celles plus ouvertes, démontrent que ce conformisme peut réellement être une véritable dictature. » Revenons au Père Popieluszko. Le beau courage qui va le caractériser se manifeste déjà jeunes et spécialement pendant ce service militaire – il a 19 ans- où les séminaristes doivent subir toutes sortes de brimades et punitions gratuites. Sachant les punitions risquées, il refuse d’enlever médaille et chapelet. Au dortoir, il prie à genoux – chose interdite. Le Vendredi : le chemin de croix, quoi qu’il en coûte. A Noël, il chante des cantiques en épluchant. Sanction : ramper sur le sol. Pendant les séances de lavage de cerveau il lit : l’Imitation de Jésus Christ. En août 80, il a 33 ans, les ouvriers des grandes aciéries de Huta Warszawa l’invitent pour célébrer la toute première messe jamais chantée dans ce que le pouvoir pensait être un fief du communisme. Il en est bouleversé : «  On m’a applaudit. J’ai cru un instant qu’une célébrité marchait derrière moi. Mais non ! Ces applaudissements m’étaient bien destinés, à moi, premier prêtre à avoir jamais franchi le portail de l’aciérie. Je me suis dit alors qu’on ovationnait ainsi l’Eglise qui depuis 30 ans a frappé aux portes des usines. » Par ailleurs, il lance les grands pèlerinages nationaux d’ouvriers – par centaines de milliers – à Czestochowa, chaque 3ème dimanche de septembre.

La guerre d’un Etat contre une Nation, guerre d’un gouvernement contre le peuple

Le sinistre 13 Décembre 81, quelques mois après l’attentat de Jean-Paul II, l’état de guerre  est proclamé. 6000 responsable du Syndicat Solidarnosc , de nuit, sont emprisonnés, l’armée partout déployée massivement, les réactions, comme durant les pires années où toute manifestation est violemment réprimée, noyée dans un bain de sang. Ce premier et unique syndicat dans tout l’empire est intolérable pour le régime. A la face du monde, il prouve que le christianisme est le calcium d’un peuple, et le marxisme son opium.  Révolution dans l’idée même du communisme. C’est le sous- prolétariat qui se soulève contre ces apparatchiks qui se prétendent être  sa voix. Le comble !  Intolérable ! Après avoir tenté quelques mois plus tôt d’ éliminer son premier défenseur, son avocat à la face du monde, ce Jean-Paul II qui ose le soutenir inconditionnellement – il faut l’éradiquer totalement, sous peine d’être contagieux pour tous les pays du bloc  Est, qui se met à trembler sur ses bases. C’est alors qu’une voix va retentir. Elle va oser, clamer ce que tous pensent, mais ne peuvent dire sans risquer, au minimum des années de prison. Et quelles prisons ! Voix qui brise le mur du silence. Jerzy se fait la voix de son peuple bâillonné. Il arrache le bâillon de ses lèvres, à défaut des menottes à ses mains.  Il le fait au cours des 33 messes pour la Nation qu’il va célébrer, renouant avec la tradition séculaire des « prières pour la Patrie », ,  le plus souvent clandestines, surtout durant les 3 siècles où la Pologne était dépecée par d’écrasants empires voisins : Russie, Allemagne, Autriche-Hongrie. 33 stations de son chemin montant au Calvaire. De mois en mois, les foules augmentent à tel point qu’il faudra les célébrer sur un balcon surmontant le porche d’entrée de l’église S. Stanislas Kotska, dominant la place noire de monde. Leur retentissement est incalculable. Surtout elles parviennent immédiatement aux oreilles de l’habitant n° 1 du Vatican… A cette voix de prophète et de Précurseur, qui ne crie pas dans le désert, tendons l’oreille. Dès février 82, où il choisit les textes à faire frémir certains ( Sg 6,1-9 ; Ps 58,2-8), il cite les évêques : « L’ Eglise se place toujours du côté de ceux qui sont privés de liberté, de ceux dont on brise les consciences. Notre douleur est celle de la Nation toute entière terrorisée par la force militaire… de tous ceux, internés, arrêtés, condamnés.. » En avril 82, de citer un poète : «  Plus fort que les pierres qui pleuvent sur nous, plus fort que la main arbitraire et parjure qui s’abat sur  nous, crier que notre cœur brisé dans notre poitrine ni ne se pliera, ni ne se changera. La mort est périssable, la foi… éternelle ! »

Les textes choisis sont  loin d’être neutres ( Dan 3,37-45, Ps 94, Mc 13,9 ) : «  on vous livrera aux Sanhédrins, vous serez battus, vous comparaîtrez… » Et de prier : « Aujourd’hui, il y a tant de familles d’orphelins de notre patrie, des enfants attendant le retour de leurs parents. «  Nous te prions pour ceux qui brisent les consciences humaines, ce qui est pire encore que de tuer…  Que les consciences de nos compatriotes ne soient pas asservies ! Nous te prions pour les fonctionnaires de la justice qui n’ont pas le courage de s’opposer au mensonge et qui acceptent le faux pour le vrai. Nous te confions les ouvriers qui ont donné leur sang et offert leur vie pour défendre leurs droits humains inaliénables. » Et de citer un détenu : «  Ne nous laisse pas nous figer dans la colère et la rage, pardonne à nos traîtres ! » Et encore : «  Ô Pologne, on t’a privé de tout, mais tu as tout, tant qu’il te reste le ciel et la terre sous les pieds ! Ta terre est frappée du glaive comme le visage de la Très sainte Madone de Jasna Gura ! » En Mai, citation d’un hymne des insurgés de 1830 prenant une actualité saisissante, les chars de l’URSS étant prêts à intervenir : «  Les tours de Moscou seront ébranlées. La cloche de la liberté sonne et un sang libre est répandu ! » Mère de Dieu, porte ce sang du peuple libre devant le Trône divin ! Reine au visage balafré, nous Te présentons la demi-année d’esclavage de guerre. Une seule prière demeure : donne-nous la grâce de résister ! Vois comme l’ennemi bafoue notre âme ! » En Juin encore des textes brûlants : «  La coupe déborde de sang,  d’amertume et de larmes. Toujours écrasés mais fidèles dans la foi, nos cœurs ne tremblent pas à la vue des meurtres. La droiture s’effondre, la force étrangère nous écrase, elle enfonce les tempes polonaises dans la couronne de fer ! Sois Pologne !  Et libre sera la  Pologne ! » Sept 82 : devant la foule où chacun tient une petite croix en main : «  Il n’y a pas d’Eglise sans la croix, il n’y a ni sacrifice ni sanctification sans la croix. Celui qui vainc dans une cause juste, vainc par la croix et dans la croix. L’Eglise doit dire la vérité. L’Eglise doit défendre les souffrants. Au nom de la vérité, l’Eglise ne peut jeter un regard indifférent sur le mal et sur les peines humaines. L’Eglise avance vers la Résurrection. Il n’y a pas d’autre voie. Et c’est pourquoi les croix de notre Patrie, nos croix personnelles, celles de nos familles, doivent mener à la victoire, à la Résurrection, si nous les joignons au Christ qui a vaincu la croix. » Et de s’exclamer : «  Quelle ressemblance aujourd’hui encore entre le Christ couvert de sang sur la croix et notre Patrie douloureuse ! » Oct 82 : Il ne mâche pas ses mots : «  Pour demeurer libre dans l’âme, il faut vivre dans la vérité. Vivre dans la vérité, c’est donner la vérité des témoignages, c’est la revendiquer et la reconnaître dans toute situation. La vérité est immuable. On ne peut détruire la vérité par des décisions ou des décrets. L’esclavage pour nous consiste justement en ceci : que nous nous soumettions au règne du mensonge chaque jour. Nous ne protestons pas, nous nous taisons, ou bien nous faisons semblant d’y croire. Alors, nous vivons dans le mensonge. Le témoignage courageux de la vérité est un chemin qui mène directement à la liberté. L’homme qui témoigne de la vérité est un homme libre même dans des conditions extérieures d’esclavage, même dans un camp, dans une prison. Le problème essentiel pour la libération de l’homme et de la Nation est de surmonter la peur. Car la peur naît de la menace. Nous surmontons la peur, lorsque nous acceptons la souffrance ou la perte de quelque chose au nom de valeurs supérieures. Si la vérité devient pour nous une valeur pour laquelle nous acceptons de souffrir, de prendre des risques, alors nous surmontons la peur qui est la cause directe de notre esclavage.  Et de citer le Cardinal Stephan Wyszynski, emprisonné pour avoir dit la Vérité : « la peur est le plus grand manquement de l’apôtre… Elle serre le cœur et rétrécit la gorge. Celui qui se tait face aux ennemis de la bonne cause, les enhardit… Forcer au silence par la peur, telle est la première tâche dans la stratégie impie… Le silence a son sens apostolique uniquement quand je  ne détourne pas mon visage devant ceux qui me frappent… »

En conclusion :  «  Je voudrais répondre à tous ceux qui souffrent en terre polonaise et je désire m’adresser d’ici aux autorités de la République Populaire de Pologne, pour que ces larmes cessent. La société polonaise, ma Nation ne mérite pas d’être poussée aux larmes de désespoir et d’abattement. Oui, une nation qui a tellement souffert dans son passé récent, ne mérite pas que beaucoup parmi les meilleurs de ses fils et filles séjournent dans les camps et les prisons ; elle ne mérite pas que sa jeunesse soit malmenée et battue, que le crime de Caïn soit commis. Elle ne mérite pas qu’on la prive, contre sa volonté du syndicat Solidarité. Et dans la dernière de cette sinistre année, juste avant Noël : «  On aurait envie d’ajouter : ne lutte pas par la contrainte. La contrainte n’est pas une preuve de force, mais de faiblesse. Celui qui n’arrive pas à vaincre par le cœur ou par la raison, essaye de vaincre par la contrainte. Mais chaque manifestation de la contrainte est une preuve d’infériorité morale. L’idée qui a besoin d’armes pour durer, meurt d’elle-même. L’idée qui ne peut se maintenir que par la contrainte est une idée dévoyée. L’idée capable de  vie l’emporte par elle-même. Des millions d’hommes la suivent spontanément. La Nation comprend mieux aujourd’hui les paroles de Norwid : «  Il ne faut pas s’incliner devant les circonstances et laisser les vérités derrière la porte. » Il ne faut pas s’incliner devant les circonstances…. »

