Saint Joseph-Marie Gambaro
Saint Joseph-Marie Gambaro
Franciscain Martyr de la persécution des Boxers
1869-1900
Fête le 8 juillet
Saint-Joseph-Marie Gambaro est né en Italie, à Galliate, ville piémontaise de la province de Novare, le 7 Août 1986. A l'âge de 14 ans, il entre chez les Franciscains du Couvent de Monte. Il est ordonné prêtre en 1892, puis est nommé directeur du nouveau couvent franciscain d'Ornavasso, en Décembre de 1895, il obtient de partir pour les missions de la Chine. Arrivé dans le Hunan, Monseigneur Fantosati, le nomme professeur et directeur du Séminaire de Sce-fan-tan. A Pâques 1900, le Père Gambaro se voit attribuer une mission Tciu-Yen et, après la Pentecôte, quand la révolte des Boxers fait rage, il accompagne Monseigneur Fantosati pendant dans sa visite à la Communauté persécutée. Il est martyrisé pendant ce voyage, à Hengyang, le 7 juillet 1900. Béatifié le 24 novembre 1946, il a été canonisé le 1er octobre 2000 avec les 120 martyrs de Chine.
Prière
Seigneur, Vous voulez que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité ; faites qu'à la prière de Saint Joseph-Marie Gambaro et de ses compagnons, tous les peuples Vous connaissent, seul vrai Dieu, et Celui que Vous avez envoyé, Jésus, le Christ, Votre Fils, notre Seigneur et Notre Dieu. Lui qui vit et règne avec Vous, dans l'Unité du Saint Esprit, un seul Dieu, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.
Le Bienheureux Jérémie de Valachie
Le Bienheureux Jérémie de Valachie
1556-1625
Fête le 5 mars
Le Bienheureux Jérémie Kostist naquit en Roumanie en 1556, plus précisément dans la région de Valachie de laquelle vient son nom. Né dans une famille appartenant à l'Église Orthodoxe Roumaine séparée par Rome, il nourrissait grande attraction pour le Siège de Saint Pierre et, après un pèlerinage à pied qui dura près de deux ans, il atteignit la ville éternelle, après s'être converti à la Foi Catholique, il entra dans finalement l'ordre des Frères Mineurs Capucins, passant dans différents couvents de l'Italie méridionale. Dans son nouvel état de vie, il se consacre avec zèle et ferveur à essayer de réconcilier l'Église Catholique les Églises Orientales. Son amour pour les plus pauvres et les malades fut continu et incessante fut son œuvre de réconfort et de secours aux déshérités qui avaient pris l'habitude de venir vers lui afin de trouver aide et réconfort. Il est mort en odeur de sainteté en 1625 à Naples et, au terme d'un long procès canonique, il a été béatifié 1983.
Prière
O Dieu de Miséricorde, Vous avez donné au Bienheureux Jérémie de Valachie la grâce d'imiter Votre Fils dans le service de ses frères et le don inconditionnel de lui-même pour son prochain. Aidez-nous à marcher sur les chemins de l'Evangile avec humilité et amour, afin que nous puissions pleinement coopérer au plan de salut que Vous avez prévu pour l'humanité. Nous Vous le demandons, Père, par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.
Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici
Prière du 18 avril 2012
Année Jubilaire Sainte Claire
Prière du 18 avril 2012
Mes très chers frères et soeurs,
voici le texte de la prière de demain, organisée par l'Hospitalité Franciscaine. Nous vous invitons à vous joindre à nous par la prière, de 19 à 20h00.
1 - Ecoute la voix du Seigneur
Prête l’oreille de ton cœur
Qui que tu sois, ton Dieu t’appelle
Qui que tu sois, il est ton Père
Ref : Toi qui aimes la vie, O toi qui veux le bonheur
Réponds en fidele ouvrier, De sa très douce volonté
Réponds en fidèle ouvrier, De l’évangile et de sa paix
2 – Ecoute la voix du Seigneur
Prête l’oreille de ton cœur
Tu entendras que Dieu fait grâce
Tu entendras l’Esprit d’audace.
Livre du Deutéronome (30 ; 10, 14 )
Moïse disait au peuple d’Israël : « Ecoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses ordres et ses commandements inscrits dans ce livre de la loi. Reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme. Car cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. …Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur afin que tu la mettes en pratique. »
Poursuivons notre cheminement avec Claire. Aujourd’hui elle nous invite à
« Devenir écoute »
« Claire veille à ce que ses filles soient nourries de la parole de Dieu par des prédicateurs fervents. De cette nourriture spirituelle elle prend elle-même la meilleure part, car l’écoute d’une sainte prédication l’inonde de joie et lui fait goûter avec délices au souvenir de Jésus. Sans être elle-même hautement lettrée, elle éprouve cependant du plaisir à entendre les sermons des maîtres ; elle sait que l’amande se cache sous l’écorce des mots, elle l’apprécie avec finesse et la savoure avec délices. Elle connaît l’art de tirer profit, pour son âme, du sermon de n’importe quel prédicateur et se montre aussi habile à cueillir une fleur sur un buisson d’épines qu’à manger le fruit d’un arbre bien cultivé » (Cel 37)
Au fil des années, dans la patience du temps et la prière persévérante, Jésus nous devient plus proche, plus familier. Progressivement, nous apprivoisons les traits de son visage. La contemplation porte son fruit ; Elle nous rend peu à peu semblable à lui, participant d’un même souffle. Elle fait nôtres ses paroles et ses actions. L’esprit qui animait Jésus de Nazareth repose sur nous. Il nous inspire comme il a inspiré Claire, François et tant d’autres. Il nous fait désirer entrer dans les sentiments du Christ, aimer ce qu’il aime, souffrir de ce qu’il souffre. Au gré de notre docilité à son action, il imprime en nos vies les mœurs de Dieu telles que l’Ecriture nous les révèle.
Liées par l’amour fraternel, Claire et ses sœurs vivent cette transformation intérieure dans une existence humble et pauvre. Où puisent-elles une connaissance vraie et savoureuse du Christ sinon dans l’écoute de la Parole ?
Du livre de Jérémie
« Toi, tu sais Seigneur, prends soin de moi….. Dès que je trouvais tes paroles, je les dévorais. Ta Parole m’a réjoui, m’a rendu profondément heureux. Ton nom a été proclamé sur moi, Seigneur Dieu des puissances. .. »(15,16)
Musique - Silence - Adoration
Un cœur à l’écoute
Dieu est le Dieu de la parole ; Tel un miroir, la parole nous révèle à nous-mêmes. Elle nous atteint au plus intime. En elle, nous pouvons connaître notre cœur et entrer dans un dialogue souvent balbutiant, toujours responsable, avec le Dieu qui s’est fait proche : « La Parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur « (Dt 30,14).
La Parole du Livre, entendue dans la liturgie, méditée dans le silence, s’imprime lentement en nous. Elle nous dit Dieu, nous explique la longue histoire de l’alliance qu’il noue avec chacun et chacune comme avec son peuple. Elle déchiffre avec nous notre propre histoire sainte et y découvre le désir de Dieu. Pour l’entendre il nous faut dépouiller notre imaginaire de tout ce qui ferait écran à l’accueil simple de la présence du Dieu pauvre et vulnérable. Pauvreté et silence du cœur creusent l’ouverture et la disponibilité pour nous laisser surprendre par lui. Amoureuse, la prière est d’abord écoute attentive de l’autre, de cet Autre, le Bien-aimé du Père (Mc 9,7)
Si nos yeux plongent dans le miroir pour y contempler le resplendissement de la gloire de Dieu, nos oreilles s’ouvrent larges pour que s’y engouffre la musique du langage humain par lequel Dieu choisit de nous parler ; Cette patiente assimilation de la Parole nous transforme tout entiers en l’image de Dieu et nous donne de savourer sa douceur secrète (3LAg13-14).
Comme un souffle fragile (U 45)
Refrain : Comme un souffle fragile, ta Parole se donne
Comme un vase d’argile, ton amour nous façonne
1– Ta Parole est murmure comme un secret d’amour
Ta Parole est blessure qui nous ouvre le jour
2– Ta Parole est naissance comme on sort de prison
Ta Parole est semence qui promet la moisson
3– Ta Parole est partage, comme on coupe du pain
Ta Parole est passage qui nous dit un chemin.
Silence - Adoration
L’amande sous l’écorce
Madame Claire prenait plaisir à écouter la parole de Dieu, déclare Sœur Agnès au procès de canonisation. La prédication et la liturgie s’offrent à elle comme les lieux privilégiés par les quels elle lui parvient. Malgré la pauvreté des moyens de connaissance exégétique de son temps, Claire fait preuve d’une étonnante familiarité avec la Bible. Ses écrits en sont imprégnés. Ni la rudesse du langage ni ses énigmes ne découragent son cœur tellement avide de connaître le Bien-aimé. Même les limites du discours des prédicateurs ne peuvent faire écran à son impérieux désir d’appendre du neuf sur le Seigneur (Cel 45). Toute lumière, toute intelligence qu’elle reçoit en partage rencontre en elle un accueil humble et joyeux. Elle s’émerveille du Dieu qui, au détour de nos mots humains, la surprend d’un éclat de son mystère. Aucun sermon, fut-il médiocre ne la rebute. La délicatesse de son amour la tient en éveil et lui permet de cueillir une fleur sur un buisson d’épines ! Libre de tout préjugé face aux prédicateurs fervents qui lui transmettent la parole, elle que pure et simple écoute du trésor enfoui dans le champ des Ecritures.
Elle sait que l’amande se cache sous l’écorce des mots, elle l’apprécie avec finesse et la savoure avec délices.
Claire mâche la Parole comme on mâche avec respect et bonheur le pain qui nous fait vivre. Sans répit, sa quête amoureuse brise l’écorce des mots du Livre, la gangue des discours humains, comme elle déchiffre le mystère caché dans la réalité la plus banale et quotidienne de sa communauté. Elle veut atteindre l’amande, le fruit savoureux de la Présence qui se livre, nourriture de vie pour son pèlerinage, pain du cœur qui fortifie les sœurs de St Damien plus que le pain mendié pour le corps. Quelle joie de forer sans cesse le puits de la Parole pour en boire une eau toujours neuve et s’abreuver, jour après jour, à la mémoire vivante de Celui qui l’a séduite, Jésus, le pauvre Crucifié. Son écoute accueille ce Dieu qui ne s’impose pas, mais vient à nous sous les dehors les plus humbles de la parole humaine. Sans hésiter, sa foi y reconnaît la trace de l’unique Parole de Celui qui domine ciel et terre (1LAg17)
Sous l’écorce des mots, le croquant d’une amande
(CD – Sur les pas de Claire d’Assise)
Sous l’écorce des mots, des senteurs de lavande
Sous l’écorce des mots, pourvu que tu l’entendes
Sous l’écorce des mots, la Parole en offrande
Ne restons pas sur notre faim
Et dégustons cette Parole
Partageons-la comme un bon pain
Les mots nous font la farandole
C’est Dieu qui régale aujourd’hui
Ses mots nous remplissent de Vie
Nous étions tous sans le savoir
Le tiers-monde de la Parole
Et nous avancions sans rien voir
Sans comprendre les Paraboles
Dans nos vies saturées de bruit
Nous n’entendions même plus nos cris
Savourons bien les mots de Dieu
Ils ne manquent pas sur la table
Ils sont subtils et délicieux
Que ce festin soit agréable
Attardons-nous pour écouter
Prenons du temps pour le goûter
Silence - Adoration
Quel n’est pas le bonheur de cette femme passionnée d’entendre les frères de François commenter la Parole et prêcher aux sœurs ! Comme Marie aux pieds de Jésus (Lc 10,38-42), avide de graver sur les tablettes de son cœur les traits du visage aimé et ses paroles vivifiantes, elle prend elle-même la meilleure part de cette nourriture spirituelle. Ce qu’un biographe nous dit de François convient parfaitement à Claire : il lisait parfois les Livres Saints et ce que son intelligence avait saisi, son cœur le retenait gravé de manière indélébile : sa mémoire lui servait de bibliothèque et ce n’est pas en vain que son oreille attentive percevait ce que son cœur aimant repassait ensuite sans répit. (2Cel 102)
Mettons-nous à l’école de Claire et de François. Laissons-nous ouvrir l’oreille chaque matin par la Parole toujours jeune du Dieu qui veut faire en nos vies toutes choses nouvelles (Ap21,5). Que nous instruise celui qui s’est dit la Voie, et dont la voix, au détour de chaque page de l’Ecriture, invite à se nourrir de sa parole d’amour : « Je t’instruirai, je t’apprendrai la route à suivre, les yeux sur toi, je serai ton conseil » (Ps 31,8)
La Parole discrète du Seigneur se cache sous l’écorce de la lettre des Livres bibliques, des commentaires et des moyens actuels mis à notre disposition pour favoriser notre compréhension et notre méditation des textes. Mais à la suite de Claire, il nous faut nous aventurer au-delà. Au-delà de l’écorce que notre écoute amoureuse brise pour accueillir le Seigneur qui se donne. Par delà le bruit des mots et des discours, la communion personnelle avec le Fils de Dieu est fruit savoureux. Elle nous conduira peu à peu vers une existence évangélisée par la Parole entendue et reçue.
Ps 18 – 1
Ant : La loi du Seigneur est joie pour le cœur, lumière pour les yeux
La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie
La charte du Seigneur est sûre, qui rend sage les simples
Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur
Le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard
La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours
Les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables
Plus désirable que l’or, qu’une masse d’or fin,
Plus savoureuse que le miel qui coule des rayons
Aussi ton serviteur en est illuminé, à les garder il trouve son profit
Qui peut discerner ses erreurs ? Purifie-moi de celles qui m’échappent.
Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil: qu’il n’ait sur moi nulle prise
Alors je serai sans reproche, pur d’un grand péché.
Accueille les paroles de ma bouche, le murmure de mon cœur ;
Qu’il parvienne devant toi, Seigneur mon rocher, mon défenseur !
Rendons gloire au Père tout puissant, à son Fils Jésus-Christ le Seigneur
A l’Esprit qui habite en nos cœurs, pour les siècles des siècles. Amen
Silence – Adoration
Prière de louange
Ta Parole Seigneur est parfaite.
Par l’Eucharistie, elle nous redonne vie, Béni sois-tu Seigneur
Ta Parole Seigneur est sûre,
Par l’Eucharistie, elle nous donne la sagesse des simples. Béni sois-tu Seigneur
Ta Parole Seigneur est droite.
Par l’Eucharistie, elle réjouit notre cœur. Béni sois-tu Seigneur
Ta Parole Seigneur est limpide.
Par l’Eucharistie, elle clarifie notre regard. Béni sois-tu Seigneur
Ta Parole Seigneur, c’est Jésus crucifié,
Elle s’est révélée pour nous dans le discours de la croix,
Sagesse pour notre folie, force pour notre faiblesse. Béni sois-tu Seigneur
Expression libre
Nous t’adorons, ô toi le très saint
Nous t’adorons, Seigneur Jésus Christ
Dans toutes les églises et par toute la terre
Et nous te bénissons d’avoir sauvé le monde, par ta sainte Croix.
Prochaines rencontres
Mercredi 16 mai 2012 à 19h – « Devenir amour » - préparé par la fraternité St Michel
Mercredi 20 juin 2012 à 19h – « Devenir bénédiction » - préparé par la fraternité Ste Claire
Mercredi 19 septembre à 19h – « Devenir libre » - préparé par l’hospitalité franciscaine
Prière de la Famille Franciscaine de Gironde du 21 mars
Année Jubilaire de Sainte Claire
Prière du 21 mars 2012
Très chers amis abonnés et visiteurs d'Images Saintes,
Paix et Bien!
Je vous invite à vous joindre à la prière qui se déroule chaque 3e mercredi du mois, dans la chapelle des Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie de Bordeaux. Depuis quelques années, à tour de rôle, les Fraternités Franciscaines organisent un temps de prière, de 19 à 20h00. Je vous invite à vous joindre à notre prière ou que vous habitiez, vous en trouverez ci après le déroulement. La prière de ce mois-ci est organisée par la Fraternité Sainte Claire.
Franck Monvoisin, rédacteur du blog Images Saintes
Chant d'entrée
Ô croix dressée sur le monde – H 30
1 – Ô croix dressée sur le monde, ô croix de Jésus-Christ
Fleuve dont l’eau féconde du cœur ouvert a jailli
Par toi la vie surabonde, ô croix de Jésus-Christ
2 – Ô croix sublime folie, ô croix de Jésus-Christ
Dieu rend par toi la vie et nous rachète à grand prix
L’amour de Dieu est folie, ô croix de Jésus-Christ
3 – Ô croix sagesse suprême, ô croix de Jésus-Christ
Le Fils de Dieu lui-même, jusqu’à la mort obéit
Ton dénuement est extrême, ô croix de Jésus-Christ
En ce temps de carême, poursuivant notre cheminement avec Claire, et toujours dans la symbolique du miroir elle nous invite aujourd’hui à :
« Contempler le soir »
« A la fin de ce miroir, contemple avec quel indicible amour il a voulu souffrir sur l’arbre de la croix et y mourir de la mort la plus honteuse. Placé sur le bois de la croix, ce miroir enseignait lui-même aux passants à quoi ils devaient être attentifs : « ô vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur » D’une seule voix et d’un seul esprit, répondons à ses cris et à ses plaintes : « je ne pourrais pas l’oublier et ce souvenir me consume » (4LAg 23-26)
Il est resté nu sur le gibet
En contemplant le Christ crucifié, Claire se tient devant le buisson ardent d’un amour totalement décentré de lui-même, pure offrande, don radical. Si l’amour de Dieu est révélé par toute la vie de Jésus, nulle part il ne resplendit avec autant d’éclat qu’à l’heure où il accepte de mourir de la mort la plus honteuse. A cette heure, Jésus est pauvre de la plus haute pauvreté, outragé dans sa nudité, rejeté par tous, trahi par ses intimes. Déjà, les langes du nouveau-né de Bethléem avaient quelque chose de pitoyable, mais au moins ils disaient la tendresse et le respect d’une mère. Au calvaire, Jésus est exposé nu aux ricanements de la foule. L’homme pauvre de Nazareth devient un « pauvre homme » livré à la dérision, à la honte. Au Golgotha, le mépris, l’incompréhension atteignent leur paroxysme. Le rejet, par l’humanité, de l’amour offert par le Crucifié inscrit la plus vive des blessures au cœur du Père.
L’Amour n’est pas aimé ! François aurait voulu parcourir la terre en pleurant la Passion du Seigneur. Il communiait en chaque fibre de son être à cet amour sans limite du Fils de Dieu, au point que les marques de la Passion du pauvre Crucifié s’imprimèrent dans sa chair. Pour Claire, pas de stigmates. Pourtant, comment croire qu’une femme aussi passionnée envers son Seigneur cloué sur une croix par amour de notre amour n’ait pas porté dans son être le plus profond la brûlure d’une telle offrande ?
Refrain : Le plus beau des enfants des hommes (CD – Sur les pas de Claire d’Assise)
Est devenu pour nous sauver
Le dernier des derniers des hommes
Pour nous il a tout supporté
On l’a traité pour rien, fouetté sur tout le corps
On l’a traité de chien et conduit à la mort
Il va tout supporter, sans crier au secours
Pour nous réconcilier il invente l’Amour
Achevé sur la croix, Agneau dans l’abattoir
Il nous posse un pourquoi, il invente l‘espoir
Dans le noir du tombeau, dans la mort, dans la nuit
Eclate un jour nouveau, il invente la vie
Silence/ Adoration
Dieu a soif
Jusqu’à présent, Claire nous demandait de regarder. Et voici qu’elle nous invite à entrer en dialogue. Brusquement, le miroir placé sur le bois de la croix s’anime. Une plainte s’élève au milieu du silence. De la bouche de Jésus en croix, Claire accueille une lamentation de Jérusalem humiliée (Lam 1,12) « Voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur ! » Douleur que St Jean traduira par un dernier cri : « J’ai soif » (Jn 19,28) Sur la croix, Jésus connaît une insondable solitude. Solitude de l’amour livré qui ne rencontre que le silence de la fuite, de l’incompréhension, du refus. Le cri de Jésus mourant dévoile son désir infini, sa soif de communion avec la créature. Il blesse le cœur de Claire, lui donnant de prendre la mesure de l’indicible amour.