1983. Année neuve. L’horizon va-t-il s’éclaircir ?

Dès Janvier : «  Une nation possédant une tradition chrétienne millénaire, aspirera toujours à la pleine liberté. Car il est impossible de combattre cette aspiration par la contrainte, puisque la contrainte est la force de celui qui ne possède pas la vérité. Il est possible de plier l’homme par la contrainte, mais non pas de le rendre esclave. Un Polonais qui aime Dieu et la Patrie se relèvera de toute humiliation, car il ne s’agenouille que devant Dieu. En février, il se fait l’écho des voix bâillonnées : «  Des femmes emprisonnées à Fordon écrivent : «  Nous voulons la liberté, mais pas à tout prix. Pas au prix du renoncement à notre idéal, pas aux prix de la trahison envers nous-mêmes et ceux qui nous font confiance… » Puis, désigne nommément l’instigateur n° 1, caché dans les coulisses : «  Satan renforce son empire sur la terre, et dans notre Patrie, le royaume du mensonge, de la haine, de la peur, si nous ne devenons pas chaque jour plus forts par la grâce de Dieu, si nous ne nous penchons pas avec douleur, avec cœur et amour sur nos frères qui souffrent innocemment dans les prisons, sur eux et sur leurs familles. » En mars, ce mot de pure splendeur : «  L’amour et la Vérité, on peut les crucifier, mais il est impossible de les tuer. Là-bas, sur la croix, la Vérité et l’Amour ont triomphé du mal, de la haine, de la mort.  La Nation veut que la concorde ne soit pas une capitulation, un renoncement aux idéaux, aux aspirations. » Et de se tourner vers les dirigeants : «  Pour vous, frères, qui éprouvez en vos cœurs une haine de mercenaire, réfléchissez : la force ne peut vaincre, même si elle peut triompher quelque temps. » Avant de prier pour eux : «  Prions pour ceux qui se vendent au service du mensonge, de l’injustice, de la contrainte : qu’ils comprennent leur humiliation ! » Des indicateurs s’infiltrent dans la foule. En avril 83, il doit donner des consignes strictes : ni cris, ni chants dehors, n’accepter ou ne donner aucun tracts. Agressés, rester de marbre. Gare aux provocateurs ! Ils veulent de la violence, pour de suite intervenir manu militari. «  Là où il y a l’injustice, là où il y a la contrainte, le mensonge, la haine, le non-respect de la dignité humaine, là font défaut l’amour, le cœur, le désintéressement, le renoncement. Or sans ces valeurs, ne l’oublions pas, il est difficile de donner au travail son vrai sens, il est difficile de sortir le pays d’une crise. Mais l’amour doit aller de pair avec le courage. Et de se faire l’écho du grand Cardinal Wyszinsky, du fond de sa résidence haute-sécurité : «  Malheur à la société dont les citoyens ne se conduisent pas avec courage ! Ils cessent alors d’être citoyens pour devenir de simples esclaves ! C’est le courage qui transforme les gens en citoyens, car l’homme courageux est conscient de ses droits dans la société et des devoirs qui lui incombent. Si le citoyen renonce au courage, il se nuit à lui-même, il nuit à sa personnalité humaine, à sa famille, à son groupe professionnel, à sa Nation, à l’état et à l’Eglise, même s’il est manipulé par peur et frayeur, pour le pain et d’autres avantages. Malheur aux gouvernants qui veulent conquérir le citoyen au prix de la peur et de la frayeur de l’esclave. Alors ce ne sont plus des hommes qu’ils gouvernent, mais, excusez le mot, des choses. » Mai 83, en plein mois de Marie, il se tourne vers Elle. : «  Tu étais là et tu as vaincu, Toi notre Reine. Mais Tu étais là aussi et Tu souffrais, Toi notre Mère. Aujourd’hui, Tu es pour nous plus Mère que Reine. Car aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin d’une Mère. D’une Mère qui comprend tout, qui essuie toute larme et qui console toute peine, qui nous garde de perdre espérance. Or, notre espérance est souvent menacée quand nous voyons le prince du mal revenir en force sur nos terres polonaises. Nous avons besoin de Toi, Mère qui essuie les larmes. Car nombreuses sont nos larmes ces derniers huit mois, depuis cette nuit honteuse de décembre 1981. Oui, et nombreuses sont nos larmes et nos souffrances. Et de nouveau, nomme celui que Jésus appelle «  l’ennemi » : « Satan, que Tu écrases de Ton pied, comme pris dans des convulsions de l’agonie – oh ! Que ce soit sa dernière agonie ! – nous inflige de nouvelles souffrances par ses serviteurs. Dès le premier jour, le mois de mai de cette année est devenu, à Varsovie, le temps du règne de Satan, sous la forme de la contrainte, des manifestations de force et de haine, du déferlement des mensonges et des diffamations. »En Juin : « Longtemps résonneront dans nos oreilles les paroles du Saint Père à Cracovie : «  Vous devez être forts de la force de la foi. Vous devez être forts de la force de l’espoir, vous devez être forts de la force de l’amour, de l’amour qui supporte tout… La Nation en tant que communauté humaine est appelée à la victoire, à la victoire par la force de la foi, de l’espoir, de l’amour, par la force de la vérité, de la liberté, de la justice. »

Il devient maintenant l’homme à abattre, au moins à museler coûte que coûte. En Sept.83, ouverture d’une enquête  pour « abus de la liberté de conscience au détriment de l’Etat ». En 6 mois, il subit 13 interrogatoires et plusieurs arrestations et détentions provisoires. Condamné, il est amnistié en 84, sous la pression populaire. Mais aucune menace ne le fait trembler : « Seule une Nation libre spirituellement et amoureuse de la vérité peut durer et créer pour l’avenir. Seule une nation saine d’esprit et consciente peut courageusement créer son avenir. On conquiert les gens le cœur ouvert et non les poings fermés. La vraie sagesse, la vraie connaissance, la vraie culture ne peuvent être enchaînés. Il n’est pas possible d’enchaîner les esprits humains. Garder sa dignité d’homme, c’est demeurer intérieurement libre même dans l’esclavage extérieur. Rester soi-même dans toutes les situations de la vie. C’est demeurer dans la vérité, même si cela devait nous coûter cher. Car dire la vérité coûte cher. Seule l’ivraie est de vil prix. Il faut payer pour le grain de la vérité. Toute chose, toute grande cause doit coûter et doit être difficile. Il n’y a que les choses petites et médiocres qui sont faciles. Déjà le poète Novalis disait : » L’homme s’appuie sur la vérité. S’il trahit la vérité, il se trahit. Celui qui trahit la vérité, se trahit lui-même. » Le mensonge avilit la dignité humaine et est l’apanage des esclaves, des pusillanimes » L’étau se resserre. Il est sous surveillance constante. Son appartement est «  cambriolé ». Il doit préciser à la messe suivante qu’on y a trouvé une charge explosive, des armes… En février 84 : sa dernière année, il aborde de front le domaine de l’éducation nationale, ce qui nous concerne particulièrement en France aujourd’hui et surtout au Québec : «  Nous sommes des enfants de la Nation qui, depuis plus de mille ans, chante la gloire du  Dieu Unique dans la Trinité. C’est pourquoi, dans l’éducation actuelle, on ne peut se couper de ce qui a constitué la Pologne au cours de mille années. On ne doit ni le rayer, ni le déformer. Dans son travail, l’école devrait dépendre des parents. L’école ne doit pas détruire dans les âmes enfantines les valeurs qui y ont été inculquées par la famille. Le pouvoir ne doit pas imposer sa religion, ni sa conception de la vie. Il ne doit pas dicter ce que doivent et ne doivent pas croire les citoyens. Car n’est-ce pas imposer la religion athée et manquer de tolérance que de refuser une presse catholique dans un pays catholique où prolifère une presse laïque. L’une des causes de nos malheurs contemporains, matériels et moraux, est que l’on a refusé obstinément la place au Christ, notamment à l’école et au travail, dans l’éducation des enfants et des jeunes. On a menacé de sanctions pénales les enseignants qui facilitaient aux enfants la participation au catéchisme. Car celui qui brade sa foi et ses idéaux est prêt à sacrifier un homme.  Nous devons faire tout notre possible pour ne pas laisser fermer la bouche ni aux enfants, ni aux jeunes, ni à la Nation. » Et se tournant vers les jeunes : « Mes chers jeunes amis, vous devez avoir en vous un cœur d’aigle et un regard d’aigle. Vous devez tremper votre âme et l’élever très haut, pour pouvoir tels les aigles survoler toute la volaille, en marche vers l’avenir de notre Patrie. Ce n’est qu’en ressemblant à des aigles que vous pourrez affronter les vents, les orages, et les tempêtes de l’Histoire, sans vous laisser mener à l’esclavage. Souvenez-vous-en ! Les aigles sont  des oiseaux libres car ils volent haut dans le ciel et ne se vautrent pas à terre. Puissent tous les jeunes de nos pays occidentaux, recevoir un tel message !

Mai 84 : «  La vérité est toujours liée à l’amour et l’amour est exigeant, l’amour véritable requiert des sacrifices, aussi la vérité, elle aussi, doit-elle coûter. La vérité qui ne coûte rien est un mensonge. Vivre dans la vérité, c’est être en accord avec sa conscience. La vérité unit et relie les gens. La grandeur de la vérité effraie et démasque les mensonges des médiocres et des peureux. La lutte ininterrompue pour la vérité dure depuis des siècles. La vérité est pourtant immortelle, et le mensonge périt d’une mort rapide. Ecoutons le Cardinal Wyszynski : il suffit de peu de gens parlant en vérité. Christ en a choisi un petit nombre pour proclamer sa vérité. Seuls les mots mensongers doivent être nombreux car le mot mensonge est  détaillé et se monnaie : il se débite comme la marchandise sur les rayons, il doit être constamment renouvelé, il doit avoir de multiples serviteurs, qui selon un programme, l’apprendront pour aujourd’hui, pour demain, pour un mois. Pour maîtriser la technique du mensonge ainsi programmé, il faut des hommes en quantité. Il suffit de quelques uns pour proclamer la vérité.  Il suffit d’un petit groupe de gens qui luttent pour la vérité pour rayonner. La condition essentielle de la libération de l’homme, pour lui permettre de vivre en vérité, est d’acquérir la vertu du courage. La lutte pour la vérité est le symbole du courage chrétien. La vertu de courage est une victoire sur la faiblesse humaine, victoire sur la peur et la crainte. Car la seule chose dont il convient d’avoir peur dans la vie est la trahison du Christ pour quelques deniers de calme éphémère. Ce n’est pas facile aujourd’hui, lorsque d’office durant les dernières décennies, sur le sol natal on a semé les graines du mensonge et de l’athéisme, on a semé les graines du laïcisme ; cette vue du monde est un produit caricatural du capitalisme et de la franc-maçonnerie du dix-neuvième siècle. On les a semées dans un pays, qui depuis plus de mille ans est solidement ancré dans le christianisme. On ne peut tromper la vie, tout comme on ne peut tromper la terre. «  Malheur à la société dont les citoyens ne sont pas guidés par le courage ! Ils cessent alors d’être des citoyens, pour devenir de simples esclaves. Si le citoyen renonce à la vertu du courage, il devient esclave et se cause le plus grand des torts, à lui-même, à sa personne, mais aussi à sa famille, à son groupe professionnel, à la Nation, à l’Etat et à l’Eglise, même si la peur et la crainte lui font facilement obtenir du pain et des avantages… » Et de clore : «  Prenons conscience que la Nation dépérit lorsqu’elle manque de courage, lorsqu’elle se ment à elle-même en disant que tout va bien, quand tout va mal, lorsqu’elle se contente de demi-vérités. Soyons conscients qu’en exigeant la vérité nous devons nous –mêmes vivre en vérité ; que cette conscience nous accompagne chaque jour. En exigeant la justice, soyons justes envers nos proches. En exigeant le courage, soyons chaque jour courageux. »

L’étau se resserre encore. Les menaces sont de plus en plus menaçantes. Ses amis le supplient de partir se cacher dans les forêts des Tatras, tout au Sud. Le Primat suggère de s’exiler à Rome, sous prétexte d’études. Il décline toutes ces offres. Il veut rester avec le peuple à lui confié, quelque soit les risques : «  Il me faut rester toujours disponible pour mes paroissiens, jour et nuit. » Déjà rongé par la maladie, il avoue : «  Oui, il m’arrive d’être fatigué. Le temps me manque pour servir tout le monde. Je ne suis jamais libre pour moi-même. Mais je ne ressens aucun découragement. » En Juin : «  La justice interdit de détruire dans les âmes des enfants et des jeunes, les valeurs chrétiennes apprises par les parents, valeurs qui se sont vérifiées tout au long de notre Histoire millénaire. Rendre la justice et réclamer la justice est le devoir de tous ; déjà Platon disait : «  Quand la justice se tait, les temps sont mauvais. » La justice envers soi-même oblige à filtrer honnêtement à travers sa propre raison et sa propre observation toute cette avalanche de mots propulsés par la «  machine de la propagande ». L’orage gronde. La foudre se rapproche. Plusieurs «  mystérieux » accidents de voitures ont failli lui coûter la vie. (Méthode déjà bien rôdée en URSS). Dans son avant dernière homélie,  il se jette avec son peuple dans les bras de la Reine :  «  La Nation polonaise n’a pas de haine en elle et elle est capable de beaucoup pardonner, mais uniquement au prix d’un retour à la vérité. Car la vérité, et la vérité seule est la condition première de la confiance. Prions avec les mots du Saint Père qui priait ainsi, le 4 août 82 : » Mère ! Peut-être faut-il aujourd’hui plus que jamais que Tu prennes entre Tes mains maternelles le cœur et les pensées des Polonais, que Tu prennes entre Tes mains le sort de ma Nation. » Fin sept : l’ultime cri : Il se fait une dernière fois l’avocat intrépide des parents, des enfants, et des jeunes, la prunelle de ses yeux : «  Les années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale ne sont qu’une suite de luttes pour le monopole de l’éducation athée, de l’éducation sans Dieu, de l’extirpation de Dieu du cœur des enfants et des jeunes. Pour son travail, l’école éducatrice devrait dépendre des parents, car les enfants appartiennent aux parents. Ce n’est pas l’Etat, mais les mères qui mettent au monde les enfants. Pour cette raison, l’école ne doit pas détruire dans l’âme des enfants les valeurs que la famille leur enseigne.  L’enseignant doit être pour l’élève un ami qui dit la vérité. » Enfin, il s’érige contre le projet de déchoir de sa nationalité et d’expatrier le citoyen «  ne respectant pas les principes du système ». Et de s’écrier : « C’est un crime contre la Nation. Car il vise non les criminels ordinaires, mais les meilleurs fils de la Patrie, qui s’opposent courageusement à la destruction de l’esprit même de la Nation » (dont lui-même, Jerzy).  Et de citer pour la toute dernière fois son maître et père, Jean-Paul II : «  Tout  homme a droit à sa patrie, où il est fixé depuis des générations. Personne ne peut être condamné à l’émigration. Il ne sera pas condamné à l’émigration, mais à…. l’élimination. Pure et simple. Trop c’est trop. Il fait partie de ceux qu’Hitler classait comme «  pas digne de vivre ».

L’ultime cri : celui du sang !

Le 19 octobre, il célèbre sa toute dernière messe. Quel jour est-on ? Les martyrs du Canada. Dans quelle église ? celle des saints Frères Martyrs polonais ! Sans commentaire. Il y médite le Rosaire. Quels mystères ? Les … douloureux. Son ultime parole ? « Prions pour que nous soyons libres de toute peur, de l’effroi et surtout du désir de vengeance et de violence. » Sur  la route de Torun, la voiture du Père Jerzy est arrêtée par des fonctionnaires en uniformes de la milice. En réalité, c’était des agents de la SB ( services de sécurité de l’Etat). Le chauffeur de la voiture est obligé de remettre les clefs de l’auto aux deux hommes et de monter dans leur véhicule. On lui met les menottes. Les deux fonctionnaires l’assomment violemment et le déposent dans le coffre de leur voiture et se sauvent. Le chauffeur du Père Jerzy réussit à sauter du véhicule, se sauve, et se met à la recherche de secours. Au bout de quelques kilomètres, le véhicule s’arrête. Le prêtre est à nouveau frappé. «  Ensuite, on lui a attaché les pieds avec un sac de pierres, on lui a passé un nœud coulant autour du cou. Une des extrémités de la corde entravait les jambes repliées de la victime et à chaque mouvement, le nœud coulant étouffait le père Popieluszko » ( citation du procès). A ce moment le père est encore en vie. Les assassins décident de le noyer. Le 20 octobre, on annonce au journal télévisé du soir, l’enlèvement du Père Jerzy. Une foule s’est rassemblée à l’église Saint Stanislas Kostka pour prier. Le soir même une messe est célébrée à son intention. Jour et nuit les fidèles prient dans l’église, jusqu’au moment dramatique où la vérité éclate. Le 30 octobre : on annonce que le corps du père Popieluszko est retrouvé dans la Vistule. Sa dépouille mortelle est transportée à l’église saint Stanislas Kotska, le soir du 2 novembre. Le lendemain a lieu son enterrement, auquel participent quelques centaines de milliers de Varsoviens et des délégations venant de toute la Pologne.

Concluons : Jerzy Popieluszko est de la race des grands témoins de la Vérité. De ceux qui, au temps des idéologies totalitaires  ont fait la fierté et la gloire de l’Eglise, ont sauvé son honneur. En Pologne, il se situe dans le sillage de S. Stanislaw, de Maximilien Kolbe, de s. Karolina Kotska, jeune  martyre de la chasteté, des centaines de prêtres polonais tués à Dachau, sans parler des victimes de ce Katyn, dont le monde entier vient – enfin : enfin ! d’entendre parler – Russie comprise. Comme  Benoît XVI, il a eu le courage des humbles. Sa témérité sa source dans son humilité. Qui a un cœur d’enfant n’a pas peur des tyrans. Mais où donc puise t-il sa force ? Comme tous les martyrs, dans l’Eucharistie. Ce n’est pas un hasard si ses cris sont lancés uniquement pendant la messe. On peut lui appliquer ce mot de splendeur lâché par notre Benoît XVI, à la messe de la Fête Dieu. Sur le parvis de S. Jean de Latran, voici 2 ans. Il retentit encore à mes oreilles : «  Qui s’agenouille devant l’Eucharistie, est incapable de s’agenouiller devant une puissance de la terre, aussi puissante soit-elle. » Et le voilà glorifié à la face du monde précisément le jour où presque partout est célébré le Mystère du Corps et du Sang du Seigneur. Si le P. Jerzy Popieluszko est un entraîneur pour prêtres et évêques de ce siècle, c’est que nous sommes effectivement entrés dans les combats des temps de la fin. Jean Paul II l’affirmait déjà en 85 :  «  Impossible de nier dans la société actuelle l’existence de forces agissantes, d’une grande influence et marquées d’une certaine hostilité envers l’Eglise. Autant de manifestations de l’action dans notre temps du prince de ce monde et du «  mystère d’iniquité ». «  Je suis venu ici pour vénérer et invoquer saint Michel de bien vouloir protéger et défendre la sainte Eglise… Cette lutte contre le démon qui accompagne son image est aussi actuelle aujourd’hui qu’elle l’était alors, parce que le démon est toujours vivant et qu’il continue son action dans le monde. » Intuition confirmée par le Catéchisme de l’Eglise Catholique : «  Le temps présent est le temps de l’esprit et du témoignage, mais aussi un temps encore marqué par la «  détresse » ( 1 Co 7,26) et l’épreuve du mal qui n’épargne pas l’Eglise et inaugure les combats des derniers jours. C (‘est un temps d’attente et de veille. Avant l’avènement du Christ, l’Eglise doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le « mystère d’iniquité » sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo- messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair. »

Daniel Ange, le 13 mai 2010

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Prière pour demander la glorification du Père Jerzy Popieluszko

Dieu Tout-Puissant, qui dans Votre Miséricorde, glorifiez ceux qui, sur la terre, suivent Votre exemple, nous Vous supplions, pour la gloire de Votre Nom, de glorifier la mémoire de Jerzy Popieluszko en nous accordant la grâce demandée par l'intercession de celui qui vécut et mourut pour Vous glorifier. (nommer la grâce désirée). Par Jésus Christ, Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous en l'unité du Saint Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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23 mai 2010