La prière devant le Crucifié est échange. La prière de Claire, et la nôtre à sa suite se fait rencontre, dialogue d’amour et de compassion, écoute pour essayer de comprendre, avec la grâce de l’Esprit, l’incompréhensible démesure de la miséricorde du Père. Cette contemplation se grave en la mémoire : je ne pourrai pas oublier. La Passion de Jésus habitait Claire jour et nuit. La souffrance de l’Aimé devient la sienne dans une communion qui est à la fois douleur et émerveillement. Prière dont elle fait confidence à Ermentrude de Bruges quand elle lui écrit : « De toutes le fibres de ton être, aime Dieu et son Fils Jésus. Il a été crucifié pour nous, pécheurs. Que jamais son souvenir ne te quitte, mais fais attention à méditer sans cesse les mystères de la croix et les douleurs de sa mère debout sous la croix. (LEr11,12)
Gardez en votre cœur le brûlant désir de vous unir au Christ pauvre et méprisé. Alléluia ! Il a souffert pour nous nous le supplice de la croix. Alléluia ! ( CD – Lumières d’Assise)
Psaume 15
Veille sur moi Seigneur / car j’ai cherché refuge auprès de toi.
J’ai dit au Seigneur « tu es mon Dieu / Je n’ai pas d’autre bonheur que toi »
Le Seigneur met sa joie dans les saints qui vivent en cette terre/
Il accomplit pour eux les merveilles de son dessein bienveillant.
Mais ceux qui s’empressent vers des dieux étrangers/ voient se multiplier leur détresse. Gardez en votre cœur ….
Je ne verserai pas leurs libations de sang/ je ne mettrai jamais leurs noms sur mes lèvres
Seigneur, ma part d’héritage et ma coupe/ tu veilles sur la part que le sort m’a fixée.
Une terre de délices vient m’échoir en partage/ Un héritage qui me comble de joie.
Je bénis le Seigneur qui m’a révélé son dessein/même durant la nuit mon cœur me le rappelle. Gardez en votre cœur …
Le Seigneur est toujours devant mes yeux / il se tient à ma droite, je ne puis chanceler
Aussi mon cœur tressaille et mon esprit exulte/ car ma chair reposera dans la paix
Tu n’abandonneras pas mon âme au pouvoir des Enfers / tu ne laisseras pas ton ami voir la corruption
Tu me feras connaître le chemin de vie+
Et tu me combleras de bonheur devant ta face / près de toi, je serai dans la joie pour
toujours !
Gloire au Père, au Fils, au Saint Esprit,/ pour les siècles des siècles. Amen ! Gardez en votre cœur ….
Silence/ Adoration
Que je meure par amour de ton amour
Si souvent notre prière est remplie de ce que nous voulons dire à Dieu. Et voilà que sur la croix, il nous supplie, il quête de notre part attention à sa douleur, compassion pour son injuste souffrance. Le Christ se fait mendiant de l’amour de chacun. Son invitation à regarder sa douleur, blesse le cœur de Claire. Elle devient vulnérable, à l’image du pauvre Crucifié. Ce souvenir me consume.. Avec Claire nous pouvons demeurer dans une tendresse douloureuse, si pauvre soit-elle, qui nous unira au Bien-aimé, ne pas laisser le Christ seul au moment de la plus haute détresse, devenir présence silencieuse et aimante, souffrant de sa souffrance. Long et difficile apprentissage que celui de consentir à avoir mal de ce qui le blesse, à laisser la peine de Dieu nous toucher, nous affecter, devenir nôtre.
Chaque être humain est l’enfant bien-aimé de Dieu. En son cœur de Père, la douleur s’annonce aussi démesurée que son amour tant qu’un seul de ses petits ne connaîtra pas le bonheur. Jésus pauvre et crucifié, Claire le contemple, lui vient en aide dans chacun des membres accablés de son corps sublime (3LAg8). En sa compassion, elle garde mémoire de la Passion du Christ et la perçoit reflétée en toute réalité souffrante. Ainsi Claire rejoint les femmes de l’Evangile, debout au pied de la croix, et son amour vigilant offre un lieu de repos à la douleur de Dieu.
Que la force brûlante de ton amour, prenne possession de mon âme, afin que je meure par amour de ton amour, comme tu as voulu mourir par amour de mon amour !
( CD – Lumières d’Assise)
Silence / Adoration
Les fruits de la Croix
Claire n’observe pas à distance la force salvifique du Crucifié, mais elle se laisse envahir tout entière par elle. Du coup elle devient par grâce source de salut, de santé pour ses frères et sœurs souffrantes. Dans la prière, elle participe à l’amour du Crucifié qui guérit : peu à peu, l’indicible amour de Dieu s’imprime dans son cœur, merveilleux échange où elle recueille de l’arbre de la croix toute la force de vie bienfaisante et bonne que l’amour communique. Le Christ rend amour pour amour à celle qui l’aime. Claire brûle de charité pour lui et accomplit des choses extraordinaires par la puissance de la croix. A peine trace-t-elle le signe de la croix sur les malades que leurs infirmités disparaissent (Cel 32). Son attention prévenante s’empresse de soulager autant qu’elle le peut ses sœurs et les autres malades. De toute la force de sa foi, elle s’offre au service des miséreux afin qu’à travers elle, le Crucifié poursuive son œuvre. Rien de magique en cela, mais, en bénissant chacune de ses sœurs, Claire, petite et pauvre, offre à la grâce l’espace libre où elle pourra se déployer, manifestant ainsi que Dieu seul est source de tout bien.
Considérer le mystère de l’ineffable charité de Dieu dans le Christ en croix nous conduit à une même fécondité, car l’amour se donne pour être livré : deviens celui que tu contemples
Hymne à la croix
Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde
O Christ notre frère venu nous sauver, De ta croix a jailli la joie dans le monde
Sagesse éternelle et Verbe de Dieu, De ta croix a jailli la joie dans le monde
Splendeur de la lumière éternelle du Père, De ta croix a jailli la joie dans le monde
Jésus tu éclaires nos ténèbres et nos nuits, De ta croix a jailli la joie dans le monde
Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde
Voici la croix du Christ, arbre de la vie ! Voici la croix du Christ, signe de la Paix !
Toi qui es venu dans le monde, prends pitié de nous
Toi qui fus pendu à la croix, prends pitié de nous
Toi qui pour nous a accepté la mort en croix, Jésus-Christ, source de la vie
Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde
Voici la croix du Christ, arbre de la vie ! Voici la croix du Christ, signe de la Paix !
(CD Signes n° 63)
Silence/adoration
Expression libre
Prière de clotûre
Nous t’adorons, Seigneur Jésus-Christ
Ici et dans toutes les églises qui sont dans le monde entier
Et nous te bénissons, parce que, par ta sainte croix,
Tu as racheté le monde
Prochaines rencontres
Mercredi 18 avril 2012 à 19h – « Devenir écoute » - préparé par l’hospitalité franciscaine
Mercredi 16 mai 2012 à 19h – « Devenir amour » - préparé par la fraternité St Michel
Mercredi 20 juin 2012 à 19h – « Devenir bénédiction » - préparé par la fraternité Ste Claire
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Je vous serai gré reconnaissant de me faire parvenir vos impressions et vos témoignages, concernant ces prières, soit par mail, à franck.monvoisin@laposte.net ou en laissant un commentaire sur le mur d'Images Saintes. Je les ferai suivre aux Fraternités.
Le Serviteur de Dieu John Bradburne
Le Serviteur de Dieu John Bradburne
Le Vagabond de Dieu
1921-1979
John Randal Bradburne, fils d'un pasteur anglican, est né à Skirwith, dans le nord ouest de l'Angleterre, en 1921. Après l'école secondaire, dans le Norfolk, il rejoint l'armée en 1939, et sert en Malaisie et en Birmanie, avant d'être rapatrié. A la suite d'un événement en Malaisie, qui fut une véritable expérience de conversion, il passa définitivement d'aventurier à pèlerin. Il embrassa la Foi Catholique Romaine en 1947, lors d'un séjour à l'abbaye de Buckfast. Après avoir fait, pendant quelques mois, une expérience de vie religieuse chez les Chartreux, ressentant l'envie de voyager, pendant 16 ans il erre entre l'Angleterre, l'Italie et le Moyen-Orient. Puis il écrivit à son ami, le Père John Dove, au Zimbabwe, lui demandant : « Y a-t-il une grotte en Afrique, dans laquelle je pourrais prier ? » Peu de temps après son arrivée, en 1962, il confia à un Frère Franciscain qu'il avait trois vœux : servir les lépreux, mourir martyr, et être enterré avec l'habit de Saint François. En 1964 il est gardien d'un nouveau centre situé près de Harare, puis en 1969 il s'installe à la léproserie de Mutemwa, au Zimbabwe, dont il est nommé surveillant. Les soins remplis d'amour et d'affection qu'il donne aux résidents l'amènent finalement à entrer en conflit avec le comité de gestion. Refusant de mettre des étiquettes numérologiques autour du cou des patients et de réduire leur humble régime alimentaire, il est finalement renvoyé. Il s'installe alors dans une hutte préfabriquée, manquant d'eau et d'hygiène, située juste à côté de la léproserie. De là, il continue à aider les lépreux autant qu'il le peut. Il entre dans le Tiers Ordre de Saint François, obéissant scrupuleusement à ses règles, chantant tous les jours l'Office de la Vierge Marie. Chaque jour, il se lève à l'aube pour chanter l'Office des Matines et termine la journée avec les Vêpres et l'Office des Complies. Cette discipline donne le contexte aux nombreux poèmes qu'il écrivit à la charnière des points de la journée. Pendant la guerre civile zimbabwéenne, ses efforts pour prévenir l'exploitation des malades de la lèpre suscite l'hostilité et la suspicion des populations locales. Refusant de quitter le lieu ou il vit, il est été enlevé par la guérilla et le mercredi 5 Septembre 1979, il est mis à mort. Lors de sa messe de requiem, des témoins virent tomber trois gouttes de sang sous le cercueil formant une petite flaque. Le cercueil fut rouvert, mais aucune trace de sang ne fut trouvée. Depuis sa mort de nombreux événements prodigieux liés à son intercession ont été signalés. Sa tombe à Mutemwa est devenue un lieu de pèlerinage. Sa cause de béatification a été ouverte.