Saint Michel Garicoïts

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Saint Michel Garicoïts

Fondateur des Pères du Sacré Cœur de Bétharram

1797-1863

Fête le 14 mai

Saint Michel Garicoïts naquit à Ibarre (France), dans une pauvre ferme basque, le 15 avril 1797. Devenu Prêtre au prix de durs sacrifices, il fut à Cambo un vicaire zélé et prudent. La confiance de son évêque l'envoya à 28 ans au Grand Séminaire de Bétharram où, comme professeur puis comme Supérieur, il rétablit la discipline et la piété. Quand le Séminaire fut transféré à Bayonne, il demeura  à Bétharram. Il entreprit de restaurer l'antique sanctuaire Béarnais de la Vierge et de rendre vie au pèlerinage. C'est là qu'il fonda, en 1835, une Congrégation de Missionnaires et d'Enseignants, les Pères de Bétharram, qu'il dirigea jusqu'à sa mort. Il organisa les missions, ouvrit écoles et collèges. Leur influence et l'action qu'il exerça lui-même, principalement sur le Clergé et les religieuses, déterminèrent dans toute la région un renouveau de vie Chrétienne. Il s'était fait l'apôtre de la dévotion au Sacré Cœur et à Notre Dame, de la Communion fréquente et de la fidélité au Saint Siège. Directeur éclairé d'en haut, il devint la Providence des âmes qui s'interrogeaient sur leur vocation. Dissipant les doutes et les inquiétudes, il aidait chacun à reconnaître sa voie, à s'y engager avec décision, à y persévérer avec confiance. Son mot favori était: « En avant toujours ». En 1856, il envoya ses religieux en Amérique du Sud, au secours des émigrés Basques et Béarnais. Ce fut le début de l'expansion de sa Congrégation, qui travaille aujourd'hui dans 4 continents et dans plus de 14 pays. Âme forte et cœur pur, doux et humble comme son Maître – on l'appelait le Bon Monsieur Garicoïts – héroïquement donné à Dieu et à ses frères, le Saint se dépensa jusqu'au bout sans compter. Il mourut à Bétharram, le matin du jour de l'Ascension, à l'heure même où il avait l'habitude de commencer sa journée de travail et de prière. C'était le 14 mai 1863, à trois heures du matin. Le Vénérable Pie XII l'a canonisé le 6 juillet 1947. Ses reliques sont vénérées  dans le Sanctuaire Notre Dame de Bétharram, en la chapelle Saint Michel, ou elles sont enchâssées.

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Prière à Saint Michel Garicoïts

O Saint Michel, parfait modèle du Chrétien, du Prêtre et de l'âme religieuse dans les diverses situations de la vie, obtenez-nous la grâce de suivre vos exemples dans la vocation où la Providence nous a engagés. Insensibles à l'attrait du plaisir, à la séduction des honneurs, au désir de l'indépendance, mais uniquement soucieux de répondre à l'appel de Dieu et rempli de son amour, vous avez avancé d'un pas toujours ferme, dans l'épreuve comme dans la joie, sur le chemin de la Sainteté. Nous voulons imiter vos vertus, votre humilité, votre dévouement aux autres, votre filiale soumission à la Divine Volonté, et reproduire ainsi en nous les traits du Sacré Cœur, dont votre cœur fut l'image fidèle. Bénissez nos désirs, soutenez nos efforts, apprenez-nous à servir comme vous le Seigneur et nos frères, comme vous « effacés et dévoués, petits, soumis, constants et toujours contents ». Ainsi soit-il.

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Prière à Saint Michel Garicoïts

dite du « Me voici »

O Saint Michel, image fidèle de Jésus dans son obéissance au Père et dans son amour pour les hommes, apprenez-nous à être toujours disponibles pour faire la Volonté de Dieu et pour servir nos frères sans retard, sans réserve, sans retour, par amour. Amen.

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Pour approfondir

Site du Sanctuaire Notre Dame de Bétharram

www.betharram.fr

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Sanctuaire Notre Dame de Bétharram, la Chapelle Saint Michel

26 mars 2010

La Servante de Dieu Jeanne Mance

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La Servante de Dieu Jeanne Mance

1606-1673

Issue d'une famille bourgeoise aisée puisque son père était procureur du roi de France à Langres, un important évêché au nord de la Bourgogne, Jeanne Mance, née le 12 novembre 1606 remplace sa mère prématurément décédée auprès de ses onze frères et sœurs avant de se consacrer aux soins des victimes de la Guerre de Trente Ans et de la peste. A 34 ans, lors d'une procession à Troyes, en Champagne, elle découvre sa vocation missionnaire et veut rejoindre la Nouvelle-France dont l'expansion est en pleine actualité. Avec le soutien d'Anne d'Autriche, la très catholique épouse du roi Louis XIII, et soutenue par les Jésuites, elle accepte la donation de Mme de Bouillon et de la Société Notre-Dame de Montréal qui veulent aider à la fondation d'un poste à Montréal, et plus précisément celle d'un hôpital, un Hôtel Dieu, sur le modèle de celui de Québec. Elle embarque à La Rochelle le 9 mai 1641 et aborde trois mois plus tard (le 8 août) en Nouvelle-France. Au printemps 1642, après la fonte des glaces du Saint-Laurent, elle accède avec Paul Chomedey de Maisonneuve à l'île de Montréal et participe à la fondation de la ville sur les terrains concédés officiellement le 17 mai 1642 par le gouverneur avec l'autorisation de créer les bâtiments. Jeanne Mance ayant fait partie du premier groupe d'organisateurs et de bâtisseurs, elle est considérée comme l'un des trois principaux fondateurs de la ville de Montréal. Elle soigne dans une installation précaire les constructeurs du fort et les soldats avant de superviser la construction du centre de soin de la petite colonie qu'autorise le contrat de la fondation signé à Paris le 12 janvier 1644. Les travaux commencent en 1645: il s'agit d'un modeste bâtiment, de 60 pieds sur 24, inauguré le 8 octobre 1645 et destiné à abriter six lits pour les hommes et deux pour les femmes. Top petit, il sera remplacé par un nouvel édifice en 1654. Jeanne Mance, relevant toujours de l'état laïque mais secondée par les Sœurs Hospitalières à partir de 1659, continuera à en assurer la direction jusqu'à la fin de sa vie. Elle remit son âme entre les mains du Père le 18 juin 1673. Sa dépouille repose dans la crypte de la chapelle de l'actuel Hôtel-Dieu de Montréal. Sa cause de béatification a été ouverte en 1959.

Prière pour demander la glorification de Jeanne Mance

O Dieu, qui, parmi les nombreuses merveilles de Votre Grâce dans l'Amérique du Nord, avez voulu donner dans la personne de Jeanne Mance l'exemple de la femme idéale et de l'infirmière parfaite, nous Vous supplions de nous accorder la grâce que nous demandons à Votre Bonté (...), afin que cette fidèle servante de Votre Sainte Mère soit bientôt exaltée par l'Eglise et donnée en modèle aux infirmières Catholiques et aux jeunes filles du monde. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Avec l'autorisation de l'Ordinaire n°440, 18 août 1965

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Le Serviteur de Dieu Ovide Charlebois

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Le Serviteur de Dieu Ovide Charlebois

Oblat de Marie Immaculée et Évêque Missionnaire Canadien

1829-1902

 

Monseigneur Ovide Charlebois naquit à Oka, dans la Province de Québec, le 17 février 1862. Entré au Noviciat des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée en 1882, il devient prêtre en 1887, eI part pour les Missions indiennes de l’Ouest. Seize années durant, il reste à Cumberland, seul avec ses Indiens. Nommé premier Vicaire Apostolique du Keewatin, il est sacré évêque en 1910. C’est au milieu de difficultés extrêmes qu’il organisa son immense Vicariat, montrant toujours une patience et une humilité admirables. Il mourut saintement au Pas, le 20 nov. 1933. Sa devise était: « A Jésus par Marie » Sa Cause a été introduite le 16 septembre 1979.


Témoignage


Mgr Charlebois était le septième dune famille qui compta quatorze enfants. Modestes cultivateurs, ses parents travaillaient comme fermiers sur une terre qui ne leur appartenait pas. Vers l’époque de la naissance d’Ovide, ils firent l’acquisition d’une ferme dans la paroisse voisine, Saint-Benoît. Mais ils durent bientôt constater que ce terrain était trop peu fertile pour assurer l’existence de leur nombreuse famille. Monsieur Hyacinthe Charlebois se décida donc à laisser les bords du Lac des Deux-Montagnes pour se faire défricheur.


Dans les « Pays d’en-haut »


Il choisit une terre située environ vingt-cinq milles au nord de St-Jérôme, sur le territoire de ce qui forma plus tard la paroisse de Sainte-Marguerite. Ce fut en 1864, Ovide avait deux ans. Malgré la pauvreté dans laquelle il se trouva en arrivant à son nouvel établissement, monsieur Charlebois fit toujours passer avant tout ses devoirs religieux: prière en famille, assistance à la messe dominicale. Le jeune Ovide faisait déjà l’apprentissage de sa vie missionnaire: les douze milles qui les séparaient de l’église de Sainte Adèle n’étaient pas obstacle à priver la famille Charlebois de la fréquentation des sacrements.


Au Collège de l’Assomption


Ovide n’était point un élève brillant, mais Il avait un esprit droit et beaucoup de bon sens; un travail sérieux et assidu lui permit de se maintenir au-dessus de la moyenne des élèves de son cours. Sur sa vie de collégien, voici un précieux témoignage de monsieur le chanoine Auguste Picotte, qui fut son professeur de syntaxe: « Un mot résume en toue vérité ce que fut Ovide élève: il fut un écolier modèle en tout. Il était très pieux; il fut l’obéissance personnifiée, respectueux envers ses professeurs; il aimait l’étude et avait l’ambition de réussir. Avec ses condisciples, il était bon et charitable; aussi n’eut-il jamais d’ennemis ».


Chez les Oblats


Un des confrères lui ayant passé un petit ouvrage de saint Alphonse de Liguori sur la vie religieuse, Ovide y trouva sa voie. Le choix d’une congrégation lui fut relativement facile. Plusieurs des brillants élèves de l’Assomption l’avaient précédé chez les Oblats de Marie Immaculée, et leur vie de missionnaire dans l’Ouest canadien concrétisait à merveille les aspirations du jeune Charlebois. Le reste de sa vie nous dira la qualité de la formation qu’il a acquise durant ses années de préparation à la vie religieuse et au sacerdoce. Vers la fin de son scolasticat on trouve sous sa plume une résolution dont toute sa vie sera une parfaite illustration: « Partout où je me trouverai avec mes frères, je me considérerai comme leur serviteur. Par conséquent, je les respecterai, je les servirai avec plaisir et empressement ».


À la suit d’un Saint


A cette époque la grande figure de Mgr Grandin, évêque de St-Albert, attirait les jeunes par le rayonnement de sa sainteté. Son passage laissa une marque profonde dans l’âme du jeune oblat. Longtemps plus tard il se rappellera les paroles du Serviteur de Dieu: « Mgr Grandin avait bien raison de nous dire à chaque visite qu’il faisait au scolasticat et au noviciat: Si vous voulez venir au Nord –Ouest, aimez beaucoup le Bon Dieu. Ne venez pas par amour pour moi, mais par amour pour le Bon Dieu ».


Missionnaire chez les Indiens


Pendant le Chapitre général de 1887, Mgr Grandin demanda des sujets au Supérieur Général des Oblats, et il obtint le frère Ovide Charlebois qui terminait ses études théologiques à Ottawa. Il lui écrivit, le vingt-trois juin, sur le navire qui le ramenait d’Europe: « Notre très Révérend Père Général m’annonçait, il y a quelques jours, une bonne nouvelle pour moi, et j’espère, pour mon diocèse. C’est que le Bon Dieu vous avait choisi, par son intermédiaire, pour venir partager nos travaux. Je crois que vous aimez assez le Bon Dieu pour trouver la nouvelle bonne aussi. Cependant, je dois vous avouer que. si vous consultiez la chair et le sang, vous pourriez considérer la nouvelle comme mauvaise, Mais vous n’avez pas embrassé la vie religieuse pour jouir; et le Bon Dieu vous montre qu’il vous aime et a confiance en vous, puisqu’Il vous confie une mission toute de dévouement.  Courage, cher frère. Soyez tout de bon l’homme de Dieu; donnez-vous à Lui tout spécialement pour vous user pour sa gloire ».


La solitude du Cumberland


Le premier poste que les supérieurs confièrent au jeune missionnaire fut la Mission Saint-Joseph, au Lac Cumberland. Seul missionnaire à cet endroit, il devra rayonner dans les postes environnants, dépassant bien souvent les 100 miles. L’isolement du jeune missionnaire au Cumberland devait durer seize longues années, pendant lesquelles il ne vit de confrères que de temps en temps. La solitude pesait au jeune missionnaire. De toutes les misères de la vie de mission, nous croyons même que ce fut la plus sensible à son cœur aimant. Dès son premier séjour au Cumberland, il lui arriva souvent de pleurer: « J’ai beaucoup pleuré en lisant ta lettre, écrit-il à son frère Guillaume. Seul dans mon petit appartement, je laissai libre cours à mes larmes. Tu les retrouveras toutes dans le Sacré Cœur de Jésus, où j’ai soin de les déposer. C’est ce divin Cœur qui est mon refuge dans ces moments. C’est aussi Lui qui rend mes larmes si douces et si délicieuses. Pleurer uni à Jésus, c’est en effet le plus grand bonheur ici-bas. Je n’ai jamais si bien compris cette vérité qu’à présent ».


Mais, quel triste Pays!


« Tous les étrangers qui passent dans ces parages ne cessent de répéter: « Quel triste pays! je ne voudrais pas y vivre pour tout l’or du monde! Ils ont parfaitement raison; il faut être bien fou de vivre par ici pour le seul amour de l’argent; mais, quand il s’agit du salut des âmes, ce n’est plus la même chose. Le salut d’une seule âme ne vaut-il pas mieux que tout l’or du monde! C’est ce qui explique le bonheur du missionnaire, malgré la pauvreté du pays. Si notre pays est laid sur cette terre, il faut espérer que nous en aurons un beau là-haut. C’est encore Là une pensée qui fortifie mon cœur ». ( Echo di, Cumberland, 12 juin 1890)


Prière pour obtenir la Glorification de Monseigneur Charlebois


O Miséricordieux Jésus, qui, dans votre Amour de prédilection pour les pauvres et les âmes abandonnées avez suscité un missionnaire d'une Charité et d'un esprit de pauvreté vraiment évangélique dans la personne de Monseigneur Ovide Charlebois, nous Vous supplions de de faire que Votre Eglise puisse proclamer sa Sainteté et le proclamer comme modèle aux âmes apostoliques.


Marie Immaculée, Reine des Missions, daignez appuyer notre requête en faveur de celui qui, après s'être consacré spécialement à Vous comme Oblat, prit finalement pour devise: « à Jésus par Marie ».


Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, nous Vous supplions de promouvoir la cause de ce pieux Evêque, qui, le premier sollicita votre titre de Patronne des Missions et des Missionnaires. Ainsi soit-Il.


Imprimatur

Em. A. Deschamps, Ev. Thennesis, V.G.

Aux. de Montréal,

11 mars 1936


Prière pour neuvaine


O Dieu, qui avez inspiré à votre serviteur Ovide Charlebois, évêque missionnaire, une tendre dévotion à la Vierge Immaculée, une force, une patience et une humilité admirables dans les difficultés de sa vie apostolique, faites, nous vous en supplions, que nous puissions imiter ses vertus et daignez, pour glorifier, sa mémoire, nous accorder par son intercession la grâce spéciale que nous vous demandons humblement. Ainsi-soit-il.


Pater, Ave, Gloria.


Relations de grâces


Postulation Générale OMI,

via Aurelia 290,

I-00165 Roma.


http://postulationomifr.weebly.com/


Mail: martinez@omigen.org

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Bienheureuse Catherine de Saint Augustin

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Bienheureuse Catherine de Saint Augustin

Augustine Hospitalière de la Miséricorde de Jésus

1632-1668

Fête le 8 mai


Issue de deux familles nobles du Cotentin, Catherine de Saint-Augustin naquit et fut baptisée le 3 mai 1632, à Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans l'actuel département de la Manche, en France. Son père, Jacques Simon de Longpré, était avocat, et sa mère, Françoise Jourdan de Launay, fille d'un lieutenant civil et criminel. L'éducation de la fillette fut confiée à ses grands-parents maternels. Les Jourdan tenaient chez eux une sorte d'hôpital où ils recevaient et soignaient les pauvres et les malades; Catherine fut très tôt initiée aux exercices de la charité et à la pratique de la vertu. Catherine, attirée par la vie religieuse, encouragée par saint Jean Eudes entra comme postulante à l'Hôtel-Dieu de Bayeux le 7 octobre 1644. Elle avait douze ans et demi. Deux ans plus tard, elle fut admise au noviciat. C'est alors qu'elle conçut le désir d'aller en Canada, où des Augustines  Hospitalières de la Miséricorde de Jésus avaient, en 1539, fondé l'Hôtel-Dieu de Québec. Quand celles-ci demandèrent de nouvelles recrues, Catherine se porta aussitôt volontaire. Elle n'avait pas encore seize ans. On tenta de la dissuader, et son père s'opposa à son dessein; elle fit le voeu "de vivre et de mourir en Canada, si Dieu lui en ouvrait la porte". Tout le monde dut céder à ses raisons, et Catherine fit profession religieuse le 4 mai 1648, en prévision de son embarquement, le 27 mai. Le 19 août 1648, elle arrivait à Québec. Mère Catherine de Saint-Augustin allait être d'un grand secours à sa communauté: elle y remplit les charges d'administratrice du monastère, de directrice de l'hôpital, de conseillère et maîtresse des novices. Pendant son premier triennat comme dépositaire, elle dirigea la construction du nouvel Hôtel-Dieu. Pourtant, cette jeune moniale si active fut presque toujours malade. Elle eut plus de huit ans la fièvre sans garder le lit, sans se plaindre, sans désister de faire son obéissance, sans perdre ses exercices, soit de choeur, soit de ses offices, soit de communauté. Non seulement elle ne se plaignait pas, mais elle était toujours d'un abord si agréable et d'une si grande douceur que tout le monde en était charmé. La discrétion de Catherine trompa même ses consoeurs sur ses dispositions intérieures. On considéra, de son vivant, qu'elle se comportait tout simplement comme une bonne religieuse, car, à l'exception de son directeur et de son évêque, personne ne savait ce qui se passait en elle. Les richesses de sa vie intérieure et les merveilles mystiques que l'Esprit-Saint opérait en son âme ne furent révélées qu'après sa mort. On raconte, à son sujet, des "choses extraordinaires": visions, révélations, combats constants contre les démons. Le bienheureux François de Laval, son évêque, et la bienheureuse Marie de l'Incarnation firent plus grand cas, cependant, de ses solides vertus que "des miracles et des prodiges". Marie de l'Incarnation, pour sa part, estimait que "les grâces que Dieu lui a faites étaient fondées sur trois vertus, qui sont l'humilité, la charité et la patience". Ces trois vertus, Catherine les pratiqua à un degré vraiment héroïque à partir de 1663, année où le Seigneur lui assigna sa mission personnelle au Canada: être "la victime pour les péchés d'autrui". Jamais, en effet, elle ne souffrit autant, en particulier de la part des démons, qui ne lui laissaient aucun repos, la torturant moralement et la rouant même de coups. Pourtant, jamais rassasiée de peines, l'humble hospitalière désirait s'immoler toujours davantage pour le salut des âmes et pour le bien spirituel de son pays d'adoption. Enfin, consumée par la phtisie, elle mourut le 8 mai 1668, à l'âge de trente-six ans. Le bienheureux François de Laval, pour qui Catherine de Saint-Augustin était "l'âme la plus sainte qu'il eût connue", avait "une très particulière confiance" en son pouvoir, "car, si elle nous a secourus si puissamment pendant le temps qu'elle a été parmi nous, écrit-il, que ne fera-t-elle pas maintenant qu'elle connaît avec plus de lumière les besoins, soit du pasteur, soit des ouailles?"


Prière pour demander la Canonisation de la Bienheureuse Catherine de Saint Augustin


O Jésus, si c'est pour Votre Gloire et pour le bien des âmes, daignez élever au rang des Saints votre Humble épouse, la fidèle servante des pauvres et des malades, la Bienheureuse Catherine de Saint Augustin, que vous avez associée à Vos souffrances pour le Salut de la Patrie Canadienne. Donnez-lui de nous secourir, en nous obtenant les grâces que nous demandons par son intercession. Ainsi soit-il.