Prière pour la béatification du Serviteur de Dieu John Randal Bradburne
Dieu notre Père, Votre Serviteur John Randal Bradburne a montré la puissance de Votre Amour par sa vie et sa mort. Que son amour du Christ et de Marie sa mère, avec son service désintéressé envers les personnes les moins pris en compte dans le monde, soit un modèle à suivre pour nous. Nous Vous demandons par son intercession les grâces (...), afin que sa générosité et sa sainteté puisse être reconnues par toute l'église. Nous Vous le demandons par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.
Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.
Pour approfondir
Fondation pour la mémoire de John Bradburne
Bibliographie
« John Bradburne, le Vagabond de Dieu », de Didier Rance, aux Ed. Salvator
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Le Serviteur de Dieu Raphaël de Sant Elia a Pianisi
Le Serviteur de Dieu Raphaël de Sant Elia a Pianisi
Frère Mineur Capucin de la Province de Sant'Angelo (Foggia)
Mort en odeur de sainteté le 6 janvier 1901
Il naquit à Sant'Elia a Pianisi (Campobasso), Italie, le 14 décembre 1816. Epris de la solitude où plus douce est la conversation avec Dieu, il entra en 1834 chez les Frères Mineurs Capucins de la Province Monastique de Sant'Angelo (Foggia), où il se fit bientôt remarquer par ses vertus. Ordonné Prêtre, il fut tout zèle pour la gloire de Dieu et le Salut des âmes. Il brilla surtout par une profonde humilité, une suprême modestie, une très grande pauvreté, une oraison assidue. Les gens qui le connurent l'appelèrent « le Saint Moine » et recouraient à lui pour obtenir de Dieu, grâces et faveurs. Usé par les pénitences plus que par l'âge, il mourut saintement le 6 janvier 1901 au Couvent de son pays natal. Le 26 avril 1936, le chef du vénéré Père fut transporté avec grand concours de fidèles du cimetière à l'église du Couvent des pères Capucins de Sant'Elia a Piansini et déposé près du Maître-Autel. La reconnaissance de l'insigne relique fût faite par des experts, avec la due permission des autorités religieuses et civiles. Les fidèles recourent à lui avec confiance, et déjà on attribue à sa puissante intercession bien des grâces reçues. Prions le Seigneur, afin que pour la Gloire de Dieu et le bien des âmes, il veuille bientôt accorder à son serviteur la Gloire des Autels.
Prière
Père éternel qui avez daigné glorifier dans le ciel les âmes de ceux qui vous ont servi et glorifié sur la terre, exaucez notre supplication par l'intercession de Votre Serviteur le Père Raphaël, lequel s'est tant employé à étendre Votre Gloire parmi les humbles et les malheureux.
Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.
Jésus notre Rédempteur qui avez voulu vivre au milieu de nous en faisant le bien et en guérissant les âmes et les corps, daignez écouter notre prière, par l'intercession de Votre Serviteur, le Père Raphaël, lequel, par amour pour Vous a voulu dépenser sa vie pour les âmes rachetées par Vous.
Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.
Esprit Saint qui par l'efficacité de Votre Grâce et la Sanctification des âmes, veuillez nous consoler dans notre tribulation par l'intercession de Votre Serviteur, le Père Raphaël, si fidèle à correspondre à Vos Saintes Inspirations du toujours plus complet sacrifice de soi et du zèle pour le Salut du monde.
Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.
Relations de grâces
Convento San Francesco
Via Padre Pio
86048 Sant’Elia a Pianisi
Mail : info@conventosantelia.it
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Le Serviteur de Dieu Georges de Geel
Le Serviteur de Dieu Georges de Geel
Frère Mineur Capucin Martyrisé au Congo
1617-1652
Le Père Georges de Geel, dans le monde Adrien Willems, naquit en 1617. Ordonné Prêtre à Anvers en 1642, il entra la même année dans l'Ordre des Frères Mineurs Capucins, à Louvain. Par zèle des âmes il partit au Congo en 1648, mais il n'y arriva qu'en 1651. On conserve à Rome un dictionnaire congolais écrit de sa main, témoignage de son zèle et de son talent. Assassiné par les habitants du Congo, en 1652, il mourut de la palme des martyrs de la Foi ; des faits merveilleux ont étés officiellement attestés lors de son trépas. La cause de sa Béatification a été introduite à la Curie Archiépiscopale de Malines, avec l'espoir de voir un jour proclamer « Saint Patron du Congo ».
Prière pour demander la Béatification du Serviteur de Dieu Georges de Geel
O Dieu qui avez rempli Votre Serviteur Georges de l'esprit de zèle apostolique et lui avez accordé la force de sacrifier sa vie pour Vous, tout en implorant le pardon pour ses bourreaux, daignez faire resplendir son nom parmi les Bienheureux martyrs et puisse ainsi, à son exemple, croître en nous l'esprit de zèle et de Charité. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Imprimatur
Mechliniae, die 15 julii 1938
Et. Jos. Carton de Wiart
Vic. Gen.
Evulgetur
P. Raphaël ab Oreye
Min. Prov. O.M. Cap.
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La Vénérable Margaret Sinclair
La Vénérable Margaret Sinclair
Religieuse de l'Ordre de Sainte Claire
1900-1925
Margaret Sinclair est née à Édimbourg, Ecosse, le 29 Mars 1900. Ses parents étaient de modestes ouvriers, son père, Andrew Sinclair, était balayeur de rue éboueur, et sa mère, Elizabeth Kelly, est mère au foyer, éduquant les nombreux enfants. Margaret aidera sa mère et agira si bien sur les caractères difficiles de ses frères et sœurs, que sa sœur Isabelle deviendra Petite Sœur des Pauvres. Par son tempérament, elle aimait le sport, les œuvres d'art et la beauté de la création. En août 1914, elle commence à travailler en tant qu'apprentie-française polisseuse, rapidement, on remarque sa parfaite conscience professionnelle, mais aussi son sourire et son silence. Elle fut membre engagée du syndicat de son métier. Un fiancé lui est présenté, mais il s'avère que l'individu est irreligieux et blasphémateur. Marguerite le repousse, car elle veut se donner totalement à Dieu. Le 22 Juillet 1923, elle entre au couvent des Clarisses Colletines de Notting Hill, à Londres, le plus pauvre des ordres religieux. Le 11 février 1924, elle prend l'habit religieux et reçoit le nom de Sœur Marie-Françoise des Cinq Plaies et deviendra sœur tourière, car elle exprime le désir de faire l'accueil des visiteurs et de quêter. Le 14 Février 1925, elle prononce ses voeux religieux. Le 9 avril 1925, après avoir contracté la tuberculose de la gorge, avec beaucoup de tristesse, elle entre au sanatorium de l'Essex. Digne émule de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, durant la période de sa maladie, elle ne se plaindra jamais de ses souffrances, même si elle est oubliée dans les soins. Elle remercie sans cesse, même dans les pires moments, et garde toujours le sourire. Lorsqu'elle est entrée dans la vie, le 24 Novembre 1925, un grand nombre des personnes souffrants de la phtisie qui s'étaient recommandés à ses prières furent guéris. Elle fut inhumée au Cimetière de Kensal Green de Londres. Le 22 Décembre 1927, en ouvrant sa cause de Béatification, l'Eglise l'a reconnue Servante de Dieu. Le 6 Février 1978 le pape Paul VI l'a déclarée Vénérable, reconnaissant qu'elle avait pratiqué les vertus à un degré héroïque Le concours des pèlerins venant à son tombeau et le nombre des grâces obtenues par son intercession sont un témoignage éloquent de la sainteté de sa vie.
Prière pour demander la béatification de la Vénérable Margaret Sinclair
Seigneur Jésus, qui avez doté Votre humble et toujours souriante vierge Margaret Sinclair, d'une part de Vos souffrances et de Votre zèle pour le Salut des hommes, accordez-nous, par sa glorification, d'avoir part à Votre Gloire, ô Dieu, qui vivez et régnez dans tous les siècles et les siècles. Ainsi soit-il.
Trois je Vous salue Marie, suivis de l'invocation : « Margaret Sinclair, priez pour nous ».
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La Servante de Dieu Maria de la Luz Pena Blanco
La Servante de Dieu Maria de la Luz Pena Blanco
1923-1993
Marie de la Luz Pena Blanco, est née à Allariz (Ourense, Espagne), le 16 mars 1923, dans un foyer profondément chrétien. À l'âge de 15 ans, à l'occasion d'une grave maladie, le Saint Esprit lui révèle le Christ. Sa vie change. Elle écrit : « Un désir ardent embrase mon âme: t'aimer sans mesure, de toutes mes forces... » Elle rentre au Monastère Sainte Claire d'Allariz (Ourense), mais, en raison de la maladie, de la pénurie économique et du danger de contagion, les sœurs sont contraintes de la congédier. Rétablie, elle s'oriente vers le Magistère, en s'employant dans l'apostolat auprès des jeunes. Pour le sanctification des prêtres, elle fonde « l'Oeuvre de Santa Maria Oferente », a qui elle a remis toute sa vie. Sa vie a été un chemin vers l'union avec Dieu. « Mon âme te désire et te cherche. Elle te trouve et te désire toujours plus ». Elle est entrée dans la vie le 12 février 1993.
Prière pour demander la glorification de Maria de la Luz Pena Blanco
(Seulement pour un usage privé)
O Père infiniment miséricordieux, qui avez insufflé à votre Servante Maria de la Luz un ardent désir de s'unir à votre Fils Divin Jésus-Christ et qui l'avez conduit à fonder l'Oeuvre de Santa Maria Oferente, pour la formation et sanctification des Prêtres, nous Vous en supplions, daignez la glorifier dans Votre Sainte Église et accordez-moi les grâces que je Vous demande par son intercession. Par Jésus, le Christ notre Seigneur. Amen.