Avec l'Autorisation de l'Ordinaire de Montréal, n° 440, le 16 août 1963

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20 mars 2010

Le Vénérable Frère Meinrad Eugster

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Le Vénérable Frère Meinrad Eugster

1848-1925

Fête le 14 juin

Le vénéré Frère convers Meinrad Eugster, appelé dans le monde Joseph Gebhard, naquit à Altstâtten (canton de St-Gall) en Suisse, le 23 août 1848, de parents profondément chrétiens qui surent inculquer à leurs 12 enfants, avec l'amour de Dieu, celui du prochain, de la prière et du travail. Ses études élémentaires terminées, Joseph Gebhard apprit le métier de tailleur tout en entretenant, dans son âme vierge, le feu sacré de la vocation religieuse. Aussi, le voyons-nous entrer, comme Frère convers bénédictin, au couvent de Notre Dame des Ermites; il y fit profession le 5 septembre 1875, sous le nom du fondateur d'Einsiedeln, Saint Meinrad. Alliant à une constitution un peu délicate l'énergie indomptable du moine assoiffé de perfection, il passa les 50 années de sa vie religieuse dans la pratique de l'humilité la plus profonde et du renoncement le plus complet. Aussi, n'est-il pas étonnant que ses confrères, ainsi qu'en témoigne un de ses Supérieurs, aient aimé à le regarder comme la représentation vivante du Christ sur la terre. Il eut, sa vie durant, une dévotion particulière au Saint Sacrement de l'Autel et à Notre Dame des Ermites, sa bonne Mère du Ciel. Averti de sa fin imminente, il laissa échapper de ses lèvres mourantes ces paroles de prédestiné: « Oh! que le Ciel est beau ! » Il s'éteignit, entouré de ses confrères, le 14 juin 1925. Nombreuses sont les personnes qui affirment avoir obtenu, par son intercession, des grâces spéciales. L'héroïcité de ses vertus a été proclamée solennellement le 28 mai 1960 par un décret du Bienheureux Jean XXIII. Serviteur de tous pendant sa vie, il paraît vouloir continuer à l'être au Ciel, en sont témoins les milliers de grâces et de guérisons obtenues jusqu'ici par son intercession.

Neuvaine ou Triduum de prière en l'honneur de la Sainte Trinité pour obtenir des grâces par l'intercession du Vénérable Serviteur de Dieu

Nous Vous adorons, Père Eternel, nous Vous remercions et Vous demandons, par l'intercession de Votre Serviteur Meinrad de bien vouloir augmenter en nous la vertu de la Foi et de nous accorder spécialement la grâce (….)

Nous Vous adorons, Fils de Dieu, nous Vous remercions et Vous demandons, par l'intercession de Votre Serviteur Meinrad, de bien vouloir augmenter en nous la vertu de l'Espérance et de nous accorder spécialement la grâce...

Nous Vous adorons, Esprit Saint, nous Vous remercions et Vous demandons, par l'intercession de Votre Serviteur Meinrad, de bien vouloir augmenter en nous la vertu de la Charité et de nous accorder spécialement la grâce...

Prière pour obtenir la glorification du Vénérable Serviteur de Dieu, Frère Meinrad Euster

Dieu, notre Père, Votre Providence a choisi les Saints pour être nos modèles et nos protecteurs; daignez, en ces temps troublés, nous accorder l'aide de Votre fidèle Serviteur, le Frère Meinrad, dans tous les besoins de l'âme et du corps. Notre confiance en lui repose sur les nombreuses faveurs surnaturelles qu'il vous a plu de faire briller sur son tombeau. Faites-nous la joie de le voir bientôt couronné de l'auréole de Bienheureux et élevé ainsi par la Sainte Eglise à l'honneur des Autels. Nous Vous le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Sainte Marie, Mère de Dieu, c'est dans Votre Sanctuaire des Ermites que le Frère Meinrad vous a servie si fidèlement pendant un demi-siècle: intercédez auprès de Votre Fils, pour qu'Il lui accorde l'honneur de coopérer à ses bienfaits. Amen.

Les personnes qui ont obtenues des grâces par l'intercession du Frère Meinrad sont priées de les faire connaître auprès de Mr le Vice-Postulateur de l'Abbaye d'Einsiedeln (Ch-8840)

Avec permission Ecclésiastique

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16 mars 2010

Le Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais

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Le Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais

Fondateur des Frères de l'Instruction Chrétienne et des Filles de la Providence

1780-1819

Jean-Marie Robert de La Mennais naquit à Saint Malo neuf ans avant l'effroyable Révolution Française. La Providence qui le destinait à en réparer les ruines dans les âmes, lui inspira l'idée de devenir Prêtre. Grâce à sa vive intelligence et aux leçons de quelques Prêtres échappés aux poursuites révolutionnaires, Jean-Marie se prépare rapidement au Sacerdoce. A vingt-trois ans et demi, il recevait l'Onction Sacerdotale. Déjà son âme brûlait d'un désir très vif d'étendre le Royaume de Dieu en Bretagne et dans la France entière. Son zèle le porta d'abord vers l'enfance et la jeunesse. Il devient professeur, il se fait éducateur, car il veut à tout prix donner à l'Eglise et à sa Bretagne des Chrétiens profondément convaincus et surtout des Prêtres dont le besoin se fait sentir partout. Elevé, par des évènements providentiels, jusqu'aux fonctions d'Administrateur d'un vaste Diocèse, l'Abbé de La Mennais déploie une ardeur encore plus grande pour le Salut des âmes, en même temps qu'une indomptable énergie pour la défense des droits de l'Eglise. A une besogne particulièrement écrasante, le Saint Prêtre ajoute celle d'un prédicateur de Retraites à toutes les classes de la société. Il a surtout pitié de l'enfance qu'il voit abandonnée à tous les dangers de l'ignorance et de l'oisiveté. Il gardera pour les jeunes âmes, toute sa vie durant, une particulière tendresse. Pour elles, il crée des écoles, et pour diriger ces écoles, il fonde deux sociétés enseignantes: les Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel et les Filles de la Providence de Saint Brieuc. Dans ses écoles de Frères, il cueille, comme autant de fleurs de choix, les meilleurs élèves qu'il dirige, d'après leurs aptitudes et l'inclination de la Grâce, soit vers le Noviciat de Ploërmel, soit vers l'un ou l'autre des nombreux collèges ecclésiastiques qu'il a établis en Bretagne. Bientôt son oeuvre d'éducation absorbe les journées entières de cet ardent apôtre des jeunes. Lui, l'héritier d'une noble famille, appelé par sa naissance à occuper les premières charges de l'Eglise de France, vint s'enfermer pour le reste de ses jours, dans une humble maison de Ploërmel, afin d'y pratiquer la vie commune avec des disciples choisis, comme ceux de Jésus, dans les plus humbles conditions. L'on a dit à son sujet: « Les fidèles de la Bretagne entière ne prononcent jamais le nom de Jean-Marie de La Mennais sans y joindre le titre de saint ». L'Eglise l'a déclaré Vénérable en 1911 et les démarches se poursuivent à Rome pour qu'il soit Béatifié. Que tous les amis des Frères de l'Instruction Chrétienne et des Filles de la Providence unissent leurs prières pour obtenir que le Vénérable Jean-Marie de La Mennais reçoive, s'il plaît à Dieu, les honneurs de la Béatification.

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Prière pour demander la Glorification du Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais

O Jésus, qui avez tant aimé les petits enfants et qui avez inspiré au Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais la pensée de fonder, pour leur Salut, deux Congrégations vouées à l'éducation Chrétienne de la jeunesse, daignez écouter l'humble prière que nous Vous adressons pour la glorification de Votre Serviteur. Faites, nous Vous en supplions, ô bon Jésus, que bientôt l'auréole des Bienheureux, rayonne au front du Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais, et qu'il soit ainsi reconnu comme modèle de dévouement à la Sainte Eglise et patron de nos écoles Catholiques. Amen.

Seigneur, glorifiez Votre Serviteur, le Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais (X3)

Imprimatur

Gerard Coderre

Ev. Coadj. À S. Jean de Qué.

Relations de grâces

Frères de l'Instrution Chrétienne de Ploërmel

Via della Divina Provvidenza, 44,

I-00166 Roma

Frères de l'Instrution Chrétienne de Ploërmel

B.P. 35

F-56801 Ploërmel Cedex

E-mail: mmplo.fic@wanadoo.fr

Site de la Congrégation

www.lamennais.org

www.mennaisien.org

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11 mars 2010

Le Vénérable Pie XII

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Le Vénérable Pie XII

1876-1958

Sa jeunesse

Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli est né à Rome le 02 mars 1876 d'une mère dont la famille est bien connue du Saint Siège pour des services rendus et d'un père avocat à la Rote Romaine. Durant ses études, il obtient trois licences: théologie, droit civil et droit canonique. Il est ordonné prêtre en avril 1899. Puis, sur recommandation, il entre au Vatican dans une Congrégation chargée des relations internationales et devient cardinal 3 ans plus tard.


La première guerre mondiale


Il tente de dissuader l'Italie d'entrer en guerre et l'empereur François-Joseph de se montrer patient. En avril 1917, il devient nonce apostolique à Munich, unique représentation de l'état pontifical en Allemagne. Ses résultats sont décevants Tout en faisant connaissance avec l'Église catholique allemande, il s'instruit des discussions entre l'URSS et le Vatican. Son travail diplomatique le pousse à signer des concordats (traité signé entre un état et le Saint Siège afin de défendre les activités catholiques) avec différents états et Hitler, alors chancelier.


La seconde guerre mondiale


En 1938, il s'élève sans succès contre l'Ansschluss et en mars 1939, Eugénio Pacelli devient Pie XII. Son pontificat débute avec la deuxième guerre mondiale. Il tente en vain de tenir l'Italie en dehors du conflit. L'Allemagne nazie n'a pas l'intention de respecter le concordat signé en 1933. Il y aura d'ailleurs plus d'un millier d'arrestations de prêtres et de religieux dont 304 iront à Dachau. Les évêchés de Munich, Rottenburg et Freiburg seront saccagés, les religions étant, pour les nazis, des idéologies rivales à éliminer. Les évêques polonais demandent au pape d'intervenir au vu des atrocités nazies dans leur pays mais le Vatican a peur que ses déclarations n'accroissent les persécutions comme les déportations en Hollande qui, non seulement n'avait pas diminué, mais avaient augmenté après un appel des évêques. Pie XII donnera alors cette "consigne" à ceux qui font appel à lui: "Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pression, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve -malgré les raisons d'intervention- afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposés des limites dans nos déclarations". En juillet 1942, les évêques de Hollande s'insurgent contre les déportations. Non seulement elles ne cessent pas, mais des prêtres le sont également, en représailles. 79 % des juifs hollandais seront ainsi déportés, soit un chiffre supérieur à celui des autres pays. Aussi, les prélats demandent au pape de rester prudent pour éviter que la situation n'empire pour les juifs et que les catholiques subissent le même sort. Il faut également protéger ceux qui arrivent à se cacher en ne mettant pas en danger les catholiques qui, eux, les cachent. C'est alors que le "silence" devient "prudence" et non "complicité". Son radio-message de Noël 1942 sera ainsi le dernier appel public à un retour à la paix, les deux suivants concernant la civilisation chrétienne et la démocratie. Il optera pour l'ouverture des instituions du Vatican aux victimes du nazisme dans la Rome occupée. En 1943, environ cinq mille juifs seront recueillis dans les couvents et monastères d'Italie, trois mille hébergés à Castel Gandolfo et 400 enrôlés dans la Garde Pontificale.