Communiquer les faveurs reçues à
Monasterio de Santa Clara
E- 32600 Allariz (Ourense, Espana).
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Neuvaine à Sainte Colette de Corbie
Neuvaine à Sainte Colette de Corbie
« La femme qui craint Dieu est digue de de toute louange ». (Livre des Proverbes 31: 30)
De Ladoue, Vicaire-Général.
Abrégé de la Vie de Sainte Colette
Extrait de la bulle de canonisation
Naissance de sainte Colette et ensemble de sa vie
Sainte Colette naquit à Corbie, en Picardie, au diocèse d'Amiens, de pieux et honnêtes parents, le 13 Janvier, l'an du Seigneur 1380. Dès sa plus tendre enfance, elle donna des signes admirables de sainteté; car, méprisant les amusements ordinaires de son âge et les plaisirs trompeurs du siècle, elle s'appliquait sans relâche à l'oraison et à la contemplation des choses célestes; et elle trouvait tant de charmes dans ces exercices qu'elle a mérité à bon droit l'éloge que les Saintes Lettres accordent à Tobie dont il est dit, qu'étant encore fort jeune il ne faisait rien cependant qui ressentit l'enfance. Ensuite elle se prescrivit pour règle de vie de se contenter pour toute nourriture de pain et d'eau, de porter le cilice, de se flageller durant le silence de la nuit avec des disciplines de fer, et de n'accorder au sommeil qu'un temps fort court, à peine suffisant pour réparer les forces épuisées de la nature. Elle avait si bien contracté, dès sa jeunesse, l'habitude de soulager les misérables, qu'elle aurait pu dire comme Job avec vérité: « Dès mon enfance, la compassion pour les malheureux a grandi avec moi »; elle était sortie avec moi du sein de ma mère. Elle prodiguait, en effet, les marques de la plus grande bonté aux malades, et de la charité la plus ardente aux pauvres; elle s'étudiait à obtenir qu'on lui confiât les offices les plus bas; et tout ce qu'elle pouvait soustraire à sa dépense personnelle, ou à sa nourriture, elle le donnait en aumônes. Enfin, après avoir distribué aux pauvres tout ce qu'elle possédait, n'ayant de goût que pour la solitude, elle se voua à une clôture absolue. Là, fréquemment tourmentée par les démons, déchirée par leurs coups, elle n'en persévérait pas moins dans l'exercice de l'oraison avec tant de constance que, parfois ravie en extase, elle mérita de jouir de la vue et des entretiens des esprits célestes. Alors, ayant fait profession dans le Tiers Ordre de saint François, quoiqu'il parût impossible de rien ajouter aux saintes cruautés qu'elle exerçait sur son corps, elle trouva encore moyen de les augmenter considérablement, marchant toujours nu-pieds, même pendant les rigueurs de l'hiver, et s'exténuant par des jeûnes continuels. Elle entreprit de mener une vie toute céleste, ne se proposant qu'une seule chose, la gloire de Dieu à laquelle elle rapportait toutes ses paroles, toutes ses actions, toutes ses pensées. De là cette abondance de consolations et de délices spirituelles qui inondaient son âme; de là ces soupirs, ces paroles de feu par lesquelles éclataient au dehors les ardeurs de la charité dont son cœur était embrasé; de là ces ravissements admirables pendant lesquels l'Esprit, élevant dans les airs son corps mortel, semblait h transporter jusqu'au ciel.
Comment elle entreprit l'œuvre de la Réforme
Enrichie de tant de vertus, comblée de tant de dons célestes, la bienheureuse Colette, (un jour qu'elle priait Dieu ardemment pour la conversion des pécheurs), entendit une voix céleste qui lui assura que la conversion des méchants, objet de ses ardents désirs, s'opérerait par la réforme des ordres fondés par saint François. Cette révélation tint en suspens l'humble vierge qui, réfléchissant sur l'avertissement du ciel, et le repassant en elle-même, le jour et la nuit, craignait d'être trompée par les prestiges du démon. Mais, les bas sentiments qu'elle avait elle-même l'ayant fait résister trop longtemps à la volonté divine, elle perdit l'usage de la vue et de la parole, jusqu'à ce qu'elle s'y fût soumise sans réserve. Dès lors, inspirée par l'Esprit divin, éclairée d'en-haut sur les moyens à prendre pour opérer la Réforme, sans plus de retard, elle se mit en devoir d'accomplir la mission qui lui était confiée. Mais plusieurs obstacles s'opposaient à ce qu'elle obtînt les pouvoirs qui lui étaient nécessaires : sa grande jeunesse, l'obscurité de sa condition et la rigueur extrême de l'institut qu'elle voulait réformer. Cependant, elle vint à bout, non sans un miracle, de vaincre tous ces obstacles: non seulement elle obtint ce qu'elle demandait, mais elle fut contrainte par l'obéissance à accepter la charge d'abbesse des religieuses qui embrasseraient la Réforme. Elle n'eut donc plus d'autre soin, d'autre pensée que d'accomplir fidèlement l'œuvre dont Dieu l'avait chargée. La Savoie, où la plus haute réputation de sainteté l'avait précédée, vit, en 1407, les commencements de cette entreprise épineuse. Il serait difficile de raconter tout ce qu'elle eut à endurer, dès le début de son œuvre, d'injures, d'affronts, de calomnies, tant de la part des étrangers que de la part de ceux qui jusque là lui avaient été favorables. On ne se contenta pas de la traiter de sorcière, de magicienne, d'invocatrice des démons, mais on poussa si loin les fausses imputations, que ce fut là ce qui l'obligea de quitter sa patrie. Dans ce déluge de maux, au milieu de ce torrent d'afflictions, la servante du Seigneur ne perdit rien de l'héroïsme de son courage et de sa constance, et elle prouva la vérité de cet oracle: qu'aucun accident, quel qu'il soit, ne peut contrister le juste. Dans ce débordement d'invectives et d'insolences impudentes, elle se conduisait de manière à montrer qu'elle y trouvait de vrais délices. Et dès ce monde même, elle reçut de Dieu une récompense signalée de cette patience admirable. Car, ayant été attaquée d'une maladie grave et dangereuse, elle fut visitée par la Sainte Vierge Marie qui, après l'avoir consolée par sa présence et par ses entretiens, lui rendit la santé. De plus, par le secours de la divine Providence, elle vit la Réforme se propager en peu de temps, grâce au grand nombre de sujets qui se présentaient de toutes parts, et à la multiplicité des couvents qu'on lui construisit en différentes provinces
Ses vertus
Durant l'espace de quarante ans, Colette s'appliqua avec un courage invincible à l'exaltation du Saint Nom de Dieu; mais de telle manière cependant, qu'en même temps, elle construisait dans son cœur un édifice de vertus d'autant plus sublime, qu'elle l'avait fondé sur une humilité plus profonde. Quoique comblée des plus riches dons du ciel, et devenue l'objet des louanges singulières des peuples, des grands et des princes, elle avait néanmoins d'elle même de si bas sentiments, qu'elle se disait et se croyait indigne de la lumière du jour. Elle n'avait reçu qu'à regret et en se faisant une extrême violence, le gouvernement des monastères de la Réforme, et quoiqu'il fût bien certain par là, que c'était par l'ordre de Dieu lui-même qu'elle se trouvait placée à la tète de toutes les autres, elle s'appelait néanmoins la dernière et la plus misérable de toutes. Ce qui la distinguait encore, c'était une austérité de vie à peine croyable, une brûlante ardeur de charité envers Dieu et envers le prochain, une assiduité admirable à ses devoirs religieux, sans jamais rien relâcher de ses veilles ni de ses travaux. Elle mettait tous ses soins à faire garder par les religieuses, avec la plus parfaite exactitude, toutes les observances régulières, et elle n'avait rien de plus à cœur que de confirmer par ses exemples ce qu'elle avait enseigné par ses leçons. Affable, douce, prévenante, elle avait pour toutes la tendresse et la sollicitude d'une mère. Comme la renommée de ses vertus et de ses miracles s'était répandue en Italie, en France, en Allemagne et dans d'autres contrées, les peuples accouraient en foule à elle, pour obtenir de Dieu, par ses prières, toutes sortes de grâces spirituelles. On vit même des personnages distingués par leur vertu et par leur science, s'adresser à elle pour trouver dans ses lumières la solution de questions obscures et élevées, dans les matières qui regardaient la perfection chrétienne; de ce nombre fut saint Vincent Ferrier qui vint, de l'Aragon, la visiter comme un oracle de toute sainteté, et un modèle de la perfection chrétienne.
Sa mort et sa réputation de sainteté
La servante du Seigneur avait achevé sa soixante sixième année. Avertie qu'elle était appelée aux noces célestes de l'Epoux, afin d'entrer la lampe allumée, elle satisfit le désir ardent qui la consumait de recevoir la divine Hostie, et elle le fit avec tant de ferveur, que par les flammes de la charité qui étincelaient sur son visage et dans ses yeux, elle alluma dans le cœur de ses filles qui étaient présentes, le feu de la plus vive piété. Alors, abîmée dans la contemplation des douleurs de la passion du Sauveur, les pieds et les mains étendus comme ceux de Jésus-Christ sur la croix, au milieu des chants d'allégresse des chœurs angéliques, elle s'envola dans les bras du céleste Epoux, à Gand, le 6e jour de Mars, de l'année 1447. Après son trépas, la couleur et les traits de son visage furent tels, que son aspect parut plus agréable que pendant sa vie. Le bruit de cette mort s'étant répandu jusqu'à Corbie et dans toute la contrée, on vit accourir de toutes parts une foule immense de fidèles de toute condition, des personnages distingués par leur naissance, des dames, des magistrats, des ecclésiastiques, en outre, des sourds, des muets, des paralytiques, des infirmes de toute espèce, qui avaient tous l'espérance certaine d'obtenir leur guérison par l'intercession de la servante de Dieu; et tous répétaient d'une voix unanime: « Colette est digne d'être comptée parmi les habitants des cieux ». Ainsi, aussitôt après son décès, elle fut honorée d'un culte public que le Siège Apostolique a étendu depuis, en approuvant pour plusieurs maisons de la Réforme une messe et un office en l'honneur de la Sainte.
Enfin, aujourd'hui Dimanche, 24 Mai de l'an 1807, jour auquel l'Eglise célèbre la fête de la Très-Sainte Trinité, après avoir rempli toutes les formalités prescrites par les sacrées constitutions et par les usages de la sainte Eglise Romaine, Nous avons déclaré que la bienheureuse Colette Boylet, réformatrice de l'ordre de sainte Claire, admirable par l'éclat de ses vertus, comblée des dons célestes, illustrée après sa mort par des miracles et par des prodiges, est véritablement sainte: nous l'avons ajoutée au nombre des saintes Vierges, et nous avons défini, qu'en cette qualité, elle devait être honorée et invoquée, ainsi que par la teneur des présentes nous le décrétons, nous le décidons, nous le définissons, statuant de plus que chaque année, le 6e jour de Mars, dans toute l'Eglise, on célébrera pieusement sa mémoire comme d'une sainte Vierge et sous le rit convenable. Nous accordons miséricordieusement dans le Seigneur, que tous les fidèles qui, chaque année, le jour de sa fête, étant vraiment pénitents, et s'étant approchés des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, visiteront le sépulcre où son corps repose, puissent gagner une indulgence de sept ans et sept quarantaines des pénitences qui leur auraient été enjointes, ou de tontes autres dont ils auraient contracté l'obligation.
Maintenant donc que Sainte Colette a mérité ce culte religieux, qui permet d'ériger en son honneur des temples et des autels dédiés au Dieu Tout-Puissant, qui impose le droit de vénérer ses sacrées images, il est certainement convenable que les fidèles mettent tout leur soin à éloigner du Temple de Dieu, c'est-à-dire de leurs âmes, ce qui est impur ou profane, à offrir à Dieu leurs corps comme une hostie vivante, sainte et agréable, enfin à exprimer en eux et à y reproduire, avec zèle et avec le secours de la grâce divine, le modèle parfait des vertus de la Bienheureuse, et la ressemblance de sa sainteté. Qu'il en soit ainsi, afin que Dieu, apaisé par l'intercession de Sainte Colette, et des autres saints, daigne dans sa miséricorde éloigner de nous sa colère.
Neuvaine à Sainte Colette de Corbie
Avis pour la Neuvaine
1° Chaque jour lire une des considérations qui suivent. Ne vous contentez pas d'une lecture rapide, réfléchissez avec recueillement et esprit de prière, afin de vous convaincre et de déterminer votre volonté à faire ce que Dieu demande de vous. Pendant la journée, revenez souvent, mais sans fatigue, sur la même pensée, afin de bien la comprendre, de l'aimer en la comprenant, de Vous résoudre à la pratiquer en l'aimant. 2° Si vos occupations vous le permettent, assistez chaque jour de la neuvaine au saint sacrifice de la Messe, en l'honneur de la Sainte, sinon, assistez-y au moins en esprit, en vous unissant à ceux qui y assistent. 3° Mettez-vous en état de participer à la divine Eucharistie dans l'intervalle de la neuvaine. Cet article est le plus important de tous. 4° Commencez avec confiance, vous proposant avant tout de chercher ce qui peut contribuer à la gloire de Dieu, à votre salut et au salut des personnes pour qui vous vous intéressez. 5° Lisez peu, réfléchissez beaucoup, priez encore plus, mais surtout déterminez-vous à agir.
La vue de la fin
Considération
Considérez pourquoi vous êtes sur la terre? Uniquement pour louer, révérer, servir Dieu, et, en faisant cela, sauver votre âme. Considérez encore pourquoi Dieu a fait tout ce qui existe et permet tout ce qui arrive? C'est afin d'aider l'homme à atteindre à la fin pour laquelle il a été créé. D'où il suit qu'il n'y a pour vous dans ce monde qu'une seule chose nécessaire : faire votre salut. Que rien de ce qui existe, ou de ce que vous voyez, ou de ce qui vous arrive, n'a de valeur qu'autant que vous pouvez vous en servir pour vous reporter vers votre fin. Que vous devez être dans une entière indifférence par rapport à quoi que ce soit. Que vous devez vous servir, vous abstenir, vous dépouiller des créatures dans la mesure de leur rapport avec votre fin. Sainte Colette l'avait compris. De là: Dieu toujours en vue; indifférence complète par rapport aux honneurs, aux biens de ce monde; sagesse et détachement admirable dans l'usage des créatures; esprit de sacrifice perpétuel par la pratique parfaite de la sainte pauvreté et de la sainte obéissance.
Prière à Sainte Colette
Glorieuse Sainte Colette, j'admire dans quelle perfection vous avez compris que Dieu est tout, que le monde entier n'est rien, et que nous ne sommes sur la terre que pour louer, révérer et servir Dieu. Loin de vous imiter, j'ai presque toujours perdu de vue cette vérité fondamentale dont l'oubli a été la source de tous mes égarements, Obtenez-moi la grâce de me convaincre de plus en plus que je ne suis au monde, ni pour obtenir l'estime des hommes, ni pour amasser des richesses, encore bien moins pour satisfaire mes passions, mais pour servir Dieu. C'est là mon unique destinée; si j'ai le bonheur de comprendre cette vérité comme vous l'avez comprise, j'aurai trouvé la vraie sagesse. Demandez-la pour moi à Notre-Seigneur qui vit et règne dans tous les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.
Pratique: Porter à conviction au plus haut point sur ces vérités: la fin de l'homme, la fin des créatures, la nécessité d'être indifférent à tout, autant que possible, la nécessité de ne rien désirer et de ne rien choisir qui ne nous conduise à la fin pour laquelle nous sommes créés.
Second jour
Motifs de la fin
Considération
Considérez combien sont puissants les motifs qui vous pressent de vous occuper de l'unique nécessaire. Vos fins dernières, la Mort: je mourrai certainement et bientôt; le Jugement redoutable de Dieu: je serai certainement jugé sur toutes mes pensées, mes désirs, mes actions, mes paroles, mes omissions, par un Juge infiniment saint et infiniment clairvoyant, qui a tout vu et tout pesé; l'Enfer: il y en a un, il est éternel, il serait pour moi si je mourais en état de péché mortel; le Ciel: il y en a un aussi, il est éternel, il dépend de moi d'y entrer. Mort, Jugement, Enfer, Ciel, quels mots! Et je n'y pense pas! Souvenez-vous de vos fins dernières, a dit l'Esprit-Saint, et vous ne pécherez jamais.
La vue de leurs fins dernières a déterminé les Saints à tout entreprendre, pour opérer leur salut. Elle vous a déterminée vous-même, ô grande Sainte, à renoncer à toutes les espérances de ce monde, à vous renfermer pendant plusieurs années dans une solitude absolue, à supporter ensuite des fatigues sans nombre, et à vous imposer des mortifications de toute sorte. Vos exemples seront-ils perdus pour moi? Ne ferai-je rien pour m'assurer une sainte mort? pour me préparer un jugement favorable? pour éviter les peines éternelles de 1 Enfer et pour mériter le Ciel. C'en est fait, trop longtemps je me suis nourri de la frivolité de mes pensées. Je me recommande à vous; obtenez-moi de Notre-Seigneur la grâce de commencer sérieusement une vie nouvelle.
Pratique: Se déterminer aujourd'hui à mettre la main à l'œuvre. Coûte que coûte, il faut faire mon salut, c'est l'unique nécessaire.
Troisième jour
Encore les motifs de la fin
Considération
Comme il importe de rendre inébranlable cette détermination de prendre en main l'unique affaire de son salut, considérez encore aujourd'hui d'autres motifs également puissants. Pourquoi Dieu a-t-il créé le monde et tout ce qu'il renferme? Pour vous aider à faire votre salut. Pourquoi l'Incarnation de la seconde personne de la Sainte Trinité? Principalement en vue de votre salut. Pourquoi la vie pauvre, humble, laborieuse de Jésus-Christ? Pour l'œuvre de votre salut. Pourquoi le Calvaire et toutes les douleurs de l'Homme-Dieu? c'est encore pour votre salut. Pourquoi les marques ineffables d'amour que nous donne Notre-Seigneur dans l'Eucharistie où il devient chaque jour notre nourriture, notre Prêtre et notre Victime? toujours pour notre salut. Création, Incarnation, Rédemption, Eucharistie, encore quatre mots qui me rappellent l'amour de mon Dieu et qui me pressent de m'occuper enfin de ma grande, de mon unique affaire. D'ailleurs il n'y a pas pour moi d'affaire plus importante; il s'agit du Ciel, de l'Enfer et pour toujours. Il n'y en a pas de plus pressante; le temps passe vite, la mort arrive comme un voleur, demain peut-être il ne sera plus temps. Il n'y en a pas de plus irréparable; si cette affaire est perdue, tout est perdu sans ressources, si elle est gagnée, tout est gagné à jamais. O hommes insensés qui n'y travaillent pas! qui n'y pensent même pas!
Prière à Sainte Colette
Grande Sainte, la vue de ce que Dieu a fait dans la création pour notre salut vous remplissait d'une sainte ardeur pour travailler à cette unique affaire. Mais surtout les abaissements de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans l'Incarnation, ses souffrances sur le Calvaire, son amour sans bornes dans la sainte Eucharistie vous rendaient tous les sacrifices possibles. Ne pas travailler sans relâche à votre perfection vous eût paru une profanation des abaissements, de la croix, et de l'amour de Jésus-Christ. Obtenez-moi de m'encourager par votre exemple. J'ai trop longtemps refusé de me rendre aux plus tendres sollicitations de mon Sauveur et méconnu mes plus chers intérêts. Je veux enfin commencer sous votre puissante protection. Ainsi soit-il.
Pratique: S'établir dans une parfaite indifférence de volonté à l'égard de toutes choses, ne voulant et ne choisissant que ce qui peut être plus utile à notre salut.