L'après-guerre


Les difficultés viennent alors du communisme et toutes les nonciatures des pays proches de l'URSS ferment leurs portes à l'exception de la Pologne qui accorde quelques libertés à l'Église catholique.


Son action pastorale


Il proclame le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie en novembre 1950 et accomplit un immense travail sur la restauration de la liturgie romaine, écartant nouvelles coutumes ou rites périmés. Il condamne ainsi l'archaïsme considéré comme une rupture avec la tradition. Il réforme également le rite romain relatif à la semaine sainte. Il aurait été témoin de certaines apparitions à Fatima.


Sa mort. Les hommages rendus.


Il meurt le 9 octobre 1958 à Castel Gondolfo des suites d'une grave maladie dont il souffrait depuis quatre ans. A sa mort, Golda Meïr, ministre israélien des affaires étrangères, déclara, à l'ONU :"Nous pleurons un grand serviteur de la paix et de la charité. Pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyr effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes." Le rabbin Herzog et le Dr Elio Toaf, grand rabbin d'Italie, ont salué sa mémoire comme celle d'un juste. Albert Einstein a déclaré: "L'église catholique a été la seule à protester contre les assauts hitlériens portés à la liberté. Jusqu'à lors, je n'avais pris aucun intérêt pour elle, mais aujourd'hui j'éprouve une grande admiration pour l'Église, qui seule a eu le courage de se battre pour la liberté spirituelle et la liberté morale." Le Grand Rabin de Rome, Israël Zolli, touché par le dévouement et la charité du pape Pie XII, se convertit au catholicisme avec son épouse en 1945 et prit le nom de baptême de Eugène Pio. L'écrivain et diplomate juif Pinchas Lapide, alors qu'il n'apprécie guère la religion catholique, puisque écrivant dans son livre "Rome et les Juifs" que "Jésus se mit à croire à son omnipotence", a cependant rapporté que, d'après ses recherches, Pie XII, malgré les risques encourus, avaient pu sauver près de 850 000 juifs. Les exemples ne manquent pas et de nombreux survivants sont allés le remercier au Vatican, quelque temps après la fin de la guerre dont des délégués de "United Jewish Appeal" ou encore un ensemble de 94 musiciens juifs issus de 14 pays qui sont venus jouer au Vatican la neuvième symphonie de Beethoven en reconnaissance.


Origine de la Polémique autour de Pie XII


Tout a commencé en 1963 avec la sortie d'une pièce de théâtre "Le Vicaire" d'un auteur est-allemand Roch Hochhuth. Pour la première fois, il y est fait état du "silence" du pape. S'ensuivent neuf livres sur le sujet. Deux d'entre eux, dont le fameux Hitler's Pope de Cornwell attaquent le Pape sur la question. En 2001, Costa Gavras adapte la pièce au cinéma. Depuis, la polémique n'a fait qu'enflé, donnant au final du crédit à Roch Hochhuth, auteur à la personnalité fort controversée puisqu'en 1965, il approuve les propos de David Irving, négationniste notoire. Ce dernier, accusé d'avoir des sympathies nazies, a perdu, en 2000, un procès en diffamation et, en 2007, il est condamné, par la justice autrichienne, à deux ans de prison ferme pour négation de la shoah.


Pourquoi cette pièce de théâtre?


Avant même la guerre, le pape alors nonce apostolique se souciait des discussions avec la Russie et s'inquiétait de la montée du communisme. D'ailleurs en 1949, il excommunie les communistes. Les attaques venues de l'Est se multiplient à laquelle s'ajoutent les reproches le patriarche orthodoxe russe accusant le pape d'être un agent de l'impérialisme américain. A la mort de Pie XII, les soviétiques voulaient détruire l'autorité morale du Vatican. C'est alors qu'apparut cette pièce de théâtre dont l'auteur n'était pas spécifiquement communiste mais qui avait des connaissances sympathisantes avec le régime soviétique, tel Erwin Piscator, son producteur. Le Vatican crut bon de répondre aux attaques induites par cette pièce, des livres et des publications donnèrent chacun leur avis sur le "silence". Tout le monde se jeta dans la bataille: chrétiens, juifs, non croyants... et cela fit boule de neige. Tant est si bien qu'aujourd'hui tout le monde se souvient du "silence" mais pas de la pièce de théâtre. Paradoxalement, de nombreuses personnes, sans le savoir, pensant défendre les victimes juives, accordent du crédit à un individu qui nie l'existence même de la shoah!!!


La béatification


L'idée est venue de Paul VI. Jean Paul II l'a reprise puis mise en attente car la commission d'historiens juifs et chrétiens qu'il a réunie n'a pu s'entendre, faute de pouvoir consulter la totalité des archives. Benoît XVI, à son tour, la ressort. Cette décision, pour l'Église catholique, rend témoignage de la vie chrétienne de Pie XII en qui elle voit un grand théologien, précurseur de Vatican II. Sa cause est donc, pour l'instant, à l'étude.


Texte extrait du site Benedictus.fr


Reconnaissance des vertus héroïques de 10 baptisés, dont Eugenio Pacelli et Karol Wojtyla

Source: zenit.org


Dimanche 20 décembre 2009. Benoît XVI reconnaît les « vertus héroïques » de 10 baptisés, dont les papes Pie XII (Eugenio Pacelli) et Jean-Paul II (Karol Wojtyla), et deux fondateurs, un Français, le P. Louis Brisson, et une Anglaise, Mary Ward. Ces décrets de la Congrégation pour les causes des saints, qui ont été présentés après consultation et expertise des historiens et des théologiens, ont été approuvés le 19 décembre, à l'occasion de l'audience accordée par le pape au préfet de cette Congrégation, Mgr Angelo Amato. Ces décrets n'ouvrent pas la porte à la béatification. Il faudra ensuite non seulement qu'un miracle dû à l'intercession de ces baptisés soit reconnu, mais aussi que le pape donne son feu vert pour la béatification, qui reste toujours une décision du souverain pontife. En effet, la réunion des conditions nécessaires à une béatification ne suffit pas: le pape évalue le bienfait pastoral qu'une béatification peut apporter et le temps adapté à une telle proclamation. Certaines causes sont parfois enlisées pendant des années pour différents motifs. Ces décrets concernent donc d'abord les vertus héroïques des serviteurs de Dieu suivants (7 Italiens dont un laïc, un Polonais, un Français et une Anglaise: Giacomo Illirico da Bitetto, frère franciscain (1400-1496): il est déjà appelé « bienheureux » du fait que son culte a été « confirmé » le 29 décembre 1700, mais cela ne le dispense pas de repasser par cette étape moderne, rigoureuse, de discernement des « bienheureux »; Pio XII (Eugenio Pacelli), pape (1876-1958), salué à sa mort par les communautés juives et notamment Mme Golda Meir, pour son action pour sauver des juifs pendant la Shoah, comme l'ont rappelé les récents travaux des historiens qui ont restauré l'image calomniée par l'œuvre de Rolf Hochhuth « le Vicaire » dans les années soixante (cf. Philippe Chenaux, « Pie XII, Diplomate et pasteur », le Cerf 2003 ; ou Pierre Blet, « Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, Perrin, et « Pie XII et la Seconde Guerre mondiale d'après les archives du Vatican, Perrin); Jean-Paul II (Karol Wojtyła), pape (1920-2005); Louis Brisson, prêtre français et fondateur des Oblats et Oblates de Saint-François de Sales (1817-1908); Giuseppe Quadrio, prêtre italien, salésien de Don Bosco (1921-1963); Mary Ward, fondatrice anglaise de l'Institut des Sœurs de la Bienheureuse Vierge Marie, aujourd'hui, Congrégation de Jésus (1585-1645); Antonia Maria Verna, fondatrice italienne de l'Institut des Sœurs de la Charité de l'Immaculée Conception (1773-1838); Maria Chiara Serafina di Gesù Farolfi, fondatrice des Sœurs clarisses franciscaines missionnaires du Saint-Sacrement (1853-1917) ; Enrica Alfieri, religieuse italienne des Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne Antide Thouret (1891-1951); Giunio Tinarelli, laïc italien, de la Pieuse union des Ouvriers silencieux de la Croix (1912-1956).

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Prière pour la Béatification de Pie XII


O Jésus, Pontife Éternel, qui avez daigné élever Votre Serviteur fidèle Pie XII à la suprême dignité de Votre Vicaire ici-bas, et lui avez concédé la grâce d'être un défenseur intrépide de la Foi, un courageux champion de la Justice et de la Paix, un glorificateur zélé de Votre Très Sainte Mère et un exemple lumineux de Charité et de toutes les vertus, daignez maintenant, en vue de ses mérites, nous accorder les grâces que nous Vous demandons, afin que, assurés de son efficace intercession auprès de Vous, nous puissions le voir un jour élevé à la gloire des autels. Amen.