Quatrième jour
Le péché qui éloigne de la fin
Considération
Le péché est l'unique mal. Considérez quelques-uns des terribles effets d'un seul péché mortel. Sur Dieu : un seul péché mortel l'anéantirait s'il était possible, parce que Dieu est l'ordre et que le péché est le désordre; parce que Dieu est le bien et que péché est le mal; parce que Dieu veut le bien et que le péché empêche l'effet de cette volonté éternelle. Le péché force, pour ainsi dire, Dieu le Père à donner son Fils en expiation; le Fils à mourir comme homme sur la croix; l'Esprit-Saint à s'employer à nous faire incessamment l'application des mérites de Jésus-Christ. Le péché contredit tous les attributs essentiels de Dieu: sa Sagesse dont il renverse les plans, sa Bonté dont il arrête l'effusion, sa Toute-Puissance qu'il insulte, sa Sainteté qu'il outrage; il ne laisse d'action qu'à sa Justice. Le péché déconcerte tous les projets que Dieu avait faits pour sa propre gloire et pour le bonheur de l'homme. Dans le monde quel désordre! quel malheur y produit un seul péché mortel. Transportez-vous par la pensée sur les principaux théâtres où Dieu exerce sa vengeance contre le péché: Des millions d'anges précipités du ciel dans les flammes de l'enfer pour un seul péché! d'orgueil. Nos premiers parents chassés du Paradis terrestre, et tous les hommes jusqu'à la fin du monde justement condamnés aux souffrances, aux maladies, au travail, aux horreurs de la mort (sans parler de la perte des dons surnaturels ni des plaies faites à l'âme) pour un péché de désobéissance. L'enfer creusé, c'est-à-dire un feu dévorant, la séparation de Dieu à jamais pour un seul péché mortel. La croix dressée sur le Calvaire et l'Homme-Dieu expirant sur un infâme gibet. Faut-il dire ce que le péché fait de moi! Il me ravit la grâce de mon Dieu, il me fait perdre mes mérites, il m'enlève la paix de mon cœur, il déchire tous mes titres d'enfant de Dieu, de frère de Jésus-Christ et m'ôte tout droit à l'héritage du ciel. Il m'aveugle l'esprit, il m'endurcit le cœur, il me prépare une vie de remords, une mort affreuse, un jugement redoutable, une éternité malheureuse.
O bien-aimée Sainte Colette je me jette en ce moment à vos pieds. Je vous conjure de m'obtenir de Jésus, mon Sauveur, infiniment miséricordieux, la connaissance intime et la détestation de tous les péchés dont je me suis rendu coupable. O vous qui auriez mieux aimé mourir que de commettre un seul péché véniel volontairement, faites que j'obtienne de la bonté de Dieu le sentiment vif du sans-ordre de ma vie afin que je le déteste, que je me corrige et que je me rétablisse dans l'ordre. Obtenez-moi encore la grâce de connaître le monde et tout ce qui, dans le monde, pourrait être pour moi une cause de péché, afin que je l'abhorre et que je m'en éloigne.
Pratique: S'exciter à un profond regret de toutes ses fautes, accompagné d'une grande confiance dans la miséricorde de Dieu; et se mettre dans la disposition de tout perdre et de tout souffrir plutôt que d'offenser Dieu mortellement.
Cinquième jour
Jésus-Christ la voie qui conduit à la fin
Considération
Considérez combien il est nécessaire de vous déterminer à imiter Notre Seigneur Jésus-Christ. Lui-même n'a-t-il pas tous les droits à vous imposer cette obligation? Il est votre Dieu, vous n'avez rien que vous n'ayez reçu de lui; ses droits sur vous sont éternels, essentiels, imprescriptibles. Il est votre Père et quel père! il est votre Sauveur, et quel Sauveur! il est votre Roi et quel roi! lui qui a conquis votre âme par son sang ! Votre honneur y est engagé. Vous avez fait des promesses solennelles; des engagements sacrés ont été pris. Voudriez-vous y être infidèle? Votre bonheur en est inséparable. Vainement les hommes demandent le bonheur aux choses de ce monde; le bonheur n'est qu'en Dieu parce qu'en Dieu seul est l'ordre, et que Dieu seul est notre fin. Votre salut l'exige comme une douce et inévitable nécessité. Personne ne va au Père que par le Fils. Le Fils est la Voie, hors de cette voie, on ne va pas au but; il est la Vérité , hors de lui, mensonge; il est la Vie, hors de lui, la mort.
Prière à Sainte Colette
Vous avez compris, grande Sainte, que le secret aussi bien que le bonheur de la vie chrétienne est de connaître d'aimer et d'imiter Jésus-Christ. La connaissance que vous aviez des mystères de l'amour du divin Sauveur pour les hommes vous avait donné l'amour qui embrasait votre cœur. Cet amour lui-même vous faisait préférer à tout le pauvreté, les humiliations, les opprobres de votre Bien-aimé. D'où vient que je n'ai pas le courage d'agir à votre exemple contre ma sensualité, ou contre mon amour-propre, ou contre la vaine estime du monde! D'où vient que je travaille si faiblement à retracer en moi les vertus de notre souverain Modèle, si ce n'est de ce que je ne l'aime pas et de ce que je ne le connais pas. Obtenez-moi de son infinie bonté la grâce de le connaître moins imparfaitement, de l'aimer plus ardemment, de le suivre plus courageusement. Ainsi soit-il.
Pratique: Une grande paix du cœur, si l'on s'est approché du sacrement de Pénitence. Un grand désir de connaître, d'aimer, d'imiter de plus en plus Notre Seigneur Jésus-Christ.
Encore Jésus-Christ qui conduit à la fin
Considération
Il ne suffit pas d'être convaincu de la nécessité d'imiter Jésus-Christ, il faut connaître ce divin Modèle. Considérez attentivement les principales vertus qu'il offre à votre imitation. Vertus de son intérieur: l'amour de l'humilité, il s'anéantit dans son incarnation prenant la forme d'esclave; l'amour de la sainte pauvreté, lui, le roi éternel de gloire naît dans une étable à Bethléem; l'amour de la dépendance, il fuit en Egypte et s'offre dans la présentation au Temple comme la victime prête à accomplir parfaitement la volonté de son Père. Vertus de sa vie privée: l'obéissance, il était soumis à Marie et à Joseph; le travail sanctifié, l'Evangéliste nous laisse entendre que Notre Seigneur Jésus-Christ n'a pas dédaigné, pour nous donner l'exemple de travailler dans l'humble atelier du patriarche saint Joseph; l'oubli de lui même, pendant trente ans il vit sans éclat aux yeux des hommes. Vertus de sa vie publique: l'amour de Dieu, il ne pense qu'à accomplir la volonté de son Père, il ne travaille que pour les intérêts de sa gloire; l'amour des âmes, après la gloire de Dieu Jésus-Christ ne fait rien que pour le salut des hommes; souffrir et mourir, la croix est le moyen qui glorifie Dieu et qui sauve le monde, Jésus-Christ l'embrasse, il meurt sur le Calvaire. Voilà notre Modèle. Jésus-Christ m'a donné l'exemple afin que je fasse comme il a fait lui-même. Où en suis-je pour cette imitation?
Prière à Sainte Colette
Glorieuse Sainte Colette, votre vie m'a fait connaître que vous avez été une fidèle copie de Notre Seigneur Jésus-Christ. Vous ne vous êtes pas contentée de travailler sans relâche à détruire en vous la sensualité, l'amour du monde et de vous même, vous vous êtes encore appliquée, avec une grande confiance en Dieu, à devenir une parfaite imitatrice de celui que votre cœur avait choisi pour époux. Vous vous êtes rendue par sa grâce pauvre comme lui, humble comme lui. A son exemple vous n'avez travaillé qu'en vue de la gloire de Dieu et du salut des âmes et vous avez voulu le suivre dans la voie douloureuse de la Croix. Et moi, je recherche incessamment la satisfaction de ma sensualité, je ne sais remporter aucune victoire sur mon amour propre, je m'inquiète des jugements d'un monde frivole, je ne suis pas humble, je sens dans mon cœur une secrète attache pour les honneurs de ce monde, je n'ose me glorifier en la croix du mon Sauveur. Grande Sainte, venez en aide à ma bonne volonté, je mets en vous ma confiance. Je sens bien que la voie qu'il faut suivre est difficile, mais la grâce de Dieu m'est toujours assurée, le ciel sera ma récompense, votre protection restera sur moi. Ainsi soit-il.
Pratique: En général un plus ardent désir de connaître, d'aimer, d'imiter Notre Seigneur. En particulier quelque chose des mystères de la vie intérieure, ou de la vie publique du divin Maître, par exemple: plus de simplicité, plus d'obéissance, plus de détachement, plus de résignation, plus de pureté d'intention, plus de zèle, plus d'oubli de soi-même en vue et à l'imitation de Jésus-Christ.
Septième jour
Les œuvres qu'il faut faire pour arriver à la fin
Considération
Il est nécessaire de faire des bonnes œuvres pour obtenir la récompense éternelle. Considérez combien celte nécessité est indispensable. Nous ne serons pas récompensés pour les belles pensées que nous aurons eues, ni pour les bonnes résolutions que que nous aurons prises, mais seulement pour le bien que nous aurons fait. Ce ne sont pas ceux qui disent: « Seigneur qui entreront dans le royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père ». Le royaume des cieux souffre violence. Parmi les œuvres saintes qui nous aident à avancer notre ressemblance avec Jésus-Christ il en est quelques-unes d'une efficacité plus certaine qu'il faut vous déterminer à accomplir: s'exercer à la pratique de l'humilité et de la mortification chrétienne; remplir fidèlement les devoirs de son état; pratiquer à l'égard du prochain quelque œuvre de charité corporelle ou spirituelle, selon son pouvoir.
Prière à Sainte Colette
Que j'aime à vous contempler, glorieuse Sainte Colette, dans l'exercice des bonnes œuvres que vous avez entreprises pour la gloire de Dieu et pour votre salut. De quels actes continuels d'humilité et de pénitence votre vie ne se trouve-t-elle pas remplie! Quelle fidélité scrupuleuse à accomplir les devoirs que votre charge de Réformatrice vous inspirait! De quelle charité à la fois douce et forte n'étiez-vous pas animée pour le soulagement des peines temporelles qui affligeaient les corps, et des misères spirituelles des âmes. Parla, semblable à un peintre habile, vous retraciez fidèlement dans votre âme la divine ressemblance de Jésus-Christ. Secourez-moi dans la résolution que j'ai prise de marcher sur vos traces en ne faisant plus consister ma perfection dans ce que je dis, ni même dans ce que j'éprouve mais dans les bonnes œuvres que je ferai. Ainsi-soit-il.
Pratique: Se déterminer à commencer la réforme de sa vie par l'exercice des trois œuvres saintes dont on vient de parler et qui suffisent pour nous faire arriver bientôt à une haute perfection: humilité et esprit de pénitence, fidélité aux devoirs d'état, pratique de la charité.
Huitième jour
Les moyens qui nous aident à atteindre notre fin
Considération
La volonté, dégradée par le péché, ne peut pas tout le bien dans l'ordre naturel; elle n'en peut aucun dans l'ordre surnaturel. Mais Dieu a remis entre nos mains des ressources d'une efficacité infaillible. Considérez la douceur et la nécessité de ces moyens. Le premier, c'est la prière. La prière est un devoir essentiel. Il faut prier, a dit Notre-Seigneur. Ne pas prier, s'est s'exclure volontairement, pour ainsi dire, du royaume des Cieux. Prier avec foi, confiance, persévérance, c'est être sûr d'avance d'obtenir ce que l'on demande, car Notre Seigneur a dit aussi: « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera ». Le second moyen est encore plus efficace parce qu'il nous confère par lui-même les grâces dont nous avons besoin, c'est la fréquentation des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. L'un nous remet nos péchés, nous rend ou augmente en nous la grâce sanctifiante. L'autre en nourrissant nos âmes du corps, du sang, de l'âme, de la Divinité de Jésus Christ Notre-Seigneur, nous donne vraiment et réellement l'Auteur de la grâce, Celui qui s'appelle la lumière et la vie, Celui qui nous convoque à son divin banquet en nous disant avec une bonté ineffable: « Venez à moi, vous tous qui souffrez et qui êtes chargés, et je vous soulagerai ». Enfin le troisième moyen c'est le secours et la protection des saints mais principalement de la Sainte Vierge. Nous ne sommes pas seuls pour travailler à notre salut; les saints sont nos protecteurs. Nous avons auprès du trône de Dieu une mère infiniment bonne qui nous aime tendrement, une mère qui peut tout auprès de Dieu, une mère qui se tient toujours prête à répandre sur nous ses faveurs les plus signalées. Confiance sans borne en Marie.
Prière à Sainte Colette
Ici plus que jamais, ô glorieuse Sainte, je vois que si vous êtes parvenue sur la terre à un si haut degré de perfection, et que si vous êtes maintenant si élevée dans le ciel, c'est pour avoir employé avec tant de soin les moyens que Dieu nous a donnés pour opérer notre salut. Quel esprit de prière et d'oraison continuelle! quelle préparation et quel saint empressement quand vous vous approchiez du sacrement de pénitence! quelle foi, quelle confiance, quelle ferveur dans vos communions! quelle piété envers la très Sainte Vierge! Je me plains de ne pas avancer dans la vertu, de me retrouver perpétuellement avec des imperfections qui m'affligent, avec une tiédeur qui m'inquiète, avec une lâcheté qui me désole, quelle peut en être la cause? n'est-ce pas parce que je ne prie pas ou que je prie mal? n'est-ce pas parce que je ne m'approche pas des sacrements de pénitence et d'Eucharistie assez fréquemment ou avec des dispositions assez parfaites? N'est-ce pas parce que je ne recours pas assez finalement à la protection puissante de la plus tendre des mères? Voilà la véritable source de mes imperfections et peut être de mes chutes. Je suis maintenant résolu à me servir, à votre exemple, ô glorieuse Sainte Colette, de ces moyens de salut que Notre-Seigneur a mis à notre disposition dans tous nos besoins, et principalement dans les attaques contre la plus belle des vertus. Obtenez-moi la grâce d'être fidèle à ces résolutions. Ainsi-soit-il.
Pratique: Regarder la prière comme un devoir essentiel et s'en acquitter avec l'attention et id ferveur convenable. S'approcher le plus fréquemment possible des sacrements. Faire profession d'une dévotion sincère à la Reine des Vierges.
Neuvième jour
L'Amour de Dieu
Considération
La charité est la plénitude de la loi. Pour rendre plus inébranlable encore la résolution où vous êtes d'être désormais tout à Dieu sans réserve, sans partage, sans retour, rappelez-vous quelques-uns des motifs qui vous pressent d'aimer un si bon Maître de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces. Le monde, en quelque sorte, n'existe que pour votre utilité. Le soleil vous éclaire, les astres vous réjouissent, les productions de la nature sont à vos ordres, les animaux vous servent, les anges mêmes sont employés à veiller sur vous pour votre bonheur. Ce que vous voyez, ce que vous entendez, ce dont vous vous servez, tout vous parle de l'amour de votre Dieu et vous aide à l'aimer. Dieu lui-même s'est prodigué à vous. Il vous prodigue sa Puissance, en créant et en conservant l'univers; sa Providence, en veillant sur tous vos pas; sa Miséricorde, en vous pardonnant toutes les fois que vous êtes revenu à lui dans la sincérité de votre cœur; sa Charité, en vous environnant sans cesse de nouveaux bienfaits. Il nous a donné son Fils pour nous sauver, son Saint-Esprit pour nous éclairer et pour nous sanctifier. Le Fils de Dieu, fait homme pour nous, nous a tout donné: sa gloire, son honneur, ses travaux, sa vie même sur la croix. Dans la sainte Eucharistie il demeure avec nous pour être notre nourriture, notre lumière, notre guide, notre consolation. Il nous y prodigue sa dignité, il y livre aux opprobres des méchants, non plus son corps sujet aux misères de l'humanité, mais son corps immortel. Et cependant j'ai vécu sans aimer mon Dieu! J'ai prodigué les affections de mon cœur à de viles créatures. Ce Maître, ou plutôt ce Père infiniment bon, me demande en ce moment mon cœur dont il veut bien encore agréer l'hommage. Ne le lui donnerai-je pas, décidé à n'aimer que lui, à ne vivre et à ne mourir que pour lui?
L'amour de Dieu, voilà, glorieuse Sainte Colette, le principe qui a produit votre vie admirable, qui vous a inspiré tant de saintes entreprises, qui vous a fait pratiquer tant d'héroïques vertus, qui vous a mérité pour l'éternité un poids immense de gloire. Vous aimiez votre Dieu et votre Sauveur de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces; tout est expliqué. L'amour vous inspirait du courage et vous faisait trouver le bonheur dans l'humilité, la mortification, la pauvreté, l'obéissance et toutes les autres vertus. Tout entière à Dieu, vous ne vous serviez plus de votre mémoire que pour vous rappeler ses bienfaits, de voire intelligence et de votre volonté que pour vous attacher plus étroitement à lui en toutes choses, de votre vie que pour vous immoler à chaque instant à son service et au salut des âmes. Obtenez-moi de Dieu un peu de cet amour qui embrasait votre cœur, afin que je commence aussi à aimer mon Dieu et à l'aimer comme vous d'un amour total qui donne tout, d'un amour perpétuel qui donne sans retour, d'un amour actif qui se manifeste principalement par les actions, d'un amour courageux qui supporte tout, d'un amour pur qui ne voit que Dieu. Ainsi-soit-il.
Pratique: Terminer sa neuvaine, avec une sainte joie dans le cœur, confirmé dans la résolution d'être tout à Dieu, déterminé à se vaincre et à souffrir à l'imitation de Jésus-Christ et par amour pour lui.
Voulez-vous assurer les fruits de votre neuvaine?
1° Donnez chaque jour quelque temps à la pratiqua de l'oraison et de l'examen particulier.2° Approchez-vous souvent des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, choisissant un confesseur arrêté que vous regarderez comme votre guide dans les voies spirituelles, et avec qui vous traiterez de tout ce qui regarde votre âme. 3° Entretenez la ferveur de votre âme par quelque pieuse lecture, par la fréquentation des personnes de piété, par la fuite des compagnies dangereuses ou dissipées. 4° Fixez-vous un règlement pour les actions journalières, afin que vous ne viviez pas sans ordre. 5° Faites passer avant tout l'accomplissement de» devoirs d'état. La perfection défend principalement de cela, et de la pureté d'intention avec laquelle on fait les petites choses qui composent la vie de presque tous les hommes. 6° Appliquez-vous avec constance, avec une confiance sans borne en Notre Seigneur et en sa Saints Mère et la nôtre, à l'acquisition des vertus solides, surtout de l'humilité, de la patience, de la charité. 7° S'il se peut, consacrez, chaque année, huit jours à la retraite spirituelle, et si la chose est impossible, ne manquez pas de faire chacune de vos confessions comme si c'était la dernière de votre vie. Courage et surtout confiance.
Prière apportée du Ciel à Sainte Colette par un Ange
On dit le Je Vous salue Marie et le Gloire au Père avant de dire l'Oraison
Que l'heure de la naissance d'un Dieu-homme soit bénie; que le Saint-Esprit, dont Jésus-Christ a été conçu, soit béni; que la glorieuse Vierge Marie, dont ce Dieu-homme est né, soit bénie; que le Seigneur exauce mes prières, par l'intercession de cette glorieuse Vierge Marie, et par le souvenir de cette heure très sacrée, à laquelle l'Homme-Dieu est né, que tous mes désirs s'accomplissent pour leur gloire et pour mon salut. O bon Jésus! ô Jésus Rédempteur! ne m'abandonnez pas, et ne punissez pas mes péchés comme ils le méritent; mais exaucez ma très humble prière, et accordez-moi ce que je Vous demande par l'intercession de la Très Sainte Vierge, et pour la gloire de Votre Saint Nom.
Neuvaine publiée à Amiens, chez Alfred Garon, Imprimeur-libraire en 1855
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