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04 février 2010

Le Serviteur de Dieu Pierre Goursat

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Le Serviteur de Dieu Pierre Goursat

Fondateur de la Communauté de l'Emmanuel

1914-1991


Février 1972. Pierre Goursat, 57 ans, fait l'expérience de l'effusion de l'Esprit. Cet homme de prière, témoin engagé, entre dans une toute nouvelle étape de sa vie…


Pierre Goursat fut un adorateur et un évangélisateur. Et un humble fondateur. Né à Paris le 15 août 1914, il mourut le 25 mars 1991. Son père, Victor, était un caricaturiste talentueux, mais trop original; les parents se séparèrent. Pierre avait un frère, Bernard qui mourut à l’âge de 10 ans. « J’ai eu l’impression qu’on me coupait en deux, que la moitié de moi-même était partie », dira Pierre. Il est croyant et pratiquant comme sa mère mais il s’éloigne peu à peu. Artiste et épris de culture, Pierre voit son élan interrompu à 19 ans par la tuberculose. Il part en sanatorium au Plateau d’Assy. Le Seigneur l’attendait là, avec son frère Bernard: « J’étais quand même pris par l’orgueil, et je trouvais que tout ce qui m’arrivait était très bien… À Assy j’ai pensé que j’aurais du temps pour travailler, mais j’ai eu un début d’anémie cérébrale. Je ne comprenais plus ce qui m’arrivait, je ne pouvais plus travailler. Mon orgueil se révoltait. J’étais encore partagé. » C’était en 1933. Un jour, Pierre se prit à penser à Bernard, il comprit que celui-ci lui disait: « Tu ne penses plus à moi, tu es pris par l’orgueil, et ton coeur est devenu dur. » Pierre se mit à genoux aux pieds de son lit pour prier. « Quand je me suis relevé, j’étais complètement transformé. C’est comme si j’avais reçu une effusion de l’Esprit. » Il se découvre une vocation d’adorateur et d’évangélisateur laïc.


Sauvé par Marie


Alors, bien que malade, il évangélise. Il diffuse livres et revues, comme la Revue des questions scientifiques, dans laquelle le chanoine Lemaître, savant belge, publia sa théorie de l’atome primitif, le Big bang. Il participe à La Ligue de l’évangile de l’abbé Thivollier, réunit des personnes pour lire l’évangile, accompagne quelques jeunes. Il a même un petit groupe de prière dans l’hôtel, avec une femme de chambre et des amis. Jusque-là, Pierre était un adorateur et surtout un ami de Jésus. Il aimait le Sacré-Coeur. Quant à Marie, elle entra d’abord lentement et discrètement dans sa vie. Puis elle se manifesta. En juin 1944, poursuivi par un Allemand révolver au poing, Pierre se réfugie dans son appartement. Il se voit perdu, quand il entend ces mots: “Ne t’inquiète pas, tu es sauvé.” « Je n’ai pas pu douter que c’était Marie qui me parlait, et qu’elle m’avait sauvé. » Le concierge avait détourné un moment l’attention de l’Allemand qui, ne voyant plus Pierre, abandonna la poursuite. Plus tard, Pierre attribuera également sa guérison de la tuberculose à Marie, et il se rendait chaque année à Lourdes. De 1940 à 1949, Pierre est conseiller laïc du cardinal Suhard, qui veut réévangéliser Paris. Puis, toujours pour apporter la lumière du Christ, Pierre s’intéresse au cinéma, avec la Revue internationale du cinéma et le Cercle du cinéma français. Il est, pendant 9 ans, le secrétaire de l’Office catholique du cinéma français, avec lequel il a une grande influence. Manquant de soutien du côté de l’Église, Pierre se retire. Il prend sa retraite, prie et essaye d’évangéliser des jeunes. En 1971, il amène certains d’entre eux à une école d’oraison animée par Martine Laffitte, jeune médecin. Le 12 février 1972, Pierre et Martine, invités à un week-end sur le Renouveau charismatique, reçoivent l’effusion de l’Esprit. La suite ne se fait pas attendre. Le groupe de prière, qu’ils lancent à la Pentecôte 1972 avec cinq personnes, grossit rapidement et se divise en deux puis en quatre groupes, unis dans une même communauté: l’Emmanuel est né. À la Pentecôte 1973, ils sont 500. Pour Pierre, c’est une nouvelle aventure; elle durera pour lui jusqu’à sa mort, en 1991. Avec l’effusion de l’Esprit, et les concours multiples qu’apportent les membres de l’Emmanuel, Pierre déploie une créativité incroyable pour l’évangélisation: dans la rue, dans les universités, chez les scientifiques, les médecins, les ouvriers, dans les couples et les familles. Il crée en 1975 le magazine Il est vivant!, puis Les amis de Jésus, une radio, produit des cassettes audio et audiovisuelles.


La période de fondation


Il entraîne l’Emmanuel dans l’aventure de Paray-le-Monial où, en quelques années, les sessions réunissent l’été 15 000 personnes, et où se renouvellent les grâces du Cœur de Jésus liées à celles du Renouveau charismatique. Il envoie des évangélisateurs dans tous les pays d’Europe et d’Afrique, et bientôt sur tous les continents. Depuis sa conversion, Pierre n’a eu de cesse de rechercher l’humilité. Quant il meurt, au moment où la communauté de l’Emmanuel, avec près de 4000 personnes, dont 30 prêtres et 60 séminaristes, va être reconnue par Rome, Pierre Goursat est pratiquement inconnu. Ce qui le caractérise, c’est un charisme de foi, soutenu par un feu intérieur et une espérance qui pousse à entreprendre malgré les difficultés. Pour Pierre, ce feu doit s’alimenter dans l’adoration, afin d’accueillir l’amour même de Jésus, c’est-à-dire l’amour de Dieu. Quant cet amour est en nous, nous sommes unis à Jésus. C’est ça, la vie mystique: Pierre l’a mise à la portée des petits. Emmanuel, c’est Dieu-avec-nous, l’union avec Dieu dans la vie quotidienne. Avec Jésus, nous sommes « émus de compassion » pour les brebis sans berger, ceux qui ne connaissent pas l’espérance de Dieu. Pierre, jusqu’à la fin de sa vie adore, souvent la nuit, plusieurs heures. C’est dans cette union à Dieu, et cette compassion, que lui ont été données des grâces de conseil, de discernement et de gouvernement. De Pierre Goursat, nous pouvons retenir: adoration, compassion, évangélisation. Ces grâces sources de la communauté de l’Emmanuel, sont ouvertes à tous, sans condition. Avec l’accord du Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, la cause de canonisation de Pierre Goursat, fondateur de la Communauté de l’Emmanuel et de la Fraternité de Jésus, a été officiellement introduite le jeudi 7 janvier 2010.


Prière pour la Béatification du Serviteur de Dieu Pierre Goursat


Seigneur Jésus, nous te prions pour la béatification de Pierre Goursat. Animé d’un vif désir du salut des âmeset d’un grand amour pour ton Eglise, il a œuvré avec foi et espérance pour son renouveau spirituel et apostolique. Par son intercession, obtiens-nous Seigneur,la grâce de te faire pleinement confiance, de te servir généreusement et de faire ta volonté. Donne-nous un cœur ouvert à  l’adoration, débordant de compassion pour tous les hommes, et embrase-nous du feu de ta charité pour l’évangélisation du monde. Par l’intercession du Serviteur de Dieu Pierre Goursat, nous te demandons instamment Seigneur, d’accorder de nombreuses faveurs à tous nos frères et sœurs en humanité, spécialement de soutenir les pauvres et les « blessés de la vie », de consoler les affligés, de fortifier les faibles, de guérir les malades. Nous te confions en particulier (…) Seigneur Jésus, nous te prions de révéler à tous ceux qui sont éloignés de toi ou qui ne te connaissent pas encore l’amour infini de ton Cœur, doux et humble.


Si vous avez reçu des grâces et des faveurs attribuables à la prière de Pierre Goursat, nous vous serions reconnaissants de nous en informer :


Maison de Chézelles

6, place de la Mairie
37 220 Chézelles
France
Tél : + 33 2 47 58 57 51
causepgoursat@emmanuel.info
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01 février 2010

Saint Jean de Saint-Denis

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Saint Jean de Saint-Denis

1905-1970

Fête le 30 janvier


Né à Saint-Pétersbourg en 1905, Eugraph Kovalevsky émigre en France avec sa famille en 1920. À partir de 1925 il anime, avec notamment Vladimir Lossky, la Confrérie Saint-Photius, laquelle avait pour programme " la renaissance de l’Orthodoxie en Occident ", par l’étude et la remise en oeuvre des liturgies locales du temps de l’Église indivise. Il est étroitement associé à l’établissement, en 1936, par décret du métropolite (et futur patriarche) Serge de Moscou, de l’" Église orthodoxe occidentale " - qui prit par la suite la dénomination " Église catholique orthodoxe de France ". À l’usage de cette dernière, Eugraph restaure l’ancien rite des Gaules, pratiqué en Occident avant les réformes de Charlemagne, connu comme le rite selon saint Germain. Ordonné prêtre en 1937, Père Eugraph est le principal responsable de cette Église jusqu’à sa mort. Il fonde l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Denys et il fonde ou inspire la fondation de plusieurs revues, notamment Contacts, Cahiers Saint-Irénée et Présence Orthodoxe. Il est sacré évêque en 1964, sous le titre de Jean de Saint-Denis, par l’archevêque Jean de San Francisco (canonisé en 1994). L'Evêque Jean de Saint Denis a été Canonisé par Monseigneur Grégoire, Evêque d'Arles de  l'Eglise Orthodoxe des Gaules, le 12 octobre 2008, en l'église Notre Dame et Saint Thiébault de Gorze.


« Je vais vous révéler un secret de sainteté et de bonheur: si tous les jours, pendant cinq minutes, vous savez faire taire votre imagination, fermer vos yeux aux choses sensibles et vos oreilles aux bruits de la terre pour rentrer en vous-même, là, dans le sanctuaire de votre âme qui est le temple du Saint Esprit, parlez à ce divin Esprit en lui disant: O Saint Esprit, âme de mon âme, je T'adore, éclaire-moi, guide-moi, fortifie-moi, console-moi, dis-moi ce que je dois faire, donne-moi Tes ordres. Je te promets de me soumettre à tout ce que Tu permets qu'il m'arrive. Dais-moi seulement connaître Ta volonté. Si vous faites cela, votre vie s'écoulera heureuse, sereine et consolée, même au milieu des peines, car la grâce sera proportionnée à l'épreuve, vous donnant la force de la porter et vous arriverez à la porte du Paradis. Cette soumission au Saint Esprit est le secret de la Sainteté. » (Saint Jean de Saint Denis)


Tropaire de Saint Jean de Saint Denis


De tes lèvres par ton baiser de paix, la grâce a jailli et dans les terres occidentales tu as réveillé l'Orthodoxie, ô Jean, notre père. Tu as ouvert dans noter cœur la source intarissable de la prière, ô intime de la Sainte Trinité. Ce que tu as semé dans les larmes le Christ l'a fait croître, prie-le sans cesse d'envoyer des ouvriers à sa moisson et de nous accorder sa grande Miséricorde!

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Biographie de Saint Jean de Saint Denis

